- il y a 6 semaines
Un rendez-vous 100% politique présenté par Gauthier Le Bret du lundi au jeudi de 21h à 22h.
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00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans ce débrief du documentaire Charles Alonc, Seul contre tous.
00:06Vous avez suivi les révélations saisissantes de cette commission d'enquête pendant plusieurs mois,
00:11avec évidemment des extraits qu'on avait largement diffusés sur CNews.
00:14Et c'était donc l'occasion de revenir ce soir, alors que le rapport doit être rendu lundi prochain
00:18et qu'il doit être soumis aux voix le 27 pour être publié.
00:21C'était l'occasion d'y revenir dans ce long format.
00:24On va le débriefer avec François de Rugy.
00:26Bonsoir, ancien ministre, ancien président de l'Assemblée nationale,
00:29Jules Torres, journaliste au JDD, vous avez largement écrit dans le JDD News et dans le JDD sur le service
00:35public.
00:36Paul Amart, inutile de vous présenter, journaliste qui avait sévi pendant des années sur le service public.
00:42Mais Mona Interman, vous étiez au CSA, bonsoir à vous.
00:45Et Yohann Uzaï du service politique de CNews.
00:48Je vais commencer avec vous François de Rugy, puisque parmi nous vous êtes le seul
00:51qui s'est retrouvé devant cette commission d'enquête concernant le service public.
00:55Je l'ai dit, vous avez été ministre, vous avez été président de l'Assemblée nationale.
00:59Comment vous avez jugé cette commission d'enquête ?
01:02Est-ce que vous l'avez trouvée utile ?
01:04Oui, je l'ai trouvée utile avant d'être auditionné.
01:06J'ai regardé beaucoup d'extraits, comme beaucoup de Français,
01:09et j'ai trouvé que c'était utile.
01:11Déjà, moi, je trouvais avant qu'il y ait cette idée de commission d'enquête
01:15qu'il y avait un problème par rapport, justement, à la neutralité et l'impartialité.
01:20Pour moi, c'est le cœur du problème.
01:21Bien sûr, il y a d'autres sujets qui ont été soulevés pendant cette commission d'enquête
01:26et sur lesquels il faut faire le ménage, en quelque sorte.
01:28Mais là, il y a vraiment un problème de fond.
01:31Et je le dis en tant que, j'ai envie de dire, enfant de l'audiovisuel public.
01:36Moi, j'ai été bercé dans mon enfance par France Inter, puis France Info.
01:40Mes grands-parents, mes parents regardaient les chaînes publiques à la télévision.
01:44Moi-même, je regarde encore aujourd'hui des émissions, etc.
01:47Et je suis frappé de voir que beaucoup de sujets sont traités avec des biais militants.
01:55Alors, sur l'écologie, et c'est pour ça que j'ai été auditionné,
01:57parce que j'avais déjà relevé certains problèmes dans des émissions de France Télévisions sur l'écologie,
02:04sur la chaîne YouTube que j'anime avec un journaliste, Laurent Lesage.
02:08La chaîne s'appelle « Et si l'économie sauvait l'écologie ? »
02:10sans même savoir qu'un jour, il y aurait cette commission d'enquête.
02:13On avait relevé comment étaient traités ces sujets,
02:16et où on ne donne quasiment jamais la parole à des scientifiques.
02:19Jamais.
02:19C'est quand même un problème.
02:21Il y avait une émission sur France Inter qui s'appelait « La terre au carré ».
02:25« La tête au carré » qui est devenue « La terre au carré »,
02:27mais ce n'est pas le changement de nom qui est à l'œuvre.
02:29C'est surtout que si on est passé d'une émission scientifique à une émission militante,
02:32il n'y a que des militants qui sont invités pour parler d'écologie.
02:36Et sur l'émission du Hugo Clément sur le front, là, c'est non-stop.
02:40Et j'ai dénoncé devant cette commission d'enquête,
02:42ça m'a valu ensuite des critiques du Hugo Clément parce que lui, il ne supporte pas la critique,
02:46mais il donne non seulement la parole, ça c'est normal, à des ONG,
02:50mais il y a des émissions qui sont quasiment coproduites avec des ONG écolos militantes,
02:55ce qui n'est pas normal pour traiter de sujets qui mériteraient le pluralisme des points de vue et l
03:00'expertise.
03:00Jules Thorez, si je fais le point sur ce qu'a révélé cette commission d'enquête,
03:04en plus du rapport de la Cour des Comptes,
03:05parce qu'il y avait déjà le rapport de la Cour des Comptes
03:07qui n'est pas un rapport publié par une officine d'extrême droite.
03:10C'était Pierre Moscovici qui la dirigeait à ce moment-là.
03:12Conflits d'intérêts multiples entre l'audiovisuel public et des sociétés de production externes.
03:18Et donc, une externalisation massive de contenu du service public,
03:22environ 850 millions d'euros par an.
03:25Je prends quelques exemples.
03:26La bureaucratie à la tête des entreprises de l'audiovisuel public
03:29et le cumul de fonctions problématiques,
03:32l'utilisation abusive de l'argent public avec les fameuses suites à Cannes.
03:37D'ailleurs, on voit que ça a commencé à avoir des conséquences.
03:39Ils ne vont pas externaliser autant d'émissions à Cannes qu'ils ne le font chaque année.
03:44Il y aura moins d'émissions qui vont partir dans quelques semaines pour la croisette.
03:48Interville produite par Nagui, l'émission qui est revenue l'été dernier,
03:52qui avait été un four d'audience, annulée ou repoussée, voire annulée.
03:55Donc, les frais de taxi, on voit que cette commission d'enquête a quand même ébranlé le service public
04:00et qu'il y a déjà des choses qui ont été faites pour que des dérives s'arrêtent.
04:03Évidemment, puisque cette commission d'enquête, elle a révélé quoi ?
04:06Elle a révélé un système qui était à la fois coûteux, 4 milliards d'euros chaque année pour les Français,
04:12un système qui était extrêmement rigide avec une gouvernance dont personne ne comprend rien,
04:16avec des chefs de direction par-ci, par-là, avec en effet un recours massif à l'externalisation.
04:23On l'a vu notamment avec la polémique autour de MediaOne,
04:25avec le comportement qu'on pourrait qualifier de honteur vers la représentation nationale
04:29à la fois de M. Niel et de M. Pigasse.
04:31Et puis, un système extrêmement opaque, parce qu'en réalité, vous parlez de ce rapport de la Cour des comptes.
04:35Il y en avait déjà eu un en 2016, il y en a eu un en 2024.
04:38C'est vrai que les Français, et même les journalistes d'ailleurs,
04:40n'ont pas forcément le réflexe d'aller voir les rapports de la Cour des comptes.
04:44Ils sont évidemment publics, mais ce n'est pas la première chose qu'on fait en se levant le matin.
04:47Cette commission d'enquête, elle a permis de mettre tout ce qu'il y avait dans ce rapport de la
04:52Cour des comptes,
04:52avec en effet, on a les frais de taxi, les frais de bouche, plusieurs millions,
04:56y compris pendant la période du Covid, où tout le monde était censé être sous cloche,
05:00l'externalisation, des salaires absolument mirobolants, des ultra privilégiés, des congés payés.
05:05On pouvait aller, par exemple, pour certains salariés, jusqu'à 12 semaines de congés payés.
05:08Donc c'est vrai que les Français ont vu cette commission et se sont dit,
05:11c'est vrai qu'il y a des choses qui sont extrêmement intéressantes.
05:13Il y a des révélations qui sont intéressantes.
05:15Et c'est vrai qu'on a un petit peu l'impression de voir un système extrêmement opaque
05:19et surtout une caste médiatique qui ne veut absolument pas qu'un homme, un seul contre tous,
05:24dise la vérité et dise ce qui est vraiment l'audiovisuel public.
05:27C'est le point central de cette commission d'enquête, c'est les révélations.
05:29Il y a eu énormément de révélations. Je peux en citer d'autres.
