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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Caroline Motte revient sur les questions qui font l’actualité avec Philippe Ballard, député de l'Oise et porte-parole du RN.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, merci, bonjour monsieur Ballard, merci d'être avec nous ce matin.
00:05Le détroit d'Ormuz entièrement rouvert mais déjà menacé de fermeture avec pour l'instant une première conséquence économique directe,
00:13le prix du pétrole qui chute de 10%. Vous y voyez un premier signe encourageant, mieux vaut rester prudent.
00:19Mieux vaut rester prudent parce qu'on voit que d'heure en heure les déclarations, que ce soit du côté
00:23des Etats-Unis ou de l'Iran,
00:25font que la donne peut changer donc on va rester extrêmement prudent, on est dans une phase de négociation
00:30donc on comprend bien que chacun mette ses arguments en avant mais oui prudence et puis à la France,
00:35à la fin de cette crise, on espère qu'un accord sera trouvé, d'en tirer les conséquences à la
00:39fois sur le terrain diplomatique et sur le terrain financier.
00:42Même si ça peut prendre un peu de temps, on peut s'attendre à une baisse du prix des carburants,
00:45est-ce que finalement le gouvernement il a eu raison de temporiser et de ne pas tout de suite annoncer
00:49un blocage des prix ?
00:50Ça s'appelle procrastiner si vous voulez. Alors on a compris, il n'y a plus d'argent dans les
00:55caisses de l'État,
00:56mais c'est leur bilan, ça fait 9 ans qu'ils sont au pouvoir.
00:58Il faut dire que leurs prédécesseurs n'avaient rien fait pour arranger les choses,
01:01que ce soit des gouvernements de gauche, de droite ou du centre.
01:03Mais là oui, il n'y a plus de marge de manoeuvre. Ils ont dégagé 70 millions d'euros.
01:07Enfin la dépense publique en France, c'est 1 600 milliards.
01:09Je vous laisse mettre les deux chiffres en regard.
01:12Donc on a aidé, mais alors d'une façon tout à fait lilliputienne en quelque sorte,
01:17certains secteurs, mais enfin les infirmières libérales n'ont eu droit à rien.
01:20Il y avait un reportage là sur les agriculteurs dans votre journal,
01:24entre le prix du carburant et puis le prix des engrais également.
01:28Ils ont l'accord au coût, donc il faut tout faire pour faire en sorte que les Français respirent un
01:37peu.
01:37Le carburant, c'est un produit de première nécessité.
01:39C'est pour ça que nous on veut ramener ce taux de TVA de 20 à 5,5%.
01:43Oui, mais ça coûte 12 milliards d'euros. Alors où vous trouvez cet argent ?
01:46Vous dites vous-même que les caisses de l'État sont vides.
01:48Eh bien nous, je vous renvoie à notre contre-budget, nous avons un contre-budget avec 50 milliards d'euros
01:53d'économie.
01:53C'est-à-dire qu'on fait des économies structurelles, ce que n'ont jamais fait ces gouvernements.
01:57Si vous vous rappelez du débat budgétaire, qu'est-ce qu'on a fait ?
02:01On a augmenté les dépenses publiques, on a augmenté les taxes, on a augmenté les impôts.
02:04Il faut juste faire exactement l'inverse.
02:06Donc on fait des réformes structurelles sur notre politique migratoire,
02:10sur notre contribution au budget de l'Union Européenne par exemple.
02:13On va donner 6 milliards de plus, on est déjà contributeurs nets.
02:16Vous savez, les Allemands et les Pays-Bas ont une ristourne, nous on ne l'a pas.
02:19On ne l'a jamais demandé, on ne risque pas de l'avoir.
02:21Sur le train de vie de l'État, sur les énergies intermittentes, sur la fraude fiscale, la fraude sociale.
02:26Oui, on a des idées, si vous voulez, au Rassemblement National, on n'a pas de pétrole, mais on a
02:29des idées.
