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Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Allez, ce samedi a été aussi endeuillé par la mort ce matin d'un soldat français au sud Liban.
00:04Un casque bleu de la finule, la force intérimaire des Nations Unies au Liban,
00:08le sergent-chef Florian Montorio du 17e régiment de parachutistes de Montauban,
00:13tué par un tir direct, nous dit-on, à l'arme légère dans une embuscade.
00:16Selon la ministre des Armées, trois autres soldats français ont également été blessés.
00:20Deux sont dans un état critique.
00:22Et tout laisse à penser que la responsabilité de cette attaque incombe au Hezbollah,
00:27a affirmé Emmanuel Macron qui a annoncé sa mort,
00:30lequel Hezbollah dément dans un communiqué être derrière cette attaque.
00:34La France exige donc des autorités libanaises qu'elles prennent leurs responsabilités aux côtés de la finule.
00:41Est-ce qu'on a un doute sur le fait que la France ait pu être attaquée directement visée ?
00:45Non, c'est la finule qui est visée.
00:47C'est la finule et c'est une équipe de la finule française qui est bien connue des combattants du
00:54Hezbollah
00:54puisque le camp français d'où ils viennent, ces soldats, c'est le camp qui est tenu par des Français.
00:59Donc en attaquant ceux qu'on voit, on savait qu'on attaquait des Français.
01:03Donc c'était un crime contre la finule et contre la France.
01:06Et évidemment, l'objectif de ceux qui ont tué ce militaire de la finule, ce militaire français,
01:14voulait en fait empêcher la finule de faire son travail,
01:17et c'est-à-dire de trouver des caches d'armes, de déminer une voie de passage
01:21puisque l'objectif de la mission, c'était effectivement de déminer un passage.
01:25Donc c'est grave parce que c'est peut-être aussi la volonté de saboter le cessez-le-feu qui
01:29a du mal à exister.
01:30On va en parler juste après, on va se refaire le film des événements.
01:33Que s'est-il passé ce samedi matin dans le sud Liban avec vous, Marie-Hou,
01:36racontez-nous ce qu'il s'est passé depuis ce matin.
01:39Une patrouille française de la force intérimaire des Nations Unies au Liban.
01:43La finule est en mission à quelques kilomètres de la base de Dirkifa,
01:46à proximité du village de Randouria, que vous voyez sur cette carte.
01:50Une région située plutôt dans les terres, le long du fleuve Litanie.
01:54Parmi les casques bleus déployés, le sergent-chef Florian Montorio,
01:5740 ans, militaire du 17e régiment du génie parachutiste, engagé depuis 19 ans.
02:03Objectif de cette mission, sécuriser et ouvrir une route.
02:06Elle doit permettre d'approvisionner notamment d'autres casques bleus, eux, isolés.
02:11Et alors que les militaires avancent sur un axe à déminer,
02:14c'est là que tout bascule.
02:15À très courte distance, un groupe armé surgit, les tirs éclatent,
02:18les militaires sont pris dans une embuscade, explique la ministre des Armées Catherine Vautrin.
02:23Le sergent-chef Florian Montorio est touché immédiatement par un tir d'arme légère.
02:28Ses camarades ripostent, tentent de le dégager sous le feu,
02:31mais ils ne parviennent pas à le réanimer.
02:33Trois autres soldats ont également été blessés et évacués à l'hôpital Saint-Georges de Beyrouth.
02:38Deux sont dans un état critique.
02:40Emmanuel Macron évoque une responsabilité du Hezbollah dans cette attaque,
02:44hypothèse confirmée par la Finule,
02:46qui dénonce une attaque délibérée par des acteurs non étatiques.
02:49De son côté, le Hezbollah dénonce toute implication.
02:52Marie, vous allez nous rappeler dans quel cadre
02:53les casques bleus de la Finule interviennent dans cette région ?
02:56Oui, en effet. La France fait partie des pays qui envoient le plus de soldats dans cette mission au Liban.
03:02Près de 700 au total.
03:04Ces casques bleus de la Finule ont une mission de paix
03:06et sont chargés de maintenir le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
03:11Concrètement, ils patrouillent le long de la ligne de démarcation,
03:15surveillent la situation sur le terrain,
03:17signalent les violations et participent à des opérations de déminage et de sécurisation.
03:21Ils peuvent aussi appuyer le déploiement de l'armée libanaise dans la zone.
