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C’est l’histoire d’une polémique d’ampleur nationale, partie d’un simple tweet. Depuis plusieurs jours, CNews fait l’objet d’accusations extrêmement graves. Des propos tenus à l’antenne sont qualifiés à tort de racistes par une partie de la classe médiatique et politique. Comment en est-on arrivé là ? Décryptage d’un emballement médiatique et de la fabrique de l’intox.

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00:00C'est l'histoire d'une polémique d'ampleur nationale, partie d'un simple tweet.
00:04Depuis quelques jours, CNews fait l'objet d'accusations extrêmement graves.
00:08Des propos tenus à l'antenne sont qualifiés à tort de racistes par une partie de la classe médiatique et
00:13politique.
00:14Alors, comment en est-on arrivé là ?
00:16Décryptage d'un emballement médiatique et de la fabrique de l'intox.
00:23La cabale médiatique lancée contre CNews repose sur des procédés de manipulation et de désinformation.
00:29Avec un seul but, décrédibiliser la chaîne en l'accusant de racisme.
00:34Ce qu'il faut comprendre, c'est comment fonctionnent les mécanismes de la désinformation.
00:38Alors, la méthode est toujours la même.
00:40Il s'agit d'abord de prendre un bout de phrase hors contexte pour changer le sens de ce qui
00:44a été dit.
00:45Une fois que c'était fait, il faut recontextualiser le propos dans un nouveau contexte.
00:49Et quel est le contexte ici ?
00:50C'est le préjugé qui existe à gauche, comme quoi CNews serait une chaîne raciste, xénophobe, tout le tralala, toutes
00:55les insultes qu'on connaît.
00:57Dès lors qu'on prend ce propos décontextualisé, quand on le lance à tous, on dit « voilà un propos
01:02raciste, voici la preuve »,
01:04sachez que c'est un propos raciste, la machine est lancée, il y a un effet viral presque inévitablement,
01:09parce qu'il y a un besoin de s'agréger à la communauté des indignés du moment.
01:14Ces méthodes, utilisées ces derniers jours, vont déclencher une vive controverse.
01:21Tout commence le vendredi 27 mars. Il est 22h33 sur le plateau de CNews.
01:27Le docteur en psychologie Jean Dorido analyse la politique particulièrement controversée du nouveau maire et les filles de Saint-Denis,
01:33Bali Bagayoko, qui a appelé les agents municipaux à faire allégeance après son élection.
01:38Pour reconnaître que les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent « en fait, il y a une commande
01:41politique ».
01:42Celles et ceux qui ne sont pas en phase avec le programme politique, forcément, ils partiront.
01:45Pour appuyer son propos, il évoque la très célèbre théorie darwinienne,
01:49selon laquelle l'homme appartient au règne des mammifères.
01:53C'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands
01:59singes.
02:00Et par conséquent, dans toute collectivité, il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité.
02:10Dans son intervention, Jean Dorido prend soin d'inclure l'ensemble de l'humanité en utilisant le pronom « nous
02:16».
02:17Nous sommes des mammifères sociaux.
02:18La théorie darwinienne de l'évolution, Jean Dorido a pour habitude de l'évoquer régulièrement lors de ses interventions médiatiques,
02:26sans que cela ne choque personne.
02:27Quand vous regardez ce qui se passe chez nos cousins de la famille des grands singes.
02:32Comme nos cousins, les grands singes.
02:34Mais quelques minutes plus tard, à 23h34,
02:38un extrait de cette séquence, coupée de son contexte, commence à circuler sur les réseaux sociaux.
02:43C'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux.
02:48Le compte X Alerte Info, suivi par plus de 800 000 abonnés, publie une vidéo d'environ une minute.
02:55Le message est sans ambiguïté.
02:58Le nouveau maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, a été comparé à un singe sur CNews.
03:04Une accusation extrêmement grave, relayée massivement en ligne.
03:08Pourtant, ce compte, malgré son nom, n'est pas un média d'information reconnu.
03:12« Alerte Info » qui, sur l'apparence, peut passer pour un compte traditionnel,
03:17presque un média d'information pur et dur.
03:19Sauf qu'en fait, on le sait, c'est un compte militant.
03:23Il s'agit d'une plateforme digitale, engagée politiquement.
03:28Derrière ce compte, un jeune homme de 25 ans, prénommé Moussa,
03:31qui publie régulièrement des contenus à caractère militant,
03:34avec des propos pour le moins virulents.
03:37Le RN est un parti de nazis.
03:40« Je rêve d'un monde sanctionniste. »
03:43Moussa, tweet, il fait une intention de communication pour faire du mal aux opposants.
