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  • il y a 15 minutes
Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie, était l’invitée du Face-à-Face de ce mardi 7 avril sur BFMTV et RMC. Elle a notamment été interrogée sur la crise énergétique en cours ou encore sur la hausse des prix du carburant. 

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Maud Bréjon.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la porte-parole du gouvernement et vous êtes la ministre
00:08de l'énergie.
00:09Très nombreuses questions bien sûr sur les ventes, les ruptures de stock éventuels de carburant, sur les prix qui continuent
00:15à flamber, jusqu'où et jusqu'à quand.
00:17Et puis bien sûr sur les aides. Quelles aides ? Est-ce qu'il y aura de nouvelles aides ?
00:21Vous nous le direz ce matin.
00:22Les ventes d'abord, retour de week-end de Pâques, week-end de 3 jours et de nombreux Français qui
00:28se plaignent d'avoir dû parfois faire des kilomètres pour trouver une station qui vende tous les carburants.
00:34On en est où ? Est-ce que vous dites ce matin qu'il y a oui des stations qui
00:37sont en rupture de stock ?
00:38Il y a des difficultés. Et il y a des difficultés qui sont dues à des problématiques logistiques de transport,
00:44essentiellement sur le réseau total.
00:46Je vais y revenir. Ce que je veux dire ce matin, c'est que la matière, le pétrole, arrive en
00:52France.
00:52Il n'y a pas de problème au niveau des raffineries. Il n'y a pas de problème au niveau
00:56des dépôts.
00:57Il y a un engorgement sur les réseaux de transport et essentiellement sur le réseau de transport total.
01:03Je vais vous donner un chiffre. Ce matin, à l'heure où nous parlons, il y a environ 18%
01:07des stations dans lesquelles il manque au moins un carburant.
01:12Des stations globales ?
01:1683% de ces stations, 83% des stations dans lesquelles il y a des difficultés sont des stations du
01:23réseau Total Energy.
01:24Parce que vous savez que Total a annoncé depuis plusieurs semaines un prix plafond qui amène à un écart significatif
01:32entre leur réseau de distribution et les autres réseaux de distribution ou indépendants.
01:37Ce qui génère encore une tension particulière dans le réapprovisionnement.
01:41Rupture de stock sur un ou plusieurs carburants ?
01:44Sur un ou plusieurs carburants. Ce que je veux aussi dire, c'est que nous avons mis en place tous
01:49les moyens nécessaires pour permettre un réapprovisionnement rapide.
01:52Le taux s'est déjà amélioré par rapport à hier soir. Nous avons pour la journée de lundi, donc lundi
01:58de Pâques hier, donné des dérogations de transport dans trois zones de défense.
02:02Trois zones où Total a demandé des dérogations pour que les distributeurs puissent faire leur travail. 200 camions étaient sur
02:09les routes.
02:09Et aujourd'hui, là encore, pour ce réseau spécifique Total Energy, il y a environ 900 camions qui seront sur
02:16la route pour réapprovisionner les stations contre 600 en temps normal.
02:20Ce que je veux dire, c'est qu'on peut s'attendre à une amélioration progressive dans la journée.
02:26A l'inverse, dans les réseaux qui ne sont pas des réseaux Total, on observait hier soir un taux d
02:32'indisponibilité d'environ 4% qui correspond peu ou prou à ce qu'on observe en sortie de week-end
02:39de Pâques.
02:39Donc faible. Normal.
02:41Normal par rapport à ce qu'on observe en sortie de week-end de Pâques.
02:43Il n'y a pas de risque de pénurie. Ce que vous dites, c'est que c'est juste une
02:45difficulté ponctuelle.
02:47Il n'y a pas de risque de pénurie. C'est la différence entre une pénurie de matière et des
02:51difficultés logistiques.
02:53Il n'y a pas de problème d'approvisionnement. Il n'y a pas de problème dans les raffineries.
02:57Quand les camions vont au dépôt, ils peuvent charger. Il n'y a pas de difficulté, là encore, pour trouver
03:03le sans-plomb ou le gasoil.
03:05Mais les réseaux de transport ont été particulièrement tendus ces derniers jours.
03:10Ce soir, Total devra dire s'ils poursuivent ou non ce plafond des prix du carburant.
03:15Qu'est-ce que vous leur demandez et qu'est-ce qu'ils doivent faire ?
