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  • il y a 7 semaines
L'invitée du Grand Entretien par Ali Baddou et Marion L'Hour est Marine Tondelier, secrétaire nationale Les Écologistes. Elle revient sur les résultats des élections municipales et les enseignements à en tirer pour la gauche, qu'elle souhaite rassemblée pour 2027. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/l-invite-de-8h20-du-we-du-samedi-28-mars-2026-8818603

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Transcription
00:00Et un grand entretien ce matin avec la secrétaire nationale des écologistes élue des Hauts-de-France à Hénin-Beaumont.
00:06Bonjour Marine Tondelier.
00:07Bonjour.
00:08Merci d'avoir accepté l'invitation d'inter.
00:10Nos auditeurs peuvent vous parler au 0145 24 7000 ou utiliser l'application Radio France.
00:17Déjà de nombreuses questions qui vous sont adressées.
00:20Nous mènerons à un travail d'introspection.
00:23Ce sont vos mots Marine Tondelier.
00:25Et au soir du second tour des élections municipales, vous avez publié un long, très long texte sur X sur
00:31lesquels vous revenez.
00:33Notamment sur les motifs de fierté, je vous cite, mais également sur les échecs.
00:37Votre parti Les Écologistes a perdu 6 de ces municipalités conquises en 2020.
00:42Vous avez commencé le travail d'introspection.
00:45Pourquoi n'avez-vous pas su convaincre Marine Tondelier ?
00:48Qu'est-ce qui a manqué ?
00:50Peut-être déjà commencer par dire qu'on a quand même gagné des villes, de nouvelles villes.
00:53Garder des villes que personne ne pensait qu'on pouvait garder comme Lyon.
00:57Et puis mener avec fierté pendant 6 ans des politiques qui, même si les villes ne sont plus écologistes,
01:02continueront à marquer les habitants de ces villes.
01:04Je pense qu'il y a plein d'enseignements à tirer.
01:07Vous savez, le soir du deuxième tour, moi j'admirais celles et ceux qui avaient des certitudes.
01:11Qui disaient tous d'ailleurs qu'ils avaient gagné alors qu'il y avait des centaines de villes qui avaient
01:15changé de main dans un sens et dans l'autre.
01:16Et qui avaient en fait chacun une seule clé de lecture pour expliquer les municipales.
01:20C'est-à-dire la leur, alors que les situations locales sont quand même bien différentes.
01:23Donc il n'y a pas une chose qui explique toutes les défaites symétriquement dans les villes écolos.
01:27Je pense par contre qu'il y a plusieurs traits de fond.
01:29Premièrement le fait que depuis des années maintenant, on tape sur l'écologie matin, midi, soir au gouvernement,
01:35dans divers endroits du pays.
01:37Et que ça évidemment, ça finit par abîmer, par affecter.
01:40Le fait aussi qu'on a gagné des villes, par exemple Bordeaux, qui étaient de droite depuis la guerre, il
01:45me semble.
01:46Et dans lesquelles pendant des décennies, les cours d'école avaient été bétonnés, les arbres avaient été retirés,
01:52les transports en commun avaient pris du retard.
01:53Et donc quand vous arrivez dans ce genre de situation, vous avez un programme ambitieux.
01:57Peut-être que les écologistes sont coupables d'avoir trop appliqué leur programme, trop vite.
02:02Mais en voulant bien faire, finalement, ça a pu déstabiliser peut-être.
02:05Mais ça se voit et ces changements vont rester pour des décennies.
02:08Oui, malgré tout, c'est l'anatomie d'une défaite que vous faites.
02:12Et il n'est pas question du récit national autour de l'écologie, comme a pu le dire votre ami
02:18et concurrent Florentin Léutissier.
02:21Mais il était question de la gauche, très largement de la gauche dans votre analyse.
02:25La gauche, je vous cite que la guerre que la gauche mène à la gauche depuis des mois.
02:30Vous parlez même d'une gauche qui a été toxique pour elle-même.
02:34Qu'est-ce qu'il a intoxiqué ?
