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  • il y a 2 jours
Notre rapport au vivant, change, tout doucement. Le sort réservé aux animaux d’élevage fait de plus en plus souvent l’actualité, avec notamment, les vidéos d’associations massivement partagées sur les réseaux sociaux. Et notre lien avec le règne végétal, évolue, lui aussi. Chaque fois qu’un projet d’urbanisme entraîne des abattages d’arbres… il y a des manifestations, des pétitions.... de citoyens et de citoyennes choqués. Par exemple, cet été à Sannois, dans le Val-d’Oise, où 70 tilleuls, ont été tronçonnés, pour faire une piste cyclable. Peut-on encore couper des arbres ? Nous allons écouter les différents points de vue, sur place, grâce à notre reporter Clawdia Prolongeau. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Clara Garnier-Amouroux et Jeanne Boezec - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Notre rapport aux vivants change tout doucement.
00:18Le sort réservé aux animaux d'élevage fait de plus en plus souvent l'actualité,
00:22avec notamment les vidéos d'associations massivement partagées sur les réseaux sociaux
00:26et notre lien avec le règne végétal évolue lui aussi.
00:30Chaque fois qu'un projet d'urbanisme entraîne des abattages d'arbres,
00:33il y a des manifestations, des pétitions de citoyens et de citoyennes choquées.
00:38Par exemple, cet été, à Sanois, dans le Val-d'Oise,
00:41où 70 tilleuls ont été tronçonnés pour faire une piste cyclable.
00:46Peut-on encore couper des arbres ?
00:48Nous allons écouter les différents points de vue sur place grâce à notre reporter Claudia Prolongeau.
01:02Bonjour Valérie !
01:03J'ai lutté, enchantée, merci de venir jusqu'à nous.
01:06Je vous en prie.
01:07Valérie, c'est celle à qui on doit le collectif Espace Vert Sanois,
01:11né au début de l'été dans cette petite commune du Val-d'Oise.
01:14Je la retrouve à la sortie de la gare, avec Sandrine,
01:17qu'elle a rencontrée en juillet dernier,
01:19lorsque les habitants se sont mobilisés après l'abattage de 70 tilleuls
01:23pour construire une piste cyclable.
01:25Si vous avez envie de vraiment réaliser ce qu'on vit depuis deux mois,
01:30je vous invite à remonter avec nous un petit morceau du boulevard.
01:35Ça ne va pas être un moment très agréable, ça va durer deux minutes,
01:39mais c'est ce que vivent nos enfants, nos adolescents,
01:41qui ont repris le chemin de l'école, du collège, du lycée,
01:45depuis deux, trois jours maintenant,
01:48et qui, tous les jours, parcourent à pied,
01:53non seulement un chantier difficilement praticable et assez peu sécurisé,
01:58mais en plus un lieu totalement exposé au soleil,
02:01au bruit, à la pollution,
02:03alors qu'avant, il était protégé par plus de 80 tilleuls,
02:08presque centenaires.
02:09Ce projet départemental, il date de 2010,
02:13et il a pour objectif de rendre plus praticable pour les vélos
02:16la RD14, à l'endroit où elle traverse la ville.
02:20Une fois les travaux terminés,
02:21la mairie s'est engagée à replanter 30 arbres.
02:24Donc pour construire des pistes cyclables,
02:27on nous a détruit tout un écosystème.
02:30Comme vous le voyez, il n'y a plus aucun arbre à l'horizon.
02:34Les quelques feuillages qu'on aperçoit,
02:36ce sont ceux des jardins privés.
02:39Donc l'impact environnemental est énorme
02:42pour la biodiversité,
02:45pour la qualité de l'air,
02:48et puis pour le cadre de vie.
02:50Donc une exposition permanente au soleil.
02:54Il y a un commerçant un petit peu plus bas,
02:56qui est un luthier,
02:57qui a fait perquisiter une mesure de température
03:00il y a quelques jours,
03:01alors qu'il faisait encore très chaud.
