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L'eurodéputée LFI Manon Aubry était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:018h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Manon Aubry. Bonjour Manon Aubry.
00:05Bonjour.
00:06Eurodéputée La France Insoumise, merci d'être avec nous. On va balayer toute l'actualité.
00:09Je voulais qu'on commence par ce qui s'est passé hier soir dans la capitale, dans le quartier du
00:12Canal Saint-Martin.
00:13Il y a eu des violences à quelques heures de la finale de la Coupe de France qui verra s
00:17'affronter le RC Lens et l'OGC Nice.
00:20C'est impossible aujourd'hui d'organiser un événement sans qu'il y ait des rassemblements violents ?
00:24Évidemment, je regarde toujours qu'il y ait des rassemblements violents qui soient organisés d'une manière ou d'une
00:31autre.
00:31A fortiori, autour du football, qui est une fête populaire, on a tous envie de célébrer.
00:37Il va y avoir la Coupe du Monde bientôt qui va démarrer.
00:39On a envie de faire la fête autour du foot et pas que ça se termine en violence.
00:45On a assez peu d'éléments à l'heure où je vous parle, donc c'est difficile d'en commenter
00:49quoi que ce soit.
00:49Il semble qu'il y ait un groupe d'Hooligans, de l'OGC Nice qui soit impliqué, qui s'appelle
00:55Populaire Sud,
00:56qui est connu à Nice pour avoir déjà été impliqué dans des événements de violence,
01:01qui est par ailleurs assez proche de l'extrême droite.
01:04Mais comme je vous dis, à l'heure où je vous parle, on a peu d'éléments.
01:07La justice va faire son travail.
01:09Évidemment, je regrette à chaque fois qu'il y a quel que soit le type d'événement de violence.
01:14Mais le 30 mai prochain, il y aura la finale de la Ligue des Champions qui engage le Paris Saint
01:18-Germain.
01:19Paris va devoir être surprotégée avec des milliers de policiers.
01:25Qu'est-ce que ça dit de notre société ?
01:26Moi, ce que je souhaite, c'est une grande fête populaire, qu'on soit un soutien du PS.
01:30La dernière fois, il y avait eu des racailles qui avaient jeté des objets sur des voitures de police.
01:37Moi, je me souviens aussi qu'il y a des objets sur des voitures de police.
01:41Ce n'est jamais souhaitable, ce n'est jamais souhaitable, ce n'est jamais souhaitable.
01:45Et c'est répréhensible pénalement et vous pouvez être poursuivi en justice.
01:48Ils ont été poursuivis en justice en l'état.
01:51Eux, non, c'est assez faux. On peut regarder, si vous voulez, de près.
01:55Je regarde de près, rarement incarcéré.
01:57Ce que je retiens aussi, c'est que le foot fait vibrer des dizaines de milliers de supporters.
02:03Le soir même, c'est regardé à la télé par des centaines de milliers de gens.
02:06Et ça doit d'abord rester ça, le foot populaire.
02:10C'est le sport que vous pratiquez en bas de chez vous.
02:13On a tous fait du foot gamin.
02:15On a tous vibré au fur et à mesure des Coupes du Monde.
02:18Et moi, c'est ça que j'ai envie de retenir du foot, surtout à l'heure où la Coupe
02:21du Monde va démarrer.
02:22Manon Aubry avec nous ce matin.
02:24La guerre va durer, la crise va durer, a prévenu Sébastien Lecornu, le Premier ministre hier,
02:28qui annonce 710 millions d'euros d'aides supplémentaires.
02:31Déjà, votre commentaire sur ces annonces.
02:33C'est sympathique de prévenir que la guerre va durer, mais ce serait un peu plus sympathique de prendre des
02:38réelles mesures pour aider les Françaises et les Français.
02:41Parce que là, dans les mesures qui sont annoncées par Sébastien Lecornu, on peut les regarder dans le détail.
02:46Il propose que les entreprises fassent des primes aux salariés.
02:51Merci, mon bon Dieu.