03:26Florian Montorio est le deuxième soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
03:30L'adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, a été tué il y a près d'un mois
03:35dans la région d'Herbil, au Kurdistan irakien,
03:37dans une frappe de drone perpétrée par une milice pro-iranienne.
03:40Ulysse Gossé, Emmanuel Macron demande aux autorités libanaises de prendre leur responsabilité,
03:44a-t-il écrit. Comment vous le comprenez ?
03:45Est-ce que le chef de l'État marque rien qu'avec cette petite phrase
03:48une sorte de constat d'échec sur l'incapacité du gouvernement à vouloir vraiment désarmer le Hezbollah ?
03:54Il demande au gouvernement libanais de trouver les coupables,
03:58de les traduire en justice et de les faire condamner.
04:01Bon, c'est ce que l'on disait sur ce plateau déjà.
04:05Le président français, il doit condamner et tout faire pour qu'effectivement
04:10on trouve les coupables et qu'on les traduit en justice.
04:12mais probablement ça sera très difficile et si c'est effectivement le Hezbollah
04:17ou un groupe contrôlé par le Hezbollah dans le sud de Liban,
04:22ce n'est pas impossible.
04:24On ne saura jamais la vérité, mais ça nous permet je pense de prendre conscience
04:29à nouveau du fait que ça sera très difficile de réduire complètement
04:33les activités du Hezbollah au sud de Liban.
04:36Les Israéliens ont essayé à plusieurs reprises, ça n'a jamais été possible.
04:40Là, ils ont une stratégie de création d'une zone tampon
04:46complètement bombardée et nettoyée entre guillemets
04:49avec destruction d'une cinquantaine de villages
04:52pour empêcher le Hezbollah de garder des caches d'armes, etc.
04:55et de poursuivre la guérilla contre l'armée israélienne.
04:58Bon, ça va peut-être fonctionner plus efficacement,
05:00mais ça ne réglera pas le fond du problème
05:02puisque le Hezbollah, c'est 30% de la population libanaise.
05:06Alors certes, avec beaucoup de critiques aussi à l'intérieur
05:09compte tenu de la reprise de la guerre depuis maintenant six semaines,
05:12mais c'est aussi l'infiltration dans l'armée régulière,
05:15c'est aussi les membres du gouvernement qui sont au Hezbollah,
05:18c'est le président du Parlement qui est chiite.
05:21Au passage, Naïb Berry, qui est le président du Parlement chiite,
05:23il a condamné l'attaque.
05:26Donc ça met tout le monde dans une situation terrible
05:28parce que ça traduit en fait la menace qui pèse sur le Liban,
05:31pas simplement sur la finule,
05:32mais c'est la déstabilisation de tout le pays en fait qui est en cause.
05:36Donc c'est grave parce que c'est effectivement un symbole
05:40de la difficulté à résoudre le problème.
05:43Guillaume Laskondjariass, est-ce que c'est un vœu pieux
05:44ce désarmement du Hezbollah quand on sait qu'il y a des caches partout,
05:47quand on sait aussi qu'il y a 30 à 40% des membres des forces armées libanennes
05:50qui sont aussi d'origine chiite avec un certain nombre proches du Hezbollah ?
05:54Alors, il y a quand même eu une chose qui avait changé
05:58avant même que la guerre ne véritablement commence.
06:02La France avait encouragé, par exemple,
06:04c'était censé être le 5 mars dernier, bon ça n'a pas eu lieu,
06:08une grande conférence internationale pour renforcer l'armée libanaise
06:11parce qu'on voyait pour la première fois
06:14une forme de lente prise en compte par le pouvoir politique
06:19de cette fois devoir, devoir littéralement,
06:24faire tout ce qui était possible avec des moyens relativement limités.
06:29Une armée, si ce n'est corrompue du moins très largement,
06:34traversée de ses courants et relativement peu volontaire
06:40pour aller s'affronter directement le groupe armé qu'est le Hezbollah
06:45qui est comme une milice extraordinairement puissante.
06:47Il faut se rendre compte que ce n'est pas simplement des types
06:50avec une mitrailleuse comme ci, comme ça.
06:53C'est une armée, littéralement, c'est un État dans l'État.
06:57C'est une armée qui elle-même comporte peut-être,
07:01allez, 20, 30, 40 000 miliciens
07:03qui sont armés, qui sont entraînés,
07:07qui sont équipés, qui sont structurés,
07:09qui sont commandés comme une armée
07:10et qui ont en même temps les mêmes capacités
07:13qu'une guérilla, c'est-à-dire de la furtivité,
07:15de l'agilité, la capacité à se dissimuler.
