- il y a 2 jours
L’effondrement de l'Union européenne et la dislocation de l'OTAN sont-ils inéluctables ? Dans son livre "Et la France fut sauvée – Déclin des États-Unis et fin de l’UE, une chance pour la France", coécrit avec Jean Goychman, l’officier-général (2s) Henri Roure dresse un constat géopolitique sans concession.
Alors que la construction européenne nous était vendue comme un rempart contre l'hégémonie américaine, c'est le scénario inverse qui s'est produit. Traqué aux États-Unis par la montée des populismes et le phénomène Trump, l'État profond - cette oligarchie technocratique et financière non élue - a trouvé son nouveau sanctuaire au cœur des institutions bruxelloises pour y perpétuer son agenda mondialiste.
Des failles de ce modèle économique sous perfusion aux véritables objectifs du conflit en Ukraine - visant la dislocation de la Russie -, Henri Roure décrypte les coulisses de ce basculement historique. Il rappelle que face au déclin de l'Occident, le salut de la France passe par le retour à la souveraineté et à la transcendance.
Alors que la construction européenne nous était vendue comme un rempart contre l'hégémonie américaine, c'est le scénario inverse qui s'est produit. Traqué aux États-Unis par la montée des populismes et le phénomène Trump, l'État profond - cette oligarchie technocratique et financière non élue - a trouvé son nouveau sanctuaire au cœur des institutions bruxelloises pour y perpétuer son agenda mondialiste.
Des failles de ce modèle économique sous perfusion aux véritables objectifs du conflit en Ukraine - visant la dislocation de la Russie -, Henri Roure décrypte les coulisses de ce basculement historique. Il rappelle que face au déclin de l'Occident, le salut de la France passe par le retour à la souveraineté et à la transcendance.
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00:00Hier, une amie fidèle de TV Liberté m'appelle et me demande
00:04« Alors, TV Liberté est sauvée financièrement ? »
00:07J'aurais évidemment aimé lui dire oui,
00:09mais je lui ai répondu avec honnêteté « Non, non, pas encore. »
00:13Car la vérité, c'est que les derniers jours d'une campagne de dons
00:16sont toujours les plus décisifs.
00:17C'est le moment d'un vrai qui tout double.
00:20Soit nous franchissons ensemble la ligne d'arrivée,
00:22soit nous n'aurons pas les moyens à terme d'assurer notre survie,
00:26de poursuivre nos projets et de préserver notre indépendance.
00:30Tout se joue cette semaine, absolument tout.
00:33Alors, si vous aimez TV Liberté,
00:36si vous voulez qu'elle continue d'exister, d'enquêter et de se battre
00:39pour une information libre, n'attendez plus.
00:41Faites un don, même modeste, si c'est votre premier.
00:44Et si vous nous avez déjà soutenus, faites l'effort de renouveler votre aide.
00:48Il nous manque encore plusieurs dizaines de milliers d'euros,
00:50soit l'équivalent de 500 personnes, 500 dons de 100 euros.
00:54C'est beaucoup, mais c'est encore possible.
00:56Malgré la période estivale, malgré la situation économique de chacun,
01:01je vous le redis, tout se joue maintenant.
01:16Bonjour à tous, bienvenue dans ce Zoom,
01:19aujourd'hui en compagnie d'Henri Roure.
01:21Bonjour, monsieur.
01:22Bonjour à vous.
01:23Vous devez dire plutôt bonjour mon général,
01:25puisque vous êtes officier général issu des troupes de marine.
01:28Si vous voulez.
01:30Et également docteur d'État en sciences politiques.
01:33Et donc, avec Henri Roure, on va parler de cet ouvrage qu'il signe,
01:37avec Jean Goichmann, qui s'est occupé de la partie économique.
01:41Vous êtes plutôt sur la partie géopolitique.
01:43« Et la France fut sauvée, déclin des États-Unis et fin de l'UE.
01:50Une chance pour la France ».
01:52Alors, commençons avec vous, Henri Roure.
01:56Vous commencez cet ouvrage en disant ceci.
01:58Vous dites que les historiens du futur s'étonneront de la période allant de la fin de la Deuxième Guerre
02:05mondiale
02:06à l'effondrement de l'Union européenne et à la dislocation de l'OTAN.
02:11Que se diront les historiens du futur sur cette période alors ?
02:15Eh bien, je pense, je me suis mis à leur place.
02:17Vous savez, c'est toujours intéressant, quand on fait de la géopolitique, d'anticiper.
