- il y a 5 semaines
Dépression et risque suicidaire chez la personne
âgée de quoi parle-t-on ? par Dr Desvages Florent et Dr Delphine Clayes, gériatres
âgée de quoi parle-t-on ? par Dr Desvages Florent et Dr Delphine Clayes, gériatres
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00:00Bonjour, je suis le docteur Delphine Fez, donc effectivement je suis gériatre à l'hôpital de Saint-Lô.
00:04Et en fait, il nous a demandé un peu d'illustrer ce que pouvait être la dépression et le risque
00:10suicidaire chez les patients âgés.
00:13Donc quand on parle de gériatrie, on parle de patients âgés, voire très âgés.
00:17Et moi je vais vous présenter la situation de Madame A, 96 ans, une patiente qui est hospitalisée dans notre
00:23service.
00:24Elle vient en hospitalisation après un épisode de colite infectieuse.
00:27C'est une dame qui est veuve depuis une trentaine d'années.
00:31Elle a une fille unique, elle était agricultrice et femme de ménage.
00:35C'est une dame qui reste indépendante pour ses soins propres, sa toilette, son avisage, elle se débrouille, elle se
00:41déplace seule avec une canne.
00:43Par contre, dans la gestion de son quotidien, elle est plus en difficulté.
00:48Les courses, la cuisine, l'entretien du logement, ce n'est plus elle qui gère, mais des aides au domicile,
00:53qui passent 4 à 5 fois par semaine et sa fille qui passe aussi.
00:57Ces traitements sont gérés par l'infirmière, mais on vous dit que déjà, la prise des traitements est compliquée, qu
01:02'il y a probablement des erreurs.
01:04Cette dame de 96 ans, elle voit un peu moins bien, elle a une DMLA, et elle entend un peu
01:09moins bien aussi, mais on peut facilement communiquer avec elle.
01:13Comme une dame de 96 ans, avec l'avancée en âge, elle a pas mal d'antécédents, et on voit
01:19qu'elle a notamment des troubles neurocognitifs
01:21qui sont en cours d'exploration par son médecin traitant, et elle a aussi des troubles du sommeil ancien.
01:27Elle a beaucoup de traitements, une dizaine, une douzaine de traitements.
01:31Elle prend au long cours notamment des benzodiazépines de Nuvilon, le bromazepam,
01:36et elle prend aussi un hypnotique, et elle les prend depuis des années.
01:41Quand on reçoit Mme A, le problème en ASMR, on se rend compte rapidement qu'en fait, son problème,
01:47il n'est pas tant médical et d'avoir des soins médicaux à lui faire,
01:52ni qu'il est temps de la récupération fonctionnelle, parce qu'en fait, elle a déjà quasiment tout récupéré, cette
01:57dame,
01:57mais qu'en fait, on vous dit que le retour au domicile, il n'est pas possible.
02:03Et quand on s'entretient, en fait, on fait, pour ces patients âgés, en fait, on réalise une évaluation gériatrique
02:11globale
02:11quand ils arrivent dans les services, et on évalue toutes les dimensions,
02:15cognitives, timiques, nutritionnelles, la douleur, la mobilité,
02:19et en fait, quand on s'entretient avec elle, et bien, pendant tout l'entretien, elle est assez irritable.
02:25Elle vous dit que de toute façon, elle, elle n'a pas de difficultés à la maison et qu'elle
02:28fait tout.
02:29C'est ce qu'on voit en général sur ces terrains de troubles neurocognitifs majeurs.
02:34Elle est anosognosique, donc elle, elle se débrouille, donc il n'y a pas de problème.
02:37Sa mémoire, tout va bien. Son humeur, ça va aussi. D'ailleurs, c'est ici que ça ne va pas.
02:41C'est chez vous, parce que je ne comprends pas ce que je fais ici.
02:45Moi, je peux très bien rentrer chez moi, et elle pleure plusieurs fois.
02:49Elle n'est pas triste, elle vous dit qu'elle n'est pas triste, mais elle pleure plusieurs fois pendant
02:52l'entretien.
02:53Son sommeil, ça va avec les traitements, et plusieurs fois, elle se lève.
02:57Elle va à son placard, où lui, ici, on lui prend, elle ne retrouve pas toutes ses affaires,
03:03et on lui prend les vêtements que sa fille lui emmène.
03:07Dans le placard, elle a bien, si on fait le point, elle a bien toutes ses affaires, mais elle en
03:11est persuadée.
