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Le 8 septembre, à 23h11 heure locale, un séisme d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter frappe le Maroc sur un rayon de plus de 200 kilomètres. Une valeur inédite, jamais encore enregistrée dans la région. Le bilan provisoire s’élève aujourd’hui à près de 2500 morts.
Pour Code source, Timothée Boutry, Laura Wojcik et Christel Brigaudeau, journalistes au Parisien et envoyés spéciaux au Maroc dès le lendemain du séisme, racontent les scènes de désolation et leurs rencontres avec les habitants encore sous le choc.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : France 2, France info, TF1, France Inter.
#séisme #tremblementdeterre #marrakech
Pour Code source, Timothée Boutry, Laura Wojcik et Christel Brigaudeau, journalistes au Parisien et envoyés spéciaux au Maroc dès le lendemain du séisme, racontent les scènes de désolation et leurs rencontres avec les habitants encore sous le choc.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : France 2, France info, TF1, France Inter.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le Maroc fait en ce moment face à l'une des pires catastrophes naturelles de son histoire.
00:16Le vendredi 8 septembre, dans la soirée, un puissant séisme a frappé le centre du pays, dont la ville de
00:22Marrakech.
00:23Le bilan, encore provisoire, dressé le lundi 11 septembre à la mi-journée, recense près de 2500 morts et 2500
00:30blessés.
00:31De très nombreux villages ont été en partie ou totalement détruits.
00:36Trois reporters du Parisien se sont rendus dès le lendemain du séisme au Maroc pour rendre compte des dégâts des
00:41premières opérations de secours et aller à la rencontre des sinistrés.
00:45Timothée Boutry du service Police Justice, Christelle Brigodeau de la cellule Récit et Laura Vojzik du Pôle Vidéo.
00:52Tous les trois nous racontent aujourd'hui à distance leurs premières heures sur place.
01:00Vendredi soir, le 8 septembre, la nuit est tombée depuis quelques heures au Maroc.
01:05Il est précisément 23h11, minuit 11 en France, lorsque la terre se met à trembler.
01:10De fortes secousses sont ressenties à Marrakech, la ville la plus touristique du pays.
01:15Petit à petit, la panique s'installe, des internautes immortalisent ce moment avec leur téléphone ou leur webcam.
01:21Certaines images montrent des habitants fuirent à toutes jambes une salle de jeu ou encore traverser des ruelles à travers
01:27un nuage de poussière.
01:28Je ne sais pas si vous voyez la terre comme bien.
01:31Oh la merde.
01:33Le lendemain, aux premières heures du jour, les médias relaient l'ampleur de la catastrophe.
01:37Bonjour à tous, soyez les bienvenus sur France 2, samedi 9 septembre.
01:41Voici les titres de ce journal et à la une, une nuit d'horreur au Maroc.
01:45L'actualité de la nuit d'abord, c'est ce terrible séisme au Maroc.
01:50Le bilan provisoire est de 300 morts.
01:52Ressenties jusqu'à Rabat, Casablanca ou encore Essawira, la secousse a provoqué l'effondrement de nombreux bâtiments.
01:59Un puissant séisme de magnitude 6,8 sur l'échelle de Richter a frappé la région d'Alaouz, mais aussi
02:05celle de Taroudan plus au sud, deux provinces qui sont traversées par le massif du Haut Atlas.
02:11L'épicentre du séisme n'est qu'à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Marrakech, mais la terre
02:16a tremblé dans un rayon de près de 200 kilomètres jusqu'à Agadir et Essawira sur la côte ou encore
02:22à Ouarzazate à l'est du pays.
02:24Les premières images montrent des quartiers, voire des villages qui se sont effondrés.
02:29Le bilan humain s'alourdit d'heure en heure.
02:32Samedi à la mi-journée, le nombre de victimes s'élève à plus de 800 morts.
02:38Timothée Boutry, vous arrivez sur place avec Laura Voschic en fin d'après-midi à Marrakech.
02:43Marrakech où le séisme a causé de nombreux dégâts, notamment dans la Médina, le quartier historique.
02:48A quoi ça ressemble quand vous arrivez ?