05:32La communication fallacieuse, par exemple, de France Télé,
05:34qui se félicite d'avoir mis ses comptes à l'équilibre depuis 9 ans,
05:37alors que la Cour des comptes, dans son rapport, constate un déficit cumulé
05:41de 81 millions d'euros entre 2017 et 2024
05:44et que Delphine Arnotte a été reconduite pour un troisième mandat, Johan Uzaï.
05:48Le tout alors que le rapport de la Cour des comptes, heureux hasard,
05:51a été publié juste après la reconduction de Delphine Arnotte.
05:54Naturellement, très opportunément, ce rapport a été tenu secret à ce moment-là,
05:59ce qui est déjà un scandale en soi.
06:01Mais il est vrai que les deux problèmes qui viennent d'être évoqués
06:03sont les deux principaux problèmes, qui sont des problèmes qui sont liés.
06:06Par ailleurs, il se trouve que France Télévisions, c'est une gabegie.
06:09On a l'impression que l'argent est quand même dépensé à tort et à travers.
06:13Et ça a été extrêmement bien souligné par Charles Hallon,
06:15qui a fait un travail remarquable.
06:17Lui et ses équipes ont travaillé de manière extrêmement précise,
06:21sont allés chercher les informations, nous ont appris énormément de choses.
06:25Donc, il faut d'abord souligner leur travail qui a été remarquable.
06:28Donc, il y a l'aspect financier.
06:30Naturellement, n'importe quelle entreprise privée ne tolérerait évidemment pas cette gabegie
06:36et ça ne serait pas géré de cette manière-là.
06:38Et le problème, c'est que cet argent, cet argent dépensé,
06:42l'argent des Français est dépensé pour militer.
06:44Et c'est le deuxième problème soulevé par François de Rugy,
06:47c'est que j'ai le sentiment, moi, que le service public est là pour rééduquer politiquement les Français.
06:52Enfin, on voit bien que le service public est en campagne permanente
06:56contre le Rassemblement national, contre Éric Zemmour.
06:58Quand je vois comment Jordan Bardella, Marine Le Pen, Éric Zemmour
07:02sont reçus sur France Inter ou sur France 5 par Mme Lemoyne et M. Cohen,
07:07je suis absolument scandalisé.
07:09Donc, ils dépensent à tort et à travers l'argent des Français
07:12pour militer contre des partis qui ne leur conviennent pas.
07:16Ça ne peut pas durer.
07:17Il faut que les choses changent.
07:19Mais Mona Interman, vous avez été pendant de nombreuses années au CSA.
07:22Comment vous avez jugé cette commission d'enquête ?
07:24Je rappelle donc que le rapport va être rendu lundi,
07:26soumis au voie une semaine plus tard, le 27,
07:28et qu'il peut très bien ne pas être publié.
07:30On a entendu dans le long format, il est plutôt confiant, Charles Alonc,
07:33mais c'est une possibilité.
07:34Comment vous avez jugé tout cela ?
07:35Je n'ai pas été seulement au CSA, nommé en 2013 jusqu'en 2019,
07:40mais j'ai été aussi pendant près de 40 ans reporter pour France Télévisions.
07:45J'ai tout fait, l'actualité locale, internationale,
07:47j'ai présenté des journaux, etc.
07:48Donc c'était ma maison, France Télévisions.
07:52Je n'ai pas été auditionnée parce que je n'y suis pas allée.
07:54C'était le 11 décembre, j'ai eu un problème avec ma famille
07:56et j'étais bien contente de ne pas y aller.
07:59Ce que j'avais à dire, je ne l'ai jamais dit,
08:01je vais vous le dire ce soir,
08:02ce que j'avais à dire, je l'ai dit à la police
08:05quand j'ai été auditionnée au Parquet National Financier à Nanterre
08:09par le même policier qui avait auditionné François Fillon.
08:13Ce que j'ai à dire, c'était en 2018.
08:16Je n'ai pas été la seule du CSA à avoir été auditionnée
08:19sur les conditions de la nomination de la présidente de France Télévisions.
08:21Je ne pourrais pas vous en dire davantage
08:23parce que je suis tenue au secret.
08:26J'étais présente au CSA lors de la nomination
08:29et de l'éviction de Mathieu Gallet,
08:31lors de la nomination de Mme Ernotte en avril 2015,
08:35lors de la nomination de Sibylle Veil
08:37pour remplacer le président Gallet qui avait été démis,
08:41et également de Marie-Christine Saragosse.
08:43Donc le CSA, je le connais bien de l'intérieur.
08:45À un moment donné, j'ai d'ailleurs failli démissionner de cette institution
08:49parce que justement, il y avait des choses qui me choquaient.
08:51Et croyez bien que ce travail que cette commission a fait,
08:54même si c'est un travail imparfait,
08:56ce travail est utile.
08:58Ce travail aurait dû être fait par le régulateur.
09:02Nous avons eu, nous, pendant mon mandat,
09:04énormément de problèmes
09:05pour obtenir des informations cadrées, croisées
09:09et en faire un rapport circonstancié.
09:11Il y a eu des rapports,
09:12et notamment l'un d'eux très opportunément rendu public
09:16dans le canard enchaîné, d'après mes souvenirs,
09:20contre Rémi Flimelin.
09:21C'est pour préparer le terrain.
09:22Je ne pourrais pas vous en dire davantage.
09:24Je pense que ce rapport doit sortir,
09:28qu'il doit mettre sur la place publique
09:30des sujets qui nous concernent tous.
09:32Je suis au regret de vous dire
09:34que France Télévisions ne pratique pas le pluralisme,
09:38pas toujours.
09:39Exemple, hier soir, sur France 5,
09:43une émission entière
09:45où toutes les personnes qui sont intervenues
09:48étaient exactement d'accord entre elles
09:52et que le pluralisme n'existait pas.
09:54Est-ce que c'est la seule émission ?
09:55Je n'en suis pas certaine.
09:57Voilà.
09:58Ce rapport doit sortir.
09:59Et que vouliez-vous nous dire
10:01que vous avez dit au Parc national financier
10:03et que vous n'avez pas dit lors de cette commission d'enquête
10:05puisque vous n'y êtes pas allé ?
10:06Qu'est-ce que vous avez envie de dire ce soir ?
10:07Je ne dirai pas.
10:08Je ne dirai rien ce soir
10:09parce que sinon, il faudrait m'apporter des oranges.
10:12À ce point-là ?
10:13Oui, bien sûr, c'est interdit.
10:14À ce point-là ?
10:15Oui, à ce point.
10:16Mais sans rentrer dans le détail,
10:18est-ce que parmi tout ce que vous avez vu sur le service ?
10:21Je ne dirai rien de plus.
10:22Ce que je peux dire,
10:24c'est qu'il faut absolument changer tout le dispositif.
10:28Et Paul Lamarre connaît parfaitement l'audiovisuel public, bien évidemment.
10:31et à des niveaux de direction.
10:35Monsieur Durugy, lorsque vous étiez à l'Assemblée nationale,
10:37vous aviez proposé quelque chose de très astucieux,
10:39c'est-à-dire changer le système de nomination pour le régulateur.
10:43Il faut y mettre des gens qui connaissent le boulot,
10:46qui connaissent la télé,
10:47pas uniquement des apparatchiks du droit,
10:49qui connaissent bien le droit, des techniciens du droit.
10:51Il faut des gens qui connaissent bien la musique,
10:53qui n'incriminent pas les patrons d'audiovisuel,
10:55lorsqu'ils n'ont pas à être incriminés,
10:56qui ne doivent pas forcément supprimer des chaînes
10:59parce que la chaîne gêne.
11:01Mais il faut tout remettre en place.
11:02La gouvernance de France Télévisions,
11:04si on la compare par exemple,
11:05la gouvernance, je vais être rapide,
11:07à la gouvernance de la ZDF et de l'ARD,
11:09les deux chaînes publiques allemandes que je regarde assez souvent,
11:11ou même de la BBC,
11:13faire en sorte que cet entre-soi soit cassé.
11:15C'est ça le problème.
