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  • il y a 1 jour
Dans son édito du 20/01/2026, Paul Sugy revient sur le projet de loi sur la fin de vie

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Transcription
00:00Oui, on n'a pas de budget, mais on a quand même le droit à l'ouverture d'un débat sur le droit au suicide assisté.
00:05Il y a des choses plus urgentes, vous comprenez, que les questions budgétaires.
00:08J'aurais aimé croire que, comme James Bond, mourir peut attendre, mais manifestement non.
00:12En France, la possibilité de se supprimer soi-même n'attend pas.
00:16C'est une loi qu'en dehors de quelques associations militantes, personne au fond ne réclame vraiment.
00:21Mais pourtant, elle est devenue une priorité politique.
00:22On l'a compris, c'est qu'il y a un compte à rebours qui est lancé.
00:25Dans un peu plus d'un an, Emmanuel Macron ne sera plus président de la République
00:28et il ne pourra plus apposer sa signature en bas d'un texte qui lui paraît manifestement digne de rentrer dans les annales.
00:34Et donc, tout est fait pour se presser d'avoir ce débat.
00:37Cette loi n'est vraiment pas la priorité des Français ?
00:40Je suis comme vous l'actualité au jour le jour.
00:42J'entends beaucoup de choses, beaucoup de revendications.
00:44L'inquiétude existentielle des agriculteurs, bien sûr.
00:46Plus récemment, la colère des entrepreneurs face aux concessions faites à la gauche.
00:50J'entends des appels de détresse de la part des plus précaires.
00:52J'entends aussi, par rapport au monde de la santé, une demande pressante d'un système plus efficace,
00:57plus proche des gens, plus accessible.
01:00Et cette demande, par exemple, pourrait amener à renforcer l'offre de soins palliatifs
01:04qui, aujourd'hui, en France, est très incomplète.
01:06Et il y a probablement une inquiétude de la part de personnes qui ne pourraient pas y avoir accès.
01:09Mais en revanche, c'est vrai que j'entends peu, je n'ai pas vu de manifestation de grande ampleur
01:13demandant le vote de cette loi sur l'euthanasie.
01:16Dominique Régnier, qui, avec la Fondapol, fait un travail extrêmement précis
01:20est très important sur le suivi de cette loi,
01:22a montré, par exemple, que ce que l'on nous vend comme étant un soutien populaire de l'opinion à cette loi
01:28est, en réalité, une construction de certains instituts de sondage.
01:31On pose une question des termes inadéquats, une question que peu de gens se posent.
01:35Quand on écoute, par exemple, Agathe Barrois, qui a récemment témoigné,
01:38qui est une de mes condisciples de l'école normale supérieure, très lourdement handicapée,
01:42ce qu'elle vous dit, c'est qu'au fond, poser la question de l'euthanasie,
01:45c'est poser à des personnes comme elle, qui sont éligibles à cette loi compte tenu de leur handicap,
01:49une question qu'elle ne se posait pas et qu'elle n'avait pas envie de se poser.
01:52C'est là ce qui se passe sous nos yeux.
01:54Paul Sujit, les défenseurs du texte disent, il y a des garde-fous.
01:58Ne vous inquiétez pas, il y a des garde-fous.
01:59Oui, alors, l'Assemblée nationale en a levé quelques-uns,
02:01et le Sénat, dont on penserait qu'il aurait une approche plus prudente sur ce sujet,
02:05est en train d'expédier le texte.
02:07Son examen en commission n'a duré que quelques heures.
02:09On va commencer l'examen des articles à l'envers,
02:11pour aller plus vite sur ces passages-là, effectivement, dès l'examen en séance,
02:15en considérant qu'au fond, le vote de la loi est de toute façon acquis sur son principe
02:19et qu'on va ne parler donc que des détails.
02:21On voit finalement qu'il y a un examen parlementaire qui est fait à la va-vite
02:25sur une loi qui pourtant mobilise énormément de concepts
02:28et dont on n'a pas le sentiment que les parlementaires en prennent toute la mesure.
02:33Et par ailleurs, on fait, c'est classique,
02:35quand on les y faire sur des domaines comme ça de sociétés qui sont très sensibles,
02:39c'est toujours une première loi qui permet de faire passer le principe
02:42et ensuite, le reste risque de venir malheureusement plus tard.
02:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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