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  • il y a 8 minutes
Guerre au Moyen-Orient : la France a annoncé que le porte-avions Charles-De-Gaulle était en route vers la région du Golfe et se dit prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. La France peut-elle, avec sa « coalition maritime » de 40 pays, amorcer le déblocage du détroit et rétablir la circulation des navires pétroliers ? Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 07 mai 2026.

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Transcription
00:01Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Et c'est donc le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL, Jean-Noël Barraud.
00:08Bonjour Thomas Soto.
00:09C'est la guerre, c'est plus la guerre, la guerre est finie, il va y avoir un accord, sinon
00:12on va taper plus fort que jamais.
00:14A chaque heure qui passe quasiment une déclaration qui contredit l'autre en provenance des Etats-Unis.
00:19Est-ce que vous savez nous dire, monsieur le ministre, où on en est vraiment ce matin en Iran ?
00:22Vous savez, je crois que, et vous l'avez très bien dit, ce sur quoi il faut que nous puissions
00:26nous concentrer.
00:27Vous savez pas de savoir si, d'une minute à l'autre, le Détroit est ouvert ou fermé.
00:32C'est de savoir comment, plus jamais à l'avenir, nous nous trouvons dans cette situation où nous sommes contraints
00:37de payer le prix de guerre que nous n'avons pas choisi.
00:40C'est pourquoi nous devons nous concentrer sur ce plan d'électrification, par exemple, que le Premier ministre a lancé.
00:45Sur la manière dont l'Europe peut se défaire de toutes ses dépendances aux hydrocarbures.
00:49Ne plus être dépendant du pétrole.
00:50Ne plus être dépendant du pétrole, ne plus être dépendant du numérique.
00:52Bref, de ne plus être dépendant de ce qui nous attrait, en quelque sorte, à des conflits, à des catastrophes,
00:59à des crises dont nous ne sommes pas des participants.
01:02Prise de conscience nécessaire, mais là on parle de moyen ou de long terme.
01:05A court terme, est-ce que l'Iran est en train de gagner la guerre ?
01:08A court terme, il est indispensable que le Détroit d'Hormuz puisse réouvrir pour que les prix des hydrocarbures baissent.
01:15Pardon, tout le monde est d'accord, mais ce n'est pas ma question.
01:17Est-ce que l'Iran est en train de gagner la guerre ?
01:18Le régime n'est pas tombé, rien n'indique que leur programme nucléaire est touché.
01:21Je l'ai dit de nombreuses reprises, y compris je crois à ce micro, il n'y aura pas de
01:25solution politique durable dans cette région
01:27tant que le régime iranien ne se sera pas résolu à des concessions majeures, à un changement radical de posture
01:34permettant à l'Iran de vivre de manière pacifique dans son environnement régional et au peuple iranien de construire librement
01:40son avenir.
01:40Et on est au bord de ça, côté iranien, vous trouvez ?
01:42Je vous dis que c'est en tout cas ce qui est absolument indispensable si on veut une solution durable.
01:47Ce qui est sûr, c'est que la situation reste très tendue dans le Détroit d'Hormuz, où un bateau,
01:50un porte-conteneur, le San Antonio, appartenant à la compagnie française CMACGM, a été touché avant-hier.
01:55Déjà, c'était quoi ? C'était des tirs ? C'était un drone ? C'était un missile de
01:59croisière ? Qu'est-ce qui a touché ce bateau ? Est-ce que vous le savez ce matin ?
02:01Ce que je sais, c'est que les attaques contre ce navire, les autres navires, les infrastructures énergétiques des Émirats
02:09arabes uniques qui ont été visées par l'Iran sont inacceptables.
02:11Elles sont condamnables. Et d'ailleurs, le président de la République a appelé le président iranien pour le lui dire.
02:15C'était une attaque iranienne qui a visé le bateau français ?
02:18D'abord, ce n'était pas un bateau français puisqu'il battait un pavillon maltais et qu'il était armé
02:23d'un équipage philippin.
