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Près de 140 personnes vivent toute l’année dans des abris de fortune au cœur de ce bois, situé dans l’est parisien. Certaines d’entre elles ont atterri ici car elles n’ont pas pu trouver de logement, même avec un travail, d’autres refusent les hébergements d’urgence proposés par les pouvoirs publics en dénonçant leur insalubrité.
Pour Code source, Florian Loisy, journaliste à la cellule enquête Île-de-France du Parisien, raconte la vie des sans-abris du bois de Vincennes.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
#boisdevincennes #sansabris #campeur
Pour Code source, Florian Loisy, journaliste à la cellule enquête Île-de-France du Parisien, raconte la vie des sans-abris du bois de Vincennes.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo et Ambre Rosala - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le jeudi 19 octobre, Le Parisien publiait une enquête en trois volets sur les sans-abris du bois de Vincennes.
00:18150 personnes environ qui vivent à l'année dans une zone délimitée de ce bois, propriété de la ville de
00:25Paris.
00:25Souvent, elles se sont installées ici parce qu'elles n'arrivent pas à trouver un logement pérenne, même lorsqu'elles
00:31travaillent ou bien lorsqu'elles perçoivent des minimas sociaux.
00:34L'auteur de cette enquête, Florian Loisy, journaliste à la cellule Enquête Île-de-France du Parisien, nous raconte aujourd
00:41'hui dans Code Source la vie des sans-abris du bois de Vincennes.
00:51Florian Loisy, au départ, comment est-ce que vous entendez parler de ce petit quartier peuplé de sans-abris dans
00:56le bois de Vincennes ?
00:57Alors en fait, il se trouve qu'on est plusieurs journalistes de la rédaction du Parisien à habiter dans les
01:03alentours.
01:04Et en passant à travers le bois de Vincennes pour rallier Paris, on peut apercevoir de temps en temps quelques
01:10tentes depuis la route.
01:12On se dit qu'il y a peut-être quelque chose à aller voir pour essayer de comprendre qui sont
01:17ces personnes, ce qu'ils font là.
01:19Et c'est là qu'on découvre effectivement qu'il n'y a pas qu'une seule tente ou deux
01:23tentes, mais qu'il y a véritablement tout un petit village au milieu du bois de Vincennes.
01:27Dans le cadre de votre enquête, vous vous y rendez à plusieurs reprises en septembre et en octobre et vous
01:32rencontrez une femme dont vous allez faire le portrait dans Le Parisien.
01:36Elle s'appelle Barbara et c'est à travers elle qu'on a décidé de raconter dans cet épisode de
01:41Code Source la vie de ces femmes et de ces hommes sans-abris qui vivent dans ce bois.
01:45Vous n'êtes pas le seul, Florian Loisy, à avoir rencontré Barbara. Notre confrère Yann Forex du Pôle Vidéo l
01:52'a également suivi pour leparisien.fr.
01:54Tous les jours, c'est un combat pour la survie. Et mon principal combat, c'est je vais manger quoi
02:01aujourd'hui ? Je vais manger quoi ? Où ?
02:07Pareil, question d'hygiène, enfin voilà, tout est compliqué en fait.
02:12Alors en quelques mots, qui est Barbara et est-ce que vous pouvez nous la décrire physiquement ?
02:15Alors Barbara est une femme qui vient d'avoir tout juste une quarantaine d'années, qui est assez grande, élancée,
02:24très bien habillée.
02:25Elle est martiniquaise, donc elle vient des Antilles. Elle est arrivée en métropole il y a à peu près un
02:29an et demi.
02:30Et ça fait trois ou quatre mois qu'elle dort dans le bois de Vincennes.
02:33Alors avant toute chose, Florian Loisy, dites-nous comment est-ce que vous rencontrez Barbara la première fois ?
02:38Je la vois en fait dans les petits sentiers en train de promener son chien et je me dis qu
02:42'elle doit bien connaître le lieu parce que je la prends à la base pour une habitante de Vincennes, donc
02:47un quartier huppé.
