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Gaza, territoire clé dans la guerre entre Israël et le Hamas, subit depuis près de trois semaines les bombardements quotidiens de l’armée israélienne, qui, en parallèle, a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre. Sur place, les civils sont pris au piège.

Pour Code source, Henri Vernet, journaliste au service politique du Parisien, et Laura-Maï Gaveriaux, journaliste, envoyée spéciale dans la région, racontent les premières semaines du conflit entre Israël et le Hamas.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : TF1, France2, France Info, BFM TV, France Culture, France Inter

#hamas #israel #gaza

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Depuis le vendredi 27 octobre, la guerre entre Israël et l'organisation islamiste Hamas se durcit dans la bande de
00:18Gaza.
00:19L'armée israélienne intensifie ses bombardements dans l'enclave palestinienne assiégée.
00:24De nombreux chars et des soldats ont pénétré le territoire et progressent au sol.
00:28Des dizaines de membres du Hamas sont morts dans les combats, toujours selon l'armée de l'état hébreu, le
00:33lundi 30 octobre.
00:35Cette nouvelle étape dans les opérations de Tsaal pour éliminer les dirigeants du Hamas
00:39était redoutée depuis les massacres du 7 octobre par une grande partie des dirigeants occidentaux et les ONG,
00:46car ces actions se font au détriment de la vie de nombreux civils.
00:50Le Hamas parle de 8000 morts à Gaza, un chiffre toujours difficile à vérifier.
00:54L'Organisation des Nations Unies redoute, quant à elle, un effondrement de la situation humanitaire sur place.
01:01Alors pourquoi cette guerre s'est-elle accélérée ces derniers jours ?
01:04Quel a été le rôle de la France dans cette séquence ?
01:07Code Source fait le point avec Henri Vernet, journaliste au service politique du Parisien,
01:12et Laura May-Gaveriot, journaliste envoyée spéciale du Parisien dans la région.
01:17Elle est en ligne avec nous depuis Tel Aviv.
01:19Tendez bien l'oreille, la liaison est parfois un peu difficile.
01:33Laura May-Gaveriot, vous êtes grand reporter, spécialiste du Moyen-Orient,
01:37vous avez travaillé pendant plusieurs années au quotidien Les Echos.
01:41Ces derniers jours, à quoi ressemblent les villes d'Israël, au sud du pays que vous traversez,
01:45et le quotidien des habitants que vous rencontrez ?
01:47Il faut imaginer des villes un peu fantômes, où ils restent dans certains endroits,
01:53des communautés qui sont dans des conditions économiques plus compliquées que les Israéliens des grandes villes,
01:59et notamment de Tel Aviv et Jérusalem.
02:02Également des communautés religieuses, qui confient généralement leur destin à Dieu.
02:08Et sinon, il y a aussi des communautés qui ont tellement vécu les attaques à la roquette du Hamas,
02:15ou de la branche rivale du djihad islamique,
02:18que quelque part, pour eux, c'est une guerre de plus.
02:21Alors évidemment, dans l'horreur, c'est une guerre hors normes.
02:24Mais voilà, il y a de toute façon une sorte de fatalisme chez ces gens,
02:29qui consiste à vivre dans une violence endémique.
02:36On a choisi de commencer cet épisode à la date du samedi 7 octobre.
02:40Ce jour-là, le Hamas lance une attaque de grande ampleur contre Israël,
02:45dans les airs d'abord, avec plus de 5000 tirs de roquettes.
02:48Et sur Terre, des commandos armés du Hamas,
02:50l'organisation islamiste qui dirige la bande de Gaza depuis 2007,
02:55s'infiltrent sur le territoire israélien pour commettre des massacres,
02:59dans des kiboutts et dans une rêve-partie.
03:01Ils capturent, selon le pouvoir israélien, plus de 200 civils et soldats,
03:05pour en faire des otages dans la bande de Gaza.
03:08Il s'agit des attaques les plus meurtrières de l'histoire d'Israël,
03:11avec plus de 1400 morts.
03:13Le pays est dans un état de sidération.
03:16Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien,
03:18déclare ce jour-là l'état de guerre.
03:20Nous sommes en guerre.
03:21Ce n'est pas une bataille ni une opération, mais une guerre.
03:24Ce matin, le Hamas a lancé une attaque surprise et meurtrière
03:27contre l'état d'Israël et ses citoyens.
03:29J'ai convoqué les chefs de la sécurité.
03:32J'ai d'abord donné pour instruction de débarrasser les villages des terroristes
03:35qui se sont infiltrés.
03:37L'armée israélienne réagit comme elle le fait toujours,
03:40mais dans des proportions, cette fois bien plus importantes, évidemment.
