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Le 20 octobre 1987 à Besançon, Marie-Françoise Raymond rentre du travail et elle découvre dans la cuisine, le corps sans vie de sa fille unique, Virginie. Elle a 16 ans et elle a reçu 14 coups de couteaux. Qui a tué Virginie Raymond et pourquoi ? 32 ans après les faits, les enquêteurs lancent un nouvel appel à témoin. Code source fait le point sur cette enquête avec Ronan Folgoas du service police justice du Parisien et Maître Catherine Bresson, l’avocate des parents de Virginie Raymond. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Stéphane Geneste et Marion Bothorel - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian. - Archives : INA, France Bleu.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 20 octobre 1987, à Besançon, dans l'après-midi, Marie-Françoise Raymond rentre du travail.
00:18Dans la cuisine, elle découvre le corps sans vie de sa fille Virginie.
00:23Elle a 16 ans et elle a reçu 14 coups de couteau.
00:25Qui a tué Virginie Raymond et pourquoi, 32 ans après les faits, un nouvel appel à témoins est lancé.
00:32Codesource fait le point sur cette enquête avec Catherine Bresson, l'avocate des parents de Virginie Raymond,
00:38et avec Ronan Folgoas du service police-justice du Parisien.
00:48Bonsoir, Virginie, une jeune collégienne de 16 ans, a été retrouvée morte cet après-midi au domicile de ses parents,
00:54rue de Belfort, à Besançon.
00:56Catherine Bresson, vous représentez les parents de Virginie Raymond, Patrick et Marie-Françoise depuis 2017.
01:03Est-ce que c'est une affaire qui vous touche particulièrement ?
01:06C'est une affaire qui me touche par rapport aux parents de Virginie Raymond,
01:10parce que ce sont des parents qui sont dans l'attente de savoir pourquoi leur fille a été tuée,
01:15par qui elle a été tuée et dans quelles circonstances elle a été tuée.
01:19Et c'est vrai qu'à chaque fois, ils me disent qu'ils aimeraient, avant de mourir, connaître la vérité.
01:24Quel rôle vous avez auprès d'eux aujourd'hui ?
01:26De les protéger éventuellement des personnes qui auraient envie de les contacter,
01:31des journalistes qui pourraient éventuellement,
01:33alors c'est pas du harcèlement, mais c'est vrai qu'ils pourraient essayer d'obtenir des informations.
01:38Et c'est vrai qu'ils n'ont pas forcément envie de parler de cela de façon directe et spontanée,
01:44dans la mesure où ils craignent que des propos qu'ils puissent donner aux journalistes,
01:48non pas soient mal interprétés, mais puissent être entendus par le meurtrier,
01:53et que le meurtrier puisse s'en servir pour éviter d'être interpellé.
01:58Il faut vraiment garder la discrétion.
02:00On est dans un dossier sensible, ancien.
02:03On essaye de remonter, on essaye de retrouver ce meurtrier.
02:06Vous avez vu que c'est quelque chose qui est difficile.
02:08Et c'est vrai qu'à chaque fois qu'il y a un nouvel appel à témoin, mes clients espèrent.
02:13Et ils ne voudraient pas que parce que des informations ont été données,
02:17leurs espérances tombent à nouveau à néant.
02:20Pourquoi est-ce que l'enquête a été relancée en 2017, 30 ans après le meurtre de Virginie Raymond ?
02:26Le dossier était toujours ouvert chez le juge d'instruction.
02:29Et puis le juge d'instruction a souhaité, parce que les technologies ont évolué,
02:34et donc elle a souhaité, avec ces nouvelles technologies,
02:37faire vérifier certaines choses dont je ne peux pas vous parler.
02:41Et c'est vrai que par rapport à cela, ils ont dit qu'on va relancer.
02:45Ronan Folgoas, vous allez nous raconter cette affaire.
02:48D'abord, qui sont les parents de Virginie Raymond ?
02:50Patrick Raymond, le papa de Virginie, est chauffeur-livreur pour le glacier Mico,
02:55qui est une usine à Besançon.
02:57Et donc, il fait des tournées, comme ça, dans la région byzantine.
03:01La maman, Marie-Françoise, elle travaille au rectorat de Besançon,
03:04et Virginie est leur fille unique.
03:06Elle est secrétaire, Marie-Françoise ?
03:08Secrétaire au rectorat de Besançon, en effet.
03:10Et leur adresse, précisément, c'est le 134A, rue de Belfort.
