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  • il y a 16 heures
DB - 13-04-2026

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Transcription
00:00Musique
00:30Pierre Louvain a trouvé une petite chambre au dernier étage d'un immeuble assez cossu.
00:34Et c'est avec une joie grave qu'il a pu assister à son premier cours.
00:37Malgré des difficultés d'ordre matériel, il a brillamment réussi sa première année.
00:42Il est cependant peiné par l'entêtement de sa mère qui s'obstine à ne pas répondre à ses lettres
00:46et par l'agressivité moqueuse d'Hervé, son rival.
00:50Christiane, venu à Lausanne faire quelques courses, rencontre tout à fait par hasard Pierre dans l'herboristerie.
00:55Encouragé par la coquetterie de la jeune fille, Pierre l'invite à prendre le thé chez lui.
01:00Et pendant qu'il se prépare à la recevoir, Joseph Louvain, passablement éméché, arrive à Lausanne.
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01:39C'est parti.
02:06C'est parti.
02:31C'est parti.
02:34C'est parti.
02:37C'est parti.
03:18C'est parti.
03:26C'est parti.
03:29C'est parti.
03:30C'est parti.
03:32C'est parti.
04:03Et puis, pendant cette première année à Lozan, tu as été pour moi une source d'inspiration, de courage.
04:08C'est parti.
04:49C'est parti.
04:58C'est parti.
05:19C'est parti.
05:31C'est parti.
05:33C'est parti.
05:48C'est parti.
05:51C'est parti.
06:20C'est parti.
06:22C'est parti.
06:24C'est parti.
06:36C'est parti.
06:38C'est parti.
06:38C'est parti.
07:15C'est parti.
07:39C'est parti.
07:41C'est parti.
07:54...
07:54...
07:55...
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07:55...
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07:55...
07:55...
07:56......
07:56......
07:56......
08:26......
10:57......
11:28......
24:29...
24:30......
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24:34...
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24:38...
26:10C'est parti.
26:11C'est parti.
26:14qui a dû beaucoup souffrir.
26:17Il paraît que c'est terrible ce qui se passe en août.
26:19Oui, j'ai appris ça par les journaux. Comment est-elle ?
26:21Restez là, vous allez faire sa connaissance.
26:23Non, plaisante.
26:26Mademoiselle, votre plateau.
26:27Merci bien.
26:28Avec votre permission, j'aimerais vous présenter votre voisin du dessus.
26:31Est-il gêné par la musique ?
26:32Oh non, non, pas du tout.
26:33C'est un de vos futurs élèves, monsieur Pierre Louvain.
26:37Pierre Louvain ?
26:38Je vous connais.
26:39Je crois même vous connaître très bien.
26:41Enfin, presque très bien.
26:44Entrez quelques minutes.
26:52Un dossier, c'est très révélateur.
26:54Je les ai tous examinés un par un.
26:57Je commence à donner mes cours la semaine prochaine
26:59et j'aime mieux savoir à qui j'aurai affaire.
27:02De plus, le professeur Florian m'a beaucoup parlé de vous.
27:06Ah oui, je vois.
27:07Elle m'a longuement parlé de vos remarquables résultats.
27:11Je fais de mon mieux.
27:13Et il y a toujours mieux à faire.
27:16Mon piano, je l'espère, ne perturbera pas votre travail.
27:19Non, non, pas du tout.
27:22J'ai beaucoup aimé le petit air que vous avez joué ce soir.
27:25Le petit air ?
27:35Vous savez, la grande musique, je...
27:38Parfois, je sais ce qui est beau, mais...
27:42C'est à vous, ce piano ?
27:44Oui, ce piano, les meubles et quelques soubjets que j'aime, c'est à peu près tout ce que j
27:50'ai pu sauver.
27:51De toute façon, quand on veut quitter un pays, on est heureux de le quitter.
27:56Le reste est égal.
27:57Oui, je crois.
27:59J'aime cet appartement, cette vieille maison.
28:03Je m'y sens en sécurité, il y avait longtemps.
28:09Nous sommes au courant de ce qui se passe en Autriche en ce moment.
