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Au début du mois d’avril 1972, le corps d’une adolescente de 15 ans est retrouvé sur un terrain vague à Bruay-en-Artois, une cité minière du Pas-de-Calais.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clara-Garnier Amouroux, Clara Grouzis et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

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#crimestory #truecrimepodcast #crime

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Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire Brigitte de Vèvre, deuxième et dernier épisode.
00:10Le jeudi 6 avril 1972, Brigitte de Vèvre, une adolescente de 15 ans, est retrouvée morte à Bruy-en-Artois,
00:17dans le Pas-de-Calais, sur un terrain vague, à quelques rues de chez elle.
00:20Elle avait quitté la maison de ses parents pour passer la nuit chez sa grand-mère, à 15 minutes à
00:25pied.
00:25Dans la cité minière où elle a grandi, c'est un choc immense.
00:30Après 5 jours d'enquête, qui n'ont rien donné, la police judiciaire de Lille essaie de retrouver tous ceux
00:35qui étaient présents
00:36le soir de la mort de Brigitte, dans un périmètre très restreint.
00:42Une habitante du quartier, préparatrice en pharmacie, a raconté avoir croisé ce soir-là Brigitte,
00:48en pleine conversation avec un homme qu'elle a vu de dos et dont elle a donné aux enquêteurs la
00:53description physique.
00:551m75 environ, 25-30 ans et une carrure plutôt imposante.
01:00Un autre habitant du quartier aurait-il pu voir cet homme ?
01:03C'est ce qu'espèrent les enquêteurs.
01:05Mais c'est un tout autre détail qui va finalement leur permettre d'avancer.
01:09Une deuxième habitante raconte que le soir du 5 avril,
01:13elle n'a pas pu se garer sur la place de parking devant chez elle, qu'elle a l'habitude
01:16d'utiliser.
01:18Car une autre voiture y était.
01:20Une voiture qu'elle n'avait jamais vue auparavant dans le quartier.
01:23Une Peugeot 504 blanche.
01:26Un peu plus tard dans la soirée, il lui semble même avoir vu depuis chez elle, à travers la fenêtre,
01:31que quelqu'un était assis dans la voiture.
01:34Elle n'a pas cherché à en savoir plus, mais elle est sûre de deux choses.
01:37Cette voiture n'appartient pas à un de ses voisins,
01:40et elle n'a aucun doute sur le modèle et la couleur du véhicule.
01:44Un troisième habitant, un certain M. Lemaitre, a lui aussi repéré cette voiture ce soir-là.
01:50Elle était garée près de la sienne.
01:52Très soucieux de sa propre voiture, et donc attentif à celle qui se gare juste à côté,
01:57il a même pris soin de relever la plaque.
02:00Pour les enquêteurs, c'est presque inespéré.
02:03L'immatriculation est 4163 GQ62.
02:08Et ce numéro devrait leur permettre de retrouver très vite son propriétaire,
02:11qui est aussi de facto leur suspect numéro 1.
02:18Damien Delceny, l'immatriculation permet en effet de retrouver très vite le propriétaire de ce véhicule.
02:24Oui, et la surprise est de taille lorsqu'on découvre son nom.
02:28Il s'agit du notaire de la commune, il s'appelle Pierre Leroy,
02:32et son étude n'est pas très très loin du terrain vague où a été découvert Brigitte.
02:37Alors, Pierre Leroy, c'est l'autre côté de Bruyne-Artois,
02:40c'est l'incarnation de cette bourgeoisie de province qui vit à côté de la cité minière.
02:46Il est membre du Rotary Club, habitué aux successions un peu importantes du secteur.
02:53Et donc, c'est quelqu'un qui gagne de l'argent, qui est plutôt aisé.
02:57Le juge est très vite convaincu de sa culpabilité.
03:00Alors oui, et pour des raisons qui sont assez subjectives quand même, finalement.
03:04Alors, ce Pierre Leroy, il n'est pas marié, il est connu pour fréquenter les maisons closes de l'île,
03:11en tout cas le milieu de la prostitution lilloise.