11:16Je retiens, et tous les téléspectateurs retiendront
11:18que vous savez des choses visiblement extraordinaires
11:21au sens premier du terme,
11:22qui pourraient faire exploser le service public,
11:24mais vous êtes tenu à un devoir de réserve
11:26par votre double ancienne casquette,
11:28notamment celle du CSA.
11:29Paul Lamarre, vous n'êtes pas passé au CSA.
11:31Vous n'êtes pas tenu par le même devoir de réserve.
11:33Absolument.
11:34Donc on est d'accord.
11:35Ce que Mémona ne peut pas dire,
11:36elle a raison de ne pas le dire.
11:38Et vous, vous pouvez dire beaucoup de choses ?
11:39Oui.
11:39Alors allez-y.
11:40Journaliste libre,
11:41je n'ai pas fait partie du CSA,
11:43donc je vais dire des choses,
11:44ma chère Mémona.
11:46Mme Hennot a été imposée à l'époque par le président de l'époque,
11:51François Hollande.
11:53La prestation de Mme Hennot a été extrêmement médiocre.
11:57Extrêmement.
11:58Elle ne connaissait rien au service public de l'audiovisuel.
12:02Un autre candidat a été remarquable,
12:04paix à son âme, Pascal Joseph,
12:07qui a été remarquable lors de son passage devant le CSA.
12:11Le vote lui a été favorable.
12:14Mais au dernier moment,
12:16une institution que je ne vais pas citer
12:18a tordu le bras d'un des membres du CSA
12:22pour l'obliger à changer de vote.
12:24Une plainte a été déposée ensuite.
12:26Donc Mme Hennot a été nommée.
12:28Une plainte a été déposée,
12:29une enquête a été faite.
12:30Les auditions des candidats ont été enregistrées.
12:34C'était des cassettes audio.
12:36Quand les policiers sont allés au CSA
12:38demander l'enregistrement de toutes les auditions,
12:41la cassette de Mme Hennot avait disparu.
12:44Donc médiocrité.
12:46Donc voilà déjà une partie du scandale à l'origine
12:50lors de la première nomination de Mme Hennot.
12:53Un second scandale s'est produit
12:55quand Mme Hennot a été reconduite à deux reprises.
12:59Jamais dans l'histoire de la télévision française
13:02n'avions vu un président passer trois mandats.
13:05Alors que lors de son deuxième mandat,
13:07le bilan était déjà extrêmement médiocre,
13:11extrêmement suspect,
13:12elle a été reconduite.
13:14Et elle a été reconduite une troisième fois
13:15au détriment d'autres candidats ou candidates
13:18que je connais qui étaient remarquables
13:20lorsqu'elles passaient ces personnes-là
13:23devant le CSA ou l'Arcord.
13:25Alors ça c'est pour Mme Hennot,
13:27vos informations.
13:27Maintenant, ce qui m'intéresse,
13:29c'est ce que vous pensez du service public d'aujourd'hui,
13:30vous qui avez été au service public pendant des années.
13:33Qu'est-ce que vous avez pensé des révélations
13:34de cette commission d'enquête
13:35sur les conflits d'intérêts,
13:36sur le copinage,
13:37sur les frais de taxi,
13:39les chambres d'hôtel à Cannes,
13:41les indemnités mirobolantes
13:43quand on quitte le service public.
13:44Parfois on achète même le silence
13:45pour pas que certaines affaires sortent.
13:47C'est ce que disait Jacques Cardoz.
13:48Les reportages qu'on oriente,
13:49on fait un reportage favorable à LFI,
13:51défavorable à Jordan Bardella.
13:53Qu'est-ce que vous avez pensé de tout ça ?
13:54Écoutez,
13:55quelles sont les missions du service public ?
13:57Informer,
13:59éduquer,
14:00divertir.
14:00Informer,
14:01on assiste plutôt à une déformation
14:03de l'information
14:04quand on observe de près,
14:06et je suis un téléspectateur
14:07attentif du service public,
14:09de près la couverture
14:10du conflit du Proche-Orient,
14:11des experts toujours partisans
14:13ou des envoyés spéciaux
14:14toujours partisans.
14:15Et en politique intérieure,
14:17nul besoin de revenir
14:18sur l'incident
14:19Cohen-Legrand
14:20avec des dirigeants
14:21du Parti Socialiste,
14:22révélateur de la ligne idéologique
14:24aujourd'hui.
14:25C'était pas hier,
14:26mais aujourd'hui du service public.
14:28Éduquer,
14:28quand on entend Mme Ernaud,
14:30d'entrée de jeu,
14:31dire les mâles blancs
14:32de plus de 50 ans,
14:33c'est terminé,
14:34ça me fait penser à Mélenchon
14:35qui dit aujourd'hui
14:36tout blanc, tout moche.
14:37Mais c'est pas du racisme,
14:39naturellement.
14:39Quand Mme Ernaud dit
14:41nous voudrions décrire
14:42la société non pas telle qu'elle est,
14:44mais telle qu'on voudrait,
14:45je l'ai réentendu,
14:46telle qu'on voudrait qu'elle soit,
14:47c'est ça l'éducation
14:48transmise aux plus jeunes
14:50et enfin divertir
14:51avec un pognon de dingue.
14:53Comme dirait
14:54le président de la République,
14:55un pognon
14:56qui passe
14:57de nos impôts
14:59par le service public
15:00et qui aboutit
15:01à des entreprises privées,
15:04je dis bien des entreprises,
15:05des empires privés.
15:06Pas des petits producteurs
15:08qui auraient une émission
15:09à produire,
15:10des empires
15:10et même à un fonds américain
15:12qui a racheté
15:13une part de Media One.
15:13Donc il faut que ce rapport sorte
15:15et urgemment pour vous ?
15:16Ce serait un scandale d'État
15:17s'il ne sortait pas
15:17et je vais vous dire pourquoi
15:18ce serait un scandale d'État.
15:20Non pas s'il ne sortait pas,
15:21ce ne serait pas pour nous priver
15:23de la lecture de ce rapport.
15:24Écoutez,
15:25les auditions étaient publiques.
15:26Il faut rendre grâce
15:27au président de la commission
15:28qui a voulu
15:28que les auditions soient publiques.
15:30Donc on sait tout.
15:31On sait tout.
15:32Pourquoi ne sortiraient-ils pas
15:34et ne seraient-ils pas publiés ?
15:35Pour archiver les pièces
15:37et pour éviter...
15:38Détruire les bandes.
15:40Détruire les bandes
15:40et surtout pour empêcher
15:42une éventuelle enquête judiciaire.
15:45Une commission d'enquête parlementaire,
15:46ce n'est pas une enquête judiciaire.
15:48Mais en revanche,
15:49la justice pourrait se saisir,
15:51notamment sur les conflits d'intérêts,
15:52et je terminerai par ce propos
15:53parce que je suis trop long,
15:55la justice pourrait se saisir
15:56de certains aspects de ce rapport
15:58pour rouvrir une enquête judiciaire
16:01et policière.
16:02Et je peux vous dire
16:03que selon les informations qu'on a,
16:05des articles 40
16:06pourraient découler de ce rapport.
16:08Tout à fait.
16:08Vous confirmez Jules Torres ?
16:10Oui, bien sûr,
16:10c'est une volonté de chargente.
16:11Saisir le procureur,
16:13saisir la justice.
16:14Oui, parce qu'il a émis
16:16plusieurs hypothèses.
16:16En tout cas,
16:17il y a des liens,
16:17il y a des suspicions,
16:19il y a même des gros soupçons
16:20sur le fait que l'audiovisuel public
16:22aurait pu,
16:23dans son histoire
16:24et ces dernières années,
16:25donner beaucoup d'argent
16:26à des personnes
16:26qui voulaient parler,
16:28qui voulaient accuser
16:29nommément
16:29certains dirigeants
16:30ou certains salariés
16:31de l'audiovisuel public
16:32pour des faits de violence,
16:35pour des faits criminels,
16:36objectivement.
16:37On pourra dire ça
16:37et on en saura beaucoup plus
16:38dans les prochaines heures.
16:39Alors, il y a vraiment une chose,
16:41ça peut être vu comme du détail,
16:43mais c'est tellement symbolique.
