00:00Sud Radio Regarde Femme, Michel Vianès.
00:04Bonjour ma chère Michel.
00:06Bonjour Maxime.
00:07Vous voulez nous parler de la question posée au Conseil constitutionnel par l'Union des droites pour la République.
00:12Et elle est intéressante.
00:13Peut-on faire annuler les pénalités infligées aux partis qui ne respectent pas la parité aux législatives ?
00:20Eh bien la réponse du Conseil constitutionnel est très claire.
00:23Non.
00:24Parce que la parité ce n'est pas une option politique, c'est une exigence constitutionnelle.
00:29Et l'égalité devant le suffrage, ce n'est pas seulement déposer un bulletin dans l'urne, c'est aussi
00:35pouvoir être candidate, être élue et accéder aux responsabilités.
00:40Donc dans sa décision du 16 avril 2026, le Conseil constitutionnel valide pleinement ce mécanisme.
00:47Le principe est simple, l'État finance les partis, mais il peut moduler cette aide s'il ne présente pas
00:54suffisamment de femmes.
00:56Et dans le cas de l'UDR, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
01:0017% de candidates seulement.
01:03Donc une perte de près de 98% de l'aide publique.
01:08Pourtant le parti d'Éric Sioti, parce que c'est lui qui est à l'origine de cette question, dénonce
01:12une atteinte à la liberté politique.
01:14Eh bien cet argument est rejeté également.
01:17Le Conseil rappelle que la parité, c'est une exigence constitutionnelle.
01:21Et surtout, ce n'est pas une sanction, mais une condition liée au financement public.
01:27Les partis sont libres, mais l'argent public, lui, n'est pas inconditionnel.
01:33Les partis ne peuvent pas exiger un financement public, tout en ignorant un principe fondamental de la République.
01:40Et donc, contester ces règles, ce n'est pas du tout neutre.
01:43C'est remettre en cause un mécanisme qui justement oblige à partager le pouvoir.
01:49Alors oui, le Conseil constitutionnel tranche juridiquement, mais surtout, il envoie un signal.
01:54L'égalité femmes-hommes n'est pas négociable quand il s'agit de la représentation démocratique.
02:00Et pourquoi cette décision compte particulièrement aujourd'hui ?
02:04Eh bien parce qu'elle résonne avec un anniversaire majeur, donc les 80 ans du premier vote des Françaises en
02:101945.
02:11Et huit décennies plus tard, on doit encore contraindre financièrement certains partis à présenter des femmes.
02:19Le message est clair, une démocratie où les femmes restent sous-représentées n'est pas pleinement une démocratie.
02:26Il n'y a pas de gouvernance démocratique sans les femmes.
02:29Et justement, la parité, ce n'est ni un symbole, ni une faveur.
02:33C'est un levier concret pour corriger des inégalités qui sinon perdurent.
02:38Et donc, moi, au fond, ce que je dirais que la vraie question, c'est celle-ci.
02:42Pourquoi cette décision qui touche au cœur même de notre démocratie a-t-elle fait si peu de bruit ?
02:49Eh bien voilà, ça c'est une véritable question que vous soulevez.
02:51Merci beaucoup ma chère Michel Vianès, président de Regards de Femmes et membre du Conseil à l'égalité femmes-hommes.
02:56Merci Maxime.
02:57Merci à tous.
02:57Merci.
02:57Merci.
02:57Merci.
02:57Merci.
02:58Merci.
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