03:14Et aux yeux du juge, ça suffit déjà presque, ce sont deux éléments qui vont dans le sens de sa
03:18culpabilité.
03:20Et donc, Pierre Leroy va être entendu.
03:22Et lors de ses auditions, il va livrer plusieurs versions sur la manière dont il a appris le meurtre de
03:31Brigitte de Vèvres.
03:32Il va aussi livrer plusieurs versions sur son emploi du temps à l'heure du crime.
03:37Comment est-ce que cet homme explique la présence de sa voiture le mercredi 5 avril au soir dans le
03:42Coron ?
03:43Il va commencer par donner des raisons assez nébuleuses et puis il va se reprendre.
03:48Il va changer complètement de version et finalement, c'est quand même au bout de la cinquième audition
03:53qu'il va expliquer qu'en réalité, ce soir-là, il se rendait chez sa maîtresse, une certaine Monique Mayer,
04:00qui est la fille d'un riche marchand de meubles.
04:02Alors, il dit qu'en fait, il a fallu du temps pour avouer ça et qu'il a inventé autre
04:07chose avant
04:08parce qu'il souhaitait protéger sa maîtresse.
04:10Mais le juge, lui, il ne pense pas du tout ça.
04:13Il pense simplement que le roi mentit, qu'il a inventé cette histoire.
04:17Et donc, le 13 avril, c'est-à-dire une semaine après le meurtre de Brigitte de Vèvres,
04:22Pierre Leroy, le notaire, est inculpé pour homicide volontaire.
04:29Pierre Leroy est incarcéré, sans preuve ni aveu,
04:33mais avec un faisceau de présomptions graves et concordantes,
04:36comme le formule le juge Henri Pascal.
04:38L'affaire va alors complètement dépasser la commune de Bruy-en-Artois
04:41et le département du Pas-de-Calais où elle a éclaté,
04:44jusqu'à devenir l'une des affaires les plus retentissantes et médiatisées de l'après-guerre.
04:49Entre les beaux quartiers et les maisons ouvrières, un terrain vague,
04:53un espace d'herbes hautes et de détritus qui sépare les mineurs des gens aisés.
04:57D'un côté, les corons, les femmes aux fenêtres qui attendent derrière les rideaux
05:01et les vieux mineurs à la retraite, un peu étonnés d'être encore là.
05:05De l'autre côté de ce terrain est, jusqu'au champ vert et au coteau, les maisons des notables.
05:11D'un côté, il y a les nantis, représentés par Monique Mailleur, Pierre Leroy et son étude notariale.
05:18De l'autre, il y a les mineurs, la classe populaire,
05:21celle qui travaille dur, qui gagne peu et qui souffre, incarnée par la famille de Brigitte.
05:26Au-dessus de la mêlée, on trouve le petit juge, un magistrat opposé au secret de l'instruction
05:32et qui milite pour une justice à ciel ouvert, comme il l'écrira l'année suivante dans son livre
05:37« Une certaine idée de la justice ».
05:40Henri Pascal répond aux journalistes avec plaisir, verve et très régulièrement.
05:44Le roi proclame son innocence.
05:47Est-ce que vous avez des preuves matérielles ?
05:48Non, il n'y a pas de preuves matérielles caractérisées.
05:51Tout repose sur des raisonnements, des raisonnements logiques, des déductions.
05:54On a dit que vous étiez persuadé, vous, de sa culpabilité.
05:57Moi, je ne suis jamais persuadé de la culpabilité de quelqu'un.
06:01Ces derniers débarquent en masse à Bruin-en-Artois.
06:04Ils campent dans les hôtels, s'installent dans les brasseries,
06:07traquent le moindre témoignage.
06:09Ils peuvent compter sur la participation d'un groupe discret,
06:12mais omniprésent dans la cité minière,
06:14les Maoïstes de la gauche prolétarienne.
06:17Ce groupuscule, très actif au début des années 1970,
06:21cherchent toutes les occasions de réveiller la révolution,
06:25tuée dans l'œuf après mai 68.
