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  • il y a 5 semaines
L'association Départementale de Prévention du suicide de la Manche

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Éducation
Transcription
00:00C'est un étrange paradoxe à notre époque de parler autant de la prévention du suicide,
00:05de dire que le suicide est quand même un enjeu primordial de santé publique,
00:10ce dont nous sommes tous convaincus,
00:12et parallèlement d'entendre dans notre pays parler de l'aide à mourir et d'une loi qui pourrait approuver.
00:19Effectivement, vous voyez, il y a quand même pas mal régulièrement,
00:22les journaux se font écho de cette nécessité-là.
00:26Pourquoi ? C'est présenté comme une nécessité de ce besoin, de ce besoin citoyen,
00:31voire même d'une poussée citoyenne par rapport à cela.
00:35Allons-nous vers un droit à mourir ? Telle est la question.
00:38Cette question, c'est une question qui se reflète dans un contexte,
00:42et dans le contexte de notre époque.
00:44Donc ce n'est pas passionnel autour de la fin de vie, c'est une poussée citoyenne, certes,
00:49mais c'est surtout en rapport avec une profonde transformation de notre société,
00:53des annoncées médicales qui sont importantes sur ce dernier siècle,
00:59des modifications d'attitude par rapport à la mort,
01:02de profondes modifications d'attitude par rapport à la mort chez chacun d'entre nous,
01:08une nécessité, et ça on est tous d'accord avec cela,
01:11qu'il faut quand même finir notre vie dans la dignité,
01:14on veut vivre digne, mais on veut mourir digne, c'est normal,
01:19et aussi l'influence des pays voisins, on nous dit toujours,
01:23ça se fait ailleurs, tout autour de chez nous, donc ça doit se faire chez nous.
01:29Notre société, elle a assez profondément modifié,
01:33on pourrait dire même que c'est une société hyperbolique,
01:36une société qui est marquée par l'urgence, l'accélération, l'immédiateté,
01:40une société qui est normée tout en voulant réduire au maximum les risques que l'on peut prendre,
01:48une société de l'émotion, de la sensation, de la surinformation également,
01:53et ça c'est important,
01:55et également une société qui promeut l'autonomie et la responsabilisation de l'individu,
02:01et ça, vous allez voir, c'est essentiel.
02:04Une société qui, face à la mort, met en avant une santé améliorable,
02:09et toujours un peu plus améliorable,
02:12une société, donc, je vous l'ai dit tout à l'heure,
02:15face au suicide, qui soutient la prévention du suicide,
02:18une société face à la mort, avec une mort qui est de plus en plus solitaire,
02:23une mort cachée, voire une mort hospitalière,
02:26une médicalisation de la mort, si elle est hospitalière,
02:32et une psychologisation, une deuil,
02:35je ne veux pas dire qu'il ne faut pas traiter les deuils prolongés,
02:40je dis juste que dès qu'il y a un deuil, c'est une catastrophe.
02:45C'est un drame, c'est un drame humain,
02:47mais quand je dis une catastrophe, c'est une catastrophe psychologique.
02:51Et donc, une société qui va se situer face à la mort choisie,
02:57potentiellement choisie,
02:58comme s'il devait émerger un droit à la mort,
03:02comme s'il y avait une évolution vers une mort
03:05qui serait disponible pour chacun d'entre nous,
03:09comme si la pensée même de la mort devenait abstraite,
03:13alors que c'est tout sauf abstrait,
03:17que l'on ne sait plus tellement ce que voudrait dire choisir sa mort,
03:20en d'autres termes,
03:21à qui appartient notre mort au XXIe siècle.
03:24Donc, vous voyez, au niveau sociétal,
03:27on peut décliner les choses sous tous ces aspects-là.
03:34Parallèlement, et cela c'est important,
03:37une évolution législative sans précédent autour de la mort.
03:42On nous dit qu'il y a tous les pays voisins qui ont légiféré.
03:46On nous dit qu'il y a la Suisse,
03:48pays qui n'a pas légiféré,
03:50pays qui est de longue date à une tolérance.
03:54par rapport à l'aide à mourir,
03:57avec ces associations qui sont chargées de cela.
04:02On a les autres pays,
04:04les pays du Pénilux,
04:05le Pénilux, la Belgique,
04:07qui ont légiféré,
04:09qui ont dépénalisé,
04:11excusez-moi,
04:12c'est important,
04:13qui ont dépénalisé l'euthanasie.
04:16Vous avez certains États et de plus en plus d'États aux États-Unis
04:20qui légalisent l'assistance au suicide.
04:24Vous avez le Canada qui a légalisé l'aide médicale à mourir.
04:30Et le Canada, c'est très intéressant pour nous
04:33qui oeuvrons dans le champ de la santé mentale.
04:35Les Canadiens, dès le départ,
04:38ont pensé l'évolution de leur loi vers la psychiatrie.
04:45Ils se sont même donnés des délais.
04:47Dans deux, trois ans,
04:49on est en trouble psychique.
04:52Quand le délai est arrivé,
04:55ils ont rétro-pédalé.
04:56Ils ont dit,
04:57on n'est pas prêt pour l'extension de troubles psychiques.
05:00Parce que c'est dangereux,
05:02détente aux troubles psychiques.
05:03Et on va voir pourquoi.
