00:00Tout pour investir, arbitrage.
00:04Et on retrouve avec plaisir, comme assez souvent, ces temps-ci,
00:08Alexandre Baradez, DJ. Bonjour Alex.
00:10Bonjour Antoine.
00:10Alors, un marché très très indécis, on va parler de la tendance vraiment à très court terme,
00:15pour le coup, un CAC 40 qui a un peu de mal à se décider,
00:18mais enfin la tendance n'est pas si mauvaise, on a rattrapé le coup hier après une séance,
00:23mais alors, ça faisait très longtemps qu'on n'avait pas eu autant de volume,
00:286,7 milliards lors de la séance d'hier, avec ce gros retournement qu'on a largement commenté.
00:34Ça venait après un vendredi des Quatre Sorcières,
00:37où personnellement, ça fait bien des années où je n'avais pas vu un volume quotidien pareil,
00:41à 11 milliards, 11 ou 12.
00:44Gros, gros volume, gros positionnement,
00:46là on a l'impression que la poussière retombe un petit peu,
00:48mais ça ne nous donne pas plus de précision sur Oval qu'à 40 en gros.
00:52Effectivement, ce qui s'est passé hier, ça a coupé le feu, on va dire.
00:54Il y avait un incendie qui était déclaré, et puis Trump a coupé le feu,
00:57comme il l'a déjà fait par le passé, par les déclarations.
01:01C'est vrai que la question qui se pose aujourd'hui,
01:03on a tous évidemment hier surveillé les déclarations du coup,
01:06après le message de Trump, du côté des Iraniens,
01:09il y a eu différentes sources, des agences de presse qui citaient des officiels,
01:12vous avez aussi eu le compte Twitter du responsable du Parlement iranien,
01:16donc on essayait de voir si ça matchait un petit peu avec les propos de Trump,
01:19on attendait aussi les propos des Israéliens,
01:21donc c'est que dans ce genre de situation-là, on sait que Trump va surprendre un peu les choses,
01:25mais généralement aussi, quand il commence à mettre le doigt quelque part,
01:28c'est peut-être qu'il y a un fond de vérité,
01:29donc on essaie de voir quel est ce fond de vérité,
01:31et aussi quel est le calendrier peut-être prévu.
01:33Mais c'est vrai que le message, vous l'avez dit,
01:35la tendance a du mal à s'établir,
01:36parce qu'au même moment on voit des informations sur lesquelles
01:38des troupes américaines seraient quand même en route,
01:40c'est une zone stratégique,
01:42et que le délai de cinq jours pourrait correspondre à l'acheminement de ces troupes
01:44sur une partie de territoire clé.
01:46Donc ça reste à surveiller.
01:50Je dirais que ce qu'on regarde,
01:53vu que là vous parliez effectivement un peu des intervenants précédents,
01:56des secteurs,
01:56moi j'ai bien regardé sur un mois ce qui s'est passé sur les secteurs européens.
02:00C'est vraiment instructif,
02:01parce qu'on voit, c'est un clôture de la période Iran,
02:03et on voit ce qui tient bien et ce qui ne tient pas bien.
02:05Et dans ce genre de situation,
02:07où on est un peu à cheval entre les deux,
02:09on voit qu'en haut du spectre,
02:11évidemment ce qui a le plus marché, c'est l'énergie.
02:12En milieu de zone, dans les secteurs européens,
02:14et sur la partie française aussi,
02:16c'est Télécom, par exemple, Utilities,
02:19ces secteurs-là sont...
02:19En structure, thématique souveraineté, on va dire.
02:22Voilà, et c'était assez résilient.
02:23C'est-à-dire que ça, je trouve, par exemple, en ce moment,
02:25dans ce milieu de zone,
02:26avoir des Télécoms en portefeuille,
02:28sachant que c'est assez peu cher les Télécoms,
02:29ça c'est vraiment un secteur,
02:30on reprend peut-être dans 6 mois ou 12 mois,
02:32on peut faire un bilan.
02:33Et avec du rendement en plus.
02:33Voilà, exactement.
02:34C'est un secteur qui n'est pas très cher,
02:35des bons rendements,
02:37possibilité de concentration à un moment donné,
02:39volonté aussi peut-être de rendre ça un peu plus stratégique
02:43pour contrebalancer les effets
02:44ou se mesurer aux Chinois et aux Américains
02:46en termes de structure.
02:47Et donc là, il y a un vrai terme, effectivement,
02:48de souveraineté.
02:49Donc la partie Télécom, pour moi,
02:50je mets vraiment dans mon top 3 des sélections
02:53de secteurs européens et valeurs françaises
02:55à travailler.
02:56Et puis, vous avez en bas du spectre,
02:57tout ce qui a le plus souffert,
02:58assez logiquement,
02:59vous avez la consommation discrétionnaire,
03:01donc forcément, les prix d'énergie grimpent, etc.
03:03Ça craint sur la consommation discrétionnaire,
03:05le secteur auto également,
03:06tout ce qui est industrie,
03:07secteur auto avec le prix d'énergie.
03:09La sidérurgie,
03:10ArcelorMittal,
03:11c'est devenu le témoin de stress des marchés
03:13sur l'énergie, là, ces derniers temps.
03:15C'est étonnant.
03:15La question, c'est, une fois qu'effectivement,
03:17le cyclone est déjà bien passé,
03:20je pense qu'il est opportun,
03:23de manière, on va dire, modérée,
03:24mais de reprendre un peu de position
03:26sur les secteurs comme ça
03:27qui ont le plus souffert, en fait,
03:28sachant que si on parle
03:29de la consommation discrétionnaire,
03:30donc tout ce qui est luxe notamment,
03:32c'est un secteur qui n'avait pas attendu
03:33la crise iranienne pour déjà baisser pas mal.