03:44Ce sont des raids de la chasse israélienne
03:47qui prennent pour cible des habitations connues
03:51pour être des centres de commandement ou des caches du Hamas.
03:54Et puis, assez rapidement, dans les deux jours qui suivent,
03:58la décision de l'état-major, sous l'impulsion politique du bureau du premier ministre,
04:04de placer Gaza sous blocus total,
04:07c'est-à-dire interruption de l'approvisionnement en eau, en électricité et en carburant.
04:13Henri Vernet, au lendemain des attaques du Hamas en Israël, le 7 octobre,
04:17que redoute la communauté internationale ?
04:19La crainte, elle est celle, évidemment, d'une riposte d'Israël,
04:24son droit à la défense, que tout le monde, disons, dans le monde occidental, reconnaît.
04:29Mais elle est également d'un embrasement régional,
04:32parce que là, on est dans une telle ampleur,
04:35dans un tel déchaînement de violence,
04:37que la crainte, c'est aussi celle que ça gagne des États de la région.
04:43Et cette crainte, elle est d'autant plus justifiée, en tout cas étayée,
04:46par le fait que le Hamas, quand il déclenche son attaque terroriste,
04:50il le fait sciemment, en sachant qu'Israël va riposter de manière assez massive.
04:54Très vite, on parle, côté israélien, d'une offensive terrestre,
04:58ce que Gaza n'a pas connu depuis longtemps, depuis 2014.
05:01Or, le Hamas table, justement, sur des images,
05:06auprès des opinions arabes,
05:08d'une offensive terrestre importante d'Israël,
05:11pour mobiliser, pour chauffer à blanc, en quelque sorte, ses opinions,
05:15et pour gagner à sa cause ce qu'on appelle la rue arabe,
05:18qui serait très en colère face aux images
05:21qui, forcément, ne manqueront pas d'arriver en cas d'offensive israélienne.
05:29Laura Magaverio, pourquoi c'est difficile de frapper le Hamas
05:32dans l'enclave, tout en préservant les civils ?
05:34Frapper les structures du Hamas, en particulier dans la bande de Gaza,
05:37c'est très compliqué, parce que l'organisation terroriste
05:40est vraiment spécialiste pour se dissimuler
05:44au sein de la population civile.
05:46Ils ont installé la plupart de leurs centres de commandement
05:49sous des infrastructures sensibles,
05:52par exemple les hôpitaux, les écoles, les mosquées.
05:55Évidemment, Israël prétend faire du tir ciblé,
06:01mais vous savez bien, et vous le voyez dans les images
06:03qui nous viennent de la bande de Gaza,
06:05que de toute façon, des milliers de civils
06:07sont toujours pris au piège des décombres
06:10et de ces bombardements plus ou moins précis.
06:14Et la population israélienne, est-ce qu'elle se montre
06:16plutôt favorable à ce que l'armée entre dans Gaza
06:19par le sol pour éliminer le Hamas ?
06:21La population israélienne est quand même plutôt comme un seul homme,
06:25j'ai envie de dire, derrière cette opération militaire,
06:29vraiment considéré comme nécessaire par la majorité
06:33pour décapiter, comme ils disent, la tête militaire du Hamas.
06:37Une exception cependant, celle des familles des otages
06:41qui, bien évidemment, ont très peur que leurs proches
06:45se retrouvent soit pris au piège,
06:47soit massacrés par les terroristes du Hamas
06:51en représailles à cette invasion terrestre.
06:54À ce moment-là, on sait qu'Israël prépare
06:57une riposte militaire d'envergure.
06:59Il se dit que l'armée envisage d'entrer dans la bande de Gaza
07:02pour mener des actions au sol.
07:04Le vendredi 13 octobre, elle appelle les civils de Gaza
07:07à déserter le nord du territoire
07:09où se trouve le fief du Hamas
07:10pour se déplacer vers le sud du pays.
07:13Quoi qu'il en soit, Laura Maïga-Vurio,
07:15les Gazaouis ne peuvent pas fuir le territoire à ce moment-là.
07:18Non, bien sûr, parce que de toute façon,
07:20l'Égypte était déjà en train de fermer son poste frontière à Rafa.
07:25Donc ça, c'est tout au sud de la bande de Gaza.
07:28Et puis, l'armée israélienne a été obligée de pilonner
07:32le poste frontière en question,
07:34visiblement parce que des tirs du Hamas
07:36avaient été envoyés depuis cette localisation précise.
07:42Donc, de toute façon, le point de passage était impraticable
07:47pendant de nombreux jours.
