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La France a réuni un G7 avec les ministres des Finances, ceux de l'Énergie et les responsables des banques centrales, un format inédit face à l'ampleur de la crise et pour échanger sur les répercussions économiques liées à la guerre au Moyen-Orient. À l'issue de la réunion, les ministres se sont dits "prêts à prendre toutes les mesures nécessaires avec leurs partenaires pour préserver la stabilité et la sécurité du marché de l'énergie", et ont appelé à une action internationale coordonnée pour limiter les effets de contagion. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, ministre déléguée chargée de l'Énergie, qui était présente à cette réunion.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 30 mars 2026.
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00:01L'invité d'RTL Soir
00:04Notre invité, la ministre de l'énergie et la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon. Bonsoir.
00:09Bonsoir à tous.
00:10Vous avez participé à un G7 cet après-midi consacré à l'énergie et organisé par Paris. On va y
00:16revenir.
00:17Mais d'abord, ce matin, les routiers ont organisé une opération escargot sur le périphérique parisien
00:22pour réclamer des aides face à la hausse des prix des carburants.
00:25Alors vendredi, le gouvernement avait débloqué déjà des aides.
00:28Une aide de 20 centimes par litre de gazole pour les petites et moyennes entreprises des transports.
00:32Eux, ils estiment que c'est 50 centimes qu'il faudrait effectivement.
00:36La hausse du gazole a atteint 50 centimes. Est-ce que c'est hors de question ?
00:40D'abord, on comprend parfaitement la difficulté des secteurs des transports, des agriculteurs, des pêcheurs.
00:46On a fait une première vague de mesures qui permettraient de répondre aux problèmes de trésorerie
00:50avec des étalements de charges sociales et fiscales.
00:54On a fait une deuxième série de mesures qu'on a annoncées vendredi dernier.
00:58Avec effectivement une aide pour les transporteurs les plus en difficulté de 20 centimes par litre,
01:03c'est 50 millions d'euros.
01:05Ce n'est pas rien.
01:06Et ça a un objectif.
01:09C'est de passer le cap de cette période difficile pour, encore une fois, les secteurs concernés.
01:15Donc, on est à leur côté.
01:17Le Premier ministre l'a dit, ce n'est pas pour solde de tout compte.
01:19Non.
01:19Alors, justement, parce qu'on a appris aujourd'hui que, par exemple, le litre de gazole avait encore pris 8
01:25centimes la semaine dernière.
01:26Et l'aide que vous avez annoncée, elle est uniquement pour le mois d'avril.
01:30Est-ce qu'elle sera reconduite en mai, si les prix sont stables ou continuent à augmenter ?
01:34Elle pourrait l'être.
01:35Il y a une immense volatilité.
01:37Une immense volatilité.
01:38Mais, justement, on donne des conditions.
01:39Si le prix reste aussi élevé qu'aujourd'hui.
01:41On voit bien, Anne-Sophie Lapix, que fonction des paroles de M. Trump,
01:45le baril de Brent peut prendre 10 dollars et puis en perdre 15 dans l'espace de 24 heures.
01:50Non, mais les entreprises ont besoin de se projeter.
01:51C'est pour ça.
01:52Est-ce que si le prix reste à ce niveau-là, c'est renouvelé ?
01:54On sera aux côtés des secteurs les plus en difficulté, comme nous l'avons toujours été.
02:00Cette première série de mesures, elle vise le mois d'avril.
02:03Et puis, ensuite, nous ferons le point.
02:05On espère tous que cette guerre se termine le plus rapidement possible.
02:10Si ça n'était pas le cas, je le redis, nous serons aux côtés des secteurs économiques.
02:14Et pourquoi ? Parce que derrière, c'est les emplois des Français.
02:16Vous dites que ça va être renouvelé, en gros, si ça ne peut pas.
02:19C'est leur salaire.
02:19On ne laissera pas d'entreprises sur le carreau.
