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  • il y a 2 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Caroline Motte revient sur les questions qui font l’actualité avec Alexis Corbière, député de Seine-St-Denis (groupe Écologiste et Social).

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Transcription
00:00Bonjour Alexis Corbière et merci d'être avec nous ce matin.
00:05Le Premier ministre l'a annoncé hier soir, aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages,
00:10une hausse de la prime d'activité, des mesures pour la jeunesse aussi dans ce budget 2026.
00:15Finalement, ils ont eu raison les socialistes de pactiser avec le gouvernement ?
00:20D'abord, je vais vous présenter moi mon désaccord que j'ai,
00:23qui est un désaccord qui dure depuis des mois pour qu'on comprenne bien.
00:26C'est un budget qui est caractérisé par la volonté de faire 30 milliards d'économies
00:30par rapport au budget précédent qui lui-même déjà faisait des économies.
00:33Les économies, c'est très concret pour les Français, ça veut dire des moyens moins,
00:35notamment pour les services publics, dans toute une série de secteurs, on pourra y revenir.
00:41Sébastien Lecornu n'a pas changé cette volonté, même s'il la minore un peu.
00:45Nous, le débat que nous avons voulu poser, dans la période où il y a réellement un déficit
00:48qui a été creusé par les politiques précédentes, et nous avons aussi des besoins pour le pays,
00:52parce que nous avons une population vieillissante, il y a des besoins de santé,
00:54des besoins pour l'école et l'éducation, le problème des recettes.
00:58Nous voulons des recettes nouvelles, et nous pensons, je vous ai amené
01:01un petit ouvrage de l'économiste Gabriel Zuckman, j'imagine ceux qui nous écoutent en ont entendu parler,
01:06cet économiste qui porte comme nous l'idée, le constat qu'il y a 1800 contribuables
01:10extrêmement riches de ce pays qui ont une fortune personnelle de plus de 100 millions d'euros,
01:14et qui ne paient pas l'impôt sur le revenu quasiment.
01:16Et on aurait, alors voilà, je termine, nous on proposait 20 milliards de recettes potentielles.
01:21Sébastien Lecornu dit non, donc à partir de là, il nous fait hier,
01:24un exercice de communication qui dit, bon ce sera moins dur que prévu,
01:29il y a tel ou tel bricole sur lequel je vais un peu bouger,
01:31il y a des choses, pourquoi pas, 50 euros supplémentaires.
01:34Ils ont obtenu des mesures quand même, les socialistes,
01:35des mesures que vous-même vous défendez,
01:37la généralisation des repas des étudiants à 1 euro par exemple,
01:40ça va dans le bon sens, non ?
01:41Savez-vous que le budget, la ligne sur la vie étudiante va baisser de 200 millions d'euros ?
01:45Je crois que la responsable de l'UNEF qui était là tout à l'heure,
01:48auquel vous avez donné la parole, il va y avoir une baisse.
01:50Alors, il peut y avoir un jeu qui est fait sur le fait que le repas en euros,
01:54on l'a défendu, etc.
01:55Tant mieux, mais les conditions, les cités universitaires,
01:58les conditions d'études des étudiants vont se dégrader.
02:01Et je ne voudrais pas qu'on fasse croire qu'il y a quelque chose qui s'améliore.
02:04Au mieux, ce que dit Lecornu, c'est que la dégradation est moins pire que prévu.
02:08Alors pourquoi pas ? Moi, je ne vais pas…
02:10Mais le fond, pour quelle raison ?
02:12Et je ne veux pas, ce que j'ai bien compris de l'exercice de communication,
02:14ce n'est pas nous les bornés, les bloqués, ceux qui veulent absolument ne pas faire de compromis.
02:20C'est M. Lecornu et ses amis, les macronistes,
02:22qui ne veulent pas, absolument pas, que les plus grandes fortunes de ce pays
02:25qui se sont, qui ont augmenté de manière significative
02:28en raison de la politique d'Emmanuel Macron,
02:30puissent contribuer au moins à hauteur, comme vous, comme moi.
02:34Voilà.
02:34Et tant qu'il ne bougera pas là-dessus,
02:36moi, je dis qu'on peut, avec Gabriel Zuckman et beaucoup d'économistes,
02:39ça peut rapporter 20 milliards.
02:40Là, lui, il ne veut pas lâcher un centime pour les plus riches
02:43et il dit à vous, aux autres, on va continuer la purge.
02:46En tout cas, maintenant, il doit trancher sur la forme,
02:48ça sera soit l'article 49.3, soit les ordonnances.
02:50C'est comme ça que ça devait se terminer ? C'était écrit ?
02:52Écoutez, moi, sur ces sujets, on ne demande pas au Vaud,
02:56quand il rentre à l'abattoir, comment il veut être mis à mort.
02:58Moi, si je n'ai pas me prononcé 49.3 ordonnances et j'en sais rien,
03:01moi, je suis parlementaire, j'ai été élu pour ça
03:03et c'est au Parlement de décider.
03:04S'il veut utiliser d'autres méthodes brutales,
03:07c'est la responsabilité à lui, on verra.
03:10Moi, je vais m'opposer, je vais censurer
03:14si je vois quelqu'un qui ne veut pas avoir une fiscalité plus juste
03:17pour que ce ne soient pas les milieux populaires et les classes moyennes
03:20qui soient davantage matraqués par le budget qui vient.
03:23Vous dites que vous allez censurer, mais pas de budget,
03:25ça veut dire quoi ?
03:26Ça veut dire bloquer le financement de plusieurs urgences,
03:28par exemple le budget de la défense, l'agriculture.
