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  • il y a 13 heures
Jérémy Ferrari, humoriste à succès, présente son premier film en tant que réalisateur, "Les K d'Or". Une comédie d'action ambitieuse tournée dans le désert, mélangeant aventure et satire.

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00:11Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans À la Régulière, l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir, nous sommes avec Jérémy Ferrari, une des superstars de l'humour français.
00:18Il est né dans les Ardennes, il a quitté l'école tôt, il a commencé par jouer dans
00:21des salles minuscules avant de remplir des Zeniths et des Bercy, révélés au grand public dans
00:25On ne demande qu'à en rire. À l'époque, il est devenu en quelques années l'un des humoristes
00:29et plus puissants de sa génération sur scène. Il a parlé de religion, de guerre, de terrorisme,
00:33d'ONG, de médecine, d'alcoolisme, de politique. À la télé, il a même tenu tête à un Premier
00:37ministre en direct. Quelle séquence ? Et aujourd'hui, il passe derrière la caméra son premier long
00:42métrage. Les Cadors sort le 11 mars, une comédie d'action tournée dans le désert avec une chasse
00:46au trésor, un fils supposé de Kadhafi, un trio improbable, de l'absurde, de la satire et
00:51un chien à trois pattes. Bref, un film d'aventure à la française, ambitieux et spectaculaire,
00:55entre deux dates de la tournée triomphale du trio avec Arnaud Samer et Baptiste Lecaplin
00:59et l'écriture de son prochain spectacle solo. Il trouve encore le temps de réaliser un film
01:03et de jouer le rôle principal dedans. Jérémy Ferrari est avec nous, à la régulière.
01:07France Inter.
01:11À la régulière.
01:16Mehdi Maizy.
01:19Eh, Thibault Nchef, je suis choqué carrément comment t'es gaulé, frère, n'importe quoi.
01:23Ah, c'est toi ? Le petit babetou qui se prend pour le fils de Kadhafi ?
01:26Et qui veut son héritage ?
01:28Bravo, babus !
01:31Je peux savoir pourquoi on est dans un amam ?
01:32On est dans un amam parce que tu es en face de toi.
01:37Une professionnelle.
01:38T'adores manipuler les gens, tu te trouves hyper beau,
01:41t'as un problème avec la violence. Franchement, il serait hyper fier, ton père.
01:43Là-haut, un peu père Kadhafi.
01:45Je fais pas du tout au tout début, on t'a un tout petit peu carotte.
01:47Parce qu'on avait besoin de toi pour passer la frontière avec l'argent.
01:50C'est quoi ce plan ? C'est quoi ce plan merde ?
01:53Ça, c'était un meuble par contre là.
01:55Ça, c'est la bande-annonce, un extrait de la bande-annonce.
01:58Décador, donc ton premier film.
01:59Jérémie, en tant que réalisateur, comment ça va ?
02:02Ah, ça va ? C'est très stressant.
02:04C'est très stressant un premier film.
02:05C'est vrai ?
02:06Qu'est-ce que c'est stressant.
02:07Bah oui, parce que tu vois, les spectacles, on a l'habitude.
02:10On ouvre les dates un an avant.
02:12En plus, moi j'ai de la chance, les gens réservent tôt.
02:15Du coup, je pars en tournée six mois avant, je suis complet.
02:17Donc, c'est confortable.
02:19Là, on fait toute la promo.
02:21Alors, il y a quand même toute cette tournée d'avant-première qui est extraordinaire
02:25parce que tout est plein et que du coup, là, je commence à me rassurer
02:28parce que j'ai quinze, vingt mille personnes qui ont vu le film.
02:30Donc, je commence à sentir que ça rit fort en salle et que les gens passent un super moment.
02:35Donc, ça me rassure.
02:36Mais c'est vrai que tu sais, en fait, c'est terrible le cinéma parce que moi, déjà, je découvre.
02:42Donc, je regarde autour de moi et tout le monde est très fébrile.
02:44Tu vois, c'est-à-dire que tu sens qu'il y a des succès que tu n'attends pas.
02:47Des fois, tu attends des succès qui ne viennent pas.
02:49Des fois, tu n'attends pas un succès et ça vient.
02:50Donc, tu sens que tout le monde est un peu en train de dire.
02:52Bon, mais c'est rigolo la période que je vis parce qu'en même temps,
02:55on a des avant-premières qui sont complètes.
02:56On a la presse qui est avec nous.
02:59On a le public qui édite.
03:00Donc, on sent que tout le monde a envie de dire.
03:02Bon, ça devrait aller.
03:02Mais tout le monde dit quand même.
03:03Mais bon, c'est le cinéma.
03:04On ne sait pas.
03:05Est-ce que c'est aussi plaisant, quelque part, de te mettre en danger
03:09par rapport à une situation dans l'humour où ça se passe bien,
03:11comme tu le dis, tu remplis des salles, etc.
03:13Je pense que les gens autour de toi sont assez confiants
03:15quand tu annonces un spectacle, même si on ne sait jamais
03:17ce qui peut se passer.
03:18Il n'y a qu'eux.
03:18Moi, je ne suis pas confiant.
03:19Peut-être que toi, tu n'es pas confiant, mais en tout cas,
03:21d'un point de vue extérieur, on imagine que ça se passe bien
03:23et qu'il n'y a peut-être pas tant de stress, en tout cas,
03:25autour d'un projet, d'un spectacle de Jeremy Ferrari.
03:27Est-ce que là, le fait de se mettre en danger sur un...
03:30Parce qu'en plus, tu réalises aussi et tu joues la comédie.
03:34Est-ce que là, il y a quelque chose de challengeant
03:35qui peut être assez excitant aussi et peut-être nouveau ?
03:37Évidemment.
03:38Après, moi, je ne suis pas détendu sur Loan.
03:41Là, j'ai vu mes équipes parce qu'ils me voient très stressé.
03:44Et puis, je leur ai dit, mais vous savez, si j'ai réussi ça,
03:47je pense qu'après, je vais être beaucoup plus apaisé.
03:48Ils ont tous éclaircés de rire.
03:50Ils te connaissent.
03:50Le prochain spectacle, tu vas être terrorisé.
03:52Mais ce qui est sûr, c'est que je ne veux pas m'empater.
03:57L'idée d'un film, ce qui est extraordinaire avec le cinéma,
04:00c'est que j'ai l'impression d'avoir découvert un nouveau jouet,
04:02d'autant que je ne devais pas réaliser le film.
04:04C'est Saïd Beltibia qui est le co-auteur du coup du film,
04:08qui est réalisateur et qui m'avait fait tourner juste avant
04:11dans un film qui s'appelle Rocky, Hegel, Shifter, Farahani.
04:13Donc, du coup, moi, je me suis retrouvé propulsant en tant que réalisateur,
04:16ce qui n'était pas forcément mon ambition.
04:17J'ai pris ça extrêmement à cœur.
04:18Maintenant, je suis complètement happé dans le projet.
