00:00Notre invité ce matin dans la French Tech c'est Frédéric Moinet, bonjour, vous êtes le directeur des opérations et
00:04cofondateur de Geoling.
00:06Vous allez lancer une solution qui s'appelle Flotera où vous modélisez les sous-sols.
00:12Alors qu'est-ce que vous regardez, qu'est-ce que vous y voyez et pour faire quoi ?
00:15Bonjour Laure et merci pour l'invitation.
00:17Alors on a développé effectivement Flotera qui est un produit commercial et qu'on a développé en six années à
00:22partir d'un brevet du CNRS innovant.
00:27Et Flotera ce que ça fait, c'est que ça fait de la surveillance du sous-sol.
00:30Alors par surveillance j'entends ce que les clients nous achètent, c'est des visualisations 3D d'une information du
00:36sous-sol.
00:37Ce que l'innovation apporte, c'est un suivi dans le temps, ça c'est nouveau.
00:41On est habitué en géosciences à avoir des images plutôt statiques, je parle en trois dimensions.
00:47C'est-à-dire que vous voyez le sous-sol évoluer ?
00:49On voit certains aspects du sous-sol évoluer, je vais vous donner un exemple, le marché de l'eau.
00:54L'idée c'est de modéliser le mouvement de la nappe phréatique, voilà sur quoi on travaille.
00:59Et vous arrivez à suivre ?
01:00On se met dans le temps, voilà.
01:02Une des forces de la solution si vous voulez, c'est que la mise en place sur le terrain est
01:06très très simple.
01:06En fait on dispose des capteurs sur le sol et puis ils écoutent,
01:11parce que c'est une méthodologie d'imagerie, comme de l'imagerie médicale si vous voulez.
01:18Donc c'est l'IRM du sous-sol quoi.
01:20C'est l'IRM du sous-sol.
01:21C'est l'IRM du sous-sol, c'est ça.
01:23Mais du coup alors ça va servir à quoi ?
01:25Alors là vous nous disiez, on peut s'en servir pour suivre l'eau,
01:28mais c'est quoi ? C'est détecter des nouveaux types de gisements par exemple ?
01:31Ça sert à quoi de surveiller le sous-sol ?
01:33Oui, je vais vous donner un deuxième exemple.
01:35L'hydrogène naturel, savez-vous qu'il y a des ressources,
01:38et il y a des ressources en France, l'hydrogène naturel, il y en a en Moselle,
01:40on en parle souvent.
01:41J'ai souvent entendu ça.
01:43On parle quand même de trois années de production électrique,
01:46mais qui sont dans le sous-sol.
01:47Et la question c'est de savoir si on peut les remonter.
01:50Et pour savoir si on peut les remonter, il faut développer des innovations en géosciences
01:53et des nouvelles méthodes pour visualiser le mouvement.
01:58Donc ça serait de voir comment l'hydrogène peut remonter le long de failles.
02:01Et ça vous pouvez le dire ?
02:03Alors on travaille, et donc il y a tout un écosystème de boîtes françaises.
02:11On travaille avec CVA Engineering, on travaille avec Storengie, la filiale d'Engie.
02:17Donc il y a tout un écosystème, et on travaille à avoir cette solution pour voir les chemins de fuite.
02:23Vous nous disiez au départ que ça vient du CNRS, c'est là où la solution émerge.
02:28Alors nous, c'est nos boîtes préférées avec Anthony Morel,
02:31celle qui émerge directement de la recherche scientifique.
02:33Et à quel moment vous faites le basculement business entre le CNRS et l'entreprise ?
02:38Alors je vous remercie pour la question, parce que c'est ça qui est difficile à évaluer
02:42quand on crée une boîte comme la nôtre, comme Geolinks.
02:44Nous on a mis 6 années, et en cumulant c'est 15 années chercheurs.
02:49Parce que pour amener une innovation, et on l'a senti dès le début, c'est un plus,
02:53ça va apporter quelque chose, c'est sûr.
02:55Mais l'amener sur le terrain, ça veut dire des partenariats.
02:58On a eu des partenariats avec Total Energy, on a un partenariat avec une boîte américaine
03:04Baker Hughes, qui a une finale en France, Magnitude.
03:06Et là où on regarde si on peut surveiller les stockages de CO2 en profondeur.
03:11Donc de passer, d'amener la solution, et si vous voulez, de convaincre la clientèle.
03:16Mais justement, vous allez faire le tour des boîtes et vous dites,
03:19voilà nous on a développé ça, ça vous intéresse ?
