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  • il y a 2 jours
et Boumédiene,

un documentaire Suisse

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00:05La résistance a commencé. C'est la résistance populaire et c'est la résistance individuelle.
00:13Nous avons dit qu'il n'est pas question pour nous, qu'il n'a jamais été question pour nous
00:18de faire sécession territoriale.
00:19Ce qui nous importe, ce n'est pas de défendre des bâtiments, mais de faire en sorte que les troupes
00:28de Boumoudine, qui se comportent en troupes d'occupation, n'aient aucun répit.
00:35La stratégie militaire que nous avons arrêtée, il n'est pas question de la dévoiler, mais elle est fondée sur
00:44la défense en profondeur.
00:46Elle est fondée sur la guérilla. Les troupes de Boumoudine ont été harcelées sans répit par le nôtre.
00:55Maintenant, il vous appartient à vous, à nous tous, de continuer la résistance.
01:01Il leur est impossible de tenir plus d'un mois parce qu'ils n'ont pas de finances, parce qu
01:07'ils n'ont pas de puissance, parce qu'hier, dans la nuit, ils ont été attaqués par nos troupes à
01:13Médéa et vous avez dû la prendre par la radio.
01:23Et le colonel Sisadok, une figure légendaire, le plus ancien des officiers de l'armée de libération nationale, ne craint
01:30pas de parler très haut, malgré la clandestinité.
01:38Nous nous sommes opposés à M. Ahmed Ben Belan. Ce monsieur ne pense qu'à sa personne.
01:43Il prétend faire du socialisme, mais il s'est basé sur le socialisme de Gamal Abdel Nasser.
01:48Il crée une classe pour brimer le reste du peuple.
01:52Il prétend faire du socialisme avec le comité de digestion.
01:55Il prétend faire du socialisme avec l'opération Serreur, avec l'opération Reboisement, avec l'opération Labour.
02:02Regardez ces montraux qui sont devant vous.
02:05Les témoins les plus opérateurs, regardez s'ils sont laborés.
02:08Où est l'opération Labour ? Où est l'opération Serreur ?
02:11Ces enfants que vous voyez devant vous ne vont pas à l'école.
02:14L'école, la plupart des écoles, est démolie.
02:16La plupart des maisons sont démolies.
02:18Le gouvernement n'a pas pu faire face à ses responsabilités.
02:21Il y a ses obligations.
02:23Il ne se réfugie que dans la stratosphère de la haute politique.
02:26Il veut libérer la Palestine arabe.
02:28Il veut l'envoyer des troupes en Angola.
02:31Il veut l'envoyer des troupes en Mozambique.
02:33Et l'Algérie ?
02:33Et l'Algérie, elle ne fait que 12 millions d'habitants.
02:37Et à ce moment-là, il y a 12 millions de gendarmes qui entendent des voix.
02:40Et l'armée du colonel Boumediene ?
02:42Et l'armée du colonel Boumediene ?
02:43Le colonel Boumediene.
02:45Ce que je peux dire de lui, c'est un petit intellectuel venant de la mosquée du Caire.
02:52Il a fait sa révolution au Maroc et à Tunis.
02:55Et rentre avec le canon, les canons, les divisions que le peuple qui a lutté ici a gagné
03:02pour casser avec les mêmes canons le reste de la population qui a libéré le pays.
03:06Je le jure devant Dieu et ses hommes que nous déposerons ces armes et cette unité de combat
03:13que par l'installation des principes démocratiques et justes.
03:18Aucun !
03:19Bravo !
03:19Bravo !
03:22C'est soutenu par la population.
03:24La population est derrière la démocratie.
03:26Ils aspirent à la liberté et à la démocratie.
03:29Et le pharaonisme ici.
03:30Il n'y a pas de pharaon chez nous.
03:31Il n'y a pas de Ramsès II.
03:33Il n'y a pas de Gamal Abdel Nasser chez nous.
03:34Ici, il y a le peuple.
03:36Qu'est-ce que vous croyez que vous pourriez tenir militairement ?
03:39Si l'opération Charles et l'opération Jumelle ont échoué en Algérie.
03:46Si l'armée française dans son ensemble, la quatrième puissance mondiale, a fini par rebrousser le chemin.
03:53Ce n'est pas les quatre morpions de Benbella qui vont tenir ces montagnes.
03:57La porte-parole des rebelles, Mourad Oussedic, l'ex-avocat du FLN au barreau de Paris, nous dit comment cela
04:02a commencé.
04:04Nous en sommes arrivés là parce que le dialogue était devenu impossible.
04:09C'est un député qui vous parle.
04:11J'ai été député et j'ai été honnête.
04:15Je pensais que la crise de Tlemcen de juillet dernier pouvait être surmontée.