02:35Je pense que peu de monde aura l'occasion et l'opportunité de me démontrer le contraire.
02:40Moi, je pense que, vous savez, le concept des gauches irréconciliables a empoisonné la gauche.
02:45Il faut prendre un peu de recul ce concept.
02:47Il a animé un peu le débat entre révolutionnaires et réformistes, puis entre communistes et socialistes.
02:53Et puis, il a été remis sur la scène politique contemporaine par un homme, Manuel Valls,
02:57dont on a d'ailleurs compris qu'il n'était pas réconcilié avec la gauche, mais qu'il avait bien
03:00réussi à se réconcilier avec la droite.
03:01Et puis, Jean-Luc Mélenchon a repris ce concept au vol.
03:04Et donc, je pense que quand on veut démontrer qu'il y a des gauches irréconciliables,
03:08ça conduit soit au choix d'opportunisme et de renoncement, comme l'a fait Manuel Valls ou d'autres socialistes,
03:13soit au sectarisme, comme le fait Jean-Luc Mélenchon, par exemple, en adoptant des positions internationales bancales,
03:20mais qui permettent de dire, vous voyez, moi je pense ça et on est irréconciliables.
03:24Ou de faire des jeux de mots scandaleux avec des non-juifs, par exemple.
03:27Mais à la fin, qu'est-ce que ça veut dire ?
03:29Que Jean-Luc Mélenchon pose des mines, comme dans un champ de bataille, il mine le champ de bataille.
03:33En face, les opposants d'Olivier Fort minent aussi le champ de bataille en disant, vous voyez, on ne travaillera
03:38plus jamais avec eux.
03:40Donc plus question de faire alliance avec eux.
03:42Ni avec le PS, ni avec LFI.
03:44Ce que je veux que chacun comprenne aujourd'hui, c'est que quand on mine un champ de bataille,
03:48y compris si un jour la guerre se termine, les mines, elles restent.
03:51Et donc ce qui est en train de se passer, ce processus en cours, il a un côté irréversible.
03:55Et je vous le dis, moi je suis très inquiète d'où ça nous mène,
03:58parce que certains chefs ont décidé d'être irréconciliables et font tout pour,
04:02mais les électeurs, eux, ne le sont pas.
04:04Donc plus d'alliance avec le PS ou la France insoumise.
04:07Mais moi, il y a des responsables politiques avec lesquels je n'ai pas très envie de travailler.
04:11Mais est-ce que comme le patron des socialistes Olivier Faure et comme le député Picardie Debout, François Ruffin,
04:15vous diriez que Jean-Luc Mélenchon, c'est devenu le boulet de la gauche ?
04:18C'est ce que je vous ai un petit peu expliqué quand même.
04:20Il met des mines.
04:20Ce que je vous dis, moi, c'est comment on fait.
04:22Je pense que la gauche écologiste de transformation est la solution,
04:26parce qu'elle transcende ce clivage-là en racontant autre chose.
04:29Et qu'on ne peut pas juste parler d'unité toute la journée.
04:32Il faut le faire, c'est un combat.
04:33Mais si on ne parle pas des idées à côté, je pense que c'est le grand enseignement des municipales
04:36aussi.
04:37On a très peu parlé de fond, très peu parlé des programmes.
04:39Il y a eu des fake news, de la brutalité, des polémiques partout.
04:42Mais peu de campagnes faites sur le fond et sur les programmes.
04:45Ce n'est pas ça dont on a entendu parler dans les médias.
04:48Et donc, moi, je pense que normalement, on devrait être capable, dans les semaines qui viennent,
04:51en tout cas, moi, je ferai des propositions en sens, de dire
04:53voilà les dix propositions sur lesquelles la gauche est d'accord pour changer la vie des Français.
04:57Ça veut dire que la première est encore possible ?
04:59Avec la fille, avec le PS ?
05:00Moi, j'arrête de parler des chefs.
05:01Ça ne m'intéresse plus.
05:02J'en suis.
05:03Je parle des partis, là.
05:04Oui, mais en fait, moi, je vous parle des électeurs de gauche, des gens pour lesquels on se bat.