02:24Oui, c'est ce qu'on appelle un pavillon de complaisance.
02:27Mais toute attaque sur des navires civils comme sur les infrastructures énergétiques sont condamnables.
02:30Et c'est l'Iran qui a visé ce navire ?
02:33Je crois que des navires ont été effectivement pris pour cibles par des tirs en provenance de l'Iran.
02:38Il y a eu des marins blessés ou pas ? Il y a beaucoup de flou autour de tout ce
02:41qui s'est passé.
02:41C'est à CMA, CGM qu'il faut poser la question. Pour notre part, nous sommes limpides.
02:47Un des trois, c'est un bien commun de l'humanité. Il ne peut être en aucun cas bloqué, ni
02:53faire l'objet de péage, ni même faire l'objet de chantage.
02:56Ce bateau de la CMA, CGM, compagnie française, on le rappelle, était-il, oui ou non, sous escorte américaine, monsieur
03:02le ministre ?
03:02C'est à CMA, CGM qu'il faut poser la question. Quant à nous, vous le savez, nous avons, sous
03:07l'impulsion du président, lancé une mission internationale qui a réuni une cinquantaine de pays, dont une vingtaine ont d
03:13'ores et déjà annoncé.
03:13J'ai du mal à croire que vous, ministre des Affaires étrangères, vous ne sachiez pas si ce bateau était
03:18sous escorte américaine ou pas.
03:19Mais je vous invite à interroger l'opérateur. Il ne s'agissait pas d'un bateau français. Ce n'est
03:23pas la France qui a été visée.
03:24Les Etats-Unis ont présenté une initiative d'escorte des navires qui a ensuite été interrompue.
03:35Vous savez, Thomas Soto, moi j'essaie de me concentrer sur ce sur quoi je peux agir efficacement. Et ce
03:42sur quoi nous pouvons agir efficacement, c'est, dès le calme revenu, un système de déminage et d'escorte international,
03:48indépendant, strictement défensif et pacifique.
03:50Et c'est ce à quoi nous travaillons.
03:51C'est la mission de sécurisation à laquelle la France veut participer, c'est ça ?
03:54Absolument. Et ce qui explique le franchissement par le porte-avions Charles de Gaulle, hier, du canal de Suez, pour
04:02se rapprocher de cette zone.
04:04Crédibiliser cette mission pour que dès qu'un cessez-le-feu, ou en tout cas dès que le calme sera
04:09revenu, cette mission puisse se déployer au bénéfice.
04:11Je vais vous le dire, pas uniquement de la France, pas uniquement de l'Europe, mais de l'ensemble du
04:15monde qui attend désespérément que le calme revienne pour que les dégâts colossaux provoqués sur l'économie mondiale puissent se
04:23résorber.
04:23Ça veut dire que le cap pour le Charles de Gaulle, c'est clairement le détroit d'Hormuz aujourd'hui
04:26?
04:27C'est la direction de la zone. Vous savez, le Charles de Gaulle, il a un rayonnement du fait de
04:32ses équipements, des bâtiments qui l'accompagnent, qui lui permettent de contribuer à des missions défensives.
04:38C'est d'ailleurs ce pourquoi nous l'avons déployé si rapidement au début de la guerre en Iran, en
04:42Méditerranée, de manière à ce qu'il puisse, grâce à ses capacités, crédibiliser notre posture défensive
04:49pour protéger nos ressortissants, protéger nos partenaires qui étaient pris possibles par l'Ini.
04:54La France demande à Téhéran et à Washington que la question du détroit d'Hormuz soit mise à part du
04:59reste du conflit.
05:00Mais est-ce que c'est vraiment possible ? On voit bien que c'est le nerf de la guerre
05:02aujourd'hui ce détroit d'Hormuz.
05:03C'est le point de chantage pour les Iraniens, c'est le point de crispation, de blocage de l'économie
05:07mondiale.
05:07C'est totalement inacceptable. Vous imaginez un monde...
05:09Inacceptable sans aucun doute, mais est-ce que c'est possible ?