07:18En fait, ils ont le meilleur des deux mondes
07:20avec des capacités de très haut niveau.
07:23Deux éléments.
07:24En 2006, alors ça remonte un peu loin,
07:26pendant une guerre justement contre Israël,
07:28le Hezbollah, ce qu'on appelle la guerre de juillet,
07:31c'est à la grande stupéfaction du monde militaire et des analystes,
07:36on remarque que le Hezbollah a envoyé,
07:38a tiré des missiles anti-navirs sur une frégate,
07:41pardon, une corvette de la marine israélienne,
07:44c'est-à-dire un missile anti-navirs,
07:46et c'est la première fois où on utilise,
07:48pour un acteur non étatique,
07:49des drones armés contre un adversaire étatique.
07:53Donc ce n'est pas facile de les désarmer.
07:58La mission de la Finule, c'est créer le cadre,
08:01le contexte pour permettre aux forces armées libanaises
08:04de mener leur mission.
08:05Mais si vous n'avez pas de volonté des Libanais,
08:07la Finule toute seule, elle ne peut, hélas,
08:09pas suffisamment faire.
08:11Et la France en paye le prix aujourd'hui.
08:12Regardez ce que dit la ministre des Armées,
08:14Catherine Vautrin, en rendant hommage aux soldats décédés,
08:19elle termine par ces mots,
08:20la France n'oubliera pas que peut-être aujourd'hui
08:23la réaction de la France,
08:24quelle doit être la réaction de la France ?
08:26Est-ce que finalement, on est malgré nous,
08:29embarqués aussi dans ce conflit directement ?
08:32Écoutez, le Liban et l'Irak,
08:34ce sont deux pays sur lesquels on amène des projets de recherche
08:38un peu partout, à la fois militaire, économique, culturel, politique,
08:43dans tous les domaines.
08:44Notamment ce qu'on appelle l'ordre militaire dans les deux pays.
08:47Les pro-Iraniens au Liban et au Irak sont,
08:50par rapport à la France, totalement déchirés.
08:53Parce que la France a d'autres récits très très importants,
08:57d'autres macro-récits.
08:58Le premier macro-récit, c'est l'opposition française
09:01par rapport à cette guerre.
09:02Cette guerre n'est pas notre guerre.
09:04Nous avons une approche défensive.
09:06Nous n'allons pas entrer dans cette guerre-là.
09:09Et vous avez un président Macron,
09:11peut-être parmi les seuls...
09:13Mais lors de la mort de la vie d'en chef Arnaud Friand,
09:15il avait dit, cette guerre, ce n'est pas la nôtre.
09:17Oui, absolument.
09:17Ils feront le téléphone et ils l'appellent encore
09:19le président Psychienne.
09:21Ce n'est absolument pas rien.
09:23Dans ce contexte, un président français
09:27qui parle à un président,
09:29le président d'un État totalement isolé,
09:32à l'échelle planétaire,
09:33c'est quelque chose de très très positivement perçu
09:36par les pro-iraniens au Liban et au Irak.
09:39Mais par contre, le deuxième récit français,
09:41très très mal perçu,
09:43il ne comprenne absolument pas,
09:45à savoir, à chaque fois, la France,
09:47avec beaucoup beaucoup de raisons,
09:50prend la parole.
09:51Dans n'importe quelle conférence,
09:52la France insiste sur la démilicisation du Moyen-Orient,
09:57le désarmement des milices au Liban et au Irak.
10:01Et ça, c'est la ligne rouge pour eux.
10:03Pourquoi ?
10:04Parce qu'ils considèrent que leurs armes
10:06comptent des sacrées à ne pas toucher,
10:08à ne pas transgresser.
10:09Et donc, les pro-iraniens,
10:11par rapport à la France,
10:12ils sont...
10:13Donc, il y a ce double discours.
10:14On comprend bien.
10:14En tout cas, c'est interprété comme un double discours.
10:18Interprété comme un double discours.
10:19Mais là, je repose ma question.
10:20Quel doit être aujourd'hui ?
10:22Puisque là, il y a un deuxième soldat
10:24depuis le début de cette guerre.
10:25Quelle doit être la position de la France ?
10:26Pour moi, la réponse est la même réponse irakienne.
10:31Ça vous dit quoi, la réponse irakienne ?
