- il y a 9 heures
A Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, des mères de famille du quartier du Bois Matar se sont unies pour faire reculer la violence en réaction à un drame qui s’est produit le mois dernier. Dans la nuit du 9 au 10 août, Nicolas, un jeune du quartier de 23 ans, a été tabassé à mort. Depuis la fin du mois d’août, chaque soir, les « daronnes » enfilent des gilets oranges et marchent au pied des immeubles, pour discuter avec les jeunes, les écouter et leur donner des conseils. Clawdia Prolongeau a rencontré leur porte-parole Fanta Macalou pour qu’elle nous raconte son combat. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Jeanne Boezec et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos - Identité graphique : Upian.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15À Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, des mères de famille de l'un des quartiers, le Bois
00:19-Mattard, se sont unis pour faire reculer la violence.
00:22En réaction à un drame qui s'est produit le mois dernier, chaque soir, elles enfilent des gilets oranges et
00:28marchent au pied des immeubles pour discuter avec les jeunes, les écouter et leur donner des conseils.
00:33Claudia Prolongeau a rencontré leur porte-parole, Fanta Macalou, pour qu'elle nous raconte son combat.
00:46Bonsoir.
00:50Dans le quartier du Bois-Mattard, à Villeneuve-Saint-Georges, tout le monde connaît Fanta Macalou.
00:54C'est une grande femme, souriante et charismatique.
00:57Le soir où je la retrouve, elle est habillée tout en noir et a les cheveux recouverts d'un foulard
01:02qui met en valeur les grosses créoles dorées accrochées à ses oreilles.
01:06Elle m'a donné rendez-vous à la maison pour tous, un petit bâtiment sans charme, entouré de grands immeubles
01:11d'habitation.
01:13Je suis la présidente de l'association Femmes Solidaires de Villeneuve-Saint-Georges et d'ailleurs, je me suis mariée
01:19à Villeneuve-Saint-Georges.
01:20J'ai eu mes quatre enfants, trois garçons et une fille à Villeneuve-Saint-Georges.
01:24Mon père, il vivait à Villeneuve-Saint-Georges, il est décédé maintenant.
01:28J'ai mes soeurs et mes frères qui habitent ici à Villeneuve.
01:33Donc Villeneuve, en fait, c'est ma ville, j'ai tout à Villeneuve.
01:43Je suis arrivée en 1996 à Villeneuve-Saint-Georges et je suis née au Mali d'un père magistrat qui
01:52avait la nationalité française.
01:55Donc je suis arrivée ici, j'avais 18 ans à peu près, après mon bac.
02:00J'aurais vraiment voulu continuer mes études, mais je n'ai pas eu la chance.
02:05J'ai été baladée à gauche, à droite, dans les missions locales à NPE.
02:10J'aurais vraiment voulu faire bac plus, plus, plus.
02:13Par la suite, après quelques années, mission locale à NPE, j'ai décidé en fait de faire le contrat jeune
02:21emploi.
02:22C'était en 2001, quand il y a eu les 35 heures en fait, donc j'ai été embauché à
02:29Métro Cachemgari, une grande distribution.
02:33Donc depuis, j'y suis.
02:34Et donc en 2012, vous avez décidé de fonder une association ici.
02:38Je suis arrivé au plateau 2003.
02:42C'est un quartier de Villeneuve-Saint-Georges, plus précisément au Bois-Mattard, dans les résidences de Bois-Mattard.
02:47Quand je suis arrivé au quartier, il y avait la mixité sociale, j'avais des voisins français de souche, j
02:54'avais des maghrébiennes, donc voilà.
02:57Il y avait un peu de tout.
02:59Et des gens qui allaient travailler, des gens qui ne travaillaient pas, il y avait la mixité.
03:04Et au fil des années, je me suis rendu compte que la population, en fait, il y a une segmentation
03:09de la population.
03:11En 2012, il y avait des fusillades dans le quartier.
03:16Donc au départ, on était cinq mamans à se dire, là, ça commence à être un peu tendu.
03:21Il y a des fusillades, il y a des personnes qui s'installent dans les halls d'immeubles, des enfants
03:27qui décrochent à l'âge de 12 ans.
03:29Donc on s'est dit, là, il faut faire quelque chose.