03:22Il faut que vous alliez vendre votre recherche.
03:25On va vendre les tests, on va vendre la demande d'aller sur site.
03:28Alors c'est des sites sensibles, donc il faut arriver à démontrer, il faut arriver à convaincre.
03:33Il y a de bons relais en France aussi, soutenus par l'ABPI, par l'ADEME par exemple.
03:38Et c'est tout ce travail, et ça ça prend du temps effectivement, et ça prend 6 années,
03:42parce qu'il faut pouvoir s'implanter, il faut pouvoir proposer un projet d'envergure,
03:47qui ait du sens, et puis parler le langage industrie, alors que le brevet est plutôt langage recherche.
03:54Oui, parce qu'en fait même les cas d'usage sont encore à définir,
03:56ça vous arrivez auprès des entreprises, vous dites voilà nous on a conçu,
03:59alors j'ai dit un IRM, on pourrait dire un Google Maps souterrain d'une certaine manière.
04:04Maintenant à vous de nous dire à quoi ça peut vous servir aussi,
04:07parce que je voyais que dans les cas d'usage potentiel, il y avait aussi le fait d'assurer la
04:10sécurité d'installation industrielle.
04:12Alors ça c'est un point hyper intéressant, c'est-à-dire par exemple dans les mines,
04:14on va pouvoir avoir, comme à l'époque on prenait des canaries dans les mines
04:18pour pouvoir détecter s'il y avait des éléments toxiques,
04:21là on va pouvoir faire ça de manière numérique en fait, avec de la modélisation 3D, c'est ça ?
04:25Tout à fait, on a travaillé, alors là c'est en Afrique du Sud,
04:29où on a un représentant en Afrique du Sud,
04:31et on a travaillé avec une boîte de consultants,
04:34là c'est sur la sécurisation des bassins de rétention de déchets.
04:39En 2019 au Brésil, il y a un de ces murs qui l'a cassé, il y a eu 272
04:43morts,
04:44et une catastrophe écologique conséquente.
04:47Il faut pouvoir mieux surveiller ces sites.
04:50Donc là c'est effectivement ce que vous dites,
04:52c'est-à-dire aller voir les professionnels,
04:55leur demander ce qu'ils ont besoin,
04:57et travailler en fonction de la solution qu'ils veulent avoir.
04:59C'est ça en fait l'erreur qu'il y aurait pour venir sur votre question,
05:02c'est de prendre un projet scientifique qui sort du CNRS,
05:05et de croire que tout est fait, non.
05:07Chacun son métier, les chercheurs...
05:09Vous avez besoin des entreprises quoi, pour les cas du jeu.
05:12Pour comprendre le besoin, pour adapter le produit,
05:15et l'amener vraiment à une solution qui leur parle.
05:18Mais est-ce que vous pourriez aussi, dans le cas inverse,
05:20dire là il ne faut pas y aller en fait,
05:22il ne faut pas creuser, c'est dangereux,
05:24ça peut être trop néfaste ?
05:27C'est ça, c'est ça.
05:28C'est d'apporter de l'information intelligente
05:31qui leur permet de prendre des décisions,
05:33et vous soulignez ça, c'est vrai,
05:35des décisions qui peuvent être lourdes de conséquences.
05:38Non mais sur les mines, je reviens à ça,
05:40parce que c'est un enjeu qui est énorme,
05:41on ne se rend pas compte,
05:41mais c'est des milliers de morts par an,
05:43en fait, dans les accidents miniers,
05:44donc c'est un très très gros nombre.
05:46C'est ça, et puis ça va continuer,
05:47parce qu'avec toute l'IA, avec tous les développements,
05:49je veux dire les terres rares,
05:50voir les terres rares, ça porte bien son nom,
05:52il n'y en a pas beaucoup,
05:53donc ça veut dire qu'il faut sortir énormément de terres.
05:55Oui, c'est ça.
05:56Dans une tonne de roches qui contient du platine,
06:00et qui est une roche particulière,
06:01il n'y a que 3 grammes de platine,
06:02c'est pour vous donner une idée un peu de la volumétrie
06:07de ce qu'il faut sortir dans les mines
06:08et ce qu'il faut stocker.
06:10Et vous venez de lever 6 millions d'euros,
06:11donc vous avez quand même réussi à convaincre
06:12les investisseurs privés de vous suivre
06:15dans votre développement, de votre recherche.
06:18Merci beaucoup Frédéric Moanel
06:19d'être venu ce matin pour nous parler de Geolink.
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