10:32Ça veut dire qu'il y a un mois, trois semaines,
10:35les Qatar et Hezbollah ont tué un de nos soldats au Irak.
10:39Exactement.
10:40Dans une base franco-kurde.
10:43Ils savaient très bien que c'était une base française et kurde.
10:47Ils ont visé directement, nous, pas les Peshmerga dans la base.
10:51Mais les Français.
10:52Plusieurs blessés à mort.
10:55On avait trois options.
10:57Sur le bureau du président de l'Arabie,
10:59il y avait trois options.
11:01Un, frapper lourdement de Jurfou Sahar.
11:04C'est la ville dans la province du Babylone
11:07où on a toutes les infrastructures militaires des Qatar et Hezbollah.
11:11Ça, c'était la première option.
11:12La deuxième option, c'est l'option italienne.
11:14C'est-à-dire se retirer de l'Irak et du Kurdistan.
11:19La troisième option, ce qui a été choisi par le président de la République,
11:22c'est de négocier directement avec un premier ministre,
11:26officiellement qui est le commandant en chef,
11:29mais officiellement ou officiellement,
11:31où à l'état pratique, il ne gère absolument rien,
11:34à part avoir des contacts avec les Qatar et Hezbollah.
11:38Eh bien, cette option a été prise en charge par le président de la République
11:41qui a pris son téléphone et il a appelé
11:44le premier ministre irakien, Mohamed Shea Soudani,
11:46qui a appelé les Qatar et Hezbollah pour dire
11:49que la France n'est pas entrée dans cette guerre
11:50et ne nous touchait pas ni à la présence économique
11:53parce que la France a investi quand même 27 milliards de dollars dans le pays.
11:58La France a une des plus grandes ambassades,
12:01non pas dans la zone verte,
12:02mais au cœur de Bagdad.
12:05Au cœur de Bagdad, je dis bien au cœur de Bagdad.
12:07Et on suit la France à une présence militaire.
12:09Le président, cet après-midi, qu'est-ce qu'il a fait cet après-midi ?
12:13Il a pris le téléphone pour appeler le président libanais
12:16qui n'a aucune influence sur le Hezbollah
12:18pour mettre en place une commission d'enquête
12:24pour trouver les coups.
12:25– Seulement ce qui m'inquiète, je m'arrête immédiatement,
12:28c'est que Nabi Abari a condamné, comme il l'a dit,
12:33ça va complexifier encore l'affaire.
12:38Et ensuite, le Hezbollah, après lui, ne nous condamne pas,
12:41ne nous revendique pas, il dit, nous ne sommes pas responsables.
12:43Moi, la question que je me pose,
12:45est-ce que le Hezbollah, est-ce que la direction générale du Hezbollah
12:48tient encore la main lourde sur les actions militaires de son parti ?
12:53– Alors, que veut faire la France et que doit faire la France ?
12:55– Que doit faire la France ?
12:56– La France, elle doit continuer à soutenir le gouvernement libanais,
12:59elle doit soutenir l'équipe actuelle qui, certes,
13:02n'a pas la capacité de désarmer le Hezbollah,
13:05mais elle doit soutenir ce gouvernement,
13:06parce que s'il tombe, ça va prendre encore une année ou deux années
13:10pour retrouver un nouveau gouvernement, un nouveau président,
13:13un nouveau Premier ministre, donc un, soutenir le gouvernement,
13:16deux, renforcer les pouvoirs de la finule,
13:18demander à l'ONU plus de moyens pour que cette finule
13:21puisse se défendre et être plus en capacité en termes de véhicules,
13:26d'armement, etc., d'être respectée au Liban,
13:31et elle doit, la France, s'engager, comme elle l'a déjà fait,
13:35mais encore plus que jamais, pour désarmer le Hezbollah,
13:38et que ce mouvement, qui ne peut pas être éliminé,
13:41comme le souhaitent les Israéliens, mais qui doit être désarmé,
13:44que ce ne soit plus une milice, mais que ce soit un parti politique,
13:48qui dit que c'est la seule solution, sinon, le Liban risque de replonger
13:51dans une guerre civile, et les Libanais savent ce que cela veut dire,
13:56et c'est très délicat, parce que, déjà, le président de la République,
13:59lorsqu'il condamne le Hezbollah, ça veut dire qu'il ne peut plus parler
14:02avec le Hezbollah si le Hezbollah est responsable de la mort de ce soldat.