03:32Donc on a décidé de se voir tous les derniers dimages du mois.
03:36Et au bout de deux mois, on était une trentaine, en fait, à se retrouver dans les appartements.
03:42En 2014, il y avait vraiment une forte demande de créer une association, rien que pour avoir des salles pour
03:51se réunir et voir qu'est-ce qu'on peut apporter en plus.
03:54Dès ce moment, Fanta Macalou et les autres maires du quartier commencent à faire de la médiation au Bois Matard.
03:59Elle travaille avec les collèges, met en place des événements pour réunir tous les gens du quartier et apaiser ainsi
04:04les tensions.
04:05Ça fonctionne, la vie reprend son cours et Fanta Macalou se félicite d'avoir réussi son pari jusqu'au 19
04:11août 2019.
04:13Ce jour-là, Nicolas, un jeune homme de 23 ans qui habite la ville et fréquente beaucoup le quartier, meurt
04:19des suites de ses blessures.
04:20Dix jours plus tôt, il a été passé à tabac en bas de chez lui.
04:26Ça nous a beaucoup traumatisés, un jeune qui n'avait pas de problème, donc voilà, qui avait quand même une
04:32vie de famille, qui a un bébé de 5 mois, qui est mort dans ses conditions.
04:38Pour une mère, c'est insupportable. On n'a plus envie en fait d'enterrer nos enfants.
04:43D'après ceux que j'ai entendus, et voilà, d'après les médias et même la confirmation de la famille,
04:49il y avait une dette d'une centaine d'euros.
04:51Mais ce n'est pas pour 100 euros, 100 et quelques euros, une centaine d'euros qu'on tue.
04:56Maintenant, à Villeneuve, on tue pour une centaine d'euros.
04:59Donc si on ne fait pas quelque chose, le prochain, ça va être qui ?
05:03Comme elles en ont pris l'habitude depuis 5 ans, après ce drame, ces mères de famille se réunissent à
05:08la maison pour tous du Bois Matard.
05:11Quand j'ai appris la mort de Nicolas, donc dans le local de l'association, on en a discuté, j
05:18'avais pris un peu comme si c'était l'échec en fait.
05:22Depuis la création de cette association, on se bat contre la violence des quartiers, les conflits interquartiers.
05:29Maintenant, ce ne sont plus les conflits interquartiers, c'est des amis d'enfance, des voisins qui s'entretuent.
05:36Nos enfants, devant nos yeux, s'entretuent.
05:40Donc, on a beaucoup discuté, il y a une maman qui s'est levée.
05:44Moi, je pleurais et j'ai dit, bon, maintenant, on met fin à l'association, je mets la clé sur
05:50la porte.
05:52Et là, je sais qu'on ne va plus y arriver.
05:55Donc, il faut abandonner.
05:57Il y a une maman qui m'a dit, elle m'a regardé, elle m'a dit, regarde, tu pleures.
06:00Ça veut dire que, voilà, tu n'as pas envie d'arrêter.
06:02Là, ça fait quand même cinq ans qu'on se bat sur le terrain.
06:06Non, Fanta, on n'a pas fait tout ça pour ça.
06:10Donc, tout d'un coup, il y a toutes les mamans, les femmes qui sont dans l'association.
06:15Je me suis retrouvée avec une vingtaine, voire une trentaine de mamans dans les locaux de l'association.
06:23Donc, il y a cette dame qui s'est levée et elle a dit, maintenant, tous les soirs, il faut
06:29qu'on aille chercher nos enfants.
06:31Ces mères de famille commencent leur ronde de nuit dans le quartier le 26 août.
06:35Plus tard, les jeunes de Villeneuve-Saint-Georges vont les surnommer la Brigade des Daronnes
06:39et un article du Parisien leur donnera ensuite un coup de projecteur.
06:47Les jeunes, on les connaît.
06:49C'est nos enfants.
06:50On les a vus grandir. Il y en a qu'on a vus tout bébé.
06:53Donc, du coup, l'âme qu'on a, c'est vraiment le dialogue.
06:59Aller vers eux, discuter, essayer de comprendre qu'est-ce qui ne va pas.
07:03Pourquoi ils sont dehors aussi tard ?
07:05Pourquoi il y a des personnes qui font des activités délictueuses ?