06:28Intellectuels et ouvriers se réunissent pour faire tomber l'ordre bourgeois.
06:32Avec ce fait divers sur fond de lutte des classes,
06:35ils ont trouvé un argument massue.
06:38Parmi ces agitateurs, on retrouve des ouvriers du secteur,
06:41mais aussi quelques figures venues spécialement de Paris.
06:44Notamment un certain Marc,
06:46qui dirige les opérations baptisées Mao.
06:48C'est en fait le pseudonyme de Serge Julie,
06:51futur fondateur du journal Libération.
06:54Leur objectif est d'attiser la révolte sociale
06:57contre ce crime odieux,
06:59qui est à leurs yeux le symbole de l'oppression capitaliste.
07:06Damien, à partir de ce moment-là,
07:09des tracts sont diffusés.
07:10Des tracts qui sont évidemment très sévères,
07:13très durs envers le notaire Pierre Leroy,
07:16qui seraient selon ces tracts protégés par une justice de classe,
07:21ce qui n'est pas exact,
07:22puisque au moment où ces tracts sont édités et collés,
07:26Pierre Leroy a été inculpé,
07:28il est en prison, en détention provisoire,
07:30alors qu'il n'y a pas pour l'instant l'ombre d'une vraie preuve
07:33de son implication dans le meurtre de Brigitte.
07:36En plus de ces opérations de tractage,
07:38il y a des actions coup de poing qui sont menées.
07:40On va notamment taguer la maison de Monique Mayer,
07:44la maîtresse supposée de Pierre Leroy,
07:45sur laquelle va être écrit
07:47« Arrêtez la complice »
07:48et le terme « Bourgeois cochon ».
07:51Et sur l'étude notariale de Pierre Leroy,
07:53va être écrit « Requin assassin ».
07:55Le 27 juin, c'est-à-dire quand même très rapidement,
07:58après le meurtre,
07:59quelques semaines seulement après,
08:00il y a une reconstitution qui va être organisée
08:02par le juge d'instruction sur les lieux du crime,
08:05dans le terrain vague,
08:05et là, le notaire est conduit au milieu d'une foule hostile
08:11qui le conspue, il est protégé par des policiers.
08:14C'est une des premières fois depuis la fin de la guerre
08:17qu'un fait divers est récupéré à ce point par la classe politique.
08:21Alors, on l'a vu beaucoup plus récemment
08:23dans notre histoire contemporaine
08:25que le fait divers peut être récupéré
08:28par des partis politiques, par des mouvements politiques.
08:31On l'a vu il n'y a pas très longtemps avec le drame de Crépolle,
08:33on l'a revu aussi avec le meurtre de Lola à Paris,
08:37ou celui encore plus récent de Philippines
08:39dans le bois de Boulogne,
08:41des affaires qui sont des affaires criminelles,
08:43mais qui sont récupérées par une partie de la classe politique,
08:46qu'elle soit d'extrême droite, d'extrême gauche,
08:49mais en fait de tous les partis finalement
08:51qui prennent prétexte d'un fait divers
08:53pour en faire une sorte de cause.
08:55Ici, nous sommes un demi-siècle avant
08:58les affaires que je viens d'évoquer,
08:59mais c'est exactement la même chose.
09:01Des personnes vont prendre ce fait divers
09:04et vont tenter d'en faire un fait de société,
09:06un fait politique,
09:07qui va illustrer la cause qu'ils défendent.
09:10La cause qu'ils défendent, c'est celle du peuple.
09:12Et d'ailleurs, la cause du peuple,
09:14qui est le journal de la gauche prolétarienne,
09:16que dirige symboliquement Jean-Paul Sartre,
09:19va mettre le crime de Bruet
09:21à sa une du numéro du 1er mai,
09:23avec ce titre.
09:24Maintenant, ils massacrent nos enfants,
09:26ils se sont évidemment les bourgeois.
09:28Et en page intérieure, un titre saignant
09:31et encore quelque part plus direct,
09:33il n'y a qu'un bourgeois pour avoir fait ça.