02:23Et on sera extrêmement vigilants à ne pas avoir des fermetures en casquette
02:28qui, encore une fois, mettraient à mal l'économie de notre pays
02:31et mettraient à mal l'emploi des Français.
02:32Mais là, ce soir, vous pouvez vous engager et dire que ce sera renouvelé
02:37si les prix n'ont pas baissé d'un centime, voire augmenté.
02:41Encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal.
02:42Personne ne sait dire...
02:43Non, mais là, je pose des conditions.
02:45Je vous donne un exemple qui est très concret.
02:48Ce que je peux, en revanche, vous dire, c'est qu'on a réagi immédiatement
02:51pour apporter des réponses à la trésorerie et pour avoir des aides ciblées.
02:55Ça vaut pour les transporteurs, ça vaut pour les pêcheurs, ça vaut pour les agriculteurs.
02:59Et le Premier ministre s'est engagé, encore une fois, à, si c'était nécessaire,
03:05continuer à être à leur côté.
03:06Justement, pour les agriculteurs, puisque vous évoquez leur cas,
03:08là, c'est l'abandon d'une taxe sur le carburant, droit d'assise.
03:12Ça fait 4 centimes le litre, alors que la hausse de leur carburant,
03:16le gazole non routier, est de 60 centimes en un mois.
03:19Le vice-président de la FNSEA parle, excusez-moi l'expression, de foutage de gueule.
03:24Comment avez-vous fait votre calcul pour les agriculteurs ?
03:26D'abord, on détaxe complètement le gazole non routier,
03:30le GNR qui est utilisé par les agriculteurs,
03:33c'était déjà très peu taxé, on le détaxe complètement.
03:37Et là encore, je vous renvoie aux propos du Premier ministre,
03:40c'est une première série d'aides.
03:42On ne s'interdit pas, on ne s'interdit pas d'aller plus loin
03:46si la situation s'empire.
03:48C'est-à-dire d'augmenter ou de prolonger l'aide ?
03:51Les deux.
03:53Et on ne laissera personne sur le carreau.
03:54Mais je dois juste prendre quelques secondes
03:57pour porter une parole qui n'est pas forcément très populaire,
04:01mais qui, à mon avis, est assez responsable.
04:03Nous avons eu aussi une exigence sur le déficit public
04:06et sur les finances de l'État.
04:08Et tout ce qu'on déverse comme aide à l'instant T,
04:13ce n'est pas de l'argent gratuit, ça ne tombe pas du ciel.
04:15Bien sûr.
04:16Et si on ne veut pas que les citoyens paient demain
04:19ce que les consommateurs n'ont pas payé aujourd'hui,
04:21on doit aussi avoir cette vigilance.
04:23Alors justement, puisque vous parlez de payer aussi pour les citoyens,
04:28Thierry Cotillard, qui est le patron d'Intermarché,
04:30disait lui-même que pour les agriculteurs,
04:32ce qui est embêtant, c'est qu'il y a effectivement
04:33la hausse des prix du carburant et celle du gaz,
04:35et donc il y a des répercussions sur le prix des engrais.
04:38Et il s'attend à ce que les agriculteurs lui demandent
04:41de répercuter la hausse de leurs coûts dans les prix de vente.
04:43Il est là le début de l'engrenage vers l'inflation ?
04:47Écoutez, nous on sera là encore extrêmement vigilants
04:50à la réalité de la situation, des situations,
04:53que vivent les agriculteurs,
04:55à ce que disent les industriels et à ce que disent les distributeurs.
05:00Parce que les agriculteurs, il y a le côté des engrais aussi.
05:01Il est aujourd'hui trop tôt pour prendre ce type de décision.
05:06Vous avez laissé entendre que d'autres professions seraient aidées,
05:08alors ça pourrait être les taxis, les aides à la personne,
05:12les infirmières libérales ?
05:13On sait que les infirmières libérales, par exemple,
05:15font face à de réelles difficultés,
05:17et donc on réfléchit à des dispositifs
05:20qui là encore pourraient être mis en oeuvre.