02:53On va demander l'aumône à nos patrons pour pouvoir aller travailler et payer le trajet d'essence qui coûte
02:59extrêmement cher.
02:59Tout ça n'est pas sérieux.
03:01Les aides qui ont été annoncées jusqu'à présent par le gouvernement n'ont jamais été suivies des faits.
03:06D'ailleurs, on peut lancer un appel à témoignage ce matin à votre antenne.
03:09Est-ce qu'il y a le moindre Français qui a déjà touché le moindre centime d'aide de la
03:15part du gouvernement ?
03:16Vous savez, c'est un peu comme un Pokémon rare.
03:18C'est assez recherché, donc moi je suis toujours à cet avis de recherche.
03:22La prime carburant, elle est versée ?
03:23Non, mais il y a...
03:24Ça existe, elle est versée régulièrement par des entreprises.
03:27Il n'y a que quelques Français qui participent.
03:29À des salariés, ça existe.
03:31Moi, ce matin, il y a des gens probablement sur Europe 1 qui nous écoutent en radio en allant au
03:37travail.
03:37Oui.
03:38Et je pense à tous ces gens-là qui prennent leur voiture, qui n'ont pas d'autre alternative.
03:41À ces gens-là, qu'ils ne vont toucher aucune aide, alors qu'il y aurait une mesure simple et
03:47de bon sens.
03:48Le blocage des prix.
03:49Le blocage des prix, ça ne coûterait pas un seul centime à l'État français.
03:54On pourrait bloquer le litre d'essence et le litre de gasoil, notamment à 1,70€.
03:59C'est-à-dire le niveau d'avant-crise et permettre à chacun...
04:04À qui vous prenez la différence ?
04:05À l'État ? À Total ? Qui partirait ? À qui ?
04:08Total. Alors, prenons le cas de Total.
04:10Ils ont fait 5 milliards d'euros de profit sur ce premier trimestre.
04:15Est-ce que vous trouvez ça normal qu'une entreprise pétrolière se serve de la crise pour spéculer ?
04:22Parce que c'est ça qu'ils ont fait, de la spéculation.
04:25Ils ont acheté massivement de...
04:28La Total est dans le pétrole et effectivement, les cours montent.
04:30Ils ont acheté massivement du pétrole juste avant que la crise n'éclate.
04:34Et donc, vous, vous trouvez ça normal que le Français qui va à la pompe paye 2,20€ son litre
04:40de gasoil
04:40quand une entreprise comme Total fait tant de bénéfices ?
04:43Eh bien, moi, je ne trouve pas ça normal.
04:45Vous demandez un blocage à 1,70€.
04:46Un blocage des prix.
04:47Aujourd'hui, c'est 2,10€. Qui fournit les 40 centimes ?
04:50Je vous le dis, des entreprises, les entreprises pétrolières et notamment une entreprise comme Total
04:56qui, aujourd'hui, s'est gavée sur cette crise.
05:00Le gouvernement se refuse à taxer les super-profits, se refuse à agir concrètement pour les Françaises et les Français.
05:07Eh bien, moi, je vous le dis, avec nous et avec Jean-Luc Mélenchon au pouvoir,
05:10on aura fini de ces profiteurs de crise.
05:13Et oui, on n'aura pas l'impression d'avoir un pistolet sur la tempe à chaque fois qu'on
05:17va faire son plein d'essence.
05:17Parce que c'est ça, la réalité, aujourd'hui.
05:20Et c'est des millions de Français qui, derrière, vont se priver.
05:22On est au mois de mai.
05:23Il y a plein de week-ends.
05:24On a tous envie d'aller voir la famille, les proches.
05:27Et les gens hésitent à prendre leur voiture parce que ça coûte une fortune.
05:31Des gens vont se priver de vacances cet été.
05:33Ce n'est pas normal.
05:34Le blocage des prix, c'est la solution de bon sens.
05:37Ça a été fait dans l'histoire française dans les années 90.
05:40C'est fait dans les Outre-mer.
05:42Ça a été fait dans un certain nombre de pays dans le monde.
05:45La Croatie, la Slovénie, la Corée du Sud.
