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Avec Joseph Francis, chef d'entreprise à Montpellier, faisant partie des 36 candidats à la reprise des actifs du groupe d'électroménager français Brandt


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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-03-26##

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News
Transcription
00:00Depuis la liquidation judiciaire du groupe d'électroménagers Brant, l'11 décembre 2025,
00:05de nombreux repreneurs publics et privés se sont positionnés,
00:08mais le tribunal des activités économiques de Nanterre a retenu vendredi 13 mars
00:12l'offre du distributeur CAFOM, qui ne prévoit que la reprise des stocks,
00:17marques et brevets du fabricant français d'électroménagers.
00:19On en parle avec l'un des 36 candidats à la reprise des actifs du groupe, Joseph Francis. Bonjour.
00:25Bonjour Joseph Francis.
00:27Bonjour.
00:27Merci d'être à l'enquête de Sud Radio en direct avec nous.
00:31C'est un sujet qui nous a beaucoup interpellé, cette tragédie, j'appelle ça une tragédie, de Brant à Orléans.
00:38Les pouvoirs publics, les collectivités locales concernées,
00:41que ce soit le maire d'Orléans ou le président du conseil régional Centre-Val-de-Loire,
00:46voilà, M. Grouard et M. Bonneau avaient bon espoir que le tribunal de Nanterre
00:52accueille favorablement les solutions qui lui ont été proposées.
00:54coup de théâtre, projet retoqué, en un premier temps, avant que vous nous donniez, vous,
00:59vos explications sur ce que vous avez vécu, c'est un énorme gâchis.
01:04Il y avait vraiment la possibilité de sauver Brant, ou c'était un dossier quand même difficile ?
01:12C'était un dossier difficile, comme tous les dossiers industriels, mais c'est aussi un énorme gâchis.
01:16C'est un énorme gâchis parce qu'une fois de plus, on parle de réindustrialisation,
01:22et on ne fait pas ce qu'il faut pour maintenir l'industrie sur le territoire français.
01:28En réalité, il y avait une solution industrielle, il n'y en avait pas d'autre.
01:34Toutes les autres propositions, c'était des distributeurs qui voulaient acheter les marques
01:38pour fabriquer dans des pays low cost et vendre des produits comme si c'était des produits français.
01:45Tous ! Et la seule solution industrielle, nécessité du travail, de l'effort, de l'investissement,
01:52une fois de plus, on est passé à côté.
01:55Je regrette infiniment, et je pense à ces salariés qui aujourd'hui,
01:59qui ont un savoir-faire énorme, immense savoir-faire, savoir-faire français,
02:05ils ont créé, dans le temps, ils ont créé la plaque chauffante à induction,
02:09ils ont fait énormément de progrès.
02:11Et l'électroménager français, malheureusement, est mort industriellement,
02:17alors que c'était un des plus recherchés au monde.
02:20Nos marques sont en train de disparaître au profit des Chinois et des pays low cost.
02:26Je le regrette infiniment.
02:27Comment se fait-il, justement, Joseph Francis, qu'en ayant des fleurons tels que Brant,
02:31et je souviens, dans mon enfance, les publicités,
02:34l'homme demande à son ami, elle a quoi comme machine à la vie, ta femme ?
02:38Et il dit, mais elle ne m'en parle jamais, parce que ça ne tombe jamais en panne,
02:41et il appelle sa femme, c'est une branche, c'était une pub célèbre.
02:44Comment se fait-il que toutes ces productions, j'allais dire, de biens de consommation,
02:49aient pu être éradiquées aussi facilement par la concurrence,
02:53nous savons bien, concurrence déloyale, pas libre, effaussée des industries asiatiques,
02:58comment se fait-il que les pouvoirs publics aient laissé se désagréger
03:01ce formidable patrimoine industriel en quoi ? En 20, 20 ou 30 ans ?
03:05Parce que malheureusement, on ne fait pas ce qu'il faut, on fait des annonces,
03:10mais la réalité, c'est qu'il faut prendre le taureau par les cornes,
03:14nos industries sont vieillottes, il faut moderniser notre outil industriel,
03:19il faut accepter la mondialisation et se placer dans la mondialisation,
03:23la France a sa part dans la mondialisation.
03:25On ne peut pas rejeter la mondialisation et ne pas faire ce qu'il faut
03:29pour être compétitif dans la mondialisation.
03:32En matière d'électroménager, la brande avait une place dans l'électroménager haut de gamme,
03:42c'est-à-dire à forte valeur ajoutée.
