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  • il y a 2 heures
La loi EGalim, derrière ce nom technique, se cache une réforme qui transforme en profondeur la restauration collective en France. Cantines scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, objectifs affichés, mieux manger, soutenir les producteurs et encourager une alimentation plus durable. Mais sur le terrain, comment cette loi s'applique-t-elle concrètement et quel impact a-t-elle dans nos assiettes ? Pour nous aider à comprendre ces changements, une partie de la filière nous ouvre ses portes, de la petite enfance à l'université, pour voir l'évolution des repas proposés dans les établissements publics de notre territoire ligérien.
L'idée de départ paraît simple, créer une cantine municipale et faire renaître une assiette vertueuse et locale pour les enfants de la commune. Seulement voilà, entre la qualité des repas, le prix et la réglementation, c'est une entreprise complexe. À Saint-Jean-Bonnefonds, on a pourtant trouvé la solution. Depuis 2023, la société publique locale "De la terre à l'assiette" fabrique et distribue 1600 menus, cuisinés sur place pour les enfants de la commune et ceux de Sorbiers, La Talaudière, Cellieu et La Ricamarie.

Une réussite expliquée par Marc Chavanne, maire de Saint-Jean-Bonnefonds de 2014 à 2026 et Jean-Christophe Peyre, Directeur des cuisines "De la terre à l'assiette".