02:21Mais de toute façon, la géopolitique, c'est de l'anticipation.
02:24Je suis persuadé, et mon ami Jean Goichmann également,
02:29et quelques autres amis avec lesquels je travaille,
02:32que l'Union européenne et l'OTAN sont des aberrations.
02:36Ce sont des aberrations historiques.
02:38Si vous regardez l'histoire sur 1500 ans,
02:41ce sont les nations qui se sont lentement construites.
02:43Et depuis 1945, il y a eu un mouvement promu par les États-Unis,
02:52qui avaient à l'époque intérêt,
02:54et puis par un certain nombre de personnages qui étaient leurs relais,
02:58notamment en France, mais pas seulement.
03:00On peut parler d'Allstein, on peut parler de Gasperi, de Spack.
03:04En France, c'était Schumann et Monet,
03:08qui imaginaient la fin des nations
03:10et la création d'un État fédéral en Europe.
03:17Pour assurer la défense de cette future fédération,
03:21il fallait un outil militaire, et c'était l'OTAN.
03:23Donc il y a un couple,
03:24il y a un couple qui a perduré,
03:27après la dislocation du pacte de Varsovie
03:29et la fin de l'URSS,
03:31entre l'Union européenne et l'OTAN.
03:34Alors, tout est parti, en réalité, de cette volonté états-unienne,
03:40mais il y a eu le traité de Rome.
03:42Le traité de Rome, donc en...
03:44– 57.
03:45– 57.
03:46– 57.
03:48Et je dis dans ce bouquin
03:51que si le traité de Rome avait été présenté un an plus tard,
03:55le général de Gaulle ne l'aurait jamais, jamais, jamais signé.
03:58Pourquoi ?
03:59Parce que d'emblée, il est dit dans le texte
04:03qu'on devait aller vers une intégration
04:06de plus en plus forte des pays européens.
04:10C'était une aberration.
04:11Alors, cette Union européenne,
04:14elle a pris plusieurs formes.
04:17D'abord, c'était le marché commun.
04:18Marché commun, pourquoi pas ?
04:20Le général de Gaulle n'était pas hostile.
04:21Encore que, vous savez, il y a eu un moment
04:26où il s'est entretenu avec Perfit
04:29et il parlait de l'évolution du marché commun
04:33déjà vers une sorte de communauté européenne.
04:37Et de Gaulle a dit à Perfit, vous savez, je cite,
04:41« La France a vécu sans le marché commun.
04:43Elle pourra très bien vivre sans le marché commun.
04:46Ils ne connaissaient pas encore l'Union européenne.
04:48s'ils n'auraient jamais admis l'Union européenne,
04:52bien évidemment. »
04:53Alors, après ce marché commun,
04:55il y a eu cette évolution
04:57avec l'augmentation du nombre de pays participants
05:01à 9, puis aujourd'hui, on doit être autour de 27.
05:05Et ces pays qui ont des préoccupations différentes,
05:11qui ont des ambitions différentes,
05:12on essaie de les mettre dans un même ensemble,
05:14un ensemble fédéral.
05:15C'est une absurdité, c'est une absurdité.
05:18Vous savez, Murdel, qui a été pris Nobel,
05:21disait que pour faire un pays,
05:23il fallait qu'il y ait une communauté de pensée.
05:26Vous croyez que les Polonais pensent comme les Italiens ?
05:28Vous croyez que les Espagnols pensent comme les Hongrois ?
05:32Etc.
05:33Et que les petits États pensent comme les grands États ?
05:36– Comme disait de Gaulle,
05:37on ne fait pas de mayonnaise avec des œufs durs.
05:39– Mais il avait parfaitement raison, le grand personnage.
05:44Et donc, cette espèce d'organisation
05:49aurait nécessité une répartition des productions.
05:55Il n'y a pas de répartition de productions,
05:57ce n'est pas possible.
05:58Une pensée unique, il n'y a pas de pensée unique,
06:01je reviens là-dessus.
06:04Une ambition collective, il n'y a pas d'ambition collective.
06:07Une monnaie commune, ça, on en a une.
06:10Et puis, une direction unique et une langue commune.
06:14Alors, on essaie, la langue,
06:15on essaie de promouvoir la langue anglo-saxonne.
06:20Mais ça ne marche pas.
06:22– Alors, cet ensemble, on nous l'a quand même vendu
06:25depuis sa création comme étant la volonté
06:28de nous protéger contre les États-Unis, n'est-ce pas ?
06:30Qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui ?