07:48Ce qui explique d'ailleurs en partie
07:50que les camions d'aide humanitaire
07:52aient mis tant de temps à parvenir aux populations de Gaza,
07:56même après que les décisions politiques
07:59aient acté la nécessité d'une réponse humanitaire.
08:02Que peuvent faire les civils dans ce cas-là ?
08:04Tout ce qu'ils peuvent faire, finalement,
08:05c'est aller de site en site
08:08fuir les bombardements d'immeuble en immeuble,
08:12de quartier en quartier.
08:14Et d'ailleurs, je vous dis qu'ils fuient,
08:16mais ça, c'est quand le Hamas les y autorise.
08:20Parce que l'organisation terroriste
08:22n'a pas hésité à de nombreuses reprises
08:24à viser les convois de voitures de civils
08:27qui cherchaient précisément à rejoindre le sud.
08:30C'est donc pour commencer ces images
08:32qui nous arrivent ce soir de Gaza,
08:34hôpital Alali, hôpital ciblé.
08:36D'après le Hamas, par un missile israélien,
08:38je vous le disais, Israël dément,
08:41mais les images sont particulièrement impressionnantes.
08:43Dans la nuit du mardi 17 au mercredi 18 octobre,
08:46des missiles s'abattent sur un hôpital à Gaza.
08:48Le bilan humain est très lourd
08:50et la responsabilité de cette explosion fait débat.
08:53Le Hamas a immédiatement communiqué
08:55sur un raid de l'aviation israélienne.
08:59Certaines franges des médias français
09:01ont repris l'information très rapidement.
09:03Sur place, nous étions quand même quelques journalistes
09:06à se poser des questions,
09:08à tenter de recouper l'information,
09:11mais pendant 24 heures,
09:13les versions se sont affrontées
09:15puisque Tsaal a très rapidement affirmé
09:18n'avoir mené aucune opération de bombardement
09:21à ce moment-là et dans cette partie-là
09:25de la bande de Gaza.
09:26Il aura fallu quelques jours
09:28pour que l'aversion de Tsaal
09:30soit retenue comme étant la plus probable.
09:34Alors le plus vraisemblable,
09:35c'est qu'un tir raté d'une requête
09:38par le djihad islamique
09:40a terminé sur le parking de cet hôpital.
09:43Je vous dis visiblement parce que malgré tout,
09:46tant qu'on ne peut pas envoyer
09:47d'enquêteurs internationaux sur place,
09:49on est condamné à raisonner
09:52par probabilités plus ou moins grandes.
09:56Le lundi 23 octobre,
09:58l'armée israélienne convie
09:59des dizaines de journalistes
10:01dans un auditorium.
10:02Elle a choisi de montrer à la presse étrangère
10:04une vidéo qui compile les images
10:06filmées par les assaillants du Hamas
10:08le 7 octobre.
10:09Laura Maïgaverio, vous aussi,
10:11vous avez pu visionner cette vidéo
10:12qui dure 43 minutes.
10:14Qu'est-ce qu'on y voit exactement ?
10:15C'est véritablement insoutenable.
10:17C'est-à-dire qu'ils ont collecté
10:18toutes les images qu'ils ont pu trouver
10:22de cette journée horrible du 7 octobre.
10:25Des gopros qui appartenaient aux terroristes,
10:28des caméras de vidéosurveillance,
10:30des images filmées par les victimes elles-mêmes
10:33au seuil de la mort.
10:34L'intention de Tzal, c'était de montrer
10:37la vérité crue avec, bien évidemment,
10:41une visée de communication de guerre.
10:43Et ça, les fonctionnaires de la sécurité israélienne
10:46avec qui ils discutent l'ont assumée
10:48sans embâche, bien sûr.
10:49Il s'agit de ne pas laisser la version pro-palestinienne
10:54l'emporter avec deux effets un petit peu contradictoires.
10:59Ceux qui, d'un côté, ont critiqué Israël
11:01pour verser dans la propagande avec le sang des morts
11:04et ceux qui estiment qu'il s'agit là
11:06d'un travail anticipé de mémoire.
11:10Je peux vous dire néanmoins que
11:11tous les journalistes que nous sommes
11:13se sont interrogés sur cette journée.
11:15Elle ne va pas de soi.
11:16Ce n'est pas un événement sur lequel on peut passer
11:20sans se poser un certain nombre de questions
11:22d'éthique et de déontologie
11:24et peut-être même de justice.
11:27Au moment où vous voyez ces images,
11:29on est plus de deux semaines après les attaques du Hamas
11:31et l'invasion au sol de Gaza,
11:33promise par l'armée israélienne,
11:35n'a pas encore eu lieu.