02:29C'est bien beau de baisser les taxes, mais ça veut dire que vous préférez voir les pétroliers continuer à
02:34s'enrichir,
02:35tout en vidant les caisses de l'État.
02:36Ah non, mais pas du tout.
02:37On est même pour, effectivement, faire en sorte que s'il y en a qui spéculent, oui, qu'ils soient
02:42taxés.
02:43Mais pas que les distributeurs, comme essayent de le faire, on ne sait même plus où est le décret d
02:48'ailleurs.
02:49Les distributeurs, c'est une marge de 1, 2, 3 centimes, c'est un produit d'appel pour la grande
02:53distribution, on le sait très très bien.
02:54Mais c'est toute la chaîne de production, s'il y a de la spéculation, oui, bien sûr, ça doit
02:58être condamné et taxé.
03:00Le Premier ministre a fait une autre annonce hier.
03:02Les boulangers et les fleuristes indépendants et artisanaux pourront faire travailler leurs salariés dès ce 1er mai.
03:09Ce sera sur la base de volontariat, ça sera payé double ? C'est une bonne nouvelle ?
03:12Sur la base de volontariat, c'est extrêmement important.
03:14On peut se demander pourquoi les bouchers, les charcutiers, les poissonniers n'ont pas eu le droit à...
03:17On a vu qu'ils n'étaient pas contents déjà.
03:19Oui, c'est à moindre des choses.
03:21C'est très bien, les fleuristes qui étaient confrontés à une concurrence illoyale,
03:24puisque devant leur boutique, il pouvait y avoir des gens, tant mieux s'ils gagnaient quelques euros,
03:28enfin, sans payer de taxes et d'impôts, qui vendaient du muguet.
03:32Et les fleuristes ne pouvaient pas faire travailler leurs salariés.
03:35Donc très bien.
03:35Mais si vous voulez, au-delà de ça, très bien, on libère les énergies.
03:39La France, mais souffre, est étouffée par les normes.
03:42Vous savez, les normes, c'est un impôt en fait déguisé, tout simplement.
03:45Donc qu'on fasse sauter tous ces verrous, c'est une très bonne chose,
03:48avec effectivement des garde-fous, comme la rémunération.
03:51Enfin, c'est l'application du droit. On doit être payé double le 1er mai.
03:55Justement, sur ce travail du 1er mai, il faut aller jusqu'où ?
03:57C'est quoi le bon périmètre ? Est-ce qu'il faut aussi ouvrir les grandes surfaces, les supermarchés ?
04:00On s'arrête où ?
04:01Non, je crois que le 1er mai, ce n'est pas une journée comme une autre.
04:04Donc qu'on libère les énergies pour effectivement les fleuristes, les boulangers,
04:09et puis élargir à toutes les professions de bouche, ça peut être une bonne chose.
04:14On peut peut-être s'interroger sur les jardineries.
04:17Mais attention, ne pas aller trop loin, bien sûr.
04:20Je vous entends dire libérer les énergies, mais ce n'est pas un peu étonnant de la part d'un
04:23parti
04:23comme le RN qui a acquis au fil des ans un électorat ouvrier qui est attaché aux acquis sociaux ?
04:31Vous savez, il y a eu un sondage qui a été fait, 75% des Français souhaitent pouvoir travailler le
04:381er mai.
04:38Alors, cela dit, ce chiffre, si on le regarde attentivement, ça cache une réalité, c'est que les Français ont
04:45un vrai problème de pouvoir d'achat.
04:47Mais un vrai problème de pouvoir d'achat.
04:49Donc oui, par tous les moyens, ils essayent de gagner un peu mieux leur vie.
04:51Vous savez, moi dans ma circonscription, ce qu'on me dit, c'est soit je fais le plein du réservoir,
04:55soit je fais le plein du frigo.
04:56Mais je suis obligé d'arbitrer entre les deux.