05:48Il n'y a aucune raison, c'est prévu par le Code du Commerce,
05:51que l'État français ne le fasse pas,
05:53sauf à protéger les profits des grandes entreprises comme Total.
05:56On se dirige vers une crise sociale d'ampleur, selon vous ?
05:58Oui, elle est déjà là, en réalité.
06:01Elle est déjà là.
06:02Vous avez, sur le premier trimestre 2026,
06:05une baisse de la consommation populaire de 10%.
06:07Ce qui veut dire que les Françaises et les Français se privent.
06:11Consomment moins.
06:12Et qu'aujourd'hui, on a une inflation qui est autour de 2,2%,
06:16qui, en toute vraisemblance, va continuer à augmenter dans les mois qui viennent.
06:21Et donc, derrière, c'est de nouveau les Français les plus pauvres qui vont trinquer.
06:27Vous avez déjà une partie des Français, par exemple, qui saute des repas.
06:30Une partie des Français qui se privent des loisirs,
06:33qui se privent du cinéma, qui se privent des sorties,
06:36qui se privent de restaurants.
06:37Et tout ça, c'est un effet récessif sur l'économie.
06:39Et évidemment, l'économie en paiera le prix cher.
06:42Et à la fin, c'est l'ensemble de la France et de l'Union européenne qui en paiera le
06:47prix.
06:48C'est pour ça qu'il faut des mesures qui permettent d'y remédier,
06:51à commencer par le blocage des prix.
06:53Sur les 710 millions d'euros d'aides qui ont été annoncés par le Premier ministre hier,
06:59100% seront financés par de la dette.
07:03On creuse notre tombe, là.
07:04Vous avez raison que ça coûte de l'argent.
07:08Et c'est une des raisons pour lesquelles on propose le blocage des prix.
07:11Ça ne coûtera pas un centime à l'État français.
07:13Et je ne comprends pas pourquoi le gouvernement de Sébastien Lecornu
07:17s'entête à essayer de faire des aides ciblées,
07:20dont on ne sait pas très bien à qui elles vont bénéficier,
07:23puisqu'elles sont extrêmement limitées,
07:25alors qu'il y avait une proposition simple qui était sur la table de blocage des prix.
07:30Mais ça, c'est l'économie communiste. On a vu que ça ne fonctionnait pas.
07:33Quand ça a été fait dans les années 90, en France, c'était l'économie communiste.
07:37Quand c'est fait en Croatie, quand c'est fait en Hongrie,
07:39en Hongrie, ça a été fait sous Viktor Orban.
07:41C'est l'économie communiste, franchement, un peu de sérieux dans tout ça.
07:47C'est prévu par le Code de commerce.
07:48C'est une mesure qui est évidemment passagère pour faire face à la crise.
07:52Mais je crois qu'il n'y a pas d'autre alternative,
07:53sauf à vouloir protéger ad vitam aeternam, les profits de Total,
07:57qui s'engraissent comme jamais, qui pratiquent l'évasion fiscale,
08:01qui déclarent une grande partie de ses profits dans un pays comme les Pays-Bas,
08:04sauf s'il y a des gisements de pétrole inconnus dans les Pays-Bas.
08:07Bon, soyons un petit peu sérieux.
08:09Moi, je suis là pour faire des propositions politiques.
08:12C'est notre responsabilité.
08:13Et votre proposition, c'est le blocage des prix.
08:15C'est prévu par le Code de commerce et la France l'a déjà fait.
08:18Les ZFE, les zones à faible émission.
08:20Hier, le Conseil constitutionnel a censuré la suppression des ZFE,
08:24qui de fait s'applique à nouveau aujourd'hui.
08:26Est-ce que ça vous satisfait ou pas ?
08:27Non, je le regrette que ça ait été supprimé par le Conseil constitutionnel.
08:32Alors, ça n'a pas été supprimé sur le fond,
08:36un jugement sur le fond de la suppression des ZFE,
08:40mais par ce qu'on appelle un cavalier législatif,
08:43c'est-à-dire que c'était considéré pas dans le périmètre de la loi.