05:11Bien sûr, vous imaginez un monde dans lequel, soudainement, tout le monde se mettrait à imposer des droits de douane
05:17et des droits de passage dans les détroits.
05:18Mais toute la circulation des marchandises et des personnes se retrouverait bloquée.
05:24C'est vrai que vous ne laisserez pas l'Iran mettre un péage au détroit d'Hormuz ?
05:26Non, c'est inacceptable.
05:27Oui ? Et quelle réponse ?
05:29Et vous savez, je crois que...
05:30Quelle réponse ? Vous savez que l'Iran, ou en tout cas le régime iranien, sollicite de la part des
05:38Etats-Unis notamment
05:39qu'en contrepartie de gestes sur le programme nucléaire qui doit être encadré, ce programme de missiles, etc.,
05:45que des levées de sanctions puissent être décidées, puisque nous avons pris, j'ai moi-même pris, des sanctions importantes
05:52contre l'Iran.
05:52Mais il est hors de question que la moindre sanction puisse être levée tant qu'un détroit comme celui d
05:59'Hormuz sera bloqué.
06:01Combien de bateaux et de marins français sont coincés là-bas dans ce détroit d'Hormuz ? Est-ce que
06:04vous le savez ce matin ?
06:05Il y a beaucoup de bateaux, beaucoup d'équipages, je ne peux pas vous donner le chiffre exact, qui sont
06:10bloqués.
06:10Les Parisiens parlent de 26 marins français.
06:13C'est une très bonne question parce qu'en plus du blocage sur l'économie mondiale, sur le flux des
06:19hydrocarbures,
06:21ce blocage d'Hormuz crée une situation de crise humanitaire.
06:25Nous avons là des équipages qui sont bloqués depuis des semaines et qui sont en risque pour l'accès à
06:31l'alimentation, à l'eau.
06:32Alors heureusement, il y a l'organisation maritime internationale, il y a un certain nombre de moyens de faire parvenir
06:40à ces équipages.
06:41Il est envisageable de les exfiltrer ces Français de ces bateaux ?
06:44Toutes les solutions sont explorées par les opérateurs maritimes.
06:50Nous, pour ce qui nous concerne, on s'est concentré sur la constitution de cette mission internationale,
06:55prêtes à sécuriser la navigation et à permettre au trafic de reprendre le plus rapidement possible.
07:03Autre front, Jean-Noël Barraud, la guerre en Ukraine.
07:04Pour la première fois depuis trois ans, les Russes ont perdu du terrain là-bas le mois dernier, 120 km².
07:09Quel est le message de la France ce matin ? Qu'est-ce que vous dites à Vladimir Poutine ?
07:12Il faut qu'il ouvre les yeux sur son échec, son échec militaire.
07:15Il a échoué en Ukraine ?
07:16Il a complètement échoué.
07:17Rappelez-vous que c'était maintenant il y a quatre ans, il nous annonçait que Kiev allait tomber en quelques
07:23jours.
07:24Et quatre ans plus tard, les armées de Vladimir Poutine ne détiennent que la moitié du territoire qu'ils avaient
07:30réussi à conquérir au printemps de l'année 2022.
07:33Et comme vous l'avez dit, au mois d'avril de cette année, les Ukrainiens ont repris 120 km², ce
07:39qui n'était pas arrivé depuis trois ans.
07:42C'est la manifestation d'un échec militaire qui se double d'un échec économique.
07:46Puisque l'économie russe s'enlise, au premier trimestre, elle a une croissance négative, elle s'enfonce dans la récession.
07:53Et on voit bien la grande fébrilité qui est en train de s'emparer de Vladimir Poutine et du Kremlin,
07:58d'annoncer un cessez-le-feu pour tenter de préserver les apparences, et notamment sa grande parade du jour de
08:05la victoire le 9 mai.
08:06La guerre en Ukraine, la guerre en Iran est leur lot de désinformation, de manipulation de l'information, de propagande,
08:10de la part de la Russie bien sûr, mais aussi des Etats-Unis désormais, et d'autres encore.
