- il y a 9 heures
Le dernier signe de vie de Narumi Kurosaki est sans doute un cri dans la nuit, entendu par ses voisins de chambre, vers 3 h du matin, à la résidence universitaire de Besançon, dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016. Depuis cette date, l'étudiante japonaise a disparu, et les enquêteurs ont la certitude qu'elle a été tuée, par son ancien petit ami. Au Japon, ses parents survivent tant bien que mal. Ils espèrent que l'assassin présumé de leur fille sera jugé un jour. Mais aujourd’hui Nicolas Zepeda-Contreras est complètement libre de ses mouvements, dans son pays, le Chili. Cet épisode de Code source est raconté par Nicolas Jacquard, grand reporter au service Police Justice du Parisien qui couvre cette affaire depuis le début. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Jeanne Boezec - Reporter : Clawdia Prolongeau - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:14Le dernier signe de vie de Narumi Kurosaki est sans doute un cri
00:18entendu vers 3h du matin à la résidence universitaire de Besançon
00:23dans la nuit du 4 au 5 décembre 2016.
00:26Depuis cette date, l'étudiante japonaise a disparu
00:29et les enquêteurs ont la certitude qu'elle a été tuée par son ancien petit ami.
00:33Au Japon, ses parents survivent tant bien que mal.
00:36Ils espèrent que l'assassin présumé de leur fille, totalement libre aujourd'hui, sera jugé un jour.
00:45Tout dans ce dossier permet de considérer que Narumi a malheureusement été assassiné.
00:51Il y a eu un énorme travail d'investigation qui a été réalisé
00:56au vu de ces indices, au vu de ces éléments.
00:59On ne peut pas à un seul instant imaginer qu'elle soit en vie.
01:02Maître Sylvie Gallet est l'avocate française des parents de Narumi.
01:06Âgés d'une cinquantaine d'années, ils sont divorcés.
01:08Le père qui travaillait dans le commerce est au chômage.
01:11La mère est en arrêt maladie.
01:12Je suis particulièrement inquiète pour eux.
01:15Au fil des mois, au fil des années, il y a une dégradation de leur état de santé.
01:22Même dans leur cadre social et professionnel, ils ne parviennent plus du tout à être intégrés
01:28et à poursuivre leur activité professionnelle parce qu'ils sont intégralement tournés
01:33vers la recherche de la vérité concernant leurs signes.
01:36Nicolas Jacquard couvre cette affaire depuis le début pour le Parisien
01:39quand Narumi Kurosaki disparaît à Besançon en décembre 2016.
01:43Elle a 21 ans.
01:45Elle est étudiante à ce qu'on appelle le CLA de Besançon,
01:49le Centre de Linguistique Appliqué de la capitale de la Franche-Comté.
01:52C'est une jolie fille, une jeune fille qui a 21 ans,
01:57qui sort de son pays pour un premier long séjour à l'étranger
02:00avec des codes culturels, une langue qui sont différents
02:03et donc qui va vivre pour la première fois un petit peu de ses propres ailes
02:06et va partir en totale autonomie pour un an en Franche,
02:09dans cette région franco-ontoise qu'elle ne connaissait pas auparavant, bien sûr.
02:12Quelqu'un de très ouvert, quelqu'un qui va vers les autres, très sociable.
02:17Ses parents la décrivent comme un soleil.
02:19Un homme va être rapidement soupçonné dans cette affaire,
02:22un ancien petit ami de Narumi, le chilien Nicolas Zepeda Contreras.
02:29Nicolas Zepeda Contreras, lui, il est un petit peu plus âgé.
02:32Il a 28 ans, il est donc, vous l'avez dit, chilien d'origine.
02:36Il se présente à ce moment-là comme professeur assistant,
02:39mais il est encore quand même lui-même aussi étudiant,
02:42tout aussi brillant que Narumi.
02:44Lui exerce plutôt dans le secteur de la finance,
02:46sachant qu'il a aussi une véritable appétence pour les langues.
02:49Il vient d'un milieu extrêmement favorisé.
02:51Son père est un cadre du principal opérateur téléphonique du pays,
02:55qui s'appelle Movistar.
02:56On est sur une famille qui a un patrimoine de génération en génération,
03:00qui est très implanté au Chili.
03:02Un détail, par exemple, c'est que Nicolas Zepeda Contreras,
03:05quand il était étudiant au Chili ou simple professeur assistant,
03:10avait à sa disposition un appartement de près de 100 mètres carrés
03:13dans le quartier de Las Condes, à Santiago du Chili,
03:15qui est vraiment le quartier le plus huppé de la ville.
03:18Donc on est loin de la situation de Narumi.
