00:00L'armée israélienne indique qu'il faut évacuer
00:02quatre quartiers entiers du sud de Beyrouth.
00:04C'est un ordre d'évacuation qui est inédit,
00:06ça n'a jamais été aussi large.
00:07Et sur le coup, je me souviens de notre fixeuse qui nous le dit,
00:10et puis qui répète,
00:11et qui dit « mais attends, est-ce que j'ai bien compris ? »
00:13Et je lui dis « mais dans quatre quartiers ? C'est quatre bâtiments ? »
00:16Elle dit « non, c'est quatre quartiers. »
00:17Et en fait, petit à petit, ça se propage,
00:19et on se rend compte qu'on est sur la corniche,
00:21on est sur le bord de mer, et on se rend compte que d'un coup,
00:23les gens paniquent, en se disant
00:25« mais attends, le quartier, il est là. »
00:28En fait, on est collés à l'un des quartiers,
00:30donc nous, très vite, je me dis « ok, il faut qu'on s'en aille. »
00:33« Un, il faut qu'on se mette en sécurité. »
00:34« Deux, il va si effectivement... »
00:36Parce que sur le coup, on imagine des frappes hyper intenses,
00:39on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre,
00:41puisque c'est inédit.
00:42Donc on se dit « il va falloir qu'on se mette en position
00:44de pouvoir raconter ce qui se passe,
00:46de voir ce qui se passe et de raconter ce qui se passe
00:47tout en étant nous-mêmes à l'abri. »
00:49Et donc, on se retrouve sur la route,
00:50mais tous les quartiers sont en train d'évacuer,
00:53tout le monde est en train de s'éloigner,
00:55et on se retrouve dans des bouchons monstrueux,
00:57et on n'avance pas, en fait.
00:58On n'avance pas, et donc,
01:00moi, je me dis que le meilleur moyen
01:01est de garder mon calme et d'être utile,
01:03c'est de travailler,
01:04et donc je me mets à faire des directs au téléphone dans la voiture.
01:06Et à aucun moment, vous vous êtes dit
01:08« on va évacuer la voiture, on va finir à pied ? »
01:10Enfin, que faisaient les gens autour ?
01:12Un peu tout et n'importe quoi.
01:14Il n'y avait plus de feu rouge,
01:15il n'y avait plus grand-chose.
01:16Pour être honnête, chacun y allait un peu...
01:18C'était vraiment la panique, pour le coup.
01:20C'est un des rares jours où ça a été autant la panique à Beyrouth,
01:23parce que c'est quand même une population
01:24qui est habituée aux frappes et habituée à la guerre
01:26depuis tellement d'années
01:27qu'il y a une résilience qui est assez incroyable
01:29dans la population libanaise,
01:30mais là, vraiment, c'est la panique.
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