05:05Et puis nous, en France,
05:07la dernière loi que nous ayons,
05:09c'est la loi Cleos Neoneti,
05:11qui a mis en place la possibilité,
05:15sous conditions bien particulières,
05:17d'instaurer une sédation profonde et continue jusqu'au l'essai,
05:21et qui a défini également les conditions
05:23d'action médicale déraisonnables.
05:28Et, comme vous le savez,
05:30au mois de mai dernier,
05:31l'Assemblée nationale a voté un texte
05:35permettant,
05:36qui pourrait permettre,
05:38l'aide à mourir.
05:40Et on va revenir un peu là-dessus.
05:41Donc vous voyez qu'il y a effectivement
05:43une évolution législative
05:45qui est sans précédent,
05:47donc depuis quelques années.
05:50Et puis,
05:51vous avez une instance
05:52dont on ne parle pas assez souvent,
05:53qui est la Commission européenne des droits de l'homme,
05:56vers qui est à Strasbourg,
05:58et vers laquelle aboutissent
05:59toutes les, on va dire,
06:02les situations les plus embarrassantes qui soient,
06:05et qui n'ont pas pu être gérées,
06:08ou dont les personnes qui ont porté plainte
06:12vers les pays ou vers les structures politiques,
06:17n'ont pas eu gain de cause,
06:18ou ont estimé que les réponses
06:20étaient largement insuffisantes.
06:22Donc, la Commission européenne des droits de l'homme,
06:26c'est important.
06:27Et alors,
06:28autour de cette possibilité,
06:31je dis bien du droit à mourir,
06:32il y a eu pas mal de situations
06:35qui ont été portées à la CDEH,
06:37et,
06:38à travers l'étude de ces jurisprudences,
06:41on constate que c'est certaines choses
06:43qui sont quand même assez particulières.
06:45Tout d'abord,
06:47qu'il y a une inflexion lente,
06:48mais certaine,
06:49en faveur de l'autonomie de la personne,
06:53dans le terme de choix de la personne.
06:55Qu'il y a également apparition
06:57de nouveaux droits,
06:59que l'on appelle les droits subjectifs.
07:02Les droits subjectifs,
07:03c'est par exemple,
07:04la procréation pour tous,
07:06le mariage pour tous,
07:07et donc là apparaît progressivement
07:10une ouverture vers le droit à mourir.
07:14Il y a également une évolution lente,
07:17j'y reviendrai tout à l'heure,
07:20sur le concept de dignité.
07:24Et il y a,
07:25il y a eu,
07:27et ça a posé débat,
07:30un cas d'euthanasie
07:32pour raisons psychiatriques
07:33pures,
07:35exclusives,
07:36qui a été porté à l'attention
07:37de la CODH,
07:39qui a bien pris soin
07:40de ne pas conclure.
07:43Tellement,
07:44c'était problématique.
07:47Parallèlement,
07:48une profonde transformation
07:49de la médecine,
07:50comme je vous le disais,
07:51non seulement elle est
07:52de plus en plus technique
07:53et performante,
07:54mais elle cherche
07:55la maîtrise de la vie,
07:57donc la maîtrise de la mort,
07:59mais il y a aussi,
08:00et ça depuis les lois Bouchner,
08:02une profonde transformation
08:04de la relation médecin-malade.
08:07vers une autonomie
08:08de décision,
08:09vers cette relation
08:10qui est contractuelle
08:12et vers cette co-décision
08:14dans les soins
08:15et également
08:16les décisions anticipées.
08:18Il y a,
08:19au niveau de la psychiatrie,
08:23certaines choses
08:23qui sont quand même importantes,
08:25même si on ne veut pas
08:26l'aborder,
08:27dans le monde de la psychiatrie,
08:28un jour,
08:28il va falloir l'aborder quand même.
08:31Il y a ce que l'on pourrait appeler,
08:33et l'expression,
08:34n'est pas de moi,
08:35elle est de Bruno Falissard,
08:37il y a ce qu'on appelle
08:38une dilution de la psychiatrie
08:40dans le puissant fond
08:41de la santé mentale.
08:43Et ça,
08:45ça c'est important,
08:46je dirais même
08:47c'est grave.
08:48C'est-à-dire que
08:48d'une partie de la médecine,
08:50qui était la psychiatrie,
08:52c'est l'étude des pathologies,
08:53on est en train
08:54d'en faire quelque chose
08:56d'extrêmement large,
08:58dilué,
08:59dont on n'arrive pas
09:00à trouver
09:02jusqu'où ça peut aller,
09:05en y impliquant
09:06le champ de la psychiatrie,
09:08et en mettant ça
09:08sous la responsabilité
09:10de la psychiatrie.
09:11Ça,
09:12c'est quand même
09:13un peu dans le milieu.
09:14D'autant plus que,
09:15on va passer donc
09:16de la pathologie mentale
09:18à la souffrance psychique,
09:20on va évoquer
09:22la douleur psychologique
09:23sans pouvoir définir
09:24exactement ce qu'est
09:25une douleur psychologique,
09:26alors qu'il faudra déterminer
09:28ce qu'est une douleur
09:29psychologique intolérable,
09:30on n'y arrivera pas,
09:32même si on doit donner
09:33la mort pour cela.
09:35Il y a le désespoir,
09:36dont on parle souvent,
09:38et les conduits de suicidaires,
09:40qui, quand on les analyse,
09:42constituent un champ
09:43extrêmement large.