03:04Il l'avait mesuré avant l'abattage des arbres.
03:07Donc il l'avait au sol, au macadam,
03:09il avait 40 degrés, me semble-t-il.
03:11Après l'abattage des arbres,
03:13il a mesuré plus de 60 degrés.
03:15Moi, personnellement,
03:16j'ai vu le déboisement de mon quartier.
03:19Sur le boulevard où j'avance avec Valérie et Sandrine,
03:21nous croisons des engins de chantier,
03:23qui recouvrent le sol de béton.
03:25Les souches d'arbres ont déjà disparu,
03:27et le soleil tape.
03:30La RD14, en fait,
03:32c'est un très grand axe,
03:34de plusieurs kilomètres,
03:35qui vient de Franconville,
03:37qui passe par Sanois,
03:38et qui s'arrête au début de Saint-Gracien.
03:41La requalification de cette route départementale,
03:44elle a commencé il y a plus d'une dizaine d'années,
03:47et elle avait entraîné déjà l'abattage d'arbres.
03:50Ce sont des travaux très coûteux pour le département,
03:52donc ils procèdent par tranche.
03:55On nous a tout simplement expliqué à la mairie
03:57que le désastre qu'on observe aujourd'hui,
04:00c'est la deuxième tranche,
04:02qu'on est dans la continuité de ces travaux,
04:05sans tenir compte du contexte climatique,
04:08écologique qui a changé,
04:11et sans tenir compte des urgences
04:13qui sont celles liées à la dégradation de notre environnement.
04:19Donc nous, ce qu'on voudrait,
04:20c'est essayer de mettre un terme à ce cercle infernal,
04:24qui consiste à dire,
04:25on a commencé quelque chose il y a 10 ans,
04:27ou il y a 15 ans,
04:28et maintenant, quel que soit le contexte environnemental et écologique,
04:32on continue.
04:34Ça fait longtemps que vous habitez ici ?
04:36Moi, ça fait presque 10 ans.
04:38Le fait qu'il y ait tous ces abattages,
04:40ça m'a vraiment touchée au plus profondément,
04:43pour que j'ai envie d'agir.
04:45On n'a pas compris.
04:46Il y a eu très peu de communication autour de ces abattages.
04:50Et puis, Valérie a fait une page Facebook.
04:54Je l'ai rejoint.
04:55Et depuis, le collectif a commencé, en fait.
04:58Je ne suis pas la seule, heureusement.
05:00On a commencé à alerter, sensibiliser
05:03un maximum de personnes sur sa noix,
05:06pour ne pas que ça se reproduise, en fait.
05:08Je ne suis pas quelqu'un qui va se battre pour tout et n'importe quoi.
05:13Et puis, les enfants se battent.
05:14Je pense à Euxford Climat et d'autres associations.
05:18Il faut qu'ils sachent qu'ils ne sont pas tout seuls, en fait.
05:20Nous, les parents, on est là.
05:21Les grands-parents, on est là.
05:23Même si on a des actions moins visibles,
05:25mais on est là et on les soutient.
05:37Thomas Braille n'avait pas non plus prévu
05:38de faire de ce sujet son cheval de bataille.
05:41Pourtant, cet élagueur vit depuis le 28 août,
05:44perché à 10 mètres du sol,
05:46dans un arbre face au ministère de la Transition écologique.
05:50Contrairement à ce qu'il a été beaucoup dit dans les journaux,
05:52je ne suis pas un militant écologiste, c'est mon métier.
05:54Je suis ici aujourd'hui pour remettre un petit peu en avant
05:59l'article L350-3 du Code de l'environnement,
06:02qui interdit tout abattage d'arbres d'alignement en bonne santé.
06:06Il faut savoir que cet article-là est parfois oublié
06:09ou bafoué par un grand nombre d'élus de la République.
06:12On voit qu'il y a des massacres un petit peu partout en France.
06:15Alors je pense qu'aujourd'hui, à l'heure du réchauffement climatique,
06:18il faudrait un petit peu réfléchir différemment.