03:36Il y avait un rebond qui s'était mis en place
03:37sur quelques grosses valeurs du luxe
03:38et puis c'est un petit peu retombé.
03:39Donc je trouve que ces secteurs
03:40qui, là, se prennent une deuxième couche de stress
03:42avec la question des prix d'énergie
03:44de la situation géopolitique,
03:45je trouve qu'il peut y avoir,
03:46et ça on le disait déjà,
03:47sur les secteurs type auto,
03:49sur les valeurs du luxe,
03:51je pense que ça vaut le coup, effectivement,
03:53de prendre une petite position,
03:54non pas dans l'idée qu'on touche le point bas
03:56et que ça rebondit tout de suite,
03:57mais dans l'idée qu'une grosse partie
03:58de la phase de volatilité
03:59a quand même été déjà essorée
04:00et qu'il est possible
04:02qu'on en ait encore un petit peu devant nous,
04:03mais qu'on est peut-être à mi-chemin,
04:04on va dire, de cette phase-là.
04:06Voilà, donc c'est un peu le sentiment,
04:07mais il y a quand même
04:08une grosse ventilation de performance
04:09entre les top performeurs
04:10des secteurs européens
04:11et les moins bons performeurs.
04:12Les moins bons,
04:13ils sont à moins 15, moins 16
04:14sur un mois,
04:15sans compter, par contre,
04:16la séance d'hier
04:17où il y a eu un petit rebond, effectivement.
04:19Bon, situation quand même compliquée
04:20sur les taux d'intérêt aussi,
04:21c'est à surveiller comme du lait sur le feu.
04:23Oui, en fait,
04:24si tout est lié,
04:25il y a une chaîne comme ça de réaction
04:26qui est très, très clairement lisible.
04:27C'est le pétrole, c'est le driver.
04:29Les news géopolitiques
04:30influencent le pétrole.
04:31Le pétrole influence le niveau des taux.
04:33Le niveau des taux
04:34influence aussi le niveau du dollar.
04:35Et puis derrière,
04:36on a parlé des différents secteurs.
04:37Donc, les taux,
04:39le 10 ans américain, par exemple,
04:40il était remonté hier
04:41avant le message de Trump
04:42dans la zone des 4,45%.
04:45Ça commence,
04:46sachant, on rappelle,
04:47qu'avant intervention en Iran,
04:48le 10 ans américain
04:49était à 3,90.
04:50Donc, on a un mouvement comme ça
04:52qui inclut finalement
04:53des hypothèses de hausse de taux
04:55de la Fed,
04:56alors que ce n'est pas un sujet
04:57qui est pleinement discuté,
04:57contrairement à la BCE
04:58où là, on sent qu'il y a une discussion
04:59qui est plus active.
05:00Mais c'est ça,
05:01le positionnement du marché obligataire.
05:03C'est qu'il constate qu'effectivement,
05:04il y a un vrai risque inflationniste.
05:06Moi, je pense que,
05:07on en parlera d'ici quelques temps,
05:08mais qu'il y a quand même
05:09peut-être un peu de suraction
05:10de la part du marché obligataire.
05:12Oui, la réaction du pétrole
05:13est évidemment logiquement haussière
05:14par rapport à ce qui se passe en Iran.
05:16Mais s'installer,
05:17considérer qu'on s'installe
05:18dans un scénario
05:18où les taux longs
05:19en Europe et aux Etats-Unis
05:21resteraient 70,
05:2280 points de base
05:23au-delà des niveaux
05:24où ils étaient
05:24avant le début de l'intervention,
05:25c'est considérer
05:26qu'on part pour une crise
05:27qui va durer plusieurs mois.
05:28Et moi, je pense
05:29avec les mid-term américains,
05:30je pense que même
05:30avec les questions de Chine aussi.
05:32Parce qu'on dit,
05:33oui, la Chine,
05:33c'est l'aller de l'Iran,
05:34la Chine achète son pétrole,
05:35la Russie est l'aller de l'Iran.
05:36Mais n'oublions pas
05:38que la Chine,
05:38c'est aussi un énorme,
05:39tout le monde le sait,
05:40l'énorme centre de production mondiale
05:41et que le coût de l'énergie
05:42peut avoir un effet
05:43sur une économie chinoise
05:44qui n'était pas
05:45si flamboyante que ça,
05:46toujours un peu tirée
05:47par ses problèmes immobiliers.
05:48Donc je pense qu'à un moment donné,
05:49c'est la Chine aussi
05:49qui peut arriver,
05:50je ne dis pas
05:51faire le rôle de médiation,
05:52mais peut-être à pousser
05:53certaines parties,
05:54à accélérer peut-être un peu
05:55sur la question
05:56des négociations.
05:57Donc voilà,
05:58pour moi,
05:58la Chine peut aussi jouer
05:59un rôle peut-être plus positif
06:00dans les semaines qui arrivent
06:01par rapport à cette situation-là.
06:03Donc voilà,
06:04c'est pour ça que je pense
06:05que les scénarios,
06:06les worst case,
06:07les scénarios de la BCE
06:08où on augmenterait
06:09les taux de 2 à 3 autos
06:11cette année
06:12pour la BCE,
06:12pour moi,
06:13s'il y a 2 à 3 autos
06:14de la BCE,
06:15c'est la cata
06:15pour la zone euro
06:16d'un point de vue économique.
06:17Donc déjà,
06:18une hausse peut-être en avril,
06:19ça ce n'est pas impossible,
06:20mais la deuxième,
06:21éventuellement juin
06:22et voire la troisième OS2,
06:23pour moi,
06:23c'est un scénario
06:24qui n'est absolument
06:25pas écrit d'avance.
06:26Alexandre Baradès-Digé,
06:27merci pour ce point stratégie.
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