03:14Au moment des fées, Virginie Raymond a 16 ans.
03:16À quoi est-ce qu'elle ressemble ?
03:17C'est une jolie jeune fille, une très jolie jeune fille, même,
03:20selon les témoignages qui ressortent à l'époque.
03:22Elle est brune, et elle a des yeux bleus, des yeux bleus comme les lacs,
03:26selon une expression qu'aura sa tante quelques jours après son décès.
03:30Qu'est-ce qu'elle aime ? Qu'est-ce qu'on sait d'elle ?
03:31C'est une adolescente sans histoire, c'est-à-dire sans histoire sur le plan judiciaire, notamment.
03:36Elle n'est pas en conflit avec ses parents, semble-t-il.
03:39On sait qu'elle aime Jeanne Mas et Madonna, comme beaucoup d'adolescentes des années 80.
03:43Elle aime aussi la photographie.
03:44Elle a une passion pour la photographie.
03:46Elle rêve d'en faire même son métier.
03:47Photographe-reporteur, c'est l'un de ses objectifs, semble-t-il.
03:50Et qu'est-ce qu'elle fait à ce moment-là ? Elle est au lycée ?
03:51C'est une année assez particulière pour elle, puisqu'elle vient de quitter le collège.
03:55Et assez étrangement, elle marque une rupture dans son parcours,
03:58dans l'attente d'un CAP photo, qu'elle compte intégrer à la rentrée suivante, en 1988.
04:04Donc là, elle s'accorde d'une année sabbatique ?
04:06En quelque sorte, oui.
04:07Elle fait quelques boulots, notamment au Vendange.
04:10Elle se rend à Comblanchien, en Bourgogne, dans le département de la Côte d'Or, précisément.
04:15C'est en septembre 1987, quelques semaines avant sa mort.
04:18Elle va passer là-bas une dizaine de jours.
04:22Et quelques jours avant le 20 octobre 1987, Virginie Raymond est à Dijon.
04:27Effectivement, elle effectue un trajet Besançon-Dijon en train, en compagnie de un, deux ou trois jeunes hommes.
04:35C'est assez flou.
04:36Une chose est sûre, semble-t-il, c'est qu'elle est aperçue dans le quartier de la gare à
04:40Dijon, en compagnie de ces jeunes garçons.
04:42Des garçons qui n'ont pas été identifiés à ce jour, qui n'ont pas été repérés, reconnus,
04:46et qui sont actuellement recherchés par les policiers.
04:49Que décrivent les témoins sur cette rencontre à l'époque ? Elle est habillée comment, par exemple ?
04:53Elle porte un feutre noir et des vêtements noirs. C'est à peu près tout ce que l'on sait
04:57de cette journée du 9 octobre.
04:59Et il y a un signalement des jeunes hommes qui étaient avec elle ?
05:01L'un de ces jeunes garçons porte effectivement un pantalon en cuir moulant, très moulant même.
05:06C'est l'indice qui est ressorti par les enquêteurs récemment.
05:10Et vous l'avez dit, elle s'entend bien avec ses parents ?
05:12En tout cas, elle n'a pas de conflit, n'a pas d'antagonisme connu avec ses parents.
05:15C'est une jeune fille unique qui vit au domicile familial.
05:20Mais depuis quelques semaines, d'après les témoignages des parents qui vont ressortir dans les semaines suivant le drame,
05:27elle a commencé à s'émanciper, elle commence à flirter avec des garçons.
05:31Peut-être en a-t-elle rencontré d'ailleurs lors des vendanges, quelques semaines plus tôt en septembre.
05:35En tout cas, elle semble manifester un désir de sortir du cocon familial.
05:43On en vient à ce mardi 20 octobre 1987.
05:47Virginie Raymond est à la maison.
05:49Elle est en compagnie de son papa qui lui fait une pause déjeuner.
05:53Il regarde le journal télévisé de 13h et s'assoupit.
05:57Et il est réveillé par Virginie qui se met à faire du repassage, comme lui avait demandé sa maman.
06:03Le bruit du fer à repasser, de la table à repasser, peut-être réveille le papa.
06:07Il se lève un petit peu en sursaut et part rapidement au travail puisqu'il doit reprendre sa tournée de
06:13chauffeur-livreur du glacier Mico.
06:15Et il dit au revoir à sa fille en pensant évidemment à la revoir quelques heures plus tard.
06:19Il est quelle heure à ce moment-là ?
