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Alain Marécaux a été injustement accusé dans l’affaire d’Outreau. Il a témoigné dans un docu-fiction diffusé par France 2 en janvier. Crédits.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 2.

#injustice

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11France 2 a diffusé en janvier un documentaire sur le fiasco judiciaire de l'affaire Doutreau.
00:1713 personnes accusées à tort de viol, suite à de fausses accusations portées par des enfants,
00:22enfants qui avaient bien été victimes de viol, mais uniquement de la part de leurs parents et d'un couple
00:26de voisins,
00:274 personnes qui avaient reconnu les faits, contrairement à tous les autres qui, eux, clamaient leur innocence.
00:33Chez CodeSource, nous avons voulu donner la parole à l'un des témoins du documentaire,
00:37l'une des victimes de cette erreur judiciaire, Alain Marécaud, 58 ans aujourd'hui.
00:42Il raconte ce qu'il a vécu au micro d'Ambre Rosala.
00:52Alain Marécaud n'est plus huissier de justice lui-même,
00:55mais il est devenu clair d'huissier à Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais.
00:58Il a 58 ans et il habite toujours dans le département où a eu lieu il y a presque 20
01:03ans l'affaire Doutreau,
01:04une petite ville juste à côté de Boulogne.
01:06Il a passé plus de 10 ans sans s'exprimer sur l'erreur judiciaire dont il a été victime.
01:10Mais après réflexion, il a finalement accepté de témoigner dans le documentaire consacré à l'affaire.
01:15C'est encore important de parler de cette affaire, de ce tsunami judiciaire,
01:21parce que c'est quand même incroyable, mais c'est arrivé.
01:26Et je pense que ça peut faire réfléchir comment une démocratie peut aller
01:31en bastiller des gens sans preuve, sans rien, et en les laissant moisir en prison.
01:38Avant le début de l'affaire Doutreau, Alain Maréco vit une vie paisible à Samé,
01:42dans le Pas-de-Calais, à une vingtaine de kilomètres de Boulogne-sur-Mer.
01:46Il est marié à Odile, avec qui il a deux fils de 13 et 9 ans et une petite fille
01:51de 6 ans.
01:51Il a racheté sa propre étude, une structure dans laquelle il exerce comme huissier de justice
01:56et qui marche plutôt bien.
01:58Il vit avec sa famille dans une grande maison et il est très heureux, même s'il travaille beaucoup.
02:03J'ai une vie professionnelle assez prenante et certainement beaucoup trop,
02:09puisque je passe la majeure partie de mon temps dans l'étude, du lundi au samedi,
02:15parfois le dimanche, et c'est vrai que je vois très peu ma femme et mes enfants.
02:22Je ne regardais pas leur canis scolaire, je ne savais pas ce qu'ils faisaient à l'école.
02:27La seule chose que j'arrivais à sauver, c'était de les conduire le matin à l'école.
02:33Le 14 novembre 2001, vers 6h, 6h30 du matin, je me rappelle c'était un mercredi,
02:41nous sommes réveillés par l'écrit de police ouvrée.
02:46Ma femme et moi nous réveillons, ouvrons la porte, ne comprenons pas ce qui nous arrive.
02:52On pense tout de suite que c'est une erreur, ils se tombent de maison, etc.
02:55Mais ils insistent lourdement.
02:57Mes enfants vont être réveillés, vont être embarqués, et on va commencer à fouiller toute ma maison.
03:07On voit la police qui commence à ouvrir les tiroirs, à renverser les tiroirs,
03:12et on va faire tout le tour de la maison de cette façon-là.
03:16Les policiers perquisitionnent aussi l'étude d'Alain Marécaud.
03:18Il ne comprend toujours pas ce qui se passe, et pense alors à une vengeance,
03:22de quelqu'un dont les comptes auraient été bloqués par l'huissier par exemple.
03:26Alain est arrêté par une équipe de policiers, sa femme par une autre,
03:29et leurs enfants sont pris en charge par une troisième équipe.
03:32Alain est alors présenté à un juge d'instruction, Fabrice Burgaud.
03:36Celui-ci lui explique qu'il est soupçonné d'être lié à une vaste affaire de pédophilie.
03:45Cette écœurante affaire de pédophilie à Boulogne-sur-Mer,
03:48où plusieurs enfants d'une même famille étaient prostitués par leurs parents.