08:48Je pense que c'est reculé pour mieux sauter,
08:50parce que ces ZFE, elles ne sont pas bien pensées.
08:54Elles sanctionnent bien davantage les ménages les plus pauvres
08:58qui n'ont pas les moyens de changer leur voiture.
09:01Je veux dire, tout le monde aimerait bien rouler avec une voiture
09:04dernier cri électrique.
09:06En plus, en ce moment, ça coûterait moins cher,
09:08vu le prix de l'essence,
09:09et qui serait plus écologiquement responsable.
09:11Sauf qu'une voiture de ce type-là,
09:13ça va vous coûter 20 000, 25 000 euros Obama
09:16si vous l'achetez neuve.
09:18Et évidemment, tous les Français n'ont pas les moyens.
09:19Et donc, je pense que c'est faire de l'écologie punitive,
09:23là où on devrait repenser,
09:25notamment l'accès aux services publics
09:26et aux services publics de transport,
09:28en fournissant des alternatives
09:29qui sont accessibles financièrement,
09:32c'est-à-dire gratuites pour les plus précaires,
09:35gratuites pour les jeunes,
09:36avant de dire de tout de suite sanctionner
09:39ceux qui ont une vieille voiture
09:40et qui n'ont pas les moyens de la changer.
09:41Je veux qu'on parle de l'agriculture.
09:43C'est un sujet que vous suivez à Bruxelles.
09:45La situation des agriculteurs est préoccupante
09:47avec la flambée des prix de l'énergie
09:49et des engrais.
09:50Et des engrais, les agriculteurs disent
09:52ne plus pouvoir absorber la hausse des charges.
09:54La FNSEA demande la réouverture
09:55des négociations commerciales
09:56avec la grande distribution.
09:58Est-ce qu'il faut le faire ?
09:59Est-ce qu'il faut aller dans cette direction ?
10:01Oui, il faut une renégociation
10:02avec la grande distribution.
10:04Mais là aussi, je ne crois pas beaucoup
10:05à la stratégie qui consiste à obtenir l'aumône
10:08de la part de la grande distribution.
10:10L'État a un rôle à jouer.
10:11Je ne sais pas si vous vous souvenez,
10:13Emmanuel Macron, au Salon de l'agriculture,
10:15de mémoire, c'était il y a deux ou trois ans,
10:17avait promis des prix planchers rémunérateurs
10:20pour les agriculteurs.
10:21À ce moment-là, on était les premiers à dire
10:23il faut le faire, allons-y.
10:25Et évidemment, comme toutes les promesses
10:26d'Emmanuel Macron, ça n'a pas été suivi d'effet.
10:28Donc le premier enjeu, c'est garantir
10:30des prix planchers rémunérateurs
10:32pour les agriculteurs pour s'assurer
10:33que le litre de lait qu'ils vendent,
10:37le kilo d'œuf ou de viande bovine
10:40soit fait à un prix minimum.
10:42Ça, c'est la première chose à faire.
10:43Et la deuxième chose à faire,
10:45c'est protéger les agriculteurs
10:47de la concurrence déloyale.
10:48Et je me permets sur votre antenne ce matin
10:50pour lancer l'alerte d'un sujet
10:52sur lequel personne ne parle.
10:54Il y a un nouvel accord de libre-échange
10:55qui va être signé aujourd'hui
10:56par l'Union européenne.
10:57C'est un accord de libre-échange
10:59avec le Mexique,
11:00qui s'ajoute à la pelleté
11:01d'accords de libre-échange,
11:03celui avec le Mercosur
11:04qui est entré en vigueur
11:05alors qu'il n'y a eu aucun vote.
11:06Il est entré en vigueur le 1er mai.
11:09C'est un passage en force antidémocratique
11:11dont seule l'Union européenne
11:12a le secret.
11:13Et donc, il faut protéger
11:14notre agriculture
11:15de la concurrence déloyale
11:17qui vient des quatre coins du monde.