03:18C'est évidemment à eux de le dire. Moi, je ne suis pas porte-parole de Total Énergie.
03:21Ce que je dis, c'est qu'on demande et on continue à demander depuis le début avec le Premier
03:25ministre à l'ensemble des distributeurs
03:27d'être le plus raisonnable possible.
03:31Et si, dans les semaines à venir, on observe une accalmie sur le conflit,
03:36que le prix du Brent, du pétrole, diminue à l'échelle internationale,
03:40alors on sera particulièrement vigilant à ce que ces baisses soient répercutées aussi vite que les hausses l'ont été
03:47dans le passé.
03:47Mais j'imagine que vous êtes dans la confidence. Est-ce que Total envisage de poursuivre ?
03:51C'est encore une fois à le dire. Nous, on demande à tous les distributeurs qui le peuvent de faire
03:55les efforts nécessaires.
03:56« Mais je n'ai pas à demander ce matin sur votre chaîne à tel ou tel distributeur de faire
04:02des annonces particulières. »
04:04Celui-là, il est en quasi-monopole. Ce n'est pas n'importe quel distributeur.
04:07C'est Total. Vous pourriez leur dire de continuer l'effort.
04:11Moi, je demande à tous les distributeurs qui le peuvent de faire des efforts dans la mesure, encore une fois,
04:18de leur possibilité.
04:18Encore une fois, je vous pose la question parce que certains ont dénoncé même, y compris leur propre concurrent,
04:24le patron d'Intermarché, par exemple, dit que Total a acheté 70 cargos de pétrole au tout début de la
04:31crise,
04:32ayant donc, en quelque sorte, acheté du pétrole pas trop cher, qu'ils vont revendre forcément un peu plus cher.
04:38Ils ont donc cette marge ?
04:40Ils ont fait un effort depuis le début du conflit.
04:43Et on était bien contents d'avoir ces plafonds à 1,99 et à 2,09 sur le diesel.
04:48On voit d'ailleurs que les Français les ont largement utilisés puisque ça a créé des problématures de rupture d
04:55'approvisionnement.
04:55Donc nous, on continue et on continuera cette semaine à échanger avec l'ensemble des distributeurs pour les accompagner
05:02s'ils font face à d'éventuelles difficultés, là encore, de transport pour l'approvisionnement des stations
05:07et pour s'assurer qu'il n'y a pas de marge indue.
05:10Mais vous savez, depuis le départ, on n'observe pas de marge indue chez les distributeurs.
05:14Voilà, c'est ce que je...
05:14Il n'y en a pas.
05:15C'est ce que nous n'en avons pas observé.
05:16Il n'y a pas de profiteurs.
05:17Nous n'en avons pas observé pour les distributeurs depuis le départ.
05:20Vous recevez régulièrement les représentants de la grande distribution, notamment sur votre plateau.
05:26Les marges qu'ils affichent aujourd'hui sont sensiblement les mêmes que celles qu'ils affichaient avant le début du
05:32conflit.
05:32Il n'y a pas eu de hausse indue.
05:35On va y revenir parce que le Premier ministre avait utilisé au début de la crise l'expression d'abus.
05:41Il avait parlé de hausses abusives éventuelles de prix à la pompe.
05:45Il y avait eu ces vérifications au final.
05:46Et il avait diligenté des contrôles.
05:47Et les contrôles, pour vous, montrent qu'il n'y en a pas.
05:50Les prix, donc, et on va voir si Total remonte ou pas,
05:54mais en tout cas, les prix globales, c'est 2,28 euros en moyenne côté gazole,
05:582,01 euros côté sans plomb.
06:00Jusqu'à quand ça va ?
06:01D'abord, c'est une situation qui est extrêmement difficile pour beaucoup de nos concitoyens.
06:05Et on en est parfaitement conscients.
06:07On a commencé en aidant les secteurs les plus en difficulté.
06:12Ceux qui, au regard de cette hausse, ne pouvaient plus pratiquer leur métier.
06:16C'était l'exemple des pêcheurs.
06:17Les pêcheurs, quand le gazoal pêche atteint un certain niveau,
06:20il n'est plus soutenable d'aller en mer pour pêcher le poisson.
06:23Donc, il fallait les aider extrêmement vite.
06:26Moi, je dis une chose ce matin.