02:49Vu qu'elle se promène dans les sentiers, elle va peut-être pouvoir me renseigner, me dire où est-ce
02:52qu'il y en a le plus, où est-ce qu'il y en a le moins, si elle a
02:54déjà rencontré des personnes, si elle sait des choses.
02:57Et au départ elle se méfie, elle me dit non mais moi je ne connais personne ici.
03:01Et puis elle voit que je vais donc sur un campement, que je parle avec une première personne et puis
03:07que je me dirige vers une autre tente.
03:09Et là elle revient me voir, elle me fait non mais en fait moi aussi je vis ici.
03:14Quand vous la rencontrez à la mi-septembre, elle vit donc dans ce secteur du bois de Vincennes occupé par
03:19des sans-abris.
03:20Est-ce que vous pouvez nous décrire les lieux, à quoi ça ressemble ?
03:23On est dans une forêt qui est assez touffue mais où effectivement certains arbres sont assez espacés.
03:30Ce qui permet à certains d'y planter des tentes et d'être à la fois à l'abri des
03:35regards mais aussi dans un secteur entre guillemets assez calme.
03:41Il y a 4 ou 5 endroits qui regroupent quasiment la totalité des 140 tentes et habitants qui vivent dans
03:49le bois.
03:50Certains se contentent d'une simple tente igloo.
03:53On a des tentes un peu plus élaborées, on a parfois d'immenses tentes.
03:57On a notamment un chanteur qui s'était même fait son propre studio dans sa tente.
04:02On en a un autre qui effectivement a même bricolé de quoi se faire une cuisine.
04:09Un autre qui a récupéré une vieille télé et qui arrive à faire marcher la télé quand il arrive à
04:15trouver une dérivation d'électricité avec l'éclairage public.
04:19Ça commence du plus sommaire à des personnes qui récupèrent des grandes tentes où là ils peuvent vivre de manière
04:27un peu plus décente malgré tout.
04:30On sait depuis combien de temps ce campement existe ?
04:33Alors en fait il a toujours existé de sources mairies ou polices.
04:38Ils sont vraiment recensés depuis le début des années 2000 et c'est une population assez stable.
04:44C'est à dire qu'il y a chaque année entre 5 et 7 personnes qui parviennent à être relogées
04:49par les travailleurs sociaux.
04:51Mais il y a toujours entre 5 et 10 personnes qui reviennent.
04:55Il y a eu une petite hausse juste au sortir du Covid où il y avait à peu près 160
04:59personnes.
05:00Mais en moyenne on est toujours entre 130 et 140 personnes qui vivent dans le bois.
05:05Et ces personnes elles sont en quelque sorte autorisées à vivre ici ? Elles ne risquent pas d'être évacuées
05:09?
05:09Alors il y a des zones qui sont interdites où lorsque les travailleurs les voient s'installer,
05:15on leur dit non non, traverser la route, aller de l'autre côté.
05:17Parce que par exemple l'été les centres de loisirs de la ville de Paris s'installent dans ces endroits
05:22là.
05:22Mais ils ont effectivement tout un tas de zones où ils sont entre guillemets tolérés.
05:26C'est à dire que la ville de Paris accepte qu'ils puissent s'installer avec une tente pour dormir
05:30et une tente pour leur matériel.
05:32Pas plus.
05:33Il y a également l'interdiction de couper du bois.
05:37En revanche pour se faire des feux notamment l'hiver, certains ramassent le bois et se font des feux comme
05:42ça.
05:42Quel est le profil des personnes qui vivent dans ces bois ?
05:45On a vraiment de tout et c'est ça qui heurte lorsqu'on les rencontre.
05:48C'est qu'on a des personnes qui ont fait beaucoup d'études, certaines personnes qui sont âgées, certaines personnes
05:53qui sont jeunes,
05:54certaines personnes qui ont eu un très bon travail avant.
05:56C'est souvent en fait un accident de la vie.