09:36Un comité qui se nomme
09:37Comité pour la vérité et la justice
09:39s'installe sur le terrain vague.
09:41Oui, et c'est vraiment la propagande maoïste
09:44qui alimente la colère locale,
09:46la colère populaire,
09:47qui s'exaspère des soi-disant lenteurs de l'enquête.
09:51Il conforte l'opinion dans l'idée
09:53que le notaire Pierre Leroy bénéficie
09:55d'appui haut placé,
09:57qu'il va bientôt d'ailleurs être libéré.
09:59Il y a des manifestations
10:00qui sont organisées
10:02avec des mots d'ordre assez rageurs.
10:04Pendant ce temps-là,
10:05Pierre Leroy continue de nier.
10:07Oui, alors il est resté toujours
10:10fidèle à ses dénégations du départ,
10:11il n'a jamais rien avoué.
10:13Et puis, il n'y a toujours pas
10:15de preuves matérielles
10:16dans ce dossier pour l'impliquer.
10:18Et le 30 juin,
10:19donc quasiment trois mois
10:20après le meurtre de Brigitte,
10:22les avocats de Pierre Leroy
10:24vont déposer ce qui s'appelle
10:26une requête en suspicion légitime.
10:28Alors c'est quoi une requête
10:29en suspicion légitime ?
10:30C'est quand on estime
10:31qu'un magistrat saisi d'un dossier,
10:33en l'occurrence là,
10:35le juge d'instruction,
10:37ne mène pas l'enquête
10:38en toute objectivité.
10:40Alors il faut bien sûr
10:41s'appuyer sur des éléments
10:43factuels pour en arriver là.
10:45Il ne s'agit pas de dire
10:46qu'on n'aime pas le juge
10:47ou que le juge ne fait pas bien l'enquête.
10:48Il s'agit de dire là,
10:49le juge,
10:50il prend des positions,
10:52il parle beaucoup à la presse,
10:53il est marqué politiquement
10:55et donc les avocats de Pierre Leroy
10:58disent qu'il ne peut pas enquêter
10:59de manière honnête
11:01intellectuellement et objective
11:02parce qu'il est en quelque sorte
11:06partisan dans ce dossier
11:08qui devient un dossier quelque part politique
11:10et donc ils font cette requête
11:12en suspicion légitime
11:13qui veut dire en vrai
11:14qu'on soupçonne le juge
11:16de ne pas être complètement objectif
11:17et de ne pas faire correctement son métier.
11:22Le mercredi 12 juillet 1972,
11:25trois mois après le meurtre de Brigitte,
11:27le juge organise une seconde reconstitution
11:29avec l'ensemble des témoins.
11:32Aucun d'eux ne reconnaît formellement l'accusé.
11:34Le lendemain de cette confrontation,
11:36il inculpe et fait incarcérer
11:38Monique Maillard
11:39puisqu'elle a, elle aussi,
11:41livré aux enquêteurs
11:42des versions changeantes
11:43de son emploi du temps.
11:44Un élément supplémentaire
11:46pour alimenter la révolte.
11:48Le maire de Bruy-en-Artois,
11:50étiqueté socialiste,
11:51fâché de voir les maoïstes
11:53mettre de l'huile sur le feu,
11:54met en garde.
11:55Chacun peut donner son avis
11:57sur l'affaire Le Roi, dit-il.
11:58Mais, de grâce,
12:00qu'on ne parle pas d'opposition
12:01entre riches et pauvres.
12:02C'est une vue de l'esprit
12:03qui ne correspond en rien
12:05à la réalité.
12:06Jean-Paul Sartre,
12:08qui n'a pas participé
12:09à l'élaboration du numéro
12:10de La cause du peuple
12:11où on écrivait
12:12Il n'y a qu'un bourgeois
12:13pour avoir fait ça,
12:14se désolidarise des rédacteurs.
12:16Après quelques semaines,
12:18la pression redescend.
12:20Les avocats de Pierre Le Roi,
12:22outrés par l'attitude
12:23du juge Henri Pascal,
12:24demandent qu'il soit
12:25dessaisi de l'affaire.
