00:00Avec vous, on va parler de ce jour de célébration de la victoire du 8 mai 1945.
00:03Vous revenez sur le sens de cette date symbolique auprès de la jeunesse avec cette question.
00:08Comment faire nation aujourd'hui quand une partie des jeunes ne connaît plus son histoire ?
00:13Oui, les années passent, les témoins disparaissent et avec eux, la transmission du souvenir s'évapore.
00:17Combien de jeunes savent aujourd'hui pourquoi ils n'iront pas en cours ?
00:21Il n'y a pas de statistiques précises pour répondre à cette question,
00:24mais il y a une étude menée en 2024 par OpinionWay qui nous donne le vertige.
00:2840% des jeunes de 16 à 24 ans n'ont jamais entendu parler de la rafle du Veldiv.
00:34Un tiers ne sait pas ce que veut dire la solution finale.
00:3718% disent même ne pas savoir ce qu'est la Shoah.
00:41Cette méconnaissance a sans doute beaucoup d'explications.
00:44La chute dramatique de la lecture, l'effondrement du niveau scolaire,
00:47mais plus grave peut-être, elle est le signe d'un manque d'intérêt pour notre passé commun.
00:51Au moment de célébrer la victoire de 1945, il faut avoir à l'esprit que cette date du 8 mai
00:56n'a plus forcément la même signification auprès d'une partie de la jeunesse.
01:00Et vous pensez qu'on peut remédier à ce manque ?
01:02Le chantier semble titanesque, il est pourtant primordial.
01:05Le ministre de l'Éducation nationale a déclaré cette semaine
01:07qu'une journée de commémoration sera désormais organisée chaque année dans les écoles.
01:12La mesure déjà annoncée par Emmanuel Macron dans le passé
01:15prendra effet à partir de la rentrée prochaine.
01:18Ça va indéniablement dans le bon sens.
01:20Il est urgent de rapprocher les nouvelles générations du leg mémoriel de nos aînés.
01:24Comprendre le sens du sacrifice qui a permis à la France de rester libre.
01:27À ce titre, la mise en place du service national volontaire est aussi une bonne initiative.
01:32Mais évidemment, ça ne sera pas suffisant.
01:34Dans un système scolaire en grande difficulté, c'est un véritable plan Marshall qui doit être mené.
01:39Cette éducation mémorielle, elle est primordiale pour la cohésion nationale ?
01:43C'est la mère de toutes les batailles pour reprendre la formule consacrée.
01:46La racine commune de nombreux problèmes, c'est précisément le manque d'éducation
01:50mais aussi le manque de sentiments d'appartenance commune.
01:53Le quartier des Champs-Elysées va accueillir aujourd'hui les cérémonies de commémoration
01:58là où quelques heures plus tôt, au même endroit, des sauvages s'en sont pris aux forces de l'ordre.
02:03Ce décalage des images dit tout de l'évolution de notre société.
02:06C'est parce que des générations de dirigeants n'ont pas osé s'attaquer au sujet que nous en sommes
02:10là
02:10que des jeunes français se permettent d'attaquer les représentants d'un pays qu'ils n'aiment pas
02:14souvent parce qu'ils ne le connaissent pas.
02:16La cohésion nationale passe par un récit national fort, un passé commun partagé
02:20et un attachement aux valeurs traditionnelles du pays.
02:23Or, toutes ces notions ont été balayées par des années de discours gauchisants
02:27visant préparer précisément à valoriser l'inverse, la repentance mémorielle,
02:32la culpabilisation historique et le culte de l'individu.
02:35On paye ces années de renoncement et dans un monde sous tension, il est urgent de cimenter à nouveau le
02:40peuple français
02:40et de recoller les morceaux de l'archipel.
02:42Ce n'est pas une mince affaire, je vous l'accorde, et je ne sais pas s'il est encore
02:45temps.
02:46Alors pour finir, je vais citer Ernest Renan, qu'on cite beaucoup quand on parle de nation
02:50et dont les propos doivent plus que jamais nous servir de boussole.
02:53Ce qui constitue une nation, disait-il, ce n'est pas de parler la même langue
02:56ou d'appartenir à un groupe ethnographique commun.
02:58C'est d'avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé
03:01et de vouloir en faire encore dans l'avenir.
03:03Alors au moment de célébrer les grandes choses du passé,
03:05malheureusement l'incertitude demeure sur notre avenir.
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