03:20Quand on regarde en parallèle, Narumi,
03:21qui a une chambre au CRUS, le centre universitaire du campus de la Bouloie,
03:26Besançon, qui est la traditionnelle chambre de 9 mètres carrés
03:28dans les campus universitaires français.
03:30Narumi a rencontré Nicolas Zepeda Contreras au Japon.
03:33Nicolas Zepeda Contreras, au-delà de son cursus universitaire,
03:37visiblement a développé une véritable passion pour le Japon,
03:40pour la langue japonaise, pour la culture nippone.
03:43Et donc il a choisi lui-même de s'expatrier au Japon pendant un an.
03:47Il y va d'abord en 2014, et c'est à ce moment-là qu'il rencontre la jeune Narumi
03:52avec laquelle une édylle se noue.
03:55Nicolas Zepeda Contreras avait été présenté,
03:58assez rapidement d'ailleurs, à la famille de Narumi.
04:01Il avait tissé des liens avec eux, ils avaient confiance en lui.
04:06Et bien au départ, comme je dirais toute relation qui débute,
04:11ils l'ont trouvé particulièrement attentionné
04:13et très présent aussi dans la vie de Narumi Kurosaki.
04:18Avant d'avoir un ressenti différent au fil des mois,
04:22en ressentant plutôt quelqu'un d'omniprésent,
04:26qui avait tendance à régir la vie de Narumi
04:28et à peut-être la couper aussi de sa famille,
04:31puisque très rapidement, Narumi,
04:33qui a une relation très fusionnelle avec sa famille,
04:36avec sa mère, avec ses deux jeunes soeurs,
04:39et bien c'est un petit peu éloigné d'elle.
04:41Et tout le monde a eu un peu la sensation
04:43qu'elle était isolée dans cette relation un peu exclusive
04:47et assez préoccupante, en tout cas sur la fin de la relation.
04:52C'est vraisemblablement Narumi
04:54qui signifie à Nicolas Zepeda
04:56qu'elle a envie d'arrêter leur relation.
04:59Quand elle part en France,
05:00elle ne lui laisse pas la porte ouverte.
05:02Pour elle, leur relation est terminée.
05:03Hi, whoever is watching out of Narumi.
05:07Le 7 septembre 2016,
05:09dans une vidéo postée sur internet,
05:11Nicolas Zepeda menace Narumi.
05:17Il menace Narumi en disant, par exemple,
05:19je vous cite,
05:20« Elle a fait de mauvaises choses,
05:22elle a deux semaines pour remplir les conditions. »
05:24Quelles sont ces mauvaises choses ?
05:25Quelles sont ces conditions ?
05:26On l'ignore,
05:27et Zepeda ne s'est jamais expliqué là-dessus.
05:30Il dit également qu'elle doit payer
05:31une partie du coût de ce qu'elle a fait.
05:33Elle ne peut pas continuer à commettre
05:35ce genre de faute envers une personne qui l'aime.
05:39Son père l'a vue.
05:40Sa mère est trop fragile,
05:43psychologiquement,
05:44pour voir cette vidéo.
05:46Elle sait qu'elle existe,
05:47elle sait ce qu'elle contient.
05:48Mais le père et les sœurs l'ont vue.
05:52Ils étaient catastrophés,
05:54inquiets,
05:55bouleversés aussi.
05:56Ils ont découvert un visage
05:58de Nicolas Zepeda
05:59auquel ils ne s'attendaient pas forcément,
06:01mais qui en même temps
06:03étaient assez proches
06:04des dernières inquiétudes
06:05qu'ils avaient eues
06:06sur cette volonté
06:07d'isoler Narumi
06:09dans le cadre de cette relation sentimentale.
06:13Nicolas Zepeda fait le voyage en Europe
06:15où il arrive le 28 novembre 2016.
06:18Zepeda à ce moment-là
06:19se trouvait au Chili.
06:21Il décide d'aller en France
06:22au préalable.
06:24On saura qu'il a loué une voiture.
06:27Cette voiture,
06:27il l'a commandée sur Internet
06:29le 17 novembre,
06:31donc bien avant de prendre l'avion.
06:32Et puis,
06:33il a aussi prévenu Narumi.
06:34Il lui a dit qu'il arrivait.
06:35Elle-même n'en a pas averti
06:37ses proches,
06:38ses amis de Besançon,
06:40mais elle sait que le chilien vient.
06:42Lui prétexte être venu voir
06:43cette famille en Espagne.
06:45Elle lui dit
06:45« Je ne suis pas si loin que ça de toi.
06:47Tu es en Franche-Comté.