06:20Selon le témoignage du papa, il quitte l'appartement familial à 13h40.
06:25La maman est au travail et c'est elle qui va découvrir le corps de sa fille inanimée.
06:29Entre 16h et 16h30, l'horaire n'est pas tout à fait déterminé.
06:34Elle découvre le corps de sa fille allongée sur le carrelage de la cuisine.
06:38Elle est allongée sur le dos et elle gît dans une mare de sang.
06:41Ce qui est assez remarquable aussi, c'est que la sauvagerie du crime tranche avec la scène de crime qui
06:48est relativement propre,
06:49selon le terme utilisé par un enquêteur présent sur place.
06:52Le mobilier n'a pas été bousculé.
06:54La cuisine est bien rangée.
06:55L'appartement aussi est correctement rangé.
06:58Il n'y a pas de trace d'effraction sur la porte d'entrée.
07:01Autant d'indices qui laissent à penser qu'il n'y a pas eu de lutte préalable entre Virginie et
07:07son meurtrier.
07:08Que va révéler l'autopsie ?
07:09L'autopsie va révéler 14 coups de couteau, dont certains plantés dans le cœur.
07:14En revanche, aucun coup, aucune blessure n'est relevée sur le reste du corps.
07:19Et la jeune fille n'a pas été violée ?
07:20L'hypothèse d'une agression sexuelle est écartée de manière catégorique par les experts médicaux.
07:28On sait quelle arme a pu servir à tuer Virginie Raymond ?
07:31C'est un couteau de boucher, semble-t-il, dont la lame mesure entre 15 et 20 centimètres.
07:36Un couteau de boucher qui n'a jamais été retrouvé jusqu'à présent.
07:41Appartenait-il à la famille ou a-t-il été apporté, transporté par une personne extérieure ?
07:48Ce qui laisserait à penser alors qu'il y a eu préméditation du geste.
07:51Il y a là encore une ambiguïté.
07:54Selon certaines sources, un couteau appartenant à la famille de Virginie Raymond,
07:59parmi leurs ustensiles de cuisine, aurait disparu suite à cette journée tragique du 20 octobre.
08:04Mais cet élément n'est pas tout à fait consolidé.
08:06En tout cas, on n'a jamais retrouvé l'arme du crime.
08:08L'arme du crime, jusqu'à présent, n'a jamais été retrouvé.
08:11Pourtant, les services de police ont déployé beaucoup d'efforts pour la retrouver.
08:15Ils ont fouillé les égouts dans le quartier.
08:17Ils ont aussi envoyé un homme-grenouille sonder le fleuve,
08:21qui traverse Besançon, le Doubs, mais sans succès.
08:25Donc l'arme du crime, effectivement, n'a jamais été retrouvée.
08:29Est-ce qu'il y a autre chose de notable pour les enquêteurs ?
08:32Les enquêteurs s'intéressent à une bouteille de vin mousseux
08:35qui a été entamée et laissée dans la cuisine à proximité du corps de Virginie.
08:41Une bouteille de mousseux avec un verre à proximité.
08:45Ce qui laisse à penser que Virginie, peut-être, a pu partager un verre,
08:51ou en tout cas ouvrir une bouteille, avec une personne qui, possiblement, était son meurtrier.
08:57En tout cas, c'est une piste qui a été explorée par les enquêteurs sans succès jusqu'à maintenant.
09:02Et vous le disiez, pas de trace d'effraction ?
09:04Aucune trace d'effraction sur la porte d'entrée.
09:07Aucun élément sur les autres ouvertures de l'appartement non plus
09:11qui laisse à penser que le meurtrier aurait pu s'introduire de force
09:14ou par ruse dans l'appartement.
09:16Ceci laisse à penser que Virginie s'attendait à la visite d'une ou plusieurs personnes
09:21et que le meurtrier pouvait être l'une de ces personnes.
09:27Est-ce que les enquêteurs ont des éléments matériels utiles sur cette scène de crime ?
09:32Les enquêteurs aujourd'hui disposent d'empreintes digitales.
09:34Ils disposent aussi d'un prélèvement ADN inconnu.
09:37La scène de crime a été fréquentée et polluée, entre guillemets,
09:41par plusieurs personnes, des enquêteurs, des magistrats, des membres aussi de la famille,
09:46mais au milieu de tout ça, il reste un ADN inconnu à ce jour qui pourrait être celui du meurtrier.