06:27Nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent.
06:30Je pense aux aides soignantes.
06:31Je pense aux aides à domicile.
06:33Je pense à certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières.
06:38Et donc, le Premier ministre s'est engagé à ce qu'un nouveau dispositif d'aide
06:43soit annoncé dans les jours à venir.
06:45Là encore, pour venir en soutien des Français qui travaillent,
06:50des Français qui travaillent et qui font face à des difficultés particulières.
06:55Mais vous vous rendez compte, pour chacun, j'imagine les infirmiers et les infirmières
06:57qui nous écoutent, par exemple, ce matin, qui font leur tournée,
07:00dont les tarifs à l'acte sont bloqués, qui ne peuvent pas répercuter.
07:04Eh bien, moi, je leur dis que nous serons à leur côté.
07:08Le Premier ministre a demandé à l'ensemble des ministres dont les secteurs sont concernés
07:11de faire remonter les différentes propositions.
07:15Tout ça va être instruit et arbitré dans les heures ou dans les jours à venir.
07:19Mais mon message, il est simple.
07:22Nous aurons, encore une fois, un nouveau dispositif d'aide dans les prochains jours
07:26pour les Français qui travaillent, qui font face à des difficultés particulières.
07:29Ça fait une semaine que vous dites qu'il va y avoir des aides ?
07:31Non, pardonnez-moi, il y a des aides depuis les premiers jours.
07:34Depuis les premiers jours.
07:35Les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs, nous avons été à leur côté.
07:39Nous continuerons à être à leur côté.
07:41Mais vous savez qu'il y a certaines aides soignantes, par exemple,
07:42et j'ai eu de nombreux témoignages sur RMC, qui disent
07:45« Je préfère carrément arrêter d'aller bosser. »
07:47Les aides soignantes, on pense aussi aux aides à domicile,
07:49qui sont parfois dans des situations encore plus compliquées,
07:52essentiellement dans les milieux ruraux.
07:54Et donc, c'est pour eux qu'encore une fois, on travaille à un dispositif de soutien.
08:03Ces catégories professionnelles seront dans le prochain dispositif.
08:05Qui doit être ciblées.
08:07La facilité serait de faire une aide universelle.
08:10Il n'y aura pas d'aide universelle.
08:12Il n'y aura pas d'aide universelle.
08:13Il n'y aura pas de blocage des prix.
08:14Il n'y aura pas de blocage des prix.
08:15C'est deux choses très différentes.
08:16Il n'y aura pas de blocage des prix.
08:17Il n'y aura pas d'aide universelle au sens où ça aiderait tout le monde.
08:20J'entends Sophie Binet qui demande un poignement à 1,70€.
08:24On ne sait pas bien pourquoi 1,70€ par ailleurs.
08:27On voit d'ailleurs en ce moment, avec ce qu'on vit sur les réseaux totales,
08:30que ça amènerait, dans un laps de temps très rapide,
08:34à des problématiques de pénurie.
08:37Et il n'y aura pas d'aide universelle,
08:39parce que nous ne pouvons pas nous le permettre.
08:41Et parce que nous avons donc décidé de cibler les aides.
08:45Et c'est le choix que nous avons fait depuis le départ.
08:46Nous allons continuer à le faire.
08:47Cibler les aides vers les Français qui travaillent,
08:50vers les secteurs les plus en difficulté,
08:51vers celles et ceux pour qui terminer le mois est encore plus difficile
08:57du fait de la haute d'été à la paix.
08:58Je voudrais juste m'assurer que ceux qui nous écoutent l'ont bien compris.
09:01Les aides-soignantes, les aides à domicile,
09:04les entreprises peut-être du BTP, les taxis,
09:07est-ce que c'est ça les entreprises et les secteurs
09:09qui vont être ciblés par vos nouvelles aides ?
09:11Il faut indéniablement partie des Français qui travaillent
09:12et qui ont du mal à boucler les fins de mois.
09:15Donc c'est eux qui seront aidés.
09:16Il peut y avoir des situations différentes
09:19au sein d'un même secteur.
09:22Et c'est bien normal.
09:23Mais nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent.
09:27Jusqu'à quand est-ce que ces prix ont augmenté ?
09:29J'aimerais pouvoir vous le dire.
09:31J'aimerais pouvoir vous le dire.
09:32Il y a en réalité deux scénarios.