12:27Le mardi 18 juillet,
12:28la cour d'appel Damien
12:29désavoue le juge
12:31et fait libérer Pierre Le Roi.
12:32Trois mois et demi
12:34après le meurtre de Brigitte.
12:38Damien, un juge parisien,
12:41est nommé pour reprendre l'affaire.
12:42Il s'appelle Jean Sablérol.
12:44C'est lui qui reprend l'instruction
12:46et il va tout reprendre
12:48depuis le début.
12:49Première décision qu'il prend,
12:50il fait libérer
12:51Monique Maillard,
12:52la maîtresse de Pierre Le Roi,
12:54qui était elle
12:54toujours en détention
12:55et qui va donc sortir de prison
12:56quelques jours
12:57après Pierre Le Roi.
12:59Et il va demander,
13:00ce juge,
13:00Jean Sablérol,
13:01aux enquêteurs
13:02de reprendre l'enquête
13:03à zéro,
13:04de réentendre tout le monde,
13:06de réentendre aussi
13:06d'autres gens,
13:07d'autres témoins.
13:08Et c'est finalement
13:09plus d'un an après les faits
13:11que l'affaire Brigitte de Vèvres
13:12va connaître
13:13une réelle avancée.
13:15Le mercredi 18 avril 1973,
13:18un jeune homme
13:19reconnaît les faits
13:20devant les enquêteurs.
13:22La police a fini par soupçonner
13:23donc ce jeune homme
13:24de 17 ans
13:24qui s'appelle
13:25Jean-Pierre Flaot.
13:26Il vit avec son frère,
13:28il fréquente,
13:29enfin il fréquente,
13:30il est placé régulièrement
13:32dans une maison
13:32de redressement
13:33comme on dit à l'époque.
13:34et on sait
13:35qu'il était
13:36un peu amoureux
13:37de Brigitte de Vèvres
13:38dont il a été
13:39un ancien camarade de classe.
13:41Et il va raconter
13:42au policier
13:42quand il est entendu
13:43que le soir du 5 avril
13:44il lui a donné rendez-vous
13:46rue de Ranchicourt,
13:47la fameuse rue d'ailleurs
13:48où plusieurs témoins
13:49avaient observé
13:49quelque chose
13:50d'un peu particulier
13:51ce soir-là.
13:51Et il explique que
13:53sans faire exprès
13:54il a fait tomber Brigitte,
13:56que ça l'a blessée
13:57à la tête,
13:57qu'ensuite
13:58elle s'est relevée,
13:59qu'elle était énervée
14:00et que
14:01voilà,
14:02quelque sorte
14:02le ton est monté
14:03encore plus
14:04et la violence aussi
14:05il l'a étranglée
14:07et il l'a traînée
14:08jusque dans le fameux
14:09terrain vague.
14:10Simplement
14:10dans cette histoire
14:12que raconte
14:13ce jeune homme
14:13de 17 ans
14:14il y a des incohérences
14:15et les policiers
14:16ne sont pas sûrs
14:17et certains
14:18en fait
14:18de vraiment
14:19tenir le coupable.
14:20En octobre 1974
14:22plus de deux ans
14:24après le meurtre
14:25de Brigitte
14:25la justice prononce
14:26une ordonnance
14:27de non-lieu
14:28en faveur de Pierre Leroy
14:30et de Monique Maillard.
14:31Oui parce que eux
14:32malgré cette nouvelle piste
14:33sur cet adolescent
14:34ils étaient toujours
14:34impliqués
14:36judiciairement
14:36dans l'enquête
14:37sur la mort de Brigitte
14:38donc cette ordonnance
14:39de non-lieu
14:40elle permet de les mettre
14:41officiellement
14:42hors de cause
14:43alors tout ça
14:44c'est des décisions
14:45judiciaires
14:46on se doute bien
14:47que beaucoup de personnes
14:49dans la ville
14:49et au-delà
14:50pensent quand même
14:51que malgré ce non-lieu
14:52ils restent mouillés
14:53dans l'affaire.