08:13Dans ce monde où la guerre informationnelle est devenue un acteur majeur, vous voulez développer une réserve diplomatique.
08:19Très simplement, c'est quoi ? Ça va servir à quoi ? Combien de personnes dans cette réserve ?
08:23C'est tout simple. Aujourd'hui, nous allons annoncer que nous franchissons un nouveau pas dans la guerre informationnelle.
08:30Nous avons défini 30 zones de guerre informationnelle dans lesquelles nous allons renforcer les effectifs et les moyens
08:39du Quai d'Orsay, de la diplomatie française, pour pouvoir riposter contre les attaques.
08:43Nous allons recruter un premier contingent de réservistes qui vont nous épauler.
08:49Combien ?
08:49Plusieurs dizaines, une cinquantaine pour commencer, pour nous épauler dans ces zones de guerre informationnelle,
08:55pour détecter les attaques dont nous sommes victimes, ou en tout cas dont nous sommes la cible.
08:58Et pour les attaques, les ingérences ?
08:59Et pour riposter. Et la troisième chose que nous annonçons, c'est que notre compte French Response,
09:03qui depuis six mois maintenant, riposte de manière très forte, très directe et très acide
09:10contre ceux qui nous attaquent, va faire son entrée sur TikTok.
09:13Autre inquiétude, celle qui monte autour d'un foyer d'antavirus.
09:16Trois passagers d'un bateau de croisière en sont morts.
09:18Parmi les victimes, une femme qui était montée brièvement à bord d'un avion KLM.
09:21Cinq autres cas ont été identifiés. Il y avait cinq Français à bord. Où sont-ils aujourd'hui ?
09:25Ils sont toujours sur place.
09:27Ils ont été contactés par les médecins du ministère des Affaires étrangères.
09:32Ils sont dans quel état de santé ?
09:33Ils se portent bien. Maintenant, on suit attentivement et avec eux la situation.
09:38Comme vous le savez, l'un d'entre eux est cas contact.
09:41Il a été en contact avec une personne dont il est avéré qu'elle est malade.
09:45Nous travaillons en lien avec le ministère de la Santé, bien sûr,
09:48mais aussi avec l'Organisation mondiale de la Santé pour programmer leur rapatriement.
09:54Il a quel âge, le cas contact ?
09:55Je n'ai pas cette information.
09:56Vous ne savez pas ? Il va être rapatrié en France ou pas ?
09:59C'est une discussion en cours avec l'OMS, le ministère de la Santé,
10:04pour définir les protocoles permettant de, bien sûr, sécuriser les personnes,
10:11mais éviter tout risque de propagation.
10:13Aujourd'hui, il est cas contact, mais il n'est pas symptomatique. Il n'est pas malade ?
10:16Aujourd'hui, il est cas contact.
10:17Il est cas contact.
10:18La France va-t-elle mettre des mesures en place pour empêcher l'arrivée de cet antivirus
10:21qui se transmet visiblement d'homme à homme sur le territoire national ?
10:23Oui, comme je vous le dis, ce n'est pas tout à fait du ressort des affaires étrangères,
10:27mais le ministère de la Santé travaille avec la vingtaine des pays qui sont concernés par ce virus,
10:33parce qu'ils ont des ressortissants sur le bateau, pour définir les protocoles.
10:36Et à ce sujet, je veux simplement souligner que,
10:38si nous avons la capacité comme ça de nous coordonner avec de nombreux pays du monde
10:43pour endiguer un risque épidémique comme celui-ci,
10:47c'est notamment parce que la France a porté cette idée que la santé doit être gérée à l'échelle
10:52internationale
10:52et a accueilli à Lyon l'Académie mondiale de l'Organisation mondiale de la santé.
10:56Merci Jean-Noël Barraud d'être venu sur RTL ce matin.
10:58Dans un instant, restez avec nous, c'est Philippe Cavrivière qui nous rejoint.
11:00Merci.
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