02:50On a vu des bâtiments endommagés, des remparts, vous savez, de la ville historique effondrée, de la casse-bas notamment.
02:58Donc on sait qu'il y a eu des dégâts matériels, des dégâts humains aussi, bien sûr.
03:02C'est de ça dont on a rendu compte dans ce premier article, mais surtout du désarroi de tous les
03:07habitants qui ont dû fuir leur maison, soit endommagée, soit détruite par le séisme.
03:12A la nuit tombée, vous vous rendez sur la place Gemma Elfna, occupée par des centaines de sinistrés. Décrivez-nous
03:17cet endroit.
03:18C'est vraiment la place peut-être la plus connue, la plus touristique de tout le Maroc, en tout cas
03:22de Marrakech.
03:23C'est vraiment le cœur vibrant de la ville. C'est un grand parvis, très dynamique, rempli de stands, des
03:29shops, de vendeurs.
03:31Il y a vraiment de l'animation tout le temps. Et là, il y a toujours ces stands, mais il
03:34n'y a pas l'animation habituelle.
03:35Et il y a surtout des endroits qui ont été investis par les sinistrés du séisme.
03:40On a vu notamment un coin où il y avait énormément de femmes qui avaient installé des couvertures, des nattes,
03:44qui avaient déjà passé une partie de la nuit après le tremblement de terre et qui s'apprêtaient à passer
03:48une seconde nuit à l'extérieur,
03:50notamment parce qu'elles ont trop peur de revenir chez elles. Elles ont peur d'une réplique ou alors parce
03:55que les bâtiments ont été fragilisés.
03:57C'était une nouvelle vie qui s'organise, en tout cas précaire, dans l'urgence. Et la seule solution, c
04:03'est d'en venir à l'air libre.
04:04Et sur cette place, plusieurs personnes vous racontent la nuit d'horreur qu'elles viennent de vivre.
04:08Il était un peu plus de 23 heures. Il y a eu un grand fracas, c'est d'avoir le
04:12bruit qui a réveillé tout le monde
04:13ou qui a saisi ceux qui ne dormaient pas encore. Et les premiers bâtiments qui tombent, les gens qui sortent
04:19dehors,
04:20la poussière, l'obscurité et une grande panique, des gens qui se mettent à courir partout sans vraiment savoir ce
04:26qui se passe,
04:26qui prennent leurs proches avec eux.
04:28Qu'est-ce qu'ils font ?
04:31Descends !
04:31Il y a un tremblement de terre.
04:37Et la place d'Emma Efna, où on s'est rendu, c'est vraiment un lieu de refuge, je dirais,
04:42privilégié,
04:42parce que c'est un énorme parvis où il n'y a pas de bâtiment, en fait, autour.
04:46Et là, il n'y a vraiment aucun risque qu'un bâtiment s'effondre à l'endroit où on campe
04:49pour passer la nuit.
04:50Laura Voschic, sur place, il y a aussi de très jeunes enfants.
04:54Et vous parlez à une mère sinistrée qui porte avec elle un tout jeune bébé.
04:59Elle me raconte qu'elle n'avait pas le choix de quitter son domicile.
05:02Elle habitait dans un genre d'hôtel.
05:04Et ce qui est assez frappant, c'est qu'on la voit changer son bébé qui a des cuisses minuscules.
05:09C'est vraiment un nouveau-né.
05:10Et il y avait aussi des vieillards sur des chaises roulantes,
05:14des personnes qui devraient être à l'hôpital,
05:16qui étaient enroulées vraiment de manière très précaire dans des couvertures.
05:22Et voilà, on a vraiment le contraste entre des très jeunes, des très vieux
05:25et des personnes qui essayent de prendre soin de ces gens-là.
05:29Tant bien que mal, quoi.
05:31Ça fait mal au cœur.
05:34Christelle Brigodeau, le samedi 9 septembre,
05:37vous vous arrivez en fin d'après-midi à Amizmiz,
05:39un village à environ 60 km au sud de Marrakech.
05:43D'abord, dans quel état se trouve la ville lorsque vous arrivez sur place ?
05:46La ville est très fortement endommagée par le séisme.