03:50Quelques mois plus tôt, un couple qui vit à Outreau, juste à côté de Boulogne-sur-Mer,
03:55a reconnu avoir violé leurs quatre garçons, âgés de 4 à 10 ans.
03:59Ce couple, composé de Thierry Delay et Myriam Badaoui, a donc été arrêté,
04:04ainsi qu'un couple de voisins, qui a lui aussi reconnu avoir participé au viol.
04:09Mais depuis, devant les enquêteurs, l'un des garçons de la femme mise en cause, Myriam Badaoui,
04:15a également accusé des dizaines d'autres personnes.
04:18L'abbé qui vit dans leur immeuble, d'autres voisins, ou encore une boulangère.
04:22Le petit garçon cite aussi le père d'un de ses copains d'école, qui est huissier de justice, Alain
04:28Marecaud.
04:29Le juge d'instruction, Fabrice Burgaud, a alors interrogé la mère du petit garçon, Myriam Badaoui,
04:34pour savoir si ce que dit son fils est vrai.
04:37Quand le juge va interroger Myriam Badaoui, Myriam Badaoui ne me connaît pas.
04:43Donc, elle ne peut pas citer mon nom.
04:46Le juge lui dit qu'il y a un huissier.
04:48Donc, elle va citer deux confrères, mais elle prend le nom de l'un et le prénom de l'autre.
04:53Et elle les accuse de tous les maux.
04:56Et c'est Fabrice Burgaud qui va lui dire non, vos enfants ne disent pas que c'est un tel.
05:02Ils disent que c'est Alain Marecaud.
05:04Et là, Myriam Badaoui va dire oui, c'est Alain Marecaud.
05:08Et elle va m'accuser de tous les maux.
05:11En tout, en plus des parents des enfants et du couple d'amis qui ont tous reconnu les viols,
05:1613 autres personnes sont soupçonnées de faire partie d'un réseau pédophile.
05:20On est accusé d'agression sexuelle sur mineurs d'au moins de 15 ans et même viols.
05:27C'est non seulement une stupéfaction, mais c'est quelque chose qui est impossible à vivre.
05:32Et on a beau à ce moment-là se débattre, c'est le ciel qui vous tombe sur la tête.
05:37Vous insistez, vous dites que ce n'est pas possible, etc.
05:39Mais là, c'est tout.
05:40On ne va plus jamais vous écouter.
05:47Lors de sa première audition par le juge d'instruction,
05:50Alain Marecaud se défend et dit qu'il n'a rien à voir là-dedans.
05:53Ses trois enfants sont entendus et son deuxième fils, François-Xavier, qui a 9 ans,
05:58indique aux policiers que parfois, son père joue avec lui à ce qu'il appelle la machine à bisous.
06:02La machine à bisous, c'était une machine, j'étais la machine.
06:06Et je demandais à mes enfants où ils voulaient avoir des bisous et je faisais 100 bisous.
06:12Le souci, c'est qu'on est dans une affaire d'agression sexuelle sur mineurs
06:17et forcément, cette machine à bisous est quelque chose de perverse.
06:20Ça va être une des accusations que je vais avoir parce que j'ai joué à la machine à bisous
06:27avec mon fils.
06:28Il faut savoir aussi que mon fils, quand il dit ça au policier,
06:32il a dit aussi que j'avais tiré, pour que je prends son terme, sur son zizi,
06:37que je m'allongeais sur lui.
06:40Et là-dessus, on l'envoie chez un médecin.
06:42La police l'envoie chez un médecin et le médecin fait un rapport,
06:46comme quoi l'enfant se plaint de rien.
06:48Mais trop tard, il a eu ses paroles malheureuses au niveau d'officier de police judiciaire.
06:53Le juge demande des explications à Alain Marécaud.
06:56L'huissier explique alors que si un jour il a touché son fils,
06:59c'est forcément s'en faire exprès, pendant une bagarre pour s'amuser par exemple.
07:05Le jour de son arrestation, après son audition,
07:08Alain Marécaud est incarcéré dans l'Oise, à la maison d'arrêt de Beauvais.
07:11Là, c'est le choc.
07:12C'est vraiment un choc terrible.
07:15Je me retrouve dans une cellule de neuf lits.
07:17Une cellule où nous sommes neuf.
07:19En fait, nous serons même dix, il y en a un qui dormira par terre.
07:21Et c'est une cellule et une prison très vétuste.
