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La sportive de haut niveau a fait un burn-out après avoir décroché le titre de championne olympique de ski de bosses en 2018. Aujourd’hui, elle se sent mieux et elle parle ouvertement de cette épreuve. Témoignage recueilli par Ambre Rosala.

Dans ce podcast : Elle avait décroché la médaille d'or en ski de bosses à 19 ans aux Jeux Olympiques d'hiver de Pyongyang, quatre ans plus tard la française Perrine Laffont s'apprête à remettre son titre en jeu au prochain JO qui se déroule du 4 au 20 février à Pékin. Entre temps la jeune championne a failli tout arrêter. Elle n'a pas supporté la pression et elle a fait un burn-out. Aujourd'hui Perrine Laffont fait partie des rares sportifs et sportives de haut niveau qui témoignent de leur santé mentale elle se confie sur son parcours et cet épisode douloureux de sa carrière dans Code source aux micros d'Ambre Rosala.
Pérrine est née le 28 octobre 1998 à Lavelanet en Ariège elle grandit en ville avec ses parents et son grand frère mais elle passe beaucoup de temps à la station des Monts d'Olmes où la famille a un appartement comme son père et moniteur de ski et que sa mère préside le club de ski de bosses, Perrine monte sur des skis…

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Présentation : Thibault Lambert - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : INA, ActuMédias, The Telegraph.

#perrinelaffont #skidebosses #ski

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Elle avait décroché la médaille d'or en ski de bosse à 19 ans aux Jeux Olympiques d'hiver de
00:17Pyeongchang.
00:18Quatre ans plus tard, la française Perrine Lafon s'apprête à remettre son titre en jeu aux prochains JO qui
00:25se dérouleront du 4 au 20 février à Pékin.
00:27Entre temps, la jeune championne a failli tout arrêter. Elle n'a pas supporté la pression et elle a fait
00:34un burn-out.
00:35Aujourd'hui, Périne Lafon fait partie des rares sportifs et sportives de haut niveau qui témoignent de leur santé mentale.
00:41Elle se confie sur son parcours et cet épisode douloureux de sa carrière dans Code Source au micro d'Ambre
00:47Rosala.
00:59Périne Lafon habite près d'Annecy, dans les Alpes. Elle ne peut pas me recevoir chez elle à cause du
01:03coronavirus, mais elle accepte de me raconter son histoire par téléphone.
01:08Périne est née le 28 octobre 1998, à Lavlanay, en Ariège.
01:13Elle grandit en ville avec ses parents et son grand frère, mais elle passe beaucoup de temps à la station
01:17des Montdolme, où la famille a un appartement.
01:20Comme son père est moniteur de ski et que sa mère préside le club de ski de bosse, Périne monte
01:25sur des skis dès qu'elle s'est marché et devient une enfant très sportive.
01:31Une enfant toujours motivée à aller faire du hors-piste. Toute ma famille est plutôt sportive, donc c'est vrai
01:40que si ce n'était pas le ski, c'était aller faire du vélo, de l'escalade, de la plongée.
01:46Je faisais de la danse aussi. Une enfant un peu plein d'énergie, pas hyper active, mais ouverte à toute
01:52activité un peu sportive et extérieure.
01:55Périne et sa famille passent tous les week-ends et les vacances d'hiver sur les pistes.
01:59Elle commence le ski de bosse dans le club de ses parents quand elle a 5 ans et participe à
02:04ses premières compétitions à 8 ans.
02:07Rapidement, elle a envie de devenir monitrice de ski, comme son père.
02:11À ses 10 ans, elle entre au collège en section sport-études pour apprendre le ski alpin, le ski traditionnel
02:17que l'on connaît,
02:18qu'elle doit parfaitement maîtriser si elle veut un jour obtenir un diplôme de monitrice.
02:22Mais elle se rend compte qu'elle n'aime pas vraiment le ski traditionnel, qu'elle trouve trop ennuyeux.
02:26Alors elle se concentre sur le ski de bosse, qui prend vite une place centrale dans sa vie.
02:32Adolescente, elle fait le trajet jusque dans les Alpes presque tous les week-ends pour participer à des compétitions.
02:39Je suis passée d'une vie d'enfant très vite à une vie un peu professionnelle, on va dire.
02:44Les premières années, ça a été dur quand même, parce que j'avais quand même envie de vivre un peu
02:51pleinement ma jeunesse,
02:52et de ne pas toujours avoir ces contraintes.
