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Le samedi 19 mars 2022, Federico Martín Aramburú, ancien joueur international de rugby, est abattu de six balles. Les deux tireurs présumés sont issus des milieux d'extrême droite néo-nazis. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

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Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien: https://bit.ly/_Crimestory

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Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clémentine Spiler et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archives : INA - Photo : Franck FIFE / AFP.

00:00 La nuit au Mabillon : altercation
08:18 Traque et fusillade boulevard Saint‑Germain
12:51 Les suspects : ultradroite, cavale et arrestations
29:26 Enquête : préméditation, armes et procès à venir

#aramburu #gud #rugby

Catégorie

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News
Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:15Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés.
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenis.
00:31Bonjour, Damien.
00:32Bonjour, Claudia.
00:33Aujourd'hui dans Crime Story, Federico Martin Arambourou, le rugbyman tué par des militants d'extrême droite.
00:39Paris, Saint-Germain-des-Prés, deux copains rugbymen, des militants d'ultra droite et la nuit de fête vire à
00:46la tragédie.
00:49Le samedi 19 mars 2022 doit être un jour de fête pour le rugby français.
00:54Le soir même, le 15 de France affronte l'Angleterre, appelé le 15 de la Rose, au Stade de France
01:00dans le cadre du tournoi des 6 nations.
01:02C'est le fameux crunch, un des rendez-vous les plus importants pour les amateurs du ballon ovale.
01:07Mais à 7h, une terrible nouvelle vient bouleverser le cours de cette journée.
01:12Et le monde du rugby est en deuil.
01:14Federico Martin Arambourou, ancien joueur international argentin résident en France,
01:19a été abattu de 6 balles sur le boulevard Saint-Germain, en plein cœur de la capitale.
01:27Federico Martin Arambourou n'aurait raté ce match pour rien au monde.
01:31Cet ancien joueur argentin d'1m95 a évolué en France dans les clubs de Biarritz,
01:36avec lesquels il a remporté le top 14 en 2006, Perpignan et Dax.
01:41Il vit au Pays Basque, mais il est venu à Paris pour l'occasion.
01:44Federico Martin Arambourou est une star du rugby sélectionnée tout au long de sa carrière,
01:49pas moins de 22 fois, pour jouer en équipe d'Argentine.
01:53Retraité de sa carrière de sportif de haut niveau depuis 2014,
01:56il s'est reconverti et gère une agence de voyage sur mesure,
01:59Esprit Basque, implantée à Biarritz, cette cité balnéaire du sud-ouest.
02:04Avec un autre ancien joueur et ami, Sean et Garty,
02:06ils se sont associés et spécialisés dans les voyages de groupe
02:09pour les entreprises et les associations.
02:11Côté vie privée, Federico Martin Arambourou a 42 ans
02:15et avec sa femme Maria, ils ont 3 enfants.
02:17La veille du match, le vendredi 18 mars,
02:21Federico Martin Arambourou fête un anniversaire
02:23avec un groupe d'amis dans un célèbre restaurant argentin
02:26du 6e arrondissement de Paris, un quartier chic de la capitale.
02:29Le Bolbert est situé juste à côté de la Seine
02:32et propose de nombreux mets argentins, dont les célèbres en Pagnadas.
02:36Federico Martin Arambourou profite un maximum de ces quelques jours à Paris.
02:41Dans 36 heures, lundi 21 mars, un avion doit l'emmener en Argentine.
02:45Vers 1h du matin, le petit groupe sort du restaurant.
02:49Mais Federico Martin Arambourou et son ami, l'autre ancien rugbyman,
02:53Sean et Garty, veulent poursuivre la soirée.
02:55Ils ont autre chose à fêter.
02:57Un juteux contrat qu'ils ont réussi à signer via leur agence d'événementiel.
03:02Quelques heures plus tard, il fête encore nuit et les deux amis ont faim.
03:05Ils décident de s'attabler à la terrasse du bar Le Mabillon,
03:08un établissement du boulevard Saint-Germain
03:10qui reste ouvert jusqu'à 6h du matin.
03:12Ils commandent une bière et un burger et plaisantent
03:15en se disant qu'ils ne seront pas très frais pour ce qui les attend dans quelques heures.
03:19Le soir même, un France-Angleterre au Stade de France
03:21en tournoi destination auquel ils comptent assister
03:24avec quelques clients de leur entreprise.
03:31Damien, à ce moment-là, Federico Martin Arambourou et Sean et Garty sont sur un petit nuage.
03:36Oui, alors ils vont très bien. C'est vraiment une soirée de fête.
03:39Ils ont passé la soirée avec des amis, ils ont un contrat à fêter, donc ils sont heureux.
03:45Globalement, ces deux anciens joueurs ont plutôt réussi leur conversion professionnelle,
03:49ce qui est toujours un challenge pour les sportifs de haut niveau,
03:51surtout pour ces deux sportifs qui venaient de l'étranger au départ
03:55et qui étaient venus jouer en France.
03:56Ils y sont restés d'ailleurs après leur carrière.
03:59Ce soir-là, donc, ils s'installent en fin de soirée sur cette terrasse du Mabillon
04:04à côté d'un groupe qui est composé de deux hommes et d'une femme.
04:07Alors, on apprendra leur nom plus tard.
04:09Ils s'appellent Loïc Lepriol et Romain Bouvier en ce qui concerne les hommes.
04:14La jeune femme, elle s'appelle Lison Rochemire.
04:17Alors, au départ, ces voisins de table, ils ne se connaissent pas,
04:19mais ils ont tous les cinq des échanges qui semblent tout à fait cordiaux au départ.
04:23Donc, à la terrasse du Mabillon, l'ambiance générale est plutôt bonne, bonne enfance.
04:28C'est une ambiance de fête, de fête de milieu de nuit.
04:30Les bières et les burgers arrivent et les joueurs de rugby,
04:34les Garty et Rambourou, vont manger et boire en fumant des cigarettes.
04:38Enfin, il n'y a absolument rien d'anormal.
04:40À un moment, un autre homme, seul et sans doute un peu éméché,
04:44interagit avec les voisins des rugbymen.
04:47Oui, alors ça, on le voit en fait sur des images de vidéosurveillance
04:50de l'établissement qui ont été saisis après les faits.
04:53On voit qu'effectivement, ils se lèvent vers eux, ils leur parlent.
04:57Et qu'un des hommes du trio, Loïc Lepriol en l'occurrence,
05:01lui fait signe en gros de partir, de les laisser tranquilles
05:03et d'aller se rasseoir un peu plus loin.
05:05Alors, on sent que là, on n'a pas le son, on ne sait pas ce qu'ils se disent,
05:08mais on voit bien sur les images que ça ne se passe pas très très bien.
05:11Chaun et Garty, lui, intervient apparemment pour dire à Loïc Lepriol
05:16et son copain et sa copine qu'ils auraient pu un peu mieux s'adresser à ce client
05:19même s'il était méché.