03:13Ici, on lui subtilise ses affaires, et on n'obtient pas beaucoup plus à l'entretien.
03:19Quand on fouille un peu le dossier, on trouve que cette humeur triste, qu'elle ne dit pas, mais qui
03:24est apparente,
03:25on la retrouve aussi dans le service précédent.
03:28On voit qu'il est noté qu'elle pleure, et qu'elle pense qu'on est en train de vider
03:33sa maison.
03:34Elle a aussi des idées de dépréciation.
03:37Elle dit qu'elle est parfois un fardeau pour sa fille.
03:41On a des éléments, mais souvent chez les gens âgés, et surtout quand on arrive sur ces terrains
03:47de troubles neurocognitifs, pas suffisamment d'éléments avec seulement l'entretien de la patiente.
03:53Et on s'entretient aussi avec son entourage, et là on s'entretient avec sa fille.
03:58Et sa fille, d'emblée, c'est manifeste, elle est épuisée.
04:02Elle pleure elle aussi plusieurs fois pendant l'entretien, et elle lui dit,
04:05« Il est hors de question, vous me la remettiez à la raison, personne n'en veut plus,
04:10ses voisins n'en veulent plus. »
04:12Quand on l'interroge sur la dimension neurocognitive, elle vous signifie qu'effectivement,
04:18elle raconte bien cette histoire d'installations progressives d'oubli à mesure,
04:22qui se sont progressivement intensifiées, et qu'elle a progressivement perdu sa capacité
04:28à gérer son quotidien.
04:29Et d'ailleurs, elle vous dit qu'elle est très inquiète, parce que, comme elle ne sait
04:35plus gérer son quotidien, elle consomme des aliments avariés, elle vient de brûler
04:39son gilet sur la grésinière, elle se rend à la banque avec sa carte bleue, et elle
04:44ne connaît pas le numéro de sa carte bancaire, et elle a des boîtes de médicaments disséminées
04:49dans tout l'appartement, jusque derrière les radiateurs.
04:54Quand on pose la question, quand on s'intéresse plutôt à la dimension psychocomportementale
05:00auprès de la fille, on arrive quand même à se rendre compte qu'elle vous dit que
05:06depuis 3-4 mois, la situation est devenue encore plus compliquée, qu'elle est de plus en plus
05:12agressive, elle a des idées délirantes de persécutions qui sont apparues, elle est
05:18persuadée que sa voisine lui vole ses casseroles, et d'ailleurs, elle va régulièrement
05:23l'insulte. Elle décrit une perte d'intérêt, elle a arrêté son abonnement à son journal,
05:30elle ne regarde plus la télévision. Elle décrit également une perte de poids et une
05:35perte d'appétit. Sa fille lui a évoqué le déménagement en EHPAD et lui a dit « Je
05:40me laisserai mourir ». Quand on interroge la fille, on n'a pas d'antécipant de dépression
05:45chez la dame, elle ne consomme pas d'alcool et elle a cette prise ancienne de benzodiazépine.
05:52En fait, sur tous les éléments qu'on a retenus, tous les derniers éléments qu'on a retenus
05:57auprès de la fille, plus cette humeur triste que la dame n'a vu pas mais qui nous apparaît,
06:03on conclut un épisode dépressif caractérisé sur tous ces événements qui s'installent
06:09depuis 3-4 mois avec un masque plutôt hostile, sur ce qu'on appelle maintenant trouble
06:15neurocognitif majeur mais qui est en fait une démence et probablement que cette dame a une
06:19maladie d'Alzheimer avec des éléments psychotiques. Je vais passer volontiers sur
06:24les prises en charge et les traitements parce que sinon je mets l'argent pour les
06:28passer. Et en fait, le tout étant après avoir posé ce diagnostic, effectivement d'aller
06:35introduire un traitement antidépresseur, de proposer toute la prise en charge globale
06:40et surtout d'aller chercher de l'alliance auprès de l'entourage et de la confiance auprès
06:47de la patiente sur le fait qu'on va respecter son projet de vie. C'est pas toujours possible
06:53mais en tout état de cause, on a des moyens là encore d'agir, de traiter, d'accompagner
06:59pour permettre ce retour au domicile qu'elle souhaite et d'expliquer à sa fille l'ensemble
07:05de ces éléments là et qu'on ne va pas aller dans le sens d'un placement contraint
07:11qui est une chose qu'on ne peut pas faire en ordonnance de placement. C'est pas facile
07:18à la patiente, pas de problème, à la fille beaucoup plus compliqué. En fait, la situation
07:24malgré tout, elle va continuer à se dégrader. De plus en plus, la patiente, elle va réclamer
07:29son retour au domicile et elle devient de plus en plus agressive, notamment au moment des
07:35passages de sa fille. Elle va jusqu'à une grande agressivité envers elle, elle crie,
07:42elle la menace avec sa calme. Et en fait, à ces moments là, les entretiens entre la
07:49fille et la patiente tournent toujours autour de son incapacité à gérer son quotidien,
07:55son logement qui n'est pas entretenu et elle ne pourra pas rentrer à la maison, il faudra
08:01qu'elle n'aille en EHPAD. Et en fait, c'est ce conflit entre la mère et la fille qui
08:08crée cette montée en tension dans la situation. Et ça va jusqu'à un refus de la dame, qui
08:14va être très ponctuel, mais de s'alimenter, de prendre ses traitements et jusqu'à la verbalisation
08:19d'idées suicidaires qui sont claires. J'ai acheté ma corde, j'y pense depuis des mois.