06:49Je me dis qu'un petit détour
06:50en Franche-Comté
06:51pour être sympathique. »
06:52Et à ce moment-là,
06:52elle accepte de le revoir
06:54puisque lui dit
06:54« Je vais passer une poignée de jours.
06:56C'est l'occasion rêvée
06:57pour qu'on puisse se voir et discuter. »
06:59Le 4 décembre 2016,
07:00Narumi et Nicolas Zepeda
07:02se voient.
07:03Que font-ils ?
07:04Ils se retrouvent.
07:05On est donc sur une journée
07:06de dimanche,
07:08mois de novembre,
07:08à Besançon.
07:09Narumi a fait
07:11ses habituelles activités
07:13du dimanche,
07:14notamment elle a son cours de danse
07:16en milieu d'après-midi.
07:17Et puis,
07:17à l'issue de ce cours de danse,
07:18elle va retrouver Zepeda.
07:20Visiblement,
07:20elle ne s'en est pas ouverte
07:21auprès de ses proches
07:22à Besançon.
07:23On saura après
07:24qu'elle a un nouveau petit ami
07:26qu'elle a rencontré
07:27dans cette capitale franco-ontoise.
07:29Et on peut imaginer,
07:30et là,
07:31on est clairement dans la supposition,
07:33puisque rien ne l'atteste,
07:34mais que Narumi a accepté
07:36de revoir ses textes
07:37un petit peu encombrant,
07:39et qu'elle se dit
07:39qu'ils peuvent se retrouver
07:41pour discuter
07:42et faire le point
07:43sur leur vie respective.
07:48Donc,
07:48Nicolas Zepeda,
07:49comme je vous le disais,
07:50il a une voiture de location,
07:51il vient la chercher
07:52sur le campus,
07:52et puis il décide
07:54de quitter la ville de Besançon
07:55et de se rendre
07:56dans la ville d'Ornan,
07:57qui est une petite ville
07:57très touristique,
07:58un petit peu sur les hauteurs
07:59de Besançon,
07:59dans la vallée de la Loue,
08:00à environ une trentaine
08:01de kilomètres
08:02de la capitale franco-ontoise,
08:03qui est Ornan,
08:04la ville d'origine
08:05du peintre Gustave Courbet.
08:06Tous les deux vont aller
08:07au restaurant,
08:07en fait,
08:07un des nombreux restaurants
08:09de cette petite ville touristique
08:10qui s'appelle
08:10La Table de Gustave.
08:12Ils vont passer
08:13une soirée tranquille
08:14au restaurant,
08:15les serveurs,
08:16ils vont être interrogés
08:17après coup,
08:17et ils se rappelleront
08:18très nettement
08:19avoir vu ce jeune couple ici.
08:21Ça, on le sait d'une part
08:22parce que,
08:22je vous le disais,
08:23il y a eu ce témoignage
08:24des serveurs,
08:24on le sait également
08:25parce qu'il y a les tickets
08:26de carte bleue,
08:26le repas a été payé
08:27par carte bancaire,
08:28et on le sait aussi
08:29et surtout parce qu'en
08:30redescendant sur Besançon,
08:32la voiture de Nicolas Zepeda
08:33va être flashée
08:34par un radar,
08:35et ensuite on aura
08:35les images de la vidéo
08:36surveillance du campus
08:37qui montreront le couple
08:39rentré aux alentours
08:40de 23 heures
08:41dans le domaine universitaire
08:43et in fine
08:43dans la chambre de Naromi.
08:45Que se passe-t-il
08:46sur le campus
08:47dans la chambre de Naromi ?
08:49Quand on s'est rendu
08:50sur place,
08:51on a eu assez peu de mal
08:51à rencontrer des gens
08:52qui se souviennent
08:53de cette nuit-là
08:54parce que tous
08:55à cet étage-là
08:56ont été réveillés
08:57par un cri
08:57que tout le monde
08:58décrira comme terrible
08:59aux alentours
09:00de 3 heures du matin.
09:01Certains sont même
09:02sortis dans le couloir
09:03en se disant
09:03voilà, c'est pas un cri normal.
09:05L'un d'eux nous décrira
09:06vraiment un cri terrible,
09:07un cri de terreur
09:08et nous dira
09:09qu'il a hésité
09:10à ce moment-là
09:11soit à aller voir
09:12de plus près ce qui se passait,
09:13soit éventuellement
09:13à prévenir aussi la police,
09:14mais comme on est
09:15sur un cri unique.
09:16Tous ont tendu l'oreille
09:17pendant quelques minutes
09:18et puis constatant
09:19qu'il ne se passait plus rien,
09:20sont rentrés chacun
09:20se rendormir dans leur chambre.