06:20C'est une aberration totale de couper des arbres,
06:22surtout que les arbres ont un rôle de climatiseur,
06:25un rôle de dépollution.
06:26Ce sont de véritables usines à oxygène,
06:28de véritables usines à biodiversité.
06:30Ce sont des formidables écrans contre le bruit.
06:32Il faut savoir qu'une tonne de bois
06:35magasine 1,8 tonne de carbone.
06:37Quand vous regardez un arbre, c'est un amas de carbone.
06:39C'est ni plus ni moins que ça.
06:41C'est toutes les cochonneries qu'on rejette dans l'air.
06:43Donc on se doit de le respecter,
06:45on se doit d'y faire très très attention.
06:46J'ai été appelé par une lanceuse d'alerte sur Condon,
06:49dans le Gers,
06:51où 25 platanes devaient être abattues.
06:54Ça fait plus d'un mois maintenant
06:55que je suis sur cette histoire de platanes.
06:59J'ai alerté plusieurs fois le ministère de la Transition écologique
07:01en envoyant des e-mails,
07:02en faisant des vidéos,
07:04des vidéos filmées avec les interlocuteurs au téléphone.
07:07Je n'ai jamais eu de retour.
07:09Donc je n'ai pas trouvé d'autre solution.
07:10J'en suis vraiment désolé.
07:11Moi, ce n'était pas le but.
07:12Je n'avais pas prévu que ma vie prenne ce tournant-là.
07:14Mais j'ai décidé de venir m'accrocher
07:16au ministère de la Transition écologique.
07:18Et là, pour le coup,
07:20forcément, on a tous les médias qui nous écoutent.
07:24Première nuit passée dans l'arbre.
07:26Je tiens à adresser cette vidéo
07:28à madame la ministre de la Transition écologique et solidaire.
07:32J'ai lu dans la presse
07:33que vous disiez que j'avais refusé votre entretien.
07:37C'est faux.
07:38J'ai refusé l'entretien dans un premier temps
07:43parce que j'ai d'abord besoin d'avoir la certitude
07:45que la préfecture de Hoche
07:48va stopper l'abattage des arbres de condom.
07:54Alors moi, ça me coûte énormément
07:56parce que là, ça fait plus d'un mois que je ne travaille plus.
07:58J'ai une entreprise qui tourne bien.
08:01J'ai du travail.
08:02Je suis reconnu dans le métier.
08:04J'ai mis ma vie de famille entre parenthèses.
08:07Mon fils, il a eu deux ans de Dimanche.
08:08Je n'ai même pas été là pour souffler les bougies.
08:11Mais là, ce que je suis en train de faire,
08:12je pense que c'est le plus beau cadeau
08:13que peut faire un papa.
08:14Et si je peux éveiller les consciences,
08:16alors là, moi, je serais ravi
08:18de rentrer chez moi,
08:19de reprendre ma vie normale,
08:21ma vie d'avant.
08:21On ne parle que de ça.
08:23On ne parle que de faire des îlots de fraîcheur
08:24dans les villes.
08:24On ne parle que de revégétaliser.
08:27On parle de faire attention à la planète.
08:29Vous voyez, moi, là, je mets ma petite pierre
08:30à l'édifice.
08:31J'espère que ça va porter ses fruits.
08:33Je compte rester le temps
08:35que j'ai la certitude
08:36que les arbres de condom vont vivre.
08:38On a tous, plus ou moins,
08:40une fois grimpé dans un arbre.
08:41Je me rappelle, quand j'étais petit,
08:42il y avait un gros cerisier énorme,
08:44jamais taillé.
08:45Ils vont monter carrément en haut.
08:47Moi, mon fils, il a deux ans.
08:48Je ne vais pas tarder
08:48à lui acheter un baudrier.
08:50Il va falloir qu'il commence
08:51à voir ce que c'est de grimper.
08:53Parce que c'est beau d'être en hauteur.