08:25Je vais me racheter une corde ou je vais me jeter dans la vie. Je ferai comme mon frère
08:29ou ma soeur. Elle n'a pas de scénario en hospitalisation. Elle nous rassure, elle nous dit, il y a
08:37peut-être
08:37un peu de confiance qui s'installe. Je ne ferai rien chez vous, je ne veux pas vous apporter
08:41de problème. Et puis, elle dit aussi, j'ai été trop malheureuse au décès de mon frère
08:46et ma soeur. Je ne ferai pas ça à mes petits-enfants. On a l'impression qu'elle diffère un
08:53peu, qu'elle
08:54a tendance à différer son geste. Et donc, on est devant un risque suicidaire potentiel,
09:01non immédiat. On adapte les traitements, on adapte notre prise en charge. On le fait
09:06avec l'idée. Et en fait, ce à côté de quoi on était passé et on n'a pas vu
09:15ces idées
09:16suicidaires arriver, c'est qu'en fait, on ne les avait pas interrogées sur son histoire
09:21familiale et ses antécédents psychiatriques familiaux. On était complètement passé à
09:27côté. On pose beaucoup de questions, mais celle-là, on ne l'avait pas posée. Et en fait,
09:31alors j'ai noté TS, mais c'était suicide. En fait, dans sa famille, effectivement, son frère
09:35et sa soeur se sont suicidés. Sa soeur s'est suicidée à l'âge de 55 ans. Elle était
09:42épuisée dans la prise en charge d'un mari dépendant. Elle s'est suicidée par
09:46pandésie. Et son frère s'est également suicidé quatre ans auparavant. Il avait 82 ans
09:52à la veille d'entrer en foyer logement. Il a déménagé ses affaires le matin. Il devait
10:00rentrer le lendemain au foyer logement et il s'est pendu l'après-midi. Étonnamment,
10:05dans l'histoire de la dame, sa fille, elle, verbalise complètement et banalise complètement
10:12ses idées suicidaires parce que régulièrement, au cours de sa vie, même avant que son frère
10:17et sa soeur se soient pendus, elle a régulièrement, dans ses moments difficiles, dit « Je vais
10:23me foutre la... » Elle disait à sa fille régulièrement « Je vais me foutre la corde au
10:26coup ». Donc la fille, elle passe un peu à côté de toutes ses idées. Finalement,
10:33Madame A, elle est rentrée chez elle. Le domicile, elle a été sécurisé.
10:38Tous les traitements ont été retirés. Elle a plus le gaz. On a mis trois passages
10:43par jour d'aide au domicile. L'infirmière passe aussi deux fois par jour. Le traitement
10:48a été adapté et on l'a revu en consultation assez rapidement. On n'était pas quand même
10:54certain que cette situation finisse bien. On a toujours des risques de sortie-échec quand même.
11:05C'est même pas chaque fois une réussite. Mais en tout cas, on l'a revu en un mois et
11:10en
11:10fait, la situation au domicile était beaucoup plus apaisée. L'agressivité, l'opposition
11:16ont complètement régressé. Elle n'a plus d'idée délirante. Elle apprécie au contraire
11:22les passages d'aide au domicile. Et spontanément, elle dit qu'elle souhaite rentrer en EHPAD
11:27et qu'elle souhaite aller en EHPAD à proximité de chez sa fille. On sera quand même extrêmement
11:33vigilant lors de ce changement de lieu de vie, quand on se souviendra des idées suicidaires
11:39qu'elle a verbalisées et des événements familiaux qu'elle a connus.
