00:01Tout pour investir, arbitrage.
00:05Et nous retrouvons Alexandre Baradez, DJ. Bonjour Alex.
00:09Bonjour Antoine.
00:10Bon, un CAC 40 qui ne sait globalement pas où il va, on parvient à sauver les 8000 points.
00:17Plus 0,61% ce matin après une baisse assez marquée hier sur de gros volumes.
00:22On a l'impression qu'on ne sait pas où on va, mais qu'on a des points d'équilibre
00:25un petit peu partout.
00:26Du côté des marchés américains, de plus en plus du côté des marchés européens, on arrive à identifier des supports
00:31et ça nous protège pour le moment, on a l'impression.
00:33Oui, c'est assez stable en Europe, mais stable dans une zone un peu molle, on va dire.
00:36Et on voit qu'il y a effectivement cette différence phénoménale de comportement qu'il y a eu en tout
00:40cas ces dernières semaines entre les marchés américains, surtout tirés par la tech,
00:43et puis une Europe plus diversifiée, moins sensible à la technologie, et puis surtout une Europe plus sensible à la
00:48question énergétique.
00:49On est beaucoup plus dépendant de nos importations d'énergie que les Etats-Unis.
00:52On a eu toutes ces révisions à la baisse, des croissances en Allemagne, des chiffres de performance, la croissance européenne
00:58au T1, qui était assez moyenne pour la France notamment.
01:01Donc on voit que les marchés intègrent ça, en fait, intègrent ce risque économique lié à une situation géopolitique qui
01:06s'encroute.
01:07On l'a vu, encore une fois, c'est pas une reprise flagrante des affrontements et autres,
01:12mais c'est une situation qui est sclérosée, dont on ne voit pas le bout pour l'instant.
01:16Hier soir, Donald Trump parlait encore de potentiel 2 à 3 semaines nécessaires pour voir la fin de ce conflit.
01:21Il nous disait la même chose il y a à peu près 4 ou 5 semaines.
01:24Donc ça, l'Europe l'intègre bien.
01:26Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je trouve qu'il y a quelque chose qui est assez frappant, en
01:29fait.
01:29Assez frappant, c'est qu'on comprend pourquoi les marchés américains, historiquement, et encore ces derniers mois, ont mieux performé.
01:36Mais on a des croissances bénéficiaires, il faut le rappeler, parce que c'est ça qui est le moteur des
01:39marchés, croissance bénéficiaire supérieure à 20% au premier trimestre aux Etats-Unis.
01:43Et les analystes estiment que ce sera encore le cas, plus de 20% pour le deuxième trimestre.
01:47Et là-dessus, la high-tech américaine a été incroyable l'année dernière.
01:53Ce que je voulais toucher du doigt, c'est qu'en Europe, effectivement, nos croissances bénéficiaires sont inférieures quasiment à
01:565%.
01:57Le consomme d'eau, c'est entre 3 et 5% de croissance bénéficiaire.
01:59Donc on a des entreprises américaines qui, en croissance bénéficiaire, affichent des performances 4 à 5 fois supérieures à l
02:04'Europe.
02:05Donc on peut comprendre que ce soit plus calme en Europe et plus dynamique aux Etats-Unis.
02:09Là où, en revanche, je mets un petit bémol sur la partie américaine, c'est que malgré ce conflit qui
02:16dure, malgré ce pétrole qui reste au-delà de 100 dollars aux Etats-Unis,
02:20malgré, et on le voit aussi, des consommateurs américains, alors on peut dire oui, mais ils ont quand même consommé
02:24au premier trimestre 1,6% de croissance quand on regarde les chiffres du PIB,
02:27sauf qu'effectivement, vous faites la bonne tête, c'est-à-dire que ce n'est pas énorme pour une
02:31croissance américaine annualisée en plus, donc en termes de consommation,
02:35sachant plus qu'au premier trimestre, aux Etats-Unis, c'est là où les Américains ont reçu leur fameux remboursement
02:39d'impôts,
02:40qui cette fois-ci était plus élevé que les années précédentes.
02:42Et puis on le voit sur les indicateurs de confiance, ça fait plusieurs mois, c'est pata, c'est vraiment
02:48pas bon.
02:48Alors, ils consomment quand même un peu, ils ne sont pas en contraction de consommation.
02:51Plus le sentiment qui...