09:54Aux tout premières heures de l'enquête, donc ce mardi 20 octobre 1987,
09:58au tout début, est-ce qu'il y a des suspects ?
10:00Dans les premiers jours de l'enquête, les policiers vont s'intéresser aux proches de la victime,
10:06le père et la mère.
10:07Le père est la dernière personne connue à l'avoir vue vivante.
10:11La mère est celle qui va retrouver le corps.
10:13Ils s'intéressent donc aux parents.
10:14C'est la première étape de l'enquête.
10:16Et autant la mère apparaît abattue par le chagrin,
10:20autant le père est plus insaisissable, selon les enquêteurs de l'époque.
10:24Il ne montre pas beaucoup d'émotion.
10:26Ceci ne prouve absolument rien.
10:28Mais c'est vrai que les enquêteurs vont s'intéresser à lui.
10:30Et assez rapidement, il va être mis hors de cause.
10:33Ils vont l'entendre longuement quand même ?
10:34Ils vont l'entendre, effectivement, assez longuement.
10:36Ils vont le pousser dans ses retranchements,
10:38tout en sachant que l'exercice était alors extrêmement délicat compte tenu du contexte.
10:43Mais ils vont en fait arriver à la conclusion qu'il n'y a aucun élément tangible qui peut le
10:48mettre en cause.
10:49Les enquêteurs interrogent d'autres personnes, j'imagine, à ce moment-là ?
10:52Ils passent au peigne fin l'environnement relationnel de la victime,
10:55notamment les jeunes gens que Virginie a pu côtoyer lors des vendanges au mois de septembre en Bourgogne.
11:01Ceux-ci ne donnent rien.
11:05Les enquêteurs penchent aussi pour l'idée, l'hypothèse,
11:08d'un amoureux éconduit par Virginie qui aurait pu céder à une impulsion terrible.
11:13Ils s'intéressent donc à un cousin qui aurait pu avoir des sentiments pour elle.
11:19Ce cousin qui, mystérieusement, a disparu après la mort de Virginie.
11:23Ils vont finir par l'identifier, le localiser, le repérer,
11:26et finalement, il va être entendu et lui aussi mis hors de cause.
11:35Une autre piste va émerger aussi dans cette enquête, dans les premières années après le drame.
11:41C'est la piste d'une 4L rouge ou d'un modèle proche d'une 4L.
11:45Un voisin a indiqué au policier que deux jeunes gens à bord d'une 4L
11:50lui auraient demandé leur chemin en indiquant l'adresse de Virginie,
11:55précisément le 134 rue de Belfort.
11:58Ce n'est pas seulement l'adresse de Virginie,
11:59c'est l'adresse de plusieurs dizaines de familles qui habitent dans ce grand immeuble.
12:03Mais les enquêteurs cherchent à identifier ces deux jeunes gens à bord de la 4L
12:07et ils vont interroger, recenser, comme ça,
12:10tous les propriétaires de 4L de la région byzantine,
12:14mais sans succès là encore.
12:16Des centaines de véhicules ?
12:17350 véhicules sont répertoriés dans la grande région de Besançon
12:22et finalement, cela ne donne absolument rien.
12:24Les années d'enquête qui vont suivre ne vont rien donner
12:26et en 1997, une ordonnance de non-lieu est rendue, faute d'éléments.
12:31Les parents de Virginie, Patrick et Marie-Françoise
12:34reçoivent une indemnisation de la part de la justice.
12:37100 000 francs, un peu plus de 15 000 euros, qu'est-ce qu'ils en font ?
12:40Ils promettent de reverser cette somme à toute personne
12:43qui amènera un témoignage susceptible de conduire à la vérité.
12:49Cette somme, jusqu'à présent, n'a jamais été versée,
12:52mais ils ont aussi fait d'autres actions symboliques.
12:56Les parents de Virginie, ils ont notamment écrit au président de la République,
12:59à l'époque, en 1990, il s'agit de François Mitterrand.
13:02Ils ont par ailleurs participé à une émission de télé à forte audience,
13:06l'émission de Jacques Pradel, témoin numéro 1 en 1993.
13:10Et par ailleurs, Patrick et Marie-Françoise
13:13ne vont pas réussir à vivre très longtemps ensemble.
13:16Ils vont divorcer trois ans après le drame.
13:2130 ans après le meurtre de Virginie Raymond,
13:24en octobre 2017, l'enquête est relancée,
13:26une première fois, sans succès.