11:18Et pour cela, l'amendement déposé
11:20par ma collègue Aurélie Trouvé
11:21qui a été adopté,
11:22qui interdit l'importation de produits
11:24qui viennent du monde entier
11:26avec des pesticides
11:26qui sont interdits dans l'Union européenne,
11:28de ce point de vue-là,
11:29est une bonne nouvelle.
11:30Manon Aubry,
11:31eurodéputée de la France insoumise,
11:32invitée de la grande interview
11:33CNews Europe 1 ce matin.
11:35L'Algérie.
11:36Gérald Darmanin était cette semaine
11:37en Algérie
11:37pour tenter de réchauffer
11:38nos relations avec Alger.
11:41Déjà, c'est une bonne chose
11:42de se rendre à Alger ?
11:43Oui, c'est une bonne chose.
11:44Je pense qu'il tente de réparer
11:47ce que Bruno Retailleau avait détruit.
11:50C'est-à-dire...
11:51Qu'est-ce qu'il a détruit, Bruno Retailleau ?
11:52Ce n'est pas les Algériens
11:53qui ont détruit
11:53en refusant de récupérer leurs OQTF ?
11:55Sa stratégie de montée des tensions
11:57avec l'Algérie,
11:59je pense qu'elle a été contre-productive
12:01et la preuve en est...
12:02Alors, sauf erreur de ma part,
12:03c'est plutôt l'Algérie
12:04qui a refusé de récupérer ses OQTF,
12:07notamment.
12:08La montée des tensions,
12:08elle a été aussi alimentée par la France,
12:09vous le savez très bien.
12:11Ça s'est passé par le retrait
12:14d'un certain nombre de diplomates d'Algérie.
12:16Donc, ce que vous nous dites,
12:16c'est que l'Algérie est victime de la France,
12:18c'est ça ?
12:18Alors, d'abord...
12:20Si je vous suis ?
12:20Si on veut prendre les choses dans l'ordre,
12:22on a une histoire avec l'Algérie
12:24qui est une histoire coloniale,
12:25il faut en avoir conscience,
12:26et il s'agirait d'un petit peu
12:29cesser de se comporter en colon en Algérie.
12:31Ça, c'est la première chose.
12:32La deuxième chose...
12:34Après l'indépendance de l'Algérie,
12:35la France se comporte encore comme des colons.
12:39Oui, et bon, c'est pas...
12:40Sur quoi précisément ?
12:42C'est pas que le cas en Algérie.
12:42Sur quoi précisément ?
12:43En donnant des leçons en matière diplomatique.
12:47On a bien vu,
12:48quand Bruno Rotaillot était ministre de l'Intérieur,
12:52il n'avait eu de cesse...
12:54Ce ne sont pas des échanges entre deux pays ?
12:56Entre deux pays, tout simplement ?
12:58Oui, et donc des échanges supposent une diplomatie.
13:00Vous voyez l'Algérie encore comme...
13:01Il n'y avait plus que diplomatie ces derniers mois.
13:04Comme avant, c'est ça ?
13:05Et j'observe que Gérald Darmanin,
13:07qui n'est pas de mon bord politique,
13:08ça ne vous a pas échappé,
13:10essaie de réparer un petit peu.
13:12Et d'ailleurs, on l'a vu,
13:14quand il y a eu la montée des tensions,
13:17ça n'a pas aidé dans la libération de Boislem Sansal,
13:19qui a finalement été libérée.
13:21Maintenant, on a un autre sortissant français,
13:23Christophe Gleize,
13:24un journaliste, un de vos confrères,
13:26qui est encore détenu par le régime algérien.
13:30Et ses proches, son avocat,
13:32sont les premiers à dire
13:33que ce qu'il faut pour faciliter
13:36la libération de Christophe Gleize,
13:38c'est un canal des discussions diplomatiques.
13:40Vous étiez abstenu au Parlement européen
13:42lors du vote pour la libération immédiate
13:45de Boislem Sansal.
13:46Et vous venez ce matin dire
13:47que vous réclamez la libération de Christophe Gleize.
