00:00Et à la une ce matin, le coup de gueule d'un patron contre le retour des ZFE.
00:04Bonjour Christophe Rollet.
00:05Bonjour.
00:06Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes le directeur général du groupe .S
00:09et alors qu'on pensait que ça en était terminé des ZFE,
00:12et bien non, le Conseil constitutionnel a censuré le 21 mai,
00:16c'était donc il y a deux jours, l'article supprimant les ZFE au motif qu'il s'agissait,
00:20alors dans un jargon, en un cavalier législatif.
00:23Bref, résultat, retour à nouveau de ces fameuses zones à faible émission.
00:27Quelle est votre première réaction, vous ce matin, Christophe Rollet ?
00:31La toute première, c'est avant tout le citoyen qui part,
00:34car les Français élisent, quelle que soit leur obédience politique,
00:38des députés, des sénateurs qui sont censés les représenter.
00:41Et au final, on se rend compte que neuf personnes vont à contresens complètement
00:46de ce qui était désapprouvé par la grande majorité d'entre eux.
00:50Et qu'à aujourd'hui, on revient sur cette loi qui, de facto, on le voit bien,
00:54ne convient à personne, ni côté écologiste,
00:56qui estime que ce n'est pas assez,
00:58ni côté du pouvoir d'achat, car les Français, bien entendu,
01:02on va y revenir, n'ont pas les moyens de suivre les ambitions écologiques
01:06que l'État leur impose.
01:07Donc c'est avant tout d'abord le citoyen qui parle,
01:10et puis c'est bien entendu le dirigeant d'un réseau,
01:12on a 700 points de vente en France,
01:14donc si vous voulez, on est au quotidien...
01:16Avec une petite expérience du territoire quand même.
01:18Légèrement, très modestement, on a des millions de consommateurs
01:21qui viennent dans nos points de vente, dans nos ateliers à l'année,
01:24et on voit bien que le pouvoir d'achat dont on parle,
01:27et tout le monde parle tous les jours,
01:28se fait vraiment sentir depuis quelques temps,
01:30et plus à aujourd'hui avec ce que l'on sait notamment sur le carburant.
01:34Ce sont majoritairement des personnes qui ont envie
01:37d'avoir cette démarche écologique.
01:39Mais en fait, ce que vous racontez,
01:41et ce que vous avez toujours raconté en vous positionnant
01:43quand même contre ces ZFE, Christophe Rollet,
01:45c'est d'expliquer à quel point aujourd'hui les Français,
01:47on va les pénaliser, alors que si mes calculs sont bons,
01:51et si mes souvenirs sont bons,
01:51quand on travaille un peu sur le sujet,
01:53la voiture, le véhicule, représentent quand même
01:55la deuxième dépense dans un couple aujourd'hui,
01:57et on va pénaliser des véhicules
01:59où les citoyens justement mettent le peu d'économie
02:02qu'il leur reste pour les mettre à niveau,
02:04pour les entrecrire, et c'est ça que vous trouvez injuste ?
02:06Oui, écoutez, deux chiffres pour illustrer.
02:08Le premier, il faut savoir que 77% des Français,
02:11on est à l'orée des vacances d'été,
02:13prennent leur voiture pour partir en vacances.
02:15Le deuxième chiffre, c'est que le parc moyen en France
02:18est âgé de plus de 11 ans
02:20et vieillit chaque année d'à peu près un trimestre de plus.
02:23Donc si vous voulez, à aujourd'hui, il faut faire le constat
02:25que la voiture reste indispensable,
02:27et cette mesure restrictive, obligataire,
02:30va empêcher finalement une grande partie de la population
02:33d'accéder au centre-ville,
02:35soit pour y faire ses courses,
02:37soit pour y travailler tout simplement.
02:38Mais vous entendez aussi, Christophe Rollet,
02:41l'argument à chaque fois,
02:42vous qui êtes directeur général du groupe 1,
02:44c'est de dire, oui d'accord, ça c'est des considérations,
02:46mais nous, qu'est-ce qu'on fait en prenant cette décision ?
02:48On va aider les gens à mieux respirer,
02:50parce que la pollution de l'air,
02:52c'est 40 000 morts par an.
02:54On est tous d'accord sur le constat,
02:56par contre, il faut les aider financièrement pour changer cela.
02:59Et l'État, on le sait bien, n'a pas les moyens de les aider financièrement.
03:02Et on peut se poser la question, certains y répondent,
03:04en disant, est-ce que l'État ne court pas après finalement des subventions européennes,
03:08en imposant de facto à tout le monde des restrictions et des obligations d'achat.
03:12Quand on entend le Premier ministre qui nous dit acheter des véhicules électriques neuves,
03:16bien entendu, certains peuvent le faire,
03:17mais une grande majorité de la population française n'en a pas les moyens.
03:21Et deux choses, dans ce que vous dites, vous vous soupçonnez,
03:25on va dire, c'est un peu assumé aussi par le gouvernement,
03:28d'atteindre ces objectifs uniquement parce qu'en effet,
03:30ce sont des directives européennes et ça leur permet de toucher un certain pactole.
03:35On est d'accord.
03:36Et pour tout bon chef d'entreprise, j'en suis un,
03:38quand on veut avoir des objectifs, il faut s'en donner les moyens de les réaliser.
03:42Et malheureusement, l'État n'a pas les moyens de suivre.
03:44Donc aujourd'hui, c'est un petit peu sur ces grandes métropoles nationales,
03:47Paris, Marseille et Lyon,
03:48comme si on disait aux gens qui n'ont pas les moyens,
03:51vous ne pouvez pas accéder au centre-ville de votre ville principale.
03:54Vous ne pouvez plus aller faire vos courses dans ces centres-villes-là.
03:57Et d'ailleurs, si vous me permettez, ça a un autre impact,
03:59c'est sur les commerces de ces centres-villes.
04:01Il ne faut pas les oublier non plus.
04:02À qui on demande des loyers exorbitants,
04:04des taxes de partout, notamment sur le volume de leur enseigne,
04:07par exemple, pour en cité qu'une.
04:09Et ceux-là ont une perte réelle,
04:11et ça se chiffre à deux chiffres.
04:12On perte de chiffre d'achat
04:14parce que les consommateurs, étant obligés de rester en dehors des villes,
04:18n'y rentrent plus.
04:19Et c'est une perte de la vie du commerce de centre-ville
04:22qui, sauf errant de ma part,
04:23était promotionnée, poussée par l'État
04:25pour essayer de reconquérir ses parts de marché
04:28de la grande distribution à une certaine époque.
04:30On va vraiment à l'envers de la logique
04:32et du quotidien des consommateurs.
04:33Et de tout l'écosystème qu'il serait bien aujourd'hui d'entretenir.
04:36Merci beaucoup, Christophe Rollet, d'avoir été avec nous ce matin.
04:40Et on voit bien les différents défis auxquels on fait face,
04:43notamment parce que l'électrique est trop chère,
04:44notamment parce qu'aujourd'hui,
04:45les Français n'ont pas toujours les moyens d'en acheter,
04:47et surtout que l'économie va d'abord à des voitures
04:50parfaitement en bon état,
04:52auxquelles la plupart, en tout cas,
04:54des véhicules auxquels il suffit juste
04:55de faire quelques réparations.
04:57Et c'est ce que vous faites,
04:57en étant notamment le directeur général du groupe Point S.
05:00Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin.
05:02Il est 8h24.
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