28:11Oui, aux forces destructives, il faut opposer ou essayer d'opposer des forces constructives, comme dans la médecine.
28:22Thomas a son antidote.
28:24J'espère que ma façon d'enseigner la pathologie vous permettra de progresser.
28:30Je suis contente de vous avoir rencontré.
28:32Déjà, je mets ça dans cette maison.
28:34Comment dire, j'ai mes sens moins étrangères.
28:38Monsieur Louvain, ne cachez pas votre bras.
28:41Non, non, c'est mon sandwich qui m'embarrasse.
28:45Folio ?
28:46Oui.
28:47Quand ?
28:48Il y a quatre ans.
28:51Pas assez bénigne pour être gris complètement.
28:55Paralysie aux trois cas intermédiaires.
28:58Réducation ?
29:00Non.
29:01Quel traitement ?
29:03Stérothérapie.
29:05Et c'est tout ?
29:07Non.
29:08La résignation.
29:10Et la volonté d'éprouver aussi qu'un cœur faillant rien n'est impossible.
29:18Peut-être.
29:20Je vous donne un conseil, jeune homme.
29:25Qu'à votre courage ne soit pas que musculaire.
29:27Je n'ai pas cessé de vous observer.
29:30Et j'ai pu constater que la moindre émotion que je pose le regard sur votre bras,
29:35que par sensibilité vous soyez touché par un mot, une phrase, une image,
29:40la contraction de vos doigts s'accentue.
29:43Attention à ce qui se passe là.
29:45Attention à votre psychisme, jeune homme.
29:48Je vais essayer d'en tenir compte.
29:53Bonsoir, merci.
29:55Bonsoir.
29:58Bonsoir.
30:04Bonsoir.
30:08Bonsoir.
30:10Bonsoir.
30:14Bonsoir.
30:15Bonsoir.
30:17Bonsoir.
30:17Bonsoir.
30:18Bonsoir.
30:19Bonsoir.
30:20Bonsoir.
30:22Bonsoir.
30:22Bonsoir.
30:24Bonsoir.
30:25Bonsoir.
30:31Et en dehors de cet ensemble de troubles sensitifs caractérisés par des douleurs paroxystiques,
30:37les nerfs peuvent être le siège de tumeurs ou névrohomes, localisés ou généralisés.
30:42Tel est le cas de la neurofibromatose ou maladie de Recklin-Hausen, que nous analyserons la prochaine fois.
30:50Je vous remercie de votre attention.
30:58...
31:07Toi qui voulais la chaviter, tu t'es bien dégonflé.
31:09Et vous, les autres ? Garçonne la coupée ? Mais je me suis pas dégonflé, c'est pas vrai.
31:14J'ai senti tout de suite que c'était pas le genre à se laisser bousculer.
31:17Seulement on nous annonce une femme, alors...
31:19On s'imagine tout de suite que...
31:21J'ai rien imaginé du tout. Ni tout à fait femme, ni tout à fait mon sacré.
31:25Non, vraiment, son cours était très chouette.
31:27En tout cas, ça sent pas la preuve installée là par combine.
31:29Ouais, mais chirurgien, à un âge où tu seras peut-être même pas foutu de faire une sous-cutanée.
31:33Eh, oh, oh, oh !
31:35Ouais, santé.
31:38Dis donc, qu'est-ce qu'on fait ce soir ?
31:39Oui.
31:55Louvain ?
31:55Tiens.
31:56Alors, c'est docteur Gessler, ton avis ?
31:58Très efficace.
31:59Non, mais physiquement.
32:00Oh, je parle du Toubib.
32:01Moi, de la femme, c'est la femme qui m'intéresse.
32:04Alors quoi ?
32:05Je ne l'ai pas encore rencontrée.
32:07Jeune beauté ou vieux laitron ?
32:08C'est si important que ça ?
32:09Bah, et comment ?
32:10Puisque je dois travailler avec elle, je préférerais au moins qu'elle soit regardable.
32:14Je ne sais pas.
32:15Tu jugeras toi-même.
32:16Oui, c'est préférable.
32:17Parce que toi, ce genre de détail...
32:20Salut.
32:24Salut.