11:58Pour ma part, je vais vous présenter deux situations cliniques qui sont assez fréquentes en SMR.
12:05sans tentative de suicide, sans urgence psychiatrique, mais avec un risque suicidaire discret et
12:14surtout collectivement gérable. Donc, il s'agit d'une patiente de 92 ans qui arrive dans le service
12:22après une fracture de cheville, mobilisée par une botte. Une dame qui vit en foyer résidence
12:30avec des troubles de reconnaissance modérément sévères, des théologies vasculaires,
12:37des chutes à répétition et donc une perte d'indépendance.
12:40C'est une arme dont l'autonomie fonctionnelle chute brutalement.
12:46Et puis, un syndrome douloureux chronique avec des névralgies de la face qu'on a beaucoup de mal à traiter.
12:54Cette patiente, elle a une acuité visuelle qui est basse, qui engendre une sensation d'enfermement,
13:01un appareil dentaire cassé, des prises alimentaires qui sont difficiles, ça peut paraître anodin,
13:07mais ça, ça a un impact sur les plaisirs simples de la vie chez quelqu'un dans les âges extrêmes.
13:17Là encore, dans cette situation, on retrouve une situation d'isolement avec un époux décédé il y a deux ans.
13:25Les enfants disent que les troubles neurocognitifs se sont aggravés au moment du décès.
13:31L'époux, on peut plutôt supposer que l'époux palliait beaucoup à la situation
13:36et que son décès met en lumière des difficultés déjà présentes auparavant.
13:44Elle vit en foyer résident, je l'ai dit, alors ça posera un souci sur la sortie de l'hospitalisation.
13:52C'est des gens qui doivent être suffisamment indépendants et deux enfants qui vivent à 30 minutes.
13:59Et là encore, comme la situation précédente, une discordance entre les souhaits de la patiente
14:06et ce que souhaite la famille sur le projet de finir.
14:11Donc, une longue liste de médicaments comme souvent chez les sujets âgés,
14:15des psychotropes, des traitements antalgiques, un antidépresseur en infrathérapeutique
14:20qui est donné souvent à visée sédative plus que sur la visée antidépressive,
14:30un anxiolytique à demi-vie longue qui est confusiogène.
14:35Donc, voilà, déjà une longue liste de médicaments.
14:40Alors, sur la situation, en fait, la patiente a une perte de flexibilité mentale,
14:47une rigidité psychologique, des douleurs qui se rajoutent.
14:52Et en fait, le repérage en ASMR, il est avant tout soignant.
14:56Une fois par semaine, on se réunit en staff pluridisciplinaire.
15:00Et là, c'est l'échange de paroles.
15:03Il n'y a pas de passage à l'acte, mais il y a des idéations morbides,
15:10des idéations passives de mort avec une perte de sens et de sentiment de fardeau.
15:16Donc, cette patiente immobilisée, elle refuse d'aller en salle de rééducation.
15:21Elle refuse de se lever le matin.
15:23Elle dit aux cette soignante, laissez-moi tranquille.
15:26Elle dit aux kinésithérapeutes, ça ne sert plus à rien tout ça.
15:29Pourquoi vous voulez mettre debout ?
15:32Quand on rencontre la famille, là aussi, il y a une situation conflictuelle
15:37entre les souhaits de la patiente de retourner dans son foyer résidence
15:42et la famille qui préférait qu'elle rentre en EHPAD,
15:45puisque le foyer alerte régulièrement sur les difficultés, notamment la nuit.
15:49On essaie de trouver des leviers à tout ça.
15:52On s'aperçoit que la sœur elle vit en EHPAD.
15:55Peut-être qu'on peut essayer d'aller chercher un cheminement vers une entrée en maison de retraite.
16:03Plusieurs entretiens médicaux.
16:05Et puis, en fait, il y a une famille qui s'épuise et qui dit
16:09mais elle fait tout ça juste pour nous embêter.
16:12Et donc, le lien est important entre l'équipe et la famille.
16:18Essayer de faire comprendre les difficultés sur les trous neuropognitifs
16:21et la perte de flexibilité de cette patiente.
