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  • il y a 2 heures
Sofiane Pamart ouvre un nouveau chapitre avec son nouvel album, "Movie". Le pianiste s'est arrêté au studio d'À la régulière pour s'entretenir avec Mehdi Maïzi de son parcours et de la genèse de ce projet d'ampleur, avant un autre grand moment : le Stade de France en 2027.

Plus d'infos : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere/a-la-reguliere-du-mercredi-15-avril-2026-1754107

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00:10Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans La Régulière, l'émission de Toutes les cultures.
00:14Ce soir, je reçois Sofiane Pammar, probablement le pianiste le plus cool au monde.
00:18Un artiste qui remplit des salles comme des rappeurs, qui pense ses concerts comme des films,
00:22formé au conservatoire, chevalier des arts et des lettres, nourri à Chopin, Ravel et Debussy,
00:26mais aussi construit par 113 et par MC Solar. Longtemps, on l'a appelé le pianiste des rappeurs.
00:31Aujourd'hui, c'est lui la figure centrale, des studios de rap au Bercy complet,
00:35des aurores boréales à la cérémonie des Jeux Olympiques de Paris et bientôt, en 2027, un Stade de France.
00:40Il revient cette semaine avec un quatrième album intitulé Movie au casting spectaculaire.
00:45Christian and the Queen's, Nelly Furtado, Sia, Wyclef ou encore Réma sont de la partie.
00:49On va en parler pendant une heure. Sofiane Pammar est avec nous à La Régulière.
00:56A La Régulière, Medimizing.
01:17Ça, c'est un extrait de Luna sur un album précédent.
01:21Sofiane, merci d'être là. Comment vas-tu à l'orée de la sortie de ce nouvel album ?
01:27Demain à minuit, l'album ne m'appartient plus qu'à moi seul.
01:31Enfin, je vais pouvoir le partager.
01:33J'attendais ce moment et en fait, plus je me rapproche, plus je savoure les secondes qui me restent, les
01:37heures qui me restent où il est encore rien qu'à moi.
01:40Donc, je suis assez excité et en même temps, j'ai appris à profiter de ces moments-là qui en
01:45fait disparaissent beaucoup trop vite.
01:46Oui, complètement. Alors, évidemment, on va discuter de ta carrière, mais l'actualité, c'est ce disque-là.
01:51Et ce qui est quand même intéressant, même avant de l'écouter, mais ne sais pas, quand on regarde le
01:54track listing, et c'est encore plus vrai, je crois, quand on l'écoute, c'est le casting, je le
01:57disais en introduction.
01:58Il y a une visée peut-être plus pop.
02:02Moi, je n'ai pas l'impression que tu aies changé ta manière de faire de la musique, mais il
02:05y a un casting qui est fou, peut-être aussi une visée plus internationale.
02:07C'est ce que tu voulais avec ce quatrième album frapper peut-être plus grand.
02:11Et est-ce que c'était ton blockbuster, en fait ?
02:13J'ai un peu ce sentiment-là parce que toi, malgré ton nom, malgré ton succès, tu as toujours eu
02:17des projets quand même qui sont restés assez intimistes, très personnels.
02:21Est-ce que là, c'est autre chose, justement ?
02:24J'ai commencé par des projets en effet très intimistes avec juste le piano comme seule couleur.
02:29Ou exception avec là, ce qu'on vient d'entendre, c'est un morceau que j'ai joué au Rhodes.
02:32Mais sinon, finalement, je n'avais que 88 touches.
02:36J'ai fait un premier album, Planète, où j'ai commencé par un tour du monde.
02:40Un tour du monde pour pouvoir mieux me comprendre et pour pouvoir découvrir à l'intérieur ce que j'avais
02:44à raconter, à présenter comme première identité artistique.
02:47Le deuxième album, Letter, toujours au piano, j'écris une histoire, une lettre d'amour à mon public avec la
02:54track list où chaque mot qui est dans la...
02:57dans la track list de cet album représente un bout d'une phrase pour déclarer ma flamme à mon public.
03:03Finalement, le troisième album dont on vient d'écouter un extrait, j'explore La Nuit d'Amérique Latine.
03:08Noche donc ?
03:08Noche et je compose uniquement La Nuit.
03:11Et quand j'ai terminé tout ça, je me suis dit, j'ai l'impression d'avoir vraiment été au
03:16bout d'une trilogie de piano solo.
03:18Et j'allais continuer et finalement, je me suis rendu compte qu'il me manquait de nouvelles couleurs, qu'il
03:23fallait que je commence une nouvelle ère, que j'ouvre de nouvelles perspectives.
03:27Et à ce moment-là, je pouvais me permettre aussi d'avoir plus de moyens pour réfléchir à un autre
03:32projet.
03:33Je n'avais plus aucune limite.
03:34Donc j'ai tout posé sur la table, j'ai réfléchi, j'ai exploré des choses.
03:37J'ai commencé par travailler avec un orchestre.
03:39J'ai commencé par imaginer que serait ma musique si jamais je lui donnais des violons, des altos, des violoncelles,
03:48des contrebases, donc tout le pupitre de cordes, mais aussi des clarinettes au bois, quelques percussions, mais très légères.
03:54Le pupitre de cuivre que j'aime utiliser plutôt en renfort, en soutien pour donner un peu de corps, mais
04:00c'est tout.
04:01Et j'ai commencé à découvrir ma patte orchestrale.
04:04C'était la première fois que je composais pour l'orchestre.
04:07Je me suis rendu à Prague pour ça, avec l'orchestre philharmonique de Prague.
04:10J'ai ajouté cette couleur-là.
04:11Puis, j'en ai voulu encore plus.
04:14J'ai commencé à me dire, et si jamais, en plus de cet orchestre, j'invitais des acteurs, parce que
04:22l'album s'appelle Movie, et j'aime trop les exercices stylistiques où j'ai un thème et que je
04:27dois décliner au sein d'un album.
04:28Ce que tu as fait sur tous tes albums, en fait.
04:29Exactement, dans mes albums solos.
04:30Et je me suis dit, si c'était la première fois que j'invitais des voix, quelles seraient ces voix
04:34? Qui seraient les acteurs qui pourraient jouer dans Movie ?
04:38Donc, c'est vraiment ça. C'est un film avec une galerie de personnages, en fait. Et chaque popstar, parce
04:44qu'on peut parler de popstar, interprète un rôle, finalement.
04:46Alors, ils interprètent. C'est un film, tu sais, j'adore les films qui sont basés sur une histoire vraie.
04:51Parce que c'est des films où, tout de suite, je sais que ce n'est pas de la fiction.
04:53Et ça me prend encore plus au trip, parce que je me dis, là, c'est pour de vrai. Il
04:57n'y a pas de triche.
04:58Même si j'adore aussi la fiction, mais il y a quelque chose avec cette phrase, à chaque fois, elle
05:01m'interpelle quand je la vois.
05:03Et j'avais envie de faire un film comme ça.
