00:00Le regard, c'est celui que j'ai porté avec vous dimanche dernier.
00:03Je pense que M. Bakayoko a habilement et intelligemment utilisé cette semaine pour devenir une vedette.
00:10Il s'est victimisé et il a utilisé des fautes qui ont été commises ou des expressions maladroites.
00:16Il les a montées en épingle.
00:18Et ce qui est intéressant, c'est qu'au lieu d'avoir le débat sur le bilan des élections municipales
00:21pour son organisation,
00:24qui n'est pas bon,
00:27d'avoir aussi un jugement à porter sur les premières mesures qu'il est en train de prendre,
00:31savoir dans quel sens elles vont, qu'est-ce qui se passe dans la ville,
00:35on aura une manifestation antiraciste demain qui va se dérouler et lui va être la vedette.
00:41Donc moi, j'invite tout le monde à savoir raison garder dans cette affaire-là.
00:45Parce que d'abord, il y en a pour un an.
00:47Il y a toute une campagne présidentielle qui va se dérouler.
00:49Il faut faire attention.
00:52On est dans un monde dans ce moment où il y a des mots valises qui ne veulent plus rien
00:56dire.
00:56Le mot raciste est utilisé n'importe comment.
00:58Le mot fasciste est utilisé n'importe comment.
01:00Et donc, on ne sait plus où on en est.
01:02Et face à toute une génération qui n'a pas forcément toute l'éducation politique nécessaire,
01:09tout part, tout s'enflamme.
01:11Tout devient...
01:12Alors, il y a les bons, il y a les méchants.
01:13Il faut se situer par rapport aux bons, aux méchants.
01:15Si vous êtes à CNews, vous êtes forcément un méchant.
01:17Donc, vous êtes forcément le raciste qui cautionne tout le reste.
01:20Et si vous n'êtes pas à CNews, vous êtes fortement un gentil qui, lui, doit tout se permettre.
01:24Voilà.
01:25Et la tristesse, c'est que c'est l'incapacité, l'impossibilité de pouvoir désormais échanger,
01:30parfois, d'avoir une possibilité du contradictoire.
01:33Les portes, elles sont grandes ouvertes ici, je l'ai toujours dit.
01:36Il y a une liberté de parole totale.
01:38Il y a évidemment aussi une volonté d'avoir toutes les opinions.
01:41Et donc, j'invite une nouvelle fois M. Baliba Gayoko à venir sur le plateau
01:45pour parler de Saint-Denis, pour parler de ses projets, de ses premières mesures.
01:50Vous avez entièrement raison, surtout que la semaine dernière,
01:52ses premières mesures étaient au cœur de polémiques,
01:55notamment voulant désarmer partiellement la police municipale,
02:00ses propos contre les agents municipaux de Saint-Denis qui seraient en désaccord avec ses idées,
02:05ou encore la question du logement.
02:07Mais nous en parlerons dans quelques instants.
02:09Ce qui est sidérant aussi dans la semaine que nous venons de vivre,
02:11c'est le mariage qu'il y a pu avoir entre l'extrême gauche et l'extrême centre,
02:16face à ce qu'il considère être peut-être un adversaire à un nom de la présidentielle.
02:21Ça s'est fait peur pour la liberté d'expression,
02:24qui est un média qui a le malheur de parler du réel.
02:28Oui, cette semaine, on a en effet assisté au mariage entre la France insoumise et la caste médiatique,
02:33c'est-à-dire qu'il y avait un double objectif entre ces gens-là.
02:37D'abord, ils voulaient se payer ses news, ça on l'a bien vu,
02:39ils voulaient s'en prendre à la chaîne, la chaîne qui est première chaîne d'information,
02:42qui traite un certain nombre de sujets différemment des autres médias,
02:46qui a une tonalité, une patte qui est différente de la leur,
02:48et on sait que ça les dérange, ça les dérange depuis des années.
02:51Donc ça, on le savait, ils voulaient se payer ses news,
02:53et à chaque fois qu'ils peuvent en avoir l'occasion,
02:55ils montent en épingle, ils construisent de toutes pièces des polémiques, ça on le savait.
02:59La deuxième chose, c'est une diversion absolument dingue.
03:01C'est-à-dire que qu'est-ce qu'on a vu ces dernières semaines ?
03:03On a vu un candidat à la présidentielle faire des jeux de mots antisémites.