02:53Voilà, c'est le sentiment, mais là où moi j'ai quelque chose qui j'ai du mal à projeter
02:57dans les mois qui viennent,
02:58c'est que les analystes à Wall Street continuent de considérer que les croissances bénéficiaires vont être là au T2,
03:04au T3,
03:04comme si tout ce que nous voyons au Moyen-Orient n'aura ou n'aurait aucune empreinte sur l'économie
03:10américaine.
03:11Et c'est là que je suis un peu plus réservé.
03:13Est-ce qu'effectivement, et c'est là après qu'on parle des multiples de valorisation,
03:16est-ce qu'on n'est pas un peu trop en avance dans les anticipations pour le T2, le T3
03:20du côté des analystes de Wall Street ?
03:21Parce que pour l'instant, cette guerre n'est pas encore soldée, parce que les effets inflationnistes sont là,
03:25parce que les banques centrales ne parlent plus, notamment côté Fed, éventuellement de rebaisser les taux,
03:29on est beaucoup plus à l'équilibre.
03:30Est-ce qu'on doit les relever ou les baisser ?
03:32On ne parle pas des relevés pour l'instant, mais le discours est quand même beaucoup plus symétrique
03:35depuis quelques semaines au niveau de la Fed.
03:36Et alors, il y a un actif, il nous reste une minute pour en parler, sur le marché obligataire,
03:41il y a quand même des codes d'alerte.
03:42Il y a Gilles Mouèque d'Axage, je le dis souvent, qui, il y a deux semaines, nous disait
03:46« Non, franchement, que le 10 ans allemand soit au-dessus de 3 %, ça me chagrine. »
03:51Il le disait comme ça.
03:52Et là, on a le 30 ans américain qui est au-delà des 5 %.
03:57Partout, on a des petites codes d'alerte qui commencent vraiment à apparaître.
04:00Et oui, et pourquoi est-ce que les taux sont aussi élevés ?
04:02Parce qu'effectivement, il y a les effets liés à la hausse du pétrole sur l'inflation.
04:05On voit que l'inflation va repartir en Europe.
04:06Alors, je ne crois pas encore une fois du tout au scénario post-Covid,
04:09avec une inflation galopante ou autre, ça non.
04:11Mais le scénario, effectivement, non plus la stagflation, ce n'est pas le scénario que j'ai en tête,
04:15mais qui s'en rapproche un peu.
04:17Croissance assez molle, inflation assez forte,
04:19qui fait que les portes centrales ne vont pas relever les taux comme des folles,
04:22mais peut-être une hausse quand même à l'horizon pour la BCE et la Fed.
04:25On ne sait pas trop ce qu'elle va faire, mais elle n'arrive pas en tout cas à les
04:27baisser pour l'instant.
04:28Donc, ça veut dire qu'effectivement, vous avez des coûts d'emprunt pour les pays qui restent élevés,
04:31vous avez des coûts de crédit également, il faut bien penser à ça.
04:33Aux Etats-Unis, quand vous parlez d'un taux qui est proche de 5 ans,
04:36amusez-vous à regarder chez vous sur le graphique,
04:38à quoi ressemblent les taux de crédit aux Etats-Unis hypothécaires à 30 ans
04:42par rapport aux taux longs américains.
04:43C'est copié-collé, ça se suit parfaitement et ça réagit au jour le jour.
04:47Donc, tous ces coûts de crédit aux Etats-Unis, ces taux qui restent élevés,
04:49ces taux longs qui restent élevés,
04:50ça renchérit les coûts de crédit aux Etats-Unis.
04:52Et c'est pour ça qu'hier Trump, on l'a entendu dans son intervention,
04:56a dit que les taux sont trop élevés aux Etats-Unis,
04:58en référence à la Fed, mais ils sont trop élevés
05:00parce qu'effectivement, derrière, l'inflation est toujours proche de 3%.
05:03Donc, la Fed n'a pas les bases aujourd'hui,
05:05et je ne crois pas au miracle de Kevin Walsh, en fait, je n'y crois pas.
05:09Il ne pourra pas baisser les taux dès son arrivée à la tête de la Fed
05:13tant que les signaux inflationnistes restent ceux qui sont aux Etats-Unis
05:17sur l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire proche de 3%.
05:184,43% pour le 10 ans américain, donc 3,07% pour le 10 ans allemand,
05:233,73% pour nous, ça commence à piquer aussi.
05:25Merci beaucoup Alexandre Barthez, DJ.
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