05:05Donc, chaque artiste raconte sa vie pour de vrai.
05:08Mais en même temps, chaque artiste joue le rôle d'un film et d'une direction artistique que je leur
05:13propose.
05:14Et je suis très reconnaissant d'avoir eu des gens qui ont accepté de jouer le jeu.
05:18Tu as dit quelque chose, mon avis d'important, c'est qu'après le troisième album, tu as eu plus
05:22de moyens et il n'y a plus aucune limite.
05:24Et moi, c'est un peu ça que j'ai en tête quand je te vois. J'ai l'impression
05:28que, effectivement, tu es un pianiste et tu le revendiques et tu l'incarnes.
05:32Il n'y a pas de problème. Tu es fier de ça. Mais en fait, effectivement, à chaque fois, plus
05:35tard, il avance.
05:35Et puis, il y a des barrières qui tombent et des barrières qui sont quand même assez surprenantes pour quelqu
05:39'un, sans manquer de respect au pianiste, mais qui joue du piano.
05:41C'est-à-dire que, effectivement, ce n'est pas la chose la plus populaire au monde, la plus fédératrice
05:44d'aller voir quelqu'un avec un piano.
05:46Il s'avère que, je l'ai dit, tu as rempli des salles importantes. Il s'avère, et je pense
05:49que c'est une annonce qui a surpris, enfin surpris, quand on connaît ton parcours, non, et ton ambition, pas
05:53forcément.
05:54Mais qui peut être surprenant de voir Sofiane Pamar qui va donc remplir un stade de France en 2027.
05:59Est-ce que tu te rends compte de ce côté, justement, toutes ces barrières que tu fais tomber ? Parce
06:03que tu les fais tomber pour toi, mais peut-être aussi pour les autres aussi.
06:06Parce que, consciemment ou inconsciemment, tu es un peu leader de quelque chose. Je ne sais pas quoi exactement, mais
06:11tu vois, tu es un peu chef de file de ça.
06:12Est-ce que tu te rends compte de ces barrières que tu fais tomber, en fait ?
06:15J'en ai vraiment conscience, surtout que j'ai l'impression de me mettre au service de cette cause que
06:20tu viens de décrire.
06:21J'ai vraiment l'impression que, par le piano, je peux incarner un mouvement d'espoir, positif, dans un monde
06:27qui a quand même besoin de paix, de douceur.
06:30Et je pense que ça peut être représenté par le piano. Mais pas uniquement par la musique, aussi par le
06:36mouvement qu'on crée autour.
06:37Évidemment, le fait de me produire dans des grandes salles comme celles que tu viens de citer, ça incarne un
06:43acte très populaire, où à ce moment-là, tout le monde, tout le monde, tout le monde est réuni.
06:47Et moi, j'ai envie de réussir le grand écart entre les salles classiques d'opéra, les philharmonies, donc c
06:52'est des salles dans lesquelles je me produis plus sur une base plus mensuelle ou hebdomadaire,
06:57donc j'y vais beaucoup plus souvent, et les salles qui, à la base, ne sont pas forcément faites pour
07:02des gens comme toi, entre guillemets.
07:03Exactement, pour des musiciens. Et en fait, si jamais j'arrive à réussir ce grand écart, d'un seul coup,
07:09ceux qui vont fréquenter ce type de salles, ils vont se retrouver dans l'autre, et vice-versa.
07:13Et ça, c'est ma plus grande fierté. C'est quand j'arrive à...
07:17À mélanger les mondes, en fait.
07:18Voilà, c'est ça.
07:18Moi, je t'ai vu quelques fois, notamment à l'Olympia, tu avais une série de concerts à l'Olympia.
07:23Effectivement, en regardant la salle, on se rendait compte de ça,
07:25qui peut sembler un peu plus de dire, oui, je veux mélanger les classes sociales, les générations, mais sauf que
07:30c'est vraiment le cas, en fait.
07:31T'arrives vraiment à avoir des gens qui, je pense, des gens qui t'ont découvert avec Jossman, des gens
07:35qui t'ont découvert via ton parcours un peu plus classique, en fait.
07:37Non, mais exactement. Et puis, j'ai des rêves, finalement, qui, sur le papier, peuvent paraître un petit peu naïfs
07:44et simplistes, parce que c'est vrai que c'est des phrases qui ne veulent pas dire grand-chose.
07:48C'est des phrases faciles à dire, mais à les exercer, à les mettre en œuvre, c'est beaucoup plus
07:53difficile.
07:54Et moi, je suis attaché à des choses, finalement, très simples, mais par contre, mettre du grandiose dans le simple,
08:00c'est un peu ma préoccupation.
08:01Alors, il s'est passé quelque chose en 2024, c'est les Jeux Olympiques, bien sûr, et il y a
08:04eu une prestation de toi, donc avec Juliette Armanet, vous avez repris une chanson mythique, s'il en est.
08:11On peut écouter quelques secondes.
08:33C'est évidemment Imagine John Lennon avec Juliette Armanet et toi au piano.
08:37Ce moment-là, qu'est-ce qu'il représente ? Est-ce que tu as eu le sentiment qu'il
08:41y a eu aussi un avant et après, peut-être dans ta notorité auprès du grand public ?
08:46Nous, on te connaissait depuis longtemps.
08:48Est-ce que tu as senti une différence ce jour-là ?
08:51Bien sûr, il y a une différence dans le cœur d'avoir été choisi parmi les artistes qui représentent la
08:58France à l'international avec cette sublime cérémonie, mais aussi, justement, ce volet international, je l'ai vraiment ressenti après
09:08les Jeux Olympiques.
09:10Donc, les artistes que j'ai invités, leurs équipes, ils ont tous eu vent de cette prestation.
09:16Je parle des artistes qui sont sur Movie, par exemple.
09:18Et donc, évidemment que les Jeux Olympiques ont eu leur impact sur ma carrière.
09:23Et aussi, maintenant que j'habite aux Etats-Unis, j'ai composé tout l'album là-bas, dans une maison
09:30avec beaucoup de charme à Los Angeles.
09:33Et là-bas, on se sent extrêmement français.
09:36Quand on part de notre pays, en fait, on se sent encore plus français que quand on y est bizarrement.
09:44Et c'est arrivé plus ou moins au moment des Jeux Olympiques.
09:49Et donc, oui, je l'ai ressenti en permanence dans ma vie juste après.
09:53Oui, c'est presque une carte de visite, une nouvelle...
09:55Voilà, ça rajoute.
09:56En fait, je pense que pour construire une grande carrière, il faut des faits d'armes.
09:59Et les faits d'armes doivent être assez glorieux, comme à l'époque de grands héros ou comme dans les
10:04récits d'aventure.
10:05Ou des sportifs !
10:06Ou des sportifs, oui.
10:07Il faut des grandes finales.
10:08Exactement.
10:09Et ça, mine de rien, c'est une finale de Coupe du Monde, c'est pour toi, ou le monde
10:12entier de regarde, en fait.
