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La santé économique des entreprises pose questions face au conflit au Moyen-Orient. Doit-on craindre des faillites en France ? Arnaud Montebourg tente de répondre.

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00:00Puisqu'en fait tout ça avait déjà commencé avant les bombardements, mais on a l'impression que la guerre en
00:05Iran va mettre finalement un coup d'accélérateur à cette vague de faillite qui a déjà commencé.
00:12Si on regarde la note conjecturelle de l'INSEE cette semaine, elle n'est pas du tout optimiste. Est-ce
00:17que vous pouvez nous la décrypter ?
00:18Vous avez l'accélérateur qui est le prix de l'énergie avec les produits pétroliers qui se propagent sous forme
00:25d'inflation et nous sommes en train de retrouver les 2%.
00:292% c'est le mandat de la Banque Centrale Européenne. Jusque-là il n'y a pas de problème,
00:34mais c'est une moyenne.
00:35Donc vous allez avoir des secteurs qui vont être très très durement touchés, c'est là que les aides ciblées
00:39du gouvernement peuvent être utiles
00:41et qui peuvent éviter justement l'enchaînement et la diffusion à toute l'économie. Donc pour l'instant, pas de
00:47panique.
00:48Pas de panique vous dites et néanmoins pas de croissance non plus. Quand on regarde les prévisions de la Banque
00:53de France, elles ne sont pas royales.
00:56Je crois que c'est plus 0,3% sur l'année. Ça c'est quand même pas une bonne
01:01croissance pour un pays.
01:03Vous savez, on a ça en moyenne depuis très longtemps. On a eu, c'est vrai, des regains. Mais franchement,
01:08on n'a pas des excellents taux de croissance en Europe.
01:11C'est d'ailleurs tout le problème de l'Union Européenne et de sa promesse. C'est que nous n
01:15'avons pas été en mesure d'avoir ce qu'ont connu les États-Unis,
01:19ceux que connaissent les pays émergents ou émergés comme la Chine. Donc la France se comporte plutôt bien par rapport
01:26aux autres pays européens.
01:27L'Allemagne va afficher quand même des résultats très difficiles. Et eux ont perdu 150 000 emplois industriels l'année
01:34dernière.
01:34Et attention à ce qui se prépare dans l'automobile qui est extrêmement préoccupant en France comme en Allemagne.
01:39Vous dites effectivement qu'on se comporte bien comparé à nos voisins européens. Et néanmoins, j'imagine que les Français
01:45devant leur télévision se disent
01:46« Mais moi, où en est-il, mon pouvoir d'achat ? » Si effectivement la guerre en Iran se
01:50prolonge, pensez-vous qu'il y aura des répercussions pour le pouvoir d'achat des Français ?
01:54Évidemment, puisque les Français sont en première ligne sur les hausses de prix. Mais aujourd'hui, les industriels disent, quand
02:00vous faites des enquêtes de carnet de commandes,
02:03ils disent « Nous n'avons pas l'autorisation de répercuter nos prix ». Donc pour le moment, ce sont
02:07les marges des entreprises qui s'écoulent.
02:08Donc là, c'est les faillites. Et donc c'est ça le problème pour l'instant.
02:12Regardons ces chiffres. Regardons ces chiffres, puisqu'en 2025, il y a eu 70 000 défaillances. Et en 2019, il
02:19y en avait 51 000.
02:21C'est-à-dire qu'on a l'impression, quand on regarde les chiffres, que c'est plus 33 %
02:25en 6 ans que les faillites dans le pays s'accélèrent.
02:28Vous avez depuis des années un pays qui est à peu près en forme normale avec un taux de croissance
02:34qui est acceptable, raisonnable.
02:36Vous avez environ 50 000 à 50 000 faillites par an. Ça, c'est la normalité. C'est ce qu
02:41'on appelle la destruction créatrice.
02:43Des entreprises naissent, d'autres meurent. Mais là, nous sommes à 20 000 de plus. Et ça, ça ne diminue
02:51pas.