11:36Pourquoi ce délai ?
11:37Les thèses sont nombreuses.
11:39Certains considèrent que c'est politique,
11:42que les États-Unis ont probablement retardé
11:45la décision de Netanyahou
11:46en pesant de son poids diplomatique.
11:49Certains disent aussi que
11:51c'est pour laisser la chance aux négociations
11:54pour la libération des otages.
11:56D'autres experts, proprement militaires,
11:59estiment que c'est le délai nécessaire
12:00de la préparation opérationnelle,
12:02surtout pour une armée
12:03qui vient de réintégrer
12:05un peu plus de 330 000 réservistes d'un coup.
12:09Il y a aussi l'effet de surprise,
12:10c'est-à-dire amener sur le terrain
12:13une tactique militaire
12:15qui n'est peut-être pas celle
12:16à laquelle le Hamas s'attendait forcément.
12:18C'est ce qu'on appelle la surprise tactique.
12:20Vous vous entretenez alors
12:21avec des soldats israéliens
12:23qui ont combattu en 2014
12:24dans la bande de Gaza.
12:25C'est la dernière fois que l'armée
12:27a mis les pieds dans l'enclave.
12:29Quelles sont les difficultés sur place, selon eux ?
12:32Les vétérans de la guerre de 2014
12:34ont tous souligné que deux dangers
12:37guettent les soldats de Sahel au sol
12:39dans la bande de Gaza.
12:40D'abord les tunnels.
12:42L'organisation terroriste a creusé
12:44un véritable gruyère
12:46dans les entrailles de Gaza.
12:48On l'appelle le métro de Gaza.
12:49Des kilomètres et des kilomètres souterrains
12:52dans lesquels ils entreposent
12:53leurs caches d'armes,
12:55dans lesquels ils ont installé
12:56des centres de commandement.
12:58Et bien évidemment, probablement,
13:01la majorité des otages qu'ils détiennent.
13:04L'autre grand danger pour Sahel,
13:06ça va être l'imbrication
13:07des structures terroristes
13:10dans la société civile.
13:12On en parlait au sujet des bombardements.
13:14Et bien ça va être le cas aussi
13:15pour les fantassins de Sahel
13:18qui, bien évidemment,
13:19ne peuvent pas tirer de manière
13:22indistincte sur tout ce qui bouge.
13:23Et on sait que toute victime civile
13:27qui sera identifiée
13:29sera mise à charge
13:32pour accuser Israël de crime de guerre.
13:35On le sait.
13:36Avant les rendez-vous politiques,
13:37le temps de l'émotion et du réconfort.
13:39Dès sa descente de l'avion,
13:41Emmanuel Macron vient à la rencontre
13:42des familles des franco-israéliens
13:44kidnappés ou assassinés par le Hamas.
13:46Le mardi 24 octobre,
13:48Emmanuel Macron se rend en Israël.
13:49Il arrive après le président américain Joe Biden,
13:52après le chancelier allemand Olaf Scholz
13:54ou encore la première ministre italienne
13:56Giorgia Meloni.
13:57Henri Vernet,
13:58quel est l'objectif de cette visite ?
14:00Il est double.
14:01Premièrement,
14:02c'est d'affirmer une solidarité
14:03sans faille envers Israël.
14:05C'est de bien positionner
14:07quelle est la proximité
14:09entre la France et Israël.
14:11Deuxièmement,
14:12la France a elle aussi payé
14:13un très lourd tribut
14:14dans les attaques du 7 octobre.
14:1635 Français ou franco-israéliens
14:18ont péri dans l'assaut
14:20des terroristes du Hamas.
14:21Et il y a des otages.
14:23On compte neuf disparus
14:25qui sont présumés
14:26otages à Gaza.
14:28C'est avéré pour l'une d'entre elles,
14:30une jeune femme.
14:31Donc la France,
14:32en quelque sorte,
14:33elle est partie prenante
14:34des suites de ces attaques.
14:35Emmanuel Macron s'entretient
14:36avec le Premier ministre israélien,
14:38Benjamin Netanyahou,
14:39mais aussi quelques opposants.
14:41Quel message
14:42il délivre
14:42aux côtés du chef du gouvernement ?
14:44Un message de solidarité
14:46et d'émotion.
14:46Elle est palpable d'ailleurs
14:47quand il y a
14:48le point de presse conjoint
14:50entre Macron
14:51et Benjamin Netanyahou.
14:53On voit que le président français,
14:54il est ému,
14:56il a la voix grave.
14:57Par moments,
14:57on a même l'impression
14:58qu'il retient presque
14:59des sanglots dans sa voix.