05:08Je pense qu'il y a une convergence des buts.
05:10Quand vous regardez leurs envies, qu'ils soient écologistes, communistes, insoumis, socialistes,
05:13d'ailleurs, je rappelle que c'est les mêmes qui votent pour Jadot en 2019,
05:16puis pour Mélenchon en 2022, puis pour Glucksmann en 2024,
05:20et peut-être pour moi en 2027, on verra.
05:22Mais vous voyez, tout ça est fluctuant.
05:23Qu'est-ce qu'ils veulent, les électeurs de gauche et ceux pour quels on se bat ?
05:26Ils veulent des services publics de qualité.
05:28Ils veulent du pouvoir d'achat.
05:30Ils veulent vivre dignement.
05:31Ils veulent de la santé, de l'éducation.
05:34Ils veulent de l'environnement.
05:35On est capable de dire, ben voilà, droit aux vacances pour tous,
05:38taxe Zuckman, justice fiscale, grand plan de lutte contre la solitude, vous voyez,
05:41ou grand plan de lutte sur les territoires méprisés de la République
05:45pour créer de l'égalité territoriale, ce qui est un impensé de la gauche
05:47et sur lesquels la gauche a souvent échoué.
05:49Moi, je veux qu'on travaille sur les idées.
05:50Voilà, vous refaites la campagne.
05:51On va parler des idées, mais...
05:52Non, je ne suis pas sur les municipales.
05:53Je parle de propositions nationales.
05:55Je parle de mettre de la lumière au bout du tunnel.
05:57Permettez-le moi.
05:58Alors, regardons 2027.
05:59Est-ce que l'union de la gauche est encore possible et même souhaitable, Marine Tondelier ?
06:04En tout cas, elle est indispensable, parce que c'est très mal...
06:08Je n'ai pas dit souhaitable, j'ai dit possible et indispensable.
06:10Réponse C, indispensable.
06:12En fait, les choses sont claires et assez mathématiques.
06:15On a le Rassemblement National, qui quasiment d'office sera qualifié
06:19pour le deuxième tour de la présidentielle.
06:20Jordan Bardella ou Marine Le Pen, on verra lequel des deux n'est pas en prison.
06:24Il reste une place au deuxième tour.
06:25Et donc, on peut se dire, ben, jamais deux sans trois.
06:28Donc, on va faire comme les deux présidentielles précédentes,
06:30une lutte pour une pseudo-hégémonie, puis personne qualifié au deuxième tour.
06:33Moi, je pense qu'on doit autre chose à nos électeurs.
06:35Mais ni Jean-Luc Mélenchon, ni Raphaël Glucksmann ne participeront à une plenaire.
06:39Eh bien, ils sont deux problèmes pour les électeurs de gauche
06:41et pour les causes qu'on est censés défendre.
06:43Je le dis aussi simplement que ça.
06:44Ils sont votre problème.
06:46Mais ce n'est pas mon problème personnel, excusez-moi.
06:48C'est un problème pour tout le monde.
06:50Je rappelle quand même que l'histoire de la gauche, elle est faite de ça.
06:53Une lutte pour l'hégémonie.
06:54Alors, soit il y avait quelqu'un qui était largement dominant
06:56et donc l'union se faisait derrière,
06:58soit du coup, pour être largement dominant,
06:59il y avait une lutte à mort pour être hégémonique.
07:01Alors, comment on résout le problème ?
07:02Non, mais ça, ça marchait pendant des années.
07:04Mais excusez-moi, quand on a le fascisme...
07:05Ça ne marche plus.
07:05Alors, comment résoudre le problème, Marine Dordelier ?
07:08Quand on a le fascisme aux portes du pays
07:09et que l'élection est dans un an,
07:11on a peut-être autre chose à faire
07:12que de jouer une guerre assez viriliste.
07:15D'ailleurs, moi, j'ai été très, très choquée.
07:16J'ai lu un article hier
07:17qui comparait d'ailleurs Boris Vallot à Chuck Norris.
07:21Et je lis cette citation d'un socialiste.