13:49Bien sûr, je réclame la libération de Christophe Gleize.
13:53Comme j'ai réclamé sans cesse à votre antenne,
13:56puisque j'ai eu de nombreuses fois
13:57la question sur la libération de Boislem Sansal,
14:00il se trouve que la résolution
14:02à laquelle vous faites référence,
14:04je vous invite à la lire,
14:06elle remettait en question aussi
14:08les accords entre l'Algérie et l'Union européenne.
14:11Précisément, la stratégie opposée
14:14à celle qui était prônée par les proches
14:17et l'avocat et Boislem Sansal lui-même
14:19qui l'a dit quand il est sorti de prison,
14:20c'est-à-dire pas la montée des tensions,
14:23des menaces permanentes sur l'Algérie,
14:24mais davantage des canaux diplomatiques.
14:26Et force est de constater que l'histoire
14:28m'a donné raison en la matière
14:29et que c'est la diplomatie qui a permis sa libération.
14:32Et donc, je profite de votre antenne
14:33pour redemander la libération
14:35de votre confrère Christophe Gleize sans délai.
14:37Est-ce qu'il faut revoir les accords de 68 ?
14:40Non, je ne pense pas, pour plusieurs raisons.
14:42Quel est l'intérêt de la France ?
14:43D'abord, les accords de 68.
14:45Quel est l'intérêt de la France dans les accords de 68
14:47qui sont à l'avantage de l'Algérie ?
14:50Et donc, j'y viens, c'est votre évaluation
14:53que les accords de 68 sont à l'avantage de l'Algérie ?
14:58Ce n'est pas vrai.
14:59Si vous prenez, par exemple, le régime pour les étudiants,
15:02il est plus défavorable dans le régime des accords de 68
15:06que dans les accords généraux.
15:09Oui, vous faites la moue, vous pourrez vérifier.
15:11Ces accords, ils ont été révisés déjà un certain nombre de fois.
15:14Ils sont le fruit, le produit de notre histoire.
15:16Et je ne pense pas que ces accords doivent être révisés.
15:19D'ailleurs, c'est l'avocat de Boilem Sansal lui-même
15:21qui avait dit qu'au moment où une résolution avait été déposée
15:24par la droite à l'Assemblée nationale,
15:26que ce n'était pas la bonne idée et pas la bonne stratégie.
15:28Je voulais vous entendre également sur Kamel Daoud,
15:32l'écrivain qui a été condamné à trois ans de prison ferme
15:35pour son roman Prigoncourt de littérature.
15:39Est-ce qu'on peut discuter avec un régime qui condamne les écrivains ?
15:42Moi, je suis toujours opposée au fait de condamner les écrivains.
15:46Ceci étant dit, il faut être précis sur M. Daoud,
15:49le cas est très différent de Boilem Sansal,
15:51où en l'occurrence, il a été condamné pour avoir utilisé l'histoire
15:55des patientes de sa femme.
15:58Bon, sans aller dans le détail, dans tous les cas...
16:01Donc vous êtes en train de justifier la condamnation, c'est ça ?
16:03Moi, je vous explique juste ce pourquoi il a été condamné.
16:06Comme journaliste, c'est un beau métier,
16:08je pense qu'il vaut mieux présenter les faits dans leur entier.
16:10Oui, je vous remercie pour vos leçons.
16:11Avec grand plaisir.
16:14Et donc, évidemment que condamner des écrivains
16:19ne doit jamais être une méthode démocratique,
16:22je l'ai dit au moment de Boilem Sansal.
16:24Point ou il y a un mais après ?
16:26Non, point.
16:27Je vous explique juste le contexte dans lequel M. Daoud a été condamné, c'est tout.
16:31Je voulais vous entendre également, Manon Aubry,
16:33sur les chiffres de l'immigration.
16:35L'INED, l'Institut National des Études Démographiques,
16:38a révélé des chiffres hier impressionnants.
16:40L'immigration légale représente désormais 8,1% de la population adulte,
16:45tandis que le nombre de clandestins avoisinerait le million d'individus.