08:55Et puis, quand vous êtes en hauteur,
08:57vous voyez la vie différemment,
08:58comme je dis.
08:59On voit la vie d'en haut.
09:00On voit la vie comme les oiseaux.
09:02C'est super.
09:03Là, je vous vois différemment.
09:06Au pied de l'arbre,
09:07des papiers portant le nom
09:08de Ville de France
09:09sont accrochés au tronc.
09:10Vous êtes venu mettre un papier
09:13avec le nom de votre ville, là ?
09:14C'est l'initiative du collectif
09:16de Montrouge
09:17qui a mis des petits papiers
09:18avec toutes les villes
09:19dans lesquelles il y a eu
09:20des abattages.
09:21Et entre autres,
09:22il y a la ville d'Aubonne.
09:24Moi, je ne savais pas,
09:24il y a 20 ans,
09:25que j'allais me mobiliser
09:26pour des arbres.
09:26Il y a 20 ans,
09:27je ne savais pas
09:27que j'allais avoir cette démarche.
09:30Ce qu'il y a,
09:31c'est que ça devient une évidence.
09:32En fait, je me suis mobilisée
09:34contre l'abattage des arbres
09:36du collège Jules Ferry d'Aubonne.
09:38J'ai lancé d'abord
09:39une pétition.
09:41J'ai organisé une chaîne humaine.
09:42J'ai organisé plusieurs rassemblements.
09:44Jusqu'au bout,
09:45j'ai cru qu'on allait pouvoir
09:46les sauver.
09:47Malheureusement,
09:48on n'a pas été entendus.
09:50Avant d'être un collège,
09:51en fait,
09:51c'était une école élémentaire.
09:53Donc à partir du CE2,
09:53j'étais dans cette école
09:55et j'ai joué au pied des tilleuls.
09:57Après, c'est devenu un collège
09:58et j'étais au collège
09:58dans ce collège.
10:00Donc j'ai beaucoup
10:00d'attachement à ce collège.
10:02Mon grand-père,
10:02qui est né en 1920,
10:05connaît ces arbres
10:05depuis toujours.
10:07Ma mère est du quartier
10:08et on est très attachés
10:10à ces arbres.
10:11C'est plus qu'une histoire
10:12de réchauffement climatique,
10:14bien sûr,
10:14c'est important
10:15qu'il y ait des arbres
10:15pour rafraîchir.
10:16Mais moi,
10:17c'est mon enfance
10:17qui est passée à la brilleuse
10:18quand les arbres ont été coupés.
10:20C'est mon enfance.
10:22Je vous dérange ?
10:24Non ?
10:24Non ?
10:25On vous attendait.
10:26Symboliquement,
10:27qu'est-ce que ça représente
10:28que des arbres
10:28continuent à être coupés ?
10:29Très souvent,
10:31pour moi,
10:32ça démontre le fait
10:33que la personne
10:34qui est détentrice
10:34d'un pouvoir,
10:36en quelque sorte,
10:37use de son pouvoir
10:39pour porter atteinte
10:40à quelque chose de vivant.
10:42C'est comme si
10:43le pouvoir
10:44était fondé
10:46sur le fait
10:46qu'on ne doit pas
10:48faire de sentimentalisme,
10:49on ne doit pas
10:50s'arrêter
10:51à ce qui est vivant,
10:52on doit tout
10:53considérer
10:54dans le monde
10:55comme quelque chose
10:55à gérer,
10:57à administrer
10:57de façon
10:59très objective,
11:00très brutale.
11:01Et les arbres,
11:02à ce titre,
11:03ils sont gênants.
11:03C'est clair
11:04que l'homme
11:05a étendu son empire
11:06sur la planète,
11:08toujours,
11:09au détriment
11:10des autres éléments vivants,
11:12des animaux,
11:13des végétaux,
11:14etc.
11:15La forêt primaire
11:16disparaît partout,
11:18etc.
11:18Il veut faire reculer
11:20le sauvage.