16:44C'est les chambres à Cannes,
16:45évidemment.
16:46Les chambres avec des notes
16:47tellement salées
16:48où on échange
16:49le fait de louer
16:50une chambre à Cannes
16:51contre des écrans pubs
16:52sur le service public,
16:54comme si les écrans pubs
16:54appartenaient à Delphine Ernot.
16:56Les écrans pubs
16:57qu'on donne,
16:57c'est de l'argent
16:58qui ne rentre pas
16:58et c'est donc de l'argent
16:59qui ne finance pas
17:00le service public.
17:01Et donc au final,
17:01c'est de l'argent public.
17:02Donc, voyez cet extrait.
17:06À l'image du récent séjour
17:08de Delphine Ernot
17:08et trois autres membres
17:09de la direction
17:10de France Télévisions,
17:11à Cannes,
17:12pendant le festival,
17:13dans le très luxueux
17:14hôtel Majestic,
17:15un établissement
17:16dans lequel la nuit
17:17coûte entre 1300
17:18et 1750 euros,
17:19bien loin des 350 euros
17:21la nuitée,
17:22habituellement alloués
17:22aux employés
17:23de la chaîne publique.
17:25Est-ce que vous considérez
17:26moral pour une dirigeante
17:29d'une entreprise publique
17:30de disposer de suite
17:31à 1700 euros la nuit ?
17:33112 000 euros au total,
17:35c'est la note astronomique
17:36de cette petite escapade
17:37dans ce palace
17:38qui a fait la une
17:39de l'actualité
17:40et créé le scandale.
17:42Lors de son audition,
17:43même si elle a reconnu
17:44que les tarifs de l'hôtel
17:45étaient un peu prohibitifs,
17:46ça reste complètement
17:47dehors des clous
17:48par rapport aux tarifs
17:49qu'on s'applique
17:50à France Télévisions.
17:51Je rappelle qu'on voyage
17:52tous en seconde.
17:53Delphine Ernot
17:54a tout de même tenté
17:55de les justifier
17:55en rappelant à la commission
17:57que le festival,
17:57ça n'est pas des vacances
17:59pour la direction
17:59de France Télévisions.
18:00Je voudrais quand même
18:01vous dire qu'à Cannes,
18:02nous travaillons.
18:04Donc, voilà,
18:05Cannes, c'est du travail
18:06pour nous.
18:06Est-ce que ça vous choque,
18:07Paul Amart,
18:08ces nuits d'hôtel
18:09très chères à Cannes ?
18:10Mais évidemment.
18:12Évidemment.
18:12Vous n'y avez pas eu droit,
18:13vous, quand vous étiez
18:13sur le service public ?
18:14Mais pas du tout.
18:15Mais on avait
18:16des chambres normales.
18:17Mais franchement,
18:19je suis extrêmement choqué
18:20par l'utilisation
18:22plus qu'abusive
18:23de nos impôts.
18:25Bien sûr.
18:25Il y a comme une...
18:28Freud appelait ça
18:29un sentiment d'éternité
18:31quand on est au pouvoir,
18:32quand on est très puissant
18:34ou d'impunité.
18:35Et voilà.
18:35On est à la tête
18:36de ce service public.
18:39On reçoit 3 milliards...
18:40Là, je parle
18:41de l'audiovisuel public.
18:423 milliards d'euros par an
18:44et on le dépense.
18:45vous avez des enfants.
18:46Oui.
18:47Voilà.
18:48Imaginez que vous leur
18:48donniez beaucoup d'argent.
18:49Ce n'est pas vraiment
18:50leur argent.
18:51Ils pourraient le dépenser.
18:52Voilà.
18:52Ce n'est pas leur argent.
18:53Et ils n'ont pas
18:54de compte à rendre.
18:54Ils ne rendent pas
18:55de compte contrairement
18:56au privé.
18:57Mais Mona,
18:57est-ce que vous aussi,
18:58vous avez été sur le service
18:58public pendant des années,
19:00quand vous voyez
19:00ces chambres d'hôtels
19:01payées pour les grands patrons
19:03du service public
19:04pour être tranquilles à Cannes ?
19:05J'ai dit,
19:06ça a déjà des conséquences.
19:07Avant,
19:07ils envoyaient quasiment
19:08toutes leurs émissions à Cannes.
19:09Ils ont réduit
19:09le nombre d'émissions
19:10qu'ils vont envoyer
19:11dans quelques semaines
19:11au festival de Cannes.
19:12Est-ce que ça vous choque ?
19:13Bien entendu que ça me choque.
19:14Je pense que ce serait
19:15beaucoup plus utile
19:15de mieux loger les reporteurs
19:17qui sont par exemple
19:17plongés dans des pays
19:18en tumulte,
19:19des pays en guerre
19:20où il faut chipoter,
19:21chipoter parce qu'on n'entre pas
19:23dans le budget
19:24qui a été imposé.
19:25Je crois que l'audiovisuel public
19:27est un service
19:28beaucoup trop important
19:29pour la construction
19:31d'une nation.
19:32Je sais bien
19:32que le mot nation
19:34fait un peu frémir certains,
19:35mais la nation française
19:37s'effiloche.
19:38Il y a d'énormes problèmes
19:39et ce devrait être
19:39le lieu justement
19:40où la nation se retrouve,
19:42mais dans sa diversité
19:43précisément.
19:44Quand je regarde
19:45l'antenne,
19:45les antennes,
19:47et je sais,
19:47on sait nous
19:48comment on fait de la télé,
19:50on peut regarder,
19:51nous tous d'ailleurs,
19:53regarder avec des yeux
19:55de professionnels
19:56un peu les arrangements
19:57qui ne collent pas,
19:58enfin je vais dire
19:58la manière d'essayer
19:59de diriger l'opinion
20:02vers telle ou telle,
20:03pour qu'elle adhère
20:04à telle ou telle idée,
20:06ça ne va pas.
20:07C'est qu'une entreprise privée,
20:11qu'une télévision privée,
20:12encore la fréquence
20:13appartient au peuple,
20:13je suis d'accord là-dessus,
20:14mais que la télévision publique
20:16soit là pour essayer
20:17d'accompagner le pays
20:18au mieux alors que le pays
20:19est dans un chaudron,
20:21ce devrait être
20:21l'objectif commun.
20:22Et c'est l'utilité
20:24de cette commission précisément.
20:26Johan Uzay,
20:26ça vous choque
20:27toutes ces dépenses ?
20:28Non mais naturellement,
20:28c'est plus que choquant.
20:30Imaginez les Français
20:31qui nous regardent.
20:31Surtout dans la période actuelle,
20:32c'est ce que j'allais vous dire.
20:33Mais je vous disais
20:34dans mon premier propos
20:36que le service public
20:38était en guerre,
20:39en réalité,
20:40contre le Rassemblement national.
20:42Pourquoi ?
20:42Mais précisément
20:43parce que le Rassemblement national
20:44veut privatiser
20:45le service public.
20:46Et si le service public
20:47est privatisé,
20:48eh bien toutes ces personnes
20:49perdront leurs avantages.
20:50Il ne sera plus question
20:51à ce moment-là
20:51d'aller loger
20:52dans des suites
20:53aux Majestiques à Cannes.
20:55Ils devront faire
20:56des économies.
20:57Vous savez que
20:58ça a été dit dans le sujet
20:59les salariés de France Télévisions
21:01sont de manière générale
21:02font partie des 9% des Français
21:05qui gagnent le mieux leur vie.
21:06Donc voilà,
21:07ils sont en guerre politique
21:08contre un parti en France
21:10qui veut les privatiser
21:11pour préserver
21:12l'ensemble des avantages
21:13absolument scandaleux
21:14que nous sommes en train
21:15de commenter en ce moment.
21:16François de Rugy,
21:17sur la gabegie,
21:18les finances du service public,
21:21une entreprise
21:22qui perd énormément d'argent,
21:23je l'ai dit,
21:24plus de 80 millions d'euros,
21:25ça n'arriverait jamais
21:26dans le privé.
21:27Il n'y a pas un patron
21:28qui serait reconduit
21:29pour trois mandats
21:30en laissant une ardoise
21:32de moins 80 millions d'euros.