10:13Exactement.
10:13Et il en faut plusieurs, j'ai allonné sur plusieurs années.
10:17Et c'est un peu ça, le parcours de ma vie, c'est de toujours avancer vers la finale suivante.
10:24Bon, je propose...
10:24Alors, on a beaucoup de chance, c'est que tu veux nous interpréter...
10:27Enfin, un medley d'ailleurs plus ou moins, deux morceaux en live, au piano, tout de suite.
10:30Donc, deux morceaux extraits.
10:31C'était l'homme movie, donc il sortira vendredi.
10:33C'est les morceaux Beauty et Comme With Me Tonight.
10:36On a beaucoup de chance.
10:37Merci, Sofiane.
10:37On t'écoute tout de suite, donc, dans la régulière.
10:40Sofiane Pamard pour Beauty et Comme With Me Tonight.
10:43Si ça te va, on...
10:44Parfait.
10:45Comme ça, on ne les joue pas.
10:46Et on a une chaîne directe.
10:47C'est nickel.
10:47Ok, magnifique.
10:49Ouais.
10:51Tu me dis.
10:53C'est bon.
10:54C'était donc notre invité ce soir, Sofiane Pamard, avec deux morceaux extraits de son nouvel album, son quatrième album
10:59movie, Beauty et Comme With Me Tonight.
11:01France Inter, Medi Maisie, à la régulière.
11:29Ça, évidemment, c'est le thème mythique de Nino Rota et de Carlo Savina.
11:35Parce que moi, je pensais que c'était une Nino Rota, mais en fait, je pensais que c'était une
11:37Nino Rota avec Carlo Savina, donc extrait du parrain.
11:39Et je crois que toi, quand tu es petit, c'est...
11:41Bon, évidemment, c'est un thème qui est mythique, mais ça joue un rôle pour toi.
11:45Quel rôle cette mélodie joue quand tu es jeune ?
11:50Enfin, j'ai adoré reproduire les musiques de films, les musiques de dessins animés, les musiques que j'entends à
11:55la radio, mais beaucoup, beaucoup, les musiques de films au piano.
11:58Et j'aimais bien parce que je savais que tout le monde allait les reconnaître.
12:02C'est un exercice de réussir à reproduire.
12:04C'est ça, c'est le jeu de les reproduire.
12:06Et aussi, c'était valorisant parce que de pouvoir jouer des extraits, des morceaux que tout le monde connaît.
12:13J'ai toujours été attiré par la communication avec mon public, et mon premier public est ma famille, et mon
12:20premier public n'est pas musicien.
12:22Donc, même si je travaillais Mozart, Beethoven, je découvrais le grand répertoire du classique, ils n'avaient pas forcément toujours
12:28les rêves.
12:29Donc, bien sûr, certains tubes de musique classique, on les avait tous.
12:31Mais par contre, la musique de film, elle faisait sensation à chaque fois.
12:35Donc, je me sentais valorisé en tant qu'enfant quand j'arrivais à cet exercice.
12:39Et pour aller un peu plus loin et tirer un peu le fil de ce lien entre l'enfance amoureuse
12:45des musiques de films et aujourd'hui,
12:47finalement, je combine ces passions-là et j'ai l'impression de retourner avec l'univers de mon enfance.
12:52Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi une photo de moi enfant comme pochette de ce
12:56nouvel album.
12:57J'avais 8 ans, je pense, 7-8 ans.
13:00Mon père me photographiait à l'argentique.
13:02Il adorait faire ça en parallèle de son travail.
13:04Il ne le faisait que pour la famille, que pour la collection familiale.
13:06Récemment, je suis tombé sur cette collection et j'ai compris qu'enfant, déjà, j'avais une vision claire sur
13:13ce qui me plaisait.
13:15Et j'ai voulu renouer avec l'enfance aussi sur ce quatrième album.
13:18Quand tu dis renouer avec l'enfance, c'est renouer avec l'aspect cinématographique ?
13:21C'est ça, avec l'aspect cinématographique et les rêves d'enfance.
13:25Parce qu'à ce moment-là, je n'avais vraiment aucune barrière.
13:27Je m'en suis mise un peu plus tard à l'adolescence.
13:28Tu étais un gamin rêveur en fait.
13:30Et à ce moment-là, j'avais déjà découvert l'instrument qui était mon extension, qui me faisait briller, qui
13:36me rendait heureux.
13:37J'avais déjà mon cheval de Troie que je pouvais dégainer un peu partout.
13:41On va dans un centre commercial, il y a un piano qui traîne.
13:43Je sais que si je jouais, ça allait faire sensation.
13:45Tu étais un gamin, donc c'est toujours mignon.
13:48C'est ça.
13:48Avec le combo entre les deux.
13:50Je me souviens d'un morceau où je croisais les mains.
13:52Waouh, tout le monde était impressionné.
13:53C'était assez cool.
13:54Et finalement, ces rêves sans limite, je me suis dit que je ne vais jamais les perdre.
13:59Et donc, entre ça, plus l'aspect des cinémas, des films que je reproduisais au piano, je me suis dit
14:04que je pense que c'est le bon album pour avoir une photo d'enfance et pour pouvoir remettre un
14:08coup de projecteur là-dessus.
14:10Tu viens de dire oui, je croisais les mains, etc.
14:12Il y a un aspect aussi, quand on est un pianiste talentueux, renommé comme deux, c'est l'aspect technique.
14:17Et je pense que, et à mon avis, c'est valable dans tout, mais tu vas me dire si tu
14:20es d'accord avec moi, c'est que la technique, c'est extrêmement important.
14:22Je pense d'avoir un bagage technique.
14:24Mais après, l'enjeu, pour aussi être compris, c'est de ne pas être trop technique.
14:27C'est de maîtriser assez la technique pour qu'elle ne se voit pas.
14:31J'avais cette discussion avec quelqu'un que tu connais bien, avec Jossmann, sur l'aspect rap.
14:35Il disait, moi, je suis très technique, mais ça ne se voit pas forcément.
14:38Et il me citait Lionel Messi, il disait, est-ce que tu as déjà vu Messi faire un passement de
14:41jambes ?
14:42Messi, c'est des crochets, en fait, c'est des choses assez simples.
14:44Mais pourtant, personne ne va dire qu'il n'est pas technique.
14:46Comment, toi, tu as réussi justement à digérer la technique pour qu'aujourd'hui, les choses soient simples,
14:51même si elles sont maîtrisées et que ta musique, elle ne soit pas trop non plus dans la démonstration,
14:57mais qu'en même temps, elle arrive à être comprise et elle arrive à être appréciée aussi par des gens
15:03qui s'y connaissent vraiment.
15:07Mon entourage m'a beaucoup aidé à ce que ma musique reste un vecteur d'émotion et pas un vecteur
15:13de technique.
15:13Parce que je n'ai jamais été acclamé par mon entourage pour la technique, sauf quand la technique servait à
15:20une émotion.