06:32– Alors, cher ami, d'abord, c'était un mensonge
06:36parce que l'Union européenne était intime des États-Unis.
06:40Je rappelle que Monet et Schumann étaient des banquiers
06:42qui avaient travaillé à Londres
06:44et dans les banques américaines.
06:48Donc, il ne faut pas raconter de coups.
06:50Il y a eu une intimité entre ce qui est devenu l'Union européenne,
06:56enfin, là, c'est ce que certains appellent
06:58la construction européenne, et les États-Unis.
07:01– On peut aussi parler de M. Hallstein,
07:04qui a été le premier dirigeant de la Commission européenne
07:07et qui était un transfuge de l'armée du Reich.
07:10– De l'armée nazie.
07:11– Recyclé aux États-Unis, renvoyé en Europe
07:14pour faire ce projet de Neue,
07:18das Neue Europa, qui était en réalité
07:20le projet qu'Hitler avait mis sur pied
07:23avec les juristes italiens de Mussolini, n'est-ce pas ?
07:25– Oui, mais vous avez parfaitement raison,
07:27vous avez parfaitement raison,
07:29et à propos de Hallstein, ça a valu à la France
07:31de faire la politique de la chaise vide,
07:35parce que De Gaulle n'était pas d'accord
07:38avec ce qui était en train de se tramer.
07:41Donc, aujourd'hui, alors, ce qui est intéressant,
07:44c'est aujourd'hui, aujourd'hui, on voit que l'Union européenne
07:48n'a d'unité que dans la guerre en Ukraine,
07:51enfin, d'unité, façon de parler,
07:53et ce n'est même pas l'Union européenne,
07:55il y a Mme von der Leyen qui est à la manœuvre,
07:59c'est une germano-américaine, il faut le dire,
08:03et elle est liée à la finance,
08:07à la finance internationale,
08:09ou plutôt la finance anglo-saxonne,
08:11comme le sont les trois responsables
08:15des pays qui sont à la manœuvre,
08:17parce que ce n'est pas l'Union européenne,
08:18c'est, il y a la France, associée avec le Royaume-Uni,
08:24la France de M. Macron, qui vient de Churchill,
08:29M. Mertz, qui vient de BlackRock,
08:32il a été le président de BlackRock,
08:34le fonds de pension européen,
08:39et puis, bon, il y avait M. Starmer jusqu'à il y a peu,
08:42mais je ne pense pas que son successeur
08:45change quoi que ce soit,
08:46et c'était la city, la city.
08:49Donc, ces gens-là sont à la manœuvre
08:52parce qu'il y a un intérêt en Ukraine,
08:57l'intérêt où l'imaginaire vouloir fédérer,
09:02parce qu'on le sait, pour fédérer une nation,
09:05il n'y a rien de mieux qu'une guerre,
09:06mais il n'y a pas de nation européenne.
09:08Donc, vous voyez bien que les pays européens
09:10tirent à dire que les populations ne sont pas d'accord
09:13avec cette guerre en Ukraine où l'Union européenne s'use.
09:18– Justement, on va parler du pourquoi
09:21les européistes s'intéressent autant à cette région, l'Ukraine,
09:26mais j'aimerais que vous me disiez pourquoi
09:28la fin de l'UE et de l'OTAN est pour vous inéluctable.
09:31– Elle est inéluctable, j'étais en train de le signifier,
09:36ces pays européens ne s'entendent pas,
09:37et puis il y a quand même une rupture
09:40qui s'analyse un peu partout dans ces principaux pays
09:45entre la classe dirigeante,
09:47qu'on peut qualifier d'oligarchie ou de ploutocratie,
09:49comme vous voulez, et le peuple.
09:52Et le peuple, regardez, en France, c'est clair,
09:55il y a un rejet de la classe politique,
09:58qui est incapable de défendre les objectifs du peuple.
10:02Et qui plus est, le peuple n'a pas été consulté depuis 2005.
10:06Mais ça aussi, c'est valable en Allemagne, regardez,
10:0890% des jeunes sont hostiles à la guerre en Ukraine
10:12et contestent la politique du gouvernement.
10:15Et je suis persuadé que dans d'autres pays,
10:18c'est à peu près la même chose.
10:20Et il y a donc cette rupture entre la classe dirigeante
10:23qui fait la politique de l'Union européenne,
10:25mais pas seulement, c'est la politique de l'Europe,
10:27les Britanniques ne sont plus dans le dispositif.
10:32Pourtant, ils sont associés dans cette guerre en Ukraine.