21:34Oui,
21:35ce qui m'a beaucoup choqué,
21:36moi,
21:36c'est la réaction
21:38des dirigeants,
21:39notamment Delphine Arnaud,
21:40à ces...
21:41Voilà,
21:41on les met devant la réalité,
21:43on les met devant
21:44ce qui a été découvert
21:45et ils traitent ça
21:46avec des involtures.
21:47C'est-à-dire,
21:47ils disent non,
21:48mais circuler,
21:49il n'y a rien à voir,
21:50voilà,
21:51bon,
21:51il y aura peut-être
21:51des petits changements,
21:52mais en fait,
21:53ils ne veulent rien changer
21:54et en gros,
21:55quand on les écoute,
21:56parce qu'il y a eu
21:56plein de gens
21:57qui ont été auditionnés
21:58de différents niveaux
21:59de responsabilité,
22:00on a l'impression
22:00que personne n'est responsable
22:01de rien.
22:02Vous avez cet adjoint,
22:03je ne sais pas
22:03s'il a été réélu,
22:04l'adjoint à la mairie de Paris,
22:05M. N'Gacha,
22:06ça a été déjà dit,
22:07il y avait déjà eu des articles
22:08et il cumule le fait
22:11d'être adjoint
22:11à la mairie de Paris,
22:12c'est-à-dire
22:12la ville capitale,
22:14il a une mission
22:15à l'international,
22:16c'est-à-dire qu'il multiplie
22:17les voyages à l'étranger
22:18dans le cadre
22:18de son mandat politique
22:19et il est un cadre dirigeant
22:21de France Télévisions
22:22et il n'est même pas
22:23à temps partiel
22:24et quand on lui pose
22:25la question,
22:25moi je peux vous dire,
22:26j'ai été adjoint au maire
22:27d'une ville six fois plus petite
22:28que Paris,
22:28c'est-à-dire Nantes,
22:30le boulot que j'avais à l'époque,
22:31je me suis mis à temps partiel
22:32la première année
22:32et à partir de la deuxième année,
22:33j'étais à temps plein
22:34comme adjoint au maire de Nantes,
22:36300 000 habitants,
22:37Paris,
22:372 millions d'habitants.
22:38Lui,
22:39il ne voit pas
22:39où est le problème
22:40et il dit,
22:41c'est la loi,
22:42j'ai le droit,
22:42il n'a évidemment
22:43eu aucune baisse de salaire
22:44à France Télévisions
22:45où il a un très gros salaire
22:46et les indemnités
22:47à la mairie de Paris
22:48sont assez importantes
22:49puisque c'est une grande ville.
22:50Et tout ça,
22:52il n'y a rien à changer
22:52et en fait,
22:54moi ce que ça m'inspire,
22:55c'est que dans ce type
22:56d'organisation,
22:57personne n'est responsable
22:57de rien.
22:58Il y a des dérives
22:59dans tous les sens,
23:00il y a en effet,
23:01parce que moi,
23:02se focaliser sur les notes d'hôtel,
23:03je comprends
23:04parce que c'est des symboles choquants
23:05mais c'est les 80 millions
23:07d'euros de déficit
23:08alors que les budgets
23:09ont augmenté.
23:10Je vous rappelle,
23:11je l'ai dit aussi
23:13devant la commission
23:14lorsque j'ai été auditionné,
23:15vous savez,
23:15il y a quelqu'un qui a dit
23:16le service public de la télé,
23:18c'est la honte de la République
23:19et il parlait de sa gestion,
23:21le gaspillage,
23:22la médiocrité des contenus
23:23et les relations incestueuses
23:25avec les producteurs.
23:26Vous savez qui est-ce
23:26qui a dit ça ?
23:27C'est Emmanuel Macron
23:28en décembre 2017.
23:30En décembre 2017.
23:31Donc vous voyez que le problème,
23:32alors évidemment,
23:33tout le monde après a dit
23:33non, non, non,
23:34on dit ça
23:35et ne vous inquiétez pas,
23:36etc.
23:37Mais vous voyez,
23:37il y avait déjà le sentiment
23:40qu'il y a quelque chose
23:40qui n'allait pas
23:41et en fait,
23:42rien n'a changé.
23:43On a continué
23:43et cette commission d'enquête,
23:45en fait,
23:46elle fait un peu le même constat
23:47que celui-là
23:48et j'espère, moi,
23:49j'espère maintenant
23:50que ça va changer.
23:51Alors le parquet national financier
23:52s'est déjà saisi
23:52d'un certain nombre de faits
23:54et je crois qu'encore plus grave
23:55que c'est Nude Hotel,
23:56c'est par exemple
23:57les contrats passés
23:57parce que là,
23:58c'est des contrats
23:58qui se chiffrent
23:59en dizaines de millions
24:00avec des sociétés de production,
24:02des personnes qui passent
24:03de cadre de France Télévisions
24:05à cadre de la société de production
24:06mais entre les deux,
24:07ils ont touché
24:07une indemnité de licenciement
24:08pour certains
24:09de 400 000 euros.
24:10Vous vous rendez compte,
24:11c'est illégal en plus,
24:12c'est illégal
24:12du droit du travail.
24:13Et Jacques Cardot a dit
24:14lors de ses auditions
24:15que certaines personnes
24:17étaient parties
24:18du service public
24:19avec de grandes indemnités
24:20pour ne pas critiquer
24:22le service public
24:23sans doute.
24:24Pour ne pas critiquer
24:24le service public ensuite
24:25ou pour ne pas raconter
24:26ce qui s'y était passé
24:28et donc c'est des révélations
24:30qui vont peut-être donner lieu
24:31à d'autres révélations ensuite
24:33et à des articles 40
24:34et à de la justice saisie.
24:36Et rappelons,
24:36Mémona Interman
24:37il faisait référence
24:38mais je ne sais pas
24:38si tout le monde
24:39en s'en souvenir,
24:40Mathieu Gallet
24:41qui était président
24:42de Radio France,
24:43il a été poussé vers la sortie
24:45suite à un règlement
24:46de compte interne
24:46parce que tout le monde
24:47sait très bien
24:47que c'était un règlement
24:48de compte interne
24:48pour simplement
24:49avoir changé son bureau
24:50et avoir acheté un bureau
24:52qui a été considéré
24:53comme trop cher.
24:53Mais c'est tout.
24:54Et des notes de taxi
24:55quand il était président
24:56de l'INA
24:56de l'Institut National
24:57de l'AudioVusel.
24:58Mais il a été viré.
24:59Non, non, l'INA
25:00c'était sa successeur
25:02qui avait été incriminé.
25:03Et là,
25:03il ne se passe rien
25:05et la présidente
25:06de France Télévisions
25:06a été reconduite deux fois
25:07ce qui est en effet
25:08assez surprenant.
25:08Alors, voyez un autre extrait
25:09sur le nombre de salariés,
25:11sur les rémunérations
25:12au sein du service public.
25:15Lors de cette commission,
25:17le grand public
25:17a découvert l'ampleur
25:18de la machine
25:19France Télévisions
25:20à commencer par ses effectifs
25:22environ 9000 salariés
25:23avec une rémunération moyenne
25:25plutôt confortable.
25:27Ces 9000 salariés
25:28sont payés
25:28en moyenne
25:2972 000 euros par an
25:31ce qui les situe
25:31parmi les 9%
25:33des Français
25:33les mieux rémunérés.
25:34Donc on voit aussi
25:35le cadre social
25:36qui est quand même
25:37très confortable
25:38chez France Télévisions.
25:40On a une trentaine
25:41de directeurs
25:42de France Télévisions
25:43qui gagnent plus
25:43que le salaire
25:44du président de la République.
25:46Si c'est un médecin,
25:48si c'est des soignants,
25:50si c'est des directeurs
25:51d'école,
25:51des enseignants,
25:52on peut l'entendre.
25:53On a vraiment besoin de ça.
25:54Mais autant de gens
25:55qui gagnent autant d'argent,
25:57ça dit quelque chose,
25:58c'est que l'argent est là
25:59et est-ce qu'il est
26:01si bien employé que ça ?