09:48Parallèlement,
09:49dans notre pays,
09:50cette évolution
09:51vers une loi future,
09:53avec un point d'interrogation
09:54comme vous le savez,
09:55et sur cette diapo,
09:57vous voyez qu'il y a
09:58plusieurs éléments
09:59qui interviennent.
10:00Il y a tout ce qui est,
10:02sont des cas particuliers,
10:03et je vous en ai cité certains,
10:05Vincent Lambert,
10:07Rémi Salva,
10:08après,
10:09quelques années plus tard,
10:10Anne Berte,
10:11une écrivaine
10:11qui est allée
10:13mourir en Belgique,
10:14Vincent Lambert,
10:15dont vous avez entendu parler,
10:16vous avez ça.
10:17Vous avez parallèlement
10:19à cette possédat
10:20et à ces faits,
10:22à ces situations individuelles,
10:24vous avez également
10:26toute la poussée politique
10:27qui répond aux citoyens.
10:29C'est-à-dire,
10:30vous voyez,
10:31en 2012,
10:32lors d'une campagne présidentielle,
10:34François Hollande
10:35s'engageant
10:36pour une fin de vie
10:37dans la dignité,
10:38et dix ans plus tard,
10:39Emmanuel Macron
10:40qui s'engage
10:41pour une loi
10:42sur la fin de vie.
10:44Vous voyez ?
10:45Donc,
10:45ce qui a donné lieu,
10:47donc,
10:482012,
10:49François Hollande
10:49à la loi
10:50Claes-Léonetti
10:51de 2016
10:52sur la cédation profonde
10:54et continue,
10:55et,
10:56entre-temps,
10:56on va y revenir,
10:58le comité consultatif
11:00national d'éthique,
11:02et,
11:02donc,
11:032022,
11:04l'engagement
11:04d'Emmanuel Macron,
11:06ce qui a donné lieu
11:07à l'avant-projet de loi,
11:08ou plutôt à l'avant-projet
11:10qui a été voté
11:11à la santé nationale.
11:12Et vous voyez,
11:13arriver là-dessus,
11:14ce dont je vous parlais,
11:15cette évolution sociétale,
11:17l'autonomie,
11:18l'autodétermination,
11:20le libre choix.
11:23Donc,
11:24je vous l'ai dit,
11:25voilà à peu près
11:25où on en est.
11:27La loi,
11:27la santé nationale,
11:29vote en faveur
11:30d'un droit à mourir
11:31le 27 mai 2025.
11:33Bon,
11:34je vous passe
11:34le vérifé
11:35de la distribution
11:36et tout le bazar.
11:37Ce que l'on ne sait pas
11:39encore,
11:40vraiment,
11:40parce que ça vient juste
11:41de sortir officiellement,
11:44il y a eu,
11:44fin 2025,
11:462026,
11:47un sondage
11:48donc
11:50de la Fondation
11:51pour l'innovation politique
11:53et la Fondapole
11:54donc,
11:55et le résultat,
11:58enfin,
11:58je veux dire,
11:59les conclusions du sondage
12:01viennent de sortir
12:02et peuvent se résumer,
12:05les Français n'approuvent pas
12:06la proposition de loi
12:07visant à légaliser
12:09l'euthanasie
12:09et le suicide assisté.
12:11Voilà.
12:13C'est là,
12:1324 janvier 2025,
12:15donc vous voyez,
12:16c'est tout neuf,
12:19le Sénat
12:19se prononce
12:21pour
12:23des capsules
12:24de l'avant-projet de loi
12:25et se prononce
12:27pour un droit
12:28au soulagement
12:28de la souffrance
12:29qui remplacerait
12:30le droit à mourir.
12:32Bref,
12:33où est-ce qu'on en est ?
12:34On est
12:34à milieu
12:35de l'interrogation.
12:37On ne sait pas
12:38comment ça va se passer,
12:39ça va repartir
12:40à l'Assemblée nationale,
12:41ça va revenir.
12:41Voilà exactement
12:43où on en est maintenant.
12:46Donc,
12:46je vous ai dit,
12:47il y a quand même eu,
12:48rappelez-vous
12:49cette flèche-là,
12:51il y a quand même eu
12:52un point de bascule
12:53à un moment donné,
12:56avant 2022,
12:57avec
12:59l'avis 139
13:01du Comité
13:02Consultatif
13:03National
13:03d'éthique.
13:05Pourquoi on dit
13:05que c'est un point
13:06de bascule ?
13:07Tout d'abord,
13:08parce que les années
13:09précédentes,
13:11donc de ce
13:11Comité National
13:12d'éthique,
13:14étaient farouchement
13:15contre toute possibilité
13:17de légaliser
13:19une vraie de suicide
13:20ou l'euthanasie.
13:22Calme.
13:23Mais en 2022,
13:25peut-être que
13:26certains vont se rappeler,
13:27c'était la révision
13:28des lois de l'euthique.
13:30Et alors que
13:32l'euthanasie
13:32devait être
13:34considérée
13:34officiellement
13:35comme hors-champ,
13:36l'euthanasie
13:37s'y est
13:39on va dire
13:40convoquée.