13:29Et cette année, deux ans plus tard, le 27 novembre,
13:31un nouvel appel à témoins est lancé par les enquêteurs,
13:34rappel à témoins qui portent sur plusieurs points.
13:37Première chose, on en fout le goâtre,
13:39les enquêteurs cherchent des éléments sur un homme
13:41qui se présentait à l'époque comme un photographe.
13:44Un photographe amateur qui accostait les jeunes femmes,
13:48les jeunes adolescentes pour leur proposer une séance photo.
13:52Cette personne pourrait être susceptible
13:55d'avoir croisé la route de Virginie,
13:57elle-même très attirée par le monde de la photographie.
14:00C'est une hypothèse, une hypothèse intéressante selon les enquêteurs.
14:04A qui les enquêteurs s'adressent dans cet appel à témoins ?
14:07Aux femmes, aux jeunes femmes de l'époque qui auraient pu croiser sa route.
14:10Des femmes précisément nées entre 1964 et 1976,
14:14qui ont donc aujourd'hui entre 43 et 55 ans.
14:18Deuxième chose, dans cet appel à témoins,
14:20les enquêteurs veulent retrouver tous ceux qui vivaient sur place,
14:23les anciens voisins de Virginie Raymond.
14:25Effectivement, c'est un grand ensemble,
14:26un immeuble avec plusieurs entrées,
14:29et les enquêteurs visent les personnes qui habitaient en 1987
14:33aux 134A et 134B de la rue de Belfort.
14:37Ils cherchent encore et toujours à identifier des jeunes gens
14:41qui ont été vus dans la cour de l'immeuble,
14:44qui auraient pu rentrer dans la cage d'escalier du 134A rue de Belfort.
14:49Et donc, même 32 ans plus tard, les enquêteurs font le pari
14:52que des souvenirs peuvent remonter à la surface de certaines personnes
14:55qui n'ont pas osé parler à un moment,
14:57et qui, peut-être, l'âge venant, se libèrent d'un poids.
15:01C'est en tout cas le pari qu'ils font.
15:05Certains ont dit avoir vu des jeunes gens monter dans cette cage d'escalier ?
15:10Ça, c'est le témoignage du papa de Virginie Raymond,
15:14qui, en quittant l'appartement familial,
15:16donc le mardi en début d'après-midi,
15:18dit avoir croisé deux jeunes gens dans la cour de l'immeuble.
15:22Il y a un flou qui persiste,
15:23une ambiguïté en tout cas entre deux jeunes gens
15:26qui étaient présents dans la cour de l'immeuble
15:28et deux autres jeunes gens,
15:30un autre duo donc,
15:31qui se dirigeaient depuis la cour de l'immeuble
15:34vers la cage d'escalier.
15:35S'agissait-il en fait d'un seul et même duo ?
15:38Là, il y a une forme d'imprécision qui demeure.
15:41Le troisième point de ce récent appel à témoins
15:44concerne Dijon.
15:45On en parlait tout à l'heure.
15:46Dijon où s'était rendu Virginie Raymond
15:4811 jours avant sa mort.
15:49Oui, c'est le 9 octobre 1987
15:51et les enquêteurs, là encore,
15:53cherchent à identifier les jeunes hommes
15:55qui accompagnaient semble-t-il Virginie
15:57ce jour-là dans le quartier de la gare à Dijon.
16:00Et donc, ils cherchent des témoignages
16:02des gens qui auraient vu,
16:03qui auraient aperçu Virginie Raymond
16:05soit seule, soit en compagnie de ces jeunes gens.
16:10Le même jour que l'appel à témoins,
16:12le 27 novembre,
16:14les policiers placent un homme en garde à vue.
16:17Il s'agit du seul témoin
16:19à avoir croisé la route
16:21de cette fameuse 4 ailes rouges.
16:23C'est lui qui indique aux policiers,
16:25mais en 1987,
16:27il est alors lui-même adolescent,
16:29et il dit à l'époque avoir vu
16:31deux jeunes gens à bord d'une 4 ailes rouge
16:33qui eux-mêmes cherchaient leur chemin
16:36pour rejoindre le 134 rue de Belfort.
16:38Et les enquêteurs, ces derniers mois,
16:41se sont intéressés à ce jeune homme,
16:43devenu désormais un adulte d'âge mûr,
16:46en se disant,
16:47mais est-ce qu'en 1987,
16:49il ne nous aurait pas mis sur une fausse piste
16:51en nous indiquant sciemment
16:54cette histoire de 4 ailes rouges
16:55qui est absolument invérifiée à ce jour
16:58puisque personne d'autre n'a vu cette 4 ailes rouge.