15:01Je suis venu en effet ici
15:03exprimer au peuple israélien
15:05toutes les condoléances
15:06de la France.
15:07Ces condoléances
15:08sont celles d'un pays ami.
15:10Il y a donc cette façon
15:11de se tenir debout
15:13face à un même ennemi
15:15qui est le terrorisme islamiste.
15:17Et donc ça,
15:18c'est affirmé de manière
15:19très forte
15:20auprès de Netanyahou,
15:22également auprès
15:23d'autres dirigeants israéliens.
15:24Je suis aussi
15:25venu vous dire
15:26la solidarité de la France
15:28dans la lutte
15:28contre notre ennemi commun,
15:29le terrorisme.
15:31Rappelez devant tous
15:32le droit légitime d'Israël
15:34de se défendre
15:35face à ceux
15:37qui œuvrent
15:37à sa destruction.
15:38Cette solidarité
15:40est présentée
15:41à l'État d'Israël
15:42et non pas
15:43au personnage
15:44Benyamin Netanyahou
15:45lui-même
15:46dont on sait
15:47les réserves
15:47que la France
15:48peut parfois avoir
15:49envers un dirigeant
15:51qui est quand même
15:51assez sulfureux
15:52dans son pays.
15:54Et concernant
15:55la situation à Gaza,
15:57est-ce qu'il cherche
15:57à tenter de dissuader
15:59le gouvernement israélien
16:01de mener
16:01une offensive terrestre ?
16:02Alors clairement pas
16:03dans un premier temps.
16:05En tout cas,
16:05il n'y a pas
16:06de prise de parole
16:07publique
16:07visant
16:08à dissuader
16:09Israël
16:10d'une offensive terrestre.
16:11Au contraire,
16:12il est bien répété
16:13qu'il y a
16:14un droit légitime
16:15d'Israël
16:16à se défendre
16:17et la France
16:18ne remet pas du tout
16:18en cause cela.
16:19En revanche,
16:20il faut bien remarquer,
16:21c'est vrai que
16:21dès ce moment-là,
16:23il est question
16:23de l'après.
16:24C'est-à-dire que
16:25Emmanuel Macron
16:26est sans doute
16:26le premier dirigeant
16:28occidental
16:28à envisager
16:30ce qui devra suivre
16:31l'heure du deuil,
16:33l'heure de la riposte,
16:34c'est-à-dire
16:35la remise,
16:36la relance
16:36d'un processus de paix,
16:37donc d'une solution politique
16:38pour les Palestiniens.
16:40Ça, il en parle
16:41clairement
16:41aux côtés
16:42de Netanyahou.
16:43Henri Vernet,
16:44la visite du chef
16:45de l'État
16:45au Moyen-Orient
16:46ne s'arrête pas là.
16:47Elle se poursuit
16:48le lendemain,
16:48le mercredi 25 octobre,
16:50cette fois-ci
16:51sur les territoires
16:52palestinien.
16:52Il est le premier
16:53fort de relations
16:55anciennes,
16:56quand même,
16:56dans cette région
16:57de la France
16:58à pouvoir rencontrer
16:59le dirigeant palestinien
17:00Mahmoud Abbas,
17:01il le fera à Ramallah,
17:02puis d'autres dirigeants arabes,
17:04notamment le roi de Jordanie
17:05et le président égyptien.
17:06Cette rencontre,
17:07elle tient avant tout
17:08du symbole.
17:09Néanmoins,
17:10à côté d'Abbas,
17:11Macron prononce
17:12une phrase
17:12qui est très importante,
17:14il le dit bien,
17:15une vie palestinienne
17:16vaut une vie israélienne.
17:18En quelques mots,
17:18quel est le bilan
17:19de ce séjour ?
17:20Le bilan,
17:20on peut quand même dire
17:21qu'il est positif
17:22parce que la France
17:24a repris pied dans la région
17:25et parce qu'elle a ramené
17:27la nécessité
17:28de revenir
17:29après le drame
17:30à un processus de paix
17:31et donc de la création
17:33d'un État palestinien.
17:34Donc,
17:34elle a rappelé
17:35cet impératif
17:35d'arrêter le processus
17:37de colonisation juive
17:38israélienne
17:39au sein des territoires
17:40parce que,
17:40tout simplement,
17:41il faut permettre
17:42que les paramètres
17:43de la création d'un État
17:45soient respectés.
17:48Laura Maïgaverio,
17:49le même jour,
17:50le 25 octobre,
17:51vous êtes en reportage
17:52à Ashkelon
17:53dans le sud d'Israël.
17:54C'est la station balnéaire
17:56la plus proche
17:56de la bande de Gaza.