05:59Ça peut être une rupture avec sa famille, ça peut être une rupture avec sa conjointe ou son conjoint.
06:05De nombreuses personnes finalement accidentées de la vie se retrouvent là de manière entre guillemets temporaire selon eux.
06:11Sauf que pour certains ça dure depuis plus de dix ans.
06:14Certaines personnes que vous rencontrez sont même insérées, elles ont un travail à temps plein.
06:18Effectivement et d'ailleurs c'est ce que nous dit Emmaüs, l'association qui s'occupe de toutes ces personnes
06:23qui habitent dans le bois de Vincennes.
06:24Le travail aujourd'hui ne protège plus de la pauvreté.
06:27On a une personne notamment qui est depuis plus de trente ans employée de la mairie de Paris, au service
06:33nettoyage notamment,
06:35et qui vit depuis un an à peu près dans le bois de Vincennes.
06:38On a une autre personne qui travaille dans le BTP et qui vit dans le bois de Vincennes.
06:43On en revient à Barbara, cette martiniquaise qu'on évoquait au début de cet épisode.
06:48Qu'est-ce qu'on sait de son parcours à elle ?
06:49Elle a un bac plus cinq, elle a été cadre dans la fonction publique, elle a quitté ce travail-là
06:56pour se lancer dans l'événementiel,
06:58elle a géré une petite entreprise aussi et elle a été mannequin.
07:02Et Barbara a dû quitter la Martinique.
07:06Après de graves problèmes avec sa famille, elle a choisi de partir, de venir en métropole à Paris,
07:11où elle souhaitait continuer ce qu'elle faisait, donc travailler et faire en même temps un peu de mannequinat.
07:18Et c'est pourquoi elle arrive en fin d'année 2022.
07:21Mais à son arrivée, ça ne se passe pas du tout comme prévu ?
07:23Non. En fait, le logement qu'elle avait prévu d'intégrer se retrouve finalement occupé.
07:30Le propriétaire ne lui donne donc pas les clés.
07:32Elle se retrouve à devoir squatter chez une connaissance, même pas une amie, une simple connaissance.
07:38La cohabitation se passe convenablement, mais elle ne peut pas durer éternellement.
07:44Et donc, elle se dit qu'elle va prendre ses affaires et demander un logement social,
07:50ou en tout cas des nuitées d'hôtel. C'est comme ça qu'elle commence effectivement son parcours du combattant
07:54pour trouver un endroit pour dormir la nuit.
07:57C'est grâce au SAMU social que Barbara trouve un endroit où dormir le soir.
08:01Le SAMU social lui trouve une chambre d'hôtel.
08:03À ce moment-là, elle trouve du travail comme vendeuse dans une grande boutique de vêtements d'abord,
08:08puis dans la restauration rapide ensuite.
08:10Mais ses horaires de travail l'empêchent parfois de trouver un hébergement pour la nuit.
08:15Elle est obligée d'appeler le 115 pour essayer d'avoir une nuitée d'hôtel.
08:20Il faut qu'elle soit à 17h à Porte de la Villette pour que le bus de l'association l
08:25'emmène à l'hôtel.
08:26Et le problème, c'est qu'avec ses horaires, ça concorde assez rarement.
08:29Et elle se retrouve à dormir dans des parkings parce qu'elle arrive trop tard pour récupérer sa nuitée d
08:34'hôtel.
08:35Et là, c'est un vrai parcours du combattant pour elle, pour avoir de quoi dormir décemment chaque nuit.
08:40Elle arrive fatiguée au travail, elle amène à chaque fois toutes ses affaires
08:43parce qu'elle ne peut pas les laisser dans ses chambres d'hôtel.
08:45Il lui faut à ce moment-là avoir un logement pérenne pour pouvoir reprendre une activité professionnelle
08:52sans avoir cette fatigue et sans avoir toujours tous ses sacs de vêtements avec elle.
09:01Alors comment est-ce qu'elle finit par se retrouver au Bois de Vincennes ?
09:03Elle discute avec une autre personne dans un centre du SAMU.