07:24C'était quelque chose d'horrible.
07:27Vous aviez les rats qui couraient sur les extérieurs.
07:30Mais on va vous laisser moisir comme ça.
07:35Le quotidien, c'est vous vous passez votre temps d'avoir à ne rien faire,
07:39puisque en maison d'arrêt, vous ne faites rien.
07:41Donc, je bois du café, je refume.
07:45Je refume même beaucoup.
07:47Je vais aussi m'adonner à certaines drogues douces.
07:51Et vous passez votre temps à se demander,
07:55mais comment je suis là ?
07:57Comment ça a pu arriver ?
07:59On me dit que je suis à partir d'un réseau
08:01avec des gens que je ne connais pas.
08:03La femme qui m'accuse, Myriam Badaoui, je ne la connais pas.
08:07Et vous passez votre temps à réfléchir, réfléchir, réfléchir.
08:11Et essayez d'apporter une réponse que vous n'obtenez pas
08:15à comment ça se fait que je suis embarqué
08:18dans une affaire aussi sordide.
08:23Alain Maréco pense que les enquêteurs vont vite se rendre compte
08:26qu'ils ont fait une erreur et qu'ils vont finir par le relâcher.
08:29Sa femme Odile est elle aussi soupçonnée
08:31de faire partie de ce réseau de pédophiles
08:33et elle est incarcérée dans une autre prison.
08:36Leurs enfants sont placés dans des familles d'accueil
08:38et Alain n'a plus aucune nouvelle d'eux.
08:40Et deux mois après son incarcération,
08:42il apprend le décès de sa mère.
08:44Ma maman avait une santé fragile
08:48et lorsqu'elle a appris mon incarcération,
08:52elle a arrêté de s'alimenter.
08:53Elle a tenu deux mois,
08:55puisqu'elle décèdera le 10 janvier 2002.
09:00Et j'irai à son notairement le 14 janvier,
09:03entouré de deux gendarmes et menotté.
09:06Plusieurs mois après son incarcération,
09:08il n'a toujours pas de contact avec ses enfants
09:09qui sont toujours placés.
09:11Et comme il était seul à gérer son étude d'huissier de justice,
09:14sa structure ne peut pas tourner correctement
09:16tant qu'il est en prison.
09:17J'ai tout perdu à ce moment-là.
09:19J'ai perdu ce qui m'était le plus cher à l'époque,
09:22qui était bien sûr mes enfants,
09:25qui était mon épouse,
09:27qui a été ma maman.
09:29Mais après, vous perdez aussi beaucoup de choses
09:31au niveau annexe,
09:33au niveau matériel,
09:34puisque j'ai perdu mon étude.
09:38C'était une étude individuelle
09:39et si vous n'êtes pas à la tête de votre étude,
09:42elle ne peut pas tenir.
09:42Et c'est mon président de chambre
09:45qui m'a dit que le mieux pour moi
09:47était de vendre l'étude.
09:51Et début 2002,
09:53j'ai signé comme quoi je vendais mon étude.
09:55Je ne savais pas à quel prix,
09:57mais j'ai laissé des blancs
09:59en lui faisant confiance
10:00et en lui disant de remplir les blancs
10:02et que cette vie professionnelle
10:04était maintenant terminée.
10:05Alain Maréco est aussi obligé
10:07de vendre sa maison pour payer ses avocats.
10:09Plus les mois passent
10:10et plus il perd espoir de sortir bientôt.
10:12Alors il s'adapte à la vie de détenu.
10:15Je vais être un détenu modèle.
10:17Je vais m'inscrire à des cours.
10:21Je vais aller en promenade.
10:23Je vais aller à la salle de sport.
10:25Je vais aller à la bibliothèque.
10:26Je vais vivre une vie de détenu.
10:29Et je me dis,
10:30mais Alain,
10:31comment peux-tu oser faire ce que tu fais
10:36alors que tu es innocent,
10:38alors que tu n'as rien fait,
10:40alors que tu ne connais aucune des personnes
10:41qui t'accusent,
10:42alors que tu ne connais personne dans le dossier,
10:45comment peux-tu courber le dos ?
10:48Et il n'y a plus qu'une seule solution,
10:50c'est de mourir.
10:52Et là, je décide de mettre fin à mes jours
10:55avec l'absorption de médicaments.
10:57je vais être sauvé,
11:01emmené ensuite à l'hôpital psychiatrique.