02:55Il faut se coucher tôt le soir, jamais après 10h30, il faut bien manger, il faut bien s'hydrater, il
03:01ne faut pas faire la fête,
03:02il faut avoir une hygiène de vie irréprochable, machin machin.
03:05On a juste à certains moments envie de se lâcher, de ne plus réfléchir à combien d'heures de sommeil
03:12on a dormi,
03:13si on a assez bu d'eau dans la journée, si on a assez mangé de légumes et tout ça.
03:17Mais si on veut réussir, il faut passer par là.
03:21À seulement 15 ans, Perrine se fait repérer par le sélectionneur de l'équipe de France de ski de bosse.
03:26Elle n'a encore jamais gagné quoi que ce soit, ni même obtenu de podium, mais il voit en elle
03:31beaucoup de potentiel.
03:33En février 2014, elle arrive à Sochi, en Russie, pour participer à ses premiers Jeux olympiques.
03:40Je me suis retrouvée, j'avais 15 ans, j'étais aux Jeux olympiques avec les stars des sports d'hiver,
03:46les athlètes les plus connus dans le monde, avec des billions d'abonnés sur les réseaux sociaux.
03:51Et moi, je me retrouvais au milieu de ça.
03:53Il y avait des journalistes autour de nous, il y avait du monde,
03:57et c'est vrai que c'était complètement différent de ce que je connaissais.
04:01Et je n'avais pas du tout l'habitude de ça.
04:04Ma qualification se passe très, très bien.
04:06Je termine cinquième, ce qui était quand même un peu improbable et sorti de nulle part pour une fille de
04:1215 ans.
04:13Au milieu de filles qui étaient là depuis des années sur le circuit, c'était assez incroyable.
04:18Donc après, il y a eu un petit peu tous ces journalistes.
04:22« Oh là là, mais t'es cinquième, c'est quand même qu'à deux places d'une médaille. »
04:28Et moi, grande compétitrice que je suis, qui me dit « Ah ben c'est vrai, quand même, une médaille
04:34olympique, c'est quand même pas mal. »
04:36Et pour la finale, j'ai perdu mes moyens, en fait.
04:39« Toute cette pression que j'ai ressentie au niveau des journalistes et du résultat, ça m'a fait paniquer.
04:46»
04:46« J'étais au départ, j'avais les jambes qui tremblaient, j'avais peur. »
04:51« J'ai fait un run un petit peu moins bien, plus tendu, ce qui me laisse à la quatorzième
04:55place. »
04:57Et du coup, je pleurais, je pleurais en bas de la piste.
05:00« Je suis déçue parce que j'avais fait un super run au qualif et j'aurais bien aimé refaire
05:07le même et être à la même place. »
05:09« C'est comme ça. »
05:12Il y a Guilbault Collat, qui est un ancien bosseur, qui est venu me réconforter et qui me dit «
05:17Mais c'est pas grave, c'est tes premiers Jeux olympiques. »
05:20« On aura d'autres. »
05:22Et je lui ai dit « Ouais, de toute façon, je prendrai ma revanche dans 4 ans. »
05:26Et voilà comment se sont passées mes premiers Jeux olympiques.
05:30Périne reprend l'entraînement et les compétitions.
05:33En parallèle, elle continue ses études au lycée et décroche un bac S.
05:38Après ça, elle s'installe à Annecy, dans les Alpes, où elle commence un DUT de technique de commercialisation.
05:45Des horaires aménagés lui permettent de s'entraîner l'hiver et d'aller en cours au printemps.
05:50Pendant ses compétitions, Périne termine souvent à la quatrième place, se rapprochant du podium.
05:56Le 27 février 2016, elle participe, à 17 ans, à la Coupe du Monde de Ski Acrobatique, à Tazawako au
06:03Japon.
06:04Elle termine deuxième des qualifications, puis première de la finale.
06:08Et s'apprête à s'élancer pour la super finale, qui déterminera la gagnante parmi les six dernières skieuses encore
06:14en lice.
06:15Je fais mon run de super finale, et puis j'arrive en bas.
06:18J'avais le cœur qui battait à 10 000.
06:21Il y avait les autres garçons de l'équipe de France en bas de la piste, qui commencent à crier.
06:26Alors que moi, j'attendais le score sur l'écran géant.
06:29Et je me dis, oh là là, est-ce que j'ai gagné, est-ce que je n'ai pas
06:31gagné ?
06:32Et là, je vois le score sur l'écran géant, où je gagne ma première Coupe du Monde.