09:07Et cette personne, qui est elle aussi SDF, lui dit
09:11« Moi, j'ai un logement et je peux te laisser une chambre et tu peux venir dormir chez moi.
09:16»
09:17Donc Barbara lui dit merci et suit cet homme.
09:20Il se trouve que cet homme a effectivement une grande tente,
09:23mais ça n'est qu'une tente et c'est au Bois de Vincennes.
09:26Cette proposition était plutôt une proposition malhonnête d'ailleurs.
09:30Barbara s'est donc retrouvée en pleine nuit à ne pas pouvoir dormir à cet endroit.
09:35Une autre personne qui vit dans le bois se montre un peu plus généreuse et désintéressée
09:40et lui fournit un matelas.
09:43Barbara va s'acheter une tente et s'installe à proximité d'autres campements,
09:48mais tout en ayant effectivement son intimité.
09:51Et ce sont ses premières nuits dans le Bois de Vincennes.
09:54Des travailleurs sociaux remarquent très rapidement qu'elle s'est installée dans le bois
09:57et ils sont très inquiets pour elle.
09:59Chaque jour, les travailleurs sociaux font le tour du Bois de Vincennes
10:02pour voir si effectivement tout le monde va bien
10:03parce que certaines personnes ont des problèmes de santé.
10:06Et il remarque immédiatement Barbara.
10:09Il voit donc cette femme, belle, élancée, classe.
10:12Et ils se disent que c'est une proie pour les autres hommes célibataires et SDF,
10:18que c'est une proie également pour les rôdeurs.
10:20Et ils veulent absolument rapidement pouvoir lui trouver un endroit pour dormir.
10:25Mais les solutions que les travailleurs sociaux proposent à Barbara ne sont pas nombreuses
10:29et quand il y en a, elles ne lui conviennent pas.
10:31Pour quelles raisons ?
10:32Barbara, elle a un chien qu'elle refuse de laisser.
10:35Et il y a très peu de logements pour les SDF qui sont accompagnés d'animaux.
10:39Il ne lui reste donc que des solutions d'hébergement dans des foyers
10:43où ils sont plusieurs dans les mêmes chambres,
10:46plusieurs à partager les toilettes,
10:48plusieurs à partager tout ce qui est sanitaire.
10:50Barbara s'est rendue dans un endroit où la propreté et l'hygiène laissaient complètement à désirer.
10:57Comme elle disait elle-même,
10:59je préfère encore faire mes besoins dans le bois de Vincennes
11:02que dans des toilettes où je ne peux même pas entrer
11:05tellement les excréments recouvrent toutes les parois.
11:07Et elle n'est pas la seule parmi cette population du bois de Vincennes
11:11à dénoncer les conditions de l'hébergement d'urgence.
11:13On a affaire à des personnes qui sont quand même organisées,
11:16qui se sentent autonomes,
11:18qui effectivement déplorent le froid, déplorent l'humidité,
11:22la difficulté d'accès à l'électricité,
11:25mais qui malgré tout ont leur propre petit canquement
11:28et ils ne peuvent pas supporter d'être dans un hébergement
11:32avec d'autres personnes qui n'auraient aucune condition d'hygiène.
11:36Et pour eux, ne pas tout accepter est aussi la dernière chose
11:39qui les raccroche à la vie.
11:41C'est-à-dire qu'ils préfèrent rester au bois
11:43que d'aller dans des conditions qui leur sont insupportables
11:46ou moins bonnes que ce qu'ils ont au bois.
11:49Barbara décide donc de rester dans le bois de Vincennes.
11:51Alors concrètement, comment est-ce qu'elle vit
11:53et à quoi ressemble son petit campement ?
11:55Elle a plus ou moins barricadé tout son emplacement
11:57pour éviter justement que les rôdeurs ne rentrent trop facilement
12:01et en tout cas pour montrer vraiment que ce coin-là est à elle.
12:05Elle a juste installé une petite anti-glou, une place.