32:25Qu'est-ce que tu fais ?
32:26Oui, d'accord.
32:29Allez, venez.
32:29Venez, venez, venez.
32:34Admirable.
32:38Admirable.
32:40Vous ne trouvez pas ?
32:41Au docteur.
32:42Quoi au docteur ?
32:43Pourquoi vous faites au docteur ?
32:44Le titre.
32:45Le titre, le titre.
32:46Qu'est-ce que c'est le titre ?
32:48En général, il annonce qu'on va trouver à l'intérieur.
32:50L'intérieur.
32:51Je peux voir ?
32:52C'est pas utile.
32:53Le titre.
32:54Espèce de cerveau déformé.
32:56Mais ce qui compte, c'est la façon dont il a été gravé.
32:59Feuille d'or en creux, faite à la main, façon bonzeriane.
33:02Pas ce qu'il signifie.
33:04Pensez-y, quand vous obtiendrez votre titre de médecin.
33:07Prenez garde à ce qu'il ne camoufle pas un grand vide.
33:10Mais papa, tu sais bien que Pierre...
33:12Pour l'instant, je suis encore sous l'influence néfaste de la faculté.
33:15N'est-ce pas, docteur ?
33:16Absolument.
33:18Toujours accroché ?
33:19Passionnément.
33:20Je ne vous ai pas dit, nous avons un nouveau professeur.
33:22Étonnant.
33:22Professeur Gessler.
33:23Anna Gessler.
33:24Une femme ?
33:25Nous sommes en pleine décadence.
33:28Enfin, une femme a bien le droit...
33:29Le droit et le devoir de dorloter un mari, de faire des enfants et de s'occuper de ce petit
33:34monde-là.
33:35C'est tout.
33:35Vous savez, le docteur Gessler a les références les plus flatteuses.
33:38Elle brigue d'ailleurs le poste de chirurgien en chambre.
33:40Un chirurgien ?
33:42Ah, alors ça, c'est l'apothéose.
33:44Ah, oui, je vois ça d'ici.
33:46Allons, allons, pressons.
33:47J'ai rendez-vous chez le coiffeur et le bistouri tenu comme une pince à ongles.
33:51Non, je ne crois pas.
33:52Le monde renversé qu'à l'époque.
33:54Ah, je ne sais pas ce qui nous attend.
33:57Il est un mètre carré, de bon sens nulle part.
33:59À propos, comment ça se passe chez vous ?
34:02Hervé Dubois-Monet m'a dit que...
34:04Ah, celui-là et son bandit de père.
34:08Les travaux ont commencé.
34:10Il creuse une route, des explosions à longueur de journée.
34:12On ne reconnaît plus le paysage.
34:14C'est dommage.
34:15C'est triste.
34:17M. Dompierre a décidé d'adresser une pétition au pouvoir public.
34:20Moi, je suis avec lui à fond.
34:22Mais les signatures sont rares.
34:25Dubois-Monet fait miroiter tellement d'emplois avec ses chantiers.
34:29Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot, tonnerre de bonsoir.
34:33Jeanne, il est l'heure.
34:34C'est Jeanne ?
34:35Eh oui, ma petite fille.
34:37Mon cher expert, ces petites rencontres me plaisent bien.
34:40Mais la prochaine fois que nous descendrons à Lausanne avec Jeanne,
34:43nous vous inviterons à déjeuner.
34:45Nous aurons plus de temps pour nous chamailler.
34:47On ne va jamais au bout.
34:49Je me sens voler.
34:51Au revoir, Jeanne.
34:53A bientôt, Pierre.
35:06Bon, ne vous inquiétez pas, tout va s'arranger.
35:08Encore.
35:13Oui.
35:17Oui.
35:21Oui, eh bien, vous déposez tout cela au secrétariat.
35:25C'est ça.
35:27Je viens de voir Mlle Gessler.
35:29Docteur Gessler.
35:30Oui.
35:31Tout de même.
35:32Tout de même quoi ?
35:33Un bien curieux genre.
35:35Elle a une excellente réputation.
35:37Mais ne passe pas une appare dessus.
35:38Vous ne craignez pas les comérages ?