15:21C'est un entourage qui était pris par des larmes, par des rires, par des sourires, par du rêve,
15:27mais plus que dans l'analyse de ma technique ou d'être impressionné par ma technique.
15:30Ce qui n'est peut-être pas le bagage technique, c'est pour lui.
15:32Donc c'était l'émotion qui prime.
15:33C'est ça.
15:34Et je crois que ça, ça a été vraiment un grand déclencheur pour moi, pour que je mette toujours l
15:40'émotion au centre.
15:41Ensuite, finalement, en développant mon langage musical, bien sûr qu'il y a des moments où je me suis complètement
15:45perdu dans la technique,
15:46mais aussi parce que j'avais besoin de passer par là.
15:48C'est essentiel.
15:48À un moment donné, pour pouvoir passer certaines étapes au piano, on est obligé de se concentrer uniquement sur ce
15:54qui bloque,
15:54sur les facteurs limitants, comme dirait un sportif.
15:59On se concentre sur ce qui nous empêche d'exécuter le bon mouvement.
16:03J'ai passé des heures et des heures et des heures et des heures, et je pourrais continuer à dire
16:07des heures,
16:07pour vraiment raconter le temps que j'ai passé à mon piano pour pouvoir surmonter ces problèmes-là.
16:12Mais finalement, quand je les ai surmontés, j'ai dû faire un autre travail.
16:15C'est oublier que je les savais surmonter pour que revienne l'émotion librement, simplement.
16:19Sofiane Pamar est avec nous jusqu'à 23h.
16:45Ça, c'est un autre de tes hits, ces morceaux Paris.
16:49Comment ? Tu disais que quand tu étais petit, évidemment, tu avais des rêves.
16:53Il n'y a pas de limite quand on est petit.
16:54On peut être Batman, on peut sauver le monde, on peut être un musicien qui est rempli de stades.
16:58Mais je crois que tu as dit qu'à l'adolescence, tu as commencé à te mettre des barrières, des
17:02limites.
17:02Pourquoi ? Et comment tu as réussi à dépasser ça ?
17:06Parce qu'à l'adolescence, on commençait à m'envoyer dans des trajectoires que d'autres décidaient pour moi.
17:11Et en même temps, parfois, par pure rébellion, je refusais ce qui était évident pour moi aussi.
17:16Donc c'est un âge où je me rajoutais... Il y avait des complications extérieures et des complications intérieures.
17:22C'est un âge très particulier auquel je suis très sensible parce que c'est un moment donné où on
17:28a besoin d'aller chercher de nouveaux modèles, de nouvelles figures d'inspiration.
17:31Et c'est un âge auquel je m'adresse beaucoup, je le vois dans mes concerts et ça me touche
17:36énormément de pouvoir jouer un rôle pour ces adolescents qui sont en fait comme moi quand j'avais leur âge.
17:43Et donc soit c'est des adolescents qui ont choisi aussi de chercher une passion, il y en a qui
17:46écrivent des mangas, d'autres qui jouent d'un instrument.
17:50Et souvent, c'est des adolescents qui ont une passion qui n'est pas forcément la passion qu'on met
17:55sous projecteur de manière évidente.
17:57Et donc ils s'identifient à moi aussi parce qu'ils se disent « Lui, s'il l'a fait
18:00avec son piano, pourquoi je n'y arriverais pas moi aussi ? »
18:03Et ça, je pense que c'est une des valeurs que j'aime vraiment véhiculer pour cet âge-là qui
18:08est un âge compliqué et qui complète aussi une forme d'éducation.
18:13Et donc j'aime jouer un rôle sur cet âge-là, c'est vrai.
18:19Et je l'ai fait même dans des albums de rap quand on a travaillé avec Laylo sur l'histoire
18:23étrange de Mr. Anderson.
18:24On va écouter une histoire étrange après.
18:27Ok, tu l'avais en tête, bah voilà.
18:28Évidemment, parce que c'est un morceau qui est très important et qui raconte ça.
18:30Et qui raconte exactement ça.
18:31Tout à fait.
18:32Et moi j'aime porter, c'est important d'utiliser la musique pour porter des valeurs positives et en même
18:37temps, tiens, c'est marrant, on est en train de tirer un fil conducteur sur ce qui est simple, ce
18:42qui est de l'ordre de l'émotion, mais pour autant ce qui est très profond quand même.
18:45Tout à fait, exactement, bien sûr.
18:46Et c'est que je pense que c'est ça qui est le plus dur, c'est parfois, il peut
18:49y avoir, tu sais, un peu parfois de prétention ou de jugement ou de mépris sur ce qui est très
18:54populaire.
18:55Tu sais, quand on est, quand on se voit comme un connaisseur d'un genre, un peu importe que ce
18:59soit le cinéma et la musique, mais en fait, quand aussi parfois tu arrives de manière assez simple,
19:02enfin, ce qui semble simple à fédérer beaucoup de gens, à transmettre des émotions, en fait, c'est forcément profond,
19:08quoi, tu vois, donc, et je pense que c'est ça.
19:10Mais tu vois, justement, là, on parle de toi, du piano, de ta carrière, aujourd'hui, demain, de remplir un
19:17stade.
19:18Est-ce que tu te rends compte aussi que tu fais partie, en tout cas, des personnes qui permettent un
19:22peu de désacraliser peut-être la musique classique, le pied, notamment auprès d'un public qui peut avoir l'impression
19:29que c'est pas sa place ?
19:30Est-ce que tu te rends compte, ou est-ce que c'est même ton envie de désacraliser un peu
19:34ces choses-là, sans non plus les enlever de leur pied des salles, parce que c'est des choses qui
19:37sont nobles ?
19:38Exactement, ouais. Donc, tout ce qui est de l'ordre de la poésie, de la noblesse, du raffinement, de la
19:43haute couture, c'est quelque chose qu'il faut protéger.
19:47Et pour le protéger, il y a une discipline à avoir, il y a une culture de l'excellence qu
19:51'il faut maintenir, et il y a des figures qui doivent continuer à tirer les mouvements vers une forme d
19:58'obsession,
19:58parfois très difficile, parfois presque militaire, mais qui permet aussi d'atteindre le plus haut niveau.
20:05L'excellence.
20:05Voilà, c'est ça. Pour autant, il faut aussi penser à tout le monde, à tous les autres. Et les
20:10grands mouvements se créent aussi par des contributions populaires.
20:14Et c'est à ce moment-là qu'en fait, d'un seul coup, il y a un avant et
20:16un après, quelque chose. Et ça, c'est le volet qui m'intéresse.
20:19C'est justement de ne pas enlever ce qui nous fait rêver, parce que c'est extrêmement dur à atteindre.
20:25Les sportifs nous font rêver, la haute couture nous fait rêver, la musique classique nous fait rêver.
20:30Parce que c'est tellement difficile. On ne peut pas s'improviser musicien de musique classique du jour au lendemain.
20:34Et ça, je pense qu'il faut le garder encore plus dans une ère où tout paraît plus accessible instantanément.