03:48Ce qui pose problème, c'est que cette action de communication,
03:51elle va être reprise à valeur d'information, sans conditionnel, par du média mainstream.
03:59Dans la nuit, la polémique prend de l'ampleur.
04:02À minuit 2, en direct sur CNews, le journaliste Olivier de Quai-Renfleck
04:07décide de faire une mise au point en redonnant la parole à Jean Dorido.
04:10Il y a des comptes, visiblement propagandistes, qui sont prêts à toutes les ignominies
04:15pour manipuler les foules et vous faire dire des choses que vous n'avez absolument pas dites.
04:21CNews, ils scrutent les réseaux sociaux en permanence, forcément,
04:23et ils ont vu que c'était en train de s'emballer.
04:25Et donc, ils sont parvenus sur les propos.
04:28Ils ont tenu à les nuancer un peu plus et à les recadrer.
04:31On dit sur les réseaux sociaux que vous auriez comparé le maire de Saint-Denis à un singe.
04:37Absolument pas.
04:38Mais la vérité, c'est que c'est trop tard.
04:40Je vais vous dire une chose.
04:41Dès lors que les réseaux sociaux s'emparent dans le sujet, c'est foutu.
04:44C'est terminé.
04:49Dès le lendemain, la polémique prend une nouvelle ampleur.
04:52À 7h01, la députée LFI Mathilde Panot
04:55relaie à son tour l'extrait diffusé la veille par le compte Alerte Info.
04:59Sur ses réseaux sociaux, elle interpelle directement ses abonnés.
05:03Sur CNews, le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko,
05:05est comparé à un singe et à un chef de tribu.
05:08Je saisis l'arcomme.
05:09Ce racisme crasse et décomplexé est intolérable.
05:12Soutien total à Bali Bagayoko.
05:14Le racisme est évidemment odieux.
05:15Et tout le travail politique des propagandistes
05:18consiste à assimiler au racisme leurs adversaires,
05:22même s'ils ne sont pas racistes.
05:24Si on réussit à coller à quelqu'un l'étiquette raciste,
05:27ça crée un halo d'infréquentabilité autour de cette personne.
05:30Donc personne ne voudra se porter à la défense de celui qui est accusé de racisme
05:35parce que celui qui se porterait à sa défense serait raciste lui-même.
05:38Donc c'est ainsi que ce sont des mécanismes de fabrication du paria,
05:41comme il y en a tant et bien au-delà de ce qui s'est dit ces derniers jours.
05:45Donc on connaît le jeu par cœur.
05:46Dans les heures qui suivent, plusieurs personnalités politiques de gauche
05:50relaient à leur tour cette accusation sur les réseaux sociaux.
05:53La machine est définitivement lancée.
05:56Tous les autres députés du parti et même de la gauche,
05:58pas que l'extrême-gauche, vont s'emparer du sujet.
06:01Et parce qu'on leur offre aussi la possibilité
06:03de surtout pas parler de leurs problèmes à eux.
06:05Les réseaux sociaux, c'est aussi un lieu de surveillance généralisé.
06:08Donc on regarde qui a retweeté, mais surtout qui n'a pas retweeté.
06:11Qui a liké, mais qui n'a pas liké.
06:13Et d'ailleurs, celui qui n'a pas retweeté
06:15se rend coupable en fait de délits de silence.
06:19C'est là-dessus qu'il faut s'interroger.
06:21Ça part d'un tweet qui est militant de communication
06:24et il est instantanément traité
06:26comme si c'était de l'information pure et dure.
06:29À la mi-journée sur CNews,
06:31une nouvelle séquence va alimenter la controverse.
06:34Alors que Laurence Ferrari interroge le philosophe Michel Onfray
06:38sur l'usage du terme allégeance par Bali Bagayoko
06:41pendant son premier conseil municipal à Saint-Denis.
06:43Lorsque le résultat tombe, nous faisons allégeance.
06:47Alors le mot allégeance, il est quand même très fort en symbolique Michel Onfray.
06:51La bande a gagné, donc la bande va imposer sa loi.
06:53Mais ça, c'est très tribal.
06:54On fait l'allégeance au mal dominant.
06:56Ce monsieur n'est pas un mal dominant, enfin, je ne le sache pas.
06:59Les propos du philosophe vont une nouvelle fois être sortis de leur contexte
07:02et remodelés pour faire encore un peu plus gonfler
07:05cette polémique mensongère.
07:08À 14h07, un compte X sous le pseudonyme Philippe Duval
07:12publie un extrait de 18 secondes,
07:14issu d'une séquence de plus de 2 minutes 30.