04:20C'est-à-dire que j'y ai tellement mis d'énergie, d'heures, de sueurs,
04:24de larmes, de sang, de rires, de joies, de craintes, de tout,
04:26parce que c'est ça, la réalisation.
04:28Il y a un truc que je dis en ce moment en avant-première
04:31quand les gens me posent ce même type de questions.
04:33J'ai la chance depuis 15 ans, au-delà de la scène,
04:36de faire plein de choses, d'acquérir pour plein d'humoristes,
04:38de mettre en scène, d'écrire, de produire, de faire plein de choses.
04:41Et il n'y a jamais rien qui a eu la même intensité que le One Man Show
04:45d'être tout seul sur scène devant 2, 3, 4, 5, 10, 15 000 personnes.
04:48La seule chose maintenant que je peux te dire,
04:50ça sera toujours le One Man Show et la réalisation.
04:53C'est-à-dire que ça n'a rien à voir.
04:55Et en même temps, c'est tellement proche parce que tout part de toi
04:58et tu dois décider de tout et tu dois embarquer les gens dans ton univers
05:01et dans ce que tu as dans la tête, de manière totalement différente.
05:05Mais c'est presque tellement à l'opposé que ça se ressemble.
05:08Je sais que la phrase n'est pas très claire, mais sur scène, je suis tout seul.
05:11J'ai que mon micro et mon texte.
05:13Et au cinéma, on te donne tout.
05:15C'est-à-dire que tu veux un lance-flamme, on te donne un lance-flamme.
05:16Tu veux une poule, on te donne une poule.
05:20Du coup, ça devient similaire parce que tout est possible sur scène
05:23et tout est possible au cinéma dans la limite du budget qu'on t'a accordé.
05:27Mais à priori, il a été calculé avant que tu écrives ton scénar.
05:30Au moment où tu as écrit ton scénar.
05:32Donc, c'est incroyablement stressant, mais c'est tellement grisant.
05:38Et je ne parle même pas de plaisir.
05:40Ce que je veux dire, c'est que je peux des fois prendre plus de plaisir,
05:42par exemple sur une tournée avec Baptiste et Arnaud, mes deux copains,
05:44parce que j'ai moins de pression, parce que je suis avec mes potes.
05:46C'est du rire du matin au petit déj jusqu'au soir sur scène.
05:50Mais la satisfaction qu'on peut ressentir en étant tout seul sur scène
05:54ou la satisfaction qu'on peut ressentir là en réalisant un film,
05:57elle est à la hauteur des angoisses que ça t'a générées avant.
06:01Donc, ce monde est comme ça.
06:02Plus tu dérouilles, plus tu profites après.
06:05Parce qu'effectivement, quand on regarde ta carrière, tu n'as pas tant joué au cinéma que ça.
06:11Il y a des humoristes qui ont fait beaucoup d'aller-retour,
06:15parce que vous êtes comédien et que ça ne pourrait plus être logique.
06:18C'est mon deuxième film.
06:20Exactement.
06:21Donc, tu ne te facilites pas la vie,
06:23effectivement, déjà en jouant un premier rôle,
06:25c'est toujours une source de stress,
06:26avec un film qu'on imagine, je n'ai pas le budget,
06:29mais en tout cas avec des attentes.
06:30Forcément, c'est une comédie d'action avec un casting attrayant
06:32et tu le réalises.
06:33Donc, j'ai l'impression de voir que tu es un garçon qui peut être aussi angoissé.
06:40Un projet comme ça, est-ce que tu as hésité avant de le mener dans toutes ces dimensions-là ?
06:45Parce qu'en fait, tu aurais pu y aller aussi à tâton, en fait,
06:49et te dire, bon, je ne vais peut-être pas y aller comme ça.
06:50Au départ, j'étais que auteur sur le film et comédien principal.
06:53Enfin, comédien principal, c'est une comédie chorale.
06:54Donc, on partage l'affiche avec Eric et Laura.
07:01Un petit chat dans la gauche.
07:02J'espère que vous avez du montage.
07:03Oui, bien sûr.
07:04J'ai vraiment craché ma gorge comme si vous aviez du montage.
07:08Donc, c'est un film chorale.
07:09Mais au départ, je ne devais être que auteur.
07:11Donc, la fabrication du film m'importait peu.
07:13Moi, je n'étais que auteur.
07:14Après, c'était au réal et au prod de se débrouiller.
07:16Donc, moi, ça ne m'importait pas du tout.
07:18Quand il a fallu le fabriquer,
07:20j'ai pris ça avec une immense responsabilité.
07:22C'est-à-dire que je me suis dit, du coup,
07:24ça devient un film de et non plus un film avec.
07:26Et ça change tout.
07:26Parce que là, c'est mon public à qui je promets quelque chose.
07:29Et ces promesses-là, j'essaie de les tenir depuis 15 ans
07:31dans tout ce que je fais parce que j'ai un public très fidèle qui me suit.
07:34Même si là, j'espère l'élargir et avoir aussi des gens
07:36qui ne me connaissent pas ou qui me connaissent moins
07:38qui viendront voir le film.
07:39Je pense qu'en plus, le film s'y prête.
07:41Je dis toujours, si tu ne connais pas l'univers de Ferrari,
07:44c'est un bon premier pas.
07:46C'est le pédiluve.
07:47Parce qu'il y a un peu tous les thèmes que j'ai traités.
07:50Et donc, j'ai pris ça extrêmement au sérieux.
07:53Donc, j'ai commencé par appeler tous des potes réels
07:57en ayant très peur, en disant, est-ce que tu crois que je suis capable ?
07:59Comment c'est ?
08:00Et puis, après, j'ai lu des bouquins.
08:02Ensuite, je me suis quand même rappelé qu'il y avait plein de gens
08:05qui faisaient leur premier film et que si j'étais bien accompagné,
08:08je pouvais y arriver.
08:09Mais j'ai pris ça avec beaucoup d'humilité.
08:10J'ai parlé avec tous les postes, tous les chefs de poste,
08:12comprendre ce qui…
08:13Tu vois, je leur ai demandé quels étaient les films
08:14qu'ils avaient préférés tourner.
08:15Pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils attendaient d'un réel ?
08:17Pourquoi ?
08:18J'ai passé des mois et des mois et des mois à la prépa.
08:20J'ai fait le découpage avec les équipes techniques.
08:22J'ai appris ce que c'était qu'un découpage.
08:23J'ai été très scolaire et très assidu, tu vois,
08:26pour arriver avec vraiment une base de connaissances et de l'humilité.
08:30Et après, c'est vrai que ce qui est magique,
08:31c'est que quand tu as une très, très, très bonne équipe,
08:33tu leur expliques ce que tu as dans la tête.
08:35On y arrive quand même, tu vois.
08:36Est-ce que ce travail-là que tu as fait de manière…
08:39Travail scolaire, finalement, est-ce que tu l'avais fait aussi dans l'humour
08:42quand tu commences au début ?