09:22Qu'est-ce qu'on a retrouvé
09:23dans la chambre de Naromi ?
09:24Ce qu'on retrouve d'abord,
09:25ce sont toutes ses affaires personnelles,
09:27c'est-à-dire que son portefeuille
09:28est là,
09:28sa carte bancaire est là,
09:30ses vêtements sont là,
09:31ses chaussures également sont là.
09:33En fait,
09:34en raisonnant à contrario,
09:35les enquêteurs
09:36se rendront compte après coup
09:37qu'il ne manque que deux choses
09:38qui sont une couverture
09:39et puis la valise de Naromi
09:41qui va faire couler
09:42et beaucoup d'encre
09:43qui va être au cœur
09:45véritablement de cette enquête,
09:46une valise de couleur orange
09:48florescente
09:48qui ne sera jamais retrouvée.
09:49Que dit Nicolas Zepeda
09:50du déroulement de cette nuit ?
09:52Lui dit que ce soir-là,
09:54ils sont rentrés tranquillement
09:55au campus
09:55et puis que presque
09:57l'expliquera-t-il
09:58en souvenir du bon vieux temps,
10:01ils auront une relation sexuelle
10:02et que dans le cas
10:03de cette relation,
10:05Naromi émettra à un moment
10:06un cri de plaisir
10:07et puis que
10:08après coup,
10:10elle s'est sentie un petit peu mal
10:11parce qu'elle lui a avoué
10:11justement qu'elle avait
10:12un nouveau petit ami,
10:13qu'elle culpabilisait
10:14d'avoir trompé
10:15et qu'elle préfère
10:17que lui s'en aille
10:17à ce moment-là.
10:18Lui, d'après ses dires,
10:20n'aurait pas fait d'histoire.
10:21Il serait reparti
10:22en direction de Besançon
10:23pour dormir où ?
10:24On n'en sait rien,
10:25il ne le précise pas.
10:27Quelques jours après,
10:27il va repartir
10:28en direction du Chili.
10:31Il y arrive le 13 décembre,
10:33une semaine jour pour jour
10:34après le dernier jour
10:35où Naromi a été vue vivante.
10:37De leur côté,
10:37les amis de Naromi
10:38vont continuer
10:39à recevoir de ces nouvelles ?
10:41Oui, alors ils reçoivent
10:42des nouvelles,
10:42notamment un message
10:43en japonais
10:44qui leur explique
10:45qu'elle est partie en voyage,
10:47qu'elle a des problèmes
10:47pour se connecter
10:48à l'Internet,
10:49des messages qui émanent
10:50du téléphone portable
10:51de Naromi,
10:52de son adresse e-mail
10:53et puis des messages
10:54dont on se rendra compte
10:55après coup
10:56qu'en fait,
10:57Nicolas Zepeda,
10:58en contactant
10:59une autre de ses amies
11:00japonaises
11:00qui vit également
11:02à Tsukuba,
11:03qui lui a demandé
11:03la traduction de ces messages.
11:04En fait,
11:05il lui a écrit
11:06en lui disant
11:06« J'aurai un certain
11:07nombre de traductions
11:08à effectuer,
11:08est-ce que tu peux me dire
11:09comment on dit ça,
11:10ça ou ça en japonais ? »
11:11Et on retrouve à ce moment-là
11:12les messages
11:13qu'il enverra plus tard
11:14dont on soupçonne
11:15que c'est lui
11:15qui les a envoyés
11:16aux amis de Naromi.
11:18Ça a très clairement
11:19retardé l'enquête.
11:21Donc d'abord,
11:21effectivement,
11:22ses amis ne s'inquiètent pas
11:23et puis au bout
11:24de quelques jours quand même,
11:25tout le monde commence
11:26à trouver sa suspect,
11:27ses amis vont se mobiliser.
11:29On a un certain
11:29d'avis de recherche
11:30qui sont lancés
11:31alors d'abord
11:32de manière un petit peu informelle.
11:33Quand nous on se déplacera
11:34sur place
11:34près de 15 jours,
11:35trois semaines après,
11:36on retrouvera encore
11:36sur place,
11:37sur les poteaux électriques,
11:38les photos de Naromi
11:39avec ce numéro
11:40de « Voilà,
11:41elle a disparu,
11:42aidez-nous à la retrouver. »
11:43La presse locale est saisie.
11:45Et puis,
11:45assez rapidement aussi,
11:46les services d'enquête,
11:48le parquet,
11:49les enquêteurs de la police.