05:21Donc, on voit qu'il y a le début de quelque chose d'un peu plus tendu,
05:24d'un début d'altercation entre Chaun et Garty, Federico Martinaramburu
05:29et leur voisin de terrasse.
05:31Loïc Lepriol se lève, se dirige vers Chaun et Garty
05:34et l'attrape au niveau de la nuque
05:36et il lui met comme des petites claques sur la joue.
05:39Oui, alors, on voit qu'il se parle.
05:41Encore une fois, on n'a pas sur ces images la teneur exacte des échanges.
05:44On ne sait pas vraiment encore ce qu'ils se disent.
05:46On apprendra plus tard au cours de l'enquête
05:48qu'à cet instant-là, Loïc Lepriol tient des propos ouvertement racistes.
05:52Il va leur dire « Je suis d'ici, moi, je suis français de France ».
05:57Alors, on rappelle qu'Aran de Bourroux est argentin.
06:00Chaun et Garty, lui, est né en Nouvelle-Zélande.
06:02Donc, voilà, Loïc Lepriol leur dit « Moi, je suis chez moi, ici ».
06:05Alors, on sent qu'il y a de la tension.
06:07On voit d'ailleurs sur les images qu'un des vigiles du mabillon du bar va intervenir.
06:12Et finalement, Loïc Lepriol retourne à sa table.
06:15La soirée semble, à ce moment-là, reprendre un cours relativement normal
06:19après cette brève altercation.
06:21Alors, l'heure avance.
06:22Il y a de plus en plus de clients qui quittent le bar.
06:24Et à un moment, Chaun et Garty se lèvent.
06:27Il s'éloigne.
06:27Il va, semble-t-il, fumer une cigarette.
06:29Et Federico Martinarambourou se lève à son tour.
06:32Il passe derrière la table de ses voisins.
06:35Et en passant, il attrape la capuche de Loïc Lepriol.
06:38Il tire très fort vers le bas.
06:40Résultat, Loïc Lepriol tombe avec sa chaise en arrière.
06:44Il se relève tout de suite.
06:45Et là, c'est le début de la bagarre.
06:47On voit dans le champ de la caméra de vidéosurveillance
06:49que Chaun et Garty, qui lui est revenu de sa pause cigarette,
06:53et Romain Bouvier, qui est donc le copain de Loïc Lepriol,
06:56s'échangent aussi des coups.
06:57Là, donc, on a une bagarre à quatre qui s'engage.
06:59Les serveurs et les vigiles du bar cherchent à les séparer.
07:03Oui, ils vont retenir Loïc Lepriol et Romain Bouvier,
07:06qu'ils vont en quelque sorte exfiltrer de la terrasse vers l'intérieur du bar.
07:11Et pendant ce temps, Chaun et Garty et Federico Martinarambourou,
07:15eux, ils quittent les lieux, ils semblent un peu sonner
07:17parce que l'échange de coups a été bref, mais relativement violent.
07:20Et ils partent sur le boulevard de Saint-Germain,
07:23mais calmement, ils ne partent pas en courant, ils s'éloignent.
07:25Voilà, les deux groupes semblent séparés.
07:27Mais pendant ce temps-là, Loïc Lepriol, qui lui, au bar,
07:30donc à l'intérieur du mabillon, est encore très agité,
07:33selon d'ailleurs un des serveurs qui sera entendu par la suite.
07:36Ce serveur va raconter que Lepriol se frappe le torse en disant
07:40« Je vais le tuer, je vais le tuer ».
07:42Le vigile du bar ne prend pas trop cette menace au sérieux,
07:45mais quelques instants plus tard,
07:47Loïc Lepriol va quand même, d'une part, sortir un brassard de police
07:51qu'il va mettre autour de son bras,
07:53et selon le vigile, il va aussi, à ce moment-là, sortir un pistolet
07:57qu'il va d'ailleurs recharger devant le vigile.
08:00Mais bon, le vigile, il a vu ce brassard police,
08:03il se dit « Bon, c'est un policier de là-bas qui est en civil,
08:06je ne vais pas m'interposer ».
08:07Il laisse partir Loïc Lepriol son brassard et son arme à la main,
08:11et il ne s'inquiète pas réellement de ce qui va se passer ensuite.
08:18Loïc Lepriol part en courant dans la rue.
08:21Romain Bouvier lui monte dans la Jeep, conduite par Lison Rochemire,
08:24et ensemble, ils tentent de le rattraper.
08:26Pendant ce temps, les deux rugbymen qui viennent de quitter le bar
08:29et marchent sur le boulevard Saint-Germain,
08:31rigolent à propos de ce qui vient de se passer.
08:33Une bagarre d'ivrogne à 6h du matin, ce n'est vraiment plus de leur âge.
08:38Quelques dizaines de mètres plus loin, au 148 boulevard Saint-Germain,
08:42ils entrent dans le hall d'un hôtel, le « Welcome ».
08:44Ils sont quand même bien amochés et veulent demander au concierge
08:47de leur donner quelques glaçons.
08:49La pratique du rugby à niveau professionnel leur a appris
08:52qu'il vaut mieux mettre du froid tout de suite quand on a pris un coup.
08:55Le concierge est un peu surpris de la demande formulée par ces deux grands gaillards,
08:59mais il accepte de les aider.
09:00Quelques minutes plus tard, Federico Martinaramburu et Sean Egarty
09:05repartent après lui avoir laissé un pourboire.
09:07Il est environ 6h15.
09:09Quand ils sortent de l'hôtel, la Jeep arrive à leur niveau.
09:13Romain Bouvier en descend.
09:15Il tient un pistolet dans la main et le pointe sur Federico Martinaramburu.
09:19Il tire quatre fois.
09:21Deux projectiles atteignent et blessent le joueur.
09:24Puis il part en courant.
09:2540 secondes plus tard, Loïc Lepriol arrive en courant sur la scène que vient de quitter
09:30Romain Bouvier.
09:32Aramburu est déjà blessé.
09:33Son ami Sean Egarty semble ne pas s'en être rendu compte.
09:37Loïc Lepriol fond sur Aramburu.
09:39Il recommence à se battre violemment.
09:41Sean Egarty tente d'intervenir.
09:43En donnant des coups de sac de glaçons sur Loïc Lepriol, tout le monde échange des coups.
09:47Puis Loïc Lepriol met la main à sa ceinture.
09:50Il sort son pistolet et tire six fois sur Aramburu.
09:54Quatre balles l'atteignent.
09:55À la colonne vertébrale, dans le cou, une troisième entre dans sa cuisse droite
09:59et une quatrième traverse son flanc gauche.
10:02Federico s'écroule devant la vitrine d'un magasin de chaussures
10:05et le groupe s'éparpille dans toutes les directions.