14:54Donc Jean-Pierre Flau
14:55lui
14:55le jeune qui a été
14:56soupçonné après
14:57il est jugé
14:58à huis clos
14:58devant le tribunal
15:00pour enfants
15:00entre temps
15:01il est revenu
15:02sur ses aveux
15:03qui posaient déjà
15:04un certain nombre
15:04de questionnements
15:05voire de problèmes
15:06aux policiers
15:07la famille de Vèvres
15:08ne croit d'ailleurs
15:09pas du tout
15:10à la culpabilité
15:11de ce jeune homme
15:11et leur avocat
15:12qui est un avocat
15:13célèbre parisien
15:14maître Kejman
15:15va lui demander
15:16l'acquittement
15:17et c'est ce qui va se passer
15:18Jean-Pierre Flau
15:19est acquitté
15:20au bénéfice du doute
15:21le 15 juillet 1975
15:23verdict
15:24qui sera confirmé
15:26en appel
15:26le 25 juillet 1976
15:29En 1980
15:30quasiment 10 ans
15:32après le meurtre
15:33de Brigitte de Vèvres
15:34l'affaire est classée
15:35sans que personne
15:36n'ait été condamné
15:37mais en 2017
15:39nouveau rebondissement
15:40Vous vous rendez compte
15:41en 2017
15:42on est 45 ans
15:44après les faits
15:45et effectivement
15:46un ancien policier
15:47qui s'appelle Daniel Bourdon
15:49pense lui
15:50avoir élucidé le crime
15:52il a mené
15:52une enquête parallèle
15:54une enquête privée
15:55pendant 4 ou 5 ans
15:56et donc
15:57près d'un demi-siècle
15:58après le meurtre
15:59de Brigitte de Vèvres
16:00il dit lui
16:01qu'il a réussi
16:02à identifier le meurtrier
16:03il dit même
16:04il va plus loin
16:05il dit que la femme
16:06de cet homme
16:06qui est désormais octogénaire
16:08lui a dit que
16:09son mari
16:10lui avait confessé
16:11son crime
16:12et qu'ils avaient
16:13d'ailleurs
16:13quitté la région
16:15quitté la région
16:16de Bruy-en-Artois
16:17juste après
16:17le meurtre de Brigitte
16:21le meurtre de Brigitte
16:23n'a jamais été élucidé
16:24en 1987
16:26Bruy-en-Artois
16:28a changé de nom
16:28en même temps
16:29que la commune
16:30a fusionné
16:30avec le village voisin
16:32La Buissière
16:33elle s'appelle désormais
16:34Bruy-en-Artois
16:36Le crime a été prescrit
16:38en 2005
16:39même si un suspect
16:41était identifié
16:42aujourd'hui
16:42il ne pourrait pas
16:43être inquiété
16:45Léon de Vèvres
16:46est mort le 29 novembre 2003
16:48à l'âge de 82 ans
16:5010 ans avant sa femme
16:51à propos de Brigitte
16:53il disait qu'on faisait
16:54trop de romans
16:55autour de ce drame
16:56on en arrive à oublier
16:58ma petite fille
16:59assassinée
17:00alors qu'elle n'avait
17:01pas 16 ans
17:12Vous venez d'écouter
17:14Crime Story
17:14le podcast fait divers
17:15du Parisien
17:16avec à la production
17:18Clara Garnier-Amourou
17:19Clara Grousis
17:20et Clémentine Spiller
17:22à la réalisation
17:23Julien Moncouquiol
17:24et à la rédaction
17:25en chef
17:26Jules Lavi
17:27Un épisode
17:28que je vous raconte
17:29avec Damien Delsenis
17:30nous nous sommes appuyés
17:32sur le livre
17:32Le mystère de Bruet-en-Artois
17:34l'affaire Brigitte de Vèvres
17:35de Nathalie Gillot
17:37publié aux éditions
17:38Les Presses de la Cité
17:39notre podcast
17:40est à retrouver
17:41chaque samedi
17:41sur le site
17:42leparisien.fr
17:43et sur toutes les plateformes
17:44d'écoute
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