11:04Et ensuite, on va me réincarcérer.
11:08plus possible de prendre les médicaments
11:10comme je les avais pris en faisant une petite réserve,
11:13puisque les infirmières sont devant moi
11:15pour prendre les médicaments.
11:16Il faut savoir qu'à cette époque-là,
11:18je prenais énormément de médicaments
11:19qui m'assommaient totalement.
11:22Voilà ce qui était ma vie en prison.
11:25Et ne l'acceptant plus,
11:26je me dis,
11:27je n'ai qu'à arrêter de m'alimenter.
11:29Mais je n'avais plus rien à revendiquer,
11:31si ce n'est qu'à me laisser mourir.
11:36Après avoir passé quelques temps
11:38sans m'alimenter à la maison d'arrêt,
11:41on va m'envoyer à l'hôpital psychiatrique.
11:44Et après, comme je refusais toujours de m'alimenter
11:46et que je diminuais physiquement,
11:50on m'a envoyé à l'hôpital prison de Fresnes.
11:54J'avais quand même une tension
11:55qui, de mémoire, était tombée à 5h30.
11:58Les médecins me disaient
11:59que mon cœur allait s'arrêter.
12:03J'avais mes jambes qui ne fonctionnaient plus.
12:05Et mon avocat a écrit au garde des Sceaux
12:09en indiquant que j'allais mourir.
12:12Et là-dessus, c'est le garde des Sceaux
12:14qui va mandater un médecin extérieur
12:16et il va conclure par pronostic vital engagé.
12:20Donc on sait que j'en aurais que pour quelques jours.
12:22Et je crois que là, la justice a eu peur.
12:26Et là, j'ai été libéré.
12:29Après trois mois sans m'alimenter,
12:32et en pesant 48 kg pour 1m80.
12:41Alain Marécaud est libéré sous contrôle judiciaire.
12:44Il est admis à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre,
12:46en région parisienne,
12:47où il est réhydraté et réapprend à marcher correctement.
12:50Puis il est autorisé à vivre chez sa nièce en attendant un procès.
12:54Alain Marécaud ne peut toujours pas voir ses enfants.
12:57C'est sa femme qui a leur garde et elle demande le divorce.
13:01Le 4 mai 2004, le procès de l'affaire Doutreau
13:04s'ouvre devant la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer.
13:07Justice maintenant avec l'ouverture du procès Doutreau.
13:1117 adultes sur le banc des accusés.
13:12Il est non seulement question de viol répété sur de jeunes mineurs,
13:16mais aussi d'actes de torture.
13:18Un couple est même soupçonné d'avoir « loué » ses propres enfants.
13:24En tout, 17 personnes sont accusées de viol sur mineurs.
13:28Parmi eux, 4 personnes reconnaissent les faits.
13:30Les parents des enfants, Thierry Delay et Myriam Badaoui,
13:33et un couple de voisins.
13:35Les 13 autres accusés nient en bloc.
13:37A l'ouverture du procès,
13:39l'ancien huissier se retrouve parmi eux sur le banc des accusés.
13:43Je sais une chose, je n'ai rien fait,
13:45ma femme n'a rien fait,
13:47mais les autres, mais j'en sais rien.
13:50Moi, je ne les connais pas.
13:52Et je me demande même parfois
13:53si je ne suis pas là à cause d'eux.
13:57Et c'est quand vous voyez le déroulement de l'audience
13:59que vous comprenez que
14:02eux n'ont rien fait non plus.
14:04Et qu'on est là uniquement sur
14:07des inventions d'un juge et d'une mythomane.
14:11Pendant le procès,
14:13Thierry Delay, le père des enfants victimes,
14:15affirme que les 13 accusés qui nient
14:17n'ont effectivement rien fait.
14:18Sa femme Myriam Badawi
14:20et le couple de voisins
14:22affirment eux
14:23qu'ils sont aussi participés au viol.
14:25Puis l'homme du couple voisin
14:27finit par dire qu'ils n'y sont pour rien.
14:29A la fin du 11e jour du procès,
14:31vers 19h,
14:33Myriam Badawi demande à prendre la parole.
14:36Elle revient pour la première fois sur ces accusations.
14:38Elle dit qu'elle a menti,
14:40que c'est maladif
14:41et qu'ils ne sont que 4
14:42à avoir violé les enfants.