16:50J'imagine que ça vous inquiète, mais vous allez nous dire ce que vous en pensez.
16:53Les titres de séjour ont augmenté de 3%.
16:55En un an, au 31 décembre dernier,
16:584 500 000 titres de séjour en cours de validité,
17:01il n'y en avait jamais eu autant.
17:02C'est un record.
17:02Quel est votre commentaire ?
17:04Comment vous appréciez ces chiffres ?
17:06Je souris parce que c'est quand même assez drôle sur CNews.
17:10Vous allez voir une étude qui fait 600 pages, quand même,
17:13et vous allez retenir juste la petite histoire
17:15qui vous permet de dire
17:16« Oh, quand même, on a trop d'immigrés en France, etc. »
17:19Je vais aller regarder l'étude de l'INED de près.
17:21Dans les conclusions d'INED que vous ne présentez pas ce matin,
17:23il y a le fait que les nouveaux arrivants, par exemple,
17:27sont de plus en plus diplômés.
17:29Ça, ce sont des chiffres de l'INED.
17:30Permettez-moi d'aller au bout de ma démonstration
17:33et vous pourrez faire le commentaire qui...
17:34C'est une certaine pré-tention.
17:37Vous pourrez faire les commentaires qui vous enchantent.
17:39Mais je vais au bout de ma démonstration.
17:42Dans cette étude,
17:43les nouveaux arrivants sont de plus en plus diplômés
17:45avec une moyenne de Bac plus 3 plus élevée
17:47dans les migrants que dans la population française.
17:50Il est démontré aussi dans cette étude
17:52qu'il y a un plus faible entre-soi parmi ces migrants.
17:5611% des descendants d'immigrés déclarent que presque
18:00tous leurs amis sont de même origine
18:02alors que c'est de 59% dans le reste de la population française.
18:06Et puis, ça bat en brèche certaines idées
18:08sur le fondamentalisme religieux
18:10puisqu'il y a une baisse du nombre de personnes
18:13qui citent la religion.
18:15Bref, je pourrais vous citer des conclusions
18:16qui sont assez vastes, assez intéressantes
18:19parce que ce type d'étude...
18:19Un million d'illégaux, qu'est-ce que ça dit ?
18:22Mais la situation de ces illégaux
18:24n'est pas, contrairement à ce que vous pouvez penser,
18:27pour la plupart d'entre eux,
18:28ils arrivent en France de manière illégale.
18:31La plupart d'entre eux,
18:32je vous donne des exemples très concrets,
18:34ce sont des étudiants
18:35qui obtiennent des titres de séjour
18:37puis qui obtiennent un emploi
18:38et parce qu'il y a des délais à la préfecture,
18:41il y a un délai...
18:42Donc, ils s'installent en France illégalement
18:43via le titre étudiant,
18:45c'est ce que vous nous décrivez.
18:45Non, ils s'installent en France légalement.
18:47Ils s'installent en France.
18:48Puisque vous voulez être précis,
18:49c'est ça la réalité.
18:50Non, eh bien, soyons précis.
18:52Oui, oui, oui.
18:53Vous êtes un ressortissant d'une autre nationalité.
18:55Vous avez un titre de séjour
18:57et donc vous arrivez en France de manière légale.
19:00Vous êtes d'accord avec moi ?
19:00Vous finissez vos études,
19:02vous trouvez un emploi.
19:03Donc, vous êtes en droit
19:05de demander un titre de séjour.
19:06Vous faites votre demande à la préfecture,
19:08il y a un délai de trois mois,
19:09de six mois.
19:10C'est ce système-là
19:11qui crée de l'illégalité,
19:13contrairement au fantasme alimenté
19:14matin, midi et soir
19:15par la sphère Bolloré
19:17qui consisterait à dire
19:18qu'on est envahi.
19:19Oui, moi, j'assume de le dire
19:21la sphère Bolloré
19:22qui essaie de calquer
19:24une certaine image de la France
19:27fantasmée
19:27qui parlerait d'une menace migratoire.
19:31Eh bien, je vous ai donné aussi
19:32des chiffres de l'INED.