35:40Monsieur Armé, les comérages sont une chose, la médecine en est une autre.
35:43Plus sérieuse.
35:45C'est précisément ce que je voulais dire.
35:51Pierre Louvain.
35:53Vous auriez pu peut-être m'attendre.
35:55Nous aurions fait le chemin ensemble, puisque nous habitons le même immeuble.
35:59Je ne pouvais pas prévoir que vous alliez rentrer directement.
36:01Vous voyez, cela m'arrive, quelquefois.
36:06Renseignez-vous au lieu de disparaître dès que le cours est terminé.
36:10Je ne disparais pas, non ?
36:11Oh non, en effet.
36:13Vous fuyez qui ?
36:14Mais personne.
36:16Oh si, qui ?
36:18Vous-même ?
36:19Non, je ne cherche pas à me fuir.
36:20Vous auriez tort.
36:22Alors, vous fuyez qui ?
36:24Moi, peut-être ?
36:25Mais non, vous le savez bien.
36:27Il n'y a qu'un seul étage entre nous, et pourtant.
36:30J'ai l'impression que par moment, nous vivons dans des pays différents.
36:35Oui, mais de temps en temps, j'ai besoin de...
36:36Trop souvent.
36:38Laissez-moi finir.
36:39Je sais très bien ce que vous allez me dire.
36:43Vous avez besoin de faire le point.
36:45Nous le faisons pour vous.
36:47Le professeur Florian et moi.
36:50Et il est très positif.
36:53Ne créez pas des distances là-haut.
36:55Elles n'existent pas.
36:56Mais entre vous et moi, Anna...
36:58J'ai été, moi aussi, comme vous êtes.
37:01Mais moi, je ne serai jamais chirurgien.
37:03Pierre Louvain.
37:04L'acte chirurgical en lui-même n'est qu'un geste mécanique, c'est tout.
37:08Les chirurgiens sont toujours prêts à réaliser de nouveaux exploits.
37:12Uniquement grâce à la médecine.
37:14Et à condition que la médecine donne le feu vert.
37:17Pourquoi créez-vous toujours des distances ?
37:20Vous écoutez pourtant mes cours, non ?
37:30Les seules distances qui existent
37:33sont les distances des valeurs.
37:36Et uniquement
37:37tout le reste,
37:40hiérarchie,
37:42rang social, fortune,
37:43politique, religion.
37:46C'est dangereux ou mesquant ?
37:48Tragique ?
37:49J'en fais quelque chose.
37:51J'en fais quelque chose.
37:51J'en fais quelque chose.
38:29J'en fais quelque chose.
38:33Sous-titrage Société Radio-Canada
39:04La musique.
39:06La musique embellit tout. C'est là son seul défaut.
39:10Mais soyons réalistes. Est-ce que vous avez faim ? Moi, oui.
39:14Je ne sais pas du tout où faire la cuisine, mais je me défends très bien pour manier un couteau
39:17et pour cause.
39:18Je vais vous disséquer quelques sandwiches que vous n'oublierez sûrement pas avant longtemps.
39:23Parce qu'ils seront difficiles à digérer.
39:26Dégagez un peu la table.
39:34La musique embellit tout.
39:50Vas-y y est ?
39:52Non.
39:55Je reconnais que Saint-Clair n'est pas très gai.
39:58Je plaisant non plus, d'ailleurs.
40:00Je préfère le zen.
40:02Eh bien, il sera bientôt, il y a longueur d'année.
40:05C'est dans trois mois qu'il revêt pas son examen final.
40:08Oui.
40:10Alors, un peu de patience.
40:12Il t'aime, tu sais.
40:15Oui, je crois.
40:17Et toi ?
40:21Il est beau, riche, brillant.
40:24Je ne peux vraiment rien espérer de mieux.
40:26C'est exactement ce qu'il doit se dire en pensant à toi.
40:31Dans ce garçon intelligent, il faudra parler de lui.
40:33Moi, je n'en doute pas.
40:36Ah, il y en a un qui m'a étonné.
40:37C'est Pierre Louvain.
40:38Ah oui, franchement, sa réussite m'a sidéré.