05:51On voit des maisons, notamment un vieux quartier,
05:53qui est l'ancien quartier juif, qui est très fortement détruit,
05:57avec des maisons qui se sont écroulées et d'autres qui menacent de le faire.
06:02Parce que le séisme, en fait, a beaucoup fragilisé les bâtiments.
06:06Et on voit des fissures toutes droites qui ont comme coupé en deux les bâtiments.
06:11Il y a déjà des gens qui s'affairent, d'ailleurs dans cette rue,
06:13où il y a des gravats partout, pour essayer d'enlever les corps
06:17et de commencer à déblayer.
06:18Il y a les secours sur place ?
06:19Il y a des secours qui sont sur place, oui.
06:21Nous, on les voit quand on arrive.
06:22Ils sont notamment à hauteur du dispensaire.
06:25Et il y a aussi des gens des villes,
06:28notamment des enfants originaires du village,
06:31qui sont revenus en catastrophe pour essayer d'aider,
06:33voir comment vont leurs parents,
06:35et essayer de mettre à l'abri les gens pour la nuit.
06:38Parce que beaucoup ne peuvent plus dormir dans leur maison.
06:40Vous échangez justement avec un homme, Reda.
06:42Il a une petite trentaine d'années.
06:44Il est originaire d'Amismise.
06:46Et tout de suite après le séisme,
06:48il a fait la route pour rejoindre ses parents.
06:50Il est venu effectivement par le premier train,
06:53puis un bus pour voir ses parents,
06:55qui eux sont sains et saufs,
06:56et puis ont une maison qui tient encore debout,
06:58mais quand même avec des trous.
06:59Donc ils dorment dehors comme plein de gens,
07:02parce qu'ils ont peur de répliques,
07:03ou ils ont peur que les fondations finalement ne tiennent pas.
07:06Lui fait partie d'un groupe d'hommes qui sont sur la place du marché,
07:10qui regardent ce qu'il y a à faire.
07:13À ce moment-là, disons que ça fait moins de 24 heures que le séisme a eu lieu.
07:17Et il y a aussi beaucoup de gens comme lui qui sont un peu hébétés,
07:20qui regardent partout, qui cherchent quoi faire.
07:23Mais une fois qu'ils ont vu leurs proches,
07:25ils se retrouvent quelquefois un peu les bras ballants,
07:27en attendant d'avoir ne serait-ce que des pelles ou du matériel,
07:31pour vraiment prêter main forte.
07:33Le lendemain, le dimanche 10 septembre,
07:36Timothée Boutry et Laura Voschzik,
07:37vous vous rendez dans le village de Tamaloukt.
07:39C'est au nord de Taroudan.
07:41On est encore là, à basse altitude,
07:43au tout début des montagnes du Haut-Atlas.
07:45Mais le village a été très fortement endommagé par le séisme.
07:49À quoi ça ressemble ?
07:50Déjà, on a vraiment des gravats dans tous les sens.
07:54Et ce qui est assez impressionnant quand on est là,
07:56c'est qu'on est sans arrêt couvert de poussière.
07:59Vraiment, quand on se nettoie le visage le soir,
08:01il y a une couche de poussière incroyable.
08:04C'est vraiment un mélange entre des bâtiments encore debout
08:08et des tas de ruines,
08:10et des véhicules qui circulent sur une artère
08:12qui est quand même assez encombrée.
08:13Il y a encore quelques bâtiments qui sont debout,
08:16mais où les personnes ne peuvent pas forcément accéder,
08:18parce qu'il y a des fissures géantes
08:20qui lézardent un peu les murs.
08:22Et du coup, les personnes,
08:23elles n'osent même pas claquer la porte pour rentrer chez elles,
08:25parce que ça peut s'effondrer du jour au lendemain.
08:27La plupart des gens que vous croisez
08:29sont donc totalement démunis ?
08:31Oui, effectivement,
08:32ils n'ont plus de toit ou alors peur d'y retourner.
08:35Évidemment, il n'y a plus d'accès à la cuisine,
08:38aux installations sanitaires.
08:39Tout le monde est solidaire
08:41et c'est mis en mode survie.