06:37Donc, commencer à faire des podiums par une victoire, c'est un moment de joie et d'explosion,
06:42mais qui était l'accomplissement de tout un travail, des heures et des heures d'entraînement.
06:48Et c'est vrai que c'était juste du bonheur à ce moment-là.
06:52L'année d'après, en février 2017, Périne Laffont devient la première française à devenir championne du monde en bosse
06:58parallèle,
06:59lors des Mondiaux de Sierra Nevada en Espagne.
07:01Elle termine la saison, qui dure de novembre à mars, plutôt confiante.
07:06Mais elle débute la nouvelle saison difficilement.
07:08À la fin de l'année 2017, à quelques mois seulement des prochains Jeux olympiques, Périne ne fait aucun podium.
07:15Il lui arrive même de finir 12e, alors que d'habitude, elle fait partie des premières.
07:20Elle a beaucoup de pression et se met à avoir peur de la compétition.
07:24Elle travaille alors avec une préparatrice mentale qui l'aide à mieux gérer la pression.
07:28Et grâce à ce travail, elle fait quelques podiums juste avant les Jeux olympiques de Pyeongchang.
07:34En février 2018, elle arrive au JO en n'étant pas favorite, mais elle espère au moins réussir, du haut
07:40de ses 19 ans, à se hisser sur le podium.
07:44On a skié pendant sept jours et ça a été sept jours de pression, d'enfer, de remise en question.
07:51Est-ce que je vais avoir une médaille ? Est-ce que je ne vais pas avoir une médaille ?
07:54La piste était compliquée en plus, donc ça rajoutait un petit peu de stress et de pression.
08:00Et ça a été dur.
08:02Franchement, tout le long de la compétition, a été dur mentalement et physiquement.
08:07La numéro 1 mondiale a craqué, la numéro 2 mondiale a craqué.
08:12Et moi, j'ai réussi à me faufiler petit à petit jusqu'au bout de la compétition, jusqu'à la
08:16super finale.
08:17Et quand je suis arrivée en haut de ce dernier run, en fait, ça s'était ressenti au niveau de
08:21mes entraîneurs
08:22que j'en pouvais plus que vraiment ça tirait sur le corps et sur la tête.
08:27Ma préparatrice mentale, qui était en bas de la course, elle l'a ressenti, elle l'a dit à la
08:31radio à mon entraîneur.
08:33Mon entraîneur, il m'a dit « Bon, maintenant, tu me regardes dans les yeux et tu m'écoutes bien.
08:37Il te reste 30 putains de secondes.
08:40Alors, sur ces 30 dernières secondes, tu vas tout donner.
08:43C'est tes 30 secondes à toi.
08:45Il faut que tu aies rien à regretter quand tu arrives en bas de la piste.
08:48Il te reste de l'énergie au fond de toi.
08:50Tu n'en es pas consciente, mais il t'en reste.
08:51Et je veux te voir t'arracher sur cette piste.
08:54Et mine de rien, en fait, ça m'a reboostée.
08:59Et du coup, je fais ce dernier run.
09:01Je passe la ligne d'arrivée.
09:03Et déjà, j'étais soulagée d'avoir posé un run à peu près clean.
09:07Et là, en fait, c'était juste l'attente du score.
09:12Le score s'affiche sur l'écran géant et je suis première.
09:15Donc déjà, en fait, ça m'assurait au minimum d'une médaille de bronze.
09:19Et ça, c'était un soulagement de malade.
09:22Et après, il restait en fait deux concurrentes au départ.
09:26Donc bon, mon sort dépendait un petit peu d'elle.
09:29La première part, c'était l'Australienne Brittany Cox.
09:33Du coup, après, ils annoncent son score.
09:34Et en fait, elle est derrière moi.
09:36Donc au pire, j'étais médaillée d'argent.
09:38J'étais vice-championne olympique.
09:39Et après, il reste la dernière compétitrice.
09:42Donc qui était en dino d'une Canadienne.
09:44Donc elle s'élance.
09:46Elle fait son studio qui est énorme.
09:49Elle reprend à une vitesse de fou dans les bosses.
09:52Et puis elle commence à faire des fautes et tout.
09:55Et là, d'un coup, elle sort en fait.
10:05Et là, en fait, c'est la délivrance.
10:08C'est mon corps qui lâche.
10:09C'est les nerfs qui lâchent.
10:11Elle est championne olympique.
10:13Et oui !