07:23Pour faire une bonne révolution,
07:24il faut une paire de couilles et un bâton de dynamite.
07:26Vous avez fait un tweet, d'ailleurs, à ce sujet.
07:28Non, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?
07:30C'est-à-dire que j'assiste à une...
07:32C'est quasiment masculiniste, maintenant.
07:33On a des propos masculinistes à gauche
07:35pour dire « je vais te péter la gueule
07:36et moi, je vais tout faire péter ».
07:37Qu'est-ce que c'est que ça ?
07:38Quelle image on donne et quelle désespérance
07:40si on a une solution qui s'appelle
07:42la primaire de la gauche et des écologistes.
07:44Alors, est-ce que...
07:44Je suis très confiante dans son avenir...
07:46Sans Jean-Luc Mélenchon et sans Raphaël Luxman,
07:47qu'est-ce que c'est que cette primaire ?
07:48Mais moi, je pense qu'ils n'auront pas le choix.
07:50Alors, Jean-Luc Mélenchon,
07:51on a compris qu'il avait envie de travailler avec personne
07:53et qu'au municipal,
07:55travailler sans lui au premier tour
07:56dans la plupart des villes de ce pays
07:58avaient permis de bons scores au premier
08:00et parfois de l'emporter au deuxième.
08:02Je pense que ce périmètre-là,
08:04il est possible pour la présidentielle.
08:05Après, je vais vous le dire très sincèrement,
08:07nous, les écologistes,
08:07je ne vous dis pas que ça a été facile,
08:08ce n'est pas facile d'être chef des écologistes,
08:10mais on est collectif, on est démocratique.
08:12On a pris cette décision d'intérêt général
08:14de porter la primaire avec d'autres.
08:16Maintenant, la balle,
08:17elle est dans le camp des socialistes.
08:19C'est ça que je vous dis ce matin.
08:20La balle est dans le camp des socialistes.
08:21Vous n'êtes pas une maître de votre propre destin ?
08:23C'est la vie, en fait.
08:24On est en collectivité dans ce pays.
08:26On ne pourra pas gagner seul.
08:27Ni nous, ni eux.
08:29J'aimerais bien qu'ils l'entendent
08:30parce que je vois bien
08:31leur truc de règlement de compte en ce moment.
08:34Au service de quoi et pour quoi faire ?
08:35On n'a d'ailleurs pas bien compris
08:36le début de commencement d'une solution
08:38pour dernier-derrière
08:38parce que s'ils arrivent à faire leur poupout
08:41contre Olivier Faure,
08:41après, il se passe quoi ?
08:42Ils se battent ensemble trois mois
08:44pour savoir qui prend la place ?
08:45Ils mettent qui comme candidat ?
08:46C'est Glucksmann ?
08:47Tous ceux qui soutiennent Glucksmann OPS
08:48sont en fait candidats eux-mêmes.
08:49Qu'est-ce qu'ils vont nous faire ?
08:50Pendant des mois,
08:51on va donner ce spectacle affligeant
08:52avec des phrases masculinistes dans la presse ?
08:54Je ne suis pas d'accord.
08:54Et donc, Marine Tourdelier,
08:55puisque parlons de femmes,
08:57vous dites Marine Le Pen sera d'office qualifiée
08:59ou candidat du RN sera d'office qualifié
09:02au deuxième tour à la présidentielle.
09:04Vous, quand vous avez présenté votre candidature
09:06pour la primaire,
09:07vous avez dit une autre Marine est possible.
09:09Mais si on regarde les scores au municipal,
09:11il y a quand même des enseignements.
09:12C'est que le Rassemblement National,
09:13dans votre bassin d'élections,
09:15le bassin minier à Hénin-Beaumont,
09:17là où vous étiez encore conseillère municipale,
09:19il y a peu,
09:2114 maires RN,
09:22on passe de 2 maires RN à 14 maires RN.
09:25Pourquoi est-ce qu'ils réussissent là-bas et pas vous ?
09:26Je vous remercie d'en parler,
09:28parce que le soir du deuxième tour,
09:30j'ai écumé comme beaucoup de chefs de parti
09:33les plateaux télé.