20:43Maîtriser un instrument, ce n'est pas instantané. L'artisanat, ce n'est pas instantané.
20:46Donc ça, c'est vraiment quelque chose d'important. Mais pour autant, justement, moi, je veux garder cet artisanat accessible
20:52à tout le monde.
20:53Et après, chacun choisira jusqu'où il souhaite aller. Et si jamais, justement, il souhaite passer par les épreuves martiales,
21:01difficiles, qui permettent d'atteindre le plus haut niveau.
21:04C'est indispensable, mais je pense qu'il y a tout un monde avant d'arriver à ça.
21:08Bien sûr. Et toi, il t'a fallu combien de temps pour être fort ?
21:16Écoute, c'est une question intéressante. J'ai eu plein de réponses en même temps. Parce qu'à un moment
21:21donné, je me suis dit que quand j'étais petit, j'étais trop fort déjà.
21:24Et parce qu'à ce moment-là, je me sentais fort.
21:27Mais est-ce que tu l'étais vraiment ?
21:28Et c'est pour ça que, justement, je n'ai pas répondu tout de suite. Parce que je me disais,
21:31finalement, être fort, c'est aussi se sentir fort.
21:34Parce que se sentir fort, c'est... Être fort, je pense, c'est d'être juste.
21:39Et quelqu'un de maladroit peut être plus juste que quelqu'un qui maîtrise tous ses outils.
21:45Donc je pense que je suis parfois très fort, parfois je le suis moins. Et quand je le suis moins,
21:49c'est surtout parce que je me perds un peu et que j'y vois plus très clair.
21:51Et à ce moment-là, il faut que je fasse un travail à l'intérieur. Et après, je deviens plus
21:54fort.
21:55Donc techniquement, on peut juger la force. Mais dans l'art, c'est plus compliqué.
21:59Oui, ce n'est pas une science.
22:00C'est ça, oui.
22:01Je propose qu'on écoute un morceau que tu as teasé. C'est le morceau Une histoire étrange avec Lailo,
22:06qui, à mon avis, est une de tes collaborations les plus marquantes, les plus iconiques.
22:10C'est, je pense, un des morceaux les plus marquants aussi de la carrière de Lailo.
22:15On écoute ce morceau et puis on pourra en parler juste après.
22:17Peut-être qu'on pourra aussi me parler de quelques-unes de tes collaborations marquantes.
22:19Mais là, rien que c'est... Est-ce que vous vous rendez compte que vous avez créé un classique, quand
22:22même ?
22:24Ce morceau, il est vraiment iconique pour une génération.
22:26Quand on est sortis du studio, Lailo, il me dit... Il était trop triste.
22:30Il me dit, tu vois cette émotion-là qu'on vient de ressentir en le jouant ? C'est la
22:33dernière fois qu'on le ressent.
22:35Incroyable. On écoute ça. Lailo et Sofiane Pamar, Une histoire étrange.
22:38C'est une histoire étrange, peut-être même que c'est qu'un rêve.
22:53Toi, tu veux pas comprendre, mais tu veux qu'ils te comprennent.
22:58Dans tes corps toute la semaine, Tu vois même plus les étoiles dans le ciel.
23:11J'étais vu toutes ces nuits devant ton iPodcast et écrire des lignes et des lignes sur des bouts de
23:16papier.
23:17C'était pas ouf, mais au moins t'essayais, Ressayais pendant que les autres faisaient que bégayaient.
23:22Et t'as traîné des fois juste pour voir ce que ça fait d'être éclaté.
23:26C'est Soudiak en avoir un à foutre, T'as fait des connaissances et t'as ouvert ton cœur comme
23:30si c'était un stadium de foot.
23:33Tu croyais que c'était tes potes et qu'ils seraient à vie que vos testants resteraient liés.
23:38Quoi qu'il arrive, tu t'es trompé, Mais je peux pas t'en vouloir, non.
23:44Parce que celui qui a jamais essayé sera jamais éveillé, Le bonheur faut le payer pour l'euro, mais avec
23:50des larmes.
23:54C'est une histoire étrange, Peut-être même que c'est qu'un rêve.
24:00Toi tu veux pas comprendre, Mais tu veux qu'ils te comprennent.
24:05Donc tu cours toute la semaine, Tu vois même plus les étoiles dans le ciel.
24:41C'est une histoire étrange, Peut-être même que c'est une histoire étrange.
24:52Je te dis pas qu'il faut voir la fille d'a tout en rose, Mais bon au moins il
24:55faut pas vouloir la rendre grise.
24:58Mais je sais, t'as toujours pas ta lampeau, Mais t'as des rêves qui ne demandent qu'à vivre.
25:04Et t'es dur avec toi, Ça j'espère que tu le resteras, Jusqu'à la fin de l'histoire.
25:09Parce que c'est ta façon de faire, Et que c'est la meilleure au monde.
25:23Tu vois faire des projets, Y'en a certains qui vont être ça, Y'en a d'autres,
25:29Qui vont couler comme un navire dans l'océan.
25:33Mais c'est rien, Parce que tu sais que t'es plus le même que ta trace.
25:39C'est comme un chemin dans une contrée, Que tout le monde croyait infranchissable.
25:44C'est une histoire étrange, Peut-être même que c'est qu'un rêve.
25:50Toi tu veux pas comprendre, Mais tu veux qu'ils te comprennent.
25:56Si t'arrêtes et courir, Juste une minute,
26:00Tu verras ta propre étoile dans le ciel.
26:11Tu te poses encore des questions ? C'est pas important ce que je suis,
26:14C'est ce que tu es qui est important.
26:18Et si je te suis depuis le début de ton aventure, C'est pour t'aider à comprendre ça.
26:22Tu t'en es pas rendu compte, Mais t'as évolué.
26:25Et je suis fier de toi.
26:27J'espère que tu continueras à avancer dans ce tunnel.
26:30Même si tu ne vois pas la lumière qui est au bout, Parce que c'est pas la fin qui
26:34compte.
26:35C'est le chemin à la clé.
26:37Ton chemin, c'est ton histoire.
26:40Alors écris-la, coûte que coûte.
26:43Même si elle est étrange.
26:47Une histoire étrange donc, Morceau d'ordre déjà classique de Hello.
26:51Et notre invitée ce soir, Sofiane Pamar.
27:00A la régulière.
27:02Sofiane, mine de rien, t'as beaucoup collaboré.
27:04T'as été extrêmement productif en solo, mais pas uniquement.
27:08Est-ce que t'as ce besoin un peu permanent de composer ?
27:12J'ai l'impression que tu t'octrois pas beaucoup de moments de pause en fait.
27:16Surtout que je trouve tellement de bonheur, de plaisir et de stimulation intellectuelle à composer,
27:24à découvrir d'autres univers musicaux, que finalement, même si tu me donnes du temps,
27:32que j'ai pas, mais même si tu m'en donnes, j'ai envie de l'utiliser pour ça en
27:36fait.