08:43Est-ce que tu avais aussi passé des heures, voire des années
08:45à emmagasiner du contenu des spectacles ou pas du tout ?
08:48C'était quelque chose peut-être de plus instinctif ?
08:49Non, non, j'ai vraiment fait ça.
08:51J'ai lu et regardé tout ce qui pouvait m'apprendre quelque chose.
08:57Et après, une fois que j'ai été « professionnel » ou « prêt »,
09:01j'ai arrêté de travailler ça,
09:03mais je me suis remis quand même dans l'exercice similaire
09:06en prenant des spectacles à thèmes que j'étudiais pendant deux ans.
09:09Donc, en fait, j'ai fait un stac sur la religion,
09:10j'ai étudié la religion pendant deux ans,
09:11j'ai fait un stac sur la géopolitique,
09:12je suis retourné à la fac étudier la géopolitique.
09:16Enfin, tu vois, en fait, finalement, je remets ce process en route.
09:19Mais parce que je pense que je suis un laborieux
09:21et je pense que j'ai cette culture-là de « il faut mériter ton succès »
09:26et donc il faut beaucoup souffrir.
09:27Je ne sais pas si la totalité des heures que je passe à travailler
09:32est nécessaire pour obtenir le résultat que j'ai.
09:33Parfois, je me dis « je pense que vraiment la moitié de ça, c'était suffisant. »
09:37Mais bon, ça me permet aussi d'avoir confiance en moi quand je le fais.
09:40Quand tu dis « il faut mériter ton succès »,
09:42est-ce que ça veut dire qu'il y a des…
09:43parce que c'est pas exagéré que de dire ça,
09:45tu rencontres un grand succès en tant qu'humoriste sur scène.
09:49Est-ce que tu as eu l'impression parfois de ne pas le mériter ?
09:50Parfois, il peut y avoir ce fameux syndrome de l'imposteur.
09:53On en a beaucoup parlé.
09:54Est-ce que des fois, tu t'es dit « bon, pourquoi moi ?
09:56Ça va vite, ça va très fort, des si grandes salles ».
09:59Est-ce que tu as déjà eu ce sentiment-là que du coup tu compenses
10:01en voulant être le plus irréprochable et le plus prêt possible ?
10:04Mais totalement.
10:05J'ai une culpabilité…
10:07Déjà, je n'arrive pas à ressentir ça.
10:09C'est-à-dire que la vision que j'ai de moi
10:11est très différente de la vision qu'ont les autres de moi.
10:15Et d'ailleurs, souvent, quand ils me connaissent,
10:16ils sont très étonnés parce que je pense que
10:18quand on me voit passer dans un couloir,
10:19je pense que j'ai un physique assez froid
10:21et puis peut-être que je suis quelqu'un d'assez angoissé
10:23donc je dois paraître un peu fermé.
10:24Et puis souvent, quand les gens me parlent, ils se disent
10:26« ah, mais t'es super sympa en fait ! »
10:27Parce que je suis quelqu'un de gentil, tu vois.
10:31Mais oui, déjà le salaire.
10:32Moi, je viens d'une famille extrêmement modeste.
10:37Donc, ce que tu gagnes en tant qu'humoriste
10:38quand ça commence à marcher très fort.
10:39Et en plus, moi, ça a été d'un coup.
10:41C'est-à-dire que je n'avais rien et tout d'un coup,
10:42j'avais la télévision et les salles de 2000 places.
10:44Donc moi, j'ai un peu l'argent qui commençait à rentrer.
10:48Je ne l'ai pas toujours bien vécu, tu vois.
10:53J'avais un truc de culpabilité de dire
10:54« mon père, il est agent de sécurité.
10:58Il y a de ça, il reste 14 heures debout dans un Auchan
11:00et moi, je vais gagner ce qu'il gagne
11:02ou trois fois ou quatre fois ou cinq fois qu'il gagne en une heure. »
11:05Enfin, tu vois, il y avait quand même un truc de…
11:08C'est pas normal.
11:10C'est aussi…
11:11Mais tu sais, c'est Laurent Ruquier qui m'a beaucoup aidé là-dessus
11:13parce que je lui ai posé la question
11:14parce que lui aussi vient d'une famille très modeste
11:16et je lui ai dit « comment tu gères ça ? »
11:18et il m'a dit « déjà, il ne faut pas avoir honte,
11:19tu gagnes de l'argent honnêtement en faisant plaisir aux gens.
11:22On a la chance de faire un métier qui marche une fois sur 1 000,
11:24mais quand il marche…
11:25Ou sur 20 000 ou sur 1 million.
11:27Mais quand ça marche, c'est vrai que ça rapporte de l'argent,
11:29mais ce n'est pas de l'argent que tu voles
11:31et puis il faut en faire des choses bien.
11:34Et c'est vrai que très vite, je me suis mis à produire.
11:35Donc, il y a une bonne partie de mon argent
11:37que j'ai réinvesti dans mes sociétés pour produire des artistes.
11:39Moi, je fais tout en fonds privés,
11:40on n'a pas d'aides, on n'a pas de subventions.
11:42Donc, on a monté plein de projets,
11:44on fait travailler des gens.
11:45Maintenant, on a beaucoup d'employés,
11:46on a beaucoup de boîtes.
11:47Donc, je me dis que je n'en ai pas rien fait de cet argent.
11:50Moi, je n'achète pas de montre,
11:51je n'achète pas de cambrioleur.
11:52Ça ne sert à rien.
11:53Il n'y a rien à valer chez moi.
11:55C'est vrai, il n'y a rien.
11:57Je ne suis pas bling bling.
11:59Je ne peux pas avoir le prix d'une maison au poignet,
12:00ça me rend malade.
12:02Je n'arriverai pas à me sentir mal à l'aise,
12:05ce n'est pas moi.
12:05Ce n'est pas mon éducation,
12:07ce n'est pas ma culture.
12:09Du coup, j'essaye de produire,
12:12de faire plein de choses.
12:14Je pense que j'ai un peu une âme d'entrepreneur.
12:15Ça m'aide à me dire que je fais des choses bien.
12:18Ça m'a permis aussi d'aider mes proches.
12:20J'ai pu acheter une maison à mes parents.
12:23C'est vrai que l'argent ne fait pas le bonheur,
12:25mais on ne va pas se mentir quand même.
12:26Moi qui ai connu des moments compliqués
12:29où tu ne sais limite pas manger,
12:30tu ne sais pas payer ton loyer,
12:31tu ne sais pas allumer le chauffage.
12:33Je ne vais pas mentir quand même,
12:34le fait d'avoir de l'argent,
12:36ça a amélioré le quotidien quand même.
12:38Il n'y a que des gens qui ont toujours eu de l'argent
12:40qui vont te dire que l'argent,
12:41ce n'est pas important.
12:42Je propose qu'on écoute un morceau qu'on entend dans le film Lecador,
12:46c'est un morceau de Isadora.
12:47Extraordinaire.
