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  • il y a 8 heures
Un film d'Asghar Farhadi, avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel et Adam Bessa.
Présenté en compétition à Cannes. En salles le 14 mai
Transcription
00:00Un réalisateur iranien s'inspire d'un cinéaste polonais pour tourner avec des acteurs français,
00:05c'est Histoire Parallèle, le nouveau film d'Asghar Faradhi en compétition à Cannes et en salle dès aujourd'hui.
00:10L'autre jour je l'ai revu.
00:16La ressemblance de cette femme avec ma mère est peut-être un hasard,
00:20mais le fait qu'elle travaille dans l'appartement de l'autre côté de la rue n'est pas qu
00:25'une simple coïncidence.
00:26Il n'est pas qu'une simple coïncidence.
00:31Comment tu fais pour écrire ces histoires ? Comment tu les inventes ?
00:34Pourquoi tu veux savoir ?
00:43Ce que j'aime beaucoup dans le film de Faradhi, c'est qu'il part d'une histoire un peu
00:50inventée par Christophe Kislovski,
00:51mais il fait un scénario plutôt à l'Almodovar.
00:54Kislovski faisait des scénarios assez linéaires, assez classiques.
00:57Et là, Faradhi choisit la forme un peu poupée gigonne qu'affectionne beaucoup Pedro Almodovar,
01:04c'est-à-dire de la fiction dans la fiction.
01:05Le film va être comme ça, en permanence, va jouer sur la réalité du film,
01:11c'est-à-dire cette écrivaine qui observe ses voisins et ce jeune homme qui va se prendre au jeu
01:15lui aussi de la création littéraire en observant l'écrivaine.
01:18Il y a cette partie-là, et puis il y a la fiction, imaginée dans un premier temps par l
01:22'écrivaine, puis par son homme à tout faire,
01:25des personnages que l'on a vus qui vont donc jouer un double rôle.
01:28Et le film est assez virtuose comme ça, de ne pas passer de l'un à l'autre.
01:31Alors, Samuel le disait, le film est un tissage serré et vraiment virtuose, parce qu'on n'est jamais perdu.
01:39Il y a des photos différentes selon qu'on est dans le réel ou dans l'imaginaire.
01:45Et le passage de l'un à l'autre se fait vraiment avec une aisance, on est emporté.
01:50Et je dirais que pendant une heure, une heure et demie, le film est un pur régal de voir cette
01:56écrivaine,
01:56qui est jouée par Isabelle Huppert, au travail.
01:59D'abord, elle est géniale.
02:00Ensuite, le décor qui est le sien est absolument génial.
02:02Elle est dans un appart dégueu, foutraque.
02:05Tout à coup, on voit bien que tout ce qui compte dans sa vie, c'est d'écrire.
02:09Le film montre, en fait, le pouvoir qu'aurait la fiction sur le réel.
02:13C'est-à-dire que des personnages sont agis et agissent en fonction de l'imaginaire d'une écrivaine.
02:21Alors, c'est le premier des films cannois de cette année à s'intéresser beaucoup à la condition de créateur.
02:28On verra, on va en découvrir d'autres par la suite.
02:32Et je trouve que celui-ci, vraiment, pendant les deux tiers, tient vraiment bien le coup.
02:36Pour moi, ça se complique un peu après.
02:39Parce qu'à un moment, on sent bien qu'il va falloir clore ce scénario,
02:43qui était très beau pour moi, tant qu'il parlait comme ça, de manière un peu théorique de la fiction,
02:49tout en étant merveilleusement incarnée par ses acteurs.
02:52Virginie Effira n'a pas un, mais deux rôles.
02:55Et franchement, elle est extra dans les deux.
02:57Il faut quand même vraiment reconnaître le talent d'un directeur d'acteur et d'actrice de Faraday,
03:01qui est assez exceptionnel.
03:02Parce que, rappelons-le, il ne tourne pas dans sa langue.
03:05Avec un casting quand même assez all-star pour le niveau français.
03:08Il a toute la liste AIE, Virginie Effira, Isabelle Luper, Pierre Nînes, Vincent Cassel.
03:13Plus le grand espoir du cinéma français, qui est Adam Bessa.
03:16Et puis, dans un petit rôle, il y a Catherine Deneuve.
03:17Alors, elle fait une apparition, mais alors géniale.
03:19C'est peut-être la plus belle scène du film, en tout cas la plus drôle.
03:21Marie Ladi, Virginie Effira est vraiment remarquable dans ses deux rôles.
03:25En brune et en blonde, c'est une partie qui permet de reconnaître les différents registres de la réalité et
03:30de la fiction.
03:31Mais les garçons aussi sont très bien.
03:33Parce que Vincent Cassel et Pierre Nînet, on a parfois un petit peu de mal à les apprécier dans leur
03:38rôle un peu dramatique.
03:39Et là, ils sont vraiment très très bons.
03:40Moi, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu Pierre Nînet aussi bon dans un rôle dramatique.
03:43Mais c'est vrai qu'après, on sent bien que le scénario, il va falloir lui donner un enjeu un
03:48peu contemporain, un peu pesant.
03:49Il va falloir quand même ramasser tout ça.
03:52Et là, j'ai l'impression d'une intrigue dans l'intrigue dans l'intrigue dans l'intrigue.
03:56Je ne sais plus à quel stade on en est de la poupée gigogne.
03:58Et là, j'ai l'impression d'un truc un peu plaqué.
04:00Ah oui, je vous ai raconté tout ça, mais quand même, c'était pour vous parler d'un truc un
04:03peu grave.
04:04Oui, Marie a raison.
04:05C'est vrai que le film est vraiment extrêmement brillant pendant une heure et demie.
04:08Et il s'effiloche un peu dans les 40 dernières minutes qui restent.
04:13Et c'est notamment parce que, justement, il avait tellement bien entrelacé les différentes trames de réalité, de fiction, de
04:20réalité dans la fiction, de fiction dans la réalité,
04:22qu'en fait, à la fin, en fait, il en choisit plutôt une.
04:24Il en privilégiait une.
04:26Et ça devient moins intéressant.
04:27Et notamment parce que, comme l'a dit Marie, il y a une sorte de coup de force scénaristique.
04:31Voilà, une espèce d'événement traumatique qui se passe, qui est un peu forcé, je trouve, dans le déroulé du
04:38scénario,
04:40qui est vraiment plaqué, un peu trop artificiel et qui gâche un peu le plaisir.
04:44Rien que pour Deneuve, en éditrice d'Isabelle Huppert, histoire parallèle, c'est bien.
04:50Histoire parallèle, c'est très bien.
04:53Adam, enchanté.
04:57Pourquoi t'as fait ça ?
04:58Je voulais la connaître.
05:02Mais ça devient chaud, là !
05:03Arrête de tout mélanger.
05:04Je suis pas la fille de son histoire.
05:14Ça n'a rien à voir avec nous, ces conneries.
05:16Parce que ça n'a rien à voir avec vous, pourquoi vous êtes si énervés ?
05:24Ça vient pas de nulle part, tout ça.
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