09:34Et j'ai chanté un énorme décalage
09:36de voir ces images de l'IS à Paris, à Lyon, à Marseille,
09:38autour des victoires,
09:39avec des gens que je connaissais sur scène
09:40et j'étais très contente pour eux.
09:41Mais je me disais,
09:43pour plein de militants de gauche comme moi
09:44ou d'habitants de ces territoires,
09:46ça doit être tellement violent de se dire
09:47qu'à la télé, on n'a retenu que ces images de l'IS
09:49alors qu'il y a des territoires entiers qui ont basculé.
09:51Et je trouve, vous savez, sur ces territoires,
09:53la colère, la résignation, les cris d'alarme,
09:55ils viennent aussi du fait qu'on a bien compris
09:56que la vie médiatique était écrite dans certaines villes
09:59avec les habitants de certaines villes
10:00et que nous, on comptait moins.
10:01C'est un des ressorts du vote.
10:02J'avais envie de dire, c'est QFD.
10:04Après, ce que je peux vous dire,
10:05vu de plus ces territoires,
10:06c'est que premièrement, moi, ma ville,
10:07elle a basculé pendant le mandat de François Hollande.
10:10Après avoir eu un maire de gauche
10:12qui avait fini en prison
10:15pour 18 chefs d'inculpation.
10:16Dans un territoire victime de la fermeture des mines,
10:18puis de la désindustrialisation,
10:19de la misère sociale, économique, environnementale
10:22avec peu de perspectives.
10:23Et donc, ce cocktail-là, je sais où il conduit.
10:25Quand vous faites du porte-à-porte que vous êtes de gauche,
10:27que le maire est de gauche,
10:28l'agglo est de gauche,
10:29le département est de gauche,
10:30la région est de gauche,
10:31les députés sont de gauche,
10:31les sénateurs sont de gauche,
10:32les députés européens aussi,
10:33l'Elysée est de gauche,
10:34l'Assemblée nationale est de gauche
10:35et le Sénat, ça a duré que quelques années,
10:37était de gauche.
10:39Conjonction astrale.
10:39Et vous, vous faites du porte-à-porte
10:40et vous vous faites jeter.
10:41Moi, j'y étais pour rien.
10:42Le maire, il a été lu en 2001,
10:43j'étais au lycée.
10:44Vous faites du porte-à-porte
10:45et des veuves de mineurs
10:46vous claquent la porte au visage
10:47en vous disant,
10:47vous savez, c'est la première fois de ma vie
10:48que j'ai payé des impôts sur le revenu.
10:50Et pourquoi je paye des impôts sur le revenu ?
10:51C'est une réforme de Marisol Touraine
10:53qui enlève la demi-part des veuves.
11:03Ce truc, quand même,
11:04c'est que je dis aux militants
11:04de ces territoires...
11:06Non, mais moi, je veux dire un petit truc.
11:07Les habitants de ces territoires,
11:09le fait que les villes basculent
11:10ou pas aux Rennes
11:11ne dépend pas de la vigueur
11:12et de la détermination
11:13des militants de ces territoires.
11:14Il y a une vague de fond.
11:15Ça se mesure à la fermeture
11:16des guichets de gare,
11:17au fait que les services publics
11:19s'éloignent,
11:20au climat politique national.
11:21Donc, il y a un truc assez irrémédiable.
11:23Ce n'est pas de la faute
11:23des habitants de ces territoires.
11:24Et une gauche antisociale,
11:25si on vous écoute.
11:25Oui, mais pas la gauche sur place.
11:28Les militants sur place
11:29qui ont milité à Ilan Beaumont,
11:30à Billy Montigny, à Liévin,
11:31à Ville, depuis 1912,
11:33qui était socialiste,
11:33qui bascule 30 000 habitants.
11:35Ce n'est pas personnellement
11:37de la faute des militants.
11:38Les élus, peut-être plus déjà.
11:39Mais il y a des vagues nationales.