11:50Et on a
11:51un mandat d'arrêt international
11:53qui finalement
11:54est lancé
11:55le 15 décembre,
11:57soit très exactement
11:5711 jours
11:58après que Naromi
11:59a été vue
11:59pour la dernière fois.
12:01La nouvelle leur est parvenue
12:02de la disparition
12:03de Naromi
12:04par l'intermédiaire
12:05de l'université
12:07de Tsukuba
12:07par un certain nombre
12:09de professeurs.
12:10Ce sont eux
12:11qui ont alerté
12:12la famille,
12:13le papa de Naromi
12:14et sa maman
12:15en leur indiquant
12:17qu'il y avait
12:18une enquête en cours
12:19sur une disparition inquiétante
12:21de leur fille.
12:22Donc ça a été
12:23très abrupt
12:23et très brutal
12:25comme vous pouvez l'imaginer.
12:27Au début de l'enquête,
12:28fin décembre 2016,
12:29la police judiciaire
12:30va expertiser
12:31notamment le GPS
12:32du Renault Scénic
12:33loué par Nicolas Zepeda.
12:35Avec un premier écueil
12:36pour ces données GPS
12:37qui est que
12:38au moment où
12:39les policiers
12:40saisissent la voiture,
12:42on est déjà
12:43un certain nombre
12:44de temps après
12:45qu'elle a été rendue
12:46et ces données
12:46ont été écrasées
12:47par de nouvelles données
12:48et sont assez difficiles
12:50à extraire
12:50pour les policiers.
12:51Et par contre,
12:51on a un deuxième élément
12:53qui est cette puce
12:54qui figure sur
12:55un grand nombre
12:55de voitures de location
12:56qui sont des puces
12:57anti-vol
12:57et qui servent
12:58aux agences de location
12:59pour savoir
13:00où se trouve
13:01leur véhicule
13:02en temps réel.
13:02Et ça, par contre,
13:03ça va être
13:03d'une grande utilité
13:04pour les policiers
13:05en charge de l'enquête
13:06qui vont retracer
13:07le parcours
13:08de Nicolas Zepeda.
13:17Un parcours
13:17dont on se rend compte
13:18qu'entre le 1er
13:19et le 4 décembre,
13:20donc le jour
13:21de la disparition
13:22de Naromi,
13:23il effectuait
13:23un certain nombre
13:24d'allers-retours
13:24entre Dijon,
13:25Besançon.
13:26Et il faut savoir
13:26qu'entre ces deux villes,
13:28on a une région
13:29assez boisée.
13:30La forêt de Chaux,
13:31c'est la deuxième
13:31plus grande forêt
13:32de France,
13:33parsemée de cours d'eau,
13:34de trous d'eau,
13:35avec une immense surface
13:37dont les enquêteurs
13:38arrivent assez rapidement
13:39à la conclusion
13:40que si Nicolas Zepeda
13:42avait voulu se débarrasser
13:43du corps de Naromi,
13:44c'est très clairement
13:45là qu'il l'aurait fait
13:46et d'autant plus
13:46qu'il y ait beaucoup passé
13:47avant la disparition
13:48de Naromi.
13:49Et à ce moment-là,
13:50les enquêteurs vont découvrir
13:51plusieurs choses troublantes.
13:52Nicolas Zepeda
13:53s'est servi
13:54de sa carte bancaire
13:54pour effectuer
13:55un certain nombre d'achats.
13:56Il s'est rendu à un moment
13:57dans une grande surface
13:58de bricolage
13:59et là,
13:59il a acheté
14:00un certain nombre d'objets
14:01qui ne manquent pas
14:01d'interpeller les enquêteurs.
14:02On a notamment
14:03sur la liste de ses courses
14:05un bidon de 5 litres
14:06de liquide inflammable.
14:07On a également
14:07une boîte d'allumettes
14:08et puis un pulvérisateur
14:10de détergent.
14:11Autant de produits
14:12qui, à la lueur
14:13de la disparition de Naromi,
14:15ne manquent pas
14:16d'interpeller,
14:17je le disais,
14:17ces policiers.
14:18Et des moyens très importants
14:19sont déployés
14:20pour rechercher le corps de Naromi.
14:21Il faut se remettre
14:22dans le contexte.
14:23On est fin décembre
14:24dans une région connue
14:25justement pour
14:26ces hivers assez rudes.
14:27Donc, on a quand même
14:28des conditions assez dantesques
14:29pour aller essayer
14:30de retrouver
14:30le plus rapidement possible
14:32ce corps
14:32parce que les policiers
14:33disent d'emblée
14:34qu'ils ne cherchent pas
14:34une personne vivante
14:35mais ils cherchent bien
14:36un cadavre.