04:21Je pensais que le clan, la notion de clan pouvait être brisée.
04:25Et j'ai pendant de longs mois, avec mes collègues qui sont ici même, essayé de surmonter cela et essayé
04:32de créer un parti qui réponde aux véritables aspirations populaires.
04:36Or, nous avons assisté à une montée vers le pouvoir d'un homme entouré d'une caméria, comprenant des hommes
04:46tels que Boundine et tel que l'intelligentsia de l'ANP.
04:50Que s'est-il passé ? On a mis, pour sauvegarder les intérêts de ce clan, un parti à l
04:56'envers.
04:57Je m'en explique.
04:58C'est-à-dire qu'une infrastructure de ce parti s'est dégagée.
05:02Et au lieu d'avoir une assise populaire, ce parti est parti, tel une pyramide a été construite, du sommet.
05:09Et il n'est plus devenu un parti au service du peuple, mais il est devenu un parti au service
05:15d'un homme.
05:16Et le processus des élections, nous avons vu la consécration progressive du pouvoir personnel.
05:21Et à ce moment-là, nous avons jugé.
05:24Nous qui n'avions plus notre place, nous qui n'avions pu entamer le dialogue et cela pendant de longs
05:29mois d'efforts,
05:30qu'il était impossible d'agir autrement tel que nous le faisons.
05:35Et nous avons jugé cette action nécessaire après une longue consultation avec le peuple algérien.
05:45On parle de faits capils, de problèmes capils.
05:48Je n'ai pas à répondre à un argument qui me paraît une exploitation misérable en matière politique.
05:59Il suffit de savoir que l'Algérois s'est mis en mouvement un mois et demi avant la cabille.
06:06Est-ce que l'on peut parler de faits capils ?
06:09Il suffit de savoir que des dizaines et des dizaines, et même maintenant des centaines d'arrestations ont été opérées
06:14sur tout le territoire national
06:16pour savoir qu'il ne s'agit pas d'un mouvement en cabille.
06:20Ces combats à la frontière marocaine, vous avez une position là-dessus ?
06:24Nous avons une position qui ne peut pas prêter à équivoquer.
06:26Quand on analyse l'affaire marocaine, on s'aperçoit que c'est une affaire de famille qui regarde le pouvoir
06:35actuel en Algérie et Hassan II.
06:38Peut-être que Ben Bella a fait un accord secret avec M. Hassan II pour lui faciliter l'accession au
06:47pouvoir au moment de la crise de Clemson,
06:49mais cela nous importe peu. D'ores et déjà, nous prenons acte de ce que Ben Bella se voit culé
06:56et qu'il risque de faire de concessions.
06:58Nous tenons pour nulle et non avenue ces concessions consenties par un gouvernement que nous ne reconnaissons pas
07:03et nous défendrons par tous les moyens, ultérieurement, l'intégrité de notre territoire.
07:09Cet endroit, les Algériens l'appellent la forêt sacrée.
07:13C'est ici, dans la forêt de Chêne-Lienge, que domine Azazga,
07:17que fut tirée, il y a bientôt dix ans, le premier coup de feu de la guerre d'Algérie.
07:21Et c'est ici encore que sont tombées les premières victimes des combats entre gouvernementaux et rebelles.
07:33Il y avait cependant beaucoup de raisons pour que l'on ne reprenne pas les arts.
07:35Alors, c'est la tombe de votre fils ici ?
07:37Oui, c'est la tombe de la mort du fils, oui, mon fils.
07:40Il est mort quand, il est mort ?
07:42Il est mort dans un busquette.
07:45Vous ne voulez plus qu'il y ait encore du sang ?
07:47Oh, Dieu, il y en a mort sept ans, sept ans. Vous ne voyez pas ?
07:51À l'âge de vingt ans, c'est le cerchi.
07:57Alors, plus de guerre ?
07:58On ne veut pas de guerre, mais non.
08:00Et si les troupes du colonel Boumediene vous attaquent ?
08:03Eh bien, nous attaquons, nous attaquons en même temps.
08:06Alors, ce sera la guerre ?
08:07Ah oui, ce sera la guerre. Moi, je suis le premier à le prendre.
08:12À Alger aussi, on s'engage.
08:13Des milliers de jeunes gens ont endossé en hâte la tenue Léopard
08:17pour combattre, en principe, à la frontière marocaine.
08:21L'affaire marocaine a créé une diversion miraculeuse,
08:24unissant la population dans la même haine contre l'ennemi
08:27et faisant passer à l'arrière-plan la dissension interne
08:31qui demeure, peut-être, le vrai problème.
08:39Quand la patrie est en danger,
08:41l'appel à l'unité est une vieille formule toujours efficace
08:44et on part au front avec le sourire
08:46et la fleur au fusil.
08:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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