27:36C'est plus fort que moi.
27:38Et allez, quand j'arrête, c'est vraiment parce que j'ai l'impression que je n'ai pas assez
27:42vécu pour raconter quelque chose de nouveau en musique.
27:44Alors, je pense qu'il y a beaucoup de personnes notamment dans le rap qui t'ont découvert aussi,
27:48peut-être avec tes collaborations avec Scylla, notamment tes albums communs avec Scylla,
27:52qui est un grand rappeur belge.
27:55Et on peut écouter un extrait d'un morceau qui était en collaboration avec un autre grand rappeur belge.
27:58C'est le morceau « Clopes sur la Lune ».
28:00Il faut que je commence à monter. En échange, il se peut qu'un an, je redescende de mon échelle.
28:05Je parfume une clope sur la Lune. Personne ne va m'arrêter.
28:09Aucun d'entre vous ne me retiendra plus jamais par les pieds.
28:11Oui, ce soir, je contreprends le chemin des étoiles et je ne vais pas me contenter de les caresser.
28:16Ça fait 30 ans que j'assume, je la contente depuis la terre quand je fume.
28:20Entre temps, je ne suis jamais revenu chez moi. Pourtant, quand j'étais enfant, j'étais toujours dans la Lune.
28:25C'est un morceau exceptionnel. Les deux, ils sont firmament là.
28:30Isha, il fait un couplet extraordinaire. Vraiment, un morceau magnifique.
28:35Qu'est-ce que ça représente tes années aussi avec Scylla ?
28:37Parce que c'est aussi avec lui en tout cas que nous, on découvre.
28:41Qu'est-ce que ça te fait de réécouter ça et qu'est-ce que ça représente dans ta carrière
28:43?
28:44Symboliquement, déjà, je pense que c'était la semaine dernière, Pleine Lune, ce premier album avec Scylla est passé disque
28:50d'or.
28:51Félicitations !
28:52Merci !
28:53Et c'est symbolique, ça signifie surtout que, juste avec un piano et une voix, ou deux avec l'invité
29:00d'honneur Isha,
29:02et bien on a réussi à traverser de nombreuses âmes. Et la plume de Scylla est très fine et très
29:11élégante et très recherchée.
29:14Donc, quand je repense à cet album, je repense surtout à l'aventure amicale qu'on a vécu ensemble et
29:20surtout à la confiance qu'il m'a donné à me mettre une première fois comme featuring sur un album
29:25de rap.
29:26Ce qui ne se faisait pas.
29:28Ce qui ne se faisait pas.
29:28Même quand il y a un producteur attitré pour tout un album, c'est le rappeur qui est d'abord…
29:33C'est l'album du rappeur quoi.
29:34Et alors imagine pour un pianiste. Et donc à ce moment-là, Scylla avait compris. Il avait compris, donc c
29:39'est un des premiers à avoir compris.
29:41Et le fait qu'on le défende ensemble sur un premier album, ça a ouvert de nombreuses portes de… Ah
29:46bah oui, en fait, peut-être qu'il est légitime ce pianiste à prétendre à une position de featuring.
29:52Et tu as collaboré avec beaucoup d'artistes et notamment, il y en a un je crois avec qui tu
29:55t'entends bien, c'est Jossmann.
29:57Et vous avez sorti plusieurs morceaux, notamment le morceau Tulum Mexico.
30:10Je fais que chercher mon chemin, ça me court sur le haricot. C'est peut-être la fin des haricots.
30:15C'est peut-être la fin des haricots.
30:30C'est quoi le secret de cette alchimie avec Jossmann ? Qu'un rappeur qui n'a rien à voir
30:37avec Scylla, par exemple.
30:38Je pense que tout à l'heure, tu as dit quelque chose sur Jossmann et je suis très d'accord
30:42avec toi, c'est quand tu parlais de la sophistication, la technicité de Joss qui est invisible.
30:49On ne la ressent pas, on ne la ressent plus. Au départ, il prouvait beaucoup de technique. Maintenant, il a
30:54une manière de mettre sa technique sans qu'elle prenne le devant sur l'émotion.
31:00Et je pense qu'on a ça en commun. On a beaucoup de points communs avec Joss et je crois
31:06que c'est peut-être mon alter ego si jamais je faisais du rap.
31:10Tu serais Jossmann.
31:12En tout cas, j'espérais l'être.
31:14Comment tu as vécu ce moment où le rap français a commencé à t'appeler vraiment de manière extrêmement importante
31:20?
31:20Parce que oui, il y a Scylla au début, il y a eu d'autres collaborations bien sûr, mais il
31:23y a un moment, et d'ailleurs c'est encore le cas, tu te collaborais beaucoup, mais je dirais vraiment
31:27à partir de 2019, 2020, 2021, t'as vu avec SCH, Zola, DAUZI, sur des choses extrêmement différentes.
31:35Comment tu as vécu ce moment-là où tu es vraiment rentré dans le paysage rap ?
31:40Je l'ai vécu comme une réconciliation avec le style de vie un peu singulier que j'ai mené pendant
31:48des années à basculer entre l'environnement de la culture rap et l'environnement du conservatoire.
31:55Je sortais du conservatoire, je me retrouvais tout de suite dans un autre environnement et finalement, je n'ai jamais
32:00vu de frontière parce que c'était ma vie.
32:02Donc quand j'ai commencé à travailler dans le rap et quand je me suis fixé l'objectif comme un
32:06rappeur, je me suis fixé, je vais être le pianiste du rap français, je me mettais des goals comme ça.
32:12Et en fait, du coup, je rêvais de collaborer avec les personnes que j'écoutais, avec les personnes qui ont
32:17accompagné ma construction.
32:19Parce que dans le rap, on a beaucoup, beaucoup de textes qui sont émancipateurs et qui renforcent la confiance qu
32:26'on a en soi, surtout quand on doit se faire une carrière par soi-même.
32:30Donc j'avais envie de rendre aussi au rap ce qu'il m'avait apporté secrètement, en plus de faire
32:36la musique de ma vie.
32:38J'avais vraiment un appétit énorme là-dessus et donc maintenant, j'ai pu accomplir beaucoup de choses dans ce
32:44genre-là.
32:45Et après, j'ai été appelé par d'autres genres parce que j'ai commencé à étendre mon objectif en
32:50me disant OK, j'ai un nouvel objectif.
32:52Maintenant, c'est d'essayer de raconter toutes les émotions qu'on peut avoir sur une journée.
32:57Et on passe par tellement d'états d'âmes que je ne peux pas me contenter au piano solo.
33:02Je ne peux pas me contenter juste au rap.
33:04J'ai commencé à explorer l'électro à la fin.
33:07Et là, sur ce nouvel album, j'ai cette fois-ci les grandes voix internationales.
33:11Alors justement, si on revient sur Movie, comment on fait quand on regarde le tracklisting, on se dit ça va
33:17être un album de pop, tu sais.