26:04Parmi eux,
26:05certains bénéficieraient même
26:06de conditions
26:07particulièrement avantageuses.
26:08C'est le cas
26:09de Nathalie Darigrand,
26:10ancienne directrice
26:11des programmes
26:12de France 5,
26:13partie du groupe
26:13avec un important parachute financier
26:15avant de rejoindre
26:16une structure
26:17liée à l'un
26:17de ses anciens clients.
26:20Madame Darigrand
26:21qui était l'ancienne
26:23directrice de France 5,
26:24qui a été directrice
26:25des programmes numéro 2
26:26de France Télévisions,
26:27qui a signé
26:27des contrats importants
26:29pour la société privée
26:31Two-Gaiseur Média,
26:32des contrats d'émission
26:33de France 5
26:34qui se fait licencier
26:35de France Télévisions,
26:36qui prend près
26:37400 000 euros
26:38d'indemnités de licenciement,
26:39un montant
26:39extrêmement important.
26:41L'indemnité
26:42de mon licenciement
26:42est une indemnité
26:43illégale.
26:44C'est vrai que ça
26:45ne peut paraître
26:45une somme importante.
26:47Pour basculer
26:48dans la société
26:49de production
26:50Two-Gaiseur Média
26:50à la tête
26:51de ces mêmes émissions
26:52qu'elle avait signées.
26:5572 000 euros
26:56par an
26:56de moyenne,
26:57c'est quand même
26:58des salaires
26:58très importants,
26:59Jules Torres.
26:59Oui,
26:59c'est des salaires
27:00qui sont extrêmement
27:01importants.
27:01On peut aussi rappeler
27:03qu'il y a,
27:03je crois,
27:04une vingtaine
27:05de personnalités
27:05de l'audiovisuel public
27:06qui, par exemple,
27:07sont mieux payées
27:07que le président
27:08de la République,
27:09qu'il y a
27:09des ultra-privilégiés
27:11largement,
27:12qui gagnent
27:12plus de 300,
27:13350 000 euros
27:14par an.
27:15Mais ce qui est intéressant,
27:16c'est le dernier point,
27:16moi, je trouve,
27:17c'est sur l'externalisation
27:18parce que ça,
27:18c'est quelque chose
27:19que, à mon avis,
27:20les Français
27:20et les observateurs
27:21même ne connaissaient pas
27:22avant cette commission
27:23d'enquête.
27:24C'est-à-dire que
27:24dans les 4 milliards
27:25d'euros
27:25de l'audiovisuel public,
27:27c'est-à-dire que
27:27ce n'est pas seulement
27:28des personnes
27:29de l'audiovisuel public
27:29qui sont payées,
27:30c'est-à-dire qu'on fait appel
27:31à des personnalités privées.
27:32Par exemple,
27:33M. Cohen,
27:34les éditos
27:34qui font le matin
27:35sur France Inter,
27:36c'est payé par l'audiovisuel public.
27:38Mais en revanche,
27:38le soir,
27:38quand il est sur France 5
27:40dans l'émission,
27:40c'est à vous,
27:41c'est une société de production.
27:42Et donc,
27:42il est payé
27:42par la société de production.
27:44Et pendant cette commission
27:45d'enquête,
27:45on a voulu savoir,
27:46finalement,
27:46les salaires
27:47parce que ça reste quand même
27:47des salaires miroblants.
27:49Et en tant que,
27:49finalement,
27:50c'est quasiment des agents
27:50de l'État,
27:51les journalistes du service public,
27:52eh bien,
27:52on pourrait savoir les salaires.
27:54Et là-dessus,
27:54Omerta.
27:55Omerta,
27:55ça veut donc dire
27:56que les salaires
27:56sont absolument miroblants
27:58pour ne pas dire indécent.
27:59Oui, Johan.
28:00Je suis également
28:01très heureux
28:02de cette commission
28:03parce qu'elle a permis
28:04de faire tomber les masques
28:05et de révéler
28:07qui étaient les tartuffes.
28:09Parce qu'Élise Lucet,
28:10pardonnez-moi,
28:11qui passe son temps
28:11à courir
28:12derrière les dirigeants
28:13du 440
28:14qui, eux,
28:15sont payés
28:15par les entreprises privées.
28:16Il n'y a pas un euro
28:19qui arrive d'argent public.
28:20D'accord ?
28:21Elle passe son temps
28:22à courir
28:22après ces messieurs
28:23et après ces dames
28:24pour savoir
28:24quel est leur salaire
28:25est-ce qu'ils font
28:25de leur argent
28:26et elle-même,
28:28interrogée sous serment
28:29par cette commission
28:30d'enquête,
28:32refuse de dévoiler
28:33son salaire.
28:34C'est quand même
28:35ahurissant.
28:35Et en plus,
28:36elle l'assume.
28:36Elle ne tremble pas
28:37à Mme Lucet.
28:38Elle est heureuse
28:39devant Charles Lalonde
28:39qui doit dire
28:40pas du tout,
28:40M. le Président,
28:41M. le Rapporteur,
28:42moi, je ne vais pas
28:43vous dévoiler
28:43mon salaire
28:45alors que son job
28:46consiste à courir
28:47derrière les gens
28:47pour savoir
28:48combien il gagne.
28:48Alors qu'elle disait
28:49que c'était 25 000 euros
28:50de l'exemple.
28:50Oui, François de Rugy.
28:55ministre, par exemple,
28:56pendant trois ans,
28:57même s'il a été ministre
28:58trois mois,
28:59il ne peut pas travailler
29:00pour une entreprise
29:02avec laquelle il a eu
29:03à traiter
29:03quand il était ministre.
29:04Et c'est bien normal.
29:04Et c'est normal.
29:05C'est une règle
29:06de refus
29:07des conflits d'intérêts
29:08même si on finit
29:08par créer aussi
29:09des silos
29:10qui font que les politiques
29:11ne peuvent plus faire
29:12que de la politique
29:13ou être dans le service
29:14d'être fonctionnaire.
29:15Mais toutes ces règles-là,
29:17d'ailleurs,
29:17Mme Lucet ou les autres
29:18trouvent que ce n'est pas assez.
29:19Il faudrait encore
29:20en rajouter, etc.
29:21Et là, on a des cadres
29:23d'une entreprise publique,
29:25qui ensuite vont travailler
29:26dans l'entreprise privée
29:27à qui ils ont donné
29:28des contrats.
29:29Vous vous rendez compte
29:29du niveau de conflit d'intérêts ?
29:30Évidemment, ça,
29:31le grand public ne le savait pas
29:32et c'est la commission d'enquête
29:33qui a permis de le révéler.
29:35Cette commission d'enquête,
29:36pardon Paul,
29:36juste une petite chose
29:37que vous voudriez préciser.
29:38Je trouve que cette commission d'enquête,
29:39malheureusement,
29:39elle a été un peu discréditée
29:42par, je trouve,
29:43en ayant regardé de l'extérieur,
29:44par le président
29:45de la commission d'enquête
29:46parce qu'il a lui-même
29:48dit que le rapporteur
29:50faisait rendez,
29:53donner une atmosphère
29:53de politique spectacle.
29:55Mais bien évidemment,
29:56à partir du moment
29:57où on parle de la télé,
29:58la télé, c'est tellement vivant
29:59et puis ce sont des personnages
30:00que les gens retrouvent,
30:00qu'ils reconnaissent, etc.
30:02Et donc, il y a quantité d'affects
30:03qui sont apparus,
30:04des prises de position.
30:06Si on avait parlé
30:07de l'industrie de l'engrais,
30:09ça aurait été moins sexy.
30:10Il y aurait eu moins d'affects.
30:13Je pense que ça,
30:14c'est dommage
30:14d'avoir quand même cassé
30:16un peu cette idée
30:17qu'il fallait aller jusqu'au bout
30:19et interroger les gens.
30:20Mais on va voir
30:21et à mon avis,
30:21il va aller jusqu'au bout
30:22et on espère que le rapport
30:23sera publié,
30:24sinon ça serait un acte de censure
30:25absolument insupportable.
