00:00Oui Sébastien Lecornu réunit ses ministres pour parler de la situation des prix de l'énergie mais au final rien,
00:05aucune mesure.
00:05Le scénario d'une baisse des taxes qui représente 50 à 55% du prix à la pompe comme le
00:10demande notamment le Rassemblement National n'est pas envisagé.
00:13Suite d'un blocage des prix comme le réclame la France Insoumise encore moins, le gouvernement donc se limite à
00:18réfléchir à quelques mesures ciblées.
00:20Report de cotisation pour les pêcheurs et transporteurs, aide ponctuelle à la trésorerie pour les entreprises fragiles, encore encadrement des
00:27marges des distributeurs.
00:28La pression risque de s'accentuer dans les prochains jours contre Sébastien Lecornu car voilà le spectre d'un choc
00:33énergétique durable plane.
00:35La flambée des prix du pétrole et du gaz menace de s'amplifier.
00:38Dans ce contexte, Matignon avance à pas compter craignant d'épuiser ses munitions budgétaires et politiques.
00:43Et pendant que la France tergiverse, plusieurs pays européens ont déjà réagi.
00:46Tout à fait, à commencer par l'Italie.
00:48Georgia Meloni a annoncé une baisse des assises de 25 centimes par litre et un crédit d'impôt pour les
00:53transporteurs et pêcheurs.
00:54Coût total, plus de 400 millions d'euros. En Espagne, Pedro Sanchez présente un plan massif de 5 milliards d
00:59'euros.
01:00Réduction des taxes, aide directe aux secteurs les plus touchés et interdiction des licenciements pour les entreprises aidées.
01:06Résultat, dans ces pays, les consommateurs voient un soulagement forcément immédiat et tangible.
01:10La pression psychologique sur les prix à la pompe est stompée et le gouvernement apparaît forcément réactif.
01:15À côté Paris, la prudence reste de mise. Pas de baisse générale des taxes, pas de bouclier tarifaire.
01:21Et les mesures envisagées restent ciblées, graduelles et limitées comme on l'a vu.
01:24Le contraste est assez saisissant mais compréhensible lorsqu'on regarde un facteur assez précis.
01:28Car contrairement à la France, la situation économique de l'Espagne et de l'Italie est meilleure.
01:32Voilà, c'est là où on touche le point crucial.
01:34Matride et Rome empruntent au plus bas depuis près de 20 ans.
01:37Ces deux pays affichent une trajectoire économique plutôt positive.
01:40Ils peuvent donc se permettre d'encaisser ce choc.
01:43C'est tout l'inverse pour Paris.
01:44Avec un déficit public à plus de 5% en 2025 et des caisses à vide,
01:49le gouvernement ne peut pas copier ses voisins.
01:51Reproduire le quoi qu'il en coûte de 2022 et 2023 s'apparenterait à un suicide économique.
01:56Pour rappel, il avait coûté 110 milliards d'euros sur deux ans.
02:00Et il se dit aussi, le gouvernement, que la hausse du prix du gaz et de l'électricité
02:04pourrait être amortie en cette période de printemps.
02:07Et que l'électricité aussi bénéficie du parc nucléaire.
02:10Donc on a des prix un peu plus attractifs que nos voisins.
02:13Mais ce calcul à court terme masque un dilemme cornelien pour le gouvernement.
02:18Car toute nouvelle hausse sera perçue comme une preuve d'impuissance.
02:21Mais le gouvernement sait qu'un geste fort pourrait accentuer le déficit
02:24et limiter ses marges de manœuvre face à d'autres crises potentielles.
02:28Donc il est pris entre la contrainte budgétaire d'un côté et l'urgence sociale de l'autre.
02:32Entre prudence financière aussi et colère populaire.
02:36Le dilemme est forcément compliqué à résoudre sans risque.
02:39Intervenir et mettre en péril les finances publiques
02:41ou rester sous le courroux des Français.
02:43Une chose est en tout cas impérative.
02:46Quoi qu'il choisisse, le gouvernement doit afficher une parole claire et n'une fixe.
02:50Tergiverser ou multiplier les messages contradictoires
02:52ne fera qu'accentuer la défiance et la frustration.
02:54Et le prix à payer pour ce même gouvernement sera encore plus dur à payer.
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