03:31Il faut bien avancer à un moment donné.
03:33C'est un moment pour lequel je dis, pour calme son, M. Lecornu,
03:35vous ne voulez pas avancer, vous ne voulez pas aller
03:37vers un autre type de fiscalité et des nouvelles recettes.
03:39Pourquoi vous voulez creuser le déficit ?
03:41Pourquoi vous voulez vous tourner davantage vers les catégories populaires ?
03:44Je ne vais pas reprendre, comme Mme Le Pen l'a dit,
03:46pardon, mais l'opposition, ça s'oppose.
03:49Moi, je n'ai pas été élu pour approuver, applaudir M. Lecornu.
03:52Et je lui demande une chose, même pas, allez, je dis 20 milliards,
03:55il pourrait dire 5 milliards de recettes nouvelles.
03:56Lui, il est bloqué.
03:57On a l'impression que dans ce pays, ils ont un mot d'ordre,
03:59c'est les syndicalistes des ultra-riches.
04:01Ne touchez pas aux...
04:02Bon, moi, je ne suis pas d'accord, je défends les milieux populaires.
04:04L'autre actualité aujourd'hui, c'est la signature imminente de l'accord avec le Mercosur.
04:08C'est prévu à midi au Paraguay.
04:10Est-ce que la France a fait tout ce qu'elle pouvait pour s'opposer à ce traité ?
04:14Non.
04:14Quel cinglant des aveux, quelle honte pour nous,
04:16c'est-à-dire qu'on est opposé à ce traité.
04:20L'ensemble des forces politiques est opposé, là, tout le monde.
04:23Et ça va avoir lieu, parce que depuis 7-8 ans que la négociation est entamée,
04:26il n'est pas vrai que la France a tout fait pour pouvoir s'y opposer.
04:29Est-ce que tout est à jeter dans ce traité ?
04:31Oui, parce que c'est quoi l'idée ?
04:32L'idée, c'est de continuer à multiplier la baisse de toute une série de normes qui existent.
04:37On va faire entrer sur notre marché des produits bovins
04:39qui coûtent à 18 à 32% de moins que ce que ça coûte dans la production nationale.
04:45Donc chacun comprendra que ça va tirer vers le bas.
04:47Vous savez, en 10 ans, on a 100 000 exploitations agricoles qui ont été fermées.
04:50Ce genre de traité de libre-échange va continuer à saigner notre agriculture.
04:53Qu'on le veuille ou non, nous ne nous racontons pas d'histoire.
04:55Peut-être que les Allemands, eux, vont vendre des voitures,
04:57mais nous, l'agriculture française, elle va être abîmée, donc en désaccord total.
05:00Il nous reste encore un peu de temps.
05:02D'un mot, Alexis Corbière, la primaire de la gauche doit franchir une nouvelle étape.
05:05Ce sera la semaine prochaine, le 24 janvier, à Tours.
05:09Ça reste une primaire pour l'instant sans les insoumis, sans les communistes.
05:12Il est restreint quand même l'espace politique.
05:14Il va s'élargir, il faut y travailler.
05:15Je suis un unioniste, un unitaire.
05:17Pourquoi ? C'est que je pense que face à la menace d'extrême droite
05:19qui est bien réelle pour le pays, l'homme de gauche que je suis dit,
05:22candidature commune, ce qui était le périmètre du nouveau Front populaire,
05:26chacun aura compris de quoi je parle, en 2027.
05:29Et pour ça, il faut un processus démocratique pour y arriver.
05:31Le 24 à Tours, nous ferons meeting commun, c'est-à-dire avec Olivier Faure-Marie-Tondelier,
05:35Clémentine Autain, qui dans mon mouvement, François Ruffin et d'autres,
05:38pour dire voilà, nous nous rassemblons et créons les conditions d'une candidature commune.
05:43Ça se passera sans doute après les municipales que le processus mettra en œuvre.
05:46Et quiz des modalités du scrutin ?
05:47Eh bien justement, le 24, c'est pour ça, je ne révèle pas l'effet d'annonce qu'il y aura le 24.
05:52Nous présenterons à cette occasion aussi les modalités de mode de désignation,
05:56c'est-à-dire qu'on ne veut pas quelque chose où des candidats s'affrontent,
05:58mais qui créent du commun avec un mode de désignation sans doute original pour arriver à ça,
06:02avec un processus qui débutera après les municipales,
06:05où le vote aura peut-être lieu en octobre aussi.
06:07Un million, deux millions, trois millions de personnes devraient y participer
06:10pour que nous créions une dynamique.
06:12Et dans le cadre de cette dynamique, les forces que vous avez évoquées,
06:15je leur tends la main, y compris les insoumis qui vont fort mal mettre traité,
06:18mais je dis faisons commun, on l'a fait avec le nouveau Front Populaire,
06:239 millions de voix, c'est comme ça qu'on a bloqué l'arrivée de l'extra-droite,
06:26personne ne gagnera tout seul, ça s'adresse là, bien sûr, à Jean-Luc Mélenchon,
06:30mais aussi à Glucksmann, qui disent un peu la même chose.
06:32– Ce n'est pas le risque de la division de la gauche à la fin ?
06:33– Je m'adresse à ceux qui aujourd'hui organisent la division,
06:36en disant « je suis le meilleur, ralliez-vous mon panache blanc »,
06:39ça c'était Henri IV, mais quand on est républicain, ça ne marche pas comme ça.
06:41Donc discutons, et bien sûr, du programme.
06:43– Merci beaucoup Alexis Corbière d'avoir été l'invité des 4V ce matin.
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