07:10Ils ne font pas ça par guetté de cœur.
07:12Ils le font parce que, voilà, parfois, il est arrivé à un moment donné
07:19où ils ont fait des bêtises, donc toutes les portes sont fermées.
07:22Nous faisons des maraudes pour lutter contre la banalisation des violences dans nos quartiers
07:31et contre les trafics de drogue aussi.
07:34On se donne un rendez-vous, en fait, ici.
07:37Avant, on mettait les gilets oranges pour être mieux vus, en fait.
07:43On ne met plus parce qu'on nous voit de loin.
07:46Donc, maintenant, nous aussi, on a nos petites astuces, on va dire.
07:51On essaye de s'adapter en fonction, comme avant, on faisait, en fait, les maraudes de 22h30 à 2h du
07:57matin.
07:58Là, on a changé les horreurs.
08:02Maintenant, c'est des maraudes par surprise, trois fois dans la semaine.
08:07Donc, les jours, ça change.
08:09Et les heures aussi, ça change.
08:11Au début, on était une vingtaine de mamans, donc ça diminue.
08:15Parce que là, ça fait quand même presque un mois qu'on est...
08:19Les deux premières semaines, toutes les nuits, on était dehors.
08:22Et là, on a changé.
08:24C'est trois fois dans la semaine.
08:26Parfois à 21h, parfois même minuit.
08:32Avec les trois mères présentes, nous partons vers le centre commercial.
08:36Il est 22h.
08:37En entrant dans le petit ensemble triangulaire
08:39où sont réunis une dizaine de commerces de proximité,
08:42nous croisons rapidement deux jeunes habitués du lieu.
08:46Qu'est-ce que je t'ai dit ?
08:47Qu'est-ce que tu m'as dit l'autre jour ?
08:49Tu m'as dit que, voilà, la nuit, on ne va plus te voir que...
08:53Moi, je suis en formation.
08:55Je suis en train de prendre en porte.
08:57J'ai même le mappé qui prouve.
08:59Mon rendez-vous, jeudi.
09:03Demain, je dois aller ici.
09:06Il y a un forum.
09:07Parce que tu sais qu'on est là ce soir, donc tu nous ramènes ça.
09:10Je vais pas te dire qu'il va bien.
09:15Tranquille, bon ?
09:16Tu sais, tu vas le faire, c'est un point ici.
09:17Tu fais quoi ?
09:18Tu vas faire notre premier point.
09:20C'est là, j'ai encore.
09:22En plus, je ne vais pas habiter ici si bien dans notre quartier.
09:25Ça va plus ?
09:26Ça va ?
09:27Ça va, viens.
09:28Ça va, viens.
09:30Ça va.
09:31Ça va ?
09:32Ça va.
09:32Il y a du renfort.
09:36Il y a du renfort qui arrive.
09:38Je suis surprise par la bienveillance qui, d'un côté comme de l'autre, semble guider les échanges.
09:43Les mères rigolent avec les jeunes, les jeunes rigolent avec les mères.
09:46Et les dernières paroles sont toujours des recommandations mutuelles, où chacun dit à l'autre, tout sourire, de faire attention
09:51à lui.
09:52Il habite à Aulnay, mais tous les soirs, on le voit ici.
09:57Demain soir, on est là encore.
09:59On ne veut pas être dur avec eux.
10:01L'idée, c'est vraiment, l'arme qu'on a, c'est dialoguer avec eux, essayer de comprendre, les sensibiliser,
10:08surtout de rentrer à la maison.
10:10Parce que, voilà, on n'a pas non plus, on n'est pas légitime, en quelque sorte, à aller dire,
10:17voilà, vous devriez faire ça, vous ne devriez pas faire ça.
10:20Ils nous respectent.
10:22Donc, on profite de l'occasion pour dire, voilà, vous ne devriez pas rester dehors.
10:26Et on appelle les mamans surtout.
10:29Dire, voilà, au lieu que nous, on fasse ça, c'est à vous d'appeler les enfants, dites à votre
10:34fils ou à votre fille de rentrer à la maison, en fait.
10:44La première semaine, en fait, il y avait beaucoup, beaucoup de monde parce que, mais maintenant, je pense que là,
10:51ils ont compris.
10:52Donc, ces missions réussies ?