11:41Ce qui se passe là, par exemple,
11:42le spectacle donné par le Parti socialiste,
11:44excusez-moi,
11:44c'est incompréhensible,
11:46c'est déplorable.
11:46Donc moi, je le dis,
11:48nous avons posé
11:48une proposition de primaire.
11:50Peut-être que j'en parlais encore
11:51hier soir avec Olivier Faure.
11:52Peut-être qu'on est moins intelligents qu'eux.
11:54Peut-être qu'ils ont une super idée
11:55qu'ils ne nous ont pas encore exposées
11:56qui permet de gagner sans ça.
11:58Mais le fait de dire
11:59nous, on va flinguer...
12:01Qu'est-ce qu'il nous a répondu ?
12:02On discute beaucoup,
12:03mais ça, ça nous concerne.
12:04Et on ne va pas se laisser faire.
12:05C'est ça que je veux vous dire.
12:06Nous sommes très déterminés.
12:07Pourquoi ?
12:08Vous préférez le secret des alcôves
12:09plutôt que l'expression publique
12:11des accords politiques ?
12:12Je précise.
12:13Non, mais nous aurons des prises
12:14de position publiques.
12:15Il n'y a pas de problème.
12:15Moi, je sors vendredi prochain
12:17un manifeste qui s'appelle
12:18ce que nous vous devons.
12:19Une sorte de manuel de défense
12:20de la primaire
12:21qui explique point par point.
12:22Et moi, je vais vous dire,
12:22je l'aurais posé.
12:23La responsabilité devant l'histoire,
12:24elle sera prise.
12:25Nous prenons la bonne décision.
12:27Et tout ça risque de très mal se finir.
12:29J'en ai bien conscience.
12:30Mais vous savez,
12:31les Boris Vallaud,
12:32les Raphaël Luxman
12:33qui s'obstinent,
12:34quand tout ça,
12:35ce sera très mal terminé,
12:36leur virilisme
12:37et leur déclaration péremptoire
12:39de cap clair
12:40comme s'ils avaient
12:40le monopole des valeurs.
12:41Excusez-moi,
12:42avoir des valeurs de gauche
12:42et aussi faire en sorte
12:43de pouvoir proposer
12:44des villes de gauche
12:45aux gens qui habitent
12:45les territoires
12:47auxquels on se présente,
12:48que ce soit les municipales
12:49ou la présidentielle.
12:50Ça, c'est une valeur de gauche.
12:51Quant à Brest,
12:52il y a des gens au RSA
12:52qui sont harcelés
12:53par le département
12:54et qui, parce qu'ils ont gagné
12:5530 euros au créneau
12:56se font radier du RSA,
12:57que le maire très proche
12:58de François Hollande de Brest
12:59dit je l'essaye de faire alliance
13:00au deuxième tour
13:01pour essayer de sauver cette ville
13:02parce que je suis président du CCS
13:03et je sais qu'après le RSA,
13:05il ne leur reste plus rien
13:05et que soit ils ont de la famille,
13:06des amis,
13:07soit ils se retrouvent à la rue.
13:08Excusez-moi,
13:08c'est des valeurs de gauche aussi.
13:09Alors Marine Le Pen,
13:10Marine Tondelier, pardon.
13:11Ah oui, alors là,
13:12si vous m'avez fait Marine Le Pen,
13:13je pars.
13:13Pas du tout révélateur,
13:14Marine Tondelier.
13:15Le gouvernement,
13:16en parlant de pouvoir d'achat justement,
13:17le gouvernement a annoncé hier soir
13:19un plan d'aide
13:19à 70 millions d'euros
13:21de mesures ciblées
13:22pour les professions
13:23qui étaient touchées
13:23par la hausse du prix du pétrole.
13:25Les pêcheurs,
13:25les agriculteurs,
13:26les transporteurs,
13:27ils disent tous
13:27que c'est insuffisant.
13:29Qu'est-ce que vous pensez
13:30de ces mesures d'aide ?
13:31Alors oui,
13:31c'est insuffisant,
13:33par ailleurs,
13:33au moins,
13:34ils sont un petit peu aidés.