33:19En fait, quand on l'écoute, c'est un album de Sofiane Pamar avec évidemment des velléités pop.
33:23Comment on fait pour que le piano quand même reste central ?
33:27J'ai pensé le piano comme un narrateur tout au long du récit de Movie.
33:34On dirait un petit peu que les voix rentrent dans la même pièce.
33:38Les unes après les autres, elles viennent avoir une conversation avec le piano.
33:41Je crois que ça a donné un fil conducteur assez fort à cet album.
33:46Aussi parce que j'ai invité beaucoup d'artistes qui normalement, qui n'avaient jamais posé sur un piano seul.
33:52J Balvin, Rema, Lorine.
33:55C'est la première fois qu'on les voit vraiment en situation piano.
33:59Même Nelly Furtado, je crois que c'était la première fois.
34:03Et forcément, ça crée une forme de vulnérabilité parce que c'est nouveau.
34:06Mais en même temps, ça crée de la magie.
34:08Il n'y a aucune session que j'ai faite à distance.
34:10J'ai tout fait en studio à chaque fois.
34:11En vérité, je n'ai pas gardé le même studio.
34:13J'ai dû voyager dans huit villes différentes et à chaque fois faire les sessions dans des endroits différents.
34:17Mais toujours, quelque chose de magique se passait.
34:20Et je pense que ce dont tu parles là, comment on fait pour garder une patte
34:25et comment on fait pour faire en sorte que ça sonne quand même ma musique.
34:30Je crois que c'est les conversations et les vraies rencontres humaines.
34:35Ok.
34:36Alors, on va continuer de parler avec toi de cet album-là, mais aussi des inspirations
34:40vont être cinématographiques, tout de suite, jusqu'à 23h.
34:44C'est parti.
34:47C'est parti.
35:01C'est parti.
35:12C'est parti.
35:17C'est parti.
35:23C'est parti.
35:27C'est parti.
35:31Tu as écouté beaucoup de films.
35:32Tu as écouté beaucoup de musique de films.
35:33C'est comme si Mouvi aujourd'hui, tu fais la musique d'un film.
35:38Ça, c'est quelque chose qui t'a marqué.
35:40Bien sûr, quand on écoute la musique de Blade Runner, on est transporté dans l'espace.
35:47on a l'impression que tout ce qui se passe, tout ce qui est autour de nous disparaît et que
35:52d'un seul coup, on entre dans le cosmos,
35:54on entre dans une autre version de soi-même et qui embrasse tout l'univers. Et je trouve
36:02que ça, cette sensation, la créée avec la musique, mais je trouve ça extraordinaire.
36:06C'est dingue. Et ça joue vraiment sur ce qu'on ressent sur le film. Enfin, je pense qu'une
36:11autre
36:11musique, ça ferait de Blade Runner un film différent. Ah oui, c'est une musique plus énergique.
36:15Je m'amuse à, par exemple, à la maison, je mets des films et parfois je refais la musique du
36:22film et c'est trop intéressant.
36:24Comment on peut orienter une même scène. Elle peut avoir une allure comique, elle peut avoir une allure burlesque,
36:30elle peut avoir une allure beaucoup plus tragique alors qu'elle n'était pas pensée pour ça.
36:33Une scène d'horreur peut être romantique et en fait, en fonction de la musique, on raconte quelque chose d
36:38'autre.
36:38Moi, j'ai vraiment l'impression que la musique, en vérité, elle lide pas mal de choses.
36:42Est-ce que Movie, cet album, est-ce que ça peut pas devenir un véritable, un vrai film, un jour
36:48?
36:48Alors, est-ce que c'est pas une ambition que tu as ?
36:50Je te raconte une promesse secrète que je me suis faite sur Movie. Je m'étais dit ok, je ne
36:55ferai pas de
36:55musique de film tant que j'ai pas fait mon propre film. Évidemment, je suis pas un réalisateur au sens
37:02littéraire, mais je suis quand même un réalisateur dans ce film-là. Dans un film musical où cette fois-ci,
37:07j'ai pu imaginer quelle serait ma colorométrie, quel serait le type de narration que j'ai envie d'avoir,
37:15quels sont mes grands thèmes. Donc j'ai choisi l'amour, j'ai choisi le deuil, j'ai choisi une
37:20forme de spiritualité et tout ça,
37:24j'ai pu le décliner morceau après morceau. Et finalement, ça crée le film de mes rêves. Donc maintenant que
37:31je l'ai fait,
37:32oui, la porte est ouverte. J'ai envie de faire de la musique de film et accompagner des images, j
37:35'en rêvais,
37:35mais j'avais vraiment envie de d'abord me le prouver. En plus, me prouver que j'étais capable de
37:38composer
37:39pour orchestre aussi. Il y avait des étapes que je m'étais fixé à moi-même.
37:43Movie, c'est quel type de film ?
37:46C'est un film romantique et c'est quand même un film introspectif.
37:55Ouais, c'est pas un blockbuster, même s'il y a beaucoup de stars dans le film.
37:59C'est un film d'auteur avec des moyens de blockbuster.
38:00Voilà, exactement, je suis d'accord avec toi. Je propose qu'on écoute un morceau d'un
38:04d'un artiste qu'on a reçu dans cette émission, c'est un honneur, c'est James Blake qui est
38:08vu dans
38:08l'émission il n'y a pas longtemps et qui a donc sorti l'album « Trying Times » et
38:10je propose
38:11qu'on écoute le morceau éponyme « Trying Times » qui, je crois, est mon morceau préféré de ce disque.
38:15C'est d'accord ? Incroyable cet album, enfin ce morceau et cet album.
38:17Cet album et ce morceau. James Blake tout de suite dans la régulière.
