- il y a 2 jours
Et si nous vivions déjà dans un régime d’encadrement des comportements… sans véritablement nous en rendre compte ? Pour évoquer ce sujet, TVL s’est entretenu avec Jean-Frédéric Poisson, à l’occasion de la parution de son ouvrage "La Dictature du Bien".
Homme politique mais philosophe de formation, il défend une thèse forte : nos démocraties sont engagées dans un glissement progressif vers une forme de “démocrature” - un système hybride où les apparences démocratiques subsistent, mais où la liberté réelle se trouve progressivement encadrée. En un mot : dictature camouflée et démocratie truquée règnent ! Pour l’auteur, le pouvoir ne s’impose plus frontalement : il devient diffus, moral, souvent invisible. Il évoque des mécanismes de simulacre démocratique, une concentration croissante du pouvoir exécutif, mais aussi des formes de contrôle plus subtiles. Les nouvelles technologies jouent évidemment un rôle clé, en permettant une surveillance fine mais réelle des comportements.
Jean-Frédéric Poisson introduit également le concept de "clanocratie", décrivant la captation des ressources publiques par des cercles de pouvoir restreints au seul détriment de la population.
Il avance enfin une idée plus dérangeante : “il n’y a pas de démocratie sans démocrates complices”. Dans cette perspective, il met en cause le rôle des médias, accusés d’avoir renoncé à leur fonction de contre-pouvoir pour devenir des complices voire des propagandistes de ce système de totalitarisme soft.
Il conclut : "Les néo-libéraux vous promettent la liberté, et vous vendent une cage" ! Jean-Frédéric Poisson offre, au-delà du diagnostic, les moyens de trouver la force d’un avenir commun. Ne nous laissons pas enfermer dans une cage !
Homme politique mais philosophe de formation, il défend une thèse forte : nos démocraties sont engagées dans un glissement progressif vers une forme de “démocrature” - un système hybride où les apparences démocratiques subsistent, mais où la liberté réelle se trouve progressivement encadrée. En un mot : dictature camouflée et démocratie truquée règnent ! Pour l’auteur, le pouvoir ne s’impose plus frontalement : il devient diffus, moral, souvent invisible. Il évoque des mécanismes de simulacre démocratique, une concentration croissante du pouvoir exécutif, mais aussi des formes de contrôle plus subtiles. Les nouvelles technologies jouent évidemment un rôle clé, en permettant une surveillance fine mais réelle des comportements.
Jean-Frédéric Poisson introduit également le concept de "clanocratie", décrivant la captation des ressources publiques par des cercles de pouvoir restreints au seul détriment de la population.
Il avance enfin une idée plus dérangeante : “il n’y a pas de démocratie sans démocrates complices”. Dans cette perspective, il met en cause le rôle des médias, accusés d’avoir renoncé à leur fonction de contre-pouvoir pour devenir des complices voire des propagandistes de ce système de totalitarisme soft.
Il conclut : "Les néo-libéraux vous promettent la liberté, et vous vendent une cage" ! Jean-Frédéric Poisson offre, au-delà du diagnostic, les moyens de trouver la force d’un avenir commun. Ne nous laissons pas enfermer dans une cage !
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00:05Et si nous vivions dans un régime politique d'encadrement sans véritablement s'en rendre compte ?
00:11Pour en parler, nous allons recevoir Jean-Frédéric Poisson, homme politique bien sûr,
00:15mais philosophe de formation, pour son nouveau livre « La dictature du bien » aux éditions du Verbeau,
00:21une belle maison d'édition, et cet ouvrage est en vente sur le site tvl.fr.
00:24Vous allez dans la boutique de TVL, un livre qui dérange parce qu'il ne parle pas d'une dictature
00:29brutale,
00:29mais d'un pouvoir plus subtil, plus insidieux.
00:32On voit ça tout de suite avec Jean-Frédéric Poisson. Bonjour Jean-Frédéric.
00:34Bonjour Marshall Bide, bonjour à tous.
00:35Jean-Frédéric Poisson, vous dites que nos démocraties changent de nature.
00:38Conquérément, qu'est-ce qui a basculé ? Est-ce qu'on parle d'un glisse ou on parle d
00:41'une rupture ?
00:43C'est un glissement progressif qui se fait au point d'aboutir à des phrases
00:49comme celle de votre excellent confrère Christophe Barbier qui, il y a quelques jours,
00:53disait sur un plateau de télévision, je cite verbatim,
00:56« La République est supérieure à la démocratie. »
00:59Alors c'est une phrase un peu curieuse parce qu'on a été habitué depuis qu'on est plus petit
01:03que la table
01:04à ce que République et démocratie pour les Français depuis la Révolution française, c'est la même chose.
01:08Et on ne peut pas séparer l'un de l'autre.
01:09Il y a des tas de pays qui sont des démocraties sans être des républiques, enfin bref, passons, mais en
01:12France, non.
01:13Et bien là, ce que veut dire Christophe Barbier, c'est qu'au fond,
01:17le régime doit s'imposer à la souveraineté populaire.
01:20Et ça, c'est un changement parce que je le répète que dans la Déclaration des droits d'hommes et
01:25du citoyen,
01:25l'article 3 dit bien que la souveraineté réside essentiellement dans la nation.
01:29Alors essentiellement, ça ne veut pas dire pour la majeure partie, comme quand on dit dans le langage souverain,
01:32essentiellement, c'est-à-dire par essence, c'est la nation qui est souveraine, le peuple est souverain,
01:36donc les choix du peuple s'imposent à tous, y compris au régime, par construction.
01:40Mais là, petit à petit, on entend que la souveraineté serait ailleurs.
01:44Alors la question qui se pose, c'est où est-elle, si elle n'est pas dans le peuple ni
01:47dans ses représentants ?
01:49– Eh bien, elle est concentrée dans un certain nombre de mains qui, en fait, pilotent les sociétés, les peuples,
01:54les organisations,
01:56en vue de projets politiques qui ne sont jamais présentés, sur lesquels nous ne sommes jamais sollicités,
02:00que nous n'avons pas choisis, et qui ne nous sont pas explicités.