13:35Les particuliers,
13:35aujourd'hui,
13:36ne le sont pas.
13:36Vous souhaiteriez qu'ils soient aidés ?
13:38À la pompe,
13:38je crois que c'est à peu près
13:3970 centimes de plus
13:40qu'avant.
13:41LFI demande un blocage des prix.
13:43On est un peu au-dessus des deux.
13:44Nous, nous ne sommes pas
13:44pour un blocage des prix
13:45et pour une raison très simple
13:46avec laquelle, normalement,
13:47la France Insoumise
13:47devrait être d'accord avec moi,
13:49c'est qu'un blocage des prix,
13:49ça coûte de l'argent public.
13:51On peut se dire qu'on s'en fout,
13:52c'est quand même un sujet.
13:53Mais ça concerne tout le monde.
13:55Et moi, je ne suis pas d'accord
13:56que quelqu'un qui est très aisé,
13:58qui a une voiture
13:59dont il pourrait se passer
14:00parce qu'il y a des transports
14:00en commun à disposition
14:01et qui a décidé
14:02de s'acheter un gros SUV
14:03de 3 tonnes
14:04parce qu'il a plein d'argent,
14:05je ne suis pas d'accord
14:06pour qu'on subventionne son essence.
14:08Il a quelque chose de lui-même.
14:09Il a l'argent.
14:09Moi, je veux une aide ciblée
14:11selon les revenus, évidemment,
14:13mais aussi selon le besoin.
14:14Écoutez, quelqu'un qui a
14:14un véhicule diesel
14:15parce que l'État lui a dit
14:16d'en acheter un.
14:16C'est comme ça qui s'est passé
14:18et qu'il y en a besoin
14:18pour aller travailler.
14:19Et comme des tas de Français
14:20aujourd'hui se privent
14:22de nourriture
14:23pour se payer le plein d'essence
14:24pour aller travailler,
14:25là, les gens doivent être aidés.
14:26Surtout qu'il y a de l'argent
14:26parce que cette crise énergétique
14:28fait rentrer beaucoup d'argent
14:30dans les caisses de l'État.
14:31Beaucoup plus d'argent
14:32de recettes fiscales
14:33supplémentaires imprévues.
14:34Donc, on peut les réallouer
14:35à des chèques énergie ciblées
14:37et parce que les pétroliers
14:40vont faire des super profits.
14:42Et donc, il faut une aide
14:43pour acheter de l'essence.
14:44C'est étonnant que vous disiez ça
14:45à vous qui êtes écologiste.
14:46Mais parce que, attendez,
14:46moi, j'ai prené des mesures
14:47de moyen terme.
14:48J'ai été scandalisée
14:49quand, dans le projet
14:49de loi de finances,
14:50le gouvernement a supprimé,
14:52ils n'ont même pas baissé,
14:52ils ont supprimé le leasing social.
14:54Ils ont dit aux gens
14:54pendant des années
14:55acheter du diesel
14:55et maintenant, ils disent
14:57vous êtes des criminels,
14:58voilà, donc on ne vous aide plus
15:00et on ne vous aide pas non plus
15:01à changer de voiture.
15:02Ils sont piégés, les gens.
15:03Donc, moi, on a manifesté.
15:05J'ai eu une réunion à Matignon
15:06il n'y a pas longtemps
15:07où j'ai dit
15:07vous ne pouvez pas faire
15:09comme si ce n'était pas de votre faute.
15:10Ce n'est pas juste
15:10ce qui se passe en Iran.
15:11C'est la robustesse de la France
15:13qui est en question.
15:13C'est un concept
15:15qu'on utilise beaucoup en ce moment.
15:17Vous savez,
15:17qui est inspiré de la nature.
15:18L'arbre qui, malgré les saisons,
15:19le vent, tient debout.
15:20Nous, on doit travailler
15:21la performance, performance.
15:22On en parle tout le temps.
15:23Il faut qu'on travaille
15:23la robustesse.
15:24Et aujourd'hui,
15:25dans un arsenal,
15:26en temps de guerre,
15:27nous sommes en temps de guerre,
15:28on ne peut pas avoir
15:28que des bombes et des munitions.