12:48Je t'avoue que je ne connaissais pas ce morceau,
12:51ni cet artiste,
12:51donc on l'écoute.
12:53Avec grand plaisir.
12:54Isadora, Tinder et qu'on entend dans le film Lecador
12:57réalisé par Jeremy Ferrari et avec Jeremy Ferrari
12:59qui sortira le 11 mars prochain.
13:31Imaginant...
13:31...
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13:34...
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13:36...
13:39Musique
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14:37Musique
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14:40Musique
14:40Musique
15:05Pناam
34:04Un genre de James Bond à la française, dopé à l'ego, aux gadgets et aux poses virils.
34:08Et donc, c'est ça qui a donné ce nom d'alter ego à Bob Sinclair.
34:13Est-ce que les films de Belmondo, c'est l'idée aussi de parler de tes références
34:17ou d'influences, même si je crois comprendre que tu étais un peu plus bercé par le cinéma
34:22américain.
34:22Est-ce que les films de Belmondo, tu as grandi avec ça ? Est-ce que ça passait à la
34:25télé
34:26ou pas tant que ça ?
34:26Ouais, ça devait passer à la télé.
34:28Après, très sincèrement, si je prends vraiment des bribes de souvenirs que j'ai, c'est plutôt
34:32des films avec Villeray, c'est plutôt des films avec… je ne peux pas oublier ce
34:39nom.
34:40Ah, les noms, les noms !
34:41C'est ça !
34:42Mais là, ce n'est pas possible.
34:44Dis-moi, je vais essayer de t'aider.
34:45C'est trop connu.
34:46J'adore ces jeux.
34:47Louis de Funès, putain.
34:48Ah, mais là, je suis fatigué.
34:49La Soupochou ?
34:50Ils ont fait un film ensemble.
34:51Ouais, La Soupochou, Pouik Pouik, tu vois, j'ai des bribes comme ça, je sais qu'on
34:55regardait beaucoup des films humoristiques comme ça, un peu absurdes, et après, le reste, je me
35:00rappelle de Van Damme, de Stallone, mon père me regardait ça, tu vois, donc je me souviens
35:04de regarder beaucoup, beaucoup de comédies comme ça, des trucs à Wesley Snipes, des films
35:09un peu comme ça, des Jurassic, et puis après, les gros films, les gros bugbusters, on allait
35:12tous les voir au cinéma.
35:13Les Titanic, les…
35:15Oui, oui, les gros rendez-vous.
35:16Les gros rendez-vous, on y allait, on y allait, ça, je me souviens.
35:19Alors, il y a un autre film pour moi, alors c'est intéressant, mais on en parlait un petit
35:22peu en rentaine.
35:22Quand j'ai vu la première affiche, j'y ai un peu pensé, c'est un film de 2002 qui
35:25s'appelle
35:25Le Boulet, un film de, moi, que j'aimais beaucoup à l'époque, j'ai pas revu depuis longtemps,
35:29un film d'Alain Berberian et Frédéric Forestier, avec un buddy movie, là vous êtes trois,
35:33c'est vraiment un trio qu'on suit dans les cadres, là c'est deux personnes qui sont
35:35jouées par Gérard Lanvin et Benoît Pelvord, deux mecs que tout oppose, histoire classique,
35:39forcés de se supporter, d'un côté un caïd évadé, de l'autre un maton régio que tout
35:44le monde surnomme Le Boulet, et au milieu un ticket de l'auto gagnant qui part dans un délire
35:47de poursuite jusqu'en Afrique, et alors il y a quand même un fait intéressant, c'est
35:50que dans ce film, il y a une apparition de Nicolas Anelka.
35:54Et ça, moi, ça me rendait fou quand j'étais petit ! Est-ce que ça, les buddy movies comme
35:59ça, parce qu'il y a une énergie dans ce film, tu sais, notamment entre toi et les
36:03personnages de Laura et d'Eric, d'ailleurs les deux, tu sais, toi qui a le rôle principal
36:08musclé, tu sais, un peu froid, versus les, quelque part, tu s'appelais le boulet, on
36:13aurait pu appeler ces personnages d'un peu comme ça, parce qu'ils peuvent ralentir
36:16un petit peu la trajectoire du rôle principal, est-ce que c'est aussi des choses que t'as pu
36:20regarder
36:20qui ont pu t'influencer ?
36:21Bien sûr, mais de toute façon, c'est des mécaniques classiques, et de toute façon,
36:26en humour, tu n'inventes plus de mécaniques, tu les traites différemment.
36:30C'est plus possible d'inventer, tu penses ? On a tout écouté.
36:31Oui, de temps en temps, mais ce n'est pas grave, parce qu'en réalité, ce que je veux dire,
36:36c'est que dans l'art, de manière générale, on traite quoi ? On traite l'amour, la mort,
36:41le sexe, la dispute, la guerre, tu vois ce que je veux dire ?
36:44Oui, et les sujets sont déjà éculés.
36:47Donc après, ce que je veux dire, c'est que après, c'est le traitement et la modernité
36:50que tu y mets qui fait que t'es un artiste dans l'air du temps et que t'es
36:54un artiste
36:54qui est ancré dans ton époque.
36:56Mais je veux dire, le clown blanc et le clown noir, c'est classique.
37:00Le mec qui embête un mec qui est sérieux dans quelque chose, qui ne peut pas avancer
37:04parce qu'il a un mec qui n'est pas sérieux.
37:07Tu parlais du dîner de cons, c'est l'énergie même des films de Weber avec les François
37:10Pignon, La Chèvre, bien sûr.
37:12Tout, même Les Bonzés, tout est comme ça.
37:15T'as toujours un mec qui a un but et puis quelqu'un qui l'en empêche.
37:18C'est le mécanisme même du...
37:21Et pourquoi c'est tout le temps comme ça ? C'est parce qu'en fait, une comédie,
37:24ça n'est d'un problème.
37:25S'il n'y a pas de problème, il n'y a pas de comédie.
37:27Donc t'as toujours un...
37:29Et d'ailleurs, si je réduis encore, si je vais encore dans le macro, c'est le principe même
37:34d'un film.
37:35Un film, c'est quelqu'un qui a un problème.
37:37Il faut un élément perturbateur.
37:39Même si c'est un film d'horreur, ils ont un problème.
37:41Tu vois, Titanic, il y a un problème.
37:42Un petit problème.
37:43Tu prends n'importe quel film, il y a un problème.
37:45Je parlais de Splash, c'est-à-dire qu'il y a un problème.
37:47Tu vois, c'est-à-dire qu'on te raconte une histoire et une histoire, c'est un problème.
37:51C'est quelque chose qui doit se passer et qui ne se passe pas.
37:53Alors, dernier film dont je voulais parler, je ne sais pas si tu l'as vu à l'époque,
37:56il y a même une suite, c'est Gomez et Tavares.
37:59Mais en fait, tout part d'un album qui s'appelle Gomez et Dubois.
38:14Alors, ça s'appelle Hotel Commissaria, référence évidemment à Hotel California.