10:08Une femme qui a vu la scène appelle la police.
10:11Lorsque les agents arrivent sur place,
10:13Sean Egarty tente de prodiguer un massage cardiaque à son ami,
10:16qui a perdu connaissance.
10:17Les pompiers et le SAMU arrivent à leur tour, rapidement,
10:20et prennent le relais pour tenter de sauver la vie du sportif argentin.
10:24En vain.
10:25Federico Martinaramburu meurt dans leurs bras.
10:28Au total, six balles provenant de deux armes de calibre 22 longs rifles
10:32et de calibre 7,65 l'ont touché.
10:36L'ancien joueur de rugby argentin Federico Martinaramburu est mort.
10:40Il a été abattu par deux hommes qui ont pris la fuite en voiture ce matin,
10:44très tôt à la sortie d'un bar du boulevard Saint-Germain.
10:46L'ancien joueur de rugby argentin a été tué par balle samedi matin...
10:49Damien, la nouvelle de la mort de Federico Martinaramburu
10:53abasourdit le monde du rugby.
10:55Oui, surtout qu'à ce moment-là, on ne sait pas du tout
10:57ce qui s'est réellement passé au boulevard Saint-Germain.
10:59Mais c'est de toute façon un très grand choc pour tous ceux qui le connaissent,
11:03tous ceux qui ont joué avec lui.
11:04Et même au-delà, un ancien joueur d'ailleurs qui a joué à ses côtés
11:08va dire au journal l'équipe le lendemain,
11:10je n'imagine pas Feder, c'était le surnom de Federico Martinaramburu,
11:14je n'imagine pas Feder participer à une empoignade ou quoi que ce soit du genre,
11:18quelle que soit la circonstance.
11:19Alors, c'est déjà très choquant que quelqu'un soit tué comme ça,
11:22en plein Paris, boulevard Saint-Germain de surcroît, par arme à feu.
11:26Mais en plus, lui, cet ancien joueur, personne ne comprend.
11:30Loïc Lepriol et Romain Bouvier sont en fuite.
11:33Oui, alors à ce moment-là, c'est la brigade criminelle
11:35qui va être saisie de l'enquête assez rapidement, immédiatement même.
11:39Mais au moment où les premiers policiers vont arriver sur les lieux
11:42pour les premières constatations,
11:44il n'y a plus que les deux victimes qui sont là,
11:45Aramburu qui est décédé sur le trottoir
11:47et Choné Garty, son copain, qui est resté sur place.
11:51Le bar, le Mabillon et ce quartier en général
11:53ne sont pas du tout des endroits dangereux
11:55dans lesquels on est habitué à ce type d'événement.
11:57Ah non, clairement pas. Au contraire, c'est même, on l'a dit,
12:00un des endroits les plus chics du centre de Paris,
12:02un endroit extrêmement touristique,
12:05un endroit où il y a une vie nocturne assez intense,
12:07notamment le week-end parce qu'il y a beaucoup de bars
12:09qui sont ouverts assez tard,
12:10mais c'est plutôt des ambiances bon enfant.
12:12Alors, les coups de feu, évidemment, ça ne devrait arriver nulle part,
12:15mais il y a des endroits où, dans Paris ou en banlieue parisienne,
12:18où on est un peu plus habitué à ce type de fin de soirée,
12:22là, c'est vraiment pas du tout le cas.
12:23Donc, en fait, tout est un peu surprenant et sidérant dans cette affaire.
12:27La personnalité des victimes, d'une part,
12:29le fait que ça se passe dans le 6e arrondissement de Paris
12:31et les proportions qu'a prise une affaire
12:34qui, au départ, semble être une altercation
12:36de fin de soirée à une terrasse de bistrot
12:40et qui se transforme en fusillade derrière.
12:42Et en plus, une fusillade où on a, semble-t-il,
12:44laissé absolument aucune chance
12:46à Federico Martin Arambrou.
12:52Rapidement, grâce à la vidéosurveillance
12:53et aux témoignages recueillis sur le boulevard Saint-Germain
12:56et dans le bar Le Mabillon,
12:58un des tireurs présumés est identifié.
13:00La police sait qu'elle a affaire à Loïc Lepriole,
13:03un homme qui n'est pas inconnu de leur service.
13:05Militant d'ultra-droite, âgé de 27 ans,
13:08il est fiché S pour sa radicalité et sa violence.
13:11La nuit du meurtre,
13:12il était accompagné de Romain Bouvier,
13:14un homme corpulent, presque chauve
13:16et portant une barbe noire,
13:18lui aussi, bien connu,
13:19pour être très présent dans les cercles identitaires.
13:22Loïc Lepriole circule souvent
13:24au volant d'une Jeep militaire.
13:26Sans doute, c'est l'aperçu sur les lieux.
13:28Il aurait déjà de nombreux faits d'armes
13:30à son sombre palmarès.
13:32Épaules et mâchoires carrées, coiffures gominées,
13:34il rejoint l'école des mousses
13:35alors qu'il est encore adolescent.
13:36Puis il poursuit sa formation dans la marine nationale.
13:39Surtout, il entre au GUD,
13:41le groupe Union Défense,
13:43une organisation étudiante d'extrême droite
13:45qui s'inscrit dans la mouvance néo-nazie
13:47et qui sera dissoute en 2017.
13:50Puis Loïc Lepriole rejoint les OIV,
13:52un nouveau groupuscule néo-nazi francilien
13:54fondé en 2018
13:55et qui sera à son tour dissous en 2022.
13:58En octobre 2015,
14:00Loïc Lepriole est mis en cause
14:02dans une affaire de violence.
14:03Avec d'autres membres du GUD,
14:05ils ont torturé l'ancien président
14:06de leur groupuscule.
14:07Ils sont allés chez lui,
14:09l'ont dénudé, frappé
14:10et ils ont filmé cette agression.
14:12Les causes de ce déchaînement de violence
14:14restent obscures,
14:15mais Loïc Lepriole est mis en examen
14:17en novembre 2015,
14:18puis écroué.
14:19Après dix jours de détention provisoire,
14:21il est finalement remis en liberté
14:23en échange d'une caution de 25 000 euros
14:25payée par un ami.
14:26Il doit d'ailleurs comparaître pour ses faits
14:29devant le tribunal correctionnel de Paris
14:30le 1er juin 2022,
14:32trois mois après l'assassinat
14:34de Federico Martín Aramburro.
14:36Parmi ces autres faits d'armes,
14:38on peut aussi dire qu'en 2016,
14:40Loïc Lepriole a lancé avec une jeune femme
14:42une marque de vêtements intitulée
14:43« Tout bap solide »
14:45à destination d'une clientèle raciste.
14:47Le logo annonce
14:48« Bap tout solide certifié,
14:50fringues,
14:50imaginées par des Blancs,
14:52pour des Blancs. »
14:56Damien, le samedi 19 mars au soir,
14:58le soir même de l'assassinat donc,
15:00la brigade criminelle procède
15:02à une première interpellation.