12:09Elle a tendu entre deux arbres un fil où elle fait sécher ses vêtements.
12:13Elle a un petit endroit effectivement pour un foyer pour faire son feu
12:17et elle a une bâche pour entreposer le bois et le laisser au sec.
12:22À quoi ressemblent ces journées ?
12:24Alors tout prend du temps, c'est ce qu'elle nous dit.
12:26Quand elle se réveille le matin, elle va chercher du bois
12:29pour pouvoir se faire un feu le soir.
12:32Ensuite, elle se rend à la fontaine pour aller chercher de l'eau,
12:36ce qui lui permet de faire sa toilette.
12:38Elle doit ensuite se rendre dans une association
12:41pour récupérer de quoi avoir un repas par jour.
12:45Le reste du temps, c'est effectivement des trajets interminables
12:49pour aller justement dans cette association à Paris.
12:52C'est une attente pour aller chercher son repas ensuite.
12:55Tout prend du temps comme elle le dit.
12:56Pourquoi toutes ces personnes choisissent le bois de Vincennes
12:59plutôt que le centre-ville ?
13:00Dans un centre-ville, ils ne peuvent pas entreposer leurs affaires dans une tente.
13:04Ils ne peuvent pas s'installer.
13:06Ils ne sont que de passage sur un bord de trottoir.
13:09Ils dérangent, ils gênent la circulation.
13:11Là, dans le bois, ils peuvent vraiment avoir leur petit coin à eux.
13:15Mais à la fois, il faut déjà marcher au moins un ou deux kilomètres
13:19pour arriver au métro le plus proche ou au bus le plus proche.
13:22Et puis, une fois que ceci est fait, il faut aller un coup à Paris,
13:26un coup dans une ville de banlieue à nos gens.
13:29Pour eux, en fait, c'est vraiment énormément de temps
13:32passé dans les transports chaque jour.
13:33Quand Barbara s'absente en pleine journée, elle ne sait pas comment elle va retrouver sa tente
13:37et si elle va retrouver toutes ses affaires.
13:39C'est un peu le problème de tous ses habitants.
13:41C'est qu'à la fois, ils ont cet endroit à eux,
13:44mais ils savent aussi qu'il peut être visité à tout moment par d'autres SDF,
13:48mais surtout des promeneurs du bois de Vincennes
13:51qui en profitent pour voler des vêtements, pour voler des affaires.
13:54Et chaque fois que ses habitants, et notamment Barbara, sortent pour toutes ses démarches,
14:00il y a toujours la crainte d'avoir effectivement soit le campement entier de voler,
14:05soit parfois la tente, soit des affaires volées.
14:08Il y a les vols et il y a aussi la peur de se faire agresser la nuit.
14:12La police a recensé en 2023 six agressions sur des SDF.
14:17Rares sont les SDF qui déposent plainte.
14:19C'est un chiffre qui est minuscule par rapport à la dangerosité des lieux
14:24puisque dès que la nuit tombe, on entend des hurlements, des cris, des coups sur les casseroles.
14:29C'est le moment où finalement les craintes sont les plus grandes pour la plupart des habitants.
14:35Certains d'entre eux s'équipent d'une arme, d'un bâton, d'une hache, d'une bombe lacrymogène
14:40parce qu'ils savent qu'à tout moment, il peut y avoir quelqu'un qui survient en pleine nuit pour
14:47les attaquer.
14:47Est-ce qu'il y a quand même un moyen d'assurer un peu de sécurité dans cet endroit ?
14:51Il y a des passages quotidiens de la part de la police, également de la garde républicaine,
14:57aussi d'une unité dédiée aux sans-abri qui vient même parfois deux fois par jour pour voir tout le
15:03monde.
15:03Il y a Emmaüs, donc effectivement il y a des passages réguliers de travailleurs sociaux
15:08mais ça ne suffit pas effectivement à mettre en sécurité toutes ces personnes.
15:15Votre série d'articles sur les sans-abri du Bois de Vincennes est publiée dans Le Parisien le jeudi 19
15:20octobre.