30:26Mais le vote va être
30:27à main levée.
30:28Ce n'est pas la même chose
30:28que si ça avait été
30:29à bulletin secret.
30:30Là, chacun saura
30:32qui a fait quoi.
30:33Paul Amart.
30:35Et puis,
30:35je vais vous laisser développer,
30:36mais à la fin,
30:36j'aimerais que vous me disiez
30:38quelle est la première chose
30:39selon vous,
30:39à changer dans le service public
30:41pour que ça aille mieux.
30:43Revenir aux missions originelles,
30:45déjà,
30:47mais je pense qu'il faut...
30:48Vous savez,
30:49je vais faire une comparaison
30:50avec un temps
30:50que vous n'avez pas connu,
30:51celui de l'ORTF,
30:53quand le service public,
30:54enfin la télé,
30:55était aux ordres du pouvoir.
30:56Et on a fait en sorte,
30:57ma génération,
30:58on a fait en sorte
30:59que l'audiovisuel
31:00devienne indépendant.
31:01On est dans le même schéma
31:04aujourd'hui.
31:05Ce qu'il se passe aujourd'hui,
31:06ce qu'on découvre là,
31:07c'est explosif.
31:09Pour avoir vécu aux Etats-Unis,
31:11je peux vous dire
31:12que le comportement,
31:13par exemple,
31:13de messieurs Pigasse et Niel
31:16vis-à-vis du rapporteur
31:17met aux Etats-Unis
31:18dans une commission d'enquête,
31:20il n'aurait pas tenu
31:2030 secondes.
31:22Ils auraient été aussitôt
31:23exfiltrés.
31:24Je n'ai jamais vu
31:25des personnes auditionnées
31:26se montrer aussi violentes
31:28à l'égard du rapporteur
31:30d'une commission d'enquête
31:32parlementaire.
31:32Aux Etats-Unis,
31:33quand il y a eu
31:33la commission d'enquête
31:34sur le Watergate,
31:35elle a abouti à quoi ?
31:36À la démission
31:37du chef de la Maison-Blanche,
31:39de Richard Nixon.
31:41Moi, je ne comprends pas
31:43que ce rapport-là,
31:45en tout cas,
31:45cette commission d'enquête
31:46dont on connaît
31:46les résultats,
31:47n'aboutissent pas,
31:48je vais le dire clairement,
31:49je vais le dire brutalement,
31:50à la démission
31:51de Mme Ernotte.
31:52Tout simplement.
31:52Parce que je vous ai demandé
31:53quelle est la chose à changer
31:55pour que ça aille mieux.
31:56En fait, vous me dites
31:57que la chose à changer,
31:57c'est Delphine Ernotte.
31:58C'est d'abord le départ,
32:00moi je peux le dire,
32:01c'est d'abord le départ
32:03de Mme Ernotte.
32:04Je ne suis pas sûr
32:05qu'il faille,
32:05je suis très attaché
32:06au service public.
32:07Je reste très attaché
32:08tout en ayant travaillé
32:09dans les entreprises privées.
32:11Et je pense au personnel,
32:13je pense au personnel
32:14qui doit souffrir,
32:15il doit nous regarder ce soir.
32:16Il a dû regarder
32:17ce documentaire
32:18qui est accablant
32:19pour l'image
32:20du service public.
32:21Vous savez que
32:22de très nombreuses personnes
32:23aujourd'hui
32:23de l'audiovisuel public
32:24sont au bord du burn-out
32:26depuis très très très longtemps.
32:27parce qu'on parle
32:29de toutes ces dérives
32:29mais on ne parle pas
32:30du mode de fonctionnement
32:32en interne,
32:33de la tyrannie
32:34qui est exercée
32:35sur les personnels.
32:36Je pense à eux.
32:37Donc moi je pense
32:37qu'aujourd'hui
32:38il faut un choc,
32:39un changement déjà
32:41de président.
32:42Il faudrait que l'ARCOM
32:42aussi sans hésis
32:43regarde les bilans
32:45des trois mandats
32:46de Mme Ernotte,
32:47étudie attentivement
32:49ce rapport
32:50de M. Aloncle
32:51et prenne des décisions.
32:53Tout simplement.
32:54Mais Mona,
32:55vous vouliez ajouter quelque chose ?
32:56Pour avoir été à la fois
32:57dans le chaudron
32:58de la télé
32:58et chez les régulateurs
33:00de l'audiovisuel
33:00qu'il faut absolument
33:02changer le mode
33:03de nomination
33:04des présidents
33:05de l'audiovisuel public.
33:06Il faut le changer.
33:07En quel honneur ?
33:08Quelques personnes
33:09autour d'une table
33:10ayant un parcours
33:11dans l'audiovisuel
33:12ou pas,
33:13ensemble,
33:14s'entendent
33:14pour procéder
33:15à des nominations
33:16qui sont si importantes
33:17quand même ?
33:18Par exemple,
33:18France Télé,
33:19c'est 9000 personnes.
33:214000 lesquelles
33:22pour Radio France ?
33:23Au fond,
33:24l'Assemblée nationale
33:26et le Sénat
33:28probablement
33:28sont le lieu
33:29où la diversité
33:30des points de vue
33:30le pluralisme
33:31devrait permettre...
33:32Ce sera génial !
33:33Devraient permettre...
33:34Non mais,
33:35en tout cas,
33:35pas un ordinateur.
33:36Écoutez,
33:37on peut discuter
33:38mon point de vue
33:39et je l'admets absolument.
33:41Je trouve
33:42que ce n'est pas le lieu.
33:43Je trouve
33:43que l'indépendance,
33:45je trouve,
33:46je le souligne,
33:47l'indépendance
33:48n'est pas toujours
33:49là,
33:50le jour précis.
33:51Qu'est-ce qu'on doit
33:52changer dans le service public
33:53pour que ça aille mieux,
33:54François de Rugy ?
33:54Alors,
33:55moi,
33:55je pense qu'en effet,
33:56la décence commanderait
33:57qu'il y a un certain nombre
33:58de dirigeants
33:59dont la présidente démissionne
34:00quand on voit
34:01les conditions
34:01dans lesquelles...
34:02Merci, François.
34:03Certains ont démissionné,
34:04si vous me permettez,
34:05pour beaucoup moins que ça.
34:06Oui,
34:06voilà,
34:06no comment.
34:08Mais ce que je veux dire,
34:09c'est qu'il ne suffit pas
34:10de changer les personnes.
34:11Il faut aussi changer le système.
34:13Et moi,
34:13je crois,
34:14je ne suis pas un professionnel
34:14de l'audiovisuel,
34:15mais au moins,
34:15je connais bien
34:16les organisations publiques,
34:17puisque j'ai été à la tête
34:18d'un ministère
34:19qui comptait 70 000 agents,
34:21que plus c'est gros,
34:22plus c'est sclérosé,
34:23plus c'est ingouvernable,
34:25plus il y a des baronies
34:28qui se constituent,
34:28Le pouvoir des syndicats
34:29dans ces maisons.
34:29Voilà.
34:30Et donc,
34:30je pense qu'en fait,
34:31il faudrait redécouper.
34:33Il y avait un funeste projet,
34:35heureusement,
34:35je crois qu'il a été abandonné,
34:36qui voulait mettre ensemble
34:38France Télévisions
34:38et Radio France.
34:39C'est pas à le faire.
34:40Vous n'imaginez pas
34:41le monstre que vous créez
34:43partout,
34:43qui,
34:44je le rappelle,
34:44est en situation de monopole
34:46sur l'information radio et télé
34:48dans beaucoup de régions de France.
34:50Dans beaucoup de villes de France,
34:51la seule information
34:52que vous avez à la télé
34:53ou à la radio,
34:54elle est publique.
34:55Et donc,
34:55si on recrée
34:56des chaînes publiques
34:57qui seraient un peu
34:58en concurrence entre elles,
34:59pour lesquelles il y aurait
35:00de l'émulation,
35:01pour lesquelles il y aurait
35:02du coup plus de pluralisme,
35:03eh bien,
35:03je crois qu'on rendrait service
35:04au paysage audiovisuel français.
