00:00Le Dauphiné libéré nous apprend que dans le cadre de la cérémonie du 8 mai, Mathieu Bocoté, le maire d
00:05'Avignon, Olivier Galzy, a refusé de serrer la main à Raphaël Arnaud, le chef de la défunte jeune garde.
00:14Plusieurs à gauche se portent à la défense du député.
00:17C'est la théorie de l'arroseur arrosé.
00:19Aujourd'hui, on préfère la théorie du boomerang.
00:21Point de départ, Raphaël Arnaud est présent en tant que député.
00:25Olivier Galzy, le maire d'Avignon, refuse de lui serrer la main.
00:28Pourquoi? Parce qu'il dit « serrer la main », c'est un geste fort, ça veut dire que je
00:33vous reconnais comme étant légitime.
00:35Or, vous êtes, M. Arnaud, porteur, vous êtes chef de milice, vous incarnez une violence, une violence qui va au
00:41-delà du politique.
00:43Dès lors, puisque vous incarnez cette violence, vous êtes une violence décomplexée, revendiquée, je ne vous serre pas la main.
00:49On peut comprendre le raisonnement.
00:51On pourrait répondre au maire d'Avignon, Olivier Galzy, que M. Arnaud en lui-même est probablement peu de choses,
00:56mais en tant que député, sa fonction le transcende.
01:00Donc, il pourrait lui serrer la main en disant « je n'ai pas envie de serrer la main de
01:02cet homme »,
01:03mais dans sa fonction, il mérite néanmoins qu'on lui serre la main.
01:07Je précise, soit dit en passant, qu'il m'arrive souvent dans mes fonctions, par exemple le grand rendez-vous,
01:11je serre la main de gens que personnellement je trouve tout à fait dangereux collectivement,
01:15mais puisqu'ils sont députés, puisque je suis une fonction des serveurs, je leur serre la main,
01:18sans avoir l'impression de devoir me laver la main ensuite.
01:21Je n'ai peut-être pas envie de prendre un verre avec eux ensuite, mais ce n'est pas l
01:23'idée.
01:24De maire à député, de député à maire, y a-t-il une relation institutionnelle?
01:28Mais il y arrive quelque chose dans les circonstances, c'est que Raphaël Arnaud,
01:31qui a dit, soit dit en passant, que Galzy faisait le jeu de l'extrême droite, encore,
01:35savent-ils dire autre chose?
01:36On oublie une chose, c'est que Raphaël Arnaud, en 2024, à l'Assemblée nationale,
01:41a devant lui le plus jeune député de l'Assemblée nationale, secrétaire d'Assemblée,
01:44qui lui tend la main et refuse de lui serrer la main,
01:48comme s'il s'agissait d'un mal propre, d'un puant, d'un homme.
01:52Si on le touchait, on se contaminait.
01:53Autre type de virus, le virus de l'extrême droite, je ne lui touche pas.
01:57Mais que découvre M. Arnaud aujourd'hui?
02:00C'est qu'il y a une inversion, peut-être, de la répulsion et du dégoût en ce pays.
02:05C'est-à-dire qu'il est possible, devant des gens qui sont des miliciens,
02:07des miliciens revendiqués, des gens qui n'aiment rien tant que revendiquer
02:11leur usage de la violence autrefois, il est possible qu'on décide de refuser de lui serrer la main
02:16parce que lui-même, hier, considérait qu'un élu de la nation qui n'avait jamais tabassé personne,
02:20qui n'avait jamais agressé personne, ne méritait pas qu'on lui serre la main.
02:24Cette séquence est intéressante. Pourquoi?
02:26Parce qu'on voit véritablement une forme d'inversion, je l'ai dit, du rapport au dégoût.
02:30Dernière réflexion par rapport à cela.
02:32Une partie de la gauche est portée, oui, à la défense de Raphaël Arnaud,
02:35mais cette partie de la gauche, pourtant, était celle qui refusait de serrer la main aux gens du RN.
02:39Est-ce que tout le monde pourrait convenir des rites élémentaires de civilité?
02:42On se serre tous la main quand on est député élu.
02:45Ou alors, on accepte que certaines personnes nous trouvent à ce point dégoûtantes,
02:48qu'on refuse de leur serrer la main.
02:49C'est peut-être vrai pour le RN, mais ça peut être vrai aussi pour LFI.
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