02:03Et c'est ça, ce glissement progressif vers un système d'autoritarisme qui se présente comme doux.
02:11– Et que vous avez appelé, mais on va revenir sur ce thème-là, démocrature.
02:14Mais en attendant, on va revenir sur un autre terme, et on va revenir un instant sur le titre même
02:19de votre ouvrage,
02:20La dictature du bien.
02:21Vous êtes un homme politique, je l'ai dit, vous avez été ancien candidat à la primaire de la droite,
02:26c'est pas à vous que je vais apprendre que pour le politique, c'est toujours une nécessité d'agir
02:31au nom du bien commun.
02:32Alors pourquoi ce serait devenu un problème aujourd'hui ?
02:36Le bien est devenu quelque chose de suspect ?
02:38– Non, le bien n'est pas devenu quelque chose de suspect,
02:41mais les philosophes classiques dont je suis, en tout cas chez lesquels j'ai été nourri,
02:45avaient l'habitude de dire que le bien, disait-il, est diffusif de soi,
02:48c'est-à-dire qu'il s'impose, il n'a pas besoin d'être contraint, assainé.
02:54On ne fait pas rentrer le bien dans les cœurs au marteau ni au chausse-pied,
02:57si vous voyez ce que je veux dire.
02:57Il y a tellement de valeur dans le bien qu'il est attractif,
03:00du simple fait qu'il est là, il est attractif.
03:02Le bien dont il s'agit ici, et qui est l'instrument d'une nouvelle dictature,
03:07d'où le titre, c'est qu'en fait, nous sommes dans un régime
03:11dans lequel vous n'avez pas le droit de penser autrement que bien.
03:15C'est interdit.
03:16S'il y a un bien qui vous est présenté par le pouvoir en place,
03:20alors je vais en prendre une formulation qu'on connaît bien sur ces antennes,
03:23cher Martial Bild, le populisme par exemple,
03:27qui est une des expressions du mal avec un grand M.
03:30Vous n'avez pas le droit d'être populiste,
03:31vous n'avez même pas le droit de vous interroger sur le populisme,
03:33ou de vous demander si dans cette catégorie politique-là,
03:37il n'y aurait malgré tout pas deux ou trois choses à retenir
03:39pour susciter de l'intérêt, une interrogation, un débat, j'en sais rien.
03:43Non, il faut rejeter en bloc, et si vous ne rejetez pas en bloc,
03:47alors vous n'êtes pas dans le bien.
03:48Et vous n'êtes pas dans le bien, vous n'avez plus le droit de parler,
03:51on vous restreint vos libertés,
03:54vous n'avez pas le droit de dire que vous êtes contre le vaccin Covid
03:57sans être accusé immédiatement de machin,
03:59vous n'avez pas le droit de poser des questions sur la guerre en Ukraine
04:02parce que, alors là, c'est la fin du monde,
04:04vous n'avez pas le droit de considérer que finalement les États-Unis et Israël
04:07font au Liban en Iran des choses qui au moins susciteraient une interrogation légitime
04:10parce que c'est pareil, vous passez dans le camp du mal, bref.
04:13Donc, il y a quelque chose qui est présenté comme le bien
04:16auquel les peuples sont censés adhérer de force
04:19et qui leur est imposé de manière contrainte,
04:22non pas en disant
04:25vous serez contraints et on vous tapera dessus
04:27comme dans les dictatures à l'ancienne
04:29et on vous fera taire, y compris, comment dire,
04:31en vous punissant, en vous incarcérant,
04:33mais faites-le parce que, vraiment,
04:35même si vous ne vous rendez pas compte,
04:37votre bien est là.
04:38Mais si vous ne le comprenez pas, on vous l'imposera.
04:41D'où cette notion de démocrature.
04:43Dictature camouflée, démocratie truquée.
04:46Vous vous rappelez que les travaux de Max Lénigé-Goumez
04:49sur la démocratie fournissent un cadre analytique précieux
04:52pour comprendre ce que vous appelez,
04:54et là aussi, c'est un autre terme, les régimes hybrides.
04:56Démocrature, régime hybride.
04:58Ça nécessite une explication.
04:59– Démocrature, c'est l'avantage d'un mot comme celui-là,
05:02c'est qu'on comprend tout de suite d'où il vient.
05:05L'attelage très incertain, presque paradoxal,
05:07de la démocratie et de la dictature.
05:09C'est-à-dire que tout est dans le mot.
05:12Ça commence comme une démocratie et ça finit en dictature.
05:14Qu'est-ce qui se passe entre-temps ?
05:16Eh bien, il se passe que, alors Lénigé-Goumez,
05:18qui est un sociologue suisse, a écrit il y a maintenant
05:20une quarantaine d'années un certain nombre d'ouvrages
05:22sur des pays africains dont il a regardé l'organisation politique
05:25et il a constaté qu'en fait, pour aller vite,
05:29dans un certain nombre de ces pays,
05:31les apparences de la démocratie sont préservées.
05:34Il y a une vie institutionnelle, il y a des élections,
05:36il y a une constitution, il y a une séparation des pouvoirs
05:38qui est écrite dans les textes fondateurs,
05:40mais en réalité, tous les jours, une oligarchie
05:45confisque le pouvoir politique à ses propres fins,
05:48de maintien au pouvoir, d'enrichissement, de plaisir,
05:50parfois les trois à la fois,
05:52tout en maintenant les apparences de régimes
05:54qui sont parfaitement acceptables vus de l'extérieur.
05:56Donc la démocrature, qu'est-ce que c'est ?
05:57C'est un régime politique ou une vie institutionnelle
06:01dans laquelle les textes disent quelque chose
06:03et prévoient ce qui est, en général,
06:06l'ensemble des caractéristiques d'une démocratie,
06:10tout en organisant et en maintenant au pouvoir
06:13une petite oligarchie qui ne gouverne que pour elle-même.