13:42Et le Comité
13:43Consultatif
13:44National
13:44d'éthique
13:44a saisi,
13:46ça s'est
13:47auto-saisi,
13:48et ça c'est
13:49important aussi,
13:50on savait bien bien
13:50qu'il y avait
13:51une volonté politique,
13:52pour considérer
13:54à ce moment-là
13:55qu'il y avait
13:56une voie
13:57pour une application
13:58éthique
13:59de l'aide à mourir.
14:00et que
14:02les conditions
14:03étaient réunies
14:04pour une possibilité
14:05de dépénalisation
14:07de l'aide médicale
14:08à mourir,
14:09donc une possibilité
14:10d'accès légal
14:11en cas
14:12de souffrance
14:13physique
14:14ou psychique
14:16réfractaire
14:17et avec un pronostic
14:19vital
14:20engagé à moyen terme.
14:23et
14:24prôner
14:25une méthode
14:25qui était
14:26celui du suicide
14:27assisté.
14:28La suite,
14:28vous le savez,
14:30concertation citoyenne
14:32et
14:32arriver
14:33d'une proposition
14:34de loi
14:35relative
14:36au droit
14:36à mourir,
14:37donc votée
14:38à l'Assemblée Nationale,
14:40qui introduisait,
14:41là il faut que je lise,
14:42parce que je connais
14:43à peu près ce que c'est,
14:44mais je ne connais pas
14:45les termes exacts
14:46de Parker en tout cas,
14:48introduit pour les personnes
14:49de nationalité française
14:50majeures
14:51la possibilité
14:53de recourir
14:54à une substance
14:54létale
14:56et en cas
14:57d'affection grave
14:59incurable,
15:00quelle qu'en soit
15:00la cause,
15:02qui engage
15:02le pronostic vital
15:03en phase avancée,
15:04caractérisé par l'entrée
15:06dans un processus
15:06inéversible
15:07marqué par l'état
15:08de santé
15:08de la personne malade
15:10et qui affecte
15:11sa qualité de vie
15:12ou en phase terminale.
15:14Il faut donc
15:14présenter une souffrance
15:15physique ou psychologique
15:17constante liée
15:18à cette affection
15:19réfractaire
15:20au traitement
15:21soit insupportable
15:22selon la personne
15:24lorsque celle-ci
15:25a choisi
15:25de ne pas recevoir
15:26ou d'arrêter
15:27de recevoir
15:28un traitement.
15:31Donc,
15:32il a été rajouté
15:34après
15:34moins de combat,
15:36je dis bien
15:36moins de combat,
15:38une souffrance
15:39psychologique seule
15:40ne peut en aucun cas
15:41permettre
15:41de bénéficier
15:43de l'aide à mourir.
15:45après,
15:46il y a les délais,
15:47la décision médicale
15:48est transmise
15:49dans les deux semaines
15:49à la personne
15:50et après,
15:52la personne
15:52a un délai minimal
15:55de 48 heures
15:57pour confirmer
15:57sa décision.
15:59Donc,
15:59autant vous dire
15:59que ça va
16:00dans le monde public
16:01d'avoir un rendez-vous
16:02chez le dentiste.
16:03Donc,
16:04voilà,
16:05après,
16:06on en pense
16:06ce qu'on en veut.
16:07la loi prévoit
16:08des peines
16:09pour quiconque
16:10soit en situation
16:10d'empêcher
16:11ou de tenter
16:12d'empêcher
16:12de pratiquer
16:13ou de s'informer
16:14sur l'aide à mourir
16:15par tout moyen
16:16en exerçant
16:17des pressions
16:18morales
16:19ou psychologiques
16:20à l'encontre
16:21des personnes
16:21cherchant à s'informer
16:23sur l'aide à mourir.
16:24Donc,
16:25vous voyez
16:25qu'il est introduit
16:26dans cette loi
16:27ce qu'on pourrait
16:28appeler un délit d'entrave
16:30et toute association
16:31régulièrement
16:33déclarée
16:34depuis au moins
16:35cinq ans
16:35à la date
16:36des faits
16:37peut alors
16:37se constituer
16:38partie civile
16:39on a tous compris.
16:41Voilà.
16:42Donc,
16:43la loi
16:43telle qu'elle a été
16:44votée
16:45à la santé nationale.
16:47Donc,
16:47on peut se dire
16:48on est en rejeune
16:50ou en psychiatrie
16:51la souffrance
16:52psychologique
16:56seule
16:57ne peut en aucun cas
16:58se permettre
17:00de bénéficier
17:01de l'aide à mourir.
17:03Et si on y réfléchissait ?
17:05En d'autres termes
17:06si on y pensait
17:07et si on allait
17:09au-delà
17:10des frontières
17:11de l'évidence ?
17:12Tout d'abord,
17:13une loi
17:14telle qu'elle a été
17:15votée à l'Assemblée nationale,
17:16elle introduit
17:17un droit subjectif
17:18à l'aide à mourir.
17:20Donc,
17:20c'est tout nouveau.
17:21Elle introduit un droit.
17:22Ça veut dire
17:23qu'on a le droit
17:24de le demander
17:24et de la voir.
17:27Avec une terminologie
17:28confuse.
17:29il ne vous a pas
17:29il ne vous a pas
17:32vous avez tous
17:34compris
17:35que derrière
17:36cette phrase
17:37longue
17:37que je vous ai lue
17:38il était question
17:39d'euthanasie
17:39et de suicide assisté
17:40que les termes
17:41n'étaient pas utilisés
17:42mais qu'ils étaient décrits.