38:22Et alors, c'est assez intéressant parce qu'à la base, c'est un album de rap qui s'appelle
38:25Gomez et Dubois,
38:25avec deux rappeurs qui s'appellent Faf Larage, rappeur Marseille et Ben.
38:29Et donc, c'est un album qui a plutôt marché et ça a donné lieu à ce film, Gomez et
38:33Tavares,
38:33qui initialement devait être réalisé par Luc Besson.
38:37Finalement, ça n'a pas été le cas.
38:38Et donc, avec effectivement Titoff et Stomy Bugsy, un humoriste,
38:42finalement comme toi qui passait à la comédie, et Stomy Bugsy, un rappeur.
38:47Est-ce que tu as des souvenirs ?
38:47Il y a même eu une suite, il y a eu après Gomez vs Tavares.
38:50Là, je ne sais pas quel âge j'avais, mais je me rappelle que, à mon avis,
38:53je devais avoir 15-16 ans quand c'est sorti ça.
38:55Un truc comme ça, je pense.
38:56Oui, j'ai des souvenirs.
38:57Je suis pratiquement sûr que je l'ai vu au cinéma.
39:00Je n'en ai pas gardé beaucoup de souvenirs, mais je sais que je l'ai vu.
39:03Et je me rappelle de l'album.
39:04Ça, c'est sûr.
39:05Ça, c'est des choses que j'écoutais.
39:06C'est ça que tu écoutais quand tu étais plus petite ?
39:07Tu écoutais du rap en tout cas ?
39:08Oui, j'écoutais beaucoup de rap.
39:09J'écoutais NTM, j'écoutais AYAM.
39:11D'ailleurs, j'écoute toujours AYAM.
39:12J'ai eu la chance de les rencontrer.
39:13En plus, c'est les mecs adorants.
39:16Donc, oui, j'écoutais beaucoup de rap.
39:17En tout cas, c'est quelques comédies d'action françaises.
39:20Il y en a d'autres, évidemment, qu'on pourrait citer.
39:22Mais je voulais parler de quelques films.
39:23Parce que c'est vrai que c'est un genre qui est très populaire aux Etats-Unis.
39:26On a énormément de comédies d'action comme ça.
39:29Et en France, un peu moins.
39:29Et même, d'ailleurs, les films d'action sont un peu moins fréquents.
39:32C'est un peu moins fréquent.
39:33Je ne sais pas pourquoi, mais c'est vrai que le style humour,
39:38mais où on se marre vraiment,
39:39tu vois, un truc où on se marre vraiment
39:41et où il y a de l'aventure et de l'action,
39:43c'est vrai qu'il n'y en a pas beaucoup.
39:44Alors aussi, peut-être parce qu'on n'ose pas.
39:47Tu vois, on est quand même dans un univers aussi
39:50où il faut se battre un peu.
39:51Tu vois, quand moi, je suis arrivé avec mon pitch,
39:52je te dis, l'argent ne me l'a pas donné tout de suite.
39:54Tu as senti que c'était compliqué auprès des studios ?
39:56Non, ça a été.
39:58Après, on a Canal qui a joué le jeu.
40:00Mais ça n'a pas été simple, simple, simple.
40:02Tu vois, pour réunir tout l'argent,
40:04avoir exactement l'argent qui me fallait,
40:05ça n'a pas toujours été facile.
40:06Pardon, même quand on...
40:08Je suis très naïf,
40:09mais quand on a un humoriste à succès
40:10qui remplit autant de salles,
40:11quand on veut se lancer dans un projet comme ça,
40:13tu sens que les portes ne s'ouvrent pas
40:15aussi facilement qu'on peut l'imaginer.
40:17Bien sûr, on m'a suggéré à plusieurs reprises,
40:19bon, financement, il y a plein de gens.
40:21Moi, j'ai vu tout le métier, tu vois.
40:23Et à plusieurs reprises, on m'a suggéré,
40:25on m'a expliqué que si je faisais
40:28un scénar un peu plus lisse,
40:29un peu plus passe-partout,
40:30on me donnerait de l'argent.
40:31Tu vois, et j'ai refusé.
40:33Donc, je pense aussi que, tu vois,
40:35moi, j'ai eu la chance, c'est justement,
40:36d'avoir ces 15 ans de carrière derrière moi,
40:38qui fait que peut-être,
40:39si je dis non, c'est comme ça et c'est tout,
40:41on y va.
40:41On t'écoute un peu plus.
40:42Alors que peut-être un jeune réal,
40:44un jeune réal qui arrive avec un film
40:45un peu zinzin, drôle, aventure,
40:47parce que ça coûte aussi un peu plus cher,
40:49tu vois, même si moi,
40:49j'ai été raisonnable sur mon budget.
40:51J'ai fait une comédie d'aventure
40:52qui n'est pas très chère
40:52par rapport au budget des autres
40:54comédies d'aventure.
40:55Je suis pratiquement deux fois moins cher.
40:56Donc, je me suis bien débrouillé, tu vois.
40:58J'ai vraiment mis tout l'argent dans le film.
40:59Ça, par contre,
41:06Marathon des Sables,
41:07c'est le vrai Marathon des Sables,
41:08parce qu'en fait,
41:09on s'est rendu compte
41:10que le marathon était là
41:11en même temps que nous.
41:12On a écrit à Cyril Gauthier,
41:13qui est le directeur du marathon,
41:15lui a envoyé le scénario,
41:15il a trouvé ça très drôle
41:16et il nous a laissé filmer
41:17le Marathon des Sables
41:18et les marathoniens ont joué le jeu.
41:19Ce qui fait qu'on a eu 200 marathoniens
41:21et toute l'infrastructure
41:22du Marathon des Sables gratuitement.
41:24Et le départ du Marathon des Sables,
41:26c'est le vrai départ du Marathon des Sables
41:27avec les vrais marathoniens.
41:28Donc, c'est extraordinaire.
41:29Toi qui viens de la scène,
41:31quand on fait un film comme ça,
41:32est-ce que c'était obligatoire pour toi
41:34que le film sorte en salle
41:34ou est-ce que tu as imaginé
41:35les plateformes ?
41:36Parce qu'aujourd'hui,
41:38c'est aussi une possibilité.
41:39Il y a des films, tout le temps,
41:42qui sortent sur les plateformes.
41:43Est-ce que tu aurais été ouvert à l'idée
41:44ou tu voulais que le film sorte en salle ?
41:47Non, j'aurais été.
41:48Tu sais, avec le style d'humour
41:50que moi je fais aussi,
41:52moi j'ai confiance en ce que je fais
41:54et j'ai confiance au public
41:55qui va me suivre.
41:56Donc, si j'avais dû à un moment donné
42:00passer par la plateforme
42:01pour montrer mon travail
42:02en tant que réalisateur,
42:03je l'aurais fait.
42:04Mais je préférais la salle
42:05et donc j'ai réussi à obtenir la salle.