07:17Une publication rapidement relayée par plusieurs élus de la France insoumise.
07:22On voit qui tentent de récupérer, c'est des gens qui sont invisibilisés,
07:26qui ne comptent même plus dans le débat, dont l'opinion n'existe plus
07:29et qui vont aller s'emparer du sujet.
07:31Ils ne sont pas plus indignés que les autres.
07:33C'est une opportunité pour eux d'exister.
07:34C'est tout.
07:36Des prises d'opposition qui interrogent au regard des déclarations passées
07:40de leur chef, Jean-Luc Mélenchon,
07:42qui a récemment tenu des propos controversés
07:44que certains pourraient qualifier de racisme anti-blanc.
07:46Il y a bien fallu qu'il y en ait un jour un ou une qui se mette debout sur
07:50ses pattes
07:50à l'autre bout du continent africain
07:52pour qu'à la fin, ici, vous soyez en train de faire les malins,
07:55tout blanc, tout moche que vous êtes.
07:56Dans cet emballement médiatique,
07:58il faut souligner le rôle prépondérant joué par le service public de l'audiovisuel
08:02et en particulier de ces stations de radio
08:04qui s'emparent de l'affaire dès le week-end.
08:06Mais c'est véritablement le lundi matin
08:08que France Inter va déployer toutes ses forces contre CNews.
08:11À 7h40, le journaliste Patrick Cohen y va de son commentaire.
08:16La République est-elle davantage menacée par ses clameurs
08:19que par les saillis racistes répétés contre le maire de Saint-Denis,
08:22Bali Bakayoko, répandus antennes ouvertes ?
08:25Quelques minutes plus tard,
08:27Benjamin Duhamel reçoit Bali Bakayoko
08:29et le fait immédiatement réagir à cette affaire.
08:32Je voudrais d'abord vous entendre sur ce qu'il s'est passé ce week-end.
08:34Vous avez annoncé vouloir porter plainte
08:36après des propos jugés racistes tenus sur CNews.
08:39Je suis insulté avec des propos racistes.
08:41Quand le nouveau maire de Saint-Denis est reçu sur France Inter,
08:45le conditionnel n'existe plus.
08:46Le racisme, il est sûr et certain.
08:48Il n'y a pas de débat autour de ça.
08:50Dans la foulée, l'humoriste Bertrand Chameroy
08:53en remis une couche dans sa chronique.
08:54Monsieur le maire, j'imagine que ça ne doit pas être
08:56des plus agréables d'être la cible de CNews.
08:59Au cours de cette tribune offerte par France Inter,
09:02le maire de Saint-Denis s'insurge
09:03contre l'absence de réaction du gouvernement
09:05et appelle à des sanctions contre CNews.
09:07Mais ce qui est plus scandaleux,
09:09c'est qu'au moment où ça se fait,
09:11il n'y a aucune condamnation au niveau y compris de l'Elysée.
09:14Il va demander l'organisation d'une manifestation.
09:18Il faut que ça devienne pour eux un événement national.
09:21C'est la raison pour laquelle, le 4 avril prochain,
09:23nous appelons notamment un grand rassemblement
09:24devant la mairie de Saint-Denis et Pierre-Phil-sur-Selle.
09:26Donc cette interview politique sur France Inter
09:30va, mine de rien, continuer d'amplifier la polémique.
09:36Cette affaire vire à l'obsession pour Radio France.
09:38Les deux principales antennes du groupe
09:40l'évoqueront à plus de cinq entreprises
09:42au cours de leurs différentes émissions
09:44en l'espace de seulement quatre jours.
09:46Ce qui est certain, c'est qu'en quelques heures,
09:49ça devient la polémique du moment.
09:50Le critère du vrai est sacrifié.
09:52Le critère du vrai est laissé de côté
09:55dans ces polémiques comme dans tant d'autres.
09:58Le critère du vrai, certaines chaînes de télévision
10:01l'ont également laissé sur le bas-côté
10:02et ont, elles aussi, largement alimenté la polémique.
10:06Lundi soir sur TMC,
10:08Quotidien s'en est donné à cœur joie
10:10en y consacrant deux séquences de l'émission.
10:12La chaîne d'information CNews a-t-elle basculé ce week-end
10:15dans le racisme décomplexé ?
10:17On a Jean-Michel Apathy, que tout le monde connaît bien,
10:19et Julien Belvert, qui ont consacré, je crois,
10:22à eux deux près de 12 minutes sur le sujet.
10:24Ce qui s'est dit sur le plateau de CNews
10:27a été entendu comme ça devait l'être,
10:29des propos racistes.