06:15Voilà ce que c'est qu'une démocrature,
06:16toute ressemblance avec des situations...
06:18– Mais si ça m'intéresse, ça, parce que,
06:20bon, vous parlez d'un civil acte de démocratie,
06:22vous parlez de la concentration des pouvoirs exécutifs,
06:24vous parlez de la répression, directe ou subtile,
06:27et puis aussi, vous avancez encore cet autre concept
06:30partagé par Lénie Gégomès, c'est celui de la clanocratie.
06:35Le rôle du népotisme et de la corruption d'un seul clan,
06:40c'est quand même d'actualité, non ?
06:42– Ben oui, on est en plein dedans.
06:44C'est pour ça que les travaux de ce sociologue
06:46qui ont 40 ans et qui s'appliquaient à leur publication
06:52à des républiques dites bananières,
06:54et on dit républiques bananières la plupart du temps
06:56pour dire que...
06:57– Parce qu'ils ne parlent pas de la France, on est bien d'accord.
06:58– À l'époque...
06:59– C'est un cas, c'est un cas en Afrique.
07:01– À l'époque, on ne parlait pas de la France,
07:03mais aujourd'hui, quand vous parlez de l'higarchie,
07:06de concentration des pouvoirs, de confiscation,
07:08de népotisme, d'esprit de plan,
07:11comment dire, de protection abusive
07:14contre les dérives éventuelles de ceux qui nous gouvernent,
07:16enfin, vous pouvez faire la liste,
07:18et puis vous allez vous rendre compte assez rapidement
07:20que, oui, finalement, on retrouve quelques-unes
07:22des caractéristiques, quand même, dans la France
07:24que nous connaissons aujourd'hui.
07:26– Et maintenant, quand vous regardez l'affaire
07:28de De Wiesel Public, ou les salaires des animateurs,
07:30le salaire d'un directeur d'édition
07:32qui gagne plus d'un million d'euros,
07:34même si c'est dans une maison privée, pas de public,
07:39est-ce qu'on peut parler, là, de clanocratie ?
07:41– Mais vous pouvez parler de clanocratie
07:42à partir du moment où vous constatez que,
07:44quand vous êtes secrétaire général de l'Élysée
07:46que vous ne déférez pas à une convocation
07:49d'une commission d'enquête du Parlement,
07:51vous n'arrivez à rien.
07:52Alors que l'ordonnance 58 est très précise,
07:54le président de la commission d'enquête
07:56peut aller vous faire chercher par la police
07:58et vous faire venir, y compris menottes au poignet,
08:00s'il le faut, témoigner devant la commission d'enquête.
08:02Quand le même secrétaire général de l'Élysée
08:03est inquiété dans des affaires de corruption familiale,
08:06sur des affaires de chantier naval
08:08qui remontent à une vingtaine d'années
08:09avec une entreprise italienne, il n'y arrive rien.
08:11Quand vous avez, je ne sais pas, 14, 15, 16 ministres
08:14anciens ou actuels du gouvernement,
08:16des gouvernements de Macron,
08:17qui sont inquiétés pour des conflits d'intérêts
08:19ou des manquements à des déclarations,
08:20il n'en arrive rien, et ainsi de suite.
08:22Donc les Français qui regardent ça se disent
08:24mais en fait, à quoi ça sert d'avoir écrit
08:27toutes ces choses, tous ces règlements,
08:29toutes ces obligations qui sont faites
08:30aux responsables publics,
08:31si lorsqu'il s'agit de les appliquer,
08:33en fait, ces textes restent lettres mortes.
08:35C'est bien que, il y a d'un côté ce qui est écrit,
08:38qui est le régime de la démocratie,
08:39et d'un autre côté ce qui est la pratique,
08:41qui n'est pas écrite et qui est même contraire à l'écrit,
08:44qui elle est la réalité,
08:45et ça, c'est une oligarchie confiscatoire.
08:47C'est donc la définition d'une démocrature.
08:49– Vous mettez en avant aussi une phrase,
08:50il n'y a pas de démocratie sans démocrate complice.
08:54– Pas de démocrature sans démocrate complice.
08:56– C'est ça, démocrature, pardon, sans démocrate complice.
08:58Cette sentence, elle doit quand même résonner
09:00aux oreilles de nombreux médias,
09:02parce que, et vous le dites,
09:03ils ont finalement abandonné leur rôle de contre-pouvoir
09:06pour devenir des complices,
09:08voire des meneurs de cette fameuse démocrature.
09:12– Oui, c'est d'ailleurs toutes les analyses
09:14qu'a faites il y a maintenant quelques années
09:17Noam Chomsky, qui avant d'être inquiété
09:20dans les affaires Epstein,
09:21était un très grand linguiste de renommée internationale,
09:25un très grand universitaire américain,
09:28profondément démocrate,
09:28alors démocrate du côté gauche,
09:30de l'échiquier politique des démocrates,
09:31c'est-à-dire un vrai homme de gauche, entre guillemets,
09:34mais qui a décortiqué ce phénomène
09:35de concentration des pouvoirs médiatiques entre quelques mains,
09:37et cette oligarchie médiatique, finalement,
09:40elle devient problématique lorsqu'elle se met au service
09:42de l'églarchie politique,
09:44ou qu'elle y participe.
09:46Et donc, petit à petit,
09:47le système se referme d'une certaine manière,
09:48parce qu'il n'y a plus d'espace
09:51entre le politique et le médiatique,
09:53donc politique et sociale et médiatique,
09:56dans cette sphère-là,
09:57il n'y a plus d'espace dans lequel
09:58vous pouvez facilement exprimer une opinion dissidente,
10:01faire valoir vos droits, etc.
10:02Alors vous allez me dire,
10:03ben oui, mais en France,
10:03on peut encore parler, la preuve.
10:05– Je le dirai.
10:06– D'accord, alors je vous laisse me le dire tout à l'heure,
10:07mais globalement, tout ça est en train
10:09de se refermer sur nous, en réalité.