10:36Alors, et là, je crois qu'il y a une relation
10:41que l'on ne souligne pas,
10:43c'est la relation entre ce que Kennedy avait appelé déjà,
10:47Eisenhower auparavant,
10:48et puis que Trump a relevé,
10:51c'est le, en anglo-saxon, c'est le deep state,
10:54c'est l'État profond.
10:55Alors, qu'est-ce que l'État profond ?
10:57L'État profond, c'est la finance internationale,
11:00enfin internationale, essentiellement germano-anglo-saxonne,
11:04ou anglo-saxonne,
11:05qui vise le mondialisme,
11:09la gouvernance du monde.
11:11Et on retrouve cet État profond
11:17à la manœuvre en Ukraine.
11:19En Ukraine.
11:20Alors, pourquoi ?
11:22D'abord, je voudrais dire que M. Trump est hostile à cet État profond,
11:27ce qui n'était pas le cas de Biden.
11:28– J'aimerais, on va développer tout cela, évidemment,
11:31ensemble avec vous, Henri Roux,
11:32l'État profond,
11:33mais j'aimerais que vous nous fassiez comprendre
11:36quelle est l'idéologie de cet État profond,
11:39son pouvoir, quel est-il ?
11:41– Alors, son pouvoir, il est énorme,
11:44mais il est menacé.
11:45Il est menacé.
11:46Alors, c'est la finance internationale,
11:47pour simplifier.
11:48– Couplé au complexe militaro-industriel
11:51qui est le sondre armé.
11:52Alors, il y a le complexe militaro-industriel,
11:54il y a les GAFAM,
11:55il y a les fonds de pension,
11:57énormes,
11:57et puis il y a les banquiers,
11:58il y a les banquiers autour de Rockefeller,
12:01Rothschild, etc., etc.
12:02Ce sont des gens qui ont, par idéologie,
12:05la volonté de gouverner le monde.
12:08Et Rockefeller le disait,
12:10si certains m'accusent d'être un complotiste,
12:15de vouloir prendre, d'avoir…
12:18– J'ai la citation, si vous voulez,
12:20« Certains croient même que nous faisons partie
12:22d'une cabale secrète,
12:24agissant contre les intérêts des États-Unis,
12:26et ils représentent ma famille et moi
12:29comme des internationalistes.
12:31Ils vont jusqu'à prétendre que nous conspirons
12:33avec d'autres capitalistes dans le monde
12:35pour construire une structure politique
12:37et économique mondiale plus intégrée.
12:39Un seul monde, si vous voulez,
12:41si c'est ce dont on m'accuse,
12:43je plaide coupable et j'en suis fier. »
12:46– Voilà, c'est la citation,
12:47je ne la connaissais pas par cœur,
12:49mais enfin, j'en avais l'économie.
12:53– La substance.
12:53– La substance, et c'est bien cette citation
12:58que je faisais allusion.
13:00Donc, il y a des gens qui sont des complotistes mondialistes.
13:06Des complotistes mondialistes.
13:08Alors, ça représente quand même un pouvoir énorme
13:11parce que l'argent, c'est ce qui mène le monde,
13:15aujourd'hui encore.
13:17On pourrait revenir sur l'origine
13:20de la finance de la dette, etc.,
13:22mais ce n'est peut-être pas l'objet.
13:24En revanche, ce qu'il faut savoir,
13:25c'est qu'aujourd'hui, on parle de la dette française.
13:28On peut parler de la dette des États-Unis,
13:30qui est dix fois supérieure.
13:34La dette mondiale,
13:35tenez-vous bien,
13:36c'est 385 000 milliards de dollars.
13:42385 000 milliards de dollars.
13:44Trois fois la valeur de l'économie mondiale.
13:46Comment voulez-vous que ce système perdure ?
13:49Ça n'est pas possible.
13:51Ça n'est pas possible.
13:52Alors, si nous revenons à l'Ukraine,
13:54il est évident que les mondialistes,
13:58les européistes, c'est à peu près la même chose,
14:00c'est la même chose,
14:02cherchent à s'enrichir davantage,
14:05s'enrichir,
14:05et le chaos est propice,
14:07la guerre est propice.
14:08On le sait depuis toujours
14:09que les guerres sont financées par les banquiers.
14:13Et cette guerre, elle est financée par cet État profond.
14:18– Alors, justement, vous dites que le président américain,
14:21Donald Trump, combat chez lui cet État profond.
14:24Mais alors, comment s'y prend-il ?
14:26On voit qu'il avait dit que ce conflit en Ukraine,
14:29il le réglera en 24 heures.