05:21Il y a d'abord des négociations qui se font
05:23au niveau de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie
05:26et qui vont se poursuivre dans les temps à venir.
05:28Mais pourquoi les aides sont annoncées pour les autres et pas pour elles ?
05:30Elles sont déjà dans des difficultés comparables ?
05:32Parce qu'encore une fois, il faut bien comprendre
05:33que nous prenons des mesures graduées
05:36en fonction d'une situation internationale
05:39qui a des répercussions sur les prix,
05:41qui évoluent de jour en jour,
05:42et avec des contraintes budgétaires
05:44qui là encore sont réelles.
05:46Je vous demande pourquoi avoir choisi les agriculteurs
05:49et les transporteurs plutôt que les infirmières ?
05:51On a choisi les secteurs qui étaient plus en difficulté à l'instant T.
05:54Prenons l'exemple des pêcheurs.
05:55Il y a des pêcheurs aujourd'hui qui ne peuvent plus aller en mer
05:59simplement parce que le gasoil pêche a atteint un tel niveau
06:02que ce n'est plus intéressant, pardonnez-moi,
06:05rentable, soutenable économiquement pour eux
06:08d'aller pêcher et de revendre leurs poissons.
06:10Il est donc normal qu'on les aide.
06:13Et pour les infirmières ?
06:14Et pour les infirmières, on ne s'interdit pas, là encore,
06:17dans les jours à venir.
06:18Non, mais on ne s'interdit pas,
06:19ça veut dire qu'on réfléchit.
06:21Là encore, on a montré qu'on était aux côtés
06:24des secteurs les plus touchés.
06:26On continuera à l'être.
06:27On comprend la difficulté des professions que vous mentionnez.
06:31On comprend la difficulté des Français
06:32qui ne sont pas forcément dans des secteurs spécifiquement ciblés.
06:35Mais enfin, qui n'ont pas le choix que d'aller à la station service,
06:37faire le plein pour amener leurs enfants à l'école,
06:39aller faire leurs courses et aller au travail.
06:41Et là encore, on suit la situation avec la plus grande attention.
06:44C'est pour ça qu'on a permis l'augmentation du raffinage
06:48dans les raffineries françaises,
06:49pour essayer de tirer le prix vers le bas.
06:51C'est pour ça que le Président de la République
06:52a pris cette initiative à l'échelle internationale
06:55pour libérer progressivement des stocks.
06:58Il n'y a pas eu des faits pour l'instant.
06:59Et donc, si on ne l'avait pas fait, pardonnez-moi,
07:01si on n'avait pas annoncé et débuté ces libérations de stocks,
07:06on serait probablement à des prix bien plus hauts,
07:07ou en tout cas plus hauts que ce qu'on est aujourd'hui.
07:09Vous parliez des Français à la pompe,
07:11donc Maude Bréjean, aucune aide pour les simples automobilistes.
07:14Vous comptez uniquement sur la bonne volonté des distributeurs ?
07:18D'abord, on demande évidemment aux distributeurs
07:20la plus grande vigilance.
07:22On le suit depuis le début du conflit.
07:24Vous savez qu'on a fait des contrôles.
07:25On voit régulièrement les distributeurs
07:27pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'augmentation de marge.
07:30En l'état, vous en avez probablement parlé avec M. Cotillard,
07:33mais nous n'observons pas chez les distributeurs
07:36d'augmentation induit de marge.
07:38Deuxièmement, on leur demande évidemment,
07:39quand le baril baisse, de répercuter les baisses
07:42aussi vite que nous avons observé les hausses.
07:46Et ensuite, là encore, on est dans une situation qui évolue.
07:51Si de nouvelles mesures doivent être prises
07:54parce qu'elles sont absolument vitales,
07:56nous le ferons.
07:57Mais en tout état de cause, là encore,
07:59il faut que chacun soit, je pense, très prudent
08:00et très humble dans les discours qui sont tenus.
08:03Parce que la première résolution des difficultés des Français,
08:09elle viendra de l'arrêt du conflit.
