00:01RTL matin
00:037h44 sur RTL
00:04Langue l'écho avec vous Mathilde Piqué
00:05plus de 2700 sapeurs-pompiers
00:07sont mobilisés pour lutter contre les incendies
00:09en Gironde. On imagine souvent
00:11que ce sont des professionnels mais la réalité
00:14elle est tout autre. Ce sont principalement
00:15des volontaires, des pompiers qui ont souvent un
00:17travail à côté. Oui, vous voyez ces images
00:19depuis des jours. Des pompiers au plus près
00:21des flammes lancent un incendie à la main
00:23muni de cagoules et de casques de protection
00:26mais derrière l'uniforme, il y a
00:27souvent de simples salariés qui
00:29prennent sur leurs vacances, parfois sur leur temps
00:31de travail. On compte en France
00:33250 000 sapeurs-pompiers volontaires
00:36qui s'engagent en moyenne 800 heures
00:38à l'année. Ils représentent trois quarts
00:39des effectifs dans les services de secours.
00:41250 000 sapeurs-pompiers, il y a
00:43donc des entreprises qui laissent partir leurs
00:45employés pour contribuer à cette lutte contre
00:47les incendies ? Oui, dans des moments difficiles
00:50comme ceux-là, il n'y a pas d'hésitation
00:51selon un représentant du patronat.
00:53A l'année, cette mobilisation est encadrée.
00:56Une convention est signée entre
00:57le volontaire, son employeur et la caserne
01:00des pompiers. On identifie des jours
01:02d'absence. Cela permet de ne pas désorganiser
01:04le travail. Lors d'une intervention,
01:06dans certains cas, l'entreprise continue
01:08de payer le salarié, puis le SDIS
01:09verse une indemnité à l'employeur.
01:12Quel est l'intérêt pour les entreprises ?
01:13Elles ont tout à y gagner. Déjà, l'engagement
01:15civique. Autoriser son salarié à partir
01:18en intervention, c'est contribuer
01:20à la cohésion d'un territoire. Ensuite,
01:22le sapeur-pompier volontaire acquiert
01:23des compétences. Une maîtrise des gestes
01:26de premier secours du risque incendie. Et puis,
01:28de manière plus pragmatique, compter un
01:30sapeur-pompier volontaire parmi ses salariés,
01:32ça ouvre droit à une réduction de
01:34cotisation patronale. Alors ça, c'est sur le
01:36papier, Mathilde, mais dans la réalité, ça ne se
01:38passe pas toujours aussi bien. Oui, le syndicat
01:40des sapeurs-pompiers volontaires alerte
01:42sur une situation de plus en plus complexe.
01:44Car, ça peut paraître fou, mais
01:46les refus des employeurs sont fréquents.
01:48En théorie, le patron ne peut
01:50interdire un départ en intervention
01:51qu'en cas de nécessité pour le
01:54fonctionnement de l'entreprise. Mais on imagine
01:56bien ce qui se passe derrière les textes.
01:57Un appel pour une intervention urgente.
01:59Un manager qui dit non à un salarié.
02:02Difficile de passer outre sa
02:04hiérarchie, même quand
02:06c'est pour une cause aussi noble. Le patronat
02:08doit ici prendre ses responsabilités.
02:10On ne peut pas dire, tout crame, mais
02:12tant pis, il y a ce dossier à boucler,
02:14ce chantier à avancer ou la boutique à faire
02:16tourner. Non, les entreprises font partie
02:18intégrante de la société.
02:20Et malgré les contraintes qui pèsent déjà sur
02:22elles, elles vont devoir contribuer à la
02:24lutte contre les incendies qui s'annoncent
02:26de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique.
02:28Alors, il y a encore des salariés prêts à
02:30s'engager. Tout cela ne crée pas une crise du volontariat ?
02:32Pour l'instant, les effectifs de
02:34volontaires ont augmenté de 33%
02:36en un peu plus de 20 ans. Alors que nos
02:38services de secours reposent principalement
02:40sur le volontariat, il faut aujourd'hui
02:42valoriser cet engagement
02:43qui se fait souvent au prix de compromis
02:46sur la vie personnelle, sur la rémunération.
02:48Quand l'entreprise n'accepte pas
02:50de verser l'intégralité du salaire
02:52aux volontaires en intervention, il n'est
02:54indemnisé que 8 euros de l'heure
02:56pour risquer sa vie.
02:57Merci.