17:45On passe
17:46avec une loi
17:48comme ça
17:48de l'autonomie raisonnée
17:49à une autodétermination
17:51qui est revendiquée.
17:52Et,
17:53comme je vous le disais
17:53tout à l'heure,
17:54on change de paradigme
17:55quand on parle
17:56de dignité.
17:57On ne parle plus
17:58de dignité ontologique
18:01mais on va parler
18:02d'une dignité subjective
18:03c'est-à-dire
18:04qui va être liée
18:05à l'être humain
18:06lui-même.
18:08Elle va être relative
18:09elle va être réflexible
18:11et elle va être déterminée
18:12définie
18:13par la personne
18:14en fonction
18:15de l'idée
18:16qu'elle a
18:16de sa liberté
18:17et de son
18:20autodétermination.
18:20Je dis bien
18:21autodétermination
18:22je ne dis pas autonomie.
18:24Je n'ai pas dit
18:25que ce n'était pas bien.
18:26je n'ai pas dit
18:28qu'il ne fallait pas
18:29le faire.
18:30J'ai dit que si
18:30on le fait
18:31il faut d'abord
18:32y réfléchir.
18:35Parce que
18:35la souffrance
18:36psychologique
18:37au sens large
18:38du terme
18:39elle n'est jamais
18:41absente
18:41dans une demande
18:42d'aide à mourir.
18:44Elle est même
18:45dans les derniers
18:46rapports belges
18:46d'évaluation
18:48elle est même
18:49présente
18:50à 82%
18:51quand même
18:51et elle est considérée
18:52comme le déterminant
18:54de la demande.
18:57donc
18:58quand on considère
18:59que la souffrance
18:59psychologique
19:00est présente
19:01dans 82%
19:02des cas
19:03des demandes
19:03d'aide à mourir
19:04et qu'elle est
19:04le déterminant
19:05de la demande
19:07ça fait quand même
19:08réfléchir.
19:09La temporalité
19:10de la loi
19:11fait réfléchir
19:13j'en ai parlé
19:13tout à l'heure
19:14il n'est jamais
19:15question
19:16de l'évaluation
19:17du discernement
19:18de la personne
19:20donc cela veut dire
19:21qu'il est plus facile
19:22d'avoir la mort
19:24que d'avoir
19:25une transplantation
19:26cardiaque
19:26ou rénale
19:27où là
19:27l'abie psychiatrique
19:29est indispensable
19:31et qu'est-ce que
19:31l'on peut penser
19:33du délit
19:34d'entrave ?
19:36Donc
19:36la souffrance psychique
19:38vous avez compris
19:38large subjective
19:41le lien
19:42avec les idées
19:42suicidaires
19:43comme les canadiens
19:44l'ont souligné
19:45et c'est pour ça
19:45qu'ils font attention
19:46c'est que la limite
19:48elle est particulièrement
19:49floue
19:49et toutes les personnes
19:51qui travaillent
19:51dans le domaine
19:52de l'urgence psychiatrique
19:53le savent
19:54ceux qui disent
19:55c'est pas vrai
19:56c'est qu'ils ne font pas
19:56d'urgence psychiatrique
19:57ou qu'ils ne voient pas
19:58les suicidants
19:59c'est clair et net
20:01ça parce que
20:02maintenant
20:02c'est une des façons
20:04d'avoir des idées
20:05suicidaires
20:05donc vous voyez
20:07les limites
20:07elles sont floues
20:09on parle
20:10d'élimination
20:10de la souffrance
20:11ou d'élimination
20:13de la personne
20:15ça c'est une question
20:16qui est fondamentale
20:18éliminer la souffrance
20:19oui
20:21et mourir
20:21dans la dignité
20:22avec le moins
20:23de souffrance possible
20:24oui
20:24mais est-ce que
20:25cela veut dire
20:26qu'il faut tuer
20:26la personne
20:27je ne sais pas
20:28et vous voyez aussi
20:29qu'il faut considérer
20:30la constellation
20:31de facteurs à côté
20:33c'est-à-dire
20:33la trajectoire de vie
20:34et le positionnement
20:36du soignant
20:37dans tout cela
20:39est-ce qu'il est possible
20:41en fait
20:41là je vais passer
20:42beaucoup plus vite
20:43d'exclure
20:44les troubles psychiques
20:45d'une loi sur l'aide à mourir
20:47et bien il suffit
20:48de demander
20:48aux expériences étrangères
20:50et de lire
20:50ce qui est écrit
20:51dans les articles
20:52des expériences étrangères
20:54et bien non
20:55il n'est pas possible
20:57d'exclure
20:58les troubles psychiques
20:59même si on le veut
21:00d'une loi sur l'aide à mourir
21:02et ça
21:02tous les pays
21:04le montrent
21:05et le démontrent
21:06et que
21:07toucher du doigt
21:08la souffrance psychique
21:10dans cette loi
21:11est porteur
21:12des tensions éthiques
21:13les plus fortes
21:15et c'est pour cela
21:16que c'est compliqué
21:18ça veut dire
21:19que
21:19qu'est-ce qu'on se pose
21:20cette question
21:20à ce moment-là
21:21c'est-à-dire
21:22dans notre métier
21:23quand on est psychiatre
21:24et c'est pour ça
21:25que je dis
21:25que dans le champ
21:26de la souffrance mentale
21:28il faudra faire attention
21:29et à certains moments
21:30revenir à la vieille notion
21:32de troubles psychiatriques
21:33et de psychiatrie
21:34parce que là
21:35du coup
21:35on y revient
21:36et ça veut dire quoi ?