17:57Quelle est l'ambiance
17:58lorsque vous arrivez ?
17:59Ashkelon est une ville fantôme.
18:01C'est aussi une ville
18:02qui est extrêmement visée
18:04par les tirs de roquettes
18:06du Hamas
18:06et du djihad islamique,
18:07ce qui fait qu'il y a
18:09souvent un effet
18:10de saturation
18:11du dôme de fer.
18:13Vous savez,
18:13ce dispositif
18:14qui est là
18:14pour intercepter
18:16les roquettes
18:18lancées depuis
18:18la bande de Gaza
18:20avant qu'elles ne tombent
18:21en fait sur les civils.
18:22Le problème,
18:23c'est qu'avec cet effet
18:24de saturation,
18:25certains arrivent
18:26à passer.
18:27L'hôtel dans lequel
18:28je dors
18:28qui se trouve
18:29à Ashkelon
18:30qui est censé être
18:32le plus sécurisé
18:33pour moi,
18:35un matin,
18:35on s'est réveillé
18:36avec un trou
18:37dans la terrasse.
18:37C'est ça Ashkelon.
18:39Sur place,
18:40il y a des soldats
18:41qui sont sur le pied
18:42de guerre à ce moment-là.
18:43Oui, tout à fait.
18:44Vous pouvez observer
18:45pas mal d'unités
18:47réservistes
18:48qui sont déployées
18:49en appui
18:50des forces commandos
18:52qui combattent
18:53actuellement
18:53au sol
18:54à Gaza.
18:55Et là,
18:56on a vraiment affaire
18:57à des opérateurs
18:59pour qui la guerre,
19:01ça n'est pas une évidence,
19:02ça n'est pas leur métier.
19:03Ce sont des gens
19:04assez normaux,
19:05des pères et des mères
19:06de famille d'ailleurs,
19:07parce que les femmes aussi
19:08sont mobilisées en masse
19:09par de salles
19:09qui ont dû laisser
19:11en l'espace de trois heures
19:13leur métier,
19:15leur famille.
19:16Il y a une espèce
19:17de sentiment
19:18d'incongruité,
19:19d'absurdité
19:20au sein
19:21de ces militaires
19:22même s'ils vous le disent,
19:25ils sont déterminés
19:26à défendre le pays
19:27parce que
19:28les massacres
19:29du 7 octobre
19:30ont été
19:30un révélateur,
19:32un choc
19:32de leur point de vue
19:33après,
19:34pour ce qui concerne
19:35les implications politiques
19:36de cette situation.
19:38Ils n'en parlent pas vraiment
19:40ouvertement
19:41parce qu'en Israël,
19:42le temps de la guerre
19:44est un temps de mobilisation
19:45de la société
19:47pendant lequel on met
19:48les sujets qui fâchent
19:49de côté
19:50et les mobilisés
19:52que je croise
19:53sont en armes,
19:55prêts à défendre Israël.
20:00Le vendredi 27 octobre
20:02à Bruxelles,
20:02à l'issue
20:03d'un Conseil européen,
20:04Emmanuel Macron
20:05demande une trêve humanitaire
20:06à Gaza.
20:07Je pense qu'il faut là
20:08une trêve humanitaire.
20:09C'est très important
20:10de pouvoir faire cette trêve
20:11pour bien coordonner les choses
20:12et pour pas que des gens
20:14soient des victimes
20:15totalement injustifiées
20:16de cette lutte,
20:17elle, légitime
20:18contre le terrorisme.
20:18L'Union européenne
20:19dans sa globalité
20:20demande quant à elle
20:21plutôt une pause.
20:23Henri Vernet,
20:23entre une trêve humanitaire
20:25ou une pause,
20:26quelle est la différence
20:27et pourquoi le choix des mots
20:28est-il important ?
20:29Quand on dit une trêve humanitaire,
20:31ça veut dire une trêve,
20:31ça veut dire le silence des armes.
20:33Ça veut dire que les armes
20:34se taisent au moins
20:35le temps que les nations
20:36intéressées,
20:37que les ONG,
20:38les organisations
20:38qui sont présentes
20:39puissent apporter de l'aide
20:41aux populations civiles de Gaza.
20:43Tandis que demander des pauses
20:45comme ce qu'antonne
20:46à le faire l'Union européenne
20:47lors de ce sommet,
20:48c'est beaucoup plus pragmatique,
20:50c'est beaucoup moins signifiant.
20:51Des pauses,
20:52ce sont de simples parenthèses
20:53dans les combats
20:54et donc ça laisse
20:55l'armée israélienne
20:56totalement maîtresse
20:57de ce qu'elle veut,
20:58accorder ou non
20:59des pauses humanitaires.