10:11Petit à petit, et il ne faudrait pas insister beaucoup
10:16pour considérer que nous avons connu,
10:18et nous avons, mon cher Martial,
10:20vous comme moi, un certain âge maintenant,
10:22des temps dans lesquels, certes,
10:24les modes d'expression étaient,
10:25le combat politique était parfois plus rude,
10:27mais la liberté était réelle.
10:30– Gérard Mermet, que vous citez aussi,
10:32et vous avez ses travaux à explorer,
10:34cette transformation de la démocratie cradalistique
10:36sous l'influence des médias,
10:38en une dictature douce, une démocrature,
10:42est-ce que vous considérez,
10:44vous n'avez pas vraiment répondu à ma question,
10:46que certains médias se font complices,
10:49ou tout simplement,
10:50suivent le cours des choses,
10:53par négligence, incompétence, facilité ?
10:56– Il me semble que j'ai répondu,
10:57parce que je pense que la concentration
10:59porte en elle un risque, comment dire,
11:03de collusion avec le pouvoir politique,
11:05c'est évident, alors ça a toujours été,
11:08vous allez me dire,
11:08c'est la proximité entre les médias et les politiques,
11:11c'est franchement, c'est pas un phénomène nouveau.
11:15Mais là, ce qui est différent,
11:16c'est que ce qui relevait peut-être
11:20de la facilité d'opération,
11:24peut-être de la proximité, etc.,
11:27maintenant se fait au service
11:28d'un message politique unique,
11:31dont on n'a pas le droit ni de douter,
11:33qu'on n'a pas le droit d'interroger,
11:33par exemple, vous ne pouvez pas aujourd'hui,
11:36je reviens sur l'affaire de l'Ukraine,
11:38par exemple, ce qui s'est passé en Hongrie
11:40il y a quelques jours,
11:41ces libérations qui titraient ce matin,
11:43je crois, de manière glorieuse,
11:45ah ben ça y est, l'UE va enfin pouvoir débloquer
11:47les 90 milliards de prêts pour l'Ukraine.
11:50Où est-ce que vous voyez cette affaire-là
11:51questionnée dans le débat public français ?
11:53Est-ce que vous voyez le Parlement
11:54qui s'en inquiète alors qu'on va dépenser
11:56quand même 17 milliards d'euros
11:58pour aller prêter à l'Ukraine,
11:59prêter à l'Ukraine ?
12:01– Un prêt, ça suppose qu'il est remboursé,
12:03je ne suis pas certain qu'on envoie un jour la cause
12:05à faire un deuxième emprunt russe.
12:06– Qu'est-ce qui est caution ?
12:07– Oui, voilà, c'est ça.
12:09Donc si vous voulez,
12:10cette proximité-là a toujours existé,
12:11simplement, il y a aujourd'hui,
12:15dans beaucoup d'organismes,
12:19d'organes de presse,
12:20une absence totale de sens critique
12:22et même une volonté répressive
12:24sur un certain nombre de gens
12:26qui n'iraient pas exactement dans le sens du vent
12:28dont d'ailleurs, vous comme moi,
12:30nous pouvons faire partie à nos heures.
12:32– Oui, mais vous, ce que vous faites de la politique,
12:33cette dictature,
12:33elle passe par l'invisibilisation des personnes
12:35et c'est vrai, vous êtes quand même
12:36un parfait exemple
12:37parce que je notais quand même
12:38votre carrière politique
12:39qui n'est pas des moindres.
12:41Député, élu,
12:43maire d'une grande ville d'Île-de-France,
12:45rambouillé pour ne pas la citer,
12:46président de la communauté de communes,
12:48d'agglomération,
12:50des choses qui ont pris de l'importance
12:51aujourd'hui dans le pouvoir,
12:53président de votre parti
12:54et si la presse alternative n'existait pas,
12:58vous auriez disparu.
13:00Quelle en est la raison ?
13:01Vous vous êtes sûrement posé la question plusieurs fois.
13:03Quelle en est la raison ?
13:04Moi, j'ai cherché,
13:05en politique internationale,
13:07vos décisions.
13:08Est-ce que c'est prendre le parti de la vie ?
13:10Ça, c'est quelque chose de rédhibitoire.
13:13On disparaît à cause de cela.
13:14– Oui, en fait.
13:15– Est-ce que vous vous êtes posé cette question
13:16en se disant
13:17ou est-ce que c'est parce que vous êtes
13:20pas médiatique ?
13:21Vous vous êtes posé cette question ?
13:23– C'est possible aussi.
13:25Je pense que toutes ces raisons
13:26peuvent être vraies à la fois,
13:29avec des niveaux de pondération un peu différents.
13:32Mais je pense surtout que
13:34il est difficile dans le monde
13:37matérialiste où nous sommes,
13:38individualiste où nous sommes,
13:40de défendre le message
13:41de la pensée sociale chrétienne,
13:42qui est l'inverse,
13:43qui croit dans l'indignité de la personne humaine
13:45sans exception, sans restriction
13:47et sans condition,
13:48qui défend la vie de la conception
13:49jusqu'à la mort naturelle,
13:51qui préfère la paix à la guerre,
13:52qui essaye de comprendre
13:55avant de condamner,
13:56qui, enfin, tout ça,
13:57ce sont des attitudes
13:58qui sont très anti-modernes,
13:59comme aurait pu dire
14:00un certain nombre de philosophes.
14:01– Et pour ces raisons-là,
14:02on met le mot « cancel »,
14:03disparition.
14:04– Oui, enfin, c'est un message
14:06qui a peu de résonance
14:07dans l'opinion
14:08sur le plan électoral,
14:09alors même que je pense
14:10que c'est d'ailleurs
14:12la force historique
14:13du message chrétien,
14:13dont nous ne sommes que
14:15modestes dépositaires
14:15parmi bien d'autres,
14:16la force du message chrétien,
14:18c'est qu'il répond
14:18de manière constante
14:19aux aspirations des peuples.