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Transcription
00:00On est vers le show, donc Corinne elle va préparer, elle prépare pour les crèches,
00:04et puis elle offre pommes de terre.
00:06De la terre à l'assiette, c'est le nom d'une jeune société publique locale
00:11créée en 2023 à Saint-Jean-Bonnefond.
00:13Une petite révolution dans le monde de la restauration collective.
00:17Ici, 1600 repas sont cuisinés chaque jour pour les cantines alentours.
00:22Un projet politique proposé en 2014, porté par la mairie de Saint-Jean-Bonnefond
00:28et en particulier Marc Chavannes, le maire.
00:31Ça part d'abord d'une conviction personnelle, le fait que bien manger c'est important pour les enfants.
00:37Et se dire que ce qu'on pratique à la maison, à un moment donné, quand on est élu local,
00:41on se dit pourquoi je ne le démultiplierais pas pour les enfants de la commune
00:46dont j'ai la gestion pour le temps qui m'est imparti.
00:48L'idée de départ paraît simple, créer une cantine municipale
00:52et faire renaître une assiette vertueuse et locale pour les enfants de la commune.
00:57Seulement voilà, entre la qualité des repas, le prix et la réglementation,
01:02c'est une entreprise complexe.
01:04On s'est aperçu, on ne voulait le faire que pour Saint-Jean-Bonnefond au début.
01:07On s'est aperçu très vite que pour des raisons économiques, ça ne fonctionnerait pas forcément.
01:13Et donc on s'est dit qu'il faut qu'on prenne notre bâton de palerins.
01:15C'est aussi une des raisons pour lesquelles on a pris un peu de retard.
01:17On a pris notre bâton de palerins pour dire qu'il faut qu'on ait davantage de repas par jour
01:21et donc qu'on ait davantage de communes.
01:23Alors ça a commencé par Sorbier-la-Talaudière, donc on leur a présenté notre projet.
01:28Ils ont pris le temps de la réflexion, ils ont décidé de nous suivre.
01:30Et c'est avec ces trois communes-là qu'on a démarré le projet en septembre 2023.
01:34Les hulaires et Camari sont venus ensuite.
01:36Aujourd'hui, la SPL emploie 8 personnes et fournit 1600 repas par jour en liaison chaude.
01:42La livraison reste à la charge des communes et laisse un temps à la production
01:46pour sélectionner des produits locaux par exemple,
01:49mais surtout préparer et cuisiner des aliments frais, servis le jour même.
01:541600 repas, cela vous paraît beaucoup.
01:57Pourtant, une cuisine centrale en France peut facilement dépasser les 15 000 repas par jour.
02:01La cuisine centrale de Lyon, par exemple, cuisine plus de 26 000 repas par jour pour les scolaires.
02:08Celle du CHU de Saint-Etienne, 7 500 repas.
02:11Pour la restauration des scolaires de Saint-Etienne,
02:13c'est la société Elior qui sert environ 5 600 repas par jour.
02:18Jean-Christophe Pehr, directeur de la SPL, de la terre à l'assiette,
02:22défend le choix de la taille de sa cuisine.
02:24Les grosses unités de production culinaire font le choix,
02:30pour des raisons qui sont valables et qui leur appartiennent,
02:33de faire de la liaison froide pour pouvoir faire plus massivement
02:36et puis surtout anticiper les productions.
02:38Faire de la production le matin, c'est être sur le fil de rasoir tous les matins,
02:42c'est-à-dire qu'à 9h, il faut que ce soit prêt coûte que coûte.
02:44On fonctionne comme une cuisine de restaurant classique avec des quantités adaptées,
02:48c'est-à-dire que les marchandises arrivent d'un côté de la cuisine,
02:51on les traite, on les lave, on les découpe, on les apprête de façon à ce qu'elles aillent
02:55ou en cuisson ou en préparation froide pour réaliser des entrées ou des desserts.
02:59Nous avons fait le choix de servir les écoles en liaison chaude,
03:03c'est-à-dire que nous produisons le matin, à partir de 6h,
03:07les premières cuissons démarrent à 6h, et à partir de 9h, 9h15,
03:11les premiers plats partent sur la première commune.
03:14Oui, qualitativement, c'est un choix réaliste,
03:20mais par contre, ça demande une préparation et une anticipation prononcées.
03:26La grosse différence avec les centrales classiques,
03:28c'est donc la préparation des repas le jour même,
03:30en liaison chaude, des produits frais et souvent locaux,
03:34directement dans l'assiette.
03:36Grâce à ces convictions fortes, en 2025 par exemple,
03:39c'est 450 000 euros de produits locaux
03:41récoltés dans un rayon de 70 km de la cuisine,
03:44un atout aussi pour le monde agricole local.
03:46On va simplement laver les petits marrons,
03:50les trier, les couper en 5 ou 6, enlever les pépins.
03:54Et là, j'attends la livraison des fruits et légumes,
03:59de la ferme au quartier, fruits et légumes bio qui vont arriver.
04:04Tout simplement, je pense qu'on essaie de se rapprocher
04:07de la cuisine traditionnelle.
04:10Quand on a pensé, avec les élus, la métropole,
04:15dans la conception du projet,
04:17on s'est dit qu'il faut qu'on arrive à faire quelque chose
04:19se rapprochant du traditionnel.
04:22On va cuisiner simplement, on n'en a rien ici.
04:24On travaille majoritairement sur du produit frais,
04:27local, le plus possible,
04:29en respectant les saisonnalités.
04:31Et puis, tout ce qu'on peut avoir en produit bio,
04:33on le prend en produit bio.
04:34Je pense notamment à l'épicerie,
04:36on est 100% en bio sur l'épicerie,
04:39avec des collaborateurs et des fournisseurs
04:42avec qui on échange,
04:44pour avoir vraiment du produit de qualité.
04:46Donc, je dirais que le départ de tout ce que l'on fait ici,
04:50c'est le produit.
04:51Alors, il y a beaucoup d'anticipation dans ce qu'on fait.
04:54L'avantage d'être une unité de production,
04:56on n'a pas de service à réaliser.
05:00Dans notre organisation,
05:01on a prévu que toute la logistique soit faite par les communes.
05:04C'est-à-dire qu'une fois que les plats du jour sont partis,
05:06nous, on se consacre à 100%,
05:08bien évidemment, sur les nettoyages,
05:10mais aussi sur la préparation du lendemain.
05:13Tous les fruits et légumes sont traités,
05:15les viandes sont apprêtées,
05:16de façon à ce que le matin,
05:18on soit le plus opérationnel possible.
05:19Pour en arriver là,
05:21la mairie de Saint-Jean-Bonnefond
05:22et l'équipe de la Terre à l'Assiette
05:24a dû tout repenser durant presque 10 ans.
05:26Un véritable casse-tête pour ses pionniers.
05:29Satisfaire les parents et les enfants
05:30dans la composition des menus plus gustatifs,
05:33le législateur dans l'hygiène et la nutrition,
05:36et enfin trouver un équilibre financier
05:38pour éviter une flambée des prix du repas.
05:40Oui, le prix, c'est l'air de la guerre.
05:42Je pense que nous, à Saint-Jean,
05:43on a pris le temps d'expliciter aux parents d'élèves
05:45qu'effectivement,
05:47entre le moment où on avait un marché public
05:49avec un prestataire
05:50et le moment où on produit les repas aujourd'hui,
05:53il y a un delta d'environ 1,40 € de plus par repas.
05:56Donc on avait expliqué
05:58qu'une meilleure qualité
06:00et le fait de cuisiner réellement
06:02un certain nombre de produits
06:03et finalement que ce soit globalement bon
06:05pour la santé de leurs enfants,
06:06ça avait un coût.
06:08Après, évidemment,
06:09tout ça, ça participe d'un coefficient social,
06:11donc tout le monde paye le prix
06:13en fonction de ses revenus.
06:15Du coup, en tout cas,
06:17pour ce qui nous concerne à Saint-Jean,
06:18mais je sais que c'est vrai aussi dans les autres communes,
06:21la question du prix n'est pas une question.
06:23C'est-à-dire que si effectivement,
06:24il y a une famille qui est en difficulté par rapport à ça,
06:26elle peut faire appel à nous
06:27pour venir l'aider dans ce contexte-là.
06:29Nous, de toute façon,
06:30on est une société,
06:30on produit le prix du repas
06:31que l'on vend aux communes.
06:33Après, les communes font le prix qu'elles souhaitent.
06:35Si elles souhaitent prendre une part à leur charge
06:37et demander moins à leurs usagers,
06:39elles peuvent le faire.
06:39À Saint-Jean, on a fait le choix plutôt,
06:41on va dire, de la vérité des prix.
06:44Le tarif d'un repas pour la commune de Saint-Jean-Bonnefonds,
06:475,70 euros pour les foyers les plus aisés,
06:50comprenant le repas de 4 euros,
06:52l'accompagnement et les frais annexes.
06:54Un prix en équilibre entre le soutien
06:56de la production locale, du bien manger
06:58et la bourse des familles.
07:09Sous-titrage Société Radio-Canada

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