11:25Des citoyens en colère
11:27qui voient leur ville
11:27se métamorphoser
11:28en ayant le sentiment
11:30qu'on ne les écoute pas,
11:31j'en ai rencontré d'autres.
11:32Et puis,
11:33j'ai rencontré
11:33le maire de Sanois,
11:34la ville
11:35où 70 chilleuls
11:36centenaires
11:37ont été abattus
11:37pour faire une piste cyclable.
11:39Bernard Jamé m'a reçu
11:40dans le grand bureau
11:41qui l'occupe depuis 2014.
11:50Alors,
11:50l'aménagement
11:51de la RD14
11:52est en fait
11:53dans les tiroirs
11:54du conseil départemental
11:55depuis 2010.
11:57Moi,
11:58j'ai dit l'autre jour
11:58dans Le Parisien
11:59et dans d'autres journaux
12:00que j'assumais.
12:02J'aimerais bien
12:03ne pas être le seul
12:04parce que je rappelle
12:05quand même
12:05que c'est un projet
12:06départemental
12:07et je ne vois plus
12:07beaucoup de monde
12:08assumé autour de moi.
12:10Mais tant pis,
12:11si je veux être le dernier,
12:12soyons le dernier à assumer.
12:14Parce que l'idée
12:15quand même,
12:15c'est de permettre
12:16à des gens
12:17qui aujourd'hui
12:17utilisent la voiture
12:19de prendre le vélo.
12:21Mais souffrir l'idée
12:22que lorsque le projet
12:23a été élaboré,
12:24au début de son élaboration,
12:26je n'étais pas maire.
12:27Donc moi,
12:28je prends le projet en cours.
12:30Le collectif ARP
12:31que j'ai reçu
12:32sont des gens charmants,
12:33je ne le connaissais pas.
12:35D'ailleurs,
12:35il s'est fait,
12:36il s'est constitué
12:37ce collectif
12:38assez récemment.
12:39Donc il est très clair
12:40que le maire de Sanois,
12:42désormais,
12:44travaillera en étroite
12:45collaboration
12:46avec le collectif ARP
12:47et qu'on fera les choses
12:48le plus intelligemment possible
12:50et le plus protecteur possible
12:53des arbres.
12:54Est-ce qu'un projet
12:55qui a été conçu
12:55il y a quasiment 10 ans,
12:57vu la manière
12:58dont la biodiversité
13:00et l'écologie a pris de l'importance
13:02ces dernières années,
13:03est-ce qu'il peut être
13:03toujours adapté
13:04et est-ce qu'on ne peut pas dire
13:05non, ça ne va plus,
13:07on casse tout
13:07et on refait quelque chose ?
13:08Eh bien,
13:09je vais vous dire une chose.
13:10Au regard de ce que je vis aujourd'hui
13:12et de ce que j'entends,
13:13je me dis qu'effectivement,
13:15on aurait peut-être pu
13:16à un moment donné
13:17dire stop,
13:18on part sur autre chose.
13:20C'était difficile
13:22d'associer les trois entités
13:23sur un projet
13:24très différent
13:25de ce qui avait été conçu
13:26dès 2010.
13:27Je dirais qu'il y a un décalage
13:29dont je me rencontre
13:30tous les jours
13:31entre un maire,
13:33un homme politique
13:34qui essaie de voir loin
13:35et puis un habitant
13:37qui regarde
13:38l'instant présent
13:39et qui est dans l'émotion
13:40de l'instant présent.
13:41Je comprends cette émotion.
13:43Dorénavant,
13:44quand on fera un square,
13:46quand on fera une cour d'école,
13:47quand on va en bille
13:48dans la cantine,
13:48on le fera avec eux.
13:50Et si aujourd'hui,
13:51c'était à refaire,
13:52vous reprendriez
13:52la même décision
13:53concernant les 70 tilleuls ?
13:55Je vous l'ai dit tout à l'heure,
13:57si c'était à refaire,
13:58et si j'étais en aval
14:00des décisions,
14:01parce que je vous révèle,
14:02je ne suis pas
14:02conseiller départemental.