14:21Après, il faut que les peuples
14:22s'en rendent compte,
14:23il faut qu'ils considèrent
14:23que ceux qui les portent
14:25sont dignes de confiance
14:26et que le suffrage
14:27se porte sur ces candidats,
14:28ce qui ne se fait pas facilement.
14:29– Ça, c'est un peu
14:30la conclusion de l'ouvrage,
14:31c'est pour ça qu'on va le voir
14:31en dernier.
14:32En lisant le livre,
14:33un diagnostic qui est sombre finalement,
14:35je me posais la question
14:36de savoir si,
14:37en faisant toujours
14:38l'avocat du diable,
14:39c'est aussi ma mission,
14:41ma fonction,
14:42si votre inquiétude
14:43n'est pas excessive.
14:44Plusieurs fois,
14:45vous rejetez la parole
14:47de ceux qui disent
14:48que vos visions
14:49d'un totalitarisme soft,
14:51eh bien,
14:53elles sont un peu erronées
14:54parce que finalement,
14:55bon an, mal an,
14:56dans notre pays,
14:56tout le monde arrive
14:57à se faire entendre.
14:58– Oui,
14:59le problème,
15:00c'est qu'on assiste
15:01depuis quelques années
15:02à la mise en place
15:03progressive d'un puzzle.
15:05Le puzzle,
15:06alors moi,
15:06je ne suis pas adepte
15:07des puzzles,
15:08mais je reconnais
15:09qui ils sont,
15:09puis je sais quand même
15:10malgré tout
15:10comment ça marche,
15:11c'est pièce par pièce.
15:12Vous posez les pièces
15:13et puis petit à petit,
15:16la globalité de l'image apparaît.
15:18Puis à un moment,
15:19quand vous posez
15:19la dernière pièce du puzzle,
15:20voilà,
15:21c'est en place.
15:23Et nous vivons ça
15:24dans les sociétés occidentales.
15:26Sur le modèle
15:27du crédit social chinois
15:28que je consacre un chapitre
15:29à décortiquer,
15:31à décrire,
15:32c'est-à-dire
15:32quand vous additionnez
15:33au fond
15:34les différents passes,
15:36passes sanitaires,
15:37passes vaccinales,
15:39cotes à carbone,
15:40on parle de confinement énergétique
15:41comme en Italie,
15:42par exemple,
15:42ces jours-ci,
15:43ou de passes énergétiques,
15:44identité numérique,
15:45monnaie numérique,
15:47etc.
15:47Quand vous assemblez tout ça,
15:50plus le fait
15:50que nos données de santé
15:51sont maintenant gérées
15:52par des grands opérateurs
15:54de données
15:54dont nous ignore absolument tout,
15:56on ne sait pas
15:56ce qu'on en fait,
15:57etc.
15:58Vous voyez comment
15:58les sociétés,
15:59les GAFA se comportent
16:02pour essayer
16:03d'orienter nos comportements
16:04dont nous sommes l'objet.
16:05Il faut avoir
16:06de la distance
16:07pour comprendre
16:07ce qui se passe
16:08avec tout ça.
16:08Mais petit à petit,
16:09vous voyez que se met en place
16:10une architecture,
16:11dans laquelle nous sommes
16:12au fond
16:14un peu des objets
16:16qui sont conduits
16:17dans des directions
16:18que personne ne nous a décrites
16:20et que nous ne comprenons pas
16:23intégralement.
16:23C'est pour ça
16:24quand on me dit
16:24oui,
16:25la France n'en est pas encore là,
16:26c'est vrai,
16:27je ne peux pas dire le contraire
16:28puisque j'ai encore le droit
16:29de publier un livre
16:31même s'il n'a pas
16:33la résonance
16:33que peut-être
16:35j'aurais souhaité
16:35qu'il eût.
16:36Mais globalement,
16:38quand vous additionnez
16:38ces différents numéros,
16:39le jour où vous parlez
16:40avec la monnaie numérique,
16:41la banque aura le contrôle
16:42de l'utilisation
16:42que vous faites
16:43de votre argent.
16:44Le jour où on vous dira
16:45monsieur,
16:45on a regardé
16:46ce que vous faites
16:46sur les réseaux sociaux,
16:48les endroits dans lesquels
16:49vous vous déplacez,
16:50les livres,
16:50que vous achetez,
16:50les films,
16:51que vous allez voir,
16:51on considère que vous n'êtes
16:52pas un citoyen modèle.
16:54Donc on vous prive
16:56de l'utilisation libre
16:57de votre argent
16:58et pour l'instant
16:59vous n'avez accès
16:59qu'à 75%
17:00de votre revenu
17:01et pas 100%.
17:02Tout est technologiquement
17:03possible pour ça.
17:04– Mais un contrat
17:05qui ne va pas manquer
17:06de vous dire à nouveau
17:07Jean-Frédéric Poisson
17:08que la comparaison
17:09par exemple avec la Chine
17:10dans l'ouvrage
17:10est quelque peu trompeuse
17:11parce que vous évoquez
17:12un crédit social
17:13version occidentale.
17:15Là encore,
17:16nos sociétés
17:16ont encore
17:18des contre-pouvoirs réels.
17:20– Pour le moment.
17:21Pour le moment.
17:22C'est la raison
17:23pour laquelle
17:23il y a dans ce livre
17:24aussi une dimension
17:26en quelque sorte
17:26de lanceur d'alerte
17:27en disant
17:27faites bien attention.
17:29si nous continuons
17:30à descendre
17:31sur la pente
17:31où nous sommes engagés
17:32nous allons vers
17:33un système de contrôle
17:35comment dire
17:36dans lequel
17:36on vous imposera
17:37des décisions
17:38que vous n'avez pas choisies
17:39sans qu'il y ait
17:40possibilité pour vous
17:41d'y échapper
17:41parce que le numérique
17:42sera votre prison.