04:58Voilà, et c'est pour ça qu'il faut...
04:59Toujours est-il que libérer les énergies, ça peut faire plaisir aux patrons, c'est pour ça aussi que...
05:03Mais nous, on n'est pas dans la lutte des classes, on n'est pas les uns contre les autres,
05:07on veut réconcilier, oui.
05:08Mais l'ouvrier, le chef d'entreprise, oui, la bourgeoisie qui entreprend avec ses classes moyennes et ses classes populaires,
05:15évidemment.
05:16Il plaire peut-être aussi aux patrons, justement, on va en parler.
05:19Lundi, Jordan Bardella va déjeuner avec le bureau exécutif du MEDEF, première fois qu'il sera reçu officiellement.
05:24La semaine dernière, Marine Le Pen dînait avec plusieurs patrons du CAC 40.
05:28Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que ça y est, les patrons s'intéressent au programme économique du
05:32Rassemblement national ?
05:32Mais en fait, c'est pas nouveau.
05:35Moi, ça va faire 4 ans que je suis député, et tous mes collègues députés dans nos séries-conscriptions,
05:39mais on côtoie les chefs d'entreprise, ça n'a rien de nouveau.
05:43Alors là, vous parlez des organisations patronales, comme le MEDEF, la CPME, au niveau local.
05:51Moi, je rencontre le président du MEDEF OISE, par exemple, CPME OISE.
05:56Et là, c'est normal qu'on dialogue.
05:57Oui, mais là, dîner avec les patrons du CAC 40, c'est quand même pas anodin.
06:00Ça veut dire que, finalement, le Rennes fait partie du système qu'il a longtemps dénoncé ?
06:04Mais on s'apprête à arriver au pouvoir.
06:07Quoi de plus normal que de rencontrer des gens qui sont à la tête de formidables entreprises,
06:12qui exportent, qui créent des emplois, qui investissent.
06:15Donc, il y a un dialogue, bien sûr, qui s'inspire, même si on connaît très très bien leurs problèmes.
06:20Vous savez, c'est ceux qui, en fait, nous ont vendu, il y a plusieurs dizaines d'années même, la
06:25mondialisation heureuse.
06:26Vous savez, il y a même des patrons, à l'époque, moi, je m'en souviens, j'étais journaliste économique,
06:29qui nous vendaient le concept d'entreprise sans usine.
06:31Alors maintenant, on nous dit qu'il faut réindustrialiser le pays.
06:34Mais sur le fond, est-ce qu'ils adhèrent à votre programme, ces patrons ?
06:36Est-ce que vous les sentez réceptifs ?
06:38Parce que certains ont fait part de leur déception après se dîner avec Marine Le Pen.
06:41Ils trouvent sa ligne trop étatiste.
06:42La ligne de Jordan Bardella, ils la trouvent trop floue.
06:44C'est quand même votre point faible, encore, l'économie.
06:46Oui, alors j'ai lu ces articles de presse, mais enfin, ce n'était pas sourcé.
06:49Alors, je ne sais pas qui sont ces personnes qui ont dit, on est un peu déçus, en gros, par
06:53ce dîner.
06:54Mais non, mais on répond tout simplement à leur demande.
06:57Enfin, quand on est mis en concurrence complètement déloyale avec la Chine,
07:01mais ces patrons, maintenant, comme d'ailleurs, c'est quand même assez savoureux de le remarquer,
07:05l'Union Européenne dit, on a peut-être été un peu naïf.
07:07Oui, l'Union Européenne a été naïve, et ce sont les chefs d'entreprise qui ont payé l'addition.
07:12Donc, quand on leur dit, il faut refaire de la France un paradis énergétique,
07:16il faut baisser les impôts de production, je pense qu'ils sont réceptifs à tout ce que l'on peut
07:22dire.
07:22Merci, merci Philippe Ballard d'avoir été notre invité ce matin.
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