14:31Il n'en est pas question.
14:32Et puis qu'il ne ferait pas de guerre.
14:34Il est pourtant aujourd'hui encore embourbé en Iran.
14:38Donc, c'est assez trouble, son jeu.
14:42– Vous avez parfaitement raison
14:43de soulever cette apparente contradiction.
14:47Trump est un patriote états-unien.
14:49Et c'est aperçu que, jusqu'à Biden inclus,
14:52l'État profond était à la manœuvre
14:54et essayait de dominer les États-Unis,
14:56d'agir avec le gouvernement états-unien,
15:02de dominer le gouvernement états-unien.
15:04– Eisenhower et Kennedy, vous le disiez tout à l'heure,
15:06l'avaient relevé déjà.
15:07– L'avaient déjà relevé.
15:09Et Trump, Trump a, bon, Trump l'a relevé.
15:14Et je fais une petite incidente.
15:18Le fait que Trump n'ait pas été élu
15:21pour un deuxième mandat,
15:23immédiatement après son premier mandat,
15:25a peut-être été une bonne chose pour lui
15:28parce que ça lui a permis de monter,
15:31d'organiser, de préparer son second mandat,
15:34à celui que nous connaissons aujourd'hui.
15:38Il a, d'une certaine manière,
15:40il a fait un contre-État profond.
15:42Il a mis des gens à lui un peu partout
15:45quand c'était possible.
15:47Et dès qu'il a eu le pouvoir,
15:49il a pu les mettre à la manœuvre.
15:53Alors, c'est vrai qu'il y a une apparente contradiction.
15:58Mais il a hérité d'un problème.
16:01Un problème.
16:02C'est le dollar.
16:04Le dollar.
16:05Le dollar, à la fois monnaie domestique
16:08et monnaie internationale.
16:11Monnaie de compte.
16:12Alors, on ne va pas refaire l'origine du dollar.
16:17Mais sous Nixon,
16:20c'est quand même le découplage entre l'or et le dollar
16:24qui a permis aux banquiers de produire de la monnaie
16:28sans rendre de compte à quiconque.
16:31Le dollar était considéré comme la seule valeur solide
16:35alors qu'il ne reposait plus sur rien.
16:38Et aujourd'hui, c'est les chiffres que je viens de vous donner.
16:42C'est les 35 ou 36 000 millions de dollars
16:48de dettes des États-Unis.
16:51Et si on ajoute les dettes des États et les dettes des particuliers,
16:54on arrive à 135, 140 000 milliards de dollars.
16:57Est-ce que vous pensez que le dollar
16:59qui est, depuis les accords de Bretton Woods,
17:03l'arme première des États-Unis
17:05peut aussi être aujourd'hui le talon d'Achille de l'État profond ?
17:09Alors, c'est ce que nous disons dans cet ouvrage.
17:13Le dollar, c'est le talon d'Achille.
17:15Regardez ce qui se passe aujourd'hui.
17:17Il faut regarder vers l'Asie.
17:19L'Asie, lentement, est montée en puissance.
17:22Et, bon, on parle des BRICS.
17:26Les BRICS, c'est-à-dire ce regroupement circonstanciel
17:29de pays du Sud.
17:32Bon, le Brésil, la Russie, la Chine,
17:36et puis un certain nombre, l'Inde,
17:38et un certain nombre d'autres pays,
17:40qui s'organisent.
17:43Il y a des modifications qui sont flagrantes.
17:48Les États-Unis dominaient les échanges mondiaux de capitaux
17:52avec le système SWIFT.
17:54Eh bien, aujourd'hui, la Russie, la Chine
17:57et tous ces pays du Grand Sud,
17:59enfin du Sud profond,
18:01s'affranchissent du SWIFT.
18:03Donc, les États-Unis n'ont plus le contrôle,
18:05ne savent plus les échanges qui se font.
18:08Ils le savent indirectement,
18:09mais pas de manière immédiate.
18:11Il y a le BRICS-Bridge,
18:12qui leur permet ces échanges de capitaux.
18:15Et puis, il y a...
18:17Vous savez, il faut regarder ce qui se passe à...
18:21J'allais dire à bas bruit.
18:22Mais en 1945, Roosevelt a signé avec Imseoud
18:28les accords de Quincy.
18:30Ça vous dit quelque chose ?
18:31C'est le nom d'un croiseur qui se trouvait sur le lac Amère
18:34et Roosevelt...
18:36– Pour dealer le pétrole saoudien.