17:44– Mais le numérique
17:44les algorithmes
17:45le flicage
17:46le marquage
17:47ça existe
17:47mais est-ce que
17:49le changer
17:49vient réellement
17:50de la technologie
17:51elle-même
17:51parce que vous mettez
17:52en cause la technologie
17:53moi j'ai envie de vous dire
17:54que c'est le projet politique
17:55qui l'accompagne
17:56la technologie
17:56c'est pas la technologie
17:57elle-même
17:57c'est l'objet
17:59de mon livre
18:00c'est pour ça
18:01que je décortique
18:01la différence
18:02entre le libéralisme
18:03et le néolibéralisme
18:03avec la nécessité
18:07vue du point de vue
18:08des néolibéraux
18:08de faire fonctionner
18:09le marché
18:10à tout prix
18:11d'autres diraient
18:12quoi qu'il en coûte
18:13y compris
18:13au prix de nos libertés
18:15personnelles
18:15donc la technologie
18:16c'est un outil
18:17elle est ce qu'on en fait
18:18c'est comme un couteau
18:19de cuisine
18:19comment dire
18:20un téléphone
18:20ou la langue des hop
18:21c'est à la fois
18:21la meilleure
18:22et la pire des choses
18:23tout dépend
18:23de l'usage
18:24qu'on en fait
18:24si effectivement
18:25elle sert
18:26à améliorer la santé
18:27des gens
18:27leurs moyens de communication
18:28et de déplacement
18:29c'est parfait
18:30si jamais cette technologie
18:31sert à installer
18:33une surveillance généralisée
18:34des sociétés
18:34contre leur gré
18:36alors ça ne peut pas marcher
18:37mais vous avez raison
18:38ça dépend du projet politique
18:39c'est pour ça
18:39que d'autres projets politiques
18:40sont possibles
18:41et pour nous fâcher directement
18:43et définitivement
18:44si
18:44j'étais un contradicteur
18:45je dirais
18:46vous êtes aussi un peu
18:46un oiseau de malheur
18:47vous surfez sur cette vague
18:49oiseau de malheur
18:49annonçant l'apocalypse
18:51c'est vendeur ?
18:52je ne sais pas si c'est vendeur
18:54en tout cas
18:55c'est ce que je vois
18:57et je considère
18:58que c'est de ma responsabilité
18:59de dire ce que je vois
18:59et ce que je crois
19:03les universitaires comme moi
19:06savent faire peu de choses
19:07mais savent lire
19:07écrire et écouter
19:09et quand je regarde
19:11que je lis et que j'écoute
19:11j'ai eu la chance
19:12de me déplacer
19:12dans beaucoup de pays
19:14comment dire
19:14d'avoir des interlocuteurs
19:15dans beaucoup d'endroits
19:18d'être informé
19:19par un certain nombre
19:20de personnes
19:20qui m'alertent
19:21sur ce qu'ils voient
19:22à leur tour
19:22et ce que je vois
19:23se mettre en place
19:24ne me plaît pas
19:25à commencer d'ailleurs
19:26parce que nos auditeurs
19:27connaissent parfaitement
19:29si j'en avais
19:30un seul exemple à donner
19:31ce serait la directive européenne
19:32sur la surveillance
19:33des réseaux sociaux
19:34et le fait que
19:35le président Macron
19:36depuis l'Inde
19:37puis monsieur le ministre
19:38des Affaires étrangères
19:39nous ont répété
19:40il y a quelques jours
19:41qu'il fallait mettre au pas
19:41les réseaux sociaux
19:42je laisse nos auditeurs
19:45estimer ce que ça
19:46pourrait bien vouloir dire
19:47je redeviens plus sérieux
19:48parce que c'est une question
19:49fondamentale
19:50que je vais vous poser
19:50Jean-Fédéric Poisson
19:51vous considérez
19:52que l'on impose
19:53aux citoyens
19:54au peuple
19:54une pression
19:55et une contrainte
19:56reste la possibilité
19:58de consentement
19:59si les individus
19:59adhèrent aux règles
20:01qu'on leur impose
20:01aux normes
20:02est-ce qu'on peut parler
20:03de contrainte
20:03est-ce qu'on peut
20:04peut-être plus parler
20:05d'une transformation
20:06du consentement ?
20:08de la question philosophique ?
20:10bien sûr
20:10c'est une question difficile
20:12parce que
20:14le consentement
20:15suppose
20:16une intelligence éclairée
20:18et je ne suis pas certain
20:20que
20:20comment dire
20:21on ait présenté au peuple
20:23le sens du projet
20:24dans lequel nous allons
20:25en réalité
20:27nous sommes passés
20:28d'un monde
20:28qui était dominé
20:29par le libéralisme
20:31philosophique et économique
20:32avec le projet
20:33d'émanciper l'individu
20:35à l'aide du commerce
20:36c'était le doux commerce
20:37de Montesquieu
20:37et pourquoi le commerce
20:39pouvait émanciper l'individu
20:40contre l'arbitraire du pouvoir
20:41parce que
20:41dans une relation de commerce
20:43vous et moi
20:43il n'y a pas de riche et de pauvre
20:44il n'y a pas de grand
20:45et de petit
20:46il n'y a pas de puissant
20:47et d'impuissant
20:48il y a deux personnes
20:48qui s'échangent des choses
20:49à égalité de responsabilité
20:51de droit et de devoir
20:53ça c'était un modèle
20:54pour les libéraux
20:55les néolibéraux
20:56inversent ce facteur
20:57et disent au fond
20:59on a vu que
21:00de laisser les marchés
21:01et les sociétés
21:02à l'appréciation
21:03de la liberté
21:04des comportements individuels
21:05ça produisait des crises
21:06insupportables
21:06et des guerres
21:07donc
21:08que vous évoquez d'ailleurs
21:09absolument
21:10y compris celle
21:11qui précède 1929
21:13je vous invite à lire le livre
21:14absolument
21:14c'est la fameuse crise
21:16de 1873
21:16qu'on a quand même oublié
21:17mais qui est fondatrice
21:19de tout ça
21:20et au fond
21:20les néolibéralistes
21:21ben oui
21:21mais quand on laisse
21:22la liberté humaine
21:23individuelle
21:23à son libre cours
21:26ben ma foi
21:26ça fait des catastrophes
21:28donc le libéralisme
21:29ne marche pas
21:29l'articulation
21:30entre la liberté
21:31individuelle
21:31et le marché
21:31ça ne fonctionne pas
21:32en tout cas
21:33ça ne fonctionne pas
21:33dans cet ordre là
21:35mais il faut quand même
21:36maintenir le marché
21:36parce que si on ne maintient