17:01Ils veulent alors en avoir le cœur net
17:02et ils placent cet homme en garde à vue.
17:06La garde à vue va s'étirer pendant une trentaine d'heures
17:08entre le 27 novembre dernier,
17:10le 27 novembre 2019,
17:11et le 28 novembre.
17:12Ils effectuent un prélèvement d'ADN.
17:14Ce prélèvement est envoyé à Bordeaux.
17:17Et puis le 28 novembre,
17:18le résultat tombe.
17:19L'ADN de cet individu ne correspond pas
17:22avec l'ADN prélevé sur la scène de crime
17:24le 20 octobre 1987.
17:28Il est mis hors de cause ?
17:29Quasiment totalement hors de cause.
17:31Le fait que son ADN ne matche pas
17:33comme on dit avec l'ADN prélevé sur la scène de crime
17:36ne prouve pas absolument
17:38qu'il disait la vérité aux enquêteurs.
17:40Il reste une petite zone de flou
17:42mais disons que c'est une piste importante
17:43qui s'est refermée grâce à ce test ADN.
17:46Ce n'est pas forcément un échec
17:47pour les enquêteurs.
17:49Leur travail consiste aussi à refermer des portes
17:52et puis jusqu'au jour
17:53où ils découvriront peut-être la vérité.
17:55Catherine Bresson,
17:56on vient d'entendre le récit de cette affaire
17:57avec Ronan Folgoas.
17:59Comment est-ce que les parents de Virginie Raymond
18:01ont vécu cette garde à vue qui n'a rien donné ?
18:03Ils ont espéré.
18:05Ils ont espéré.
18:06Et c'est vrai que ce sont des parents
18:07à qui on a annoncé que quelqu'un était en garde à vue.
18:10Ils ont espéré en disant
18:12est-ce que l'ADN va matcher ?
18:14Et non.
18:15Pour eux, est-ce que c'est dur à vivre
18:17une fausse piste comme ça, écartée ?
18:19Ou est-ce qu'ils préfèrent ça à rien du tout ?
18:21Ils préfèrent ça à rien du tout
18:22parce que ça veut dire qu'on cherche,
18:24qu'on a des pistes et qu'on les exploite.
18:26On les exploite jusqu'au bout.
18:28Et pour eux, ça veut dire que les portes,
18:29elles sont ouvertes.
18:30Il y a encore de l'espoir.
18:32Maître Bresson,
18:33sans parler de cette affaire en particulier,
18:35mais plus largement,
18:36est-ce que quand on a un ADN retrouvé
18:38sur une scène de crime,
18:40est-ce que cet ADN peut matcher,
18:42correspondre à tout moment
18:43dans le cadre d'une autre affaire ?
18:44Oui, l'ADN peut matcher à tout moment.
18:46Il y a beaucoup de dossiers
18:47qui ont été résolus des années après
18:49parce que les meurtriers ou les agresseurs
18:53se sont fait interpeller pour des délits,
18:55on va dire, pas très importants.
18:57Et leur ADN a été prélevé en garde à vue
19:00et on a pu les retrouver ainsi.
19:02Vos clients, aujourd'hui,
19:03ils ont encore l'espoir
19:05de découvrir un jour la vérité ?
19:07Oui, ils ont énormément d'espoir
19:09puisqu'il y a eu un deuxième appel à témoins
19:10qui vient d'être fait.
19:12Et ils pensent que cet appel à témoins
19:14va peut-être pouvoir aboutir
19:16à des éléments nouveaux
19:17qui seront exploités
19:18et qui permettront d'arrêter le meurtrier.
19:23Comme tout le monde,
19:24on partira un jour,
19:26on prend de l'âge,
19:27on ne connaît toujours pas
19:28qui a tué Virginie,
19:31donc on aimerait encore une fois
19:34faire un appel à témoins
19:36pour que les personnes
19:38qui, à l'époque, n'ont pas parlé
19:40ou qui ne se sont pas souvenus
19:41de quelque chose
19:42puissent le faire maintenant,
19:44qu'on puisse savoir la vérité,
19:46savoir qui, pourquoi.
19:48Ça nous aiderait quand même
19:50à vivre autrement
19:51et qu'ils soient punis.
19:56Merci à Catherine Bresson
19:58et Ronan Folgoas.
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