10:31De son côté, la chaîne France Info
10:33s'inscrit également dans cette séquence.
10:35La journaliste Sonia Chironi
10:37évoque à deux reprises, en l'espace de deux jours,
10:39les accusations visant CNews.
10:41Un certain nombre de propos ont été tenus
10:44sur une chaîne de télévision
10:45comparant le candidat à des singes.
10:48Le nouveau maire LFI de Saint-Denis,
10:50Bali Bagayoko, a annoncé son intention
10:52de porter plainte après des propos
10:54polémiques, assimilant l'édile
10:57à un chef de tribu et à un grand singe.
11:01Le dernier épisode de cette controverse
11:03se déroule le mardi 31 mars
11:05à l'Assemblée nationale.
11:07Lors de la séance des questions au gouvernement,
11:10plusieurs députés de gauche
11:11interpellent l'exécutif exclusivement
11:13sur cette affaire.
11:14Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
11:16reprend alors les propos
11:17qu'il avait déjà tenus la veille sur RTL.
11:19Les propos qui ont été tenus
11:21par certains éditorialistes,
11:23chroniqueurs de la chaîne CNews,
11:26ne nous ont pas échappé non plus.
11:27Ce sont des propos qui sont ignobles,
11:29inacceptables,
11:30et je les ai dénoncés
11:31dès hier, dès hier matin,
11:34sur RTL.
11:35J'ai trouvé ces attaques ignobles,
11:37ignobles, voilà,
11:38nous sommes ici,
11:39nous sommes en France.
11:40Le ministre de l'Intérieur,
11:41si on regarde bien la séquence,
11:42il est sans nuance.
11:43Il parle de propos ignobles,
11:46donc il n'y a pas de débat.
11:47Il qualifie, il juge et il condamne,
11:50et donc il faut forcément
11:51qu'il y ait sanctions derrière.
11:53Et selon Laurent Nunez
11:55et le Premier ministre Sébastien Lecornu,
11:57des sanctions contre CNews
11:58seraient même à l'étude.
12:00Alors évidemment,
12:01ces propos qui sont inacceptables
12:03peuvent relever,
12:04peuvent relever d'incriminations pénales.
12:06Le maire de Saint-Denis,
12:07dès lors qu'il aura porté plainte,
12:08je demanderai au préfet de Seine-Saint-Denis
12:10de se constituer partie civile à ses côtés,
12:12car une fois de plus,
12:14le racisme n'est pas une opinion.
12:17Mais mercredi à 8h47
12:19sur la chaîne France Info,
12:21début de rétro-pédalage
12:22de la part de Laurent Nunez
12:23qui nuance ses déclarations
12:25face à l'ampleur prise par la polémique.
12:27Est-ce que vous avez fini d'étudier
12:29la possibilité ?
12:30Est-ce que ce matin sur France Info,
12:31vous nous annoncez une décision ?
12:32Est-ce que vous vous engagez ?
12:33Non, non, on est...
12:33On est toujours en train de regarder.
12:35Le plus important,
12:35c'était vraiment de condamner
12:36très fermement ses propos,
12:38qui encore une fois,
12:39voilà, sont ignobles,
12:40ses comparaisons
12:42qui ne sont pas faites directement,
12:44qui sont faites indirectement
12:45de manière allusive.
12:46Mais enfin voilà,
12:46ça nous parlait...
12:47Moi, en tout cas,
12:47ça me paraissait assez clair,
12:48il fallait le condamner très fermement.
12:50De son côté,
12:50Bali Bagayoko
12:52multiplie les interventions médiatiques
12:53et appelle à la suppression de CNews
12:55suite à cette polémique.
12:56Est-ce que nous sommes obligés
12:57d'avoir une offre médiatique
12:59avec des chaînes racistes
13:01comme CNews et d'autres ?
13:02Moi, je dis que non.
13:03Mais les suspendre,
13:04c'est parfaitement quelque chose
13:06qui est dans nos possibilités,
13:09y compris dans les possibilités
13:09de l'État en tant qu'elle.
13:11En quelques jours,
13:13cette séquence sera illustrée
13:14la rapidité
13:15avec laquelle une polémique
13:16visant à déstabiliser une chaîne
13:18peut émerger,
13:19se diffuser,
13:20puis évoluer dans l'espace public.
13:22À un an de l'élection présidentielle,
13:24ce type de controverse
13:25pourrait continuer
13:26à rythmer le débat médiatique
13:28et politique.
13:29Sous-titrage Société Radio-Canada
13:30Sous-titrage Société Radio-Canada
13:32Sous-titrage Société Radio-Canada
13:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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