02:51Le Covid a fait baisser, c'est remonté. Et là, nous sommes dans une anormalité criante et très dangereuse.
02:57Qu'est-ce qui se passe-t-il ? Les entreprises, aujourd'hui, sont en difficulté parce qu'elles n
03:01'ont pas digéré la hausse du prix de l'électricité.
03:03Et elles doivent rembourser les dettes du Covid. Et maintenant, la vérité est là.
03:08Quand elles ne peuvent pas, elles vont au tribunal de commerce, elles sont en faillite.
03:10Et vous avez aujourd'hui une hémorragie dans les PME, les ETI qui commencent à être touchées.
03:15Et nous avons là le tissu industriel dans les territoires qui commencent à souffrir très durement.
03:20Et ça se voit très bien dans les usines, puisqu'il y a évidemment plus de fermetures d'usines
03:25que d'ouvertures d'usines, avec énormément de métiers qui sont menacés.
03:2910 000 emplois menacés au minimum, 124 usines menacées.
03:32Et 86 ouvertures. Donc vous voyez qu'on se désindustrialise encore.
03:38Attention, parce que ça, ce sont les chiffres avant les bombardements en Iran.
03:43Donc ça, c'est l'état de la situation avant les risques d'aggravation
03:47que nous venons d'essayer de mesurer ensemble sur des hypothèses et des conjectures.
03:51Donc nous avons là, devant nous, des moments difficiles à passer.
03:56Il va falloir sortir le plan hors sec, comme on dit dans les moments d'urgence.
04:01Et on le voit sur ces images énormément.
04:03Venez avec moi, Arnaud, d'exemples concrets d'entreprises qui ont fermé.
04:08On pense à Brandt, on pense à Vancorex, avec effectivement 35 à 45 000 suppressions nettes
04:14dans l'industrie manufacturière.
04:16Vous avez été ministre du redressement productif.
04:19Est-ce que vous pensez que l'État est responsable, que la politique étatique a été mauvaise
04:25et que, finalement, qui sont les responsables ?
04:28Vous savez, la question de la réindustrialisation, ça ne peut pas être un objet de communication.
04:33Ça doit être un objet de mobilisation nationale de tout le monde.
04:36Les banques, les supermarchés, la grande distribution, les consommateurs.
04:42Tout le monde doit partie.
04:43L'État, bien sûr, la fiscalité, ce sont des sujets...
04:46Le prix de l'énergie, par exemple, en France, est trop élevé.
04:50Il n'est toujours pas redescendu comme il l'était en 2019.
04:53Donc, vous avez des entreprises qui tombent.
04:55Et il faut faire redescendre le prix.
04:57Et qui vont tomber si ça continue, si cette guerre en Iran continue.
05:00Vous pensez qu'on va vers une vague de faillite encore pire.
05:03– Exactement.
05:04Et par ailleurs, vous avez des problèmes de fiscalité.
05:06C'est-à-dire qu'en France, on taxe la production.
05:08Alors que ce n'est pas la production qu'il faut taxer quand on a besoin de production.
05:13Au contraire.
05:14Nous avons le problème du système financier, bancaire, qui est très florissant.
05:18Très flamboyant, les banques françaises.
05:20Mais que vaut-il mieux ?
05:21En Allemagne, en Italie, par exemple, qui sont des pays qui ont une solidité industrielle,
05:26vous avez une économie robuste, mais des banques qui ne sont pas celles que nous avons en France.
05:31Est-ce qu'il vaut mieux avoir des banques qui portent moins bien une économie plus solide
05:36ou une économie qui est quand même très abîmée et des banques florissantes ?
05:40C'est cette situation dans laquelle nous sommes.
05:42Les banques ne financent pas le risque économique des entreprises.
05:45Donc il y a une réforme bancaire à faire.
05:47Donc tout ça, c'est un travail transpartisan et sur le long terme.
05:51Et c'est un travail qui n'a pas été engagé.
05:54Et c'est ça qu'il faut faire.
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