40:41Je le savais persévérant, mais à ce point-là...
40:46C'est tout à son honneur.
40:48Attends.
40:50La faculté, c'est confortable, mais quand il se trouvera dans la réalité...
40:54Eh bien, moi, je suis sûr que ce débrouillera très bien.
40:58En tout cas, il commence à se prendre au sérieux.
41:00Hein ?
41:01Mais pourquoi dis-tu ça ?
41:03Il m'écrit de moins en moins.
41:05En fait, tu ne peux pas lui en vouloir.
41:07Il a ses études,
41:09il se parle d'herboristorie, ses parents,
41:11c'est...
41:12Qu'en soit logique.
41:19Chez vos chocs, n'est-ce pas ?
41:20Non, non, pas du tout, mais...
41:22Ah, tout de même un peu.
41:23Puisqu'il y a un mais, alors ?
41:25C'est difficile à dire.
41:27Allons parler franchement.
41:30Eh bien...
41:33Vous parlez de votre métier,
41:34vous parlez de...
41:35du monde en général,
41:37vous parlez de tout et de rien avec...
41:39Oui, avec chaleur, et puis tout à coup, vous...
41:41vous basculez dans une espèce de...
41:45Oui, excusez-moi, de cynisme.
41:47Ah, cynisme, non.
41:51Refuse simplement des sensibleries, c'est tout.
41:53La sensiblerie fait trembler.
41:55Et trembler ne sert à rien.
41:57Surtout lorsqu'on veut agir,
41:59ce qui est mon cas.
42:01Ce que j'ai fait jusqu'à présent
42:02n'est rien à côté de ce que je prépare.
42:05Quand j'en aurai terminé avec ce stage,
42:07alors, je l'espère,
42:09l'appui de la commission
42:10et de votre inconditionnel admirateur,
42:12le professeur Florian,
42:13de grandes possibilités, alors,
42:15me seront offertes.
42:17Je ne pourrai pas me contenter
42:19d'un poste de chef chirurgien.
42:20Ce que je veux, c'est créer
42:23un service des neuromusculaires
42:25et de lui faire de la recherche.
42:27Ce que je veux faire...
42:29Oui, j'ai vu beaucoup de choses.
42:33En attendant, si vous n'avez rien de mieux
42:35à faire demain après-midi,
42:37venez me regarder opérer.
42:39Oui, je viendrai, docteur.
42:42Un cas intéressant.
42:44Talipes equinus caractérisées.
42:46Un garçon de 11 ans.
42:48Mais un pied beau à cet âge-là,
42:50c'est désespéré, non?
42:52Non, rien, jamais.
42:58Ce soir, pas une seule fois,
42:59je n'ai vu une contraction
43:01à votre bras, ni à votre main,
43:03ni à vos doigts.
43:04J'avais presque oublié, oui.
43:06Vous êtes dans la bonne voie.
43:08Je ne sais comment vous remercier.
43:11Mais, mais, remerciez pas.
43:12Si vous m'aviez ennuyée,
43:14il y a longtemps que je vous aurais mis à la porte.
43:18Mademoiselle,
43:19dans cinq minutes précises,
43:21j'opère.
43:22Et le docteur Dubois-Monnais
43:23n'est pas encore là. Pourquoi?
43:25Il ne devrait pas tarder à arriver.
43:28Quand il prend le train,
43:29le train l'attend.
43:38Hervé,
43:39tu viens dîner chez moi ce soir?
43:40Bien sûr.
43:51Vous voulez vous charger de l'anesthésie?
43:54Mais je...
43:55Oui ou non?
43:57Mais je...
43:57Oui, enfin...
43:59Mademoiselle, je vous remercie, je...
44:00Je vous en prie,
44:01pas à défusion.
44:04Je suis désolé.
44:05Un contre-temps.
44:06Je présente toutes mes excuses.
44:08Vous n'en avez aucune.
44:15Le bout?
44:41Tension artérielle.
44:57Sous-titrage Société Radio-Canada
45:20Tiens, Louvain.
45:22C'est toi qui fais les marchands des terres?
45:23S'il vous plaît.
45:25Nous ne sommes pas dans le salon.