03:44Pour cela, il aurait fallu que, depuis des années,
03:47il y ait des investissements pour moderniser l'outil
03:50et pour le consacrer sur la partie haut de gamme de l'électroménager.
03:55Et là, il y avait un marché mondial qui nous ouvre les bras.
03:57Et le monde entier souhaite acheter français,
04:00le luxe français est connu dans le monde entier,
04:03la valeur française est connue.
04:06Sauf que malheureusement, les décideurs ne regardent pas loin.
04:10On n'a plus de vision, on n'a plus de plan,
04:12on ne met plus les moyens pour moderniser notre outil industriel.
04:16Hélas, il y aura d'autres brandes en France si on ne fait rien.
04:19On en a tous les jours depuis longtemps.
04:22Donc, vous, ce que vous suggériez à l'époque,
04:23au moment où il était encore temps,
04:25c'était de, pour faire face à cette concurrence déloyale,
04:29cette compétitivité relative de la mondialisation,
04:32monter en gamme la qualité des bras du brande
04:34parce qu'il y avait la technologie compétente.
04:37Il y avait une viabilité.
04:39Joseph Francis, est-ce que c'est un tribunal de commerce ?
04:43Il y a deux paramètres dans ce que vous dites,
04:44et c'est très important.
04:45Il y a l'intérêt économique du pays,
04:48il faut préserver notre patrimoine industriel.
04:49Et puis ensuite, eux, les juges vont juger sur la viabilité économique du projet.
04:55Là, les juges ont jugé à Nanterre,
04:57même si beaucoup de responsables ont dit
04:59quel jugement étonnant, alors que c'était viable.
05:02Le jugement du tribunal administratif de Nanterre est contestable ou difficile à interpréter ?
05:10C'est le tribunal économique.
05:12Je pense que pour amener le tribunal à prendre une décision en faveur d'une industrie,
05:17il aurait fallu que ceux qui se sont occupés du dossier sur le plan des pouvoirs publics
05:24donnent une crédibilité au dossier industriel.
05:28Le 24 décembre, quand le maire de Rouen déclare que la solution de vente existait
05:33en voulant faire des drones...
05:35Pardon ?
05:36Maire d'Orléans.
05:37Maire d'Orléans.
05:38Maire d'Orléans, pardon.
05:39Monsieur Grouard.
05:41Pardon.
05:41Quand il a déclaré qu'il allait faire des drones
05:45ou des appareils, des ordinateurs,
05:50ou à la fin, ils ont parlé même de pompes à chaleur
05:55à la place des lignes de production de plaques chauffantes,
05:58aucun tribunal ne peut accepter ce genre de discours fantaisiste.
06:03En réalité, je crois que le maire d'Orléans
06:08et le département économique de la métropole d'Orléans
06:13portent une lourde responsabilité dans ce qui est arrivé,
06:17parce qu'ils n'ont pas jugé bon de soutenir un vrai dossier industriel.
06:22Et la réalité, elle est malheureusement cruelle,
06:25c'est qu'aujourd'hui, on va se retrouver avec des friches industrielles.
06:28Qu'est-ce que vous proposiez vous-même, Joseph Francis,
06:31comme projet de reprise de Brandt ?
06:33Alors, le projet que j'ai proposé est simple.
06:36Moi, j'ai travaillé avec le savoir-faire des managers
06:40et des techniciens de Brandt.
06:42Nous avons travaillé sur l'usine existante.
06:45Malheureusement, elle était obsolète.
06:46Depuis des décennies, il n'y a pas eu d'investissement
06:49pour moderniser l'usine.
06:50Il y a 3-4 ans, le directeur industriel a demandé
06:53à ses propriétaires algériens d'investir
06:57pour moderniser une ligne de production.
06:58Ils l'ont refusée en disant qu'ils n'ont pas les moyens.
07:01En fait, c'est une usine qui brûlait tous les ans 11 millions d'euros
07:05parce qu'elle n'était pas au jour.
07:13En réalité, ce que nous avons proposé,
07:16c'est de créer une nouvelle usine,
07:18moderne, automatisée,
07:21en mettant en place les moyens en recherche et développement,
07:25en nous concentrant sur le haut de gamme
07:27de la marque de Dietrich et de Brandt.
07:29Voilà ce que nous voulions faire
07:31et ce que nous avions comme prévisionnel,
07:33c'est que quand l'usine serait en vitesse de croisière,
07:37nous serions avec plus de 20% de débitda,
07:40c'est-à-dire de résultats opérationnels,
07:43ce qui est colossal.