09:34Le premier scénario, c'est la calmie,
09:37dans les jours ou dans les semaines à venir.
09:39Et là encore, je suis extrêmement prudente
09:41parce que la fin de la guerre ne signifie pas nécessairement
09:45un retour immédiat à une situation normale sur les prix de l'énergie.
09:48Et puis il y a un deuxième scénario qu'on redoute tous,
09:52vous et moi, nécessairement davantage.
09:55C'est celui de l'embrasement.
09:56Et c'est contre ce scénario que travaille la France.
09:59Quand elle maintient une posture uniquement défensive,
10:02quand elle met tout en œuvre pour contenir ce conflit
10:06et éviter autant que possible l'embrasement,
10:10notre travail, c'est d'au fond être prêt pour les deux scénarios.
10:13Nous, on envisage tout depuis le début.
10:16On prépare les différentes possibilités.
10:18On est prêt à agir.
10:21Mais je n'ai pas ce matin devant vous de boule de cristal.
10:23Je ne peux pas vous dire ce qu'il adviendra
10:25dans les jours ou dans les semaines à venir.
10:27Quelles seront les décisions, par exemple, du président Trump
10:29qui sont extrêmement imprévisibles.
10:31Êtes-vous comme le patron de l'Agence internationale de l'énergie,
10:34l'AIE, qui s'exprime ce matin chez nos confrères du Figaro,
10:38très pessimiste.
10:40C'est ce qu'il dit.
10:40Il est très pessimiste.
10:42La crise actuelle est plus grave que celle de 1973, 1979 et 2022.
10:48Il dit que tout cela, c'est énorme.
10:50Alors, il dit quand même une chose qui, à mon avis,
10:54qui mérite d'être précisée.
10:55Il dit que les situations sont très différentes
10:57d'un État à un autre.
11:00Dans certains États, vous avez d'ores et déjà
11:02des difficultés d'approvisionnement,
11:04de rupture d'approvisionnement majeure.
11:06Pensez à l'Asie, pensez à l'Australie.
11:08Ce n'est pas le cas en France.
11:10Nous sommes bien moins indépendants pour le pétrole du Moyen-Orient
11:13que les pays asiatiques.
11:15Nous avons diversifié nos sources d'approvisionnement.
11:17Donc, nous sommes davantage protégés.
11:19Et puis, pardonnez-moi,
11:21nous sommes autonomes sur l'électricité.
11:23Notre parc nucléaire produit à plein
11:26et protège les factures d'électricité des Français.
11:28C'est une chance inouïe.
11:30Si vous comparez par rapport à l'Italie,
11:32l'Italie, électricité, 30% plus chère qu'en France,
11:35notamment parce qu'ils dépendent massivement du gaz
11:38pour leur production d'électricité,
11:39ce qui n'est pas notre cas.
11:41Nous avons la chance d'avoir un parc nucléaire
11:43qui, aujourd'hui, contrairement à des dizaines de pays,
11:47permet la stabilité sur le prix de l'électricité
11:49et sur les factures des Français.
11:51Sur le gaz, puisque vous le mentionnez,
11:53on parle d'une facture de gaz
11:54qui pourrait augmenter de 25% en mai.
11:57Est-ce que vous avez également ce chiffre ?
11:59Il est trop tôt pour le dire.
12:00Je n'ai pas le chiffre de 25%.
12:02Donc, je ne le confirme pas.
12:04Est-ce que vous pouvez nous confirmer cela dit
12:05que la facture de gaz va augmenter en mai pour les Français ?
12:08Il y aura très probablement une hausse,
12:10là encore, due à ce qui se passe sur le détroit d'Hormuz.
12:13Vous savez que 20% du gaz
12:15transite par le détroit d'Hormuz.
12:17Et que c'est un marché qui est un marché mondial.
12:19Avez-vous calculé de quel ordre serait l'augmentation
12:21de la facture de gaz pour les Français ?
12:23Mais ça n'a rien à voir, rien à voir
12:26avec ce que nous avons connu en 2022.
12:29Absolument rien à voir.
12:30Donc, rien à voir.
12:30Mais est-ce que vous avez quand même une idée ?
12:31Est-ce que ça sera plus de 18%, plus de 15% ?
12:33A quoi faut-il s'attendre en mai ?
12:35Encore une fois, c'est un peu tôt pour le dire.