10:14Je n'ai pas arrêté de pleurer pendant une heure et demie.
10:16Tellement que ce qui m'est arrivé, c'était fou.
10:19Ce qui est fou, regardez-la, Périne.
10:20Elle est perdue.
10:21Elle est perdue.
10:22Elle ne sait même plus où elle habite.
10:26Incroyable !
10:27Le tour de moi, c'était un tourbillon.
10:29En fait, tout le monde me sautait dans les bras.
10:31Et au bout d'un moment, même, je me retrouve dans les bras de l'ancienne ministre des Sports,
10:35qui était Laura Faissel.
10:36Et je lui dis, mais je ne suis pas prête, moi, à tout ça.
10:40Mais on ne m'a pas préparée à tout ce tourbillon, tout ça.
10:44Et elle me dit, si, si, tu es prête, profite.
10:47Là, c'est que des moments de bonheur.
10:49Ouais, là, vraiment, je suis épuisée.
10:51Quand ils ont annoncé que j'étais championne olympique.
10:54J'ai du mal à le croire.
10:56Là, j'ai vraiment besoin d'une grosse nuit de sommeil.
10:59Et en fait, tout s'enchaîne très vite.
11:01On fait le podium en bas de la piste.
11:03Je me retrouve avec la petite mascotte.
11:06Je me retrouve à monter sur la première marche du podium olympique.
11:09Je pense que je ne m'en rends pas compte.
11:11Et puis, on me tire à droite, à gauche.
11:13On va chercher mes affaires pour m'emmener sur les plateaux télé.
11:17Et je ne comprends pas trop, en fait, ce qui m'arrive.
11:19Ça s'enchaîne tellement vite que c'est fou, quoi.
11:24Périne est tellement soulagée d'avoir gagné les JO qu'elle fait une super fin de saison.
11:28Elle réussit même à terminer à la tête du classement et décroche un globe de cristal dans sa catégorie.
11:33La récompense décernée à la meilleure skieuse de la saison.
11:37Mais la nouvelle saison s'annonce difficile.
11:39Avec son nouveau statut de championne olympique, Périne est très souvent sollicitée par les journalistes.
11:44Et le poids de cette médaille olympique pèse de plus en plus lourd sur ses épaules.
11:50C'était dur, en fait.
11:52Je partais à l'entraînement avec une boule au ventre.
11:54Et l'entraînement commençait.
11:56Et je m'effondrais.
11:58Je commençais à pleurer parce que je ne voulais pas y aller, quoi.
12:00Je ne voyais plus l'intérêt à faire du ski.
12:02Pour moi, c'était devenu plus une corvée, une tâche qu'une passion et que du plaisir, quoi.
12:09Je skiais pour mes sponsors, pour les entraîneurs et les gens qui étaient autour de moi, pour tout ça.
12:14Et j'avais oublié le pourquoi j'étais, en fait, sur des skis.
12:19Je veux retourner dans une vie normale où il y a moins de pression, où il y a moins de
12:22contraintes.
12:23Toutes les sollicitations aussi qu'il faut honorer.
12:26C'était un trop plein de tout ça, quoi.
12:29Périne fait un burn-out et annonce à sa préparatrice mentale qu'elle veut arrêter le ski.
12:34Elles en parlent longuement toutes les deux.
12:35Et celles-ci proposent à Périne de ne pas arrêter complètement les entraînements,
12:39mais de réorganiser ses séances, en fonction d'elle et de ses envies, sans se donner d'objectifs sportifs.
12:46Si je n'avais pas envie d'aller m'entraîner, j'allais faire une autre activité un peu plus cool
12:50et surtout une activité dont j'avais envie.
12:53Et du coup, j'avais été claire avec mes entraîneurs que je ne voulais plus avoir cette pression de tous
12:58les jours,
12:59« Allez, on va chercher ses limites, on pousse son corps à 130 %,
13:04et quand je suis repartie skier, c'était vraiment pour moi et pour rien d'autre. »
13:12Petit à petit, j'ai repris le goût à skier, à me chercher un petit peu, à m'améliorer tous
13:19les jours.
13:19Et ça a fait que finalement, une fois la préparation terminée,
13:23on a fait le bilan que j'avais fait plutôt une bonne préparation.
13:28Et on s'est dit, « Allez, on se lance sur cette saison 2020 sans vraiment de réels objectifs sportifs.
