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  • il y a 5 mois
Avec Philippe Spanghero
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##RUGBY_ECOXPERT-2026-05-01##

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00C'est un an avant, c'est un simple an avant, ouais.
00:02Sud Radio, la radio du rugby.
00:06C'est un million, c'est charmant, t'es.
00:08Vous voyez ce que ça fait déjà, un million, Armina ?
00:10Où est l'argent ? Où est l'argent ?
00:12C'est mon peu de mort, mais rien ici.
00:14En fait, j'ai retiré de l'argent.
00:16Amis, ouvrez vos cœurs, n'en ayez pas peur, l'argent ne fait pas de bonheur.
00:24Shut up and take my money.
00:26Philippe, en avant l'écho, et on va parler des nouveaux moyens de diffusion,
00:31de consommation du rugby, Twitch, YouTube, podcast.
00:34Évidemment, plein de belles choses qui arrivent pour faire progresser le rugby.
00:39Le samedi 23 mai prochain, au stade Atlantique de Bordeaux, le Crunch Creator.
00:44France-Angleterre, réunissant les créateurs de contenu et anciennes légendes du rugby,
00:48se tiendra pour la première fois devant 42 000 spectateurs.
00:53Il y aura également sur Twitch et sur YouTube.
00:56C'est en partenariat avec Canal+, qui a lieu cet événement.
01:00Philippe, le rugby professionnel en France est attaché par un lien historique,
01:04on le sait, aux médias, on va dire, plus traditionnels,
01:07que ce soit en télévision avec Canal+, sans oublier France Télé pour le tournoi Destination et maintenant TF1,
01:12et avec la radio.
01:13Est-ce que ces nouveaux moyens de consommation, de diffusion,
01:18ça va dans le bon sens pour le rugby ?
01:21Bien sûr, bien sûr que ça va dans le bon sens pour le rugby,
01:24pour une raison assez simple, c'est qu'on a besoin d'élargir l'audience.
01:28On a beaucoup parlé de cet enjeu majeur pour le rugby français dans les tribunes et dans les fans,
01:34cette nécessité d'élargir notre cible en termes d'âge moyen, en termes de féminisation.
01:41Et en ça, toutes ces initiatives sont intéressantes.
01:44Aujourd'hui, il y a bien sûr le rapport historique maintenant à YouTube,
01:48mais Twitch qui est venu complètement chambouler les codes avec un modèle un peu différent,
01:53très axé sur le direct et un modèle de monétisation un peu différent.
01:57Mais en tous les cas, tout le monde le demande.
01:59Les institutions, les ayants droit, la fédération, la ligue qui souhaitent rajeunir leurs audiences,
02:05pour une raison assez simple, la finalité de tout ça, c'est de mieux monétiser.
02:10Et aujourd'hui, on voit que ces supports, que ce sont Twitch, que ce sont YouTube,
02:13ils ont bien éprouvé leur modèle de rentabilité et de monétisation.
02:18Et au-delà de ça, les grands annonceurs qui sont le socle du modèle économique du rugby français le réclament.
02:24Évidemment. Est-ce que, mine de rien, cette nouvelle génération dite TikTok,
02:29est-ce qu'on doit s'inquiéter sur...
02:31En fait, les jeunes générations ne regarderont plus un match en entier,
02:36ils consommeront par bride des highlights qu'on peut trouver sur différents réseaux sociaux.
02:42Est-ce que ça, c'est une inquiétude ?
02:43Au contraire, c'est juste un complément de ce qu'on connaît déjà.
02:47Et toutes les générations viendront au fait qu'au bout d'un mois,
02:50ils consommeront le rugby en entier et les matchs ne vont pas être dévalués.
02:53On ne va pas passer de 80 minutes à 50 minutes
02:56parce que les gens ne tiennent plus 80 minutes devant un match de rugby.
03:00Alors, d'abord, il faut faire attention.
03:02L'enjeu économique du rugby repose, je le dis assez régulièrement ici à l'antenne,
03:07sur la vie jour de match et donc sur les spectateurs, sur la vie dans les stades.
03:12Donc, l'enjeu du match n'est pas remis en question dans notre modèle économique.
03:17Après, la façon de consommer pour le téléspectateur,
03:20elle va forcément évoluer dans le temps.
03:22Mais je pense que tous ces nouveaux outils, toutes ces nouvelles initiatives,
03:26elles vont venir amener du complément, amener de l'attrait,
03:31renforcer l'attractivité pour le produit et l'intérêt aussi des sponsors.