14:06Or, le Hezbollah a fait partie de la négociation
14:08pour la formation du gouvernement actuel, etc., donc c'est très délicat,
14:12et ça l'est d'autant plus que le danger, aujourd'hui,
14:15c'est que le Hezbollah entre, je dirais, en guerre physique contre le pouvoir,
14:20cherche à éliminer le président, cherche à assassiner le Premier ministre,
14:24et cherche à provoquer des tensions qui seraient extrêmement graves pour le pays,
14:28qui pourraient replonger dans la guerre civile.
14:30Donc, c'est ça la réponse, tout en, évidemment,
14:36rendant hommage à ce soldat qui est mort dans sa mission,
14:40comme, d'ailleurs, une dizaine de ses camarades du régiment parachutiste de Montauban.
14:44Alors, Réna Bassiste et Romuald, non, attendez,
14:46on va juste aller faire un petit tour du côté d'Israël,
14:49je vous donne la parole juste après,
14:50puisque ce désarmement du Hezbollah exigé par le Premier ministre israélien,
14:53Benjamin Netanyahou, qui ne cesse de rappeler que le travail,
14:56et en particulier au Sud-Liban, n'est pas terminé.
14:58On va donc partir vous retrouver, Anjil Ouata, vous êtes sur place.
15:02Bonsoir à vous. Cela fait 48 heures que ce cessez-le-feu est entré en vigueur.
15:05Est-il globalement respecté ?
15:08Le doigt sur la gâchette, le doigt sur la gâchette,
15:11c'est l'expression peut-être la plus utilisée ces derniers jours,
15:14que ce soit en Israël, en Iran ou aux États-Unis même.
15:17Vous l'avez vu, effectivement, il y a toujours ce sentiment ici
15:20qu'à un moment ou à un autre, ce conflit avec l'Iran pourrait reprendre.
15:24Alors ici, à Tel Aviv, évidemment, ça a été vécu comme un soulagement, ce cessez-le-feu.
15:28Mais pour autant, je ne peux pas vous dire qu'il y a une approbation
15:31de la part de la société israélienne de ce cessez-le-feu
15:34et de la fin des opérations avec les Iraniens.
15:36Benjamin Netanyahou a tenté, lors notamment de déclarations à la presse il y a quelques jours,
15:41de défendre le bilan, l'héritage finalement de ces près de 40 jours de guerre,
15:47en parlant notamment des frappes nombreuses qu'il y a eues
15:49et qui ont mis à mal le programme d'enrichissement d'uranium de l'Iran, pardonnez-moi.
15:56Mais effectivement, il y a toujours eu dans le fond cette sorte de revendication
16:00de la part de Benjamin Netanyahou qu'il n'avait pas lui-même décidé de cesser ce conflit
16:05mais que le cessez-le-feu était bel et bien arrivé des Etats-Unis.
16:09Et pour vous dire et pour ouvrir même quelque peu les débats,
16:12c'est à peu près la même situation, c'est à peu près les réactions similaires
16:17que l'on a lorsque l'on parle de l'autre front qui est resté ouvert encore plus longtemps
16:21et qui n'est peut-être même pas totalement refermé, situé dans le nord d'Israël,
16:25avec bien évidemment le conflit avec le Hezbollah
16:28où on a là aussi une attitude de la part de Benjamin Netanyahou
16:31qui d'une manière ou d'une autre laisse quelque peu entendre
16:35que cette décision n'est pas vraiment la sienne
16:37mais que cela s'inscrit plutôt dans un jeu diplomatique dans ce contexte-là.
16:41Et pour vous dire d'ailleurs, même si on a un cessez-le-feu depuis maintenant
16:44près de 48 heures dans le nord d'Israël avec le Hezbollah, avec le Liban en tout cas,
16:49les opérations se poursuivent, il y a cette fameuse ligne jaune qui a été tracée.
16:53Donc la réalité, c'est que cessez-le-feu ou pas,
16:56Israël a bel et bien en ce moment des opérations militaires en cours.
16:59Elle se situe certes dans le sud du Liban, mais je vous le disais,
17:02toujours avec, d'une manière ou d'une autre, le doigt sur la gâchette
17:05et pointé également vers l'Iran.
17:07Le doigt sur la gâchette. Merci Angelo Atav et Caroline Bertolino.
17:10Rappelons qu'après une longue pause de plus de 30 ans,
17:13Israël et le Liban ont donc consenti cette semaine à entamer
17:16de nouvelles négociations directes.