03:08On a vu un candidat à la présidentielle qualifier des journalistes,
03:11de 100% frontière, de rats crevés et de moustiques qu'il fallait capturer.
03:16On a vu, dans l'actualité extrêmement récente,
03:18une députée être arrêtée possiblement avec de la drogue dans son sac.
03:21On a vu un maire, ce qu'elle conteste évidemment,
03:24mais ce que ne conteste pas pour l'instant le parquet.
03:27On a vu un maire, nouvellement élu,
03:30humilier ses opposants, des maires humilier leurs opposants,
03:33que ce soit à Creil, où je vous rappelle que l'ancienne maire sortante PS
03:36a été qualifiée de mécréante.
03:38On a vu la mairie de Fresnes attaquée par des hordes de racailles
03:42qui sont aujourd'hui sous contrôle judiciaire.
03:44Et qu'on a vu un maire, monsieur Bakayoko en l'occurrence,
03:46être attaqué et ciblé sur des positions politiques.
03:49Quand la première mesure, c'est de supprimer les LBD,
03:53de désarmer la police et de demander aux agents municipaux
03:56de faire allégeance à sa politique,
03:58ça mérite d'être critiqué, ça mérite d'être ciblé
04:01et ça mérite seulement un débat.
04:02Mais ça, ils ne le veulent pas.
04:03C'est pour ça qu'il faut une diversion.
04:04Ce qui est là aussi sidérant, Arnaud Benedetti,
04:07mais ça n'est pas nouveau,
04:08c'est qu'il y a des séquences
04:11qui ont été sorties complètement de leur contexte.
04:14Et d'ailleurs, samedi dernier,
04:17lorsque j'ai eu Michel Onfray en direct,
04:20je lui ai dit à Michel Onfray,
04:21est-ce que vous pouvez préciser, prolonger vos propos,
04:25puisque de bonne foi, des milliers,
04:27voire des dizaines de milliers de personnes
04:29ont peut-être vu votre séquence
04:30sans pour autant voir toute l'émission
04:32et ont pu de bonne foi être heurtés
04:35par ce qui s'est dit.
04:35Le poids des réseaux sociaux,
04:37de ces comptes qui sont parfois proches
04:39de partis politiques,
04:40ça aussi, ça a un impact très important
04:43sur le système médiatico-politique
04:45qui s'est mis en branle toute la semaine.
04:47Vous savez, le processus de décontextualisation
04:49des paroles des politiques et des paroles publiques,
04:51il n'a pas commencé avec les réseaux sociaux,
04:53ça a toujours existé.
04:55En fait, on va, d'une certaine manière,
04:57sortir un bout de phrase
04:59pour en faire un objet de polémique politique
05:01qu'on va retourner contre ceux
05:03qui émettent cette phrase.
05:04Le problème dans cette affaire,
05:05je suis d'accord qu'il y a une volonté
05:06de diversion, en effet, du maire de Saint-Denis,
05:08d'autant plus qu'il crée une polémique,
05:10puisqu'il faut quand même rappeler
05:11la cause racine, finalement,
05:13de ce qui entraîne le commentaire médiatique
05:16à son encontre,
05:17c'est les propos qu'il tient
05:18sur les agents municipaux de Saint-Denis
05:21qui l'appellent à beaucoup plus
05:24que de la loyauté, d'ailleurs.
05:26Il les appelle carrément, d'une certaine manière,
05:28à soutenir sa politique,
05:29ce qui n'est pas sans poser de problèmes.
05:31– Il en prend la formule de faire allégeance.
05:32– Oui, il parle d'allégeance.
05:33– En liant, il dit « je suis issu du monde du sport »,
05:36quand on perd, on fait allégeance.
05:37– Après, il y a un autre sujet.
05:38Je pense qu'on rentre dans un contexte
05:41où il faut être très prudent,
05:43compte tenu, il faut être très prudent
05:45avec sa parole,
05:46sa parole médiatique et sa parole publique.
05:48Parce que, finalement,
05:49tout peut vous être reproché aujourd'hui
05:51dans un contexte où, d'abord,
05:53la sensibilité sur les mots
05:54est beaucoup plus grande aujourd'hui
05:56dans nos sociétés qu'elles ne l'étaient
05:58il y a encore 40 ans ou 50 ans.