38:50Sous-titrage Société Radio-Canada
39:19Sous-titrage Société Radio-Canada
39:38Sous-titrage Société Radio-Canada
39:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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43:46Sous-titrage Société Radio-Canada
44:01Sous-titrage Société Radio-Canada
44:03et peu importe ce qui se passe et donc moi j'avais vraiment envie de donner
44:08l'amour qu'il faut donner normalement pour moi aux albums et j'aime bien pour
44:12le coup continuer de sacraliser les albums continuer d'en faire des objets
44:17collector qu'on protège on essaie de comprendre la démarche de l'artiste et
44:21d'ailleurs bah tiens j'en profite cet album vous allez l'écouter pour la
44:24première fois de la première scène à la dernière scène comme si vous alliez au
44:27cinéma et s'il vous plaît jouez le jeu de ne pas avoir de distraction et de
44:32vous offrir ce moment parce qu'en fait cet album raconte un film qui a été
44:37inspiré de ma vie mais en vérité sa vraie destination c'est vous les auditeurs
44:41qui allez écouter parce que maintenant le but c'est que vous soyez l'acteur
44:46principal de ce film et que le but c'est que cette musique elle devienne la bande
44:49originale de votre propre vie et ça c'est un message qui est important pour
44:52moi et pour réussir à faire ça il faut respecter le format de l'album et c'est
44:58ça c'est ouvre presque un autre sujet c'est vrai qu'il est intéressant c'est
45:01comment aujourd'hui on arrive même à réussir à s'immerger dans des dans des
45:06oeuvres que ce soit des films parfois il y a toujours cette histoire de
45:09je viens de parler de distraction pardon l'album je sais plus combien de temps
45:12exactement dure dure movie mais 63 minutes 63 minutes
45:15tu sais ça mieux que moi ça peut être presque un défi maintenant pour
45:19se dire voilà je vais écouter quelque chose pendant une heure sans rien faire
45:23d'autre toi tu arrives à le faire à regarder des films à la maison par exemple
45:26sans rien faire d'autre bien sûr en fait c'est une discipline presque voilà c'est
45:30ça c'est une discipline on a l'impression qu'on peut pas le faire mais en fait on
45:33peut le faire j'ai une j'ai un train de vie très très très très chargé très
45:40rempli mais sans ces moments là je me perds et je les ai négligés pendant trop
45:46longtemps par ambition et parce que j'ai l'impression que le mieux que j'avais à
45:49faire c'était de courir après ça ça ça ça ça mais ça a toujours été important mais
45:54aujourd'hui ce qu'on est en train de traverser comme situation comme époque
45:58je pense qu'il faut être encore plus vigilant sur les moments de
46:01concentration et sur les moments où en fait on se retrouve on s'ancre de
46:04nouveau en soi parce que sinon je on va tous se perdre autre sujet que je
46:10voulais aborder aussi c'est parce que tu on sent d'ailleurs tu appareils de
46:13haute couture alors que tu es aussi intéressé par ça par la mode quelque chose
46:15qui quand on regarde on sait que c'est important pour toi est ce que ça c'est
46:19aussi un terrain que tu aimerais aborder un jour créer une marque en tout cas
46:23aller de manière encore plus active sur ce terrain
46:26alors la mode me passionne vraiment parce que elle peut raconter énormément de
46:32choses sans avoir à dire un seul mot et c'est les formes d'art que je préfère
46:37un jour je retirerai complètement ma parole pour que en fait elle puisse
46:41passer peut-être par des écrits ou peut-être mais sinon surtout par ma
46:45musique et la mode la mode raconte énormément de choses quand je vais sur scène je ne
46:49dis pas un seul mot sur scène et pour autant avant même que je touche une
46:52touche du piano avant même que je pose mes mains sur le clavier quelque chose
46:57est raconté par la tenue je ne mets jamais deux fois la même tenue je me
47:00mets vraiment je je raconte des choses en fonction des émotions de chaque jour et
47:07je suis très très bien entouré pour réussir à le faire parce que forcément
47:09c'est une grosse grosse grosse discipline est ce que dans la vraie vie tu mets deux
47:12fois la même tenue ou pas bah en fait ma vraie vie ce qui te voit tout le temps
47:16est ce qu'ils t'ont déjà vu deux fois avec deux fois avec le même pull
47:20je me pose la question
47:22là tu vas loin évidemment ma mère m'a vu avec plein de fois le même pull
47:26évidemment je suis rassuré non mais mais maintenant ma vraie vie elle est
47:30tellement liée à la scène beaucoup de moments de représentation ça peut être un
47:34dîner ça peut être une scène ça peut être une interview ça peut être que un
47:38studio que oui c'est de plus en plus rare évidemment l'outfit que tu as aujourd'hui
47:42tu vas plus le revoir dans aucune autre promo non c'est bon ça me fait
47:46plaisir ça c'est l'outfit à la régulière en fait voilà tu vois j'espère que
47:49t'es content de cet outil fait bah il est exceptionnel il est exceptionnel
47:52c'est vrai que si tu le remets pas tu peux me donner la veste peut-être qu'on peut
47:54s'arranger mais tu sais quoi c'est important pour moi c'est que j'ai mis en
47:57place toute une logique de don de recyclage de parce qu'en fait évidemment je
48:01cherche beaucoup beaucoup de de nouvelles pièces mais il y a une manière de les
48:05faire vivre de leur donner des secondes vies et de donner des chances à parfois
48:08des personnes qui pourraient pas s'offrir des pièces que je peux m'offrir et j'aime
48:12bien en fait le voilà la destinée des vêtements de ces vêtements
48:17sofiane c'est l'heure de la question qui tue
48:24movie c'est ton nouvel album c'est aussi un film tu l'as dit si tu devais faire
48:30composer pardon la bande originale d'un film le film des choix un film qui est
48:35déjà existant un film que tu aimes ça aurait été quel film si tu pouvais
48:39choisir un film au choix là je choisirais d'une à chaud comme ça je
48:43choisirais d'une et puis aussi parce que c'est un univers qu'on peut décliner on
48:48parlait de blade runner tout à l'heure mais c'est aussi parce qu'il ya une patte
48:52qu'on peut garder d'un album à l'autre enfin pardon d'un film à l'autre je confonds
48:56les deux
48:57moments mais oui je vois je j'aimerais bien travailler alors je pense que le
49:04dream goal que l'on peut avoir en tant que compositeur c'est les relations comme
49:07john williams avec spielberg ou des relations en fait on a une alliance entre
49:12un compositeur isaishi avec un réalisateur miyazaki et finalement il développe un
49:19langage commun au fur et à mesure des années c'est lié enfin les deux sont liés en
49:22aujourd'hui effectivement john williams et spielberg c'est vrai que fin c'est
49:26complètement lié sur plusieurs films sur plusieurs décennies même d'une du coup
49:29tu attends le 3 j'attends le 3 bah oui j'aime vraiment beaucoup c'est c'est ces
49:34films là est-ce que tu as eu l'occasion de voir le le la version david lynch
49:39sorti dans les années 80 il ya deux il ya deux équipes sur ce je t'avoue que je
49:44vais pas faire le puriste je suis quand même plus ému par les nouvelles versions
49:47par ceux de villeneuve sophienne c'était un plaisir de t'avoir aujourd'hui vraiment
49:51rappelle donc donc quatrième album movie ben sort cette semaine vendredi merci
49:56d'être venu en parler aujourd'hui et on imagine aussi peut-être une comment dire
50:02un destin international pour ce disque là merci beaucoup en tout cas et puis plein
50:07de choses qui arrivent le stade de france et que ça voilà énormément d'événements pour
50:11pour toi merci beaucoup merci merci merci merci à tous les personnes qui ont
50:17participé à la fabrication de cette émission préparée par alex et lacourt
50:20redouane tela réalisé par gaëtan coli la programmation musicale signé jean
50:23baptiste audibert à la technique ce soir c'était guillaume roux et selim
50:26guéribi et à la prise de son baptiste et tu pas rebord et bastien varigo
50:30merci aux équipes web et vidéo demain on sera avec josiane balasco j'adore cette
50:33émission sophienne pas marre un jour josiane balasco le lendemain j'aime trop ça
50:36merci beaucoup à demain
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