42:07Donc, je suis ravi
42:08que ce se passe comme ça.
42:08Mais non, si à un moment donné,
42:10il fallait aller sur Netflix
42:11ou sur Amazon,
42:12j'y serais allé.
42:13Parce qu'on est dans un monde maintenant
42:14où il y a de la concurrence partout
42:17et il faut arriver à s'imposer
42:19et tu t'imposes en montrant ton travail.
42:21Moi, je me suis imposé dans l'humour.
42:23La liberté que j'ai aujourd'hui dans l'humour,
42:24c'est parce que je suis monté sur scène
42:27des milliers, des milliers,
42:28des milliers, des milliers de fois.
42:29La liberté que j'ai en télévision,
42:30c'est parce que j'ai fait des audiences
42:32et parce que j'ai montré
42:33que je savais faire.
42:34Donc, je comprends très bien
42:36qu'au cinéma, je dois vous prouver
42:37puisque je n'ai encore rien fait.
42:38Et donc, moi, l'important,
42:40c'était de préserver
42:41ma liberté d'expression
42:42et ma liberté artistique.
42:43À partir du moment où l'œuvre
42:45que je présente,
42:46elle est celle que je voulais,
42:48écoute, je la mets là
42:49où on peut la voir, tu vois.
42:50Tu viens de parler de liberté
42:51et ça me semble être quand même
42:52un sujet important aujourd'hui
42:54quand on est artiste,
42:55quel qu'on soit,
42:56et peut-être encore plus
42:56quand on est sur scène
42:57tous les soirs.
42:59Parce que, est-ce qu'on est
43:00vraiment libre aujourd'hui ?
43:00Tu sais, à une époque
43:01où tout est filmé,
43:02où tout peut être sorti du contexte,
43:04tout peut être réinterprété,
43:05est-ce que tu te sens
43:05complètement libre sur scène ?
43:07En fait, ah oui, totalement.
43:08Mais à la télévision aussi.
43:10Très sincèrement,
43:11je fais partie de ces gens.
43:12Mais après, moi,
43:12c'est un truc que j'ai acté
43:13depuis le départ.
43:14C'est-à-dire, déjà,
43:15on ne demande qu'à en rire.
43:16J'ai eu la chance,
43:16j'avais Laurent Ruquier à l'époque
43:18qui me protégeait de cela
43:19et qui se battait
43:20pour que de toute façon,
43:21on me laisse 100%
43:22de liberté d'expression.
43:23Mais du moment
43:24où j'ai commencé
43:25à être en télévision,
43:26ça n'a jamais été un débat.
43:27C'est-à-dire que la première chose
43:28que je disais,
43:28j'ai travaillé sur toutes les chaînes,
43:30tous les groupes,
43:30toutes les radios,
43:32que ce soit moi
43:32ou avec mes artistes,
43:34les artistes que j'ai la chance
43:34de promener.
43:35Donc, je travaille
43:36avec tout le monde
43:36et c'est toujours la même chose.
43:38Il n'y a pas de discussion.
43:39On peut discuter,
43:40mais c'est moi
43:41qui ai fait le final cut.
43:42Tu peux me donner ton avis
43:43sur quelque chose.
43:44Je vais d'ailleurs l'écouter.
43:45C'est pour ça que les gens
43:45travaillent avec moi.
43:46Je ne suis pas zinzin.
43:47On peut croire
43:48que je suis en mode solo
43:49mais pas du tout.
43:50Si par exemple,
43:51demain, tu me dis un truc.
43:52Imaginons que je fasse
43:53une chronique
43:53dans ton émission de radio.
43:55Tu viens me dire
43:55cette vanne,
43:56je la trouve un peu trop trash.
43:57Je dirais,
43:57ah bon, pourquoi ?
43:58Si tu as un argument
43:59qui me convainc,
44:00je vais me dire
44:00ok, peut-être qu'il a raison.
44:02Donc, soit je vais retravailler
44:02la vanne pour la rendre plus drôle,
44:03soit je vais l'enlever
44:04parce que le but,
44:05c'est de faire d'abord rire.
44:07Mais si tu ne me convaincs pas,
44:08je vais dire non,
44:09je ne suis pas convaincu,
44:10je garde cette vanne.
44:11Et la plupart du temps,
44:12je dis quand même
44:12je ne suis pas convaincu,
44:13je garde cette vanne.
44:14C'est quand même très rare.
44:15Mais même sans parler
44:16de provoque ou quoi
44:17parce que je ne fais pas que ça.
44:18Je fais de l'absurde.
44:19Dès qu'on dit ça,
44:20on a l'impression
44:21qu'on parle de vanne trash
44:21mais pas du tout.
44:22Je parle de liberté
44:22parce que je pense
44:23que c'est un vrai sujet au sens.
44:24J'imagine qu'il y a aussi
44:25des jeunes artistes
44:25pour en parler avec eux,
44:26des jeunes humoristes
44:27qui se posent cette question-là
44:28de qu'est-ce qui se passe
44:29si c'est mal interprété.
44:30Je pense qu'en fait,
44:40d'où on se fait critiquer
44:41quoi qu'on fasse.
44:43Moi, j'ai un compte X
44:47sur lequel je vais
44:47très très peu.
44:48Je suis plutôt sur
44:49Insta et Facebook
44:50mais j'ai un compte
44:51qui est toujours là existant
44:52où de temps en temps
44:52je poste un truc
44:53juste pour dire
44:53je suis en avant-première.
44:55Tu postes juste
44:56tourner des avant-premières
44:57de mon film.
44:58Ah, mais encore
44:58une grosse merde
45:00de comédie française.
45:01Il n'y a même pas une image
45:01qui est sortie.
45:02Grosse merde.
45:03Mais c'est fou.
45:04J'ai l'impression
45:04qu'il y a un bassin de piranhas
45:05et que tu jettes
45:05un pied de table,
45:06une côte de bœuf.
45:07ça sera la même chose.
45:08Donc, on est dans un monde
45:09comme ça.
45:09On est dans un monde
45:10où maintenant
45:10il y a tout un tas de gens
45:11qui attendent
45:13comme des loups dans la forêt
45:14qu'il y ait quelque chose
45:15qui se passe
45:15pour aller déverser
45:16leur frustration et leur haine.
45:17Donc, on le sait.
45:18Mais c'est les réseaux sociaux.
45:20On en profite
45:21sur plein d'aspects.
45:22Le côté négatif de ça
45:23c'est qu'on a donné
45:23la parole à tout le monde
45:24et de manière anonyme.
45:26Donc, évidemment,
45:26tu te doutes bien
45:27que si Twitter,
45:29si X,
45:30c'était la représentation
45:31de ce qu'on vivait
45:31toi et moi
45:32qui sommes exposés dans la rue,
45:33la vie serait invivable.
45:35Et on s'aperçoit quand même
45:36que dans la rue
45:36ça se passe plutôt bien.