21:38par rapport aux pathologies
21:39et par rapport
21:40à la loi d'hospitalisation
21:41sans consentement
21:42puisque dans un article
21:44du Nouvel Obs
21:44par ailleurs
21:45je suis abonnée
21:46et qui soutient
21:47hyper
21:47l'aide à mourir
21:49et donc je regarde ça
21:50avec beaucoup d'intérêt
21:51il y a quelques années
21:52il y avait un reportage
21:53couleur absolument extraordinaire
21:55où il y avait une dame
21:57qui posait la question
21:58qui disait
21:59et en plus
22:00si on veut cela
22:01on risque de finir
22:02en psychiatrie
22:03pour ça
22:03et mon conjoint
22:05qui à chaque fois
22:06me taquine là-dessus
22:07il me dit
22:08ah ben dis donc
22:09si on veut demander
22:10l'aide à mourir
22:11on risque de finir
22:12en psychiatrie
22:12et moi je lui réponds
22:14oui
22:15oui si c'est une idée suicidaire
22:17et oui
22:18quand on a des personnes
22:19qui sont envahies
22:20par la dépression
22:21et les idées suicidaires
22:22oui
22:23notre boulot
22:24n'est pas de les conduire
22:25vers
22:26vous voulez ça
22:27madame, monsieur
22:28et bien vous allez y aller
22:29notre boulot est d'analyser
22:31ce qui se passe
22:32dans la trajectoire
22:33d'analyser le fait psychique
22:35en d'autres termes
22:36de faire notre travail
22:37et si on pense
22:39qu'effectivement
22:40la psychiatrie peut aider
22:42par ces techniques de soins
22:44notre rôle de médecin
22:45est de soigner
22:46et je peux vous assurer
22:48qu'il m'est arrivé
22:49de laisser partir
22:51des personnes
22:52qui avaient
22:53des envies d'aller
22:55en Belgique
22:56ou en Suisse
22:57qui avaient
22:58des envies
22:59d'euthanasie
22:59et pour lesquelles
23:00je ne retrouvais rien
23:01au niveau psychiatrique
23:03quand je faisais mon évaluation
23:05et je les ai laissées sortir
23:08ça ne veut pas dire
23:09qu'elles sont mortes
23:09parce qu'elles ne le sont pas
23:10en fait
23:11donc voilà
23:12vous voyez
23:13ça pose cette question là
23:14ça pose la question
23:15du discernement
23:16ça pose la question
23:17de l'obstination
23:18déraisonnable
23:19en psychiatrie
23:20question qu'on n'a pas
23:21du tout envie
23:22de se poser
23:22nos psychiatres
23:24ça pose la question
23:25de la prise en charge
23:26de ce qu'on appelle
23:27les troubles psychiatriques
23:29graves et persistants
23:32et ça pose également
23:33la question
23:34de la prévention
23:34du suicide
23:37donc
23:39je ne vous donne pas de chiffres
23:41par contre
23:41je voudrais vous lire
23:43un extrait
23:44du septième rapport belge
23:46sur l'euthanasie
23:47le caractère insupportable
23:49et persistant
23:50de la souffrance
23:51était fréquemment associé
23:52à des expériences du passé
23:53en parlant des euthanasies
23:55réalisées chez des jeunes
23:56borderline
23:56c'était ça
23:57le caractère insupportable
23:59et persistant
24:00de la souffrance
24:00était fréquemment associé
24:02à des expériences du passé
24:03comme les abus sexuels
24:05les délaissements
24:05etc
24:07des comportements
24:08autour des sauteurs
24:09et des tentatives
24:09de suicide
24:10les tentatives
24:11de suicide ratées
24:13ont fait prendre conscience
24:14aux personnes concernées
24:15qu'il existait aussi
24:17une autre façon
24:18plus digne
24:18de mettre fin
24:19à ces jours
24:21voilà
24:24donc
24:24vous voyez
24:25ça pose vraiment
24:26la question
24:26de la prévention
24:27du suicide
24:28est-ce qu'on met
24:29légalement
24:30à disposition
24:30un moyen létal
24:32comment on en parle
24:33est-ce qu'il y a
24:34on parlait
24:35de contagion suicidaire
24:38tout à l'heure
24:38est-ce qu'il peut y avoir
24:40une possible contagion
24:41avec ça
24:42en d'autres termes
24:43un effet vertère
24:43et
24:45comment
24:45sont
24:46ou ne sont pas
24:48associés
24:49à ces demandes
24:50d'aide à mourir
24:51les messages
24:52de prévention
24:52du suicide
24:55et
24:55est-ce qu'il y aura
24:56un délit d'entrave
24:58comme je vous l'ai dit
24:59alors dans la loi
25:01telle qu'elle a été votée
25:02à l'Assemblée Nationale
25:04il faut savoir
25:05que c'est la seule loi
25:06sur l'aide à mourir
25:07dans laquelle est introduit
25:08un délit d'entrave
25:10il n'y a pas
25:11d'équivalent
25:12dans les autres
25:12législations
25:14donc une spécificité française
25:17qui télescope
25:19avec la notion
25:20d'assistance
25:21à personnes en danger
25:23qui télescope
25:24avec le délit