15:03Oui, on est quand même quelques heures
15:04après l'assassinat
15:06et c'est Lison Rochemire
15:08qui est à la fois la compagne
15:09de Loïc Lepriole depuis 5 ans
15:11et c'est surtout celle qui était présente
15:13au mabillon sur la terrasse ce soir des faits
15:15et qui aurait même conduit la Jeep
15:16qui a été utilisée ce soir-là
15:18notamment pour poursuivre
15:19Égarty et Aramburou, boulevard Saint-Germain.
15:22Alors cette Lison Rochemire,
15:23c'est une jeune fille de 24 ans,
15:25petite, brune, fluette
15:26et les enquêteurs sont persuadés
15:28qu'elle a joué un rôle
15:30au moins en tant que conductrice
15:31de la Jeep.
15:33Alors elle est interpellée ce samedi
15:34donc quelques heures plus tard
15:35sur le pont de l'Alma
15:37par les enquêteurs
15:38de la brigade criminelle de Paris
15:39alors qu'elle est au volant
15:40d'une autre voiture,
15:41cette fois une Fiat 500
15:42qui est sa voiture.
15:43Elle confirme l'identité
15:44de Romain Bouvier.
15:45Effectivement, elle confirme
15:47l'identité de Bouvier.
15:47Bouvier, il a 31 ans.
15:49C'est également un membre actif
15:51de l'extrême droite.
15:52Il est soupçonné, lui,
15:53d'avoir également tiré,
15:55d'ailleurs tiré en premier
15:55sur Federico Martina Aramburou.
15:58Il est connu parce qu'il fait
15:59également partie de ceux
16:00qui ont, on l'a dit un peu plus tôt,
16:02ont passé à tabac
16:03un autre membre du GUD.
16:05Et comme Loïc Lepriol,
16:07il est aussi sous contrôle judiciaire
16:08dans cette première affaire.
16:10Et d'ailleurs, en théorie,
16:11c'est prévu par leur contrôle judiciaire,
16:13normalement, Lepriol et Bouvier
16:15ne sont pas censés se rencontrer.
16:18Lison Rochemire raconte
16:19le déroulé des événements.
16:21Oui, alors elle n'est pas
16:21franchement très coopérative.
16:23Elle cherche surtout
16:24à se dédouaner de cette affaire.
16:27Elle raconte qu'après la dispute,
16:29la première dispute dans le bar
16:30sur la terrasse du Mabillon,
16:32elle est allée chercher la voiture,
16:33la fameuse Jeep,
16:35et qu'elle a vite retrouvé Romain
16:36dans la rue,
16:37qu'il est monté dans cette voiture
16:39et qu'ensuite, devant le numéro
16:41148 du boulevard Saint-Germain,
16:44il lui aurait sommé,
16:45il lui aurait demandé de s'arrêter,
16:46il serait descendu de la Jeep.
16:48C'est là qu'il tire
16:49sur Federico Martina Rambourou.
16:51Loïc Lepriol lui serait arrivé
16:53à cet instant
16:54et aurait lui aussi
16:55tiré sur la victime
16:56dans un deuxième temps.
16:57Après l'assassinat,
16:58Lison Rochemire embarque
16:59les deux hommes dans la Jeep
17:01et les dépose Avenue Wilson
17:03dans le 16e arrondissement de Paris.
17:04Oui, et là,
17:05Loïc Lepriol va lui dire
17:06d'aller garer la Jeep
17:07dans leur parking
17:08et il lui annonce aussi
17:09à ce moment-là
17:10qu'il va partir en cavale,
17:11qu'il va s'enfuir.
17:12Il va d'ailleurs lui remettre
17:13son téléphone portable
17:15et lui ordonner
17:16d'en casser la puce.
17:18Et après,
17:19elle va dire au policier
17:20je ne sais pas,
17:21je ne sais pas où il est
17:21et je ne sais pas
17:22où il est passé depuis.
17:28Vous écoutez
17:29Crime Story
17:29Fédérico Martín Aramburu
17:31le rugbyman
17:32tué par des militants
17:33d'extrême droite
17:34deuxième et dernier épisode.
17:39Le samedi 19 mars 2022
17:41vers 6h15 du matin
17:43Fédérico Martín Aramburu
17:44ancien joueur international
17:46de rugby
17:46est abattu de 6 balles
17:48tirés par deux hommes
17:49qui prennent la fuite
17:50dans une Jeep.
17:51Deux jours plus tard,
17:53la conductrice de la Jeep
17:54est arrêtée.
17:55Elle s'appelle Lison Rochemire
17:56et c'est la compagne
17:57de Loïc Lepriole,
17:58l'un des tireurs présumés.
18:00Comme le deuxième homme,
18:02Romain Bouvier,
18:03il évolue dans les milieux
18:04d'extrême droite néo-nazis
18:05et faisait partie
18:06de deux groupuscules identitaires
18:07jusqu'à leur dissolution,
18:09le GUD et les OUAV.
18:11Après la mort du rugbyman,
18:13les deux hommes ont quitté Paris
18:14sans dire où ils allaient.
18:19Lison Rochemire
18:20n'est pas des plus coopératives.
18:22Le procureur estime
18:23qu'elle a aidé
18:23Loïc Lepriole
18:24et Romain Bouvier
18:25à s'enfuir
18:26et qu'elle a participé
18:28à l'assassinat.
18:29Elle n'était pas enfermée
18:30dans le coffre de la voiture
18:31au moment des faits,
18:32dit-il.
18:33Elle était au volant
18:34et n'était absolument
18:35pas passive.
18:36Durant l'enquête,
18:37elle se montre
18:38très peu coopérative
18:39alors que les deux assassins
18:40sont des gens dangereux
18:41chez qui les policiers
18:43ont trouvé des armes.
18:44Son avocat préfère
18:46présenter sa cliente
18:47comme une jeune femme amoureuse
18:48qui était sous l'emprise
18:49de Loïc Lepriole.
18:50Elle n'appartient
18:51à aucun groupe
18:52d'extrême droite.
18:53C'est une étudiante
18:54qui devait bientôt
18:54passer ses examens
18:55et ne sortait pas la nuit,
18:57jure-t-il.
18:58Il appelle les deux suspects
18:59à se rendre
18:59pour aider
19:00à la libération
19:01de sa cliente.
19:02Sans succès.
19:04Sur les images
19:05de vidéosurveillance
19:06du bar Le Mabillon,
19:07les policiers observent
19:08que pendant la soirée,
19:09alors que tout se passait
19:10bien sur la terrasse,
19:11on voit Loïc Lepriole
19:12se lever pour aller aux toilettes.