08:44Il y a des particuliers qui amènent de la nourriture
08:46et ça permet de nourrir tout le monde.
08:48Donc là, il y a vraiment une solidarité locale
08:52qui se met en place
08:52et qui permet de survivre
08:54pendant ces premiers jours consécutifs au tremblement de terre.
08:57Dans ce village, il n'y a pas d'aide humanitaire encore ?
08:59En fait, il y a une aide de la commune.
09:02On a pu voir le camion-citerne parcourir les ruelles pour alimenter le réservoir.
09:08Il y a une aide associative, une aide privée.
09:11Mais c'est vrai qu'il n'y a pas de gros moyens étatiques.
09:13On n'a pas vu de tractopelle, on n'a pas vu l'armée,
09:16on n'a pas vu les pompiers.
09:18Mais c'est aussi sans doute qu'on n'est pas
09:21très très près de l'épicentre du séisme.
09:23On est quand même dans un endroit qui a été touché avec des victimes,
09:25on l'a dit.
09:26Mais il y a pire, en fait.
09:27C'est terrible, en fait.
09:28Mais c'est que face à une catastrophe,
09:31il y a des endroits qui sont très touchés.
09:32Il y en a d'autres qui sont encore plus touchés.
09:34Et c'est vrai que nous, on n'a pas vu
09:36les hélicoptères, les camions de l'armée
09:39qui sont déployés dans d'autres endroits.
09:41Alors c'est vrai que les besoins sont énormes, sont multiples.
09:44Là, évidemment, où on était,
09:45il y aurait besoin dans un chantier.
09:46Mais à ce stade, il n'y en avait pas encore.
09:49Timothée Boutry avec Laura,
09:51vous faites la rencontre d'un père de famille de 37 ans.
09:53Il s'appelle Saïd.
09:55Et il est en état de choc.
09:56C'est là où ils ont trouvé les deux enfants décédés.
09:59Il a perdu ses deux enfants dans la catastrophe.
10:02En fait, lui, il n'était pas dans sa maison
10:03quand ça s'est produit.
10:04Il y a son épouse qui était présente.
10:06Le voisin raconte qu'il a vu ses jambes dépassées,
10:09qu'il a pu l'extraire au bout d'une demi-heure.
10:10Et ensuite, il a pu accéder à ce qui était
10:13la chambre des enfants.
10:15Brahim, 4 ans, et Asma, 11 ans.
10:17Et que quand il les a découverts,
10:18ils étaient déjà morts.
10:19En fait, ils avaient été ensevelis.
10:20Donc, ils sont morts étouffés.
10:23On peut imaginer la douleur,
10:27la détresse d'un père
10:28qui a perdu ses deux seuls enfants.
10:29Il nous explique qu'un enfant,
10:31c'est comme un organe
10:32et c'est comme s'il avait perdu deux cœurs.
10:33Il y a beaucoup de gens qui sont avec lui
10:35et qui lui parlent.
10:36Mais il est dans une détresse
10:39évidemment très profonde
10:40quand on le rencontre.
10:43Laura Voschzik,
10:44vous croisez la route de Mohamed aussi,
10:46un jeune homme de 18 ans
10:47dont la mère est à l'hôpital.
10:49Il est inquiet ?
10:50Oui, il est inquiet.
10:51Il a un regard extrêmement tranchant,
10:54c'est ce que disait Timothée
10:54dans son article.
10:56On est frappé par les regards
10:58en fait de ces personnes qu'on croise
10:59parce qu'il y a beaucoup de choses
11:00dans les regards
11:00qui ne s'expriment pas forcément
11:01dans les mots.
11:02Et lui, on sent qu'il a de la colère.
11:05Il ne voit pas du tout
11:06comment il va reconstruire un avenir
11:08dans cette ville.
11:09Il ne sait pas du tout
11:10comment il va pouvoir avancer.
11:12Et il dit qu'il veut même
11:13quitter le pays en fait.
11:15Timothée Boutry,
11:15les gens que vous croisez,
11:16est-ce qu'ils sont aussi pessimistes
11:18que Mohamed ?
