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  • il y a 9 heures
Transcription
00:00Comment est-on passé de la pire adaptation d'un jeu vidéo au cinéma
00:03au plus gros carton du box-office mondial ?
00:06Il a fallu 30 ans et ses deux versions de Mario
00:09pour que Hollywood comprenne enfin les trois règles pourtant simples
00:12pour adapter un jeu vidéo à l'écran.
00:15Le respect, le bon support et surtout le supplément d'âme.
00:19On analyse ça ensemble, let's go !
00:38En 93 sort Super Mario Bros.
00:41C'est la toute première adaptation d'un jeu vidéo sur grand écran.
00:44Et c'est un choc.
00:49Ils sont frères, ils sont plombiers.
00:52L'aesthétique est sombre et urbaine, Luigi ne porte même pas de moustache,
00:56Yoshi semble provenir de Jurassic Park,
00:58les ennemis et le grand méchant ressemblent à ça.
01:02Enfin bref, ça ne colle absolument pas aux jeux vidéo et tout le monde s'y perd.
01:06Le grand public ne comprend rien, les fans ne reconnaissent pas leur univers
01:09et Nintendo qui avait laissé carte blanche au projet
01:11renie le film et déserte Hollywood.
01:14Cette adaptation fait un four au box-office,
01:1620 millions de dollars rapportés pour un budget de 48 millions,
01:19et installe à elle seule une idée durable,
01:21les jeux vidéo au cinéma, ça le fait pas.
01:23Durant les 30 années qui suivent, Hollywood ne dévie pas vraiment de ce schéma.
01:27Il s'agit de prendre une licence connue et d'en faire à peu près un film avec.
01:32A quelques très très rares exceptions notables,
01:35les produits finaux trahissent souvent l'esprit aimé par les joueurs
01:38et déroutent les spectateurs qui ne connaîtraient pas les jeux vidéo.
01:41Bref, tout le monde y perd.
01:43Quelque chose change avec le Super Mario Bros. de 2023.
01:47Couleurs éclatantes, univers fidèles, personnages immédiatement identifiables.
01:51Le film navigue en territoire connu.
01:54Bingo !
01:551,23 milliards de dollars au box-office mondial,
01:58le carton de l'année 2023,
02:00et une suite en 2026 qui s'annonce aussi être à un carton plein.
02:05Il s'est passé quoi ?
02:07Cette fois, le créateur de Mario, Shigeru, Miyamoto et Nintendo sont directement impliqués.
02:13Mais c'est aussi dû au contexte.
02:15Le jeu vidéo est désormais reconnu comme un art qu'il faut traiter avec un minimum de respect.
02:20Sinon, et là aussi c'est une nouveauté,
02:22les communautés de fans sur Internet peuvent détruire un film avant même sa sortie.
02:26En 2019, la vague de moqueries suite aux premières images de l'adaptation de Sonic
02:33ont poussé le studio à revoir entièrement le design de son personnage.
02:38A la clé, un méga carton au box-office et une franchise de 4 épisodes.
02:42Par pur intérêt commercial, Hollywood a donc compris que la première règle pour une adaptation réussie de jeu vidéo
02:47est plutôt simple, ne pas trahir une oeuvre.
02:50Mais respecter un jeu vidéo, ce n'est pas suffisant.
02:52Le défi est ailleurs.
02:54Revenons à 93.
02:55Le problème de Super Mario Bros, ce n'est pas seulement qu'il fait n'importe quoi avec Mario.
02:59C'est aussi qu'il ne comprend pas comment l'adapter.
03:10Mario c'est quoi ?
03:11Un plombier en salopette qui virevolte dans des mondes colorés
03:15au milieu de tuyaux de tortues et de champignons qui parlent.
03:18Alors pourquoi en faire un film live action avec un acteur de chair, d'os et de moustache
03:23même s'ils appartiennent à Bobo Skins ?
03:32Cette parodie avec Pedro Pascal Soulbéré soulève justement la question du choix du ton et du format d'adaptation.
03:37Pour Mario, l'animation s'imposerait presque d'elle-même comme seule adaptation possible.
03:42Cette deuxième règle s'applique à toutes les transpositions sur écran
03:45comme pour celle de The Last of Us, jeu vidéo transposé lui aussi en 2023.
03:50Le matériau de base, c'est un long jeu vidéo centré avant tout sur des personnages complexes
03:55que le joueur apprend à connaître après une bonne dizaine d'heures à les contrôler.