15:20Est-ce qu'il y a des réactions après sa parution ?
15:23Oui, nous avons fait le portrait de plusieurs personnes, un chanteur de reggae, Barbara qui est une ex-mannequin
15:29et de nombreux lecteurs nous ont contactés pour essayer d'entrer en contact avec ces personnes
15:35afin de leur proposer une solution d'hébergement, un travail, un moyen effectivement de rebondir.
15:42Nous les avons mis en relation effectivement avec ces SDF du Bois de Vincennes
15:47et aujourd'hui tout un tas de projets sont en cours, même si bien sûr tout va prendre un petit
15:52peu de temps.
15:53Alors il y a quelques jours on a pris des nouvelles de Barbara,
15:56Barbara qui a préféré rentrer à la Martinique pour le moment
15:58mais elle a toujours pour objectif de revenir vivre en région parisienne dans de meilleures conditions.
16:04Elle lance par ailleurs un appel à la solidarité donc si vous voulez l'aider
16:07vous trouverez le lien vers une cagnotte en ligne qu'elle a ouverte dans la fiche de cet épisode
16:12et je vous propose maintenant d'écouter le message qu'elle nous a laissé.
16:15Je n'étais pas et ne suis toujours pas équipée pour le foie, ni Sarah, ma petite chienne, ni moi.
16:20Il était difficile de rester plus longtemps, c'est pour ça qu'il devenait urgent que je puisse bouger du
16:26Bois de Vincennes.
16:28C'est pour ça que j'ai fait appel à la solidarité de quelques amis à la Martinique.
16:34Donc il y en a un qui m'a avancé le billet d'avion.
16:39J'ai reçu de nombreux messages, des personnes qui sont prêtes à m'aider.
16:45Des contacts intéressants qui pourraient déboucher sur vraiment de belles expériences professionnelles
16:51mais pour ça il faut que je sois à Paris.
16:53Il y a les offres d'hébergement qui me sont faites
16:56mais si j'ai hébergement, il faut que j'ai le billet d'avion dans le sens Fort de France
17:03-Paris.
17:04Je suis pour l'instant à Martinique dans une solution temporaire, transitoire
17:13mais c'est vrai que là idéalement j'aurais besoin d'atteindre le plus tôt possible mon indépendance financière
17:21pour sortir définitivement de la précarité parce que c'est bien ça l'idée, reprendre les rênes de ma vie.
17:28Voilà c'est tout ce que je demande.
17:31Florian Loisy, il y a aussi des habitants de ce bois qui trouvent des solutions d'hébergement pérennes chaque année.
17:36C'est le cas de Joseph que vous avez rencontré, il vit aujourd'hui dans un appartement social.
17:41Oui, après près de trois ans passés dans le bois de Vincennes,
17:44Emmaüs a pu lui trouver un appartement
17:47et il est actuellement en train de suivre une formation
17:51pour se remettre à jour de son permis de grutier
17:55pour conduire à nouveau une grue, retravailler dans le BTP
17:58et comme il le dit, il revit de pouvoir ne serait-ce que prendre une simple douche
18:04sans avoir à faire la queue quelque part.
18:06Il est heureux de ne plus avoir peur à chaque instant d'être agressé.
18:11Juste d'avoir un logement en dur le fait revivre.
18:32Merci à Florian Loisy.
18:34Cet épisode a été produit par Barbara Gouy et Raphaël Pueyot
18:37Réalisation Julien Moukoukiol
18:40Si vous aimez Code Source, n'oubliez pas de nous laisser un commentaire
18:43ou des petites étoiles sur votre application audio préférée.
18:46Vous pouvez aussi nous envoyer un petit mot à cette adresse
18:49codesource.leparisien.fr
18:51Ne manquez pas non plus Crime Story, notre podcast de faits divers
18:55disponible également sur toutes les plateformes
18:57avec une nouvelle affaire chaque samedi.
18:59C'est bon.
19:00C'est bon.
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