14:04Mais maintenant
14:04que je sais tout ça,
14:06si c'était à refaire,
14:08je dirais stop,
14:09on fait de la voie partagée,
14:11on fait de la vidéo-verbalisation
14:13et on reprend le boulevard
14:15différemment.
14:16C'est-à-dire que la piste cyclable,
14:17on ne la fait pas
14:18sur le trottoir,
14:19mais on la fait dans la rue.
14:20Et à ce moment-là,
14:21effectivement,
14:22je pense qu'on aurait pu sauver
14:23les arbres.
14:23les conditions techniques,
14:25les conditions évidemment
14:26de l'impact sur le climat,
14:28mais pas seulement ça.
14:29Gérer les conditions
14:30de collaboration
14:32avec les gens.
14:33Je crois qu'aujourd'hui,
14:34au-delà des arbres,
14:35il faut vraiment
14:36faire partager les gens.
14:37On ne peut plus
14:38faire de la politique
14:39comme avant,
14:40en prenant les décisions
14:41tout seul dans son coin.
14:42C'est terminé.
14:47Claudia,
14:47qu'est-ce qui t'a le plus intéressée
14:49en faisant ce reportage ?
14:50Ce qui m'a le plus intéressée
14:51ou du moins interpellée,
14:52c'est de voir qu'il y avait
14:53en fait énormément de personnes
14:55qui se mobilisaient
14:55dans plein de villes
14:57d'Île-de-France
14:58pour en citer quelques-unes.
15:00J'ai croisé des gens d'Aubonne,
15:01des gens de Sanois,
15:02des gens de Paris,
15:03des gens d'Alfortville,
15:04des gens de Tavernie.
15:05On a vu qu'il y en avait aussi
15:06à Gien et à Condon.
15:08Et j'étais loin d'imaginer
15:09qu'en fait,
15:10il y avait autant
15:10de petites mobilisations
15:12éparses sur ce sujet-là.
15:13Et des gens qui ne se considèrent
15:14pas forcément
15:14comme des militants écologistes ?
15:16Non, des gens qui même
15:17très souvent se mobilisent
15:19en fait pour la première fois.
15:20Ce n'est pas forcément
15:21des personnes engagées.
15:22Ce n'est pas des personnes
15:23qui pensaient qu'un jour
15:24elles auraient à s'engager
15:24sur ce sujet-là.
15:25Et pourtant,
15:26ils viennent régulièrement
15:27et ils apportent leur soutien
15:28à Thomas Braille.
15:29Justement,
15:29Thomas Braille,
15:30qui est dans un arbre
15:31en face du ministère
15:32de l'Écologie,
15:32parle dans ton sujet,
15:34Claudia,
15:34de l'article L350-3
15:37du Code de l'environnement.
15:39De quoi s'agit-il précisément ?
15:40C'est un article
15:41qui est donc
15:41dans le Code de l'environnement.
15:42Il est inscrit
15:43depuis le 8 août 2016
15:45et il dit
15:46qu'il est effectivement
15:47interdit d'abattre
15:48des arbres,
15:49d'une allée
15:49ou d'un alignement d'arbres,
15:51sauf s'il présente
15:51un danger pour les biens
15:53et les personnes.
15:54Il se trouve qu'en fait,
15:54il y a des dérogations
15:55qui peuvent être accordées,
15:56notamment pour les besoins
15:57de projets de construction.
15:58C'est le cas
15:59dans les exemples
16:00qu'on a vus
16:00et pour les riverains,
16:01il y a parfois
16:02beaucoup trop
16:02de dérogations
16:03qui sont accordées.
16:04Merci Claudia Prolongeau.
16:16Code Source
16:17est le podcast
16:18d'actualité du Parisien,
16:19production Jeanne Boézek
16:21et Clara Garnier-Amouroux,
16:23réalisation Alexandre Ferreira.
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