18:37– En rentrant de Yalta,
18:39a discuté avec Imseoud
18:42et puis les pétro-monarques.
18:44Et il a été convenu que les États-Unis
18:48exploiteraient le pétrole,
18:50mais que l'Arabie le vendrait en dollars.
18:53En dollars.
18:54C'est l'origine du pétro-dollar.
18:56Et aujourd'hui, que se passe-t-il ?
18:57Eh bien, l'Arabie et d'autres pays,
19:00d'autres pays,
19:01sont en train de négocier avec la Chine
19:04l'achat de pétrole en yuan,
19:07en rouble.
19:07Ça, il faut le savoir.
19:09Donc, qu'il y ait une relation,
19:12on peut la faire,
19:14mais ce n'est pas immédiat,
19:16mais sans doute y a-t-il aussi cette raison.
19:19Dans cette guerre en Iran,
19:21contre l'Iran,
19:23il y a cette perte d'influence
19:26au Proche-Orient.
19:27Le pétro-dollar,
19:29c'est quand même l'essentiel
19:32de la puissance états-unienne
19:34dans la région,
19:36et puis probablement dans le monde.
19:38Donc, cette guerre a des ressorts.
19:43Derrière l'Iran,
19:45il y a une offensive,
19:50ou une défensive, plus exactement,
19:52face à la Chine.
19:53Face à la Chine.
19:54Et les États-Unis ne sont pas en position de force.
19:57Ils ne sont pas en position de force.
19:59Donc, le dollar est menacé.
20:02Et c'est pour ça que Trump l'a bien compris.
20:05Il cherche tous les moyens,
20:07tous les vecteurs pour sauver
20:08ce qui peut être sauvé.
20:10Amérique à force.
20:11Qui s'est appuyé sur l'État profond,
20:13justement.
20:14Donc, vous dites-il, le combat.
20:15Absolument.
20:16Dans certains cas,
20:17quand c'est des alliances de circonstance,
20:19ce sont des alliances tactiques,
20:22ils s'appuient sur l'État profond,
20:24mais l'État profond n'est pas en mesure,
20:25par exemple,
20:27d'assurer le réarmement des États-Unis.
20:30Les États-Unis ont dépensé
20:34des sommes folles
20:35lors de la première opération,
20:38l'opération initiale.
20:39Et ils ont perdu un tiers
20:41de leur matériel extrêmement performant.
20:44Et le lobby militaro-industriel
20:46est incapable, aujourd'hui,
20:48de remplacer ce matériel.
20:50Pareil pour l'Ukraine.
20:52Et donc, il y a là une difficulté,
20:55d'autant plus grande
20:56que la Chine a donné à l'Iran
21:02un système de positionnement,
21:05un système de positionnement
21:10qui permet à l'Iran
21:11de s'affranchir du GPS.
21:13Le GPS,
21:14le GPS,
21:14donc le système de navigation états-unien,
21:18il était à la main des États-Unis,
21:20qui pouvaient le modifier,
21:22ce qui faisait que les objectifs
21:23n'étaient pas toujours atteints
21:26par l'Iran.
21:28Et aujourd'hui,
21:29il ne faut pas s'étonner
21:31que des bases états-uniennes,
21:33des entreprises,
21:34enfin, des usines
21:35de désalinisation
21:37et d'autres aspects stratégiques
21:40soient détruits.
21:42Donc, il y a une lutte,
21:44finalement,
21:45entre les États-Unis
21:47et les BRICS,
21:50derrière tout ça.
21:52– Donc, on a cet État profond
21:53qui est né aux États-Unis,
21:54qui se retrouve aujourd'hui
21:56combattu par Donald Trump
21:58dans une bataille
21:59un petit peu floue.
22:01Et vous dites
22:02que cet État profond,
22:04justement,
22:05se réfugie aujourd'hui
22:07dans l'Union européenne.
22:08– Absolument.
22:09Absolument.
22:09– Alors, pourquoi ?
22:11Donc, évidemment,
22:12parce que combattu aux États-Unis,
22:14avec tous les moyens
22:16du pouvoir politique
22:18et la puissance,
22:20la puissance de Trump,
22:23il se réfugie là
22:24où il était déjà,
22:28mais où il a la possibilité
22:29d'agir encore,
22:31donc en Europe.
22:32– Je disais que
22:36les trois personnages,
22:38les trois personnages clés,
22:40non pas de l'Union européenne,
22:42mais de l'Europe
22:47face à la Russie,
22:49étaient tous liés,
22:51par leur formation,
22:53par leurs anciennes fonctions,
22:55à cet État profond.