21:00Alors pourquoi
21:00cette différence de vocabulaire ?
21:02Eh bien parce que l'Union européenne,
21:04depuis désormais pas mal d'années,
21:06elle est très alignée
21:07sur les États-Unis,
21:09donc sur Israël
21:10et donc on a une Europe
21:12qui a la différence
21:13de ce qu'elle était auparavant,
21:14beaucoup plus équilibrée
21:15par rapport à la question palestinienne,
21:16par rapport au conflit israélo-arabe,
21:17aujourd'hui
21:18est largement
21:19derrière les États-Unis.
21:21Laura Maïgaverio,
21:22on en vient à la date
21:23du vendredi 27 octobre,
21:25en milieu de soirée,
21:26l'armée israélienne
21:27procède à des bombardements
21:28intenses
21:29sur Gaza
21:30et elle finit par confirmer
21:32que des soldats
21:32progressent au sol
21:34sur le territoire.
21:34On entendait effectivement
21:37des bombardements très intenses.
21:39Vers la fin de l'après-midi,
21:41un communiqué du porte-parole
21:43de Tsaal
21:44a alerté les agences de presse
21:47et les journalistes
21:48que l'armée israélienne
21:50était en train d'étendre
21:52ses opérations terrestres
21:53à Gaza.
21:54Formulation assez ambiguë,
21:56on ne parle pas
21:57du déclenchement
21:58de l'offensive massive
22:00que tout le monde attend
22:01maintenant depuis trois semaines.
22:03Mais on comprend assez vite
22:06quand même
22:06ce que ça veut dire,
22:07à savoir l'envoi
22:08de troupes au sol
22:10dans des proportions
22:12significatives
22:13pour la première fois
22:14depuis le début de cette guerre.
22:15Vu de l'extérieur,
22:16la situation est confuse.
22:17Gaza est plongée dans le noir,
22:19privée d'Internet
22:20et d'électricité
22:20dans la nuit
22:21de vendredi à samedi
22:22et pendant plusieurs heures
22:23dans la journée qui suit.
22:24L'ONU déplore une situation
22:26de plus en plus désespérée
22:28pour les civils.
22:28Le lendemain,
22:30le dimanche 29 octobre,
22:31Laura Maïgaverio,
22:32vous êtes en reportage
22:33sur la ligne d'Offron
22:34tout près de la bande de Gaza.
22:36Décrivez-nous
22:37ce que vous voyez
22:37et ce que vous entendez
22:38sur place.
22:39Alors à ce moment-là,
22:40je suis sur un petit promontoire
22:41en banlieue de Sderot.
22:44C'est le dernier point
22:45avant la ligne de séparation,
22:48donc le début du front,
22:50concrètement.
22:51Et on ne voit pas grand-chose
22:52à vrai dire
22:52parce que d'abord,
22:54la météo est très mauvaise
22:55ce matin-là
22:56et puis les chars israéliens
22:58ont tout un dispositif
22:59de fumée extrêmement
23:00très épaisse
23:01qu'ils libèrent
23:03à chaque fois
23:03qu'ils se déplacent
23:05pour éviter
23:05d'être ciblés
23:06par le Hamas.
23:08La guerre,
23:08en fait,
23:09on la suit
23:09par le bruit.
23:11On entend
23:11l'artillerie.
23:13On comprend
23:14que certaines de ces explosions
23:16correspondent au largage
23:18de cette fameuse bombe
23:19de 900 kg
23:20développée très récemment
23:22par Israël
23:23qui est la seule charge explosive
23:26capable de percer
23:27la surface de la Terre
23:29et d'atteindre
23:30certains des tunnels.
23:32Et puis,
23:32d'autres fois,
23:33on entend
23:34les roquettes du Hamas
23:36qui répondent
23:37à ces opérations
23:39de Tsahal.
23:39Tout cela
23:40emballé
23:41dans le bourdonnement
23:42constant
23:42des hélicoptères
23:44d'attaque
23:44Tigre
23:45qui survolent
23:46la bande de Gaza
23:47en appui
23:48des troupes au sol
23:49et bien sûr
23:50la chasse israélienne
23:51qui se met en route.
23:53En fait,
23:53à ce moment-là,
23:54la guerre
23:54est une bande-son.
23:55C'est le seul indice
23:57très souvent
23:58de ce qui se déroule
23:59exactement à Gaza.
24:01Et sur place,
24:02vous rencontrez
24:02des réservistes.
24:03Quel est leur état d'esprit ?