45:39Moi, j'ai quand même
45:39plus de gens qui me font
45:40« Ah putain, j'adore ce que vous faites »
45:41que les gens qui me font
45:41« Ah ouais, ta comédie de merde ! »
45:46Donc, il faut accepter.
45:47C'est le jeu.
45:48Donc, évidemment,
45:48c'est relou et c'est chiant
45:49et ça fait peur
45:50parce qu'à n'importe quel moment
45:52on peut prendre une vanne.
45:52Moi et moi, après,
45:53j'ai 15 ans de carrière
45:55de télé, de machin, de truc.
45:56Donc, à n'importe quel moment
45:57il y a un mec
45:57qui peut prendre un truc
45:58de sortir du contexte, machin.
46:00Mais bon, ça, c'est le jeu.
46:01Après, l'avantage que j'ai,
46:02c'est que comme je suis là
46:03depuis très longtemps,
46:04quand il y a quelqu'un
46:04qui sort du contexte,
46:05j'ai toujours quelqu'un
46:06de mon public qui va venir lui dire
46:07« Non, regarde, t'es malhonnête
46:08parce qu'il a dit ça,
46:09il a fait ça, il a fait ci,
46:10il a fait ça. »
46:11Mais en même temps,
46:14on ne peut pas se plaindre
46:15d'un truc duquel on profite
46:16parce que c'est aussi génial
46:17d'avoir presque un million
46:19d'abonnés sur Insta
46:19et de balancer une pub sur Insta.
46:21Donc, on est obligé d'accepter.
46:22C'est la règle du jeu.
46:23Donc, ça, c'est l'aspect critique.
46:25Après, le côté censure,
46:27déjà, on n'est pas dans une époque
46:29qui...
46:30Ça a toujours existé.
46:32Et ça, c'est un truc
46:33que je répète et que je martèle
46:34parce que, tu sais,
46:35ça me fait un peu...
46:36Tu sais, il y a aussi
46:36plein d'humoristes
46:37qui arrangent de parler
46:37de liberté d'expression
46:39ou on va les entendre
46:40parler de liberté d'expression
46:41alors qu'ils ne s'en servent pas.
46:42Donc, il faut en parler
46:43avec des gens
46:43qui ont vraiment des problèmes
46:44quand ils font des sketchs
46:45ou qui ont des propos
46:46qui peuvent choquer.
46:47Moi, ce que je peux,
46:48en tout cas, te dire,
46:49c'est que Renaud
46:50était censuré à la radio.
46:52Sa chanson Hexagone
46:52était censurée à la radio.
46:53Coluche s'est fait virer d'RMC.
46:55Coluche s'est fait virer d'Europe 1.
46:56Donc, quand on me dit
46:56à l'époque,
46:57on pouvait dire des choses
46:58qu'on ne peut plus dire maintenant,
46:59ça me fait doucement rigoler
47:00parce que si on les réanime...
47:01Enfin, Renaud n'est pas encore mort
47:03mais ça lui fera quand même
47:04pas mal d'être réanimé.
47:06Si on parle avec ces gens,
47:07ils te diront
47:08ben non, pardon, mon pote,
47:09mais il y a 20 ans,
47:09il y a 30 ans,
47:10moi aussi, je devais me battre.
47:10Je pense que la censure,
47:12elle existe partout
47:13et ce n'est pas forcément
47:20la censure,
47:21j'en ai vu
47:21et j'en ai entendu partout.
47:24Partout.
47:25Donc, après,
47:25c'est à l'artiste,
47:26même si c'est difficile,
47:28de dire non.
47:29D'être dans la discussion
47:30parce que c'est normal
47:31quand tu rentres dans une émission,
47:33il faut être dans la discussion
47:34avec le mec qui fait l'émission.
47:36Sinon, tu es juste un malade,
47:37en fait,
47:37si on ne peut pas parler avec toi
47:38et que tu as un texte
47:39que tu caches dans ta poche
47:40et que tu sors.
47:41Bon, tu es obligé de partager,
47:43tu travailles en communauté,
47:44c'est normal,
47:44mais il faut se battre.
47:46Si tu commences à dire oui,
47:48alors ce n'est plus de la censure.
47:48C'est un accord que tu as passé,
47:50tu vois.
47:51Et moi, personnellement,
47:52j'ai toujours refusé ça.
47:53Donc, on me prend comme je suis
47:55ou on ne me prend pas.
47:56Très bien.
47:57Jérémy Chetobros,
47:57qu'on écoutait un morceau,
47:58un morceau de Esa Broky,
48:00rappeur américain,
48:00qui a sorti un très bon album récemment
48:02qui s'appelle Don't Be Dumb.
48:03On s'écoute le morceau
48:05Hélicoptère
48:05et juste après,
48:06on finit,
48:07on poursuit l'émission
48:08avec Jérémy Ferrari
48:08qui sort Les Cadores
48:09le 11 mars prochain.
48:42Sous-titrage Société Radio-Canada
48:54Sous-titrage Société Radio-Canada
49:40Sous-titrage Société Radio-Canada
50:14Sous-titrage Société Radio-Canada
50:39C'était le morceau
50:41Hélicoptère d'Esa Broky,
50:42présent sur son dernier album
50:43Don't Be Dumb.
50:48On est avec Jérémy Ferrari
50:49qui sort Les Cadores
50:50le 11 mars prochain.
50:51Tu le réalises
50:52et tu joues dedans.
50:53Et puis,
50:54on l'a dit,
50:55il y a aussi quelque chose
50:56qui a été couronné de succès,
50:58c'est la tournée,
50:59en tout cas en trio,
51:00avec Baptiste Lecaplin
51:02et Arnaud de Samer.
51:02Je me pose toujours une question,
51:03moi parfois,
51:03c'est une des questions
51:04que je pose,
51:04tu sais,
51:05quand des musiciens
51:06travaillent ensemble.
51:07Mais comment on écrit à trois ?
51:09Est-ce que vous êtes chacun
51:10en vase clos ?
51:11Est-ce que tout se fait
51:12de manière collective ?
51:13Comment ça se passe,
51:15l'écriture ?
51:16C'est tout en collectif.
51:17Ok.
51:18On ne met pas une vanne
51:20dans le spectacle
51:21si les trois n'ont pas rire la vanne.
51:22Donc,
51:23c'est vraiment tout en collectif.
51:24Après,
51:25Arnaud,
51:25Baptiste et moi,
51:27on a eu un truc
51:28assez incroyable
51:30il y a des années
51:31quand on s'est rencontrés,
51:32on avait un producteur
51:33qui était commun
51:34et qui nous a dit
51:35peut-être vous pourriez essayer
51:36de faire des zeniths ensemble.
51:38On était tous
51:38au début de notre carrière
51:40et donc on devait faire
51:41chacun une heure de spectacle
51:42et puis on s'est retrouvés
51:42dans un train
51:43en se disant quand même
51:43c'est un peu nul
51:44de faire une heure chacun
51:45et de rien faire à trois.