10:53L'idée, en fait, c'est de ne pas laisser comme ça les choses, que ces jeunes-là qui font
11:00des activités, je le dis une fois encore, qui sont dans les activités délictueuses.
11:05Donc, ces personnes arrivent à trouver de l'emploi et que nous, en fait, on arrive à les ramener dans
11:14les activités légales.
11:16Là, en ce moment, on criera victoire.
11:20On a les voisins qui nous regardent par la fenêtre.
11:23La première semaine, c'était oui, c'est bien, c'est bien.
11:27Bon, mais quand c'est comme ça, on les invite, on dit, la prochaine fois, venez avec nous.
11:32Et ils viennent ?
11:33Ben, il y en a, oui.
11:36Voilà.
11:36Aujourd'hui, il n'y a pas de mixité, mais d'habitude, il y a la mixité dans le groupe,
11:41on va dire.
11:42Parce que là, en fait, quand vous dites qu'il n'y a pas de mixité, c'est qu'en
11:44fait, vous êtes tous des personnes membres de l'association au départ, c'est ça ?
11:48Oui, oui, oui.
11:50Quelques centaines de mètres plus loin, nous croisons un jeune homme avec sa mère qui sont descendus de chez eux
11:54dès qu'ils ont aperçu Fanta Macalou pour lui donner un CV et une lettre de motivation.
11:59C'est un jeune, en fait, depuis la rentrée, il n'a pas pu reprendre ses études parce qu'il
12:04n'a pas d'entreprise.
12:05Donc, on fait aussi ça.
12:07C'est juste un CV, lettre de motivation.
12:10Et là, dès demain, on va essayer d'envoyer à d'autres mamans qui travaillent dans les entreprises.
12:16On en a une qui nous a beaucoup aidés.
12:19Depuis la semaine dernière, il y a trois qui ont repris le lycée dans la plombérie, l'électricité.
12:26Et là, Mara, c'est logistique.
12:29Voilà.
12:29Et donc, vous, vous êtes dit, il est presque 23h, je vais aller donner mon CV.
12:33Eh bien, il y a ça, moi, à côté.
12:34Je t'ai occupé, c'est pour ça.
12:37Je t'attends nous jouer à la play.
12:38Là, il ne va pas à l'école.
12:40Si on ne fait rien pour lui, il va s'ennuyer et il va rejoindre les autres parce qu'il
12:46n'arrive.
12:46Il n'y a rien à faire comme il le dit.
12:48Là, il est en train de jouer pour tuer le temps.
12:50Il joue à la play.
12:51Mais les gens qui n'ont pas de play, donc ils ne peuvent pas s'asseoir et regarder la télé.
12:55À un moment donné, ils vont être tentés d'aller rejoindre le groupe.
13:00Voilà.
13:01Donc là, vous prenez le CV, vous le corrigez, vous le distribuez où vous pouvez.
13:06De bouche à oreille.
13:09Donc des fois, je vais sur le compte Facebook et je dis, voilà, là, en ce moment, je suis en
13:14train de chercher une entreprise dans la logistique ou dans la plombérie pour un jeune qui est en alternance.
13:22Donc, et ça fonctionne.
13:24Il y en a, depuis la rentrée, il y a quand même, ça fait marat, peut-être, on croise les
13:29doigts.
13:30Il va être le cinquième jeune qui va reprendre, en fait, le lycée.
13:35Et ce n'est pas à nous de faire ça.
13:37Donc, on est là sur le terrain, même si on est fatigué, on est prêt à soulever des montagnes pour
13:43nos enfants.
13:45Et là, au jour d'aujourd'hui, je le dis très clairement haut et fort.
13:48Et moi, personnellement, je ne vais pas arrêter.
13:51Jusqu'à ce que, voilà, on trouve des solutions pour ces jeunes-là et que d'autres quartiers prennent l
13:58'exemple, en fait, aux femmes de Villeneuve.
14:01On n'est pas là pour stigmatiser tel parent ou dire, voilà, tu fais mal la fonction parentale.
14:08C'est justement pour dire, on est ensemble, on mène ce combat ensemble.
14:13Parce qu'au jour d'aujourd'hui, je le dis encore, personne n'est à l'abri.