25:25d'incitation
25:25et de provocation
25:26au suicide
25:27qui existe
25:30dans la loi française
25:32qui télescope
25:33avec la loi
25:34d'hospitalisation
25:35en psychiatrie
25:37et qui empêche
25:39de penser
25:39aux faits psychiques
25:41et
25:41dans un avis
25:46dans un avis
25:47du collectif
25:48je vous en parlais tout à l'heure
25:49du collectif
25:50démocratie, éthique et société
25:53dans son avis numéro 1
25:54l'une des conclusions
25:57au sujet
25:58de ce possible
26:00délit d'entrave
26:02est de dire
26:02que c'est le premier pilier
26:04d'un projet de société
26:05dont la préoccupation
26:06n'est pas la lutte
26:07contre les douleurs
26:09refractaires
26:10mais la volonté
26:10de prôner
26:11une autodétermination
26:12absolue
26:12dans une approche
26:14ultra-libérale
26:17et là
26:17dans cette approche
26:19ultra-libérale
26:20on en arrive
26:21au domaine
26:21de l'inavouable
26:23moi ce que j'appelle
26:24le domaine
26:25de l'inavouable
26:26c'est comment
26:27une loi comme cela
26:28pourrait télescoper
26:29les prises en charge
26:30les prises en soins
26:31et l'accès aux soins
26:33notamment
26:33les plus vulnérables
26:34parler un peu
26:36de ne pas omettre
26:37la dimension
26:37socio-économique
26:38parce que
26:39les canadiens
26:40eux
26:41ils ont évalué
26:42leur loi
26:42sur l'aide à mourir
26:44et ils ont montré
26:45qu'on faisait
26:46des économies de santé
26:48qu'on faisait
26:49des économies
26:50sur les personnes
26:52en fin de vie
26:53et qu'en avançant
26:55ou en
26:57en euthanasiant
26:59ou en allant
26:59vers le suicide assisté
27:01effectivement
27:02on avait des économies
27:03de santé
27:04qui étaient importantes
27:07et donc
27:08quand on est
27:10dans des économies
27:11dans des situations
27:12économiques
27:12un peu tirées
27:13comme connaissent
27:15mon pays
27:15actuellement
27:16c'est un peu
27:18gênant quand même
27:19et puis
27:20il y a eu
27:22récemment
27:22un film
27:23qui s'appelle
27:23Plan 75
27:24en 2022
27:26primé à 4
27:26en 2022
27:27qui promet
27:28l'euthanasie
27:29choisi
27:29et rémunéré
27:31des personnes âgées
27:32de plus de 75 ans
27:33au Japon
27:34donc
27:35ça n'est
27:36considéré
27:37comme inutile
27:38donc ça c'était
27:38l'objet du film
27:40on les contactait
27:42et on disait
27:42pour en donner
27:42une somme d'argent
27:43comme ça
27:44ils pouvaient régler
27:44leurs obstacles
27:45un peu d'argent
27:46à la famille
27:47et tout
27:47si elles acceptaient
27:49d'être
27:49euthanasie
27:51voilà
27:51et
27:52ce que dit
27:53la réalisatrice
27:54c'est
27:54Plan 75
27:55n'existe pas
27:56dans la réalité
27:58mais tout ce qui
27:59est décrit
27:59existe
28:03donc vous voyez
28:04c'est impliqué
28:04et les soignants
28:05dans tout ça
28:06vous parliez
28:07des personnes âgées
28:08c'est notre sujet
28:09réflexion aujourd'hui
28:11les soignants
28:12et notamment
28:12les soignants
28:13face aux personnes âgées
28:14les soignants
28:15sont des parteurs
28:16des valeurs des soins
28:17on est bien d'accord
28:18et ils sont
28:19dans un ethos professionnel
28:21c'est à dire
28:21dans un cadre
28:22de pratiques
28:23qui sont fondées
28:24sur des valeurs
28:24partagées
28:25d'un collectif
28:27alors qu'est-ce
28:27qu'on fait
28:28d'une personne
28:29qui est porteuse
28:30des valeurs de soins
28:30et qui travaille
28:31dans un collectif
28:32de soins
28:33qu'est-ce qu'on fait
28:34aussi autour
28:34de la notion
28:35d'autonomie
28:35et d'autodétermination
28:37comment on les perçoit
28:38et comment on les définit
28:40donc tout dépend
28:41comment on va
28:41mobiliser
28:42les concepts
28:43d'autonomie
28:45et là
28:45je vous renvoie
28:46à un livre
28:47d'une de mes amies
28:47qui est professeure
28:48Angela Castelli
28:49qui travaille
28:50à Fribourg
28:50en Suisse
28:51et qui a écrit
28:52co-écrit
28:53tout un livre
28:53sur la mort
28:54choisie en Suisse
28:56vous avez
28:58essentiellement
28:58deux aspects
28:59d'autonomie
29:00l'autonomie morale
29:01et l'autonomie existentielle
29:02l'autonomie morale
29:03c'est ce qui est fondé
29:04sur la conscience morale
29:05les valeurs
29:06elle peut être idéale
29:08quantienne
29:09ou elle peut être
29:11beaucoup plus modérée
29:12beaucoup plus adaptée
29:14à notre vie actuelle
29:15et elle peut être
29:17beaucoup plus subjective
29:18et proche
29:19de l'éthique du soin