45:52Sous-titrage Société Radio-Canada
45:57Sous-titrage Société Radio-Canada
45:58Et où ça va être mieux?
45:59Oh, ça mène toujours dans ce cas-là.
46:00Oh, toujours.
46:02Tu crois que Dubois mêlait?
46:03Oh, Hervé est amoureux de moi
46:05et moi de lui.
46:06C'est pas une aventure.
46:08Oh oui, je sais.
46:09Il est un peu cavaleur.
46:10Mais je sais aussi qu'entre nous,
46:11il y a autre chose.
46:13Il y a beaucoup d'autres choses.
46:14Beaucoup.
46:16Et il ne s'est pas contenté
46:17de me le dire.
46:40Sincèrement, mademoiselle,
46:42c'est la plus belle opération
46:43que j'ai vue dans cet hôpital.
46:44Je tenais à vous en féliciter.
46:47Sincèrement,
46:48c'est la dernière fois
46:49que je vous le dis.
46:51Je ne supporte pas
46:52les conversations inutiles
46:54pendant le travail.
46:55J'ai fort bien compris, mademoiselle.
46:57Mais le travail est terminé.
46:59Et votre virtuosité...
47:01Je ne recherche ni les brio,
47:02ni la performance.
47:04Mon malade est encore en salle.
47:07Et mon travail ne sera terminé
47:09que lorsque je jugerai sans danger
47:12de le ramener dans sa chambre.
47:14Je suis ici pour apprendre
47:17et vous m'appournez beaucoup.
47:19Je serai très heureux
47:21de pouvoir vous en remercier ailleurs.
47:23D'avoir une tasse de thé,
47:25par exemple.
47:26J'ai déjà promis à un ami
47:28de prendre le thé avec lui.
47:35Vous pouvez patienter un moment ?
47:39Bien sûr, oui.
47:41Ensuite,
47:42nous irons prendre le thé.
47:45Mais je...
47:46Enfin, je ne sais pas,
47:47vous disiez qu'un ami...
47:49L'ami, c'est vous.
47:53Oui, oui, oui, oui.
48:06Vous, vous en êtes bien sorti
48:08de votre première pratique clinique.
48:10Vous savez,
48:11ce n'était pas très sorti.
48:12Généralement,
48:12une simple infirmière diplômée...
48:14Bravo.
48:15Vous voyez que les gestes
48:16que font les autres,
48:17vous aussi,
48:18vous pouvez les faire.
48:21à condition
48:23que vous vous maîtrisiez.
48:25Je vous le répète.
48:27Quand Dubois-Monnais est arrivé,
48:30vous l'avez regardé
48:31et vous vous êtes dit
48:32ses bras à lui sont légers,
48:35moi, j'en ai un en plomb.
48:37Avantage à l'adversaire.
48:38Rien n'est moins sûr.
48:40Je peux vous poser une question ?
48:42Oui.
48:44Pourquoi vous donnez-vous
48:45tant de mal pour m'aider,
48:47pour me conseiller ?
48:50C'est parce que je suis
48:52diminué physiquement ?
48:53Vous me croyez capable de pitié ?
48:56Je vous croyez intelligent.
48:59Je ne sais plus très bien.
49:02Il y a en vous
49:03une force authentique,
49:05l'étoffe d'un vrai toubib.
49:08Et puis,
49:09il y a en vous,
49:11peut-être...
49:13Oui.
49:16J'ai...
49:17J'ai ressenti
49:18que Mme Schneider
49:19nous a présenté
49:20l'un à l'autre
49:21comme une compensation.
49:24Morphologiquement,
49:25vous ne ressemblez
49:26absolument pas
49:27à mon frère,
49:28mais...
49:28votre bataille
49:30ressemble à la sienne.
49:32Votre frère ?
49:36Mais vous ne m'en avez jamais parlé,
49:37il est resté en Autriche ?
49:40Je vous demande pardon,
49:41mademoiselle.
49:42Je m'appelle aussi Anna.
50:09Excusez-moi,
50:09n'est-ce pas, Anna ?
50:22Tiens.
50:23Bonjour, Christian.