07:45Ça marche, ça existe.
07:47Malheureusement, les décideurs marchent sur la tête.
07:49Vous aviez trouvé les fonds nécessaires pour réinvestir ?
07:53Alors, nous avions trouvé,
07:54nous avons proposé en priorité
07:57au centre Val-de-Loire et Orléans,
07:59ils n'ont pas accepté.
08:00Nous avons trouvé dans la région Île-de-France
08:03et dans l'agglomération de Sergie-Pontoise,
08:08des partenaires,
08:10une société d'économie mixte.
08:11Je salue à la fois le président de l'agglomération de Sergie
08:15et la présidente de la région Île-de-France
08:17qui ont mis en place un bâtiment
08:19pour la nouvelle usine
08:21sous forme de l'ISBAC
08:22et nous avions les fournisseurs
08:24qui devaient nous mettre à disposition les machines
08:26sous forme aussi de l'ISBAC.
08:28Et ces amortissements étaient prévus dans notre compte d'exploitation.
08:31Sur quel élément ?
08:32Le projet était sur le point de se finaliser ?
08:38Le projet était financièrement assuré,
08:41équilibré et qui était viable.
08:43Sur quel argument le tribunal de Nanterre
08:48a appuyé son refus ?
08:50Quelle est la faille qu'il a considérée
08:52comme suffisamment importante
08:55pour ne pas donner suite aux propositions
08:56qui avaient été faites ?
08:59Alors, c'est purement un problème économique.
09:03Le problème économique,
09:04c'est-à-dire que le concurrent
09:06qui a acheté les marques et les stocks,
09:08il a mis près de 20 millions d'euros.
09:11Alors que nous, en tant qu'industriels,
09:13notre but, ça n'était pas d'acheter
09:15les marques et les stocks à des prix exorbitants.
09:16C'était surtout de garantir la qualité pour le parc.
09:22Parce que vous savez,
09:25quand vous vendez de l'électroménager,
09:27vous devez garantir la qualité de vos produits.
09:29Aujourd'hui, personne ne garantit
09:31de tout ce qui a été vendu depuis 10 ans sur le parc.
09:35C'est-à-dire, vous avez une machine à Brandt chez vous,
09:38vous vous adressez à Brandt aujourd'hui pour dire
09:40« Attendez, je suis en panne, elle est sous garantie ».
09:43Vous n'avez plus de garantie.
09:44Nous, nous avions prévu d'assurer cette garantie.
09:46C'est d'ordre plutôt commercial, moral et aussi économique.
09:51Parce que vous ne pouvez pas acheter une marque
09:54dont les clients vous disent « On n'en veut pas »
09:56parce qu'elle n'est pas garantie.
09:57Donc, en fait, nous avons privilégié le marché,
10:01nous avons privilégié l'industrie
10:03et non pas, malheureusement, les créanciers.
10:06Et le tribunal a privilégié les créanciers.
10:08À qui appartient le label Brandt maintenant ?
10:11Qui est propriétaire de ce label, qui est un label glorieux ?
10:14Oui. Selon l'ordonnance du tribunal, c'est Acafam,
10:18qui est un distributeur qui prévoit d'acheter des produits fabriqués en Chine
10:23pour les vendre dans le monde entier.
10:24Avec la marque Brandt ?
10:28Absolument. Avec les quatre marques.
10:29Brandt, de diétriche, vedette et sauter.
10:34Il y a un risque de tromperie du consommateur.
10:36Parce qu'il y a des gens qui penseront qu'ils achètent de la qualité Brandt
10:39alors que ça n'en sera pas.
10:43Alors là, la qualité, je n'en sais rien.
10:45La seule chose que je sais, c'est que l'industrie française est morte.
10:48Et ça, je le déplore.
10:50Moi, je prône la réindustrialisation et non pas la vente de nos marques
10:55à des industries étrangères.
10:57Je pense que ce sera une thématique qui sera au cœur du débat politique
11:02pendant l'élection présidentielle.
11:04Merci Joseph Francis d'avoir pu témoigner en direct.
11:07On regrette que vous n'ayez pas eu gain de cause auprès du tribunal de Nanterre.
11:12Et on espère que, peut-être, des jours meilleurs pour la société Brandt
11:16si on peut encore espérer que ce fleuron de l'électroménager français est un avenir.
11:20Merci pour votre présence.
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