13:36»
13:36Je l'avais dit à la presse aussi, c'était clair avec tout le monde, avec mes sponsors,
13:40que c'était un peu une année de transition où j'avais besoin de souffler,
13:45et j'avais besoin aussi qu'on me mette un peu moins de pression de résultat.
13:49Et en fait, je suis partie sur cette saison tellement relâchée
13:52que j'ai fait la meilleure saison de ma carrière.
13:55« 20e victoire en Coupe du Monde pour la Française. »
13:59« La troisième consécutive cette saison, elle est imbattable pour l'instant en tout cas.
14:04Périne Laffont, elle a été encore une fois exemplaire parfaite. »
14:07« Tout était basé sur le plaisir de la piste et sur le plaisir à skier. »
14:13« C'est ce qui m'a aussi permis de reprendre aussi confiance en moi,
14:16de ne plus pousser mon corps dans ses limites. »
14:21Périne skie tellement bien que le 8 mars 2020,
14:23elle remporte les championnats du monde de skidboss à Almaty au Kazakhstan,
14:27le seul titre qui lui manquait encore.
14:30À l'été 2021, elle suit depuis chez elle les Jeux Olympiques d'été de Tokyo.
14:35Elle voit alors la gymnaste américaine Simone Biles
14:39et la joueuse de tennis japonaise Naomi Osaka
14:41parler ouvertement de leur santé mentale
14:44et de la pression subie par les athlètes de haut niveau.
14:46« Je me sens que pour moi,
14:49récemment,
14:51quand je gagne, je ne me sens pas heureux.
14:54Et quand je perds, je me sens très triste.
14:58Et je ne pense pas que c'est normal. »
15:02« Merci à tous. »
15:04« Déjà, on se dit,
15:06je ne suis pas la seule à vivre ce genre d'émotion.
15:09Ça rassure un petit peu à se dire,
15:11ok, bon, ça va, je ne suis pas folle
15:13et il n'y a pas que moi qui pense à des trucs un peu bizarres.
15:16Il y a tellement encore de choses à améliorer
15:19dans le monde du sport et dans ce côté psychologique
15:21pour un peu mieux préparer les athlètes à tout ça
15:25et les préserver aussi. »
15:27En novembre 2021,
15:29Perrine décide de parler ouvertement de son burn-out.
15:32À quelques mois seulement des Jeux Olympiques de Pékin,
15:35elle publie sur YouTube un court métrage d'environ 5 minutes
15:38dans lequel elle raconte son envie de tout arrêter
15:41après son titre olympique.
15:42« Je m'appelle Perrine Lafon.
15:47Après avoir tout donné pour ce sport,
15:49j'avais perdu la flamme.
15:52J'avais perdu toute motivation.
15:55Pour moi,
15:56c'était devenu une corvée.
16:00Je n'avais qu'une envie,
16:02c'était que ce tourbillon s'arrête
16:03et prenne du recul. »
16:06Après ça,
16:07Perrine reçoit une vague de soutien
16:09sur ses réseaux sociaux
16:10et elle aborde aujourd'hui
16:12les Jeux Olympiques de Pékin
16:14beaucoup plus sereinement.
16:16« Je suis meure qu'il y a 4 ans
16:18parce que j'ai beaucoup plus de sérénité,
16:20je suis beaucoup plus posée
16:21et préparée aussi à vivre ces Jeux.
16:25Ça fait quelques années
16:26et d'autant plus après ce burn-up
16:27que je ne me concentre plus trop
16:29sur les objectifs de résultats.
16:31Je vais me concentrer sur le côté technique
16:33et on verra bien
16:35à quelle place ça m'amène.
16:38Il est important que je sois heureuse
16:40à ces Jeux,
16:40que je me fasse plaisir
16:41et que je skie avec le sourire
16:44parce que c'est ma passion
16:46que j'ai depuis tout petite.
17:09Ambre Perrine Lafond
17:10va donc remettre son titre olympique en jeu
17:12pendant ses JO d'hiver à Pékin.
17:14Au fond, est-ce qu'elle espère quand même
17:16rester championne ?
17:17Oui, bien sûr, elle y croit.
17:19Elle a fait un bon début de saison,
17:20elle a terminé 3e à sa dernière course
17:22donc elle est bien lancée pour ses Jeux
17:24et elle est gonflée à bloc
17:25pour essayer de décrocher une médaille
17:27pour la France.
17:28Après, elle sait aussi
17:29que la concurrence est rude
17:31et que tout n'est pas entre ses mains
17:32mais du coup,
17:33elle ne se met pas du tout la pression
17:35avec le fait de devoir
17:36à tout prix défendre son titre
17:38et elle aborde la compétition sereinement.