03:36Parce que de façon très simple, on mesure l'audience très simplement avec ces supports-là.
03:41Et ça intéresse les annonceurs aussi de savoir exactement à qui ils s'adressent et qui ils touchent.
03:46On peut quasiment individualiser sa cible et le message à adresser.
03:50Donc, en ça, il y a un vrai intérêt.
03:52Donc, je ne pense pas que le modèle traditionnel des matchs télévisés en entier
03:57soit remis en question pour l'instant.
04:00Mais en tous les cas, ça amène une réflexion et une évolution globale
04:04sur la façon dont les nouvelles générations vont avoir des attentes un peu différentes
04:09dans leur consommation.
04:10Et il faut être capable d'y répondre.
04:11On sait d'ailleurs, on a vu que récemment, un streamer de la chaîne GenoSport,
04:18Florian Marlière, avait obtenu les droits de diffusion de la première chip.
04:22Aucune chaîne de télévision n'avait voulu ces droits-là de façon, on va dire, classique, habituelle.
04:28Que ça arrive sur ces réseaux-là, c'est une bonne chose pour continuer à faire vivre le rugby d
04:34'une autre façon
04:35et qu'on ne soit pas forcément focalisé uniquement sur notre rugby hexagonal
04:39et que d'autres rugby viennent un peu taper à notre porte.
04:43Bien sûr, parce que tu disais tout à l'heure qu'il y a une culture dans le rugby français
04:48d'attachement aux ayants droit avec les télés classiques.
04:53Mais c'est aussi pour une raison très simple.
04:57C'est qu'on y trouve notre compte d'un point de vue économique.
04:59Parce que les droits payés sont élevés.
05:01On a assez régulièrement parlé de la renégo entre la Ligue Nationale de Rugby et Canal+.
05:07Et on voit à quel point aujourd'hui, les droits payés par Canal+,
05:11impactent le modèle économique de notre rugby professionnel.
05:15Donc, tant qu'on trouve notre compte avec les diffuseurs traditionnels,
05:19il n'y a pas de raison de faire autre chose, si ce n'est à la marge,
05:22pour créer de l'événementiel, de l'entertainment,
05:26aller toucher cette nouvelle audience, faire plaisir à nos sponsors,
05:29mais le socle du modèle économique, il repose sur les médias mainstream.
05:34Malgré tout, ce qui est intéressant, ce que tu viens d'évoquer,
05:38cette initiative de la première chip anglaise,
05:41les montants sont dérisoires.
05:43C'est ça qui est intéressant.
05:44C'est ça qui est intéressant, c'est que les droits ne coûtent pas cher du tout.
05:48Et pourquoi la première chip s'est retrouvée dans cette situation ?
05:51C'est parce que le produit a été un peu dégradé,
05:54et qu'ils n'étaient pas en position de force avec des diffuseurs classiques
05:57pour aller chercher les droits qu'ils voulaient.
05:59Donc ils ont préféré sacrifier quelques centaines de milliers d'euros,
06:02et se dire, on prend ce pari-là, parce qu'aujourd'hui, je le répète,
06:06on commence à avoir un modèle économique qui est éprouvé,
06:09s'appeler aux annonceurs, s'appeler aux sponsors,
06:13et donc ça permet de réfléchir à demain, une monétisation différente,
06:19pour être moins dépendant des acteurs médias diffuseurs traditionnels.
06:23Parce que c'est toujours pareil, dans des négociations commerciales,
06:26il y a la loi de l'offre et de la demande.
06:28Et c'est ce qui s'est passé, notamment, on en a parlé aussi souvent,
06:31avec le PCR et les compétitions européennes, la Champions Cup notamment,
06:36qui a perdu beaucoup en termes de montant sur la dernière renégo des droits,
06:42parce qu'il y avait moins d'acteurs intéressés par le produit.
06:44Et donc l'enjeu aussi pour les détenteurs de droits,
06:48c'est de dire aux médias traditionnels et aux diffuseurs traditionnels,
06:51nous, on a d'autres leviers, et on n'est pas forcément dépendants de vous.
06:56Exactement, on peut d'ailleurs, tu as cité, on a parlé de la Ligue Nationale de Rugby,
06:59mais on peut citer également la FFR, qui depuis quelques temps maintenant,
07:03fait ça avec des avant-matchs animés par Emmerich Milan notamment,
07:07qui collabore avec Alexandre Priam également sur Bureau Oval avec Poney Club.