03:59Il y a un lien qui se noue entre le personnage et le joueur qui rend l'oeuvre assez unique.
04:05Aussi, essayer de l'adapter sur un film de deux heures reviendrait à sacrifier ce lien
04:08et donc à trahir l'esprit du jeu.
04:11La série s'impose alors comme un choix évident.
04:13C'est avec cette idée forte que le créateur du jeu, Neil Druckmann,
04:17s'est impliqué aux côtés du showrunner Craig Mazin
04:19pour ne pas copier son jeu, mais le traduire.
04:22Leur leitmotiv, transformer l'action en drame,
04:26dramatiser le quotidien et se débarrasser du gameplay.
04:29Comme l'explique encore Druckmann,
04:30les gens pensent que si c'est un jeu à la première personne,
04:33il faut forcément une séquence à la première personne dans le film.
04:37Mais ce n'est pas ce que les fans de ces jeux veulent voir.
04:39En somme, utiliser les forces du format propre à la série
04:43pour revisiter une histoire que les phases d'action d'un jeu vidéo venaient fragmenter.
04:47Ça, c'est la dernière règle importante de la réussite d'une adaptation qui fonctionne.
04:52Transposer un gameplay au cinéma,
04:54vouloir à tout prix reproduire le jeu à l'écran,
04:57ça ne fonctionne pas au cinéma.
04:59Hollywood a longtemps traité ses transpositions
05:01comme des adaptations de romans ou de comic books,
05:04soit comme des oeuvres linéaires.
05:05Sauf qu'un jeu vidéo, c'est interactif.
05:08Un jeu se vit et ça change tout.
05:11Revenons à Mario.
05:12L'histoire de ce jeu est complètement secondaire.
05:15Son intérêt et le plaisir qui en découlent
05:17résident avant tout dans le fait de contrôler ce petit personnage,
05:20mourir, revivre, réessayer et passer au niveau suivant encore plus dur.
05:25Ça, c'est impossible à copier à l'écran.
05:27Donc, il faut faire autrement.
05:28Le film de 2023 l'a bien compris.
05:30Plutôt que de reproduire le gameplay,
05:31il le transforme en mise en scène pour lui donner du sens
05:34au sein de l'histoire, notamment dans cette séquence.
05:37La fameuse 2D du jeu de plateforme
05:39est intégrée à une scène d'apprentissage de Mario.
05:42C'est évidemment un appel direct aux souvenirs des joueurs,
05:45mais les spectateurs de cinéma y voient aussi un grand classique du cinéma,
05:49le fameux montage où le héros s'entraîne à maîtriser ses capacités.
05:53En adaptant la grammaire du jeu vidéo à celle du cinéma,
05:57le film arrive à parler aux deux publics.
05:59L'esprit est proche dans The Last of Us.
06:01La série abandonne presque toute action
06:04qui constitue pourtant le cœur d'un jeu vidéo.
06:06Le but ? Détourner le temps passé à contrôler les personnages
06:10pour du temps à les voir évoluer au long cours.
06:13Là où le jeu crée un lien en accélérant sans cesse,
06:16la série crée cette attache en ralentissant,
06:19en développant, en approfondissant en somme.
06:22Au final, on ressent le même attachement intense, mais sans jouer.
06:26Ce qu'on pourrait appeler le supplément d'âme.
06:28comprendre ce que le joueur ressent et le recréer autrement.
06:32C'est là que quelque chose a changé dans le game de l'adaptation du jeu vidéo.
06:36Quand Super Mario Bros. version 93 arrive, le jeu vidéo est encore jeune.
06:40Ce territoire encore inconnu, Hollywood l'essort pendant 30 ans
06:44sans saisir l'essence de ce qui constitue le jeu vidéo,
06:47mais aussi de ce qui fait le cinéma.
06:49A savoir, créer une expérience riche sans oublier que la personne derrière son écran,
06:54qu'elle soit active, manette en main ou passive dans un fauteuil,
06:58cherche finalement avant tout à ressentir quelque chose.
07:01Dites-nous en commentaire ce que vous pensez des adaptations de jeux vidéo au cinéma
07:05et si celle de Super Mario fait partie des plus réussis.
07:08Et mettez un émoji clé à molette si vous êtes arrivé jusqu'ici.
07:11Et mettez un émoji clé à molette si vous êtes arrivé jusqu'ici.
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