19:14Il passe alors
19:15devant une caméra
19:16située dans l'escalier
19:17qui descend
19:18vers les toilettes
19:19au sous-sol.
19:20Les images sont floues,
19:21mais on voit
19:22qu'il porte quelque chose
19:23à la ceinture
19:23et qu'il manipule
19:25ce quelque chose.
19:26Très certainement,
19:28l'arme
19:28qu'il a donc
19:29déjà sur lui.
19:31Deux jours plus tard,
19:32le mardi 22 mars,
19:33Lison Rochemire
19:34est mise en examen
19:35pour complicité d'assassinat.
19:37Quelques heures après,
19:38dans la nuit
19:38du mardi 22
19:39au mercredi 23 mars,
19:41Loïc Lepriole
19:42est arrêté
19:42à Zaoni,
19:43une ville hongroise
19:44de 4000 âmes
19:45située à la frontière
19:46avec l'Ukraine
19:47et la Slovaquie.
19:48Le suspect
19:48était arrêté
19:49en fin de journée
19:50hier au cours
19:50d'un contrôle frontière
19:52en Hongrie
19:52alors qu'il circulait
19:53en voiture.
19:54Il aurait déclaré
19:55vouloir se rendre
19:56en Ukraine.
19:57Après l'assassinat
19:57de Federico Martin
19:59à Ramburu,
19:59Loïc Lepriole
20:01prend un taxi
20:01qui le dépose
20:02gare de Lyon
20:03puis il prend
20:04un billet de train
20:04sous une fausse identité
20:05à destination
20:06de Draguignon
20:07dans le Var.
20:08Depuis cet endroit,
20:09il arrive à rejoindre
20:10l'extrême-est
20:11de la Hongrie.
20:12Alors que la guerre
20:13en Ukraine
20:14a commencé
20:14un mois plus tôt,
20:15la ville de Zaoni
20:16est devenue
20:16un point de passage
20:17important
20:18pour les nombreux réfugiés
20:19fuyant les combats.
20:21Loïc Lepriole,
20:22lui,
20:23veut faire le chemin
20:23en sens inverse
20:24pour entrer en Ukraine.
20:26Mais la Hongrie
20:27étant dans l'espace Schengen,
20:28les fonctionnaires
20:29qui le contrôlent
20:30repèrent tout de suite
20:31que son nom
20:31figure sur une circulaire
20:33de recherche
20:33diffusée au niveau européen
20:35et ils contactent
20:36immédiatement
20:37leurs homologues français.
20:40Damien Delceny,
20:41après son arrestation,
20:43Loïc Lepriole
20:44est interrogé
20:45par la police locale.
20:46Il va déclarer
20:47devant ses policiers
20:47qu'il a une formation
20:49militaire,
20:50qu'il est là
20:50parce qu'il veut
20:51passer en Ukraine
20:52pour se battre
20:53contre les Russes.
20:54Alors,
20:54on n'en sait pas vraiment plus
20:56sur ses motivations exactes,
20:58ça peut être idéologique,
20:59mais c'est peut-être aussi
21:00le moyen
21:01qu'il a trouvé
21:01dans l'urgence
21:02pour pouvoir échapper
21:04à ses responsabilités
21:05en France
21:05et pour pouvoir
21:06en quelque sorte
21:07habiller sa cavale
21:08d'une autre manière.
21:09Les policiers
21:10qui l'ont appréhendé
21:11en Hongrie
21:11ont saisi
21:12trois couteaux
21:13de combat
21:13dans sa voiture,
21:15donc il devra aussi répondre,
21:16mais c'est beaucoup moins grave,
21:17du délit de port d'armes
21:18prohibé
21:18devant les autorités locales.
21:20Alors,
21:21on le sait,
21:21quand quelqu'un est interpellé
21:22à l'étranger,
21:23même dans l'espace Schengen,
21:24les procédures peuvent durer
21:26un petit peu
21:26et la procédure,
21:27là,
21:27pour le ramener en France,
21:28on sait qu'elle peut prendre
21:29quelques jours,
21:30mais ça ne va pas poser
21:31de problème particulier
21:32dans la mesure
21:33où on reste
21:34dans l'espace Schengen.
21:35Romain Bouvier,
21:36le deuxième suspect,
21:37est arrêté
21:38quelques heures après,
21:39le mercredi 23 mars,
21:40à l'heure du déjeuner.
21:41Oui,
21:42lui aussi s'est mis au vert,
21:43alors beaucoup moins loin
21:44que Loïc Lepriol.
21:45Lui,
21:45il va être arrêté
21:46dans une rue
21:47de la ville
21:48de Sablé-sur-Sarthe,
21:50dans la Sarthe.
21:50Il y a été déposé
21:51en voiture
21:52par un ami
21:53après la fameuse nuit
21:55de l'assassinat
21:56à Paris
21:56et en fait,
21:57les policiers
21:58ont repéré
21:58sa présence
21:59à Sablé-sur-Sarthe
22:00la veille,
22:00le mercredi 22 mars donc,
22:03lorsqu'il a réglé
22:04une chambre d'hôtel
22:05à Solem.
22:06Alors Solem,
22:06c'est une commune
22:07qui est tout à côté
22:07de Sablé-sur-Sarthe
22:08et c'est surtout
22:09une commune
22:10sur laquelle se situe
22:11une abbaye
22:12qui est très connue
22:13et certains estiment
22:14que,
22:16alors Loïc Lepriol,
22:17lui,
22:17il avait choisi l'Ukraine
22:18pour sa cavale
22:18et pour aller se mettre au vert
22:19et là,
22:20certains estiment
22:21que Romain Bouvier,
22:22lui,
22:22il avait plutôt ciblé
22:23l'abbaye de Solem
22:24pour y faire
22:26officiellement
22:26une retraite spirituelle
22:28mais en gros,
22:29sans doute pour se cacher
22:30et se faire oublier.
22:31Il est donc appréhendé
22:32à Sablé-sur-Sarthe
22:34et placé en garde à vue
22:35dans les locaux
22:36de la police judicia
22:37à Paris
22:37où il est ramené
22:38Manu Militari
22:39pour sa garde à vue
22:40qui peut durer
22:41jusqu'à 48 heures.
22:42Un élément
22:42qui marque
22:43a posteriori
22:44dans cette affaire,
22:45c'est le silence
22:46de la classe politique
22:47qui sera dénoncé
22:48un an après les faits
22:49par les avocats
22:50de la famille
22:50de Federico Marti-Narambourou
22:52et par celui
22:53de Chauné-Garty.
22:54Oui,
22:54parce que ça va vraiment
22:55être traité
22:55comme une forme
22:57de bagarre
22:58qui a dégénéré
22:59entre des gens
22:59qui ont trop bu
23:00dans un bar
23:01donc ça ne va pas prendre
23:02effectivement
23:03une vraie dimension politique.