17:17C'était le rendez-vous fort de ce mercredi
17:19quand Marc Roubio a accueilli les ambassadeurs israéliens et libanais
17:21en poste à Washington.
17:23Et on va écouter ce que nous disaient hier
17:25les principaux responsables du dossier,
17:28Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien,
17:30et Joseph Faoun, le président libanais.
17:33On en parle juste après. Écoutez-les.
17:35Nous avons également un autre objectif,
17:37à savoir le démantèlement du Hezbollah.
17:39C'est pourquoi, je vous le répète en toute franchise,
17:41cela ne se fera pas du jour au lendemain.
17:45Le Hezbollah d'aujourd'hui n'est plus que l'ombre de lui-même
17:48par rapport aux dernières années de Nasrallah.
17:50Mais je le dis honnêtement, nous n'avons pas encore fini le travail.
17:53Nous avons des mesures à prendre pour contrer la menace
17:56que représentent encore les roquettes et les drones,
17:58et je ne rentrerai pas dans les détails.
18:03Les négociations avec Israël ne signifient pas
18:05et ne signifieront jamais une quelconque renonciation à nos droits,
18:09ni la renonciation à aucun principe,
18:12ni l'atteinte à la souveraineté du Liban.
18:15Je vous le dis en toute franchise et avec certitude,
18:18ces négociations ne sont pas un signe de faiblesse,
18:21ni un recul, ni une concession.
18:27Quand vous les entendez tous les deux,
18:29vous vous dites que ça va être facile,
18:32le désarmement du Hezbollah contre le retrait israélien
18:36des 10% du territoire libanais occupé.
18:39Qui commence ? Qui fait le premier pas ?
18:42Les Israéliens se retirent, quelle garantie pour désarmer le Hezbollah ?
18:45Le Hezbollah sous des armes ou désarmée,
18:48quelle garantie pour que les Israéliens se retirent du territoire libanais ?
18:52C'est très très compliqué, c'est très complexe,
18:55et une dernière phrase, et je m'arrête,
18:57ni les Etats-Unis, ni la France, ni le Royaume-Uni, ni Israël,
19:01personne ne pourra désarmer le Hezbollah,
19:04à part les Libanais eux-mêmes, seulement les Libanais.
19:08Est-ce que la communauté internationale,
19:10nous la communauté internationale,
19:12on donne suffisamment des moyens aux Libanais
19:14pour désarmer le Hezbollah ?
19:17On ne l'a pas fait dans le passé,
19:19on ne le fait pas aujourd'hui,
19:21et il est peu probable qu'on le fasse dans l'avenir.
19:24Rina Bassi, c'était après Romuald.
19:25Oui, ça je suis d'accord, on a mentionné tout à l'heure
19:28cette rencontre qui aurait dû lieu le 5 mars,
19:31mais qui était bien sûr annulée à cause de la guerre à Paris
19:34avec des pays donateurs,
19:36mais cette réunion était programmée il y a très longtemps,
19:39il y a plusieurs mois, à chaque fois il était repoussé.
19:41Pourquoi il était repoussé ?
19:42Justement, parce que les pays de golf,
19:44notamment l'Arabie saoudite, n'étaient pas très chauds.
19:47Ça c'est prévu comme une rencontre des pays donateurs.
19:52Or, si les pays donateurs ne veulent pas vraiment
19:54mettre l'argent sur la table, à quoi bon ?
19:56Et là, il y a une méfiance de la part du monde arabe,
19:59justement, par rapport à la capacité du gouvernement libanais
20:03à vraiment réussir à désarmer Hezbollah,
20:07malgré le fait que je suis tout à fait d'accord,
20:10il n'y a personne d'autre.
20:11Il faudra que ce soit l'armée libanaise.
20:14Or, pour l'instant, un an et demi après l'accord de novembre 2024,
20:19il n'y a pas assez de motivation, il n'y a pas assez d'équipement,
20:22il n'y a pas assez de ressources.
20:26Israël a dit dès le début, il faut le faire maintenant.
20:29Ça ne peut pas être un processus progressif,
20:32comme disaient les gouvernements libanaises.
20:35Il faut le faire tout de suite.
20:36Ce n'était pas fait, et maintenant, il faudra que le gouvernement libanais
20:39réagit beaucoup, beaucoup plus vite qu'il a fait jusqu'à maintenant.
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BFM
il y a 5 heures