22:57Et donc,
22:57il y a là une possibilité.
22:59– Macron,
23:01Mertz et Van der Leyen.
23:03Et Starmer ex.
23:04– Et Starmer,
23:06donc,
23:07son successeur.
23:08Ces gens-là
23:09sont intimement liés
23:10à l'État profond.
23:12Et donc,
23:12si l'Ukraine tombe,
23:16ce qui devrait arriver,
23:20là aussi,
23:21la presse grand public
23:24qui est aux ordres
23:26ne le dit pas,
23:27mais la Russie
23:29aurait les moyens
23:30de détruire l'Ukraine.
23:32– Mais alors,
23:33on voit cet État profond
23:34qui se déplace
23:36en Union européenne
23:38pour alimenter,
23:40continuer cette guerre
23:41en Ukraine,
23:41mais pourquoi
23:42s'intéresse-t-il tant
23:43à cette région ?
23:45Quel est l'intérêt stratégique ?
23:47– Alors,
23:48l'intérêt stratégique,
23:49de toute façon,
23:51la vocation,
23:52vous le disiez
23:52avec la citation
23:53de Roosevelt,
23:56de Rockefeller,
23:57c'est dominer le monde.
24:00C'est dominer le monde.
24:02Et il était envisagé,
24:05mais ça,
24:05c'était les États-Unis
24:06à l'époque de Biden
24:07et avant,
24:09il était envisagé
24:10de détruire la Russie,
24:13de considérer
24:15comme l'héritière
24:16de l'URSS.
24:18Alors,
24:19pourquoi la détruire ?
24:20Ou plutôt la partager
24:22en deux ou trois régions d'Asie
24:27et puis la Russie,
24:28la Russie d'Europe,
24:31probablement à l'ouest de l'Ural.
24:34Pourquoi ?
24:35Parce qu'il y a
24:37d'énormes réserves
24:40de minéraux,
24:42de pétrole,
24:42tout ce qu'on veut,
24:43dans ces régions-là.
24:45Et quand vous partagez,
24:46vous fractionnez
24:47un tel territoire,
24:48il est évidemment plus facile
24:50d'établir un contrôle politique.
24:52Donc,
24:52c'était des protectorats
24:53que les États-Unis
24:54et leurs alliés
24:55ont envisagé
24:57de créer.
24:59Donc,
25:01malheureusement pour eux,
25:02les choses ne se sont pas
25:03passées comme ça
25:03parce qu'ils avaient sous-estimé,
25:05un peu comme l'Iran,
25:07d'ailleurs,
25:07ils avaient sous-estimé
25:08la Russie,
25:09la puissance russe.
25:10Vous vous rappelez
25:11ce que racontait
25:13le géographe britannique
25:14Mike Kinder
25:15qui disait
25:16que qui domine
25:17le Heartland,
25:18c'est-à-dire cette région,
25:19l'Ukraine,
25:19domine le monde.
25:20– Alors,
25:21absolument.
25:21Alors,
25:21justement,
25:22vous parlez de Mike Kinder
25:23qui a été précisé
25:24par Spikeman.
25:25Mike Kinder
25:26parlait du contrôle
25:27de la plaine occidentale,
25:29donc de la partie occidentale
25:35de l'Ukraine
25:37qui permettait
25:38de contrôler,
25:39évidemment,
25:40l'ensemble
25:42russo-asiatique.
25:43Et ça,
25:44c'était
25:44c'était un échec.
25:47Alors,
25:47je parlais de Spikeman,
25:49lui,
25:49il a précisé
25:50et on voit
25:51que quand même
25:52les États-Unis
25:52sont restés fidèles
25:55à cette vision géographique.
25:57Spikeman disait
25:58il y a autour
26:00de ce Heartland,
26:02cet ensemble continental,
26:06une zone maritime,
26:08ce qu'il appelait
26:09le...
26:10– Le Rimland.
26:12– Le Rimland.
26:13– Le Rimland.
26:14– Qui correspond d'ailleurs
26:14à la région...
26:16En fait,
26:16c'est tout ce qui contourne
26:17le Heartland
26:18et ce qui passe par le sud
26:19et l'Iran
26:20et dans le Rimland.
26:21– Absolument.
26:22Et le Rimland,
26:23pour lui,
26:24c'était peut-être
26:26beaucoup plus efficace
26:28que contrôler
26:29la plaine ukrainienne.
26:33Donc,
26:34contrôler le Rimland.
26:35Regardez ce qui se passe
26:35aujourd'hui.