07:14Oui, alors là, je rebondis, le modèle est un peu différent,
07:17puisqu'on ne parle pas de diffusion de matchs.
07:18Non, c'est de l'avant-matchs.
07:19On est sur la façon de faire vivre.
07:22Justement, Philippe, est-ce qu'on n'est pas dans un virage,
07:24comme on a connu au début des années 2000,
07:26avec Max Guazzini au stade français,
07:28qui a un peu révolutionné le rugby.
07:29Maintenant, quand on va au stade et qu'on voit des drapeaux d'un club,
07:32ça nous paraît commun au début des années 2000, c'était une révolution.
07:35Est-ce qu'on est un peu sur ce virage-là qu'emprunte le rugby,
07:39où on se dit, maintenant, les moyens de consommation
07:42qu'on connaît actuellement,
07:43ils vont rester sur des décennies entières
07:47avant une nouvelle révolution dans quelques années ?
07:50On est rentrés de plein pied dans l'ère de l'entertainment.
07:54L'enjeu, c'est, et on reparlera peut-être tout à l'heure
07:57avec notre invité de l'initiative du 23 mai,
08:00et on est clairement là-dedans.
08:02Les 42 000 personnes qui ont acheté leur place
08:04pour aller au Matmut Atlantique,
08:07ils n'attendent pas un spectacle rugbystique.
08:10Ils attendent un show avec des anciens joueurs connus sur le terrain,
08:15mais une vie autour, une expérience spectateur particulière.
08:21Et il y a ce même principe d'expérience téléspectateur.
08:25Et donc, avec Twitch, là, spécifiquement,
08:27qui est une plateforme dédiée à la culture du direct,
08:31pour faire vivre de façon beaucoup plus immersive
08:35l'événement en dehors de ce qui est potentiellement visible à la télé
08:40et axé exclusivement sur le côté sportif.
08:44Est-ce que, par exemple, ce qui arrive assez fréquemment au foot,
08:48notamment en Ligue 1,
08:49avec des clubs qui commentent les matchs de leur équipe sur Twitch,
08:56avec des personnes, on pense notamment à un célèbre speaker de Nice,
09:00qui a fait, alors, il a connu des hauts et des bas cette saison,
09:03mais il a fait beaucoup parler sur les réseaux.
09:05Est-ce que les clubs de rugby pourront bientôt arriver à ce genre de contenu
09:09pour également animer, créer une vraie communauté auprès des clubs ?
09:14Alors, évidemment, c'est le stade et les personnes en réel et en physique qui compteront,
09:18mais est-ce que, par exemple, un supporter du stade Toulousain
09:21qui vit en Bretagne, qui ne peut pas se rendre à Ernest Vallon tous les week-ends,
09:24sera content peut-être de ne pas regarder le match sur le diffuseur,
09:28mais peut-être sur la chaîne Twitch du club ?
09:30Oui, c'est possible.
09:31Alors, il faut faire très attention,
09:33parce qu'en fait, tout ça est très, très encadré.
09:35Et donc, l'enjeu aussi pour les détenteurs de droits,
09:39notamment la Ligue,
09:40c'est de verrouiller tout ça pour protéger Canal+.
09:42Évidemment.
09:43Quand je dis commenter, il commentera sans les images,
09:46comme font la plupart des streamers et Twitch,
09:50qui n'ont pas d'autorisation et qui commentent plus
09:52pour de la sympathie, une ambiance, une humeur.
09:55C'est important de préciser ça à nos auditeurs,
09:58c'est-à-dire qu'on est sur un autre type d'expérience, complètement,
10:02avec de la discussion,
10:05et c'est comme si on se retrouve dans le salon de copains
10:09qui discutent du match, qui le débriefent en direct.
10:12Donc, on vient chercher autre chose.
10:14Donc, il n'y a pas une concurrence directe sur le produit.
10:17Mais cet enjeu des droits,
10:19ça devient vraiment une réflexion très stratégique,
10:23puisqu'on a vu qu'un streamer avait racheté,
10:26il y a quelque temps déjà, des droits importants,
10:28pour le coup, pour le foot aux US.
10:33Et donc, là, on était sur des échelles,
10:36des enjeux économiques qui étaient beaucoup plus importants,
10:39où là, on était en concurrence directe,
10:41vu les montants avec des chaînes.