29:20et vous avez
29:21une autonomie existentielle
29:23qui va se décliner
29:24sur la forme
29:24des pertes
29:25pertes
29:26des sens
29:27pertes
29:28de l'activité physique
29:30pertes
29:31des fonctions psychiques
29:33des pertes positives
29:35etc
29:35et là
29:36vous allez
29:37ça fait la toile de fond
29:39vous allez glisser
29:40vers la notion
29:41d'autodétermination
29:43j'ai perdu
29:44je n'ai plus ça et ça
29:46donc
29:47ma vie ne vaut plus
29:49la peine d'être vécue
29:50etc
29:50voilà
29:51et
29:52la façon
29:53dont
29:53le groupe
29:55va définir
29:56l'autonomie
29:57va également
29:59influer
30:00sur la fonction
30:01sur la façon
30:02dont le fait psychique
30:04va être évalué
30:05soit on va approcher
30:06des cases
30:06soit on va raisonner
30:08d'une autre façon
30:10vous avez aussi
30:11ce soignant
30:12porteur des valeurs du soin
30:13qui est face à ses limites
30:14les limites médicales
30:16les limites juridiques
30:16les limites morales
30:17les limites religieuses
30:20les limites éthiques
30:21et les limites politiques
30:22et ses limites propres
30:24est-ce que moi
30:25j'ai le droit de
30:25est-ce que moi
30:26je peux
30:26il est face à l'expérience
30:28de l'humilité
30:29et du désarroi
30:30devant
30:31une personne
30:32qui fait le deuil
30:33anticipé
30:34de sa propre vie
30:35et ça
30:35c'est pas facile
30:36il doit
30:37penser
30:38et penser
30:39et ça
30:40c'est important
30:41et la fonction
30:42du récit
30:43est importante
30:44parce que
30:44c'est la seule façon
30:45de remettre
30:46les choses en lien
30:47et la seule façon
30:48de comprendre
30:49le fait psychique
30:50c'est la dignité
30:51du soin
30:52la capacité
30:53de réfléchir
30:54à
30:54et dans
30:55une situation
30:56particulière
30:57c'est également
30:58la dignité
30:59de penser
30:59telle que la décri
31:00ou l'en mourir
31:02voilà
31:03donc
31:04vous allez me dire
31:05c'est fichu
31:06c'est une cruelle réalité
31:08avec à la fois
31:10d'un côté
31:12mourir dans la dignité
31:13et puis des personnes
31:14qui peuvent se fâcher
31:16parce qu'elles voudraient
31:17d'abord
31:17soigner dans la dignité
31:19et quand
31:20ça fait plus de 35 ans
31:21qu'on fait de l'urgence
31:22psychiatrique
31:22et qu'on travaille
31:23dans un service d'urgence
31:24qui est saturé
31:26en permanence
31:27on a plutôt
31:28d'abord
31:29envie de soigner
31:30dans la dignité
31:30parce que franchement
31:32les conditions de travail
31:33et les conditions
31:34d'accès aux soins
31:35via les services d'urgence
31:37c'est de l'indignité pure
31:41donc
31:41est-ce que c'est fichu ?
31:43je dis
31:44non
31:45ce n'est pas fichu
31:46parce qu'à partir
31:47du moment
31:48
31:49on accepte
31:51de se rendre
31:51disponible
31:53à la rencontre
31:54de l'autre
31:55d'accéder
31:56à son récit
31:58à quelque chose
31:59de dynamique
32:00et d'humain
32:01en d'autres termes
32:02comprendre
32:03une personne
32:04c'est déjà lui parler
32:05et non pas
32:06le questionner
32:07sur une checklist
32:08ou
32:09si l'on est comme Hugo
32:11c'est-à-dire
32:11que l'on considère
32:13qu'il y a
32:14ceux que l'on croise
32:15que l'on connaît
32:17à peine
32:17qui vous dise
32:19un mot
32:19une phrase
32:21qui vous accorde
32:22une minute
32:24une demi-heure
32:26et qui change
32:27le cours
32:27de votre vie
32:28je pense que
32:30on peut faire
32:30quelque chose
32:31d'intéressant
32:32d'important
32:33de fondamental
32:35d'humain
32:36et de riche
32:37et que l'on considère
32:39que le charme
32:40de la vraie rencontre
32:41c'est qu'elle a souvent
32:42lieu dans l'inattendu
32:43et l'inespéré
32:44et de cela
32:45on peut en être
32:47convaincu
32:49alors on va terminer
32:50sur une phrase
32:51de Carmus
32:52celle que je préfère
32:53celle que je raconte toujours
32:54puisque toute action
32:55aujourd'hui
32:56débouche sur le meurtre
32:57qu'il soit direct
32:58ou indirect
32:58nous ne pouvons pas agir
33:00avant de savoir
33:01si et pourquoi
33:02nous devons donner la mort
33:03l'important
33:04n'est donc pas
33:05de monter
33:06à la racine des choses
33:07mais le monde
33:08étant ce qu'il est
33:09de savoir
33:10comment s'y conduire
33:11et là
33:12je pense que c'est ça
33:14je crois
33:14le message
33:15le plus important
33:16je vous remercie
33:18merci
33:18applaudissements
33:20Merci.
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