50:24Heureusement que mon oncle
50:25me parle de toi de temps en temps.
50:26J'aurais pu te croire mort
50:27ou partie je ne sais où.
50:29Ne sois pas injuste.
50:31Oui, je t'écris moi,
50:31mais je travaille comme un fou
50:32du matin au soir.
50:33Et tu n'as plus une minute
50:34pour penser à tes amis.
50:35C'est pas ça du tout.
50:36Tu m'en veux ?
50:37Non.
50:39Je me suis dit que grisé
50:40par tes succès,
50:41tu traçais une croix
50:42insensiblement
50:43sur ton village natal
50:44et sur tous ceux
50:45qui peuvent te rappeler.
50:46Tu me connais bien mal.
50:48Peut-être.
50:49Je te dépose quelque part ?
50:51Non, je te remercie.
50:53Ah.
50:55C'est sans doute
50:56le fameux docteur Geyser.
50:57Oui.
50:58Après la description
50:59qu'on m'en avait faite,
51:00je ne pouvais guère me tromper.
51:02Tu veux que je te présente ?
51:03Non, une autre fois,
51:04je n'ai pas le temps.
51:16Vous connaissez cette jolie fille ?
51:18Oui, c'est Christiane Thorne,
51:19la nièce du doyen.
51:20Ah.
51:21J'ai entendu parler d'elle
51:22au cours d'un dîner chez lui.
51:24C'est une amie d'enfance.
51:25Nous avons été
51:25à l'école maternelle ensemble.
51:27Elle est de Sainte-Claire,
51:27elle aussi.
51:29Elle n'habite pas
51:29le même quartier
51:30ni le même genre de maison
51:31que moi,
51:31mais vous savez,
51:32Christiane,
51:33c'est une sorte
51:34de chatelaine chez elle.
51:35Ah.
51:37Encore un complexe
51:38que vous m'aviez caché.
51:40Non, je ne vous ai rien caché.
51:41Je ne vous en ai pas parlé
51:42parce que ça me semblait inutile.
51:44Du reste, un complexe,
51:45non.
51:47Enfin, si,
51:47mais il a disparu.
51:49Et il suffit
51:50que cette demoiselle
51:51réapparaisse soudain
51:52et le voilà
51:52qui remonte à la surface.
51:54Moi, je n'ai plus de complexe.
51:55Pas de ce genre-là,
51:56en tout cas.
51:58Grâce à vous.
51:59Grâce à votre logique,
52:01à votre vision des choses,
52:02à votre soutien.
52:04Je me rapproche du but.
52:07Et en même temps,
52:07je me rapproche de...
52:08Christiane ?
52:09Oui.
52:10Ah.
52:11Je n'étais rien,
52:12je me hausse à son niveau.
52:13C'est vous qui m'avez appris
52:14à avoir de l'ambition.
52:15En effet.
52:17Pierre ?
52:18Oui.
52:20Rien.
52:22Comment la trouvez-vous ?
52:24Jolie, je vous l'ai dit.
52:26C'est tout ?
52:27Ça ne vous suffit pas ?
52:29Mais écoutez,
52:31votre jugement
52:31est de l'importance pour moi.
52:33Ne me faites pas rire.
52:34Je ne la connais pas.
52:35Je ne peux pas donner mon avis
52:37et porter un jugement
52:39sur cette jeune fille
52:40qui m'est inconnue.
52:47Tu ne m'emmènes jamais en ville,
52:48pourquoi ?
52:49Tu commences ton service
52:50dans une demi-heure.
52:51Tu trouves toujours des excuses.
52:54Fais-ce que ça ?
52:56Merci.
52:57Quoi ?
52:58Je ne suis pas tortable.
52:59Non, écoute.
53:00Tu as peur de te compromettre
53:01en compagnie d'une simple infirmière.
53:03Je ne suis pas une question.
53:04Je t'en prie, Edith.
53:07Je ne suis pas aussi libre
53:08de mon temps que tu l'imagines.
53:10Je te bide, d'accord.
53:11Je peux mettre ma plaque
53:12à l'entrée d'un immeuble.
53:14Mais mon ambition
53:15ne s'arrête pas là.