11:20On est vraiment dans l'urgence en fait.
11:22La catastrophe,
11:22elle vient de se produire.
11:24Donc l'urgence,
11:25c'est la survie,
11:27c'est dormir,
11:28c'est se nourrir,
11:29c'est se soigner
11:29et voilà, c'est tout pour l'instant.
11:31Alors évidemment,
11:33on anticipe,
11:34on pense à l'après,
11:34on se dit comment on va pouvoir
11:35reconstruire,
11:36il faut que je reconstruise
11:37plus solide.
11:38mais on a besoin de matériel
11:39et là, il n'y a rien
11:40pour déblayer.
11:41On a besoin de briques,
11:43on a besoin de ciment
11:44mais enfin,
11:45voilà,
11:45cette question-là,
11:46elle va se poser très vite.
11:47Ça va être le défi
11:49qui va se présenter
11:50à toute cette région
11:51du Haut-Atlas
11:52dans les jours,
11:53semaines, mois
11:54et peut-être même
11:55années à venir.
11:55Laura Voschic,
11:56les habitants sur place,
11:57ils craignent d'autres répliques
11:58ou alors une autre catastrophe ?
11:59Il y a une autre angoisse
12:00qu'on a entendue
12:01notamment chez Saïd,
12:02c'est celle de la pluie
12:03parce que ces maisons,
12:05elles étaient construites
12:06de manière précaire
12:07en terre
12:08et s'il pleut
12:09sur tous les débris,
12:10ça va être catastrophique
12:12en fait.
12:12Et il disait
12:12qu'une seconde catastrophe,
12:15ça pourrait être
12:15une intempérie
12:17par-dessus tout ça.
12:18Et ça,
12:19c'est une inquiétude
12:20qu'on a sentie
12:21poindre
12:22chez les habitants.
12:22Christelle Brigodeau,
12:24vous,
12:24le même jour,
12:25avec le photographe
12:25du Parisien
12:26Jean-Baptiste Quentin,
12:27vous décidez d'emprunter
12:28les routes de montagne
12:29pour monter jusqu'à
12:31Salat-en-Yakoub,
12:32le village du Haut-Atlas
12:33le plus proche
12:34de l'épicentre.
12:35D'abord,
12:36décrivez-nous
12:36ce que vous voyez
12:37sur la route
12:37pour vous y rendre.
12:39La route,
12:39c'est une nationale
12:40qui longe
12:41un fleuve,
12:43la rivière Fisse.
12:45C'est une route
12:46de montagne
12:46enlacée
12:47qui monte
12:48sur un col
12:49à pas loin
12:49de 2000 mètres.
12:50C'est une route
12:51qui a toujours été
12:52jugée dangereuse,
12:53notamment en hiver
12:54dans la région.
12:56Mais là,
12:56elle l'est d'autant plus
12:57que le matin,
12:58il y a eu une réplique
12:59à 9h du matin,
13:00ça a provoqué
13:01de nouveaux éboulements.
13:03Et donc,
13:03il y a plein de pierres
13:04qui sont tombées
13:05sur la route
13:06et qui empêchent
13:07les voitures
13:07de passer
13:08or,
13:09il y a énormément
13:09de voitures
13:10de secours
13:11de l'armée
13:12et des gens
13:13lambda
13:13qui sont venus
13:14prêter main forte
13:15qui veulent monter.
13:16Donc,
13:17ça crée un embouteillage
13:17assez important.
13:19Mais là,
13:20au niveau local,
13:21dans les villages
13:22qui sont concernés,
13:23il y a des gens
13:24même qui sortent
13:24des voitures
13:25et à main nue
13:25qui enlèvent
13:26les cailloux
13:26autant que possible
13:27pour frayer
13:28un chemin
13:28au véhicule.
13:29Mais donc,
13:30la montée est difficile
13:31et on voit
13:32que le séisme
13:33a vraiment impacté
13:34tous les villages
13:34sur la route.
13:36Une fois que vous arrivez
13:38à atteindre ce village,
13:39Talat-Niakoub,
13:40qu'est-ce que vous voyez
13:41sur place ?