10:44Là, ce n'est pas le cas, donc, pour cet exemple de la première chip.
10:46Mais en tous les cas, ce qui est intéressant,
10:48c'est ce virage qu'on est en train de prendre
10:50et que doivent prendre tous les acteurs qui l'ont compris.
10:53Parce que Twitch, en France, aujourd'hui,
10:55c'est 15 millions d'utilisateurs.
10:56Donc, c'est quand même colossal.
10:58sur une cible plutôt moins de 30-35 ans.
11:03Et donc, aujourd'hui, les annonceurs,
11:05sur tous les métiers de service,
11:09tous les annonceurs du rugby qui veulent adresser cette audience-là,
11:14ils vont demander demain aux acteurs des garanties
11:17sur le fait qu'on soit capable d'aller les adresser.
11:20Dernière question, Philippe, dans ta chronique.
11:23Est-ce que, du coup, on parle évidemment de ces droits
11:26qui sont négociés entre le diffuseur Canal+,
11:29et la Ligue Nationale de Rugby,
11:31est-ce que ces droits peuvent baisser,
11:33au vu, parfois, du spectacle offert par certaines rencontres
11:37entre du dimanche soir, du samedi soir ?
11:39Est-ce que, du coup, la Ligue Nationale de Rugby
11:42ne joue pas un peu avec le feu également,
11:44au vu de ces nouveaux moyens de consommation,
11:47de ces nouvelles arrivées de Twitch, YouTube, podcast, etc. ?
11:52Est-ce qu'il faut faire attention à ce que Canal+,
11:56ne baisse pas l'enveloppe non plus
11:57pour que le rugby français reste un championnat fort ?
12:03Pour que le rugby français reste un championnat fort,
12:05en effet, il faut qu'on ait des droits forts,
12:07parce que, je le répète, on voit au fil des années
12:09à quel point les droits télés sont devenus un socle
12:13à notre économie.
12:15Et Canal+, je l'ai toujours dit,
12:17a voulu, de façon bienveillante,
12:20accompagner le rugby français.
12:21Parce que, dans le jeu de la concurrence,
12:24dans la renégociation des droits,
12:26personne n'était prêt à venir s'aligner avec Canal,
12:29ni même à mettre 20-25% de moins que Canal+.
12:33Donc, la somme payée par Canal+,
12:35elle est plutôt généreuse,
12:37elle est aussi liée à une histoire commune qui est longue,
12:40et ça, vraiment, il faut le saluer,
12:42parce que l'offre qu'a fait Canal+,
12:46ils n'étaient pas obligés de la faire.
12:47Il y avait un prix de réserve, bien sûr, fixé par la LNR,
12:50mais d'une façon ou d'une autre,
12:52s'il n'avait pas été atteint,
12:53c'était Canal+, qui aurait eu les droits.
12:55Il ne faut pas se mentir.
12:56Donc, ça, c'est le premier point.
12:58Donc, bien sûr qu'on a besoin de ça,
13:00mais en face de ça aussi,
13:02là où le rugby français s'est encore renforcé dans l'anégo,
13:06c'est qu'aujourd'hui, on en parle aussi régulièrement,
13:08on a des chiffres d'augmentation d'audience
13:11et d'affection du grand public pour le rugby
13:14qui servent aussi Canal+.
13:16Donc, aujourd'hui, tout est une question de rapport qualité-prix,
13:19parce que quand vous payez les droits,
13:21vous payez les droits, certes, pour exploiter,
13:25mais derrière, il faut produire.
13:26Et si vous payez cher les droits,
13:29vous avez tout intérêt à bien produire
13:31pour valoriser le produit.
13:32Donc, toute la question, c'est l'équilibre
13:34entre le prix payé pour les droits
13:37et ce qu'on veut faire en termes de moyens investis
13:40pour bien le valoriser.
13:42Et donc, aujourd'hui, je pense que les gens de Canal+,
13:45sont satisfaits de ce qu'ils font avec le rugby
13:47et de la dynamique en France autour de notre sport.
13:50Donc, on n'est pas vraiment en danger pour les années qui arrivent.
13:53Bon, merci beaucoup, Philippe.
13:55Évidemment, la chronique en avant l'écho
13:56que vous pouvez retrouver à tout moment en podcast
13:59ou sur la chaîne YouTube de Sud Radio.
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