14:37Et à ce moment-là,
14:37on a un grand nombre
14:38d'effectifs de police
14:40qui sont mobilisés.
14:41Les policiers,
14:41en pareil cas aussi,
14:42font appel aux gendarmes.
14:43On a un hélicoptère
14:44de la gendarmerie
14:45qui va être engagé.
14:46Et puis,
14:46des chiens,
14:47pisteurs,
14:48des chiens qui viennent
14:49des brigades spécialisées
14:50de la gendarmerie
14:51qui sont basées
14:51dans le lot à Grama
14:52qui vont faire le déplacement
14:53pour fouiller sans relâche
14:55autant de portions
14:56que possible
14:57de la forêt de chaux
14:58sachant que
14:59le périmètre des recherches
15:01va rapidement se resserrer
15:03avec un secteur
15:04nous dira-t-on après coup
15:06qui fait,
15:06on va dire,
15:08maximum 5 km
15:09sur 5 km.
15:10Ça paraît peu comme ça
15:10mais quand vous cherchez
15:12un corps
15:13dans une zone boisée
15:14voire quelques objets personnels
15:16c'est vraiment
15:17chercher l'aiguille
15:18dans la meule de foin.
15:21Et les recherches
15:21ne donnent rien ?
15:22Les recherches
15:23ne donnent rien.
15:24Pourtant,
15:24on peut vraiment dire
15:25qu'à la fois la justice
15:27et les forces de l'ordre
15:28n'ont pas ménagé leur peine
15:29pour trouver Narumi.
15:30On a une première campagne
15:32de recherche
15:32qui ne donne rien.
15:34À ce moment-là,
15:35les enquêteurs
15:36nous le diront en off,
15:37la justice le dirait également,
15:39ils se disent
15:40qu'en plein hiver
15:41comme ça,
15:42peut-être mieux vaut
15:43attendre
15:44le printemps,
15:45le dégel,
15:46des conditions
15:47un petit peu
15:47plus favorables
15:48et puis on sait
15:49pardonnez-moi de rentrer
15:50dans le détail
15:51de manière un petit peu crue
15:52mais on sait
15:52qu'en pareil cas,
15:53le printemps peut-être
15:54peut rendre le corps
15:56et malheureusement
15:56ce ne sera pas le cas
15:57et les campagnes
15:58de fouilles,
15:59de recherches
15:59vont s'enchaîner
16:00pendant plusieurs mois
16:01mais malheureusement
16:02il faudra se rendre
16:03à l'évidence
16:03au terme d'un an et demi
16:04de recherche,
16:05aucun corps ne sera
16:06jamais trouvé
16:06et le corps de Narumi
16:08est toujours disparu.
16:09D'après les enquêteurs,
16:10comment est-ce que
16:11Nicolas Zepeda
16:12aurait tué Narumi ?
16:13C'est assez difficile
16:15à dire,
16:15on a d'abord pensé
16:17au moment où
16:18l'enquête commençait
16:19où le secret
16:20était le plus complet
16:21sur les investigations
16:22que vraisemblablement
16:23il aurait pu la tuer
16:24à l'arme blanche
16:25et que c'est la quantité
16:26de sang qui en aurait
16:28découlé
16:28qui aurait laissé penser
16:30aux enquêteurs
16:30qu'effectivement
16:31Narumi potentiellement
16:32ne pouvait plus être en vie.
16:33Et puis quand le procureur
16:35a fait le point
16:35à l'automne dernier
16:36sur l'ensemble
16:36des investigations,
16:38il a révélé
16:39qu'en fait il n'y avait
16:40pas de traces de sang
16:41dans la chambre
16:42de Narumi.
16:42Les enquêteurs aujourd'hui
16:44se disent que
16:45vraisemblablement
16:45elle a dû être étranglée
16:47mais là encore
16:48en l'absence de corps
16:49difficile de l'affirmer
16:50avec certitude.
16:51Et puis l'autre point
16:52au-delà de la manière
16:53dont elle a été tuée
16:54alors eux
16:54continuent à penser
16:55qu'elle a été tuée
16:56sur place
16:56même s'ils n'en ont pas
16:57non plus la certitude
16:58mais c'est leur conviction
17:00et ils pensent que
17:01ensuite le corps
17:02a été sorti
17:03de la chambre
17:04du campus universitaire.
17:06La vidéosurveillance
17:07si elle montre
17:07le couple rentré
17:09à l'aller
17:09ne le montre pas sortir
17:11alors sachant que
17:11cette résidence
17:12il y a deux entrées
17:13aussi
17:13donc il a pu
17:14passer par derrière.