35:06Le mot de la fin avec vous,
35:07Jules Thores.
35:07Le rapport va donc être remis lundi.
35:09Il sera soumis
35:10au vote des députés
35:11de cette commission
35:12la semaine d'après,
35:14et ensuite,
35:14on l'a dit,
35:15ce rapport peut donner lieu
35:16à des articles 40,
35:18à de nouvelles enquêtes
35:19du parquet national financier,
35:20voire plus.
35:21Il faut bien comprendre
35:22que si ce rapport est voté
35:24ou s'il n'est pas voté,
35:25ça change du tout au tout.
35:26C'est-à-dire que
35:27s'il n'est pas voté,
35:27vous l'avez dit,
35:28on le renvoie
35:29au calendre grec.
35:30Les documents,
35:31c'est-à-dire
35:32toutes les 70 auditions
35:33et les plus de 300 heures d'audition,
35:35on ne les reverra plus jamais.
35:37S'il est voté,
35:38en revanche,
35:38il peut en effet y avoir
35:39des préconisations,
35:41il peut y avoir
35:41des articles 40
35:42et il peut y avoir
35:43un changement,
35:44un changement
35:44que les Français veulent.
35:45Et puis,
35:45il était quand même
35:46au cœur de cette commission d'enquête
35:48et au cœur de ce documentaire,
35:49c'est Charles Aloncle
35:49qui a une révélation politique,
35:51tant et si bien aujourd'hui,
35:52Jules,
35:52qu'on parle de lui
35:53pour succéder à Éric Ciotti
35:54à la tête du groupe UDR,
35:56à l'Assemblée nationale,
35:56qu'Éric Ciotti va quitter
35:57puisqu'il est devenu maire de Nice.
35:59Absolument,
35:59pour l'instant,
35:59c'est le favori
36:00pour récupérer ce groupe-là
36:01et c'est vrai que
36:02le titre Seul contre tous,
36:03il est extrêmement juste
36:04parce qu'on a vu Charles Aloncle
36:05avec des moyens quand même
36:06qui ne sont pas
36:07des moyens considérables.
36:08Vous avez deux ou trois collaborateurs,
36:10vous avez du personnel
36:11de l'Assemblée
36:12qui vous aide notamment
36:13pour l'écriture du rapport
36:15mais il a fait ça
36:16contre tout un système,
36:18contre toute une caste médiatique.
36:19Vous l'avez trouvé comment
36:19en tant qu'ancien président
36:20de l'Assemblée nationale,
36:21Charles Aloncle ?
36:22Moi, je l'ai dit
36:22quand j'ai été auditionné,
36:24j'ai salué le travail
36:25et j'ai dit,
36:26ça je l'ai dit,
36:27comme ça c'était enregistré
36:28et c'était public,
36:29que je souhaitais
36:29que le rapport soit publié
36:31et je tiens à souligner
36:32que dans l'histoire
36:32de l'Assemblée nationale,
36:33ça n'y arrivait qu'une seule fois
36:34qu'un rapport ne soit pas publié
36:36par un vote d'ailleurs
36:38qui était pour le moins étonnant
36:39entre des députés
36:40de gauche et de droite
36:41qui s'étaient entendus
36:42pour refuser la publication
36:43d'un rapport
36:44sur le financement des syndicats.
36:45Et pourquoi ?
36:46Parce que ce rapport
36:47avait quand même révélé
36:48qu'il y avait des choses
36:49inavouables dans le financement
36:50des syndicats
36:50qui auraient dû appeler
36:52ensuite des réformes.
36:52C'était du temps
36:54où Sarkozy était président
36:55de la République
36:55entre 2007 et 2012.
36:57Et heureusement,
36:58ça n'est arrivé qu'une seule fois
37:00depuis...
37:00Donc ça serait un scandale
37:01s'il n'était pas publié.
37:02Évidemment.
37:02Il y a eu énormément
37:03de commissions d'enquête depuis
37:04parce qu'il y en a de plus en plus
37:05puisque chaque groupe
37:06peut en faire au moins une par an.
37:08Donc il y a 11 groupes
37:09à l'Assemblée nationale
37:09donc il y a énormément
37:10de commissions d'enquête.
37:11Et c'est un travail utile.
37:13N'oublions pas que
37:14le rôle des députés
37:15c'est de faire la loi,
37:16c'est de voter la loi,
37:17le budget,
37:18mais aussi d'évaluer
37:19les politiques publiques,
37:20de contrôler l'action de l'État
37:22et ça en fait partie
37:23puisque c'est un budget
37:24en effet de 4 milliards d'euros par an.
37:25Donc votre successeur,
37:26Yelbrun Pivet,
37:27elle a eu tort
37:27quand elle a rappelé
37:28à l'ordre publiquement
37:28sur France Inter,
37:29Charles Aloncle ?
37:30Je pense que tout le monde
37:31s'est un peu emballé
37:32et qu'il fallait en effet
37:33laisser la commission
37:35faire son travail.
37:36J'ai vu d'ailleurs
37:36que le président
37:37Jérémy Patriellitus
37:38qui n'était pas toujours d'accord
37:39avec le rapporteur,
37:40il s'est quand même énervé lui-même
37:43quand Xavier Niel
37:44a osé dire
37:45qu'on l'avait maltraité
37:47alors qu'en fait
37:47c'est lui qui a essayé
37:48de se soustraire
37:49à l'audition
37:49de la commission d'enquête
37:50de l'Assemblée nationale.
37:51Dernier mot, Paul Amard.
37:52Mais alors très court
37:53sous forme de question,
37:54moi je suis troublé justement
37:55par le fait que
37:56toute la Macronie
37:57a tenté de l'empêcher
37:59alors qu'il était
37:59très bien informé,
38:00qu'il a été très consciencieux,
38:01qu'il a fait son boulot
38:02et qu'il a donné
38:03des vraies informations
38:04et de vraies révélations.
38:06Pourquoi toute la Macronie
38:08jusqu'à la présidente
38:09de l'Assemblée nationale
38:09s'est-elle mobilisée
38:11pour l'empêcher ?
38:12Je pose simplement
38:13cette question.
38:13Vous l'avez trouvé bon aussi
38:14Mémona ?
38:15J'ai trouvé qu'il a fait
38:15un travail utile
38:16et par moment très courageux
38:18du jeune député.
38:19Merci à tous,
38:20merci à tous les cinq
38:21d'avoir été là
38:21pour débriefer
38:22ce long format
38:23sur le service public,
38:25sur la commission d'enquête
38:26et sur Charles Lalonde
38:27Seul contre tous.
38:28Mickaël Dorian,
38:28désolé,
38:29on a pris un peu de votre temps.
38:30Le meilleur de l'info,
38:31la suite du 22h minuit
38:32de CNews avec vous.
38:33Quel est le programme ?
38:34Oui, bonsoir Gauthier.
38:35On va parler d'Emmanuel Macron
38:36ce soir avec son grand séminaire
38:37à l'Elysée
38:38avec près de 500 maires de France.
38:40On sera avec l'un d'entre eux,
38:41Éric Strootman,
38:42maire de Colmar,
38:43dans un instant.
38:43Il va nous raconter cette journée
38:45et puis on parlera
38:45de l'Espagne,
38:46de ce vaste plan
38:47de régularisation
38:48et donc d'entrer
38:49dans l'espace Schengen
38:50de 500 000,
38:51d'un demi-million
38:52de sans-papiers.
38:54On a Pedro Sanchez
38:55qui nous dit
38:56que c'est une nécessité.
38:57Nous, on va essayer
38:57surtout de comprendre
38:58les conséquences
38:59d'une telle mesure.
39:00Mickaël Dorian,
39:01c'est tout de suite
39:02après la pause.
39:03Lundi, c'est Johan Huzay
39:04que vous retrouvez
39:05le matin et le soir.
39:06Grosse pression.
39:07Et le soir.
39:08Et moi, je vous dis
39:09à dans 10 petits jours.
39:10Très belle soirée
39:11sur CNews.
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