23:04On va surtout parler
23:05des coups de feu
23:06en plein Paris,
23:07en plein Saint-Germain-des-Prés
23:08dans un endroit
23:09extrêmement touristique
23:10mais ça ne fait pas
23:11l'objet
23:12de réactions politiques
23:13quelles qu'elles soient
23:14ce qui peut être
23:15assez surprenant
23:16parce qu'on est quand même
23:17d'un côté
23:18avec des militants
23:19d'extrême droite
23:19fichés en tant que tels
23:21de l'autre côté
23:21en victime
23:22on a quand même
23:22un ancien international
23:24de rugby assez connu
23:25mais il n'y a pas
23:26de condamnation officielle
23:28ni du ministre
23:28de l'Intérieur de l'époque
23:29ni d'Emmanuel Macron
23:30ni de Jean Castex
23:31qui est à l'époque
23:32le premier ministre
23:33et en fait
23:33les avocats
23:34notamment de Arambourou
23:35et de Sean Egarthy
23:36vont estimer que
23:37tout ça rentre
23:38dans un processus
23:39un peu plus large
23:40de désinhibition
23:42de l'extrême droite
23:43violente.
23:49Une semaine après
23:50la mort de Federico
23:51Martin Arambourou
23:52le samedi 26 mars
23:54sa mère
23:55Cécilia
23:55est debout
23:56à côté du cercueil
23:57de son fils
23:58dans l'église
23:58Sainte Eugénie
23:59de Biarritz
23:59elle vient de lire
24:01un poème
24:01de William Ernest Henley
24:03Invictus
24:03le terme latin
24:05qui signifie
24:05invaincu
24:06et le poème préféré
24:08de Nelson Mandela
24:10puis elle s'adresse
24:11à la foule
24:11venue nombreuse
24:12si Fede
24:13avait été
24:14de ceux qui haïssent
24:15poursuit-elle
24:15il ne l'aurait pas agressée
24:17la solution
24:23n'est pas la justice
24:24ce ne sont pas
24:25les états
24:25ou la police
24:26c'est cultiver
24:27des âmes invincibles
24:31élever des enfants
24:32pour qu'ils ne connaissent
24:33pas la haine
24:37dans l'église
24:38un très large éventail
24:39de personnalités
24:40du rugby français
24:40sont présentes
24:41à l'extérieur
24:42environ 1000 personnes
24:44certains avec
24:45des drapeaux basques
24:45suivent la cérémonie
24:47d'adieu sur l'écran géant
24:48installé sur la place
24:49à des milliers de kilomètres
24:51des argentins aussi
24:52se recueillent
24:53en suivant la cérémonie
24:54sur Youtube
25:02le jeudi 31 mars
25:0410 jours après la mort
25:05de Federico Martin
25:06à Rambourou
25:07Loïc Lepriol
25:08arrive menotté
25:09à l'aéroport
25:10de Roissy-Charles-de-Gaulle
25:11au nord de Paris
25:12le lendemain
25:13le vendredi 1er avril
25:15il est mis en examen
25:16pour assassinat
25:17et écroué
25:18à la prison de la santé
25:19en attendant la fin
25:20de l'instruction
25:20un an plus tard
25:22l'avocat de la famille
25:23du rugbyman
25:24Yann Lebrat
25:25prend la parole
25:25dans Le Parisien
25:26il résume l'affaire
25:28il n'y a rien d'autre
25:29qu'un déferlement intime
25:30de violences
25:31de suprémacistes
25:32qui ne supportent pas
25:32qu'on remette en cause
25:33la manière dont ils ont parlé
25:34à quelqu'un
25:35il estime que dans cette affaire
25:37il y a eu une défaillance
25:38des autorités
25:39factuellement dit-il
25:40ces individus
25:41avaient interdiction
25:42d'être ensemble
25:43et de porter des armes
25:44la réalité
25:45c'est qu'ils sont ensemble
25:46qu'ils portent des armes
25:47et qu'ils détiennent
25:48un impressionnant arsenal
25:49de plusieurs dizaines d'armes
25:51la surveillance en fichesse
25:53et leur contrôle judiciaire
25:54mis en place
25:55dans le cadre
25:56d'un autre dossier
25:57ont manqué leurs effets
25:58on sait qu'il ne peut y avoir
26:00un policier
26:00derrière chaque activiste
26:02mais est-ce qu'on avait
26:03pris la mesure
26:03de leur dangerosité
26:05l'avocat de la défense
26:06a une autre appréciation
26:08du dossier
26:08il pointe le fait
26:10qu'à l'initiative
26:11de la première altercation
26:12il y a les rugbymen
26:16Damien
26:17ce n'est pas
26:17ce que semblent montrer
26:19les images
26:19de vidéosurveillance
26:21ce que disent
26:21entre guillemets
26:22les images
26:23c'est que
26:23le premier
26:24qui va
26:25alors commettre
26:26des violences
26:26en tout cas
26:27porter des coups
26:28c'est Loïc Lepriol
26:29quand il se lève
26:30de sa chaise
26:31pour venir mettre
26:32plusieurs petits taps
26:33sur la joue
26:34de Chauné Garty
26:35et les témoignages
26:37recueillis
26:37vont aussi
26:39démontrer
26:39que c'est à ce moment-là
26:41que Loïc Lepriol
26:42va tenir
26:43des propos racistes
26:44à l'encontre
26:44de Chauné Garty
26:45mais aussi de
26:46Federico Martin Arambourou
26:47il faut reconnaître
26:48juste que Loïc Lepriol
26:49a reçu des coups
26:50au cours de la bagarre
26:51alors c'est un élément
26:53qui est évidemment
26:53pris en compte
26:54dans l'enquête
26:55il va aussi expliquer
26:56aux enquêteurs
26:57qu'il souffre
26:57de stress post-traumatique
26:59alors ça n'a rien à voir
27:00avec cette bagarre
27:01en particulier
27:01c'est parce qu'il a eu
27:02un passé de militaire
27:04et qu'au cours de sa carrière
27:05de militaire
27:05qui était quand même
27:06relativement courte
27:07il a été face à des événements
27:09qui ont créé en lui
27:10un stress post-traumatique
27:12qui pourrait avoir
27:13amplifié ses émotions
27:14ce soir-là
27:15et qui pourrait être
27:15une des raisons
27:16en tout cas la raison
27:17qu'il invoque
27:18à son comportement
27:19alors c'est un élément
27:20évidemment très important
27:21pour la qualification juridique
27:23des faits
27:24et pour savoir
27:24si sa responsabilité pénale
27:27peut être engagée
27:28ou non
27:28mais cet argument
27:29du stress post-traumatique
27:31comme expliquant
27:32son comportement
27:33le soir des faits
27:34ne va pas convaincre
27:35les experts psychiatres
27:36Quelle est la version
27:37de l'avocat de Romain Bouvier
27:39qui est donc
27:39le premier Rome
27:40à avoir tiré ?