06:01Ça, c'est quand même une…
06:02Moi, je suis enseignant,
06:03donc je le vois bien.
06:04Je veux dire, lorsque j'enseigne,
06:05on fait quand même attention
06:05à ce que l'on dit
06:06quand on parle à nos étudiants.
06:08On ne parle plus exactement
06:10comme on parlait il y a 30 ans ou 40 ans.
06:12Je ne dis pas que c'est bien
06:12ou que ce n'est pas bien.
06:13– Vous allez vous dire tant mieux,
06:14d'ailleurs, dans certains cas.
06:15– Je dis que c'est une réalité
06:16avec laquelle il faut faire.
06:20Donc, je crois qu'aujourd'hui, en effet…
06:21Alors, après, vous avez les réseaux sociaux,
06:23mais les réseaux sociaux,
06:23si vous voulez, ils accélèrent le processus.
06:25– Oui, c'est un processus.
06:26– Ils le densifient, ils l'ossifient.
06:28Enfin, bon, Julien Dré est présent sur ce plateau.
06:30Il sait bien qu'il y a 30 ans, 40 ans,
06:31il y avait des polémiques aussi médiatiques
06:33qui existaient et qui, par quoi,
06:36faisaient autant de bruit
06:37que celles que l'on connaît aujourd'hui.
06:39Sauf qu'en effet, c'est beaucoup plus rapide,
06:41c'est beaucoup plus électrique
06:42et c'est encore plus hystérique
06:44que ça l'était il y a 30 ou 40 ans.
06:46– Non, mais bon, pour aller…
06:48J'essaye de résumer mon propos.
06:49D'abord, évidemment, c'est d'une pierre deux coups
06:51puisqu'il s'agit évidemment de profiter
06:54de propos qu'on peut juger comme on veut
06:56comme peut-être l'a dit Julien Maladroit
06:58mais qui, à mon sens, ne sont pas du tout racistes
07:00et surtout, je connais les deux personnes en question
07:02et ça, je sais, pour avoir été aussi en débat
07:05avec les uns, avec les autres,
07:07c'est des gens où ce n'est pas du tout leur univers mental.
07:11Donc, vraiment, ça, c'est la première chose.
07:15Mais on essaye en même temps de dissuader
07:18et ça m'inquiète un peu quand Arnaud nous dit ça
07:20parce qu'on essaye en même temps de dissuader à l'avance.
07:23Toute critique, si vous voulez,
07:25de même que toute critique contre une femme
07:26peut vous valoir l'accusation de sexisme,
07:30est-ce que toute critique contre quelqu'un
07:32qui serait noir ou quoi que ce soit
07:34va vous valoir aussi l'accusation de racisme ?
07:36Ça, c'est quand même très compliqué.
07:38Deuxièmement, la guerre menée par le service public, notamment.
07:42Alors, après tout, nous aussi,
07:44on mène un combat idéologique.
07:45Moi, ça ne me dérange pas,
07:47même si le service public a d'autres obligations que les nôtres.
07:50Mais, à la limite, pourquoi pas ?
07:52Si c'était à la loyale, si vous voulez.
07:55Mais moi, je revois ces phrases.
07:56Comparer et répéter en boucle.
07:58Comparer à un grand singe.
08:00Évidemment que ces propos seraient dégoûtants.
08:02Et enfin, troisièmement,
08:04si vous voulez, ça, c'est vraiment...
08:05Ça, c'est cerise sur le gâteau.
08:07Ils prennent deux propos.
08:09Voilà, ils veulent les attaquer en justice.
08:11Très bien, ils les attaquent en justice.
08:12Est-ce une raison pour des gens qui détestent les amalgames
08:16pour décider d'un coup que vous êtes tous...
08:20Qu'il n'y a que des coupables,
08:21que tous les propos sont les mêmes ?
08:24Enfin, c'est quand même tout à fait incroyable.
08:26Et enfin, l'action du gouvernement.
08:28J'ai entendu dans le reportage
08:30que des sanctions seraient à l'étude.
08:32Alors, excusez-moi, dans un état de droit,
08:34dans nos gargaraisons,
08:36les sanctions, et surtout contre des médias,
08:39elles ne sont pas prises par le gouvernement,
08:41elles sont prises par la justice,
08:42et malheureusement par l'Arcum,
08:43mais en tous les cas, pas par le gouvernement.
08:45Merci.
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