21:37pas le marché
21:38il n'y a plus de prospérité
21:38il n'y a plus de richesse
21:39donc qu'est-ce qu'il faut faire
21:40et bien on va
21:42faire de la liberté humaine
21:44non pas quelque chose
21:45qui est soutenu
21:45par la liberté du commerce
21:46mais quelque chose
21:47qui est au service
21:48de la liberté du commerce
21:48et en inversant
21:50cet ordre des facteurs
21:51dans une large mesure
21:52on fabrique la logique
21:53néolibérale
21:54et on sacrifie
21:54on est prêt à tout sacrifier
21:56pour que les marchés fonctionnent
21:58et c'est pour ça
21:58que quand on me dit
21:59ben oui mais
21:59on n'est pas dans un pays
22:01néolibéral
22:01parce que regardez
22:02regardez le taux de prélèvement
22:03en France
22:04regardez l'endettement
22:05mais ce n'est pas le problème
22:05le problème c'est le fonctionnement
22:07du marché
22:08ce n'est pas le rôle de l'État
22:09c'est secondaire
22:10c'est-à-dire tant qu'on peut
22:11tout marchander
22:12tant qu'on peut tout acheter
22:13tout vendre
22:13et que les capitaux
22:14circulent librement
22:15ça va très bien
22:16l'État peut s'endetter
22:17pas s'endetter
22:18celui qui a le plus
22:19d'endetter de l'histoire
22:20des États-Unis
22:21en tout cas au XXème siècle
22:21c'est le président Reagan
22:23et de loin
22:25personne ne peut dire
22:26que Reagan n'était pas un libéral
22:27donc ces éléments
22:28sont dissociés
22:29cette clé de lecture
22:30n'est pas la bonne
22:31la bonne clé de lecture
22:32c'est la domination du marché
22:33sur tout le reste
22:34ça c'est le projet néolibéral
22:36et à cela
22:37les néolibéraux
22:37sont prêts à tout sacrifier
22:39que ça soit en marchandisant tout
22:41en réduisant les libertés
22:42en instrumentalisant les États
22:44en fabriquant des guerres
22:45voilà
22:45tout est bon pour ça
22:46Oui mais vous n'avez pas répondu
22:47là encore à ma question
22:48c'est qu'on est peut-être
22:49en train de produire
22:50un individu nouveau
22:52plus conforme
22:54volontairement moins libre
22:55c'est une question vertigineuse
22:56On l'anesthésie
22:59ça c'est sûr
23:01ce qui s'est passé
23:02au moment de la crise du Covid
23:03d'ailleurs était très emblématique
23:05de ça
23:05parce que
23:06que s'est-il passé
23:07pendant cette crise
23:08on nous a infantilisé
23:11complètement
23:11on nous a fait peur
23:13peur sur le plan de la santé
23:14peur sur le plan des contraventions
23:15des choses
23:16même si c'était quand même
23:16tout à fait relatif
23:18mais la contrainte existait quand même
23:21et puis on a regardé
23:25si effectivement
23:26les peuples étaient d'accord
23:27pour se soumettre
23:28à ces contraintes-là
23:28qui les infantilisaient
23:29et la réponse a été
23:31plutôt oui
23:33est-ce que les peuples ont consenti
23:35au sens plein et entier du terme
23:36au sens d'une réflexion
23:38éclairée par l'intelligence
23:39à laquelle la volonté
23:40adhère de toutes ses forces
23:42comme le bien
23:42qui lui est présenté
23:43qu'il faut faire
23:44je ne suis pas sûr
23:45que ce consentement
23:45ait été plein et entier
23:46il a été passif
23:47à tout le moins
23:47il a existé
23:48mais il a été passif
23:50et je pense que
23:51à défaut de faire des peuples
23:53pleinement consentants
23:54au sens libre du terme
23:56on est en train de fabriquer
23:57des peuples anesthésiés
23:57et passifs
23:58ça c'est certain
23:59et on leur dit
24:00écoutez
24:01c'est simple
24:02vous voulez vivre confortablement
24:04alors foutez-nous la paix
24:05laissez les grandes personnes
24:06diriger les pays
24:07ne vous occupez de rien
24:10on vous donnera à manger
24:11vous partirez en vacances
24:12vous aurez la télévision
24:14vous aurez votre téléphone
24:15il n'y a aucun problème
24:16du travail
24:17on n'en sait rien
24:17mais vous aurez de l'argent quand même
24:18parce qu'après tout
24:19tout ça peut sortir des caisses
24:21voilà
24:21un minimum pour vivre
24:22le reste
24:23franchement
24:24la souveraineté
24:25le pouvoir
24:27tout ce qui est l'organisation
24:28laissez-nous faire
24:29c'est les sachants
24:31ce sont les sachants
24:32exactement
24:32de ceux qui sont épris de liberté
24:34vous appelez à la résistance
24:36résister très bien
24:37mais alors comment
24:38je me suis dit
24:39il faut que vous m'expliquez
24:40en une minute
24:40comment on fait
24:41en évitant
24:42deux choses
24:42premièrement
24:43l'appel à la résistance
24:44philosophique
24:44ça je m'y attends
24:45et donc ça vous l'évitez
24:46puis aussi
24:46parce que vous avez été un politique
24:48le côté frelaté
24:49voter pour moi
24:50ça ira mieux
24:52je ne suis pas candidat
24:53à présidentiel
24:53donc je ne vous dirai pas ça
24:54voilà
24:55donc alors qu'est-ce qu'il reste
24:55qu'est-ce qu'on peut faire
24:57qu'est-ce qu'on peut dire
24:58qu'est-ce qu'on peut évoquer
25:00pour résister
25:01vous avez évoqué par exemple
25:03vous évoquez l'exemplarité
25:04les chantiers
25:05le sommet
25:06l'État
25:06l'éducation
25:07vous dites que c'est la cohésion
25:09qui mène un peuple
25:12à rester un peuple
25:14au-delà de ces formules-là
25:15concrètement
25:16comme citoyen
25:17comme français
25:18qu'est-ce que je fais
25:19j'attends que ça se passe
25:20je résiste comment
25:21d'abord en résiste en parlant
25:24ça c'est la première chose
25:25en parlant
25:25en partageant
25:26en militant
25:27et c'est ce que nous essayons de faire
25:29il n'y a pas que dans les partis politiques
25:30qu'on milite
25:30on peut militer aussi en dehors
25:31bien sûr
25:33on résiste en éduquant
25:34on résiste en partageant
25:35ses messages
25:36en partageant sa vision du monde
25:37on résiste en alertant
25:38on résiste en...