27:41Alors l'avocat de Romain Bouvier
27:43il va expliquer
27:44que son client
27:45lui il ne part pas
27:46à la recherche
27:47il ne va pas traquer
27:48Arambourou et Chonégarty
27:50dans les rues
27:50du quartier latin
27:51lui il part à la recherche
27:52de son ami
27:53qu'il a perdu de vue
27:54après la première bagarre
27:55et qu'au cours
27:56de cette déambulation
27:58boulevard Saint-Germain
27:59il va se retrouver
28:00face à Federico Martin
28:02Arambourou
28:03dit-il
28:04qu'il avance vers lui
28:05il dit que lui
28:06il va tirer par peur
28:07sans aucune volonté
28:09de tuer Federico Martin
28:11Arambourou
28:11simplement le problème
28:12c'est que
28:13qu'est-ce qu'on voit
28:14encore une fois
28:14sur les images
28:15de vidéosurveillance
28:16c'est qu'il n'y a pas
28:17de sommation
28:18il n'y a pas un tir en l'air
28:20Arambourou
28:21il n'est pas armé
28:22en plus on le sait
28:23ils viennent de se battre
28:24ils se sont arrêtés
28:24dans un hôtel
28:25pour se mettre de la glace
28:26parce qu'ils sont quand même
28:26un peu amochés
28:27donc c'est pas quelqu'un
28:29qui a l'air déchaîné
28:29au moment où il est
28:30sur ce trottoir
28:31et donc Bouvier
28:32il va quand même tirer
28:33à quatre reprises
28:34sur quelqu'un
28:35qui n'est pas armé
28:36c'est une forme de tir
28:37en rafale
28:38à quelques mètres de distance
28:39deux balles vont d'ailleurs
28:40toucher Arambourou
28:42au niveau du flanc
28:43et au niveau de la jambe
28:44puis après Bouvier
28:45il s'enfuit quoi
28:46Que dit Loïc le Priol ?
28:48Il va dire
28:48j'ai été agressé
28:49à deux reprises
28:50de manière extrêmement violente
28:52par un homme
28:52à qui je n'avais rien fait
28:54il va expliquer ça
28:55un an et demi après
28:56en septembre 2023
28:58lors d'une audition
28:59devant le juge
29:00des libertés et de la détention
29:02dans des propos
29:02qui ont été rapportés
29:03par le quotidien
29:04l'équipe
29:05il dira même
29:05ils m'ont sauté dessus
29:07jusqu'à me casser les dents
29:08et me fracturer le nez
29:09me défendre
29:10dira-t-il
29:11était une absolue nécessité
29:13donc lui en clair
29:14on sent que son axe de défense
29:16sa stratégie de défense
29:17c'est de dire
29:18que c'est lui
29:19qui est agressé
29:20et que finalement
29:20il n'a tiré
29:22que pour se défendre
29:23Est-ce que vous pouvez nous dire
29:24ce qu'on voit précisément
29:25sur la vidéosurveillance
29:27avant les premiers tirs ?
29:29on est après la première bagarre
29:31celle qui a lieu
29:31sur la terrasse du Mabillon
29:33on voit sur ses caméras
29:35les deux joueurs
29:35Arambourou et Garty
29:37qui quittent le bar
29:38qui quittent la terrasse
29:39et qui marchent
29:40le long du boulevard Saint-Germain
29:41quelques minutes plus tard
29:43qu'est-ce qu'on voit
29:43on voit Loïc Lepriol
29:45qui remonte
29:46à son tour le boulevard
29:47il est seul
29:48il est armé
29:49on le rappelle
29:50il marche
29:51il semble déterminé
29:52parce qu'on le voit
29:53jeter des coups d'œil
29:54à chaque intersection
29:55du boulevard
29:56avec une rue
29:57en gros c'est quelqu'un
29:58qui cherche
29:58qui traque
30:00qui n'est pas en train
30:01de marcher au hasard
30:02il est en train
30:03de chercher
30:03Arambourou et Garty
30:04parce que pour lui
30:05la bagarre n'est pas terminée
30:06on rappelle que quelques minutes avant
30:08il a dit à des serveurs
30:09du Mabillon
30:10en se tapant sur le torse
30:11qu'il allait le tuer
30:12donc là il est en train
30:13de les traquer
30:15il va passer d'ailleurs
30:16devant l'hôtel Welcome
30:17sans savoir qu'à ce moment là
30:19les deux rugbymen
30:20et Garty
30:21et Arambourou
30:21sont à l'intérieur
30:22en train de demander
30:23des poches de glace
30:24aux réceptionnistes
30:25parce qu'ils ont
30:26ils ont été blessés
30:28pendant la bagarre
30:28il va continuer sa route
30:29et à un moment
30:30il va apercevoir
30:32un groupe de trois personnes
30:33le priol
30:33il va accélérer son pas
30:35et donc clairement
30:36pour les avocats
30:37de la famille Arambourou
30:38et pour ceux
30:38de Sean et Garty
30:39toute cette façon
30:40de procéder
30:41d'avancer dans le boulevard
30:42de rechercher
30:43de regarder à chaque coin de rue
30:45c'est bien une preuve
30:45que le priol
30:47il est en train
30:48de traquer
30:49il est en train
30:49de faire une véritable
30:50chasse à l'homme
30:51dans les rues
30:52pour retrouver
30:53Egarty et Arambourou
30:54ce détail est très important
30:56pour la qualification
30:57des faits
30:58c'est même primordial
30:59parce que si le projet
31:00c'est de retrouver
31:02Arambourou et Garty
31:03pour les achever
31:05enfin pour les tuer
31:06en réalité
31:06et que Loïc le priol
31:09et Romain Bouvier
31:10son complice
31:10mènent cette traque
31:11avec des armes
31:12ça veut dire
31:13que quelque part
31:14il y a une préméditation
31:15et que ce n'est donc
31:16plus un simple meurtre
31:18mais un assassinat
31:19en termes de sanctions
31:20ce n'est pas la même chose
31:21un meurtre et un assassinat
31:22on l'a dit plusieurs fois
31:23dans ce programme
31:24c'est à dire que
31:25la peine d'assassinat
31:26c'est la peine maximale
31:27de réclusion à perpétuité
31:29avec une peine
31:30de 22 ans de sûreté
31:31et puis surtout
31:32ça change la tonalité
31:33c'est à dire que
31:34on n'est plus sur
31:35une bagarre
31:36à la terrasse d'un bar
31:37et puis des coups
31:39qui partent
31:39même des coups de feu
31:40qui partent
31:40on est sur deux phases
31:42il y a une phase
31:42de première bagarre
31:43où a priori
31:44ni le priol
31:45ni Bouvier
31:46n'arrivent à avoir
31:47le dessus
31:48sur leurs adversaires
31:49et ils sont vexés
