Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure
Dans son édito du 19/04/2026, Quentin Gérard revient sur la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Tout à fait, pour l'instant les Français tiennent, vous le dites, ils payent leur gasoil 2,30€ le litre,
00:04ils réduisent leur sortie, renoncent à voir leurs proches, parfois même à travailler davantage tant les frais explosent.
00:10Et pourtant pas de blocage massif, pas de pays à l'arrêt, les Français encaissent, ils râlent, ils serrent les
00:16dents mais ils encaissent.
00:17Sauf que ce calme est trompeur parce que derrière il y a une réalité très simple, pour des millions de
00:22Français la voiture est une nécessité, on ne choisit pas de rouler moins quand on vit en zone rurale, on
00:27subit.
00:27Et quand chaque plein devient une épreuve, quand 100 à 200 euros disparaissent chaque mois, ce n'est pas anodin,
00:33c'est une pression continue, une fatigue qui s'installe et une colère qui monte lentement.
00:37Et vous nous dites qu'il faut faire attention à l'étincelle qui pourrait déclencher l'incendie.
00:41Tout à fait, regardez ce qu'il s'est passé récemment en Irlande, un pays paisible, peu habitué aux grandes
00:46turbulences, et c'est le prix du carburant qu'il a mis à genoux depuis son indépendance.
00:50Lille n'avait jamais connu pareille agitation, des tracteurs ont occupé l'artère la plus emblématique de Dublin, la seule
00:56raffinerie du territoire a été encerclée.
00:59Pendant plusieurs jours, 40% des stations-service se sont retrouvées à sec, les hôpitaux ont failli annuler des opérations,
01:06le gouvernement a même été obligé d'appeler l'armée à l'aide.
01:10Face à la paralysie, ce même gouvernement a cédé.
01:12700 millions d'euros, des baisses de fiscalité immédiates, le report de la taxe carbone, le mouvement a enflé en
01:19quelques jours sur les réseaux sociaux, ce qui rappelle un événement qu'en France nous connaissons bien.
01:24En novembre 2018, tout avait commencé de la même façon, une taxe carbone, un prix à la pompe qui franchit
01:29un seuil symbolique, et soudain, des ronds-points bloqués, des péages envahis, des Champs-Elysées qui grondent.
01:35L'histoire ne se répète pas, mais parfois, elle bégaye.
01:37Et un prix à la pompe qui était moins élevé qu'il ne l'est aujourd'hui.
01:40Oui, largement même.
01:41Et face aux solutions du gouvernement jugées hors sol, le même scénario, vous nous dites, n'est pas impossible dans
01:46l'exagone.
01:46Évidemment, quelles sont les solutions proposées pour lutter contre la hausse des prix ?
01:50Pour l'instant, par le gouvernement, un prêt flash pour les entreprises, soit un endettement supplémentaire qui ne sont pas
01:55certains de pouvoir rembourser.
01:57Un plan d'électrification, des véhicules à 20 000, voire 30 000 euros minimum, des pompes à chaleur hors de
02:03portée.
02:03C'est du Marie-Antoinette, version technocratique, vous n'avez pas d'argent, prenez du électrique.
02:08Résultat, ceux qui peuvent suivre, les autres restent coincés avec des coûts qui continuent d'exploser.
02:13Et surtout, on passe à côté du levier le plus simple, qui est la fiscalité.
02:17Elle représente une part massive du prix du carburant.
02:19Elle pourrait être réduite immédiatement, tout de suite.
02:21Mais ce choix n'est pas fait, car il faudrait compenser, baisser d'autres dépenses aux aides sociales.
02:26Mais ça, le gouvernement n'a pas le courage de le faire.
02:29Alors, il ne fait rien.
02:30Et à la place, il privilégie des aides ciblées, complexes, peu lisibles.
02:34Une logique de communication plus que d'efficacité.
02:37Pendant ce temps, nos voisins agissent.
02:38L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie ont baissé leurs taxes.
02:41Ils ont compris que derrière le carburant, c'est toute l'économie qui est en jeu.
02:45En France, on fait l'inverse.
02:46On laisse les ménages absorber le choc.
02:48C'est un pari, je pense, dangereux.
02:50Parce qu'à force de demander des efforts sans donner de solutions immédiates,
02:53on nourrit un sentiment de mépris.
02:55Les Français n'attendent plus des explications.
02:57Ils attendent des choix.
02:59Et s'ils ne sont pas faits, alors oui, la colère pourrait bien finir par exploser.
Commentaires

Recommandations

CNEWS
il y a 30 minutes