51:46Donc,
51:47on s'est dit
51:47on pourrait peut-être
51:48écrire des petites conneries
51:48qu'on ferait entre les sketchs
51:50mais de manière totalement naïve
51:51sans réfléchir à la mise en scène
51:53et tout,
51:53juste en disant
51:54écrivons des petits trucs à trois.
51:56Et tout à coup,
51:56en fait,
51:57c'est une chance incroyable.
51:59C'est-à-dire que
51:59moi,
52:00j'écris des duos
52:00et des trios
52:01depuis dix ans
52:02pour mon émission
52:04et des fois,
52:05ce n'est pas aussi naturel
52:06que ça.
52:06Ça ne veut pas dire
52:06que ça ne va pas être bien
52:07mais des fois,
52:07il faut forcer un peu l'univers
52:09pour que ça rentre.
52:10Et là,
52:11il y a une espèce de magie
52:12qui s'opère
52:13donc il y a 15 ans maintenant.
52:15On se rend bien compte
52:15qu'en fait,
52:16dès qu'on écrit tous les trois,
52:17il y a un truc en fait.
52:18Les trois univers
52:20se marient
52:21et se mélangent très bien.
52:22Donc,
52:23on n'a jamais changé
52:23notre méthodologie de travail.
52:25On a commencé
52:25à refaire des sketchs ensemble
52:26dans les duos impossibles.
52:30du trio derrière.
52:30C'est que les gens
52:31aimaient beaucoup
52:31nos sketchs là-bas
52:32et pour écrire le trio,
52:34on a refait comme d'habitude.
52:34On s'est mis dans un salon
52:35et on s'est mis à rire
52:37ensemble quoi.
52:38Et dès qu'un truc
52:38nous fait éclater
52:39tous les trois,
52:39on le note.
52:41Jérémy,
52:41c'est l'heure
52:42de la question qui tue.
52:48Alors,
52:48j'ai peur que tu aies déjà
52:50un peu répondu
52:50pendant cette émission
52:51mais ce n'est pas grave,
52:51je te la pose quand même.
52:53Pour toi,
52:53quelle est la meilleure
52:55comédie française
52:57de tous les temps ?
52:58Ah, c'est le père Noël
52:59du Nord-Durne.
53:00Tu m'as un peu tué
53:01ma question.
53:01Un peu ex-aequo
53:02avec le dîner de con
53:03parce que quand même
53:05le dîner de con,
53:06les dialogues sont extra...
53:07En fait,
53:08j'aime l'univers
53:09du père Noël
53:09est une ordure,
53:10j'aime le côté social
53:11du père Noël
53:11est une ordure
53:12et je suis amoureux
53:13des dialogues du dîner de con.
53:17Et d'ailleurs,
53:17dans les cas d'or,
53:19je me suis autorisé
53:20des moments
53:21très père Noël
53:23est une ordure
53:23avec que des fous
53:24dans la même pièce
53:25qui racontent n'importe quoi
53:26et puis des moments
53:27très posés
53:27où il n'y a que
53:28le dialogue qui compte.
53:29Tu vois,
53:29des moments...
53:31D'ailleurs,
53:31quand j'ai commencé
53:32à travailler avec mon équipe technique,
53:33ils m'ont dit
53:33c'est rare d'avoir
53:34des scènes de dialogue
53:34aussi longues
53:35dans un film actuellement.
53:37Et moi,
53:37je me suis autorisé
53:38des...
53:38Tu vois,
53:39la scène notamment...
53:40Tu as vu,
53:40je ne peux en parler,
53:41mais la scène notamment
53:41où il y a la première rencontre
53:43entre Noël,
53:44Zulika et Ryan,
53:45c'est une scène
53:45qui dure très longtemps.
53:47Tu vois,
53:47elle est très longue
53:48dans le temps.
53:48Alors,
53:49on a l'impression
53:50qu'elle est coupée
53:50en deux ou en trois,
53:51mais en réalité,
53:51c'est la même scène
53:52et elle est très longue.
53:59Les dialogues sont longs
54:00pour les films de maintenant.
54:01Tu as l'impression
54:01que les films ont changé,
54:02que les choses doivent aller plus vite.
54:03En tout cas,
54:03c'est ce qu'on t'a fait ressentir
54:05quand t'as préparé le film,
54:06quand t'as tourné le film avec...
54:08On m'a fait ressentir...
54:09Non,
54:10en fait,
54:10c'est juste que tout le monde
54:11était très étonné
54:13pour une comédie
54:13de prendre le temps
54:14de poser des dialogues.
54:15Alors,
54:15je pense que si tu as confiance
54:16en tes dialogues,
54:18ça marche en fait.
54:19Il faut juste écrire
54:20des bons dialogues.
54:21Mais on a souvent...
54:22Je pense qu'on a un peu peur
54:23de la qualité des dialogues
54:24et du coup,
54:25on suggère souvent aux gens
54:26d'être dans le visuel
54:27et dans l'action.
54:28Mais je pense que tu ne dois
54:29pas faire de choix.
54:30Pour le coup,
54:30dans les cas d'or,
54:31tu as des scènes
54:31qui sont extrêmement dialoguées,
54:33tu as des scènes
54:33qui sont complètement de l'action,
54:34tu as des trucs très américains
54:37où tu vas avoir de la bagarre
54:38pendant qu'on fait des vannes.
54:39Je n'ai pas voulu faire de choix
54:41dans les univers.
54:42Très bien.
54:43Jérémy,
54:43c'était un plaisir
54:44de t'avoir aujourd'hui.
54:45Vraiment,
54:46on rappelle donc
54:46que les cas d'or,
54:47c'est ton premier film
54:48en tant que réalisateur.
54:49Ça sort le 11 mars
54:50avec Eric Judor,
54:51avec Laura Feltin,
54:52avec Fred Testo,
54:52avec plein de personnes
54:53et tu joues dedans.
54:55Oui, je joue.
54:56Voilà,
54:56donc ça,
54:57c'est le 11 mars
54:57dans les salles.
54:58Merci beaucoup.
54:58Merci d'avoir été là.
55:00Merci à toutes les personnes
55:00qui ont participé
55:01à la fabrication
55:02de cette émission
55:02qui a été préparée
55:03par Alex Alacour
55:04et Redouane Tella,
55:04réalisée par Gaëtan Colli.
55:06La programmation musicale
55:07est signée
55:07Jean-Baptiste Audiber
55:08et La Technique ce soir.
55:09C'était Guillaume Roux
55:09et Rémi Sistiaga.
55:10Merci aux équipes
55:11Web et Vidéo.
55:12Demain,
55:13émission spéciale
55:14Metallica
55:14pour les 40 ans
55:15de l'album Master.
55:17Vous pouvez s'écouter
55:17Metallica ou pas trop
55:18Jérémy ?
55:19Oui, j'adore.
55:19Tu pourras nous écouter
55:20demain.
55:21Demain spéciale Metallica.
56:14Sous-titrage MFP.
56:31Sous-titrage MFP.
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