16:25Un point important quand même, c'est que le signal d'alerte ne vient pas du médecin.
16:28Le signal d'alerte vient des autres membres de l'équipe.
16:32Elle n'en parle pas du tout.
16:34Enfin, voilà, on perd des choses, mais le signal, il est collectif.
16:38Et là, il n'y a pas de verbalisation d'envie de mourir à proprement parler,
16:45mais vraiment un repli et un refus de soins.
16:48Je vous présente rapidement une deuxième situation clinique.
16:52Là non plus, il n'y a pas de plan suicidaire, pas de moyens évoqués et pas de confusion.
16:57Il y a une rupture brutale d'autonomie, un deuil ancien et une souffrance psychologique réactionnelle.
17:03C'est un monsieur de 75 ans, une fracture de col fémoral, un faible niveau socio-éducatif
17:09et pas d'appui pendant 45 jours, une hospitalisation de plus de 2 mois.
17:13C'est un monsieur qui vit seul, qui n'a pas d'enfant, un frère avec lequel il n'a
17:18plus de contact.
17:19Il était totalement indépendant et autonome et il se retrouve immobilisé à l'hôpital.
17:24Un monsieur qui, contrairement à la passion précédente, lui, est robuste.
17:29Peu d'antécédents, une inconsommation d'alcool, enfin un utilisme chronique totalement sauvrait depuis 2010,
17:36dont il ne parle absolument pas.
17:38Et là, on retrouve aussi dans les traitements, un anxiolytique à demi-villon.
17:44Le psychologue du service intervient non pas pour psychiatriser la situation, mais pour travailler le sens,
17:52travailler sur la perte d'autonomie et l'identité du patient.
17:57Les cliniques réajustent les objectifs, qu'on soit moins dans le qualitatif, mais plus dans la valorisation.
18:04Les aides-soignantes et les infirmières, elles maintiennent le lien, le quotidien et la dignité.
18:09Donc, c'est vraiment un travail collectif.
18:12Là encore, au staff pluridisciplinaire ou dans les transmissions, en fait, on a des notes et le patient, il a
18:18dit à l'aide-soignante de nuit,
18:20et je vais faire comme mon frère et ce frère s'est suicidé.
18:23Le kiné, il lui a dit, moi, on ne va pas me traîner encore comme ça pendant des années dans
18:27un fauteuil.
18:29Peu d'adaptations, on a des difficultés à se projeter lorsqu'il pourra reprendre la marche.
18:35Donc là, c'est une situation qui va être temporaire, d'immobilisation avec une reprise d'appui,
18:41mais il y a quand même cette période d'entre-deux qui est extrêmement difficile.
18:46Il faut croiser, je pense absolument les paroles, sécuriser.
18:51Le CMP, il a été sollicité, il n'a pas été sollicité en urgence, mais comme un partenaire.
18:59C'est anticiper le suivi, faire un relais à la sortie et une continuité des soins.
19:06Travailler avec le CMP, c'est un facteur, une notion majeure de sécurisation,
19:10au même titre que les passages de l'infirmière, du service d'aide à domicile,
19:15avec des bilans sans soins infirmiers et un suivi relationnel.
19:21Donc voilà, dans la rigidité psychologique, on en a parlé tout à l'heure,
19:26on retrouve chez ce monsieur des propos rondondants,
19:28une demande absolument à rentrer chez lui pour aller récupérer son courrier.
19:32tous les matins, il me dit, une sensation d'enfermement.
19:39Donc là, sur les deux situations cliniques, il n'y a pas de verbalisation ni de moyens évoqués,
19:47mais on est sur un risque suicidaire silencieux et passif, et un risque suicidaire masqué.
19:55Donc je reviens sur toute la pertinence du risque suicidaire et de la prise en charge globale.
20:04C'est silencieux, passif, masqué par la dépendance.
20:07Pour moi, le repérage doit être précoce, la parole partagée et la réponse pluriprofessionnelle.
20:32Et donc, je pense que ça m'a...
20:34On voulait dire, voilà, juste un dernier message.
20:37Donc en fait, vieillir, c'est...
20:40Vieillir entre acceptation et adaptation,
20:43c'est faire avec une histoire de vie,
20:46avec les événements traumatiques d'une vie,
20:50c'est faire avec des maladies,
20:52toutes les pathologies, notamment toutes les pathologies chroniques invalidantes,
20:56la douleur, c'est faire avec des pertes successives,
21:00le levage, le pertes de son domicile,
21:03les pertes de son domicile,
21:05et c'est faire aussi avec un environnement socio-familial,
21:08plus ou moins de fauteurs,
21:10plus ou moins de fauteurs,
21:12de la paternité financière éventuellement.