26:36Trump a récupéré Panama
26:40face à la Chine.
26:41Il a des ambitions
26:44sur le Groenland.
26:45Il a évidemment
26:47des ambitions
26:48sur Taïwan.
26:50Taïwan,
26:51si Taïwan tombe
26:51du côté chinois,
26:53c'est la mer de Chine
26:55qui est fermée.
26:55Et les bâtiments de guerre,
26:59les sous-marins nucléaires
27:01chinois
27:02vont directement
27:03dans le Pacifique
27:04sans pouvoir être repérés,
27:06difficilement repérés.
27:07Et puis,
27:08et puis,
27:10Hormuz,
27:11évidemment.
27:12Hormuz présente un intérêt
27:13parce que c'est le pétrole.
27:15Donc,
27:16l'intérêt des États-Unis
27:17aujourd'hui
27:18qui se replient,
27:19qui ont la...
27:20qui sont...
27:22qui veulent se...
27:23Enfin,
27:23c'est Trump,
27:25se replier sur eux-mêmes.
27:26Mais ça correspond
27:27à la mentalité
27:28du peuple américain.
27:30Ils ont quand même...
27:32Je parlais
27:33de la nécessité
27:35de sauver le dollar,
27:36mais aussi
27:37de préserver
27:38une certaine position
27:40dans le monde
27:41et les...
27:44donc,
27:44les corridors,
27:46les couloirs,
27:46les canaux,
27:47etc., etc.
27:48Voilà.
27:48L'occupation du terrain,
27:50ça n'est plus
27:51de circonstances.
27:53– Merci à vous,
27:54Henri Roux,
27:54d'avoir accepté
27:55notre invitation.
27:56Je rappelle
27:57que vous êtes
27:58également membre
27:59du Cercle Patria.
28:02Peut-être que vous
28:03pourriez en dire
28:03juste un mot
28:04en une minute
28:05pour terminer
28:06l'entretien.
28:07– Alors,
28:08oui,
28:08merci de me demander
28:10de parler du Cercle Patria.
28:11Le Cercle Patria,
28:12c'est une initiative
28:13que nous avons eue
28:14à quelques-uns
28:15des gens
28:17qui sont
28:18de toute profession,
28:19mais qui ont eu
28:21des responsabilités
28:22dans leurs activités
28:23ou qui en ont encore.
28:25et nous réfléchissons,
28:27nous avons fixé
28:29six axes
28:30pour,
28:31parce que la situation
28:32française est,
28:33je ne vais pas la décrire,
28:35mais elle est extrêmement
28:36critique
28:37et nous pensons
28:39qu'il est nécessaire
28:40dans les mois qui viennent,
28:41dans les quelques années
28:43qui viennent,
28:43de mettre en place
28:46des gouvernants
28:47qui répondront
28:49aux souhaits du peuple,
28:51c'est-à-dire
28:52qui seront
28:53des patriotes
28:54et qui
28:56s'appuieront
28:57sur le peuple.
28:58Donc,
28:58nous cherchons,
28:59nous cherchons
29:00des,
29:01nous avons des amis,
29:03nous fonctionnons
29:04par couronne,
29:05il y a un noyau central,
29:07il y a des couronnes,
29:07il y a deux couronnes,
29:09très larges
29:10avec des gens
29:10que je ne vais pas citer ici,
29:12mais qui sont
29:13très connus.
29:14Et notre objectif,
29:17c'est de redonner
29:18à la France
29:18son lustre,
29:19pas seulement
29:21parler
29:22de politique
29:23politicienne,
29:24ça ce n'est pas
29:25notre tasse de thé.
29:26Une vision à long terme.
29:27C'est une vision à long terme.
29:28On ne peut pas,
29:29on ne peut pas
29:31faire de la politique nationale
29:33si on n'a pas
29:34pour la France
29:35une vision lointaine.
29:37Que veut-on faire
29:38de notre pays ?
29:40Voilà.
29:40Et nous,
29:41nous avons...
29:41Un peu de colbertisme
29:43et de gaullisme.
29:44Henri Roux,
29:45merci à vous.
29:46Votre ouvrage
29:47et la France
29:47fut sauvée.
29:48Déclin des États-Unis
29:49et fin de l'UE.
29:50Une chance pour la France
29:51avec Jean Gauchemann,
29:53l'excellent Jean Gauchemann.
29:55Merci à vous tous
29:55de nous avoir suivis.
29:56Sous-titrage Société Radio-Canada
29:58Sous-titrage Société Radio-Canada