25:39on ressent des communautés
25:39comment ?
25:40vous voyez ces termes-là
25:41il y a des gens qui disent
25:41ben voilà il faut créer
25:42ses propres communautés
25:43la famille
25:44les petites nations
25:45les petits pays
25:45je pense qu'il n'y a pas de...
25:48son église
25:49oui oui
25:50d'ailleurs il y a des...
25:51j'ai rajouté ça pour vous
25:52les jeunes générations
25:53qui ont commencé à faire
25:55des choses semblables
25:55et qui se retirent
25:57dans des petits villages
25:58pour constituer
26:00des communautés
26:01qui ne sont pas tout à fait
26:01autarciques
26:02au sens plein du terme
26:03enfin qui vivent
26:04en harmonie
26:06avec elles-mêmes
26:07si j'ose dire
26:07c'est déjà pas mal
26:08c'est compliqué
26:09parce que
26:11la grande interrogation
26:12elle porte sur le point
26:13de savoir si
26:15une élection
26:16peut encore changer
26:16quelque chose
26:17c'est ça la question de fond
26:20je suis engagé
26:21en politique
26:22maintenant depuis 30 ans
26:23c'est mon univers
26:25ou un de mes univers
26:26je continue de penser
26:27que l'expression
26:28de la souveraineté populaire
26:29est quelque chose
26:30qui peut avoir du sens
26:31et que si le peuple veut
26:33on devrait pouvoir
26:35trouver quelque chose
26:35à faire
26:36qui corresponde à sa volonté
26:37mais j'entends
26:37les Christophe Barbier
26:38tout à l'heure
26:39qui disent non
26:39le peuple a le droit
26:40de vouloir des choses
26:40mais pas d'autres choses
26:42et je sais qu'il y a
26:43un certain nombre de gens
26:43qui s'interrogent
26:44je suis en train de savoir
26:44si l'élection de l'année prochaine
26:45pourrait servir à quelque chose
26:47en contexte où nous sommes
26:48je crois en tout cas
26:49que quel que soit
26:51le régime
26:52quel que soit le gouvernant
26:53quelle que soit
26:53la couleur politique
26:54de ceux qui seront élus
26:56si on ne donne pas
26:57à nouveau
26:58du pouvoir aux communautés humaines
27:00rien n'est possible
27:01et les communautés humaines
27:02sont les territoires
27:03les familles
27:04les entreprises
27:04les associations
27:05si on ne les renforce pas
27:06rien n'est possible
27:07alors il faut certainement inviter
27:09à défaut que
27:10les français
27:11militent dans les partis politiques
27:13et bien
27:14qu'ils fortifient les familles
27:15qu'ils fortifient les associations
27:16parce que c'est là que
27:18comment dire
27:19leur protection
27:20contre la toute puissance
27:21de l'État
27:21et ce qu'on veut nous imposer
27:23pourra s'illustrer
27:24mais vous comprenez bien
27:25que pour ça
27:26il faut accepter l'idée
27:27de se retrousser les manches
27:28et de se mettre
27:31d'entrer dans l'action
27:32et un message envoyé
27:34aux candidats
27:34à l'exemplarité
27:35n'est pas un supplément d'âme
27:36c'est une obligation de service
27:37ça les candidats
27:39des droites
27:40ou de la
27:41ou nationaux
27:42ou nationalistes
27:43ou souverainistes
27:44ou identitaires
27:45le comprendront facilement
27:47je suppose
27:47il faut qu'il le montre
27:50c'est comme la confiance
27:50c'est des choses
27:51qui se
27:54d'une certaine manière
27:55qui se donnent
27:55le principe
27:56de l'exemplarité
27:57c'est celui
27:58qui doit être exemplaire
27:59c'est pas aux autres
28:00de le regarder comme tel
28:01il y a des efforts à faire
28:02pour que le gouvernement
28:03retrouve la confiance des peuples
28:04c'est très compliqué
28:05– Ils ont intérêt
28:06à lire l'ouvrage
28:07La dictature du bien
28:08les néolibéraux
28:09vous promettent la liberté
28:10et vous vendent une cage
28:12pour ne pas se laisser enfermer
28:14je vous invite
28:14à lire cet ouvrage
28:16La dictature du bien
28:17c'est aux éditions
28:18du Verbeau
28:19c'est une édition
28:19la maison d'édition courageuse
28:21donc c'est bien aussi
28:22qu'elle vous ait
28:24non pas accepté
28:25c'est pas le terme
28:25mais qu'elle vous ait
28:26– Publié
28:26– Publié
28:27voilà c'est mieux qu'accepter
28:29merci beaucoup Jean-Frédéric Poisson
28:30– Merci à vous
28:31– Sous-titrage FR
28:33– Sous-titrage FR
28:33– Sous-titrage FR
28:37C'est parti !
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