21:14Et quand ces capacités d'adaptation,
21:17elles sont mises à mal, elles peuvent être dépassées.
21:21C'est là, c'est tout ce qui va faire le papier, en fait,
21:24de l'arrivée de la dépression et du risque suicidaire.
21:28Donc, il y a l'intérêt, en fait,
21:32de passer du temps,
21:34d'une écoute bienveillante de nos aînés,
21:37et qu'effectivement, ça prend beaucoup de temps,
21:39et qu'il faut se mettre à l'intérieur,
21:41pour faire un événement.
21:43Si vous avez besoin,
21:45dans les deux dernières,
21:46il y a un dispositif qui existe,
21:48qui s'appelle Allogériatrie,
21:50qui est ouvert à tous les professionnels,
21:52qui prennent en charge des patients âgés,
21:54mais même à des particuliers sur le centre du monde.
21:57Manche.
21:58Il est situé au centre hospitalier de Saint-Loup,
22:02mais il gère, il gère des ailes pour tout le centre Manche.
22:06C'est une plateforme de téléphone expertise.
22:09Vous pouvez avoir un médecin, un infirmier,
22:11donc si vous avez besoin d'un avis, n'hésitez pas.
22:14Il y a bien un dispositif sur le centre Manche,
22:16qui peut avoir des pieds.
22:18qui est en train de se mettre dans la Manche,
22:19avec les deux.
22:21Il va dire,
22:22aujourd'hui,
22:23il va se mettre en place par les deux
22:24qui concerne un avis en santé.
22:27Merci.
22:27Avec le cas clinique,
22:28on va reçu,
22:30pareil,
22:30toujours sur le début de la Manche,
22:32un d'administration des pierres pattes,
22:34qui va faire le lien,
22:35en commun parmi les autres,
22:37et le public qui existe,
22:38dans le cas,
22:39qui s'en rend la place,
22:40comme nous pouvons avoir de la Manche.
22:42des personnes,
22:43au niveau des,
22:44ce qu'on appelait,
22:45les CMS,
22:46qui maintenant s'appellent
22:47les PAS,
22:47qui sont répartis dans l'ensemble
22:48du département.
22:50Il faut prévenir la perte
22:51de phénoménisme,
22:52des gens,
22:54accompagner financièrement
22:55le proche de restrissement
22:56des EHPAD,
22:57et que nous soyons
22:57dans une structure,
23:00ou au CMD,
23:01ou au préalé,
23:01etc.
23:03Je vous fais grâce
23:04à un cas concret,
23:05puisqu'il n'y a rien.
23:07Donc,
23:07vous pouvez faire,
23:09je pense que
23:09précédemment,
23:10l'administration
23:12se confirme
23:13parce que
23:13les gens,
23:13que les policières
23:16de la part,
23:17il n'a pas dit
23:17d'ailleurs,
23:18les proximités
23:20sont
23:2290 décisions légères,
23:23mais la part,
23:25elle n'y est pas répartie
23:25de la drogue
23:26et qui repose
23:28la soignante.
23:28Le soignant,
23:30le médecin,
23:30le médecin,
23:30le médecin,
23:31le médecin,
23:32le médecin,
23:32le médecin,
23:33le médecin,
23:33le médecin,
23:34le médecin,
23:36les médecin,
23:38le médecin,
23:39le médecin,
24:04le médecin !
24:06qui existent depuis plus de 20 ans, et ont mis en oeuvre par le département
24:10et protégé par divers acteurs impliqués dans la vie d'autonomie,
24:14les associations, les communes, les systèmes, les clics s'adressent
24:18les personnels âgés et leurs employés, les professionnels de la géographie,
24:22les personnes âgées, les personnes âgées, les personnes âgées, les personnes âgées, les seigneurs,
24:25et la bénédiction des écoles. L'accueil, l'information et les conseils
24:29s'adressent par l'équipe sur la scène générale et les états.
24:33Il peut y avoir des renseignements pour des questions vulnérables,
24:36c'est-à-dire qu'on n'a pas des activités à la domicile, des portages des repas,
24:39les outils financiers, etc.
24:40On va aller soutenir les équipes, évaluer aussi qui sont prêts,
24:43et repérer les signaux potentiellement imitétants à l'heure.
