00:00Le président d'AXA a donné une interview au Figaro cette semaine, c'est publié aujourd'hui.
00:05Antoine Gosset-Grinville, il y a une phrase qui fait réfléchir et qui nous a interpellés, Bérénice et moi.
00:13En France, aujourd'hui, dit-il, les retraités ont en moyenne un pouvoir d'achat supérieur à celui des salariés.
00:19C'est un constat qui interpelle, il faut le dire.
00:20Oui, c'est une phrase qui en dit long sur notre modèle social et sur laquelle on a envie de
00:24réagir.
00:24Attention, ce n'est pas une attaque contre les retraités qui, je le rappelle, ont beaucoup travaillé durant toute leur
00:29vie.
00:30Certains, d'ailleurs, perçoivent de toutes petites pensions de retraite.
00:34Mais c'est un signal d'alarme parce que le travail, on le dit souvent ici, le travail ne paye
00:38pas assez.
00:39On l'a vu hier dans le dernier rapport de l'OCDE, pour un salarié célibataire sans enfant rémunéré au
00:45salaire moyen,
00:46quand 100 euros sont versés par son employeur, dans sa poche n'arrive que 52,80 euros.
00:53Le reste, ça part en cotisation sociale patronale et impôts.
00:58Donc, voilà, notre système social, il est là.
01:03Ces 42 euros financent notre modèle social.
01:06Mais résultat, augmenter un salarié, on paye beaucoup pour pas grand-chose dans sa poche.
01:13Mais Bérenice, si on veut redonner du pouvoir d'achat aux actifs, il faudrait plutôt que le travail paie davantage.
01:21Et c'est vrai qu'aujourd'hui, félicité, c'est vrai qu'aujourd'hui, les jeunes travaillent beaucoup, mais peine
01:25à se loger.
01:26On est en pleine crise du logement, à acheter, à se construire un patrimoine.
01:29Je rappelle d'ailleurs que l'âge pour devenir propriétaire, cette année, c'est 36 ans et demi.
01:34C'est six mois de plus que l'année dernière.
01:36Donc, on le voit, c'est beaucoup plus compliqué pour ceux qui travaillent.
01:39En gros, on dit aux salariés, travaillez beaucoup, mais vous ne pourrez pas ni bien vivre, ni vous loger correctement,
01:44ni préparer votre avenir.
01:46Le travail n'est plus une échelle sociale.
01:48On abîme quelque chose de profond.
01:49Au final, on abîme ce pacte social.
01:52Le travail doit redevenir une promesse.
01:54Travailler doit permettre de gagner sa vie, pas seulement financer un système.
01:58Et c'est là que la question des dépenses publiques se pose.
02:01Et il va falloir arbitrer, c'est-à-dire choisir, vu l'état de nos finances publiques.
02:05Il va falloir faire des choix, c'est-à-dire décider.
02:07Oui, on ne peut pas en même temps avoir plus de pouvoir d'achat, moins de pression,
02:11investir dans la défense, dans les hôpitaux, tout en continuant à creuser les déficits.
02:16Forcément, au bout d'un moment, il faudra baisser certaines dépenses.
02:19Alors évidemment, il ne faut pas couper aveuglément, il ne faut pas fragiliser les plus modestes,
02:23mais il faut revoir les dépenses, il faut revoir celles qui ne sont pas efficaces,
02:26il faut mieux cibler les aides, il faut évidemment simplifier les dispositifs
02:31et se demander très concrètement à quoi sert chaque euro public.
02:35Parce qu'aujourd'hui, le problème majeur, c'est de faire peser toujours sur ceux qui travaillent,
02:39les salariés, les entreprises, les indépendants.
02:41Le débat économique, en tout cas, va être crucial pour la présidentielle de 2027.
02:45Est-ce qu'on continue à faire payer ceux qui travaillent pour un système qui ne leur rend pas assez
02:49ou est-ce qu'on remet le travail au centre ?
02:52Et Romain, si vous me permettez, j'aimerais juste citer ce qu'a dit Antoine Gosset-Graville,
02:56le président du conseil d'administration d'AXA.
02:58L'élection de 2027 sera le moment démocratique le plus important en France depuis 45 ans.
03:03À partir de 1981, le pays a commencé à perdre le contrôle de ses finances publiques.
03:08Nous arrivons à un point critique où il n'y a plus de marge de manœuvre budgétaire.
03:12Il faut vraiment avoir ça en tête.
03:14Tout est dit.
03:15Voilà.
03:15Merci Bérénice.
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