08:11Et c'est ce que fait le président de la République
08:12à l'HL internationale, pour le contenir autant que possible
08:15et que le détroit d'Ormousse puisse être libéré le plus rapidement.
08:18Et il n'était pas question de donner un coup de pouce
08:20avec le chèque énergie ?
08:21Il va être versé automatiquement en avril pour une grande partie.
08:25C'est un dispositif dont il faut parler.
08:273,7 millions de personnes dans un premier temps
08:29qui le recevront automatiquement dans les jours à venir.
08:33C'est un montant moyen de 150 euros.
08:35Donc c'est un montant qui est important.
08:36Et en plus de ça, nous avons annoncé que 700 000 bénéficiaires supplémentaires
08:40qui sont en fait déjà des ayants droit
08:42mais qui ne le touchaient pas,
08:44en bénéficieront aussi dans les semaines à venir.
08:47Mais il n'a pas été revalorisé depuis 7 ans.
08:49Et en plus, en 2024, ils étaient beaucoup plus nombreux.
08:52C'était 5,8 millions ?
08:54Enfin, les prix de l'énergie,
08:57puisque c'est un chèque qui vise à accompagner
08:59les dépenses énergétiques au sens large.
09:01Je veux dire, il n'y a pas d'effort du tout supplémentaire.
09:04Les prix sur le gaz et sur l'électricité, par exemple,
09:07n'ont rien à voir avec ce qu'on a connu en 2022-2023.
09:10Une moyenne de 150 euros avec un chèque qui peut atteindre
09:14jusqu'à 277 euros.
09:17Et qui touche moins de personnes.
09:17Je veux bien qu'on nous dise que ça n'a pas été revalorisé.
09:20Mais enfin, ce n'est pas des montants qui sont anecdotiques
09:22pour des foyers qui ont du mal à terminer les fins de mois.
09:25Je le disais, vous avez participé cet après-midi au G7
09:28consacré à l'énergie avec les ministres de l'énergie,
09:30des finances et les banquiers centraux.
09:33Que s'est-il dit ?
09:34Est-ce que plus personne ne croit que la guerre peut se terminer
09:37et que les choses peuvent s'arranger dans les semaines à venir ?
09:40C'était un moment important qui visait, d'une part,
09:42à faire le point sur ce que chacun observait sur son sol,
09:45les difficultés auxquelles les uns et les autres
09:48pouvaient être confrontés.
09:49Il y a des situations qui sont très différentes.
09:51Si vous prenez l'exemple du Japon,
09:52ils ont des vraies difficultés en matière d'approvisionnement.
09:55Ce n'est pas notre cas.
09:56Il n'y a aucun risque de pénurie, c'est ça ?
09:58Il est lointain, le risque de pénurie.
09:59Il n'y a pas de risque de pénurie à l'heure où on se parle.
10:02Il peut y avoir des difficultés ponctuelles.
10:04On évalue quelle période avant d'avoir un problème de pénurie ?
10:08Quelle durée de guerre ?
10:09Ça dépend de ce qui va se passer.
10:11Moi, ce que je peux vous dire,
10:12c'est qu'on a des stocks stratégiques
10:14qui visent précisément à pallier à ces difficultés de pénurie
10:17plus de 90 jours de stocks stratégiques en France.
10:19Et c'est à ça que ça doit servir.
10:21Merci beaucoup, Maud Bréjon,
10:23ministre de l'énergie et porte-parole du gouvernement,
10:25d'être venu dans RTS Soir.
10:27Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTS Soir.
10:29La tentation du soir, ce sera l'hommage
10:31de la télévision à Bruno Salomon et Loana.
10:34L'info qu'on a failli rater, c'est Rihanna
10:36qui se balade à Epinal.
10:38Mais pour quoi faire ? On va lui demander.
10:39Et puis le petit phénomène du jour,
10:40des magues et sels,
10:41c'est cette nourriture pour animaux
10:43qu'on peut aussi déguster,
10:45si on veut.
10:46A tout de suite.
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