24:49Vous allez avoir un thème à proposer que ce sera la dépression, le risque suicidaire,
24:56et c'est la personne âgée.
24:58Un film marquant.
24:59À 11h15, vous aurez l'eau.
25:01Justement, vous comprenez.
25:02À 11h30, on rapportera la question du suicide et l'aide à venir,
25:07on regarde une assez faible rencontre des personnes âgées dépressives,
25:13des personnes âgées subsides, des lyons, des repas et des passagers.
25:20Et je vais vous donner une petite immunologie tout à l'heure, parce qu'il faut le temps,
25:24c'est qu'effectivement, une petite présentation, des passagers d'actes,
25:28se passe en train de 6, à 60, à 75 % de ces accès,
25:34pour les hommes, se passe en 2, 6, pour les personnes âgées,
25:38qui sont 15 ans, à 50 % pour les femmes, à 50 % pour les femmes, à 50 % pour
25:46les femmes.
25:48Donc effectivement, c'est une grande partie de cette problématique, je dirais, qui nous échappe.
25:55De l'intérêt aussi de pouvoir travailler, s'appuyer avec les aidants, avec les structures, travailler ensemble.
26:02De l'intérêt aussi, et c'est l'objet de cette journée, de pouvoir sensibiliser,
26:07puisque quand les personnes nous arrivent, bien souvent, elles n'arrivent pas d'elles-mêmes,
26:11mais parce que les proches, les familles ou les intervenants libéraux ont pu se mobiliser
26:18et amener à ce qu'il y ait passage au CNP.
26:23Donc, nos interventions en EHPAD sont assez parlantes sur un certain nombre de freins, de biais,
26:36qui pourraient nous faire passer à côté, effectivement, des facteurs de risque,
26:40des éléments de dépression, des signaux d'alerte, après le passage à alerte,
26:47notamment un certain nombre de confusions.
26:51Confusions entre une tristesse, une tristesse réactionnelle adaptée,
26:57et des choses un peu plus marquées, durables,
27:01qui font parfois occulter des éléments dépressifs, des symptômes dépressifs vrais,
27:07puisqu'il n'est pas toujours anormal d'être triste.
27:11C'est aussi ce qui va parfois permettre de rebondir,
27:15se remobiliser et d'avancer vers des solutions.
27:19Simplement, voilà, l'objet de l'intervention est aussi de ramener des facteurs de contexte.
27:26On parlait tout à l'heure des ruptures, donc il y a le repérage des ruptures.
27:31La temporalité, c'est ce qu'on est dans des choses ponctuelles, isolées,
27:36ou dans des choses plus marquées, qui durent en temps, qui se répètent,
27:40quand il y a eu notamment des antécédents, des facteurs de risque très existants,
27:46des facteurs familiaux.
27:50La croyance aussi qu'on rencontre régulièrement que le symptôme dépressif ou le suicide est un élément de faiblesse,
28:00notamment dans un tissu assez ruralisé, qui peut amener les personnes, l'entourage, à ne pas évoquer, à ne pas
28:11parler, à ne pas solliciter.
28:14La croyance aussi que la dépression, que les pensées morbides sont des choses habituelles, liées uniquement à l'âge.
28:30L'isolement des personnes, on a tout à l'heure cité, effectivement, quand l'environnement de travail n'est plus
28:39là,
28:40quand l'environnement familial s'est distingué, s'est violé, les personnes se retrouvent plus isolées,
28:47donc on va avoir plus de mal à solliciter, venir vers nous.
28:52La confusion aussi avec d'autres états, notamment les états somatiques, ces confusions, notamment,
28:59on l'évoquait tout à l'heure, avec les états démenciels et dégénératifs,
29:03qui vont produire des signes, des symptômes, qui parfois peuvent être assez confusionnants,
29:10que l'on peut confondre.
29:12Donc notre rôle aussi est d'aller explorer ce terrain-là, pour amener un avis,
29:17pour éventuellement déclencher les lus.
29:22Voilà.
29:31Ok.
29:32Je ne sais pas si c'est fini.
29:32Vous pouvez me dire un avisement, ou c'est lui ?
29:33Non, je pense que j'ai fait le...
29:35Ben, on peut déjà faire le nom.
29:42Je vous invite à vous rasseoir, avant de découvrir les dessins de Meila,
29:46on va prendre quelques questions si vous en avez...
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