24:05Ces réservistes
24:05que moi,
24:06j'ai croisés
24:07étaient plongés
24:08dans une sorte
24:08de désillusion.
24:09On était assez loin
24:10des discours galvanisants,
24:14des images
24:15de patriotisme
24:16exacerbé
24:17qui sont normales
24:18en temps de guerre
24:19mais qui n'en sont pas moins
24:21la communication
24:22de guerre
24:23de l'état-major
24:23de Tsahal.
24:24La confiance
24:25a disparu
24:27même
24:27pour ceux
24:28qui vivent
24:30dans des localités
24:31où les Arabes israéliens
24:33et les Juifs israéliens
24:34sont très mélangés.
24:36Certains me disaient
24:37ce sont nos amis
24:38en temps normal
24:39mais aujourd'hui
24:40nous avons tout simplement
24:41peur
24:42que leur première pensée
24:43du matin
24:44soit de nous tuer,
24:45de nous exterminer.
24:46Cela dit,
24:47ils sont très nombreux
24:48à croire
24:49qu'il y aura
24:50des jours meilleurs.
24:51C'est un espoir
24:52spirituel et religieux
24:54mais aussi
24:55pour les autres
24:56parce qu'il y a aussi
24:57des athées,
24:58en tout cas des laïcs
24:59au sein de l'armée
25:00de Tsahal.
25:01pour cela
25:02c'est l'histoire
25:03d'Israël
25:04qui leur permet
25:06de garder
25:07confiance
25:07dans l'avenir.
25:08Le peuple juif
25:09d'Israël
25:10s'est remis
25:10de tout
25:11y compris
25:12de la Shoah
25:13et donc
25:14ils pensent
25:15que de garder
25:17l'espoir
25:18dans les temps
25:18les plus sombres
25:19c'est ça
25:20en fait
25:20qui leur permettra
25:21de construire
25:22un avenir meilleur
25:23même s'ils n'ont pas
25:23la moindre idée
25:24de ce que sera
25:25cet avenir.
25:26Henri Vernet
25:27le soir du samedi
25:2828 octobre
25:29Benjamin Netanyahou
25:31a déclaré
25:31en conférence de presse
25:32que les opérations
25:34terrestres en cours
25:35à Gaza
25:35constituent
25:36la seconde phase
25:37de la guerre
25:37et que cette guerre
25:38sera je cite
25:39longue et difficile
25:40quoi qu'il en soit
25:42depuis le 27 octobre
25:43cette guerre
25:43a franchi
25:44une nouvelle étape.
25:45Oui on peut clairement
25:46le dire
25:46c'est vrai que les offensives
25:47ont dépassé de raids
25:49sporadiques
25:49qui étaient menées
25:50par l'armée israélienne
25:52tous ces derniers jours
25:53à quelque chose
25:54de plus continu
25:54de plus massif
25:55avec des bombardements
25:56qui restent
25:57il y a une amplification
25:58il y a une montée
25:59en puissance du conflit
26:00qui est très nette
26:01de la part des israéliens.
26:02Maintenant
26:03où ça s'arrêtera
26:04je pense que là
26:04il faut être très prudent
26:05on n'en sait rien
26:06c'est très difficile
26:07c'est même très imprudent
26:08de jouer aux oracles
26:09dans ce genre de cas de figure
26:11d'abord jusqu'où voudra
26:12aller l'armée israélienne
26:13est-ce qu'en quelque sorte
26:14ils se borneront
26:15si on peut dire
26:16à l'élimination
26:17des chefs du Hamas
26:19du mouvement Hamas
26:20des combattants
26:20est-ce que tout cela
26:21pourrait entraîner
26:22un embrasement régional
26:23avec l'Iran
26:24dont on sait bien
26:24qu'il est toujours tenté
26:26de souffler sur les braises
26:27avec tous les relais
26:29qu'il peut contrôler
26:30le hasbollah au Liban
26:31les houtistes au Yémen
26:33toutes ces questions-là
26:34pour l'instant
26:34il est vraiment
26:35trop tôt
26:36impossible d'y répondre
26:37bref au total
26:38il y a un vrai risque
26:39d'embrasement
26:40d'une guerre
26:41beaucoup plus généralisée
26:42qui est une menace
26:43extrêmement sérieuse
26:48merci à Henri Vernet
26:50et Laura Maï Gaverio
26:51vous pouvez suivre en direct
26:52l'actualité de cette guerre
26:54sur leparisien.fr
26:56cet épisode a été produit
26:57par Barbara Gouy
26:58Ambre Rosala
26:59et Raphaël Pueillot
27:00réalisation
27:01Julien Moncouquiole
27:02si vous aimez
27:03Code Source
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