14:18Nicolas, il est parti, ça peut être n'importe qui.
14:22Depuis que vous avez lancé cette opération, médiatiquement, ça a été très relayé.
14:26Vous avez été reçu par le préfet, vous avez même été reçu, vous personnellement, par Jean-Jacques Bourdin.
14:33Qu'est-ce que vous attendez maintenant ?
14:35On a été très, très surpris parce que nous, on n'a pas fait appel, en fait, aux journalistes.
14:41Quand on a commencé à faire les maraudes, j'ai été contacté par un journaliste du Parisien
14:47qui voulait venir faire les maraudes avec nous.
14:50Depuis, on est quand même beaucoup, beaucoup sollicité par les médias.
14:53Bravo à toutes celles, ces mamans qui se battent, qui se réapproprient l'espace public
14:59et qui montrent là beaucoup de civisme et de civilité.
15:03Ça fait du bien, hein ?
15:04Moi, je me dis, c'est un peu dommage parce que depuis 2005, on se bat sur le terrain.
15:10Il fallait ça pour que le préfet nous rencontre.
15:14Là, c'est pas les mots. Les mots, ça ne nous intéresse plus.
15:18Parce que, comme je dis, c'est des quartiers prioritaires, mais ils n'ont aucune priorité.
15:24Nous, en tant qu'habitants, en tant que maires du quartier, on doit éduquer nos enfants.
15:29Mais après, il faut quand même que nos institutions, l'État, la mission locale, Pôle emploi,
15:37arrive, tous ces services qui sont mis à disposition et qui ne fonctionnent plus.
15:43Si les jeunes ne vont pas vers eux, ils peuvent quand même venir dans les quartiers.
15:48Comme là, vous avez vu, il y a un jeune qui nous donne le CV et la lettre de motivation.
15:53Il est motivé, mais il ne sait pas quoi faire.
15:58Donc, je me dis, tout le monde a un rôle à jouer.
16:00L'État, la mairie, nous, en tant qu'habitants, les maraudes, on va tenir pour combien de temps encore ?
16:09Il faut que toutes ces personnes-là arrivent à se dire, il faut agir.
16:16Il faut mener des actions pour que ça aille dans le bon sens.
16:20Ramener ces jeunes qui font des activités délictueuses dans les activités légales.
16:25Parce qu'il y en a plein qui sont motivés, mais on ne leur donne pas leur chance.
16:35Claudia, Fantamacalou a été reçue par le préfet du Val-de-Marne.
16:38Dans quelle mesure la médiatisation les a aidées ?
16:40Alors, la médiatisation les a aidées parce qu'effectivement,
16:43on a parlé du fait qu'elles avaient été reçues chez Jean-Jacques Bourdin.
16:47Elles ont aussi été reçues par le préfet.
16:49Elles ont pu discuter avec lui et il leur a affirmé qu'il veillerait personnellement à obtenir des résultats.
16:54Elles étaient assez contentes de ça.
16:56Cependant, pour l'instant, il n'y a pas eu de mesure ni rien.
16:58Mais voilà, le préfet est attentif et puis ça les aide aussi beaucoup parce qu'elles commencent quand même à
17:02être très fatiguées.
17:03Le fait qu'on parle d'elles, c'est aussi un moteur pour continuer à aller le soir veiller dans
17:07leur quartier.
17:08Et il y a d'autres maires dans d'autres quartiers qui ont suivi leur exemple depuis.
17:12Oui, surtout même parce que ça, c'est une grande victoire pour les darons de Villeneuve.
17:17Il y a d'autres femmes qui se sont tournées vers elles.
17:19Des femmes notamment dans un quartier qui s'appelle Triage à Villeneuve-Saint-Georges.
17:21Des femmes aussi d'une ville voisine qui s'appelle Valenton et qui, elles aussi, s'organisent.
17:27Elles ne font pas forcément des rondes, mais en tout cas, elles se réunissent régulièrement.
17:31Et elles aussi, elles veillent à ce que dans leur quartier, les choses se passent bien entre tout le monde.
17:39Reportage de Claudia Prolongeau
17:45Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
17:48Production Jeanne Boézek et Clara Garnier-Amourou.
17:52Réalisation Julien Moncouquiole.
17:54Si vous aimez Code Source, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application de podcast.
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