14:45Lorsque Myriam Badawi
14:47enfin vient dire que
14:49c'est une menteuse
14:51qu'elle a tout inventé.
14:53Et je me rappelle,
14:53elle a le micro entre les mains
14:55et elle se tourne vers chacun d'entre nous
14:57et à nous elle fait
14:59M. et Mme Maréco,
15:00vous n'avez rien fait
15:01et je vous connais même pas.
15:03On se dit, c'est terminé.
15:05Le cauchemar est terminé.
15:146 jours plus tard,
15:15Myriam Badawi fait volte-face
15:17et accuse de nouveau
15:18les 13 autres personnes.
15:19Le 2 juillet 2004,
15:21après 9 semaines d'audience,
15:23le verdict tombe.
15:24Les 4 accusés
15:25qui reconnaissent les faits,
15:26Thierry Delay,
15:27Myriam Badawi
15:28et le couple de voisins,
15:29sont condamnés
15:30jusqu'à 20 ans
15:31de réclusion criminelle.
15:327 des 13 accusés
15:34qui nient les faits
15:34sont acquittés.
15:35Les 6 autres,
15:37dont Alain Maréco,
15:38sont reconnus coupables.
15:39L'ancien huissier de justice
15:41n'est pas condamné
15:42pour le viol des enfants
15:43de Myriam Badawi,
15:44mais il est reconnu coupable
15:45d'atteinte sexuelle
15:46sur son fils
15:47qui avait évoqué
15:48le jeu de la machine à bisous
15:49avec son père
15:50lors de son audition.
15:51Alain Maréco
15:52écope de 18 mois de prison
15:54avec sursis.
15:55Ça a été très difficile
15:56à entendre
15:57parce que
15:57j'ai été condamné
15:59pour agression sexuelle
16:00sur mon fils,
16:01c'est-à-dire
16:02sur ma propre chair,
16:03sur mon enfant,
16:04pour vous,
16:05ça sonne le glas.
16:06Vous ne pouvez pas vivre
16:07avec une telle accusation.
16:09Et le soir,
16:10où je rentre chez moi,
16:11je suis chez ma sœur
16:12et là,
16:13je retrouve des médicaments
16:14que je prends
16:14parce que
16:15pour moi,
16:16c'était la fin.
16:17Il fallait que j'en termine.
16:18Autant d'années de souffrance
16:19pour en arriver là,
16:20ce n'est pas possible.
16:22Il faut en terminer.
16:22Alain Maréco
16:24fait une nouvelle tentative
16:25de suicide.
16:25Il est sauvé
16:26puis admis en hôpital psychiatrique
16:28pendant un temps
16:29avant de rentrer chez lui.
16:31Avec son avocat,
16:32ils font appel
16:32de la décision de justice.
16:34Et le 7 novembre 2005,
16:36un nouveau procès
16:37s'ouvre devant
16:37la cour d'appel de Paris.
16:39L'ancien huissier
16:40aborde cette nouvelle audience
16:41avec beaucoup d'espoir.
16:43Son fils,
16:44François-Xavier,
16:45est entendu par la cour.
16:46Et avant d'être entendu,
16:48il me voit accusé
16:49et il m'embrasse.
16:51Il va alors prendre le micro,
16:54expliquer avec ces mots
16:55une incompréhension.
16:57Et c'est vrai qu'après,
16:59on se jette dans les bras
17:00l'un de l'autre
17:01en pleurant tous les deux.
17:06François-Xavier affirme
17:08que ses propos
17:08ont été mal interprétés.
17:10Le 1er décembre 2005,
17:12l'avocat général
17:13fait ses réquisitions.
17:14Il demande l'acquittement
17:15des sept accusés,
17:16dont Alain Marécaud.
17:17Il demande à ce qu'il soit acquitté,
17:19non pas au bénéfice du doute,
17:20selon ses mots,
17:21mais parce qu'ils n'ont rien fait.
17:23L'avocat général
17:24va nous reprendre un par un
17:26et va nous dire,
17:27me concernant par exemple,
17:29vous acquitterez Alain Marécaud,
17:31non pas au bénéfice du doute,
17:32mais parce qu'il n'a rien fait.
17:35Et on va être acquitté.
17:39C'est la fin d'un calvaire.
17:41C'est la fin d'une vie
17:43mise entre parenthèses
17:44pendant quatre ans.
17:46La joie retombée,
17:47Alain Marécaud,
17:48l'huissier de justice,
17:49réalise enfin.