17:16L'hypothèse
17:17que défendent
17:17les enquêteurs
17:18et qui serait
17:18la plus logique
17:19c'est qu'il ait mis
17:20le corps dans la valise
17:21mais là encore
17:21même si Narumi
17:22est d'un gabarit
17:23assez fin et frêle
17:25au vu de la valise
17:26en question
17:26les hommes de l'APJ
17:28qu'on interrogeait
17:28là-dessus
17:29nous disaient
17:29qu'eux-mêmes
17:30ne pouvaient assurer
17:31avec certitude
17:32que Narumi
17:32avait été mis
17:33dans cette valise
17:33et que c'est par ce biais-là
17:34que son corps
17:35avait été sorti du campus.
17:37Les parents de Narumi
17:38sont absolument convaincus
17:41de la culpabilité
17:43de Nicolas Zepeda
17:44il est l'unique suspect
17:46et il a toujours été
17:48l'unique suspect
17:49dans ce dossier.
17:51Aujourd'hui
17:52de toute évidence
17:53au-delà
17:54des éléments
17:55de ce dossier
17:55les parents
17:56de Narumi
17:57et ses soeurs
17:58savent que
17:59Narumi
18:00ne serait pas resté
18:01pendant
18:02plus de deux ans et demi
18:03sans les contacter
18:05sans les voir
18:06ils savent
18:07que quelque chose
18:08de terrible
18:09lui est arrivé.
18:10Est-ce que les parents
18:11de Narumi
18:11sont venus en France
18:12est-ce qu'ils ont pu rencontrer
18:14les responsables
18:14de l'enquête
18:15à Besançon ?
18:16Absolument
18:16bien sûr
18:17ils ont été entendus
18:18par le juge
18:20d'instruction
18:21ils ont rencontré
18:23les enquêteurs
18:25ils ont pu échanger
18:26avec eux
18:26c'était important
18:27aussi pour eux
18:28pour matérialiser
18:30et comprendre
18:31un petit peu
18:31tout ce qui s'était passé
18:32comprendre le cheminement
18:33de l'enquête
18:34et tout ce qui avait
18:35permis justement
18:36de conduire
18:37à cette suspicion
18:38d'assassinat.
18:40Nicolas Jacquard
18:41le 19 novembre 2018
18:42le procureur
18:43de la République
18:44de Besançon
18:45va annoncer
18:46officiellement
18:47la fin
18:48des investigations
18:48dans cette affaire.
18:49Au terme
18:50d'un an et demi
18:50de recherche
18:51il se rend à l'évidence
18:52qui est que le corps
18:53de Narumi
18:54n'a pas été retrouvé
18:55et que le temps passant
18:57les chances
18:58de le retrouver
18:59s'amenuisent très clairement
19:00et donc
19:01il faut à un moment
19:02pouvoir arrêter
19:04cette instruction
19:04pour lancer
19:06de nouveaux actes
19:06à commencer par
19:07une commission
19:08régatoire internationale
19:08qui va permettre
19:09de tenter
19:10de confondre Zepeda
19:11et en tout cas
19:12de l'amener
19:13devant la justice française.
19:14Pendant ce temps-là
19:14Nicolas Zepeda
19:15est totalement libre
19:17de ses mouvements au Chili.
19:18Il n'a jamais été placé
19:19ne serait-ce qu'en garde à vue
19:20en tout cas l'équivalent
19:21au Chili de la garde à vue
19:22tout au plus
19:23a-t-il été l'objet
19:25d'un simple contrôle
19:26d'identité.
19:27Un juge l'avait fait venir
19:28au tout début de l'affaire
19:29on nous disait
19:30qu'il était recherché
19:31on nous disait
19:31que le mandat d'arrêt
19:32pesait sur lui
19:33et que la justice
19:33chilienne allait l'appliquer
19:34et puis en fait
19:35la vérité c'est que
19:36Nicolas Zepeda
19:37vivait tranquillement
19:38dans sa famille
19:38et comme le disait
19:39un confrère local
19:40il se cachait surtout
19:41des médias
19:42plus que de la police.
19:43Que peut faire la justice
19:44française à ce moment-là ?
19:45A ce moment-là
19:45il y a deux options
19:46soit faire venir
19:48Zepeda en France
19:48soit tenter d'aller voir
19:50Zepeda au Chili
19:51et c'est ce que
19:52le procureur de la République
19:53a fait
19:54il a sollicité
19:55les autorités judiciaires
19:56chiliennes
19:56le procureur de la République
19:57de Besançon
19:58demande à ses homologues
19:59chiliens de pouvoir
19:59se rendre sur place
20:00pour auditionner le suspect
20:01et c'est ce qui va être accepté.
