00:03Il est 7h39, langue éco, François Langlais, c'est donc une étude très sérieuse menée par deux chercheurs de l
00:07'université de Cincinnati qui nous alertent.
00:10Aujourd'hui, alors qu'on ne fait plus assez de bébés sous nos tropiques, ils nous disent, ces chercheurs, qu
00:15'il existe un lien entre cette dénatalité et nos téléphones portables.
00:19Vous savez Thomas que, bon, la chute de la fécondité ça fait longtemps, mais il y a un phénomène qui
00:23mystifie tout le monde, c'est l'accélération dans les années récentes de ce phénomène.
00:27Dans les deux tiers des 195 pays, on est en dessous du seuil de renouvellement des générations, qui est à
00:332,1 enfants par femme, et dans un tiers plus près de 1 que de 2.
00:37Même les démographes sont pris de vitesse.
00:39En Corée du Sud, il n'y a pas longtemps, ils ont fait une prévision et ils voulaient calculer le
00:45nombre de bébés pour 2023, ils se sont trompés de 30%.
00:48Le chiffre était 30% inférieur à leur prévision.
00:51Et surtout, il y a un phénomène étonnant, c'est mondial, alors que jusqu'ici c'était quand même corrélé
00:57au niveau de développement, qui généralement s'accompagne d'une évolution du statut de la femme.
01:02Mais désormais, le Mexique, la Tunisie ou le Brésil, ils sont en dessous des Etats-Unis du point de vue
01:07de la fécondité.
01:08En Inde, il y a des régions où il y a un enfant par femme désormais.
01:13Bon, cela dit, on connaît, François, les explications classiques, traditionnelles, la dénatalité, le manque de logement, d'infrastructures de garde,
01:19la peur de l'avenir, aussi tout ça.
01:21Oui, ça ne peut pas être opérant cette fois-ci, parce que ces déterminants n'ont pas changé si brutalement
01:25qu'ils puissent expliquer la chute.
01:27La politique familiale, elle n'est pas plus concernée.
01:30Quand on regarde dans le détail, on voit que ces crédits ont été multipliés par 3 depuis 40 ans dans
01:35les pays développés, pour rien.
01:37Il y a donc une cause mondiale et brutale, d'où cette étude de deux chercheurs de l'université de
01:43Cincinnati aux Etats-Unis, Nathan Hudon et Herman Moscoso-Bédo.
01:48Étude reprise et approfondie par le Financial Times, qui pointe une cause tout à fait étonnante, l'arrivée du smartphone.
01:56Et comment sont-ils venus à relier la chute des naissances avec le téléphone, avec le smartphone ?
02:00Ils ont cartographié le développement progressif des réseaux de téléphonie 4G aux Etats-Unis.
02:05Et puis comparer ces données à l'évolution des naissances au plan régional, coïncidence parfaite.
02:11Et l'EFT a poursuivi l'exploration avec les données d'autres pays dans tous les coins du monde, la
02:16France, le Sénégal, l'Égypte, l'Indonésie.
02:19Chaque fois, même constat, dès que le smartphone est introduit, chute de la fécondité qui peut atteindre 30% après
02:2610 ans.
02:26Ça va de 20 à 30% 10 ans après.
02:28En réalité, le smartphone et les réseaux vous offrent une forme de socialisation.
02:34Une socialisation de substitution qui rend moins nécessaires les rencontres physiques.
02:39Les jeunes passent deux fois moins de temps qu'il y a 30 ans aux rencontres avec d'autres personnes
02:45en réel.
02:45Parce qu'ils en ont moins besoin, tout simplement.
02:47Or, moins de couples, c'est évidemment moins d'enfants.
02:50Et pourtant, on aurait pu imaginer, François, que les réseaux allaient au contraire favoriser les rencontres, les constitutions de couples.
02:55Oui, c'est vrai. En fait, il n'en est rien. Parce que, justement, ils se substituent en rencontres physiques.
03:00Et puis, parce qu'ils changent les attentes sur le partenaire, en les formatant sur les personnages virtuels de TikTok.
03:07Du coup, les jeunes sont exigeants. Ils récusent les partenaires réels qui leur semblent décevants.
03:13Et plus la culture est traditionnelle, avec des rôles assez stricts pour les deux gens,
03:18plus l'impact du smartphone est important sur les mises en couple, sur les appareillements, plus il génère de la
03:24frustration.
03:25Selon cette thèse, le fait majeur, c'est la chute des appareillements provoqués par les réseaux sociaux.
03:31Parce qu'en réalité, les femmes qui ont des enfants en ont autant qu'avant.
03:35Elles sont juste moins nombreuses qu'avant.
03:38Explication étonnante ce matin.
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