19:34C'est diffamatoire, ce que vous dites.
19:35Moi, j'assume de dire
19:37que vous essayez...
19:37L'Institut national des études démographiques.
19:39Oui, donc je vous ai expliqué
19:40les situations dans lesquelles
19:42des ressortissants
19:43pouvaient se retrouver en illégalité.
19:44Et j'assume de dire
19:45que vous le calquez
19:46une certaine image de la France.
19:48Et ce que démontre cette étude,
19:50c'est que la France
19:51est un pays métissé,
19:53est un pays mélangé.
19:54À la sortie de la Seconde Guerre mondiale,
19:56il y avait un Français sur dix
19:57qui avait des parents d'origine étrangère.
20:00Aujourd'hui, c'est un Français sur trois.
20:02Ne vous en déplaise,
20:02Romain Desarmes,
20:03c'est aujourd'hui
20:05l'image de la France.
20:06Ce qui est devenu notre pays,
20:08elle est fruit de ce mélange,
20:09de ce métissage.
20:10C'est la Nouvelle-France
20:11dont parle Jean-Luc Mélenchon.
20:14D'ailleurs,
20:15Jean-Luc Mélenchon s'est précipité
20:16aux 20 heures de TF1
20:17pour annoncer
20:17qu'il allait être candidat
20:19à la présidentielle.
20:22Il a peur de Balibagayoko
20:23qui lui ferait de l'ombre ?
20:24Non, absolument pas.
20:25Vraiment,
20:27vos questions me font rire ce matin.
20:28Je passe un bon moment.
20:29Moi aussi.
20:30Ravie que ce soit un bon moment partagé.
20:32Non, franchement, sérieusement.
20:33Il s'était évidemment préparé
20:35par notre procédure interne.
20:38On a réuni nos instances,
20:40nos militants.
20:40Elle a été rapide,
20:41votre procédure interne.
20:42Non, non,
20:42il y a eu une procédure
20:43qui a été décidée
20:44par nos militants,
20:46votée par d'ailleurs
20:47beaucoup plus de militants
20:48que la désignation
20:49de Bruno Rotailleau
20:49comme candidat
20:51à l'élection présidentielle.
20:52Balibagayoko
20:53fait partie des maires
20:54qui a été élu
20:56au premier tour en plus.
20:57Antsène-Saint-Denis
20:58qui incarne
21:00ce qui fait peut-être
21:01un petit peu trembler
21:03là aussi certaines sphères
21:04de la Bolloré.
21:05Il ne faut trembler personne
21:06mais qui est très bon d'ailleurs.
21:08Oui, je pense qu'il y a
21:09un très bon maire
21:09qui fait plein de choses aussi
21:11pour ses administrés
21:13et c'est ça qui compte avant tout
21:16parce qu'il y a tellement de problèmes
21:18de logement,
21:18de services publics
21:20à Saint-Denis
21:21et donc qui répond
21:22à ces problématiques-là
21:23et donc moi je suis très fière
21:24qu'il participe activement
21:25à notre campagne
21:26et d'ailleurs le premier meeting
21:27de campagne
21:27au radio le 7 juin.
21:29J'invite tout le monde à venir.
21:30C'est le 7 juin
21:31à 15h
21:32à Saint-Denis.
21:33Ce sera l'occasion
21:34de rencontrer à la fois
21:35Bali Bagayoko
21:35et Jean-Luc Mélenchon.
21:36Vous verrez,
21:36ils seront ensemble,
21:37vous serez rassurés.
21:37Et vous voyez que tous les messages
21:38peuvent passer sur CNews
21:40et sur Europe 1.
21:40Et je vous en remercie.
21:41Voilà.
21:42Merci beaucoup
21:43madame Aubry
21:43d'être venue ce matin
21:44sur le plateau de la matinale
21:45de CNews
21:46et dans le sud d'Europe.
21:46Bonne journée,
21:47à bientôt.
21:47Merci.
21:49Merci.
21:50Sous-titrage Société Radio-Canada
21:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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