20:04Et donc le 15 avril 2019
20:05les français qui conduisent
20:07l'enquête sont au Chili
20:08pour entendre
20:09Nicolas Zepeda
20:10comment se comportent-ils
20:12face à eux ?
20:13D'abord ce ne sont pas
20:13les français qui interrogent
20:14directement le suspect
20:15ils le font faire
20:16indirectement par leurs
20:17homologues chiliens
20:18on a un suspect
20:19qui est comme toujours
20:20comme depuis le début
20:21très sûr de son fait
20:22qui explique qu'il n'a rien
20:23à voir avec cette histoire
20:24comme on n'a pas
20:25de mesures coercitives
20:26ni de garde à vue
20:27ni de détention provisoire
20:28il est très difficile
20:30de lui opposer autre chose
20:31que ce que lui avance
20:32donc peu de choses
20:33ont filtré de cet entretien
20:35qui était censé
20:37durer assez longtemps
20:37vu que les enquêteurs français
20:38avaient énormément de questions
20:40à lui poser
20:40et puis au bout de deux heures
20:41on a vu sortir un Zepeda
20:42très
20:44presque arrogant
20:44presque fanfaronnant
20:45sûr de son fait
20:47et qui est reparti
20:48aussi libre
20:48qu'il était rentré
20:53C'est une torture absolue pour eux
20:56de savoir que Nicolas Zepeda
20:59vit totalement librement
21:01dans des conditions
21:02tout à fait satisfaisantes au Chili
21:05c'est totalement insoutenable
21:07même si le fait
21:08que la délégation française
21:10ait pu se rendre au Chili
21:12pour entendre Nicolas Zepeda
21:15ça a été un soulagement
21:16pour eux
21:17de se dire
21:17qu'enfin
21:18quelque chose se passait
21:19mais ce n'est pas suffisant
21:20parce qu'il est toujours libre
21:22et qu'aujourd'hui
21:24ils ont l'impression
21:25qu'il bénéficie
21:26d'une totale impunité
21:28à aucun moment
21:29il n'a fait l'objet
21:30d'une mesure de coercition
21:31quelle qu'elle soit
21:32pas de garde à vue
21:33pas de détention provisoire
21:34on a quand même
21:35quelqu'un qui est accusé
21:36du pire des crimes
21:37on est sur un assassinat
21:38sur quelque chose
21:39de prémédité
21:40de penser
21:40de préparer à l'avance
21:42et puis on a l'impression
21:43que les Chiliens
21:44ne vont pas aller chercher
21:44plus avant
21:45ni lui demander
21:46ce qu'il a pu faire
21:47et comment il se défend
21:49alors les mauvaises langues
21:50disent que au Chili
21:51la famille de Nicolas Zepeda
21:54Contreras
21:54c'est très connu
21:55qu'elle a le bras long
21:56et que si on en est là
21:58aujourd'hui
21:58c'est parce qu'il bénéficierait
22:00d'un certain nombre
22:00de protections
22:01très haut placées
22:02difficile à dire
22:03mais au vu
22:04de l'attitude de la justice
22:05huilienne par rapport
22:06à Zepeda
22:06on se dit très clairement
22:07qu'il pourrait être protégé
22:08et que ce serait pas
22:09complètement incongru
22:09de le penser
22:12Maître Gallet
22:12que demandent les parents
22:13de Narumi
22:14et à qui s'adressent-ils ?
22:16A la France ?
22:16Au Chili ?
22:17Il s'adresse à
22:20toute autorité
22:20qui serait susceptible
22:22de les aider
22:22pour que tout le monde converge
22:24et surtout
22:26se tourne désormais
22:27vers la deuxième phase
22:28de ce dossier
22:29la phase judiciaire
22:30à laisser la place
22:32à une phase
22:33que je qualifierais
22:34de diplomatique
22:36de politique
22:37puisque nous sommes
22:38aujourd'hui
22:39tournés vers l'extradition
22:41de Nicolas Zepeda
22:43c'est ce qu'ils souhaitent
22:44c'est ce qu'ils veulent
22:45parce que
22:46cette extradition
22:47permettrait aussi
22:49d'avoir
22:50davantage de réponses
22:51et puis surtout
22:52d'organiser un procès
22:53en France
22:53en présence
22:54de Nicolas Zepeda
22:59Merci à Nicolas Jacquard
23:01et Maître Sylvie Gallet
23:06Code Source
23:07est le podcast
23:08d'actualité du Parisien
23:09production
23:10Jeanne Boézek
23:11réalisation et mixage
23:13Alexandre Ferreira
23:14si vous aimez Code Source
23:15n'oubliez pas
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