17:40Depuis plusieurs années,
17:41Perrine est aidée
17:42par une préparatrice mentale.
17:44Concrètement,
17:45comment est-ce que cette femme
17:46l'accompagne au quotidien ?
17:47Alors concrètement,
17:49sa préparatrice mentale,
17:50c'est quelqu'un avec qui
17:50elle parle très régulièrement,
17:52généralement par visio,
17:53par téléphone ou par mail.
17:55Donc voilà,
17:55elle discute ensemble
17:56de l'état psychologique
17:58dans lequel se trouve Perrine
17:59et comment faire
18:00pour l'améliorer si besoin.
18:02Et à l'approche des compétitions,
18:03généralement,
18:04cette préparatrice mentale
18:05va venir la voir
18:06et elles vont travailler
18:07sur la gestion de son stress,
18:09de ses émotions
18:10et de sa confiance en elle aussi.
18:11Et ça arrive
18:12quand il y a une compétition
18:14pour laquelle Perrine
18:15est particulièrement stressée,
18:16qu'elle fasse
18:17des petites séances d'hypnose
18:18pour travailler son inconscient
18:20et pour ensuite
18:21aborder la compétition
18:22plus sereinement.
18:23Et quand est-ce qu'on pourra voir
18:24Perrine Laffont
18:25défendre son titre ?
18:26Alors Perrine dispute
18:27l'épreuve féminine
18:27de ski de bosse
18:28qui aura lieu le dimanche 6 février
18:30à partir de 11h,
18:31heure française.
18:32Et pour l'instant,
18:33elle vient tout juste
18:34d'arriver à Pékin
18:34et elle continue ses entraînements
18:36en attendant
18:37de remettre son titre en jeu.
18:39Merci Ambre Rosala.
18:41Toute l'actualité
18:42des JO d'hiver de Pékin,
18:43les épreuves en temps réel,
18:45les résultats,
18:46le parcours des sportifs français
18:47pendant cette compétition,
18:49c'est à retrouver
18:50dans Le Parisien
18:51et sur leparisien.fr.
18:53Cet épisode a été produit
18:54par Sarah Amny
18:55et réalisé par
18:56Julien Moncouquiol.
18:58Code Source
18:58est disponible
18:59sur toutes les plateformes audio.
19:01Nous publions
19:01un nouvel épisode
19:02chaque soir de la semaine.
19:04Si vous voulez
19:04n'en rater aucun,
19:05n'oubliez pas
19:06de vous abonner
19:07sur n'importe quelle application.
19:09Et puis,
19:10si vous aimez Code Source,
19:11n'hésitez pas
19:12à nous écrire
19:12codesource
19:13at leparisien.fr.
19:17...et pour ensuite
19:18aborder la compétition
19:19plus sereinement.
19:20Et quand est-ce qu'on pourra
19:21voir Périne Laffont
19:22défendre son titre ?
19:23Alors,
19:23Périne dispute
19:24l'épreuve féminine
19:25de Skidboss
19:25qui aura lieu
19:26le dimanche 6 février
19:27à partir de 11h,
19:28heure française.
19:29Et pour l'instant,
19:30elle vient tout juste
19:31d'arriver à Pékin
19:32et elle continue
19:32ses entraînements
19:33en attendant
19:34de remettre
19:35son titre en jeu.
19:37Merci Ambre Rosala
19:38à toute l'actualité
19:39des JO d'hiver de Pékin,
19:40les épreuves en temps réel,
19:42les résultats,
19:43le parcours
19:44des sportifs français
19:45pendant cette compétition,
19:46c'est à retrouver
19:47dans Le Parisien
19:48et sur leparisien.fr.
19:50Cet épisode
19:51a été produit
19:51par Sarah Amny
19:52et réalisé par
19:53Julien Moncouquiol.
19:55Code Source
19:55est disponible
19:56sur toutes les plateformes audio.
19:58Nous publions
19:59un nouvel épisode
20:00chaque soir de la semaine.
20:01Si vous voulez
20:01n'en rater aucun,
20:02n'oubliez pas
20:03de vous abonner
20:04sur n'importe quelle application.
20:07Et puis,
20:07si vous aimez Code Source,
20:08n'hésitez pas
20:09à nous écrire
20:10code-source-at-le-parisien.fr.
20:12Sous-titrage Société Radio-Canada

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