53:16Je visse plus haut.
53:18Il faut avoir l'œil à tout.
53:19Est-ce que tu peux comprendre ça ?
53:21J'ai des rendez-vous professionnels
53:23très importants, des obligations.
53:24Faire du tennis avec la lienne.
53:25du professeur Florian, par exemple.
53:27Dites.
53:29Tu as déjà dit que Christian et moi
53:30on se connaît depuis des années.
53:31On était haut comme ça.
53:32Vous avez grandi.
53:35Qu'est-ce que tu cherches ?
53:38Tu ne m'aimes pas.
53:39Attends, tu me fais des scènes stupides.
53:41Et injustifiées.
53:42Complètement.
53:46Moi, je t'aime, Hervé.
53:48Même quand tu me manques.
54:11Vous avez l'air heureux.
54:14Je le suis.
54:15Presque.
54:18Le professeur Florian
54:19m'avait prévenu
54:19que j'aurais toujours besoin
54:20de quelqu'un à mes côtés.
54:22Si vous n'étiez pas là en ce moment,
54:23je ramerais d'une seule main
54:24et je tournerais en rond.
54:26À part ça,
54:29personne ne croyait en moi
54:30et tout le monde a changé d'avis.
54:32Je serai médecin.
54:35J'ai eu une chance
54:37inouïe de vous rencontrer, Anna.
54:39Vous m'avez donné
54:40une telle confiance en moi.
54:42Vous m'avez arraché
54:43à mes petites idées.
54:44Vous m'avez enlevé mes œillères.
54:46Toutes, Pierre.
54:48Ça, c'est à vous de le dire.
54:51Pas aujourd'hui.
54:53Le ciel est sans nuages.
54:55Non.
54:56Si je comprends bien,
54:56il y a de la grisaille
54:57qui se prépare.
54:58Ça dépend de vous.
55:00Non, de vous, Anna.
55:03Vous êtes très exigeante.
55:05C'est possible.
55:07Exclusive ?
55:08C'est possible.
55:09Mais optimiste quand même
55:10à mon sujet, non ?
55:11De préférence.
55:13Merci.
55:15Et merci de m'avoir proposé
55:16d'être votre anesthésiste
55:17pendant quelque temps.
55:20Rémunérée en plus.
55:21C'est une promotion pour moi
55:22et un vrai plaisir
55:23d'apprendre encore à vos côtés.
55:26J'ai l'impression
55:27d'être votre seul élève.
55:28Comment voulez-vous
55:28que je ne sois pas heureux ?
55:29Alors, je suis heureuse aussi.
55:32Et pour vous le prouver,
55:32je...
55:33Attendez,
55:35votre prochaine opération
55:37a lieu vendredi, je crois.
55:38À 16h, oui.
55:40Alors, pour fêter...
55:41Enfin, non,
55:42pour vous remercier,
55:42tout simplement, je...
55:45Si nous déjeunions ensemble
55:46ce jour-là,
55:48je prends de l'audace.
55:50Enfin.
55:51D'accord,
55:52mais pas à deux.
55:52Ça, jamais.
55:53Je vous invite.
55:56Bien, Pierre.
55:58Si nous regagnons
55:59la terre ferme...
56:19Non, non, vous rentrez seule.
56:21Quelques courses à faire
56:22en prévision de ce déjeuner.
56:53Sous-titrage Société Radio-Canada
57:13Ah, je me suis courbu.
57:16Il n'y a pas un métier au monde plus fatigué.
57:19Qu'est-ce qu'il y a ma fille ? Des mauvaises nouvelles ?
57:22Pierre ne viendra pas déjeuner avec nous vendredi prochain à Lausanne.
57:25Hein ? Mais pourquoi ?
57:27Il est pris à l'hôpital.
57:30Si ce maniaque de la science préfère le camp pour la bonne cuisine, ça le regarde.
57:34Mais papa, ce métier, tu le connais.
57:36T'as aussi, tu as des journées surchargées.
57:38Je ne vais tout de même pas régler mon programme.
57:40Un autre programme, sur son programme à lui.
57:42Je t'ai promis Lausanne, nous irons à Lausanne.
58:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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