31:51ils sont énervés
31:52et donc dans une deuxième phase
31:54sachant qu'ils sont armés
31:55ils vont aller
31:56essayer de traquer
31:57ces deux hommes
31:58pour finir en fait
31:59c'est à dire que
31:59pour eux la bagarre
32:00n'est pas terminée
32:01il faut la finir
32:02et il faut la finir
32:03d'une manière
32:03extrêmement déséquilibrée
32:05puisque Aramburu
32:06et Gerti
32:06ils ne sont pas armés
32:07et que Bouvier
32:08et le priol
32:09en revanche
32:10eux ils sont armés
32:13après les premiers tirs
32:14une fois que
32:15Romain Bouvier
32:16a quitté la scène
32:17la vidéosurveillance
32:18montre que
32:19Sean et Gerti
32:19tentent d'intervenir
32:20de manière confuse
32:22dans l'empoignade
32:23entre Federico Martinaramburu
32:25et Loïc le Priol
32:26puis que Loïc le Priol
32:28se dégage
32:28qu'il sort son arme
32:29et qu'il tire
32:30une première fois
32:31touché
32:32Federico Martinaramburu
32:34tente de fuir
32:34mais il est de nouveau
32:35atteint
32:35trois balles
32:36le frappent dans le dos
32:37celles qui lui seront fatales
32:39en tout
32:40l'ex-militaire
32:41a tiré six fois
32:42en quatre secondes
32:44avant de quitter
32:44à son tour
32:45le boulevard Saint-Germain
32:46les éléments du dossier
32:47autorisent à considérer
32:48qu'il n'y a aucune espèce
32:49de concertation
32:50glissant des avocats
32:51des anciens membres du GUD
32:53Romain Bouvier
32:54est mis en examen
32:55pour assassinat
32:55mais j'estime
32:56que les faits
32:57devraient être requalifiés
32:58en violence avec arme
32:59la demande est rejetée
33:00par la justice
33:01pour les avocats
33:03d'Aranamburu
33:03les deux tireurs
33:04minimisent à outrance
33:05leur très lourde
33:06responsabilité pénale
33:08la justice leur reproche
33:09l'intention de tuer
33:10avec préméditation
33:11ce qui est conforme
33:12à la douloureuse réalité
33:13des faits
33:14disent-ils
33:14leurs stratégies de défense
33:16leur appartiennent
33:17mais elles sont
33:18pour la famille
33:19inaudibles
33:20et indécentes
33:21en parallèle de ce volet
33:23un autre plus politique
33:24se dessine
33:25il prend la forme
33:26d'un projet de loi
33:27qui porterait le nom du joueur
33:28et qui viserait
33:29à encadrer la possession
33:30d'armes
33:30à poudre noire
33:32comme on les appelle
33:32c'est ce type d'armes
33:34qu'ont utilisé
33:35Loïc Lepriol
33:35et Romain Bouvier
33:36des calibres de collectionneurs
33:38mais très faciles à trouver
33:39dans des vides greniers
33:40le dimanche
33:41à une seule condition
33:42que remplissaient
33:43les deux hommes
33:44être majeur
33:45ce projet de loi
33:46à Rambourou
33:47est porté
33:48par la mère du joueur
33:49lui-même
33:49et par plusieurs députés
33:54Damien
33:54depuis cette affaire
33:56la vente
33:56des munitions
33:57de ces armes
33:58a été encadrée
33:59Oui
33:59par un décret
34:00pris en juillet 2023
34:02alors c'est un premier pas
34:04mais pour modifier
34:05complètement
34:05les conditions
34:06d'achat de ces armes
34:07dites de catégorie D
34:09il faut
34:10une modification
34:11plus large
34:11une modification
34:12de la loi
34:13tout simplement
34:13Est-ce que ce type d'armes
34:15qu'on peut se procurer facilement
34:16est particulièrement prisé
34:18des militants d'extrême droite ?
34:19Alors
34:20tous les militants
34:21d'extrême droite
34:21ne sont pas fascinés
34:22par les armes
34:23et tous les amateurs d'armes
34:24ne sont pas d'extrême droite
34:26ceci étant dit
34:27on note qu'il existe
34:28une porosité certaine
34:30entre les milieux
34:31d'ultra droite
34:32et ceux
34:33des trafiquants d'armes
34:34et même
34:34avec certains
34:36collectionneurs
34:37de ces armes
34:37et dans ce cas précis
34:39on est en présence
34:40de deux hommes
34:41membres
34:41de l'ultra droite
34:43détenteurs d'armes
34:44au point même
34:45de les porter sur eux
34:46pour une simple soirée
34:48entre amis
34:48rappelons qu'au départ
34:49le Priol et Bouvier
34:51ils vont boire un coup
34:53dans un bar
34:54de Saint-Germain-des-Prés
34:55et malgré tout
34:56ils ont quand même
34:56des armes à la ceinture
34:59le 29 juin 2022
35:01trois mois
35:01après l'assassinat
35:02de Federico Martin
35:03Aramburu
35:04Loïc le Priol
35:05et Romain Bouvier
35:06ont été jugés
35:07pour l'effet de torture
35:08sur l'ancien président
35:09du GUD
35:09ils ont été
35:10respectivement condamnés
35:11à 4 et 50 prisons
35:13dont deux fermes
35:14à chaque fois
35:15leur procès
35:16pour l'assassinat
35:17de Federico Martin
35:18Aramburu
35:18s'ouvrira en septembre
35:202026
35:21finalement
35:22Loïc le Priol
35:23sera jugé
35:24pour assassinat
35:24et Romain Bouvier
35:25pour tentative d'assassinat
35:27ayant touché le rugbyman
35:29à la cuisse
35:29et au flanc
35:30les coups mortels
35:31ne lui sont pas imputés
35:32Lison Rochemire
35:34compagne de Loïc le Priol
35:36accusée notamment
35:37d'avoir conduit
35:37Romain Bouvier
35:38dans sa Jeep
35:39jusqu'à la victime
35:40devra elle répondre
35:41de complicité
35:42de tentative d'assassinat
35:54Vous venez d'écouter
35:55Crime Story
35:56Federico Martin Aramburu
35:58le rugbyman
35:59tué par des militants
36:00d'extrême droite
36:01Ce récit était écrit
36:02par Claudia Prolongeau
36:03et raconté
36:04avec Damien Delsenis
36:05Pour écouter
36:06tous nos autres podcasts
36:07c'est sur le site
36:08leparisien.fr
36:09et sur n'importe quelle
36:10plateforme d'écoute
36:11Cette semaine
36:12il y avait à la production
36:13Clara Garnier-Amourou
36:15Anaïs Godard
36:16et Clémentine Spiller
36:17à la réalisation
36:18Julien Moncouquiole
36:19et à la rédaction
36:20en chef
36:21Jules Lavi
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