17:50Ses enfants viennent le rejoindre
17:51ce soir.
17:52C'est beaucoup
17:53pour cet homme
17:54que la prison
17:55a bien failli briser.
17:58Comment vous allez aujourd'hui ?
18:00Mais je vais bien.
18:01J'ai refait ma vie privée.
18:03J'ai une compagne
18:04extraordinaire.
18:06J'ai plein de petits enfants.
18:08Je suis heureux
18:10et je vois l'avenir.
18:11J'ai ce passé judiciaire,
18:13ce passé carcéral
18:14et même si les fantômes tout trop
18:17continueront à me hanter
18:18jusqu'à la fin de ma vie.
18:19Ma vie, c'est pas que au trop.
18:22Ma vie, ce n'est pas au trop.
18:24Ma vie, c'est maintenant.
18:40Ambre, comment est-ce qu'Alain Marécaud
18:41a vécu la diffusion
18:42du docu-fiction sur France 2 ?
18:44Est-ce que c'est une forme
18:45de réhabilitation pour lui ?
18:46Non, pas vraiment.
18:48D'ailleurs, quand on lui a proposé,
18:49il a d'abord refusé d'y participer.
18:51Il a fini par accepter
18:53parce que pour lui,
18:53ça restait important
18:54qu'on parle de cette affaire
18:55encore aujourd'hui,
18:56qu'on se rende compte
18:57qu'une telle erreur judiciaire
18:58était possible.
19:00Mais voilà, il m'a dit
19:00qu'il n'avait pas participé
19:01au documentaire pour lui
19:03et d'ailleurs,
19:03il aimerait pouvoir retrouver
19:05un petit peu de son anonymat
19:06après ça.
19:07Est-ce qu'il a pardonné ?
19:08Alors, il m'a dit
19:09qu'il n'en avait jamais voulu
19:10aux enfants,
19:11ni à son fils,
19:12ni au fils de Myriam Badaoui
19:13qu'il a accusé en premier lieu.
19:15Il ne leur en a jamais voulu
19:16donc il considère
19:17qu'il n'avait même pas
19:18à leur pardonner.
19:19Il m'a dit
19:20qu'il avait par contre
19:21pardonné à Myriam Badaoui
19:23de l'avoir accusé
19:24parce qu'il dit
19:25que c'est une menteuse
19:26et que c'est maladif
19:26donc qu'on ne peut pas
19:28en vouloir aux gens malades.
19:29Il a aussi pardonné
19:30au couple de voisins
19:31qu'il avait aussi accusé.
19:33Par contre,
19:34il m'a raconté
19:35qu'il n'avait toujours pas
19:35à pardonner au juge
19:37Fabrice Burgaud.
19:38Il n'arrive pas
19:38à lui pardonner
19:39d'avoir cru à ce que disait
19:40Myriam Badaoui
19:41et de l'avoir envoyé en prison.
19:42C'est encore trop difficile
19:43pour lui
19:44mais il espère
19:44qu'un jour,
19:45il réussira.
19:46Et il a quelle relation
19:47aujourd'hui
19:47avec son fils ?
19:48Ils ont gardé
19:49une très bonne relation.
19:50François-Xavier,
19:51lui, s'en veut beaucoup.
19:52Il a témoigné
19:52dans le documentaire
19:53de France 2.
19:54Il dit que ses propos
19:55ont été mal interprétés
19:56et il s'en veut
19:57que ça ait conduit
19:58à l'incarcération
19:59de son père.
20:00Et encore aujourd'hui,
20:01il continue de lui demander
20:02pardon plusieurs fois par an.
20:03Mais voilà,
20:04l'armareco,
20:04lui, ne lui en veut pas du tout.
20:07Merci Ambre Rosala
20:08et merci à Emeline Collet
20:09pour son aide.
20:10Code Source
20:11est le podcast quotidien
20:12du Parisien.
20:12Si vous aimez Code Source,
20:13n'hésitez pas à nous le dire
20:14en laissant des petites étoiles
20:16ou un commentaire
20:17sur votre application audio
20:18préférée.
20:19Vous pouvez nous suivre
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20:21ou nous écrire directement
20:23Codesource
20:24at leparisien.fr
20:26Cet épisode de Code Source
20:27a été produit par
20:28Thibaut Lambert.
20:29Réalisation
20:30Pierre Chaffanjon.
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