13:41Alors,
13:42on voit déjà
13:43sur la place du Souk
13:45énormément
13:45de services
13:46de secours.
13:47C'est une sorte
13:48de hub
13:48pour accéder
13:50ensuite en hélicoptère
13:51à des villages
13:52qui sont inaccessibles
13:54par voie terrestre.
13:55Tout s'est effondré,
13:56il n'y a plus
13:56une maison qui tient.
13:58Quand on s'approche
13:58du bout de la place,
14:00on voit un trou
14:01alors qu'avant,
14:02c'était des maisons
14:02accrochées
14:03à flantes de collines.
14:04C'est un amas
14:05de gravats,
14:06il n'y a plus rien
14:06de bout.
14:07Sur place,
14:08vous suivez une équipe
14:09de secouristes
14:09à la recherche
14:10de survivants
14:11parmi les décombres.
14:12Comment ils travaillent ?
14:13Ils ont chacun
14:14une civière
14:15pour pouvoir
14:16emmener un blessé
14:18ou un corps
14:19sans visite,
14:20c'est le cas.
14:21Je vois un groupe
14:22de secouristes
14:22qui est près d'une maison
14:23de couleur rose
14:25où les fondations
14:26ont l'air d'avoir
14:27à peu près tenu
14:27mais tout le reste
14:28est écroulé.
14:29Ils arrivent
14:30à faire un trou
14:30d'à peu près
14:31un mètre sur un mètre
14:32pour passer en dessous
14:34parce qu'ils ont eu
14:35des informations
14:36par les villageois
14:37que le propriétaire
14:37de la maison
14:38est resté dessous.
14:39Quand on voit
14:39l'état du bâti,
14:41on voit qu'il y a
14:42peu d'espoir.
14:43On sent aussi
14:43une odeur de mort,
14:45de cadavres
14:46qui sort de ce trou
14:47dans lequel ils sont
14:47en train de creuser.
14:49Évidemment,
14:50ça ne présage pas
14:51d'une issue positive
14:52pour la suite.
14:53Effectivement,
14:53la personne est décédée.
14:54Vous l'avez dit,
14:55Christelle Brigodeau,
14:56d'autres villages
14:57situés plus haut
14:58dans le Haut Atlas
14:59sont inaccessibles
15:00en voiture.
15:01Les habitants
15:01sont donc prises au piège ?
15:03Oui,
15:04il y a des villages
15:04qui sont accessibles
15:06que par des pistes
15:08plutôt à dos de mules
15:10où il faut
15:10des petits 4x4 adaptés.
15:12Et là,
15:13il n'y en a pas.
15:14On voit des gens
15:15qui sont descendus
15:16d'ailleurs de leur village
15:17pour chercher de l'aide
15:20le long de la nationale,
15:21le long de la grande route.
15:22On croise un groupe d'hommes
15:23qui ont fait
15:2415 km à pied
15:25depuis leur hameau
15:27perché dans la montagne
15:28pour retrouver la grande route,
15:31la nationale
15:31et chercher de l'aide,
15:33trouver de l'eau.
15:34Parmi eux,
15:35il y a un homme
15:35qui s'appelle Hassan.
15:36Il nous explique
15:37que dans les 5 villages
15:38autour de chez lui,
15:39il y a environ 600 personnes
15:40qui ont beaucoup de blessés,
15:41qui ont besoin de médicaments,
15:42de médecins.
15:43Et donc,
15:44il est venu appeler au secours
15:46quelque part,
15:46chercher de l'aide
15:47parce qu'il sait
15:48qu'il va falloir du temps
15:49pour pouvoir ravitailler
15:50son village.
16:01Merci à Christelle Brigodeau,
16:02Laura Voschzik
16:03et Timothée Boutry.
16:04Je rappelle que
16:05tous vos reportages
16:06sont à retrouver
16:07sur leparisien.fr.
16:08Cet épisode de Code Source
16:10a été produit par
16:11Raphaël Pueyo,
16:12réalisation
16:13Julien Moukoukiol.
16:14Code Source,
16:15c'est le podcast quotidien
16:16d'actualité du Parisien.
16:17Un nouvel épisode
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