12:37Et ça va dépendre de ce qui va se passer
12:39dans les jours à venir.
12:40Donc, on communiquera dessus
12:41quand on aura des chiffres stabilisés à donner.
12:43Mais je le redis, ça n'a rien à voir
12:45avec ce que nous avons connu
12:46à la suite de la guerre en Ukraine.
12:48Vous m'avez dit, il n'y a pas de profiteurs.
12:50Le mot d'abus, je le disais...
12:52J'ai dit que les distributeurs,
12:54notamment la grande distribution,
12:56n'affichaient pas de marge indue
12:57par rapport à ce qu'ils appliquaient en temps normal.
13:00Alors, est-ce qu'il y a des profiteurs ?
13:01Est-ce qu'il y a d'autres profiteurs ?
13:03Il n'y a pas, dans ce que nous avons observé,
13:05encore une fois, en France,
13:07dans les raffineries, dans les distributeurs,
13:10de profiteurs de crise.
13:11Et je n'emploie pas ce mot-là,
13:13qui est un mot qui, vous voyez,
13:14résonne même historiquement.
13:15Je recevais ce matin Aurélie Trouvé
13:18de LFI sur RMC,
13:21qui évoquait Total en parlant de profiteurs.
13:24Elle parlait de Total comme d'un profiteur.
13:26Elle proposait, un, le blocage des prix.
13:28Si le blocage des prix entraînait des ruptures,
13:30deux, la réquisition du pétrole
13:33et du carburant de chez Total,
13:34et trois, éventuellement, à moyen terme,
13:37la nationalisation de Total.
13:39Qu'est-ce que vous répondez ?
13:40D'abord, utiliser le mot de profiteur de crise.
13:43Lorsqu'on sait comment ça résonne
13:45dans notre histoire passée,
13:46sans étayer cette accusation-là,
13:50c'est grave,
13:50pour quelque entreprise que ce soit.
13:52Sur la question du blocage des prix,
13:54je redis ce que j'ai dit.
13:55Le blocage des prix,
13:57c'est l'autoroute vers les pénuries.
13:58Oui, mais elle disait, dans ces cas-là,
14:00dans ces cas-là, réquisition.
14:01Assurée.
14:02Je lui posais exactement cette question-là
14:03et elle répondait, réquisition.
14:05Mais réquisition de quoi ?
14:06C'est-à-dire qu'il n'y aura plus d'import
14:08sur le sol français ?
14:09S'il n'est plus intéressant
14:11d'acheter sur les marchés internationaux ?
14:14S'il n'est plus intéressant
14:15pour nos acheteurs
14:16de nous vendre ce pétrole ?
14:19Dans un marché, encore une fois,
14:20qui est un marché en tension en ce moment,
14:22vous n'aurez plus rien à réquisitionner.
14:25Donc la question de la réquisition,
14:26elle est hors sujet.
14:27Vous n'aurez plus rien à réquisitionner,
14:29vous n'aurez plus rien à raffiner
14:30dans les raffineries françaises
14:32et vous n'aurez plus rien à vendre à la pompe.
14:34Je ne sais pas si vous êtes partis
14:36à Pauline de Malherbe ce week-end.
14:37Moi, je suis rentrée voir mes parents
14:38à quelques centaines de kilomètres.
14:40Je suis passée devant, effectivement,
14:42un certain nombre de stations-service
14:43avec de la rue Balise autour.
14:45Station-service qui, donc,
14:46était inaccessible,
14:48qui était en rupture.
14:49Ça, ce sera le cas
14:51de toutes les stations-service
14:53si on va sur un blocage des prix.
14:55Maude Bréjon,
14:55est-ce que ce n'est pas l'État
14:56qui est abuseur ?
14:58Non.
14:58Et ça, c'est un, pardonnez-moi,
15:00un mensonge éhonté,
15:02une contre-vérité
15:03que certains partis politiques
15:06essaient d'imposer dans le débat.
15:07Marine Le Pen parle de l'État
15:09qui se comporte, je cite,
15:10comme un profiteur de crise.
15:12Elle dénonce des recettes indues.
15:15Le ministre des Comptes publics
15:16a tout de même reconnu
15:18qu'il y avait un surplus fiscal
15:20de 270 millions en mars.
15:23Alors, deux choses.