15:30Il faut de l'indépendance
15:30et de la souveraineté.
15:31Marine Condelier.
15:32Avec grand plaisir.
15:33Jean-Louis Roland
15:34qui, sur l'application
15:35de Radio France,
15:36vous disent que votre discours
15:38est largement inaudible
15:39parce qu'on voit
15:40que le monde
15:40est très largement,
15:41encore très largement
15:42dépendant du pétrole.
15:44Comment convaincre
15:45qu'il faut sortir
15:46des énergies fossiles
15:47quand tout indique
15:49qu'on est accro ?
15:50C'est exactement
15:51ce que je viens de vous dire.
15:52C'est qu'il y a des solutions
15:52quand même.
15:53Vous savez,
15:53au moment de la guerre
15:54en Ukraine,
15:55on s'est dit
15:55on a un problème.
15:57On est déjà allé chercher
15:58beaucoup de gaz de schiste
15:59aux Américains.
15:59Maintenant qu'on a Donald Trump,
16:01on se demande
16:01si on a bien fait.
16:02Mais on voit bien
16:03qu'aujourd'hui,
16:03un gros sujet géostratégique,
16:05c'est notre souveraineté,
16:07notre autonomie.
16:08Quand je vais défendre
16:08les salariés d'Arcelor,
16:10c'est évidemment
16:10pour leurs droits sociaux
16:11parce que c'est
16:12une famille sur cinq
16:12à Boulogne,
16:13Saint-Omer et Dunker
16:14qui dépend de cette entreprise.
16:16Mais c'est aussi
16:17parce qu'une fois
16:18qu'Arcelor ferme,
16:19on n'a plus d'acier
16:19produit en Europe.
16:20On va dépendre
16:21de la Chine et des Etats-Unis
16:22pour le restant de notre vie
16:23parce qu'on ne pourra pas
16:23réouvrir des hauts fourneaux.
16:24Quand je défends
16:25le leasing social,
16:26c'est pour qu'on se sèvre
16:28du pétrole.
16:33Mais c'est aussi
16:34une mesure géopolitique.
16:35On avait d'ailleurs
16:36des affiches à l'époque
16:36« Isolons nos maisons,
16:37isolons Poutine ».
16:38Vous savez ce qu'ils ont fait
16:40à la prime rénov',
16:42les génies qui nous gouvernent ?
16:44Ils ont baissé les mesures
16:46et quand on enlève
16:46un milliard à ma prime rénov',
16:48on empêche la rénovation
16:50de 100 à 150 000 logements
16:51en un an,
16:52soit l'équivalent
16:52de la ville de Lille
16:53ou de la ville de Rennes.
16:54Donc moi, je ne prends pas
16:54de leçons de sérieux
16:55de ces gens-là
16:56et je continue à prendre
16:57l'écologie
16:57pour le pouvoir d'achat,
16:58pour le climat,
16:59pour l'emploi
17:00et puis pour la paix
17:01dans le monde.
17:02Évidemment,
17:02c'est une mesure écologique.
17:04La paix dans le monde,
17:04c'est une très belle idée.
17:06Mais on ne pourra pas
17:07la défendre
17:07si on n'est plus souverain.
17:08Y aura-t-il une primaire
17:09à gauche ?
17:10Je l'espère
17:11et si on n'en parle,
17:12je souhaite bon courage
17:13à tout le monde
17:13et à ceux qui nous auront
17:14entraînés là
17:14pour le justifier
17:15et pour en assumer
17:16des conséquences.
17:17C'est-à-dire ?
17:18La victoire
17:19du Rassemblement national ?
17:20Notre absence
17:21au deuxième tour,
17:22en tout cas,
17:22c'est quand même
17:22notre travail dans la vie.
17:23On a des solutions,
17:25elles sont devant nous,
17:25aux socialistes de tranchée.
17:27On les regarde
17:27et l'histoire les regarde.
17:28Merci Marine Tondelier
17:30d'avoir été l'invité
17:30de France Inter ce matin.
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