15:24D'abord, l'État n'est pas
15:26un profiteur de crise.
15:28En revanche, Marine Le Pen
15:29spécule sur le dos de cette crise.
15:32Elle spécule politiquement
15:33depuis les premiers jours
15:35de cette crise énergétique.
15:37Et c'est extrêmement grave.
15:39L'État ne profite jamais,
15:41jamais d'une crise pétrolière.
15:43Certes, vous avez une augmentation
15:45des recettes issues de la TVA
15:47puisque les prix augmentent,
15:49mais elles sont immédiatement compensées
15:51à la baisse
15:51par la baisse de la consommation.
15:53Par exemple,
15:54par la hausse des taux,
15:56on emprunte plus cher sur les marchés.
15:57Ça coûte davantage d'argent
15:59à l'État.
16:00Et donc, au global,
16:02l'État n'est jamais gagnant.
16:04Au-delà de la question
16:04de la qualification
16:06de cette crise,
16:07je disais que le patron de l'AIEA
16:09parlait d'une crise
16:10extrêmement grave,
16:11d'un nouveau choc pétrolier.
16:13Vous, vous venez d'évoquer
16:15la baisse de la consommation,
16:17la hausse des taux.
16:18On pourrait aussi parler
16:19de l'inflation
16:20et la baisse de la croissance.
16:22Est-ce que ça veut dire,
16:23Maude Bréjon,
16:23que le gouvernement se prépare
16:25à une crise économique ?
16:28Ça veut dire que le gouvernement
16:29se prépare
16:30à l'ensemble des scénarios.
16:31Je vous disais qu'il y avait...
16:32Y compris une crise économique.
16:33On se prépare
16:34à un scénario d'accalmie,
16:36qui est celui
16:37que l'on souhaite tous.
16:38On se prépare aussi
16:39au scénario
16:40de l'embrasement
16:41au Moyen-Orient
16:42qui entraînerait
16:44indéniablement
16:44des conséquences plus graves
16:46sur l'économie mondiale.
16:48Notre travail,
16:49c'est de se préparer
16:50à l'ensemble des scénarios.
16:51Faut-il un budget rectificatif ?
16:54Aujourd'hui,
16:54il n'y a pas besoin de budget.
16:55Au regard de cette situation,
16:57le RN vous demande
16:57un budget rectificatif.
17:00Pourquoi le RN nous demande
17:01un budget rectificatif ?
17:02Parce qu'ils veulent
17:04imposer leur idée
17:05d'une TVA
17:06sur les produits énergétiques
17:08à 5%.
17:09Ça coûte 12 milliards d'euros.
17:12Donc le sujet n'est pas
17:14est-ce qu'on est d'accord
17:14ou pas avec un budget rectificatif ?
17:16Nous sommes en désaccord
17:18avec cette proposition.
17:19Tout simplement parce que
17:20nous n'avons pas
17:2112 milliards d'euros
17:22à mettre sur la table.
17:23En un claquement de doigts,
17:24Apolline de Malherbe,
17:24ce que le consommateur
17:26ne paierait pas
17:27à la pompe demain,
17:29le contribuable
17:30le paierait après-demain
17:31par des baisses de crédit
17:33sur certains services publics
17:35ou par des hausses d'impôts.
17:36Nous ne voulons pas
17:37diminuer les crédits
17:37sur certains services publics
17:39essentiels comme la santé,
17:40la sécurité
17:41ou l'éducation nationale
17:42et nous ne voulons pas
17:43augmenter les impôts.
17:44Prenez l'exemple de l'Italie.
17:45L'Italie a fait une remise
17:47à la pompe
17:48qu'elle a prolongée d'ailleurs.
17:49Mais peut-être parce qu'elle a fait
17:49le boulot avant ?
17:50Elle l'a fait en coupant des crédits.
17:51En redressant un peu
17:52ses pompes quand même.
17:52Elle l'a fait en coupant des crédits.
17:53Elle l'a fait en coupant des crédits,
17:55là encore,
17:55sur des services publics essentiels.
17:58Il n'y a pas d'argent magique.
17:59Merci, Maude Bréjon,
18:00d'avoir répondu
18:01à mes questions ce matin.
18:02Vous êtes ministre de l'